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Ajustements au Moyen-Orient

La crise diplomatique autour du Qatar a gelé divers conflits régionaux et a masqué des tentatives de règlements de quelques autres. Nul ne sait quand aura lieu le lever de rideau, mais il devrait faire apparaître une région profondément transformée.

1— Le conflit palestinien

Depuis l’expulsion de la majorité des Palestiniens hors de chez eux (la Nakhba, le 15 mai 1948) et le refus par les peuples arabes de ce nettoyage ethnique, seules la paix séparée israélo-égyptienne des accords de Camp David (1978) et la promesse d’une solution à deux États des accords d’Oslo (1993) ont partiellement modifié la donne.

Cependant lorsque l’on révéla les négociations secrètes entre l’Iran et les États-Unis, l’Arabie saoudite et Israël décidèrent à leur tour de discuter. À l’issue de 17 mois de rencontres secrètes, un accord fut conclu entre le Gardien des deux mosquées et l’État juif [1]. Celui-ci se concrétisa à travers la participation de Tsahal à la guerre du Yémen [2] et le transfert de bombes atomiques tactiques [3].

Rappelons que cet accord prévoyait également de faire évoluer l’Arabie saoudite de sorte que sa société reste salafiste et que ses institutions deviennent laïques. Il prévoyait aussi l’indépendance du Kurdistan irakien (qui tiendra un référendum en septembre) et l’exploitation à la fois des champs gaziers du « quart vide » (qui sont à cheval sur l’Arabie et le Yémen, d’où la guerre actuelle) et de ceux de l’Ogaden (d’où le retrait cette semaine des troupes qataries de la frontière djiboutienne).

En définitive, l’Égypte a décidé de céder les îles de Tiran et de Sanafir à l’Arabie saoudite, comme elle s’y était engagée il y a un an. Ce faisant, Riyad a reconnu de facto les accords de Camp David qui gèrent notamment le statut de ces territoires. Israël a confirmé avoir obtenu des garanties saoudiennes.

Observons que la décision égyptienne n’a pas été prise sous la pression saoudienne (Riyad avait vainement bloqué ses livraisons de pétroles, puis un prêt de 12 milliards de dollars), mais en raison de la crise du Golfe. Les Séoud ont officialisé leur rupture avec les Frères musulmans qui couvait depuis la transmission par le président al-Sissi de documents attestant d’un projet de coup d’État de certains membres de la Confrérie contre eux. Dans un premier temps, l’Arabie avait cru pouvoir discerner entre de bons et de mauvais Frères musulmans. Elle avait déjà accusé le Qatar de soutenir les putschistes, mais les choses avaient évolué pacifiquement cette fois. Désormais Riyad entend combattre toute la Confrérie ce qui le conduit à revoir sa position à propos de la Syrie.

La cession de ces îles, égyptiennes depuis la Convention de Londres de 1840, n’a d’autre sens que de permettre à l’Arabie saoudite de reconnaître implicitement, 39 ans plus tard, les accords de paix égypto-israéliens de Camp David.

De son côté, Téhéran a accueilli la direction politique du Hamas (laquelle est principalement composée de Frères musulmans) à la fois au nom de la solidarité avec la cause palestinienne et parce qu’il partage la même conception de l’islam politique.

La prochaine étape sera l’établissement de relations commerciales publiques entre Riyad et Tel-Aviv ainsi que l’exposeThe Times du 17 juin (des sociétés israéliennes seraient autorisées en Arabie et la compagnie d’aviation El-Al pourrait utiliser l’espace aérien saoudien) [4], puis la reconnaissance de l’initiative de paix du prince Abdallah (Ligue arabe, 2002) et l’établissement de relations diplomatiques (le prince Walid ben Talal deviendrait ambassadeur) [5].

Ce projet pourrait amener à la paix en Palestine (reconnaissance d’un État palestinien et indemnisation des réfugiés), au Liban (retrait des fermes de Shebaa) et en Syrie (arrêt du soutien aux jihadistes et retrait du Golan).

La question du Golan sera particulièrement difficile car l’administration Netanyahu a affirmé —non sans provocation— son annexion tandis que les États-Unis et la Russie ont violemment réagi à l’expulsion de la Force des Nations unies chargée d’observer le dégagement (FNUOD) et à sa substitution par al-Qaïda [6]. Il n’est cependant pas impossible qu’au cours de la guerre de Syrie, Washington ou Moscou ait pris l’engagement auprès de Tel-Aviv de ne pas modifier le statu quo du Golan.

Ce projet de règlement général reflète la méthode des hommes d’affaire Donald Trump et Jared Kushner : créer une situation économique qui impose un changement politique. Il se heurtera nécessairement à l’opposition des Frères musulmans (Hamas), et du triangle de l’islam politique : l’Iran, le Qatar et la Turquie.

2— Le conflit irako-syrien

La totalité des acteurs de la région s’accordent à considérer qu’aujourd’hui l’Irak et la Syrie forment un unique champ de bataille. Toutefois les Occidentaux, qui s’accrochent aux mensonges de l’administration Bush Jr. (même s’ils admettent l’inanité des armes de destruction massives imputées à Saddam Hussein) et à la narration romantique des « printemps arabes » (même s’ils reconnaissent que ce mouvement n’a jamais tenté d’apporter de liberté mais au contraire d’imposer l’islam politique), s’entêtent à les considérer comme distincts.

Nous renvoyons nos lecteurs à mon livre Sous nos yeux pour ce qui concerne la manière dont la guerre a débuté [7]. Toujours est-il que depuis le début de la crise autour du Qatar, la guerre se limite en Irak et en Syrie à
(1) la lutte contre Daesh (Mossoul et Rakka) et à
(2) celle contre la Turquie (Baachiqa et Al-Bab) [8].

Ce qui est évident pour tous dans la région, c’est que depuis l’accession au pouvoir à Pékin du président Xi Jinping porteur du projet des deux routes de la soie, Washington a poussé à la création d’un « Sunnistan » à cheval sur l’Irak et la Syrie. Pour ce faire, il a financé, armé et encadré Daesh afin de couper l’axe de communication Beyrouth-Damas-Bagdad-Téhéran-Pékin.

Depuis quatre mois, l’administration Trump étudie et négocie la manière dont elle pourrait modifier cette politique et conclure un partenariat avec Pékin au lieu de la confrontation actuelle [9].

Alors que sur le terrain, s’enchaînent des événements contradictoires, les armées irakienne et syrienne ont subitement avancé depuis le début de la crise autour du Qatar. Elles ont libéré de Daesh leurs territoires frontaliers et sont aujourd’hui sur le point d’établir leur jonction (c’est-à-dire de rétablir la route de la soie). Les deux armées ne sont plus séparées que par deux cent mètres de terrain contrôlés illégalement par l’armée US [10].

Quant aux combats au Sud de la Syrie, ils ont miraculeusement cessé. Un cessez-le-feu a été proclamé unilatéralement par Damas à Deraa. En réalité, Moscou et Washington ont donné l’assurance à Tel-Aviv que la Syrie ne laisserait se déployer à sa frontière que des troupes russes et non pas iraniennes, pas plus que celles du Hezbollah libanais.

Bref, si le Pentagone suit les ordres de la Maison-Blanche, le conflit devrait largement cesser. Il ne resterait que l’occupation turque de l’Irak et de la Syrie, sur le modèle de l’occupation turque de Chypre dont l’Union européenne s’est lâchement accommodée. Les États-Unis et l’Arabie saoudite qui étaient des ennemis de l’Irak et de la Syrie redeviendraient à nouveau leurs alliés.

3— Le conflit yéménite

Les Yéménites pourraient faire les frais de l’évolution actuelle. S’il est clair que l’Arabie saoudite est entrée en guerre pour installer un gouvernement favorable à l’exploitation jointe des champs pétroliers du « Quart vide » et pour la gloire personnelle du prince Mohamed Ben Salman, il semble que l’aide apportée par l’Iran aux Houthis et à l’ancien président Saleh détourne les yeux des pays arabes et de la « communauté internationale » des crimes qui s’y commettent.

Il faut en effet choisir son camp et presque tous ont opté pour l’Arabie saoudite contre le Qatar et ses alliés turc et iranien. Ce qui était positif en Palestine, en Irak et en Syrie, s’avère négatif au Yémen.

Conclusion

Depuis le 5 juin et la rupture des relations diplomatiques entre Riyad et Doha, les chancelleries se préparent toutes à une possible guerre, même si seule l’Allemagne l’a évoquée publiquement. Cette situation est d’autant plus surprenante que c’est le Qatar et non l’Arabie saoudite qui est observateur à l’Otan [11].

Des démissions s’enchaînent à Doha, de l’ambassadrice des États-Unis Dana Shell Smith, au sélectionneur de l’équipe nationale de football Jorge Fossati. Non seulement les États alignés sur Riyad ont coupé leurs relations commerciales avec l’émirat, mais de nombreuses sociétés sans liens particulier avec le Golfe en ont fait de même au vu du risque de guerre. C’est le cas par exemple de COSCO, la plus grande compagnie maritime chinoise.

Quoi qu’il en soit, malgré ses revendications historiques justifiées, il semble impossible que l’Arabie saoudite annexe le Qatar alors qu’elle s’était opposée à l’annexion du Koweït par l’Irak pour les mêmes raisons. Une règle s’est imposée dans le monde depuis la décolonisation britannique : nul n’a le droit de toucher à des frontières conçues par Londres, dans le seul et unique but de maintenir des problèmes insolubles pour les nouveaux États indépendants. De cette manière Londres maintient de facto leur dépendance perpétuelle à son égard. Au demeurant l’arrivée prochaine de 43 000 soldats pakistanais et turcs venus défendre le Qatar devrait renforcer sa position.

 

[1] « Exclusif : Les projets secrets d’Israël et de l’Arabie saoudite », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 juin 2015.

[2] « La Force « arabe » de Défense commune », par Thierry Meyssan,Réseau Voltaire, 20 avril 2015.

[3] « Le Proche-Orient nucléarisé ! », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 7 mars 2016.

[4] “Saudi trade talks with Israel are historic first”, Michael Binyon & Gregg Carlstrom, The Times, June 17th, 2017.

[5] « Exclusif : L’Arabie saoudite construit une ambassade en Israël », Réseau Voltaire, 29 mai 2016.

[6] « Le Conseil de sécurité s’apprête à enjoindre à Israël de rompre avec al-Qaïda », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 2 juillet 2016.

[7] Sous nos Yeux. Du 11-Septembre à Donald Trump, éditions Demi-Lune, 2017.

[8] « Invasion militaire turque de l’Irak », par Ibrahim Al-Jaafari, Réseau Voltaire, 19 octobre 2016.

[9] « Trump : le business contre la guerre », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 14 février 2017.

[10] « Les USA empêcheront-ils la réouverture de la route de la soie ? »,Réseau Voltaire, 17 juin 2017.

[11] « Israël et des émirs dans l’Otan », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie) , Réseau Voltaire, 13 mai 2016.

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Vers un renversement de situation au Proche-Orient

La période du « Printemps arabe » touche à sa fin. Désormais, la Maison-Blanche et le Kremlin sont en train de redessiner les contours du « Moyen-Orient élargi ». Cependant, leur accord conclu avant l’intervention militaire russe en Syrie pourrait être modifié par le changement de l’équilibre des forces. Rien ne prouve que Moscou acceptera la stabilisation de la Syrie et fermera les yeux sur la partition de la Turquie et de l’Arabie saoudite qui vont commencer. Quoi qu’il en soit, le bouleversement qui s’annonce modifie la donne établie depuis cinq ans. La plupart des puissances impliquées essayent donc de retourner leur veste avant les autres.

La presse, dans quelque pays que ce soit, est tellement occupée à scruter la position de son propre État dans le conflit du Proche-Orient qu’elle ignore les négociations globales entre la Maison-Blanche et le Kremlin [1] et, du coup, interprète de travers les événements secondaires. Pour clarifier l’agitation diplomatique actuelle, nous devons donc revenir à l’accord USA-Russie de septembre dernier.

La partie publique de cet accord a été formulée par la Russie dans un document distribué le 29 septembre au Conseil de sécurité de l’Onu [2]. Il indique que, pour rétablir la paix et la stabilité en Afrique du Nord et au Proche-Orient, il faut et il suffit (1) d’appliquer les résolutions du Conseil de sécurité —ce qui implique notamment le retrait d’Israël sur ses frontières de 1967— et (2) de lutter contre l’idéologie terroriste —c’est-à-dire à la fois contre les Frères musulmans créés par le Royaume-Uni et soutenus par la Turquie, et contre le wahhabisme propagé par l’Arabie saoudite—.

Il avait été initialement prévu que la Russie fasse adopter une résolution en ce sens lors de la réunion du 30 septembre du Conseil de sécurité. Cependant, les États-Unis s’y sont opposés dans l’heure précédente [3]. Sergey Lavrov a alors présidé la séance sans évoquer son projet. Cet événement majeur ne peut s’interpréter que comme un désaccord tactique qui ne doit pas entraver un accord stratégique.

Le 20 octobre, le président Vladimir Poutine recevait au Kremlin son homologue syrien, Bachar el-Assad, en présence de ses ministres de la Défense et des Affaires étrangères, du secrétaire général du Conseil russe de sécurité nationale et du chef des services secrets. L’entretien portait sur l’application du plan russo-états-unien, incluant celle du Communiqué de Genève du 30 juin 2012 [4]. Le président el-Assad faisait valoir qu’il suit les instructions de ce Communiqué et, notamment, qu’il a intégré dans son gouvernement les partis d’opposition qui en ont fait la demande conformément à la description que le Communiqué fait d’un Organe gouvernemental de transition.

S’étant assuré que les deux pays avaient une même lecture du Communiqué de Genève, la Russie et les États-Unis décidèrent de mettre au pas les États dissidents, à savoir la France, la Turquie et l’Arabie saoudite. Sachant que la position française n’est pas fondée sur des intérêts réalistes, mais s’explique exclusivement par un fantasme colonial et par la corruption de son gouvernement par l’argent turc et saoudien [5], la Maison-Blanche et le Kremlin décidèrent de traiter uniquement la source du problème, à savoir Ankara et Riyad. Le 23 octobre, John Kerry et Sergey Lavrov reçurent donc leurs homologues turc et saoudien à Vienne. Aucun texte final n’a été publié. Cependant, il semble que la Russie ait menacé les deux invités sans que les États-Unis ne prennent leur défense.

Affolé d’une possible entente russo-états-unienne contre la Turquie et l’Arabie saoudite, la France convoqua alors un « dîner de travail », et non un « sommet diplomatique », à Paris. L’Allemagne, l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis, les États-Unis, l’Italie, la Jordanie, le Qatar, le Royaume-Uni et la Turquie « évoquèrent » et non « décidèrent » le sort de la Syrie. Le format de cette réunion correspond à celui du « Core Group » des « Amis de la Syrie », sauf l’Égypte qui a déjà secrètement rejoint le camp de la Syrie. Le fait d’avoir été contraint d’inviter les États-Unis a plombé la réunion. Là encore, pas de texte final.

Enfin, le 30 octobre, les États-Unis et la Russie réunissaient un plus vaste aréopage comprenant tous les participants aux deux réunions précédentes plus l’Égypte, la Chine, l’Irak, l’Iran, le Liban, Oman, l’Union européenne et les Nations unies. Si la presse s’est esbaudie de la présence de l’Iran qui avait été tenu à l’écart de tout règlement depuis le début du conflit, elle n’a pas relevé le retour de l’Égypte du maréchal al-Sissi qui rentre sur la scène internationale grâce à la découverte de ses nouvelles réserves de pétrole, ni de l’absence persistante de la principale puissance régionale, Israël. Ce dernier point ne peut s’expliquer que dans le cas où l’État hébreu avait obtenu préalablement la garantie de parvenir à un de ses objectifs de guerre, la création d’un État colonial au Nord de la Syrie.

Les participants ont tous été priés de signer une déclaration finale que seuls les Russes et les Iraniens ont prit soin de diffuser [6]. Et pour cause : elle marque la défaite des faucons US. En effet, dans son point 8, il est indiqué que le « processus politique » —et non pas le « processus de transition »— sera conduit par les Syriens, propriété des Syriens, et que le Peuple syrien décidera du futur de la Syrie [7]. Cette formulation lourde invalide le document Feltman qui constitue l’objectif depuis plus de trois ans des faucons US, des Français, des Turcs et des Saoudiens : la capitulation totale et inconditionnelle de la République arabe syrienne [8].

Le projet US se poursuit malgré l’accord avec la Russie

La suite des événements devrait donc logiquement être la mise au pas de la Turquie, de l’Arabie saoudite et de la France, ce qui pourrait être fait tout en poursuivant les objectifs initiaux US.

Pour la Turquie, après le scrutin probablement truqué du 1er novembre et la victoire de l’AKP [9], la guerre civile devrait s’étendre et se développer [10] jusqu’à la partition du pays en deux, puis à la fusion du Kurdistan turc, du Kurdistan irakien et d’un territoire arabe syrien occupé par les Kurdes syriens et les États-Unis. D’ores et déjà, le YPG et les États-Unis conquièrent ensemble un territoire arabe au Nord de la Syrie. Le YPG qui, jusqu’au mois dernier, recevait ses armes et ses soldes de Damas, s’est retourné contre la République arabe syrienne. Ses miliciens envahissent les villages conquis, expulsent les enseignants et décrètent la kurdisation forcée des écoles. Le Kurde, qui était parlé et enseigné à l’école, devient la langue unique et obligatoire. Les milices de la République arabe syrienne, notamment les Assyriens, en sont réduites à défendre leurs écoles par les armes contre leurs compatriotes kurdes [11].

De son côté le roi Salman d’Arabie saoudite doit encaisser sa défaite au Yémen ; un voisin qu’il avait envahi officiellement pour soutenir un président en fuite, en réalité pour exploiter avec Israël le pétrole du « Quart vide » [12]. Coup sur coup, les Émirats arabes unis et l’Égypte se sont retirés de sa Coalition. Les premiers après avoir essuyé de lourdes pertes parmi leurs officiers, les seconds plus discrètement, laissant les opérations militaires aux seules mains des Israéliens. Les Houthis, poussés vers le Nord par les bombardements, ont effectué plusieurs incursions en Arabie saoudite et y ont détruit des bases militaires aériennes et leurs matériels. Les soldats saoudiens, presque tous des étrangers servant sous écusson saoudien, ont déserté en masse contraignant le roi à prendre un décret contre les abandons de poste. Pour éviter un désastre militaire, l’Arabie saoudite a alors sollicité de nouveaux alliés. Contre de l’argent sonnant et trébuchant, le Sénégal a envoyé 6 000 hommes et le Soudan 2 000. La Mauritanie hésite à envoyer un contingent. Le roi, dit-on, aurait également sollicité l’armée privée Academi (ex-Blackwter/Xe) qui recruterait actuellement des mercenaires en Colombie. Ce fiasco est directement imputable au prince Mohammed ben Salmane, qui a revendiqué l’initiative de cette guerre. Ainsi, il affaiblit l’autorité de son père, le roi Salman, et fait gronder la contestation des deux clans exclus du pouvoir, ceux de l’ancien roi Abdallah et du prince Bandar. Logiquement ce conflit devrait aboutir à un partage de leur héritage entre les trois clans et donc à un partage du royaume en trois États.

Ce n’est qu’après ces nouveaux conflits que la paix devrait revenir dans la région, sauf dans la partie arabe colonisée par le nouveau Kurdistan, appelée à devenir le nouveau point de fixation des antagonisme régionaux en lieu et place de la Palestine.

Mais même écrit, le futur est incertain. Le renversement du rapport de forces entre Washington et Moscou [13] pourrait modifier leur accord.

Les rats quittent le navire

Alors que les mauvais joueurs annoncent sans sourciller que l’intervention militaire russe en Syrie n’apporte pas les résultats escomptés par Moscou, les jihadistes en fuite se replient en Irak et en Turquie. Le chef d’état-major US, le général Joseph Dunford, a admis, le 27 octobre lors d’une audition au Sénat, que désormais les armes parlaient en faveur de la République arabe syrienne [14]. Tandis que le Commandeur suprême de l’Otan, le général Philip Breedlove, a déclaré, le 30 octobre lors d’une conférence de presse au Pentagone, que c’est une litote de dire que la situation évolue de jour en jour et menace désormais la sécurité de l’Europe [15].

Force est de constater que l’alliance entre les partisans du chaos et ceux de la recolonisation va non seulement perdre en Syrie, mais que l’Alliance atlantique elle-même ne peut plus prétendre à la domination globale. Du coup, une soudaine agitation traverse les chancelleries, beaucoup affirmant qu’il est temps de parvenir à la paix —ce qui sous-entend qu’ils pensaient jusque là différemment—.

Les « retournements de veste » qui s’annoncent à propos de la Syrie auront comme première conséquence la consécration du rôle international de la République islamique d’Iran et de la Fédération de Russie ; deux acteurs que la presse occidentale présentait, il y a quatre mois encore, comme totalement isolés et voués à de terribles difficultés économiques ; deux puissances qui sont désormais les premières forces militaires, régionale pour l’Iran et globale pour la Russie ; et comme seconde conséquence le maintien au pouvoir du président el-Assad dont on annonce depuis cinq ans qu’« il doit partir ».

Dans ce contexte, la propagande de guerre continue imperturbablement, affirmant que si ce ne sont pas les bombardements russes qui tuent des civils, c’est l’armée syrienne qui les bombarde ; imputation confirmée par la matrice des organisations terroristes, les Frères musulmans, via leur Observatoire syrien des Droits de l’homme. Ou encore que la Russie est pressée de négocier car son intervention lui revient cher —comme si elle ne l’avait pas budgétisée durant sa longue préparation—. Jamais à court d’invention, le directeur de la CIA, John Brennan, prétend quant à lui que la Russie s’apprête à lâcher le président el-Assad, alors même que le président Poutine s’est gaussé de cette auto-persuasion quelques jours plus tôt, au Club de Valdai.

En France, la révolte gagne la classe politique. Les quatre principaux leaders de la droite, Dominique de Villepin, François Fillon, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy ont chacun de leur côté déclaré qu’il est absurde de s’aliéner la Russie et de ne pas reconnaitre la défaite en Syrie. Cependant Alain Juppé, qui joua un rôle central dans le début de la guerre, notamment en signant un traité secret avec la Turquie, persiste à conserver l’objectif de renverser la République arabe syrienne, plus tard. À gauche, plusieurs leaders envisagent de prochains voyages à Damas.

La panique devant les changements prévisibles est en fait générale. Si Nicolas Sarkozy s’est précipité chez le président Poutine, le vice-chancelier allemand, Sigmard Gabriel, également [16]. Il a plaidé pour que l’on referme les contentieux et les aigreurs du passé et que l’on renoue le dialogue avec la Russie. Il était temps.

Thierry Meyssan

Source: Voltairenet

Notes:

[1] « Moscou et Washington entendent refonder les relations internationales », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 octobre 2015.

[2] « Proposition russe d’un débat au Conseil de sécurité sur le terrorisme », Réseau Voltaire, 1er octobre 2015.

[3] “Lavrov to chair Security Council’s meeting on fighting terrorism”, Tass, September 30, 2015.

[4] « Communiqué final du Groupe d’action pour la Syrie », Réseau Voltaire, 30 juin 2012.

[5] « Pourquoi la France veut-elle renverser la République arabe syrienne ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 octobre 2015.

[6] “Joint Statement on the outcome of the multilateral talks on Syria”, Voltaire Network, 30 October 2015.

[7] “This political process will be Syrian led and Syrian owned, and the Syrian people will decide the future of Syria”.

[8] « Deux épines dans le pied d’Obama », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 31 août 2015.

[9] « Vers la fin du système Erdoğan », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 15 juin 2015.

[10] « La Turquie en danger », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 27 juillet 2015.

[11] « Les États-Unis et Israël débutent la colonisation du Nord de la Syrie », Réseau Voltaire, 1er novembre 2015.

[12] « Les projets secrets d’Israël et de l’Arabie saoudite », par Thierry Meyssan ; « Pourquoi l’Occident est-il silencieux sur la guerre du Yémen ? », par Martha Mundy, Traduction Alasso, Counterpunch, Réseau Voltaire, 22 juin et 4 octobre 2015.

[13] « L’armée russe affirme sa supériorité en guerre conventionnelle », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 19 octobre 2015.

[14] “Dunford Tells Senate Now is Time to Reinforce Iraqi Success Against ISIL”, Jim Garamone, DoD News, October 27, 2015.

[15] “Department of Defense Press Briefing by General Breedlove in the Pentagon Briefing Room”, October 30, 2015.

[16] « L’Allemagne tente de se sortir du conflit syrien », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie), Réseau Voltaire, 29 octobre 2015.

Guerre au Moyen-Orient: un Mikoyan Mig-29 fantôme?

En appelant la Russie à restreindre ses frappes aériennes et ne pas viser les autres groupes terroristes (et accessoirement des civils) se battant contre le régime syrien, l’Otan vient de conforter de manière définitive l’ensemble des thèses regroupées sous le vocable « théories du complot » et donner raison à Damas

Depuis le début du conflit, le gouvernement syrien ne cesse de répéter à qui veut l’entendre qu’il fait face à des organisations terroristes fortement soutenues par l’Otan et des pays Arabes hostiles.

Le régime d’Ankara, dotée de la plus grande armée de l’Otan et très hostile à la Syrie, n’a cessé de jouer sur tous les tableaux pour semer le chaos et abattre le régime d’Al-Assad. Les avions de combat turcs ont pris l’habitude de survoler les confins frontaliers avec la Syrie et à maintes occasions, des avions turcs avaient abattu des hélicoptères et des bombardiers légers syriens à l’intérieur de l’espace aérien syrien. Ankara n’a jamais caché sa volonté d’établir une zone d’interdiction de survol au Nord de la Syrie.

La riposte de Damas s’est déployée sur deux axes: fermer les yeux sur la création d’une entité semi-étatique kurde au Nord d’Alep et poursuite des vols aggressifs de Mikoyan Mig-29 SM (Fulcrum) au dessus des confins frontaliers. On ne compte plus le nombre d’incidents ayant opposés des Mig-29 SM et des Su-24 syriens aux F–16 turcs depuis la fin de l’année 2013.

L’intervention russe aux côtés du gouvernement syrien est très mal perçue par Ankara et l’ensemble de l’Otan. Pour la Turquie s’ajoute un profond et tenace ressentiment anti-russe remontant aux guerres russo-ottomanes. L’agitation turque contre Moscou semble limitée mais soutenue.

L’armée turque dénonce depuis quelques jours le harcèlement de ses appareils par des avions de combat russes, des systèmes de missiles antiaériens et l’incursion d’au moins deux chasseurs russes dans l’espace aérien turc. Depuis ce matin, l’armée turque se plaint d’un Mikoyan Mig-29 fantôme, lequel aurait harcelé huit F-16 de l’armée de l’air turque sans que ces derniers aient pu l’identifier ou l’intercepter…

Un Mikoyan Mig-29 fantôme? Cela rappelle la légende du Hollandais volant. A moins que ce Mig-29 sans cocarde ne soit le fameux appareil piloté par un proche de Kim Jong Un. A ce rythme, Ankara et ses alliés de l’Otan sont en passe de nous faire avaler un nouveau mauvais film de politique-fiction afin d’entraver la nouvelle stratégie déployée par Moscou et Pékin au Moyen-Orient.

Guerre au Moyen-Orient: Des pilotes nord-coréens en Syrie

La situation devient très dangereuse au Moyen-Orient où des avions de combat de l’armée de l’air turque (Türk Hava Kuvvetleri) tentant de survoler les zones frontalières avec la Syrie pour assurer le passage des convois de combattants rebelles ont failli se faire abattre par des avions de combat russes de type Sukhoi Su-30 SM, Sukhoi Su-24, lesquels n’ont pas hésité à les pourchasser jusqu’à l’intérieur du territoire turc (5 miles de profondeur selon Ankara; quelques centaines de mètres selon Moscou)

Des médias ont rapporté que Ankara aurait confondu des Sukhoi Su-30 SM russes avec des Mig-29 Fulcrum. En réalité, les Sukhoi Su-30 SM russes volent toujours en tandem avec au moins deux Mig-29 Fulcrum syriens.

Les Mig-29 que les autorités turques accusent d’avoir harcelé deux F-16 Fighting Falcon turcs survolant de manière aggressive la zone frontalière syro-turque appartiennent aux forces aériennes syriennes. Mais il semble certain que les appareils ayant verrouillé leurs systèmes d’armes sur les F-16 turcs durant plus de 5 minutes et 40 secondes soient des Su-30 SM. En d’autres termes, les F-16 turcs n’avaient aucune chance de survie si les russes avaient décidé de les abattre en combat aérien.

Le plus surprenant est que des informations convergentes font état de la présence effective de pilotes nord-coréens en Syrie et ces derniers sont de plus en plus souvent intégrés au sein des escadrilles de Mig-29 encore opérationnelles de l’armée de l’air syrienne.

La virulente réaction officielle nord-coréenne à l’égard de la Turquie (menace de guerre nucléaire et promesse de raser Ankara de la carte) pourrait s’expliquer par le fait qu’au moins un des Mig-29 faisant office de doublure aux Su-30 SM russes était piloté par un officier nord-coréen.

Conséquemment à cet « incident », le Chef de la Mission Diplomatique Russe à Ankara a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères de la République turque.

Sur le terrain, des informations en provenance de Damas confirment l’élargissement du champ d’intervention de l’aviation russe et l’usage de nouvelles munitions.

Deux épines dans le pied d’Obama

Quoi qu’il advienne, Washington gagnera en Syrie. Car il n’y a pas une, mais deux politiques états-unienne vis-à-vis de ce pays. Soit ce sera la paix et l’on félicitera le président Obama pour avoir su négocier avec l’Iran ; soit ce sera la destruction de la République arabe syrienne et son occupation par l’Otan, et l’on félicitera quelques généraux états-uniens et l’Onu pour avoir mis fin au bain de sang. Thierry Meyssan révèle ici les dessous de cette double politique, notamment le complot ourdi au sein des Nations unies par le secrétaire général adjoint pour les Affaires politiques.

L’application de l’accord survenu entre Washington et Téhéran, le 14 juillet dernier, dépend principalement de la capacité du président Obama à le faire accepter par ses concitoyens en général et par le Congrès et sa propre administration en particulier. Or, il rencontre deux obstacles majeurs.

Le groupe de Petraeus

D’une part un courant politique reste favorable au projet Juppé-Wright de création d’un Sunnistan et d’un Kurdistan à cheval sur la Syrie et l’Irak. Il est organisé autour du général David Petraeus, directeur de la CIA jusqu’à la réélection d’Obama en octobre 2012 et actuel analyste en chef pour le fonds d’investissement Kohlberg Kravis Roberts. Il comprend son ancien adjoint, le général John Allen, actuel envoyé présidentiel spécial pour la lutte contre Daesh, et l’ancienne secrétaire d’État et actuelle candidate à la candidature démocrate, Hillary Clinton. Il dispose aussi de soutiens au Parti républicain comme l’actuel président de la Commission sénatoriale des Forces armées, John McCain, et le promoteur immobilier et principal candidat à l’investiture, Donald Trump.

Fin juillet, le général Allen était convié à l’Aspen Security Forum. Il y rencontrait des journalistes du New York Times auxquels il confiait à l’oreille s’être mis d’accord avec la Turquie pour créer une zone de sûreté dans le Nord de la Syrie. Stupéfaits par une décision qui viole la Charte des Nations unies, Eric Schmitt décidait d’y consacrer la « une » de son quotidien [1]. Cependant, à l’issue de quelques jours de déclarations publiques contradictoires, Washington et Ankara démentaient [2]. Dans la foulée, la Maison-Blanche clarifiait sa position : la priorité c’est la lutte contre Daesh, aussi bien avec les « rebelles syriens modérés » qu’avec le YPG (Kurdes marxistes-léninistes). Par conséquent, la Turquie, bien qu’autorisée à frapper chez elle la branche turque de l’organisation, était priée de ne pas les attaquer [3].

Le 29 juillet, « l’armée » des soixante « rebelles syriens modérés » formés par la CIA entraient en territoire syrien pour marquer au sol les cibles de Daesh que la Coalition souhaitait bombarder. Mais al-Qaïda en était informé et les attaquait, faisant vingt prisonniers, dont leur chef, le colonel Nadim Hassan. Seules les armées états-unienne ou turque pouvaient les avoir trahis.

Si dans un premier temps, les soupçons de trahison se sont dirigés vers la Turquie, ils se sont transférés sur les États-Unis après les véhémentes dénégations du Premier ministre intérimaire, Ahmet Davutoğlu [4]. Et qui donc alors dans l’armée US, sinon le groupe du général Allen ?

Les manœuvres du général Allen ont d’abord provoqué un grave incident entre le Pentagone et l’Armée turque. L’officier de liaison de cette dernière au CAOC (Combined Air and Space Operations Center) n’a prévenu que dix minutes à l’avance d’un raid en Irak, menaçant à la fois des élèves-soldats kurdes et leurs instructeurs états-uniens présents sur zone [5]. La voie choisie par Recep Tayyip Erdoğan, si l’AKP reste au pouvoir, pourrait conduire à une rupture partielle des relations entre Washington et Ankara [6].

Surtout ces incidents ont conduit le Pentagone à demander au CentCom de vérifier les allégations généralisées au Proche-Orient selon lesquelles la Coalition ne bombarde pas Daesh, mais au contraire le soutient. C’est le moment que la Defense Intelligence Agency choisit pour dénoncer le trucage des rapports du CentCom [7]. Il apparaît que celui-ci est commandé par un autre ancien collaborateur du général David Petraeus, le général Lloyd James Austin III.

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Le groupe de Feltman

L’autre difficulté d’Obama, c’est le secrétariat général des Nations unies. S’il est difficile de savoir à quel courant appartient Ban Ki-moon, trop occupé à monnayer sa position, il n’en est pas de même de son adjoint aux Affaires politiques, Jeffrey Feltman.

Avant d’être fonctionnaire international, il était diplomate états-unien. Il s’est progressivement spécialisé sur le Proche-Orient. Il fut notamment en poste en Israël, en Irak (où il administra la partie kurde) et au Liban (où il imposa ses vues au gouvernement Siniora). Il entretenait une rare relation de confiance avec la secrétaire d’État Condoleezza Rice avec laquelle il avait une vidéo-conférence hebdomadaire, puis fut nommé à ses côtés à Washington par la secrétaire d’État Hillary Clinton pour superviser toute la politique proche-orientale. Il avait alors été présenté comme le principal interlocuteur états-unien pour la Syrie [8].

C’est Jeffrey Feltman qui organisa, en 2005, l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais, Rafic Hariri, puis la Commission d’enquête de Detlev Mehlis et la création du Tribunal international spécial pour le Liban. Cette structure hybride avait été formée pour condamner les présidents libanais Émile Lahoud et syrien Bachar el-Assad sur la base de faux témoignages rémunérés, mais l’accusation s’effondra devant la vérité. M. Feltman poursuit aujourd’hui son œuvre contre la Syrie et l’Iran dans ses nouvelles fonctions.

Arrivé à l’Onu juste avant la Conférence de Genève 1 sur la Syrie, il s’employa à saboter l’accord entre son pays et la Russie et se joignit au groupe de Petraeus pour pousser la France à relancer la guerre. Il rédigea alors un plan de capitulation totale et inconditionnelle de la République arabe syrienne. La souveraineté du Peuple syrien devait être abolie ; la Constitution devait être abrogée ; le président devait être destitué ; l’Assemblée du Peuple devait être dissoute ; 120 dirigeants syriens devaient être arrêtés, jugés et condamnés ; la Direction du Renseignement militaire, la Direction de la Sécurité politique et la Direction de la Sécurité générale devaient être décapitées ou dissoutes ; les « prisonniers politiques » devaient être libérés et les cours anti-terroristes abrogées.

Après l’échec de la mission de Lakhdar Brahimi, il enjoignit à Ban Ki-moon de désigner l’Italien Stefan De Mistura pour le représenter en Syrie. Il avait connu cet élégant diplomate en Irak et s’était lié avec lui lors de leurs missions au Liban. De Mistura avait également fréquenté Petraeus et Allen durant sa mission de représentant du secrétaire général de l’Onu en Afghanistan.

Dès lors, tout en rencontrant les différentes parties au conflit et en leur souriant, Stefan De Mistura s’attela à imposer par surprise le plan Feltman pour la Syrie. Le 29 juillet dernier, il exposa avec Ban Ki-moon les grandes lignes de son plan « de paix » au Conseil de sécurité, mais les deux compères s’abstinrent de distribuer le moindre document écrit [9]. Ils demandèrent aimablement que le Conseil pousse les protagonistes à signer un Accord intérimaire, puis s’en remette à eux pour son application. Il s’agissait en réalité de dessaisir le Conseil de ses prérogatives, de contraindre la République arabe syrienne à signer un texte vague qui aurait permis à l’Otan d’occuper le pays et autorisé MM. De Mistura, Feltman et Ban à mettre en œuvre la capitulation du pays, selon le processus élaboré en 2012 par Feltman.

Cette habile manœuvre faillit réussir puisque le Conseil de sécurité adopta, le 17 août une étrange déclaration (et non pas une résolution) de soutien à Stefan De Mistura [10]. Contrairement à tous les usages, le texte fut d’abord discuté en aparté par les cinq puissances permanentes. La Russie, inquiète de ce qui se tramait, décida de voter « oui ». Elle craignait que Washington ne prépare une action hors du Conseil de sécurité et du Droit international. Cependant, précautionneux, l’ambassadeur vénézuélien Rafael Ramírez, qui avait été tenu hors de la rédaction de la déclaration, souleva deux objections : d’abord, le Communiqué de Genève 1 [11], que tout le monde soutient, contrevient en réalité à la Charte des Nations unies ; ensuite, il ne suffit pas de dire que l’on lutte contre le terrorisme, il faut encore aider la République arabe syrienne face à al-Qaïda et Daesh et cesser d’approvisionner indirectement ces organisations en armes, en fabriquant et instrumentant de pseudos-groupes rebelles.

C’était l’ancien compagnon d’Hugo Chávez et non les Alliés qui étaient sur la même longueur d’ondes que le président Barack Obama.

Thierry Meyssan

Source directe: Voltairenet

Notes:

[1] « Turkey and U.S. Plan to Create Syria ‘Safe Zone’ Free of ISIS », Anne Barnard, Michael R. Gordon & Eric Schmitt, The New York Times, July 27, 2015.

[2] « Syrie, rhétorique et vérité », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 10 août 2015.

[3] « Washington interdit à Ankara de frapper les Kurdes de Syrie », Réseau Voltaire, 13 août 2015.

[4] “Turkey Denies Allegations it Tipped Off Al Qaida Abductors”, Mitchell Prothero, McClatchy, August 25, 2015.

[5] « Frictions entre le Pentagone et son allié turc », Réseau Voltaire, 15 août 2015.

[6] “America’s Dangerous Bargain With Turkey”, Eric S. Edelman, The New York Times, August 27, 2015.

[7] “Pentagon Accused of Skewing Intel on War Against ISIS”, Mark Mazzetti and Matt Apuzzo, New York Times, August 25, 2015.

[8] “Tough love for Syria from Obama”, David Kenner, Foreign Policy, March 3, 2009.

[9] « Débat du Conseil de sécurité sur la Syrie (rapport De Mistura) », Réseau Voltaire, 29 juillet 2015.

[10] « Réunion du Conseil de sécurité sur la Syrie (déclaration présidentielle) », Réseau Voltaire, 17 août 2015.

[11] « Communiqué final du Groupe d’action pour la Syrie », Réseau Voltaire, 30 juin 2012.

Diplomatie: Envoyer l’armée d’abord et réfléchir ensuite…toujours

De par sa situation géographique, le Yémen a une importance non négligeable. Surtout pour l’Arabie Saoudite, mais aussi pour tous les navires empruntant le canal de Suez. Si le pays venait à basculer dans ce que Riyad appelle le côté obscur de l’Islam – le chiisme – sûr que le ciel ne manquerait de tomber sur la tête des princes saoudiens. Pour éviter cela, l’Arabie Saoudite a décidé; de façon quasi unilatérale; d’apporter son soutient au pouvoir en place et de lancer une campagne de bombardements des positions rebelles (auquel s’est allié l’ancien président Salah).

Mais voilà, même si Riyad à relancé et obtenue l’idée d’une force armée des États Arabes, la mise en place de celle-ci ne sera pas opérationnelle avant quelques semaines, au mieux, sinon vers la fin de l’année. Et malgré l’emploi de munitions par wagons entiers, les rebelles Houthis continuent d’avancer et de menacer Aden, la capitale du Sud.

même si l’Arabie Saoudite a envoyé sur le terrain quelques forces spéciales, la tâche est bien trop grande pour un seul pays. Seule solution pour Riyad, demander une assistance militaire, mais pas à n’importe qui, à Islamabad. Le fait que les princes saoudiens fassent une demande aux dirigeants pakistanais n’est pas une action irréfléchie, loin s’en faut. Ce n’est un secret pour personne que l’Arabie Saoudite emploie un nombre assez conséquent de mercenaires pakistanais dans son armée; de plus, Islamabad ne fait pas partie de la Ligue Arabe, ni même des pays observateurs, ce qui pourrait éviter des tergiversations diplomatiques sans fin.

Enfin, le Pakistan est voisin de l’Iran; grand ennemi de l’Arabie Saoudite – et nouvellement auréolé d’une certaine gloire depuis la signature de l’accord sur le nucléaire (accord qui laisse le peuple plus que dubitatif*) – et je suppose qu’Islamabad sert de diplomate non officiel entre Téhéran et Riyad. La Turquie aussi semble faire partie des tractations.

En effet, Mardi, le président turc – Recep Tayyip Erdogan – devrait se rendre à Téhéran pour une visite officielle. Au lendemain de ce déplacement, le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, est attendu à Islamabad afin de discuter de la situation au Yémen. Et quelques jours plus tard, Nawaz Sharif (pakistanais) sera en visite à Ankara.

Cependant, si on réfléchit un tant soit peu, cette demande pourrait mettre à mal les tractations entre l’Iran, le Pakistan et la Turquie. Le maillon faible, dans cette histoire étant Téhéran, bien entendu. Surtout que l’assistance demandée ne porte pas que sur des munitions; Riyad demande, ni plus ni moins, que des troupes au sol, des avions et des navires militaires. quand on connait les achats annuels d’armes de l’Arabie Saoudite, une telle demande fait un peu sourire. A moins que la lutte contre les Houthis s’éternise…

*Dans l’accord sur le nucléaire iranien, ce qui étonne le plus les observateurs est le fait que les sanctions économiques pourraient être levées. Bien entendu, si cela venait à arriver Téhéran rouvrirait les vannes des oléoducs, dans un marché où l’offre excède la demande laissant le prix du baril au plus bas depuis presque un an maintenant. Et ça, une partie du peuple iranien l’a bien compris…

La ceinture et les bretelles

Pour certains dirigeants musulmans, notamment au Moyen-Orient, il existe trois risques majeurs d’être renversés:
1- Une intervention étrangère;
2- Des hordes de terroristes qui viendraient camper sous leurs fenêtres (compatible avec le N°1);
3- Le peuple qui se rebelle, pour de bonnes raisons ou pour répondre aux désirs du N°1.

Bashar al-Assad en connait un rayon puisqu’il est lui-même sous le coup de ces trois fléaux. Certains présidents démocratiquement élus (pour reprendre une expression chère aux dirigeant occidentaux) n’ont pas eu le temps de défaire leurs valises et sont passés à la trappe. C’est le cas pour les chefs d’état issus des Frères Musulmans. Tous sauf un, mais il est vrai qu’à l’époque ou ses homologues se faisaient détrôner il n’était que Premier ministre; je veux, bien entendu, parler de Tayyep Recep Erdogan.

Après avoir consciencieusement préparé son élection à la tête de la Turquie – le palais présidentiel n’étant que la partie visible de l’iceberg – le dirigeant turc n’a pas l’intention de lâcher le pouvoir aussi rapidement que ses anciens homologues. A ce titre, il a pris soin de ne froisser personne. Ouvrant ses frontières aux extrémistes sensés libérer la Syrie, il a aussi autorisé l’OTAN à déployer ses missiles Patriot sur son territoire (sous couvert d’une éventuelle attaque syrienne), et laisser les navires US se ravitailler et réparer dans les ports de la mer Noire. Cette liste étant, vous vous en doutez, non exhaustive; puisque je ne parle pas des troupes de renseignements occidentales réparties le long de la frontière avec la Syrie, ni même des coups de main que l’armée turque a donné, de temps en temps, aux rebelles lorsque ceux-ci se trouvaient en fâcheuse posture.

Les deux premiers risques étant momentanément écartés, Erdogan s’attaque donc au peuple. On ne sait jamais, un accident étant vite arrivé, le dirigeant turc juge plus sage de réfréner les velléités de liberté que pourraient avoir ses citoyens. Car les troubles ne sont pas rares en Turquie; les manifestations étudiantes de 2013, celles des mineurs il y a un an; toutes violemment réprimées par le régime ont laissées des traces. Si la guerre en Syrie à permis à l’ancien Premier ministre d’atteindre le pouvoir suprême (en jouant sur la sécurité, mais en ventant aussi le plein emploi; un peu comme le feraient des candidats occidentaux), il n’oublie pas que si une solution venait à être trouvée pour régler ce conflit, le peuple pourrait bien lui demander des comptes. D’autant plus que la question kurde n’est toujours pas réglée…

Pire, la Turquie a un système parlementaire et lorsque l’on veut devenir tout puissant une seule option s’offre à vous: passer à un régime présidentiel, ce qui vous laisse beaucoup plus de libertés. Pour cela, Erdogan doit réformer la constitution. Cependant, avant toute refonte il faudra attendre le résultat des élections législatives du 7 juin prochain et surtout Erdogan et son parti – l’AKP (Parti de la justice et du développement) – devront posséder au moins les deux tiers des 550 sièges du parlement. Mais la rue pourrait ne pas être d’accord avec cette réforme…

Aucun souci, Erdogan a pensé à tout. Il vient de faire voter par les députés turc une version raccourcie du projet de loi très controversé de sécurité intérieure du gouvernement incluant les principales mesures destinées à renforcer les pouvoirs de la police.
Le texte voté permet aux policiers de fouiller domiciles ou véhicules sur la base de simples soupçons ou de retenir des suspects en garde à vue pendant quarante-huit heures, contre vingt-quatre auparavant, sans supervision d’un magistrat. Il punit aussi de quatre ans de prison les manifestants porteurs de cocktails Molotov ou de feux d’artifice.

Il autorise également les policiers à utiliser leurs armes à feu contre les porteurs de cocktail Molotov et interdit aux manifestants de cacher leur visage, sous peine de cinq ans de prison.

Avec ça, les manifestants sont prévenus. Des manifestations oui, à la rigueur; mais la chienlit, non!
Au fond, avec cette loi liberticide, Erdogan rejoint le groupe des dirigeants à la limite de la dictature. Et dire qu’il montre du doigt Bashar al-Assad depuis le début de la guerre syrienne.
Une déclinaison de la parabole de la paille et de la poutre, certainement…

Si tu me donnes l’Europe, moi je te fais cadeau de la Syrie

Le 31 octobre dernier, François Hollande, président de la république Française, a reçu son homologue turc nouvellement élu, Recep Tayyip Erdoğan. Suite à leur entrevue, une conférence de presse s’est tenue, au cours de laquelle les deux chefs d’État ont parlé de la situation en Syrie et au Proche-Orient.

Le président turc a fait part de ses doutes concernant la fixation que la Coalition Internationale semble faire à propos de la ville kurde de Kobane. Pour lui, rien ne justifie les frappes quotidiennes sur ce site, puisque: «Comme il n’y a plus de civils dans Kobane, où il n’y a que 2.000 combattants, pourquoi est-ce ce lieu qui est constamment bombardé?»
En gros, les civils sont saufs, les Peshmergas peuvent bien se débrouiller seuls.

D’après Erdogan, la Coalition Internationale pourrait tout aussi bien s’occuper de bombarder Idlib, Hama, Homs ou les 40% de l’Irak sous la coupe de l’EIIL. Hollande a aussitôt répondu du tac au tac: «(…) Kobane n’était pas l’alpha et l’oméga de la mission, la « ville clé » dans la lutte est Alep, la deuxième ville de Syrie».

Nous y voilà! Ce fut long. Cependant, Alep n’est pas une ville aussi facile à bombarder que Kobane. Sa relative proximité avec Damas, et son importance stratégique font en sorte que le gouvernement de Bashar al-Assad ne donnera jamais sont accord pour de tels lâchers de bombes. Il ne reste qu’une solution pour que la Coalition Internationale puisse arriver à ses fins, une zone d’exclusion aérienne, déguisée en couloir humanitaire. Il y a quelques temps de cela, le gouvernement turc avait édité une carte représentant les fameuses zones humanitaires et ce qui en ressortait était les localisations de ces dites zones; les principales étaient dans l’Ouest de la Syrie, sur l’axe de ravitaillement turco-EIIL.

Site original: Hürryiet Daily News
Site original: Hürryiet Daily News

Le président turc a aussi réitéré son appel à faire tomber Bashar al-Assad, coupable selon lui d’utilisation d’armes chimique et de terrorisme d’État. Toujours selon lui: «(…) la lutte anti-ISIL devrait également viser le gouvernement syrien».
On peut être certain que cette déclaration a reçu une oreille attentive chez son homologue français; lui qui martèle depuis deux ans que Bashar al-Assad est le chef des combattants djihadistes éparpillés sur son territoire…

Enfin, le chef de la Turquie s’en est pris aux États-Unis, pour avoir laissé derrière eux leur équipements militaires lourds dont l’EIIL s’est emparé. Cependant, il a tenu à rappeler à la Coalition Internationale qu’il a donné l’autorisation aux Peshmergas irakiens de passer par la Turquie pour aller combattre à Kobane; il a néanmoins oublié de préciser qu’avant de donner son accord, les forces kurdes irakiennes ont rongé leur frein durant quelques jours.

Cependant, la dernière phrase prononcée par Erdogan est assez explicite; elle est adressée directement à François Hollande et ne laisse planer aucun doute sur ses intentions: c’est donnant-donnant.
En effet, le président turc a demandé le soutien de François Hollande à la candidature de la Turquie pour devenir membre de l’UE…

Ce que vous faites renforce l’OTAN. Ce que vous faites protège la Turquie.

« What you do keeps NATO strong. What you do keeps Turkey safe. »
Cette phrase, on la doit au nouveau secrétaire général de l’OTAN – Jens Stoltenberg – en visite en Turquie. Sur le site de Gaziantep (sud de la Turquie, pas très loin de la frontière syrienne et à environ cent kilomètres de Kobane) il a tenu à remercier les soldats US déployés dans le cadre de la mission Patriot.

Car vous ne vous en souvenez peut-être pas, mais la Turquie avait réclamé, en 2012, l’aide de l’OTAN afin d’obtenir une défense antimissiles digne de ce nom.
Je vais vous donner la traduction de l’article fourni par l’Organisation du Traité Nord-Atlantique:

Depuis Janvier 2013, le déploiement de missiles Patriot de l’OTAN a renforcé les défenses aériennes de la Turquie afin de protéger le territoire et les citoyens Turcs contre les attaques de missiles de la Syrie. L’Allemagne, les Pays-Bas et les États-Unis fournissent actuellement deux batteries Patriot chacun pour la mission, situé à Kahramanmaras, Adana et Gaziantep.

C’est étonnant, mais dans mes souvenirs Damas n’a pas envoyé de missiles de l’autre côté de la frontière…
Cependant, cette visite n’a rien d’anodin. Au cas où – disons plutôt lorsque – une zone d’exclusion aérienne vienne à être mise en place au-dessus de la frontière turco-syrienne, le système antimissiles serait là pour dissuader d’éventuels débordements.

Comme conclusion, voici une des déclarations du secrétaire général devant les soldats US:

« Votre mission est plus importante que jamais, et les Alliés restent attachés à cette mission essentielle. »

Importation de la bataille de Kobane en Turquie

La bataille de Kobane fait couler beaucoup d’encre, mais on entend/lit/voit moins d’infos concernant les manifestations kurdes en Turquie. Et pourtant, c’est un fait, une partie de la population kurde du pays descend tous les jours depuis presque une semaine dans les rues d’Ankara, Istanbul et ailleurs afin de réclamer un geste du gouvernement en faveur des Peshmergas combattant de l’autre côté de la frontière.

Peine perdue! Non seulement le président nouvellement élu – Erdogan – mais aussi son premier ministre (qui était le chef de la diplomatie dans le précédent gouvernement); n’ont aucune envie de traverser la frontière, mais en plus les manifestations ont fait plus de trente morts uniquement côté kurde. Et Erdogan a promis de prendre toutes les mesures nécessaires pour réprimer les fauteurs de troubles…

Si, vu de l’extérieur, l’État a l’air de gérer la crise; à y regarder de plus près on se doute que le président fait face à une crise majeure; la première de son quinquennat, mais certainement pas la dernière.
Petit rappel, la population kurde en Turquie est estimée à un peu plus de 13 millions de personnes ce qui représente environ 20% de la population totale. Ce n’est pas rien. Surtout que le PKK – Parti des travailleurs du Kurdistan, parti nationaliste kurde en lutte contre le régime turc depuis des décennies et en pourparlers de paix avec Ankara depuis fin 2012 – vient d’en rajouter une couche en rappelant une partie de ses troupes en Turquie; retirées du territoire turc après les cessez le feu de mars 2013 et déployées dans les monts Kandil (dont l’extrême nord de l’Irak).
Le chef emprisonné du PKK (Abdullah Öcalan) a averti récemment que la chute de Kobané signifierait la fin des pourparlers du paix et a intimé aux autorités turques de faire des gestes pour le sauver avant le 15 octobre.

Et si la situation n’était pas assez tendue, le chef du Parti Démocratique Populaire – Kemal Kiliçdaroglu – ajoute un peu plus à la confusion ambiante en taxant le gouvernement de collusion avec Daech et en fustigeant son inaction à Kobane. La réponse du premier ministre (Ahmet Davutoğlu) ne s’est pas fait attendre, il a qualifié l’opposant de traitre et lui a intimé l’ordre de se taire. Sur les allégations concernant Daech, il répond ceci: « Personne ne peut prouver l’affirmation selon laquelle ISIL a reçu de l’aide [de la Turquie]. Il ne convient pas au leader du principal parti d’opposition d’accuser l’Etat sans avoir aucune preuve « 

Le 9 octobre Kılıçdaroğlu a suggéré que le gouvernement devrait renouveler le mandat parlementaire autorisant l’armée turque à se mobiliser en Syrie, en précisant que ce serait dans le seul but de sauver la ville frontalière de Kobane des djihadistes: « Limitons l’opération terrestre de notre armée à l’objectif de sauver Kobane et conduire ISIL à partir de là. Laissons définitivement tomber l’article qui permet à des soldats étrangers de stationnés dans notre pays. Au lieu de cela, nous pourrions ajouter une formule qui dit que nous pourrions fournir une coopération pour des frappes aériennes »

Partition du Moyen-Orient. Et de un?

Depuis quelques années un certain nombre d’experts en géopolitique essayent de faire comprendrendre que l’avenir voulu par l’Occident – et qui concerne le Moyen-Orient – se résume à un éclatement des pays en une multitude d’entité plus petites et donc aisément contrôlables. Jusqu’ici cette partition n’était pas très visible, mais cela pourrait bien changer.

La récente chasse aux sorcières de l’EI a fait couler beaucoup d’encre, elle a été, aussi, une course au déclarations des hommes politiques occidentaux. Si tous sont unanimes pour dire que le Califat doit être rayé de la carte, ils sont aussi unanimes sur deux autres points:

1- La Syrie sera bombardée elle aussi; même si on suppose que ce sont les positions de l’Etat Islamique qui devraient être visé, on se doute bien que des dômmages collatéraux pourraient advenir (si si, certains pilotes de chasse ont quelques fois du mal à faire la différence entre une autoroute pleine de véhicules appartenant aux jihadistes de l’EI et une piste d’envol pour chasseurs de l’armée syrienne…);

2- La stratégie de lutte contre le Califat passe par le Kurdistan. Ils recevront, des armes lourdes, un financement et des instructeurs – à ce titre j’ai entendu dire que des instructeurs français sont déjà à l’oeuvre.

Il est logique que l’Occident appuie le peuple kurde, les Peshmergas ont – dans le passé, mais aussi depuis l’émergence de l’EI – prouvé leur valeur au combat. De plus, Bagdad leur avait octroyé une relative autonomie l’an passé, ce qui en fait, bien plus qu’un peuple, un presque-état à part entière. D’ailleurs, le Kurdistan possède un président élu, un parlement, un système judiciaire, des forces de police et des forces d’autodéfense; ce qui pour certains occidentaux en fait une démocratie en devenir – ce qui doit faire dresser les cheveux sur la tête de Bibi, puisque Israël est sensée être la seul démocratie du Moyen-Orient.

Certes, le Kurdistan n’est pas prêt à entrer dans l’Europe ni à devenir un membre de l’OTAN; mais en cas de vistoire contre l’Etat Islamique quel pays occidental (ou autre) n’appuierait pas la création définitive du Kurdistan? Et même si ce n’était pas le cas, les kurdes irakiens se verraient dotés d’armes lourdes, d’une armée entrainée, de quoi revendiquer une plus grande autonomie; de quoi donner des sueurs froides au nouveau président turc Erdogan. Cela pourrait d’ailleurs expliquer sa relative réticence à aider la coalition internationale.

Afin d’éviter tout malentendu, je tiens à préciser que je n’ai absolument aucune animosité envers le peuple kurde, ni contre la création d’un Kurdistan à cheval sur plusieurs pays. Cet article est un constat pas un reproche. A mon avis, le Kurdistan verra le jour, avec l’aval de l’Occident et même celui de Tel-Aviv. D’autant plus qu’une fois la création faite, pour que ce nouvel Etat ne pose pas de problèmes, il suffira juste de l’occuper. Cela pourrait être simple, les combattants de l’EI pourraient se retirer en Turquie et harceler les kurdes vivant là-bas, prolongeant ainsi une guerre qui de toute façon n’aura pas de fin…

Recep Tayyip Erdoğan et Israël: Je t’aime! Moi non plus…

Le Premier Ministre turc, Recep Tayyip Erdoğan, est candidat à la présidentielle; et comme tout bon prétendant qui se respecte, il fait des déclarations susceptibles de lui rapporter des voix. On assiste donc à des annonces toutes plus loufoques les unes que les autres, voici la dernière en date, où il fustige « l’usage disproportionné de la force contre des innocents » (par Israël dans la Bande de Gaza), appelant le monde et l’ONU à tout faire pour arrêter l’assaut.

Erdogan…l’homme qui mange à tous les râteliers. Capable de fermer les yeux sur les trafics d’armes et d’hommes sur ces frontières avec la Syrie, capable aussi, dans le même temps, de faire les yeux doux à Téhéran, tout en donnant un coup de main aérien et terrestre aux islamistes extrémistes opérant en Syrie et tentant – toute honte bue – de faire du chantage à l’OTAN concernant son système anti-missiles… Et maintenant, il vient au secours des palestiniens. Je propose de le nommer pour le prix Nobel de la Paix (ce ne sera pas pire qu’Obama).

Rappelons que depuis l’assaut des commandos israéliens sur la flotte de navires venus forcer le blocus de Gaza, en 2010, et qui a fait 10 morts parmi les activistes turcs; les relations entre Tel-Aviv et Ankara n’étaient sont plus au beau fixe. Toutefois, le président US a joué les médiateurs et poussé Israël à faire des excuses et à dédommager les familles des victimes (si Obama n’avait pas joué les entremetteurs, Erdogan aurait certainement laissé tomber l’aide aux djihadistes).

Certaines mauvaises langues vous diront que le commerce en revanche, se portait très bien entre les deux états les deux pays la Turquie et Israël, surtout pour ceux qui enfreignaient l’interdiction, dont le fils du premier ministre turc lui-même.

Bref, une fois de plus Erdogan nous prouve qu’en politique il n’y a pas d’amour propre, ni de honte, juste la volonté d’accéder au pouvoir suprême.

Dernière info: Bibi vient de lui répondre (ainsi qu’au reste du monde):

« Aucune pression internationale ne nous empêchera de frapper les terroristes qui nous attaquent… »

As usual…

De l’art de manger à tous les râteliers

Grande première depuis 1996, le président iranien en exercice – Hassan Rohani – est en visite d’état en Turquie. Lors d’une entrevue avec son homologue turc (Abdullah Gül), ils se sont engagés à coopérer pour mettre un terme aux conflits qui agitent le Moyen-Orient, notamment en Syrie.

Si ne ne peut pas remettre en cause la volonté de Téhéran de sortir Damas de la guerre, il n’en va pas de même avec Ankara.

Bon, même si cela me désole, il faut bien trouver des circonstances atténuantes au gouvernement turc; les mêmes que pour l’Occident: les ressources énergétiques. Ankara dépend en grande partie de la Russie et de l’Iran pour ses approvisionnements; or si la Turquie n’a pas trop pris parti sur le conflit ukrainien (et par là même préservé ses accords avec Moscou), ses attaques répétées contre le régime syrien pourraient vite se retourner contre elle si Bashar al-Assad sort vainqueur du conflit qui ravage la Syrie depuis plus de trois ans.

De plus, pour augmenter ses apports énergétiques, le plus court serait de passer par l’Iran. Mais Téhéran est sous le coup d’un embargo lié à son programme nucléaire et qui diminue ses livraisons de pétrole et de gaz. Une solution temporaire a été trouvée en achetant du pétrole à la région autonome kurde d’Irak. Cependant, Bagdad n’est pas d’accord avec cette solution et des échanges houleux ont eu lieu entre Bagdad et la Région Autonome Kurde (et ont toujours lieu, aux dernières nouvelles).

Mais revenons-en à l’échange qui nous intéresse, le cas de la Syrie. Voici les déclarations de Hassan Rohani:

L’instabilité qui existe dans la région ne sert personne, ni dans la région, ni dans le monde. Nos deux pays ont accepté de travailler ensemble et de faire de leur mieux.

Evoquant plus précisément la situation en Syrie et en Egypte, M. Rohani a jugé important que ces deux pays puissent bénéficier de la stabilité et de la sécurité, que le vote de leurs peuples soit respecté et qu’il soit mis un terme à la guerre, aux effusions de sang et aux tueries entre frères.

Et celles d’Abdullah Gül:

Nous souhaitons tous les deux faire cesser les souffrances dans la région (…) nous sommes déterminés à y parvenir. Les efforts conjoints de la Turquie et de l’Iran peuvent apporter une contribution importante à cet effort.

Vous noterez que le président turc ne mentionne pas les élections présidentielles syriennes; et pour cause, si Téhéran à félicité Bashar al-Assad pour sa victoire à la présidentielle du 3 juin organisée dans les zones contrôlées par le régime; le ministère turc des Affaires étrangères a qualifié lundi ce scrutin de nul et non avenu et d’impossible à prendre au sérieux…

Que faut-il voir dans ces déclarations de l’Etat turc? Une énième bravade? Un appel du pied à Moscou? Ou tout simplement une tentative de rallier les électeurs avant les élections présidentielles? Sûrement un peu des trois, mais lorsque l’on connait le ressentiment de plus en plus grand qui agite le peuple, on peut se dire que tout n’est pas gagné pour Gül et Erdogan…

Guerre en Syrie: la Marine syrienne entre en action

Après plus de trois ans de guerre acharnée, c’est la première fois que des unités de surface de la marine syrienne interviennent ouvertement dans une opération combinée avec l’aviation et les forces blindées près des frontières maritimes et terrestres turques. Les factions rebelles en provenance de Turquie ont subi un pilonnage naval inédit avant d’être ciblés par de nouveaux missiles Air-Sol récemment acquis par l’aviation syrienne auprès de l’allié russe.

Des embarcations avec lesquelles des rebelles tentaient de débarquer sur une plage syrienne près du tracé des frontières entre la Syrie et la Turquie ont été détruites par des vedettes lance-missiles de la marine de guerre syrienne.

Au sol, des unités blindées soutenues par des avions d’attaque au sol Sukhoï SU-25 ont repoussé les forces rebelles jusqu’en Turquie et les forces syriennes ont pu reprendre pied sur le tracé frontalier pour la première fois depuis plus deux ans. Des chasseurs Mig-29 syriens ont mené en parallèle des manoeuvres de diversion sur le tracé frontalier face à des F-16 turcs.

A Homs, dans le centre du pays, d’intenses combats sont rapportés autour du gisement gazier de Chagar situé à l’est de la province où des milices de la défense populaire ont été accrochées par des forces rebelles.

Enfin à Deraa, au Sud du pays, l’armée syrienne peine à repousser une offensive rebelle ayant visé des centres de commandement de la défense anti-aérienne et des sites de missiles SAM.

Un assaut rebelle contre le 61e bataillon de la DCA a toutefois pu être mis en échec grâce à un pilonnage de chars de combat et l’intervention décisive de l’aviation syrienne.

Les rebelles multiplient les attentats terroristes à l’intérieur des villes et les pilonnages au mortier sur les quartiers loyalistes. Mais selon une source sur place, cette stratégie de la terreur traduit plutôt l’impuissance des centaines de groupes armés à changer une situation sur le terrain qui leur échappe.

Syrie_BM30_Correspondant
Un des correspondants de Strategika51 en Syrie, debout sur un lanceur de roquettes multitubes de type BM21 des forces terrestres syriennes.

 

Tora! Tora! Tora!

La Turquie vient de trouver un cassus belli, lui permettant de déclarer la guerre à Damas. Et pas n’importe quelle excuse, une excuse tirée par les cheveux, c’est le moins que l’on puisse dire. Il faut dire que la bataille sur la frontière, dans la province de Lattaquié ne fait pas la une des journaux occidentaux. De là à dire que cela n’intéresse personne, il n’y a qu’un pas que je ne suis pas prés de franchir. Si personne n’en parle, c’est uniquement pour que personne ne regarde par là-bas.

Donc, l’excuse. Aujourd’hui, des conversations téléphoniques ont été mises en ligne sur Youtube. Ces conversations, enregistrées à l’insu des protagonistes*, révèlent les plans d’Ankara en vue de déclarer la guerre à la Syrie. On y entend notamment le ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu et le chef des services de renseignement (MIT) Hakan Fidan évoquer l’hypothèse d’une opération destinée à justifier une intervention militaire de la Turquie en Syrie.

Mais que fait la police? La police, je ne sais pas, mais en revanche, le gouvernement turc a aussitôt bloqué Youtube. Et ceci la même semaine que la suspension de Twitter. Cela fait beaucoup, pour une république…

Bref, Ahmet Davutoglu a déclaré, suite à cette fuite, que:

 La diffusion sur internet jeudi d’une réunion confidentielle dans laquelle les autorités turques évoquent une intervention militaire en Syrie constitue une claire déclaration de guerre.

Ils sont allés la chercher loin, celle-là! Ankara abat un chasseur syrien, tente – par djihadistes interposés – de conquérir une partie du territoire de la Syrie, cherche une solution pour pouvoir envoyer plus d’hommes et surtout de matériel (tout en faisant entrer, de manière officielle, l’OTAN dans la danse), et tout ce que le gouvernement turc trouve, c’est de s’appuyer sur des fuites qui n’ont pas été revendiquées… Quand Erdogan quittera le pouvoir, il pourra toujours se recycler en scénariste.

  • Si quelqu’un me dit que les fuites ont été faites par Ankara, je le croirai volontiers. D’autant plus qu’elles ont trois avantages: 1/avoir une excuse pour envahir la Syrie, 2/suspendre Youtube et Internet en général, 3/en cas de guerre avec Damas, le peuple sera trop préoccupé pour s’intéresser de trop prés aux soupçons de corruption qui entache le gouvernement.

Cauchemar sioniste

Lorsque les sionistes ont décidé de créer Israël, ils ont été obligés de prendre des mesures afin de protéger leur « patrie ». Le fait qu’ils s’accaparent des terres qui ne leur appartenaient pas risquait de leur coûter cher, surtout en étant cerné d’états arabes. Suite aux différentes guerres qui ont vu les sionistes gagner et les pays arabes perdre, Tel-Aviv a trouvé une parade pour de se protéger: créer une guerre intra-religieuse au sein de la communauté Musulmane. Quand tout un peuple (celui du Moyen-Orient) s’entre déchire, il ne pense pas à la reconquête de la Terre palestinienne.

Pour y parvenir, elle s’est appuyé sur le Wahhabisme prôné par l’Arabie Saoudite. Elle aurait pu, tout aussi bien s’appuyer sur le sunnisme ou le chiisme mais ces deux courants avaient un gros désavantage: celui d’être populaire. Lorsque vous voulez toucher le maximum de pratiquants, vous ne vous alliez jamais avec le plus puissant – le risque d’un retour de bâton étant trop important – mais la logique veut que vous fassiez une alliance avec le plus radical et donc, en général, le moins répandu. Israël jeta donc son dévolu sur Ryad.

Et cela a très bien fonctionné…jusqu’à aujourd’hui. Le problème? La Syrie. Ce pays était une cible de choix pour Tel-Aviv. Non seulement sa chute aurait gravement déstabilisé le Hezbollah – en le coupant de Téhéran – mais il aurait sonné le glas politique du chiisme. Bon nombre d’articles ont été écrits sur le morcellement des pays arabes, mais quelques uns oubliaient de préciser que cette partition se faisait sur des bases religieuses. C’est ainsi qu’en Syrie il aurait du y avoir une zone alaouite, une zone chrétienne, une autre encore chiite, etc…

Mais voila, la mise en échec de la « rébellion » islamiste par l’armée syrienne vient de mettre fin aux ambitions sionistes. Sans oublier les revers essuyés par les Frères Musulmans dans les pays où ils ont été élus. Le dernier d’entre-eux – Erdogan – est en train d’essuyer les plâtres. Sa décision de suspendre Twitter en a fait réagir plus d’un, à commencer par le président turc lui-même qui a exprimé son désaccord avec son premier Ministre par…un tweet!

« On ne peut pas approuver le blocage total des réseaux sociaux », a estimé le chef de l’Etat turc Abdullah Gül sur son compte Twitter.

Que reste t-il comme solution à Israël pour sauver une situation catastrophique? Pas grand chose. Relancer la guerre en Syrie? Les rebelles ayant perdus ce qu’ils avaient mis plusieurs mois à construire, la partie n’est pas gagnée d’avance, même en comptant sur des renforts et toujours plus d’argent; l’ultime façon d’aider les djihadistes serait de les équiper d’une aviation et de blindés, mais je pense que ce sera difficile de justifier l’emploi de telles armes aux yeux du reste du Monde. Ouvrir un autre front? En Turquie, par exemple; mais justifier cela en sachant que Ankara fait partie de l’OTAN ne sera pas, non plus, une partie de plaisir. Déstabiliser une autre région, proche du Moyen-Orient? En espérant que cela déteigne sur les pays limitrophes. Je pense bien sûr à l’Afghanistan et au Pakistan. Cette solution aurait, de plus, l’avantage pour Israël, de mobiliser une partie de l’attention de Moscou; mais elle aurait aussi le risque de voir l’Inde entrer dans la danse, même si Bombay n’a pas souvent fait entendre sa voix…

La dernière solution serait que les sionistes plient bagage…

Nouvelle stratégie au Moyen-Orient?

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cela bouge pas mal du côté du Moyen-Orient. Alors que le monde regarde du côté de l’Ukraine, les évènements se précipitent dans les pays du Golfe.

Tout a commencé avec la déclaration du premier ministre turc – Recep Tayyip Erdogan – qui disait qu’il démissionnerait en cas de défaite de son parti lors des prochaines élections (municipales, le 30 Mars). Ce qui est étonnant, dans un sens, puisque malgré les manifestations et les suspicions de corruption qui ont secoué le gouvernement depuis quelques mois; le retrait de la vie politique ne faisait pas partie de ses options. On peut même aller jusqu’à dire qu’il s’accrochait au pouvoir.

Cette semaine, l’Arabie Saoudite, le Bahreïn et les Emirats Arabes Unis ont décidé de rappeler leurs diplomates respectifs du Qatar. Leur reproche? Le fait que Doha s’ingère dans les affaires internes de leurs pays. Ce n’est pas aussi innocent que ça en a l’air. Cela ressemble même à une crise assez grave. Le Qatar est le grand défenseur des Frères Musulmans, Frères Musulmans qui sont la bête noire de l’Arabie Saoudite. Ryad avait applaudit des deux mains lors du putsch du général al-Sissi en Egypte, ce que Doha n’avait pas apprécié. Cependant, il ne faut pas oublier que le Qatar a été écarté de la crise syrienne l’an dernier. Serait-ce une vengeance de Doha?

Et aujourd’hui, pour couronner le tout, Ryad vient de classer les Frères musulmans comme organisation terroriste, appelant les autres pays arabes à faire de même. Le premier pays à réagir a été l’Egypte, qui vient de saluer l’initiative.

Nous nous félicitons de la décision saoudienne, qui témoigne de l’importante coopération et de la profonde solidarité entre les deux pays, a déclaré à l’AFP le porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty.

Donc, la chasse au FM continue. Le prochain sur la liste semble tout désigné: Erdogan. Mais au delà des luttes intestines que se livrent les pays du Golfe, assiterions nous à une redistribution des cartes au Moyen-Orient? Le soudain « rapprochement » USA/Iran serait-il en train de faire changer la donne? Rien n’est moins sûr. Mais il semblerait que l’Arabie Saoudite commence à s’inquiéter du possible retour – sur ses terres – des islamistes déployés en Syrie.

Dernière minute: Erdogan menace d’interdire Youtube et Facebook après les élections municipales. On peut donc en déduire qu’il reste serein quand au résultat du vote…

La récompense de la Turquie?

Où l’on reparle de l’adhésion d’Ankara à l’Europe. F. Hollande est en Turquie où il a rencontré son homologue, Abdullah Gül. Lors de cette entrevue, le président (!) français a invoqué cette adhésion.

Inutile d’ajouter quelque peur que ce soit, le peuple français sera de toute façon consulté (par référendum), at-il dit.

Il y a un processus qui est ouvert et ce processus doit continuer avec les sujets les plus difficiles, a-t-il poursuivi, citant notamment la séparation des pouvoirs et l’indépendance de la justice.

Le peuple français aurait peur de la non-séparation des pouvoirs et de la dépendance de la justice en Turquie???

A mon sens, si les français été mieux informés; disons simplement Informés – avec un « i » majuscule – ils ne s’inquièteraient pas trop de ça, mais plutôt de se qui se passe dans leur pays, la France.

Avec de telles déclarations, le chef de l’état français fait le bô jeu de l’extrême droite. Sachant que le FN (Front National, parti politique d’extrême droite) est donné favori des élections européennes, je ne suis pas certain que Marine Le Pen ait besoin de publicité…

A noter que le génocide Arménien est passé à la trappe. Bon, on pourrait se demander pourquoi Ankara est soudain devenue ré-élisable à l’Europe, alors que Kiev est montré du doigt? Le gouvernement turc serait-il plus humain que le gouvernement ukrainien?

Soyons réaliste, l’Ukraine n’a pas de frontière commune avec la Syrie. Frontière poreuse, de surcroit…

Guerre en Syrie: mise en échec d’un assaut rebelle sur un aérodrome près d’Alep

Alep-Correspondance particulière/Strategika51

Plus de 102 combattants rebelles ont péri ces dernières 48 heures en tentant de prendre d’assaut l’aérodrome militaire de Kuwayris près d’Alep.

Usant d’une tactique éprouvée, notamment lors de l’attaque du village chrétien araméen de Maaloula, les rebelles des brigades de Jund Al-Haqq (les soldats de la Justice), une branche affiliée à Jobhet Ennosra (Front des Partisans/Al-Qaida) ont tenté de prendre d’assaut la base aérienne  avant-hier à 4h00 du matin (heure de Damas) en forçant le portail d’entrée à l’aide de véhicules piégés conduits par des kamikazes, mais une contre-offensive des unités spéciales de l’armée syrienne soutenues par les Forces de la défense nationale (NDF-une force paramilitaire supplétive de l’armée) et disposant d’un important appui feu aérien a permis une manoeuvre d’encerclement et l’élimination de la force rebelle.

Nos sources soulignent que les rebelles capturés lors de cette opération ont fourni des informations sur leur entraînement en Turquie méridionale par des instructeurs britanniques.

Les rebelles ont utilisé des engins piégés et plus précisément des camions avec un type militaire d’explosif n’existant pas dans la nomenclature de l’armée syrienne pour détruire les défenses de la bases aérienne pour ouvrir un passage à une force d’assaut rebelle. C’est quasiment le même plan utilisé avec succès à Maaloula où furent utilisés des pneus usagées piégés au TNT et au C4 contre les soldats syriens gardant le village Araméen.

Cependant, cette fois-ci, l’attaque fut mise en échec grâce à l’interception des communications cryptées des rebelles par le renseignement militaire. Les rebelles faisaient référence à cette attaque par le nom de code de « Amir Al-Oumaraa » ou Emir des Emirs (Princeps Principii) dans une possible allusion au Prince Bandar Ben Sultan, Chef des renseignements Saoudiens. Cette opération revêtait une importance très particulière car c’est de cet aérodrome que partent les hélicoptères de combat et les avions d’attaque au sol opérant dans la province septentrionale d’Alep.

Parmi les rebelles éliminés identifiés par les renseignements de l’armée de l’air figurent:

  • Mahmoud Al-Khalil, décrit par l’agence officielle SANA comme un sniper. Ce dernier surnommé le Glaive de Dieu serait derrière un nombre impressionnant d’assassinats de précision ayant visé des militaires de l’armée syrienne;
  • Faarooq Sadreddeen
  • ‘Umar Sadreddeen
  • Fakhri Abu-Karraar
  • « Abu Raafid Al-‘Iraaqi », ressortissant de nationalité irakienne, identité non confirmée;
  • Hussayn Al-Qishta
  • Sindaar Al-Kubaysi
  • Haseeb Al-Mustafaa
  • Hamdu Al-Juma’ah
  • Badr ‘Umar
  • Shukri Istablaji
  • Haatem Muhammadaani
  • ‘Abdul-‘Azheem Dayyoob
  • Hassan Al-Kabaareeti
  • Ahmad Harb
  • Ahmad Hamad
  • Zayn-Al-‘Aabideen Al-A’raj
  • Ibraaheem Al-Malaama
  • Khaleel Al-Zankari
  • Faheem Muhammad
  • Abdul-Waliy Urhanli
  • Faraj ‘Abdul-Hameed
  • ‘Izzedden Al-Shater
  • Rafeq Ballat
  • Dawoud Shalabi
  • Muhammad Jabboor
  • ‘Imad Ihsani
  • Muhammad ‘Abdul-Baaqi
  • Mahmoud Salama
  • ‘Ali Shumaysi
  • Yasin ‘Issaa
  • Ziyad Al-Nuqta

69 autres combattants n’ont pu être identifiés. Les pertes de l’armée syrienne et des NDF s’élèveraient quant à elles à 37 morts et une centaine de blessés.

En raison de la proximité de la frontière turque, l’armée syrienne a mis le paquet dans son offensive pour reprendre le terrain cédé aux différentes factions de la rébellion depuis un an et demi. La Syrie a officiellement accusé, à travers son représentant aux Nations Unies, la Turquie de soutenir les rebelles sur son territoire. La guerre continue. En attendant Genève 2 en janvier 2014.

Attaque de Kuwayris_Alep

Conflit en Syrie: Damas affirme avoir capturé 300 combattants saoudiens sur son sol

Le représentant de la Syrie aux Nations Unies, Bashar Al-Jaafari a révélé que l’armée syrienne a éliminé des milliers de combattants saoudiens et que 300 d’entre eux ont été capturés lors des derniers combats se déroulant dans la banlieue de Damas et au Qalamoun.

Al-Jafaari a souligné que tous les volontaires saoudiens venus prêter main forte aux différentes factions rebelles combattant le gouvernement syrien sur son territoire sont connus des services de renseignement du Royaume d’Arabie Saoudite. La plupart de ces combattants sont des détenus de droit commun dans ce pays libérés à condition de rejoindre la guerre sainte contre le régime de Damas.

Fait inédit révélant le degré d’exaspération de Damas de quelques pays du voisinage, l’ambassadeur syrien a directement mis en cause l’Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie pour leurs soutiens massifs et multiformes au terrorisme dans son pays. Dans une moindre mesure, il a accusé des organisations non-gouvernementales, des associations et des partis basés aux Emirats Arabes Unis, au Bahrein et au Koweit de financer et d’armer les différentes factions de la rébellion en Syrie.

Turquie: Davutoğlu nie avoir donné un coup de main à Israël pour les frappes en Syrie, qui, selon lui, ne sont pas encore confirmées!

Voici un article d’Hurriyet sur la conférence de presse donnée le 1° Novembre à Istanbul, par le ministre des affaires étrangères turque Ahmet Davutoğlu.

Le ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoğlu a rejeté les allégations selon lesquelles la Turquie a donné des renseignements à Israël lors d’une attaque contre une base militaire près de la ville côtière syrienne de Lattaquié tôt le 31 octobre.

« Il s’agit d’une tentative pour donner l’impression que la Turquie a coopéré avec Israël. Nous avons des problèmes avec la Syrie, des problèmes fondés sur un principe. Mais permettez-moi de le dire clairement: le gouvernement turc n’a jamais coopéré avec Israël contre un pays musulman, et il ne le fera jamais « .

Plusieurs rapports, citant des responsables anonymes américains, disaient qu’Israël visait un centre de stockage de missiles de fabrication russe SA125; missiles susceptibles d’être fourni au Hezbollah.

Des rapports relayés par les médias israéliens ont affirmé que la Turquie était derrière l’attaque à Lattaquié, en révélant des informations majeures à Israël.

Davutoğlu a dénoncé ces rapports, les décrivant comme «propagande noire». «Ce [les rapports] sont des tentatives de jeter une ombre sur la lutte légitime du peuple syrien et l’attitude de la Turquie avec ses principes. Il est hors de question pour nous de participer à une opération commune « , a t-il dit.

Davutoğlu a également ajouté que la Turquie s’opposait à une telle opération israélienne, mais a souligné que les informations sur les frappes n’avaient pas encore été confirmées.

Iran-Turquie, aucunes rivalités.

Lors de la conférence de presse , M. Davutoğlu a insisté sur l’amitié et le partenariat turco-iranien.  » Nous avons des relations profondes et historiques. Certains milieux pourraient vouloir nous représenter comme deux voisins rivaux. Certains peuvent même le désirer. Mais au contraire, la Turquie et l’Iran sont amis « , a t-il dit.

Davutoğlu a également défendu son: « zéro problème avec les voisins », en disant qu’il a eu des entretiens très intenses avec presque tous les pays voisins de la Turquie au cours des deux derniers mois. La position de la Turquie concernant la Syrie et l’Egypte étaient basée sur des principes politiques, les relations avec l’Irak se sont améliorées, tandis que des efforts ont été faits pour surmonter les problèmes de relations avec l’Arménie et la partie grecque de Chypre.

Pour sa part, M. Zarif a critiqué les embargos étrangers contre l’Iran, avertissant que ceux-ci sont contreproductifs sauf si ils ont un but précis. « Les embargos ne devraient pas être le but en soi; ils devraient être un chemin vers une solution. Si ils n’atteignent pas leur objectif, ils ne font qu’augmenter la résistance du peuple iranien « .

Dans une conférence de presse plus tôt, les deux ministres des Affaires étrangères ont mentionné des préoccupations similaires quant à la nature sectaire du conflit en Syrie.

Sans commentaires…

Frontière syro-turque: les extrémistes auraient utilisé des armes chimiques contre les Kurdes

Des informations non confirmées rapportent que les factions islamistes extrémistes du chef de guerre français Daech auraient utilisé des gaz de combat contre les forces d’autodéfense kurdes à Hassakeh au Nord-est de la Syrie, près de la frontière turque.

De très durs combats opposent depuis des semaines les extrémistes islamistes relevant d’Al-Qaïda, dirigés par Daech et les comités de la résistance kurde soutenus par le PKK turc et les forces du Kurdistan irakien pour le contrôle des confins frontaliers entre la Turquie et la Syrie.

L’aviation syrienne très agressive à la frontière turque…

Réagissant à des informations publiques faisant état d’une relocalisation secrète d’une partie de l’aviation de combat syrienne en Iran septentrional, l’aviation syrienne est réapparue avec force ces derniers jours près de la frontière turques où elle tente de défier les patrouilles de combat des forces aériennes turque dans la province frontalière du Hatay.
Ainsi en l’espace de trois jours, des bombardiers syriens Sukhoi Su-24 (Fencer selon la codification OTAN) ont mené des manoeuvres d’une extrême agressivité en direction de la frontière turque, allant même jusqu’à tenter de provoquer les F-16 de l’armée turque avant de décrocher à moins de trois kilomètres de la ligne frontalière.
Selon certaines statistiques non vérifiées, la Syrie disposerait d’une vingtaine de ces appareils non destinés au combat Air-Air mais spécialisés dans les bombardements tactiques. Le Sukhoi Su-24 a une portée d’action estimée à 2500 kilomètres et peut atteindre des vitesses assez élevées jusqu’à Mach 2.28.
C’est avec ce type d’appareils que la Syrie a tenté, il y a quelques semaines, de sonder le dispositif de défense anti-aérien de l’île de Chypre, essentiellement assuré par des Typhoon de la Royal Air Force.
Dans le même contexte, des hélicoptères syriens, en majorité des MI-17 modifiés, s’approchent de plus en plus des confins syro-turcs.
Avec ses Su-24, Su-22 et Mig-29, l’aviation syrienne n’est pas de poids à s’opposer aux redoutables F-22 Raptor US stationnés en Turquie ou aux F-15 modifiés israéliens mais dispose encore d’une force de frappe suffisante pour faire face aux F-4 turcs. L’armée turque a d’ailleurs remplacé toutes les unités disposant de ces vieux appareils par d’autres dotés d’une variante à l’export du F-16 Fighting Falcon américain.
Engagée dans la lutte contre la rébellion depuis près de deux ans et demi, l’aviation syrienne a utilisé des avions d’entraînement L39 Albatros et des avions de seconde ligne comme les Mig 21 et Mig 23 dans des opérations de bombardements et d’appui tactique aux troupes au sol afin de préserver ses appareils de première ligne et ce, en prévision d’un conflit régional ouvert .

Conflit au Moyen-Orient: intense activité aérienne autour de la Syrie et de Chypre

Trois jours après que la chasse aérienne turque ait abattu un hélicoptère Mil Mi17 des forces aériennes syriennes près de la frontière turque au dessus du territoire syrien, le niveau de l’activité aérienne autour de la Syrie et de Chypre a atteint un record  jamais égalé jusqu’à présent.

Outre les vols intensifs effectués par l’aviation israélienne, dont des informations non confirmées indiquent que plus de 25 % des appareils sont en vol à toute heure de la journée, des avions US,  turcs, britanniques, grecs et syriens multiplients les patrouilles armées au point où certains de ces appareils ont évité de justesse de sérieux incidents. Comme ce fut le cas lorsque des avions de combat de la RAF (Royal Air Force) échangèrent quelques bons procédés avec des chasseurs F-16 turcs dans l’espace aérien chypriote ou encore lorsque des avions syriens SU 24 effectuent des approches offensives sur la base d’Acrotiri à Chypre en se gardant toutefois de pénétrer dans l’espace aérien de l’île protégée par des Typhoons britanniques.

L’occupation de la partie Nord de l’île de Chypre par la Turquie et l’installation d’un gouvernement satellite en 1974 ont constitué durant de longues années un facteur de friction avec la Grèce.  Pour faire face à l’accroissement des activités de l’aviation turque au Sud de la Mer Egée, le gouvernement grec multiplie lui aussi les sorties aériennes, malgré une crise économique majeure marqué par une réduction drastique du budget.

En Turquie méridionale, le nombre des sorties aériennes des avions US à partir des bases de Batman et d’Inçirlik aurait été multiplié par trois ces deux dernières semaines. Une autre base secrète abritant des drones et selon toute vraisemblance des chasseurs F-22 aurait été découverte par des médias locaux.

On ne compte plus le nombre de drones furtifs et conventionnels survolant le Liban, le Nord de la Jordanie et la province irakienne d’Al-Anbar. Aucune information n’est disponible sur un éventuel survol de drones du territoire syrien mais il est fort probable que certains drones de nouvelle génération ont pu au moins survoler brièvement une partie du territoire syrien malgré la puissante couverture Radar assurée par les forces de défense balistique russe.

Par ailleurs, le haut commandement des forces armées syriennes ont confirmé que l’hélicoptère abattu dimanche dernier effectuait un vol de reconnaissance de routine près de la frontière turque dans le cadre de la lutte contre les infiltrations terroristes à partir de la Turquie. L’hélicoptère Mil Mi17 a pénétré par erreur en Turquie avant de rectifier son vol mais il a été atteint par un missile Air-Air de courte portée de type AIM 9 Sidewinder tiré par un F16 turc. L’hélicoptère a pu se poser en territoire syrien mais les deux pilotes sortis indemnes du crash ont été capturé par des terroristes islamistes qui les ont aussitôt décapité. Les têtes des deux pilotes syriens ont été emportés comme des trophés et montrés aux journalistes des médias mainstream.

Trois jours après cet incident, des avions de combat syriens survolent à très basse altitude l’ensemble de la bande frontalière avec la Turquie.  Des observateurs syriens estimant que les turcs ont tenu à venger la destruction en juin 2012 d’un F-4 Phantom turc par la défense anti-aérienne syrienne.

Conflit au Moyen-Orient: contre le statu quo, la Turquie tente de provoquer un Casus Belli

D’après des informations rendues publiques, un chasseur turc F-16 de fabrication américaine a abattu un hélicoptère syrien de type Mil Mi-17 (Hip) de fabrication russe à 1127 GMT (1427 heure locale), au dessus du tracé frontalier entre les deux pays ennemis.

D’après le vice-Premier ministre turc, Bulent Arinc, l’hélicoptère syrien aurait violé l’espace aérien turc et aurait été abattu par deux F-16 relevant du centre des opérations aériennes combinées de Dyarbakir (Turquie méridionale). Toujours selon la version turque, l’appreil syrien aurait pénétré sur une profondeur de 2 kilomètres à l’intérieur de la province turque de Hatay.

Un hélicoptère Mil Mi 17 des forces armées syriennes lors d'exercices dans le désert.
Un hélicoptère Mil Mi 17 des forces armées syriennes lors d’exercices dans le désert.

Cependant, le vice-Premier ministre turc en arrive à se contredire en affirmant ne diposer d’aucune information sur le sort de l’appareil puisque ce dernier s’est craché en territoire syrien à plus d’un kilomètre de la frontière avec la Turquie.

De toute évidence, à moins que les F16 turcs aient eu recours au canon à une distance critique de manière assez hasardeuse pour que le Mil Mi 17 en soit seulement partiellement endommagé pour continuer à voler sur une distance de plus de trois kilomètres, la version turque ne tient pas la route.

Le Mil Mi-17 a une vitesse maximale théorique de 250 Km/heure, soit une vitesse bien en deçà de celles d’un chasseur à réaction. Qu’en serait-il si l’hélicoptère réputé pour sa maniabilité réduite et sa lourdeur est chargé ou pire endommagé par un obus? Or selon toute vraisemblance, l’hélico syrien aurait été abattu par un ou plusieurs missiles.

Les turcs mentent. L’appareil syrien a bel est bien été abattu en territoire syrien dans ce qui s’apparente à un acte délibérement hostile de la part laTurquie pour tenter de briser le statu quo induit par l’initiative diplomatique russe et les négociations américano-russes sur une éventuelle Conférence de paix.

La Turquie d’Erdögan s’est tracé une politique de zéro ennemis il y a de cela quelques années. Cette politique a lamentablement échoué puisque ce pays membre de l’Otan est actuellement en très mauvais termes avec l’ensemble de ses voisins (Arménie, Grèce, Irak, Iran, Syrie…) et même avec des pays comme l’Egypte à cause de sa politique d’ingérence.  Un bémol tout de même: vassalisée par Washington, Ankara dispose de solides amitiés avec la France et Israël.

Damas: « Nous n’avons que deux options: soit capituler, soit nous défendre avec les moyens de bord… »

Il semble que la Syrie ne croit pas trop à l’éventualité d’un assaut généralisé mais à des frappes américano-israéliennes limitées comme ce fut déjà le cas à trois reprises lors des derniers mois. Lors d’une conférence de presse à Damas, le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem a affirmé que son pays n’avait que deux option en cas d’intervention occidentale: « soit nous rendre, soit nous défendre avec les moyens dont nous disposons. La seconde alternative est la meilleure: nous nous défendrons.  »

Quels sont les moyens dont dispose actuellement la Syrie après trois ans d’une guerre destructrice qui a largement entamé le potentiel de ses forces armées? Mouallem a également dit qu’une intervention étrangère n’affectera pas les opérations de lutte antiterroriste dans lesquels sont engagés les forces armées syriennes. L’allusion est de taille. Elle suggère que Damas sait que Washington et ses alliés régionaux se baseront par dessus tout sur une attaque de mercenaires qu’ils soutiendront par la voie des airs, notamment à l’aide de missiles de croisière et de frappes aériennes. D’ailleurs, depuis un mois, des milliers de combattants de plus d’une cinquantaine de pays affluent en masse en Syrie depuis les camps d’entraînement de la CIA en Jordanie et en Turquie. La route vers Damas serait alors ouverte à coups de Tomahawk à ces légions du chaos.

Cela explique pourquoi l’armée syrienne a lancé son opération « Bouclier » sur 13 axes majeurs autour de Damas et que le succès de cette opération, notamment la reprise en main des banlieues  ait fait paniquer Washington, Ryad, Tel-Aviv et Ankara.

Chose inédite, pour la première fois depuis le début du conflit, des rebelles utilisent des fusils américains M16 A2, des carabines M4 et des fusils de précision autrichiens Steyr Scout.  Des armes quasiment inconnues en Syrie, un pays traditionnellement tributaire de la Russie en matière d’armement. Et certainement pas à la portée financière du premier « révolutionnaire » venu!  Ce fut le cas avant-hier à Homs dans le centre du pays où des groupes d’extrémistes religieux ont été capturés avec ces armes et des missiles antichar russes Kornet.

Que peut faire Damas lorsque ses radars seront désactivés et son aviation clouée au sol? Malgré son affaiblissement et son matériel assez obsolètes si l’on exclue quelques systèmes d’armes comme le S-300 et le Yakhont, l’armée syrienne dispose d’un point fort: sa cohésion et sa très forte structuration. l’ancien président syrien Hafez Al-Assad, un ancien pilote de chasse, a consacré sa vie à bâtir une armée doctrinaire et homogène malgré la diversité confessionnelle de ses éléments (quoique constituée à 80 % de Sunnites). Une armée qui devait se battre sur quatre fronts puisque la Syrie avait quatre ennemis aux quatre points cardinaux: la Turquie au Nord, l’Irak de Saddam Hussein à l’Est, la Jordanie au Sud et Israël au Sud-Ouest avec lequel il est toujours techniquement en guerre. Le Liban était contrôlé.  Deuxième inconnue: Quel est le potentiel balistique réel dont dispose la Syrie et qui n’est pas aussi négligeable qu’on le pense? Quels sont les liens étroits que la Syrie a tissé avec l’Iran et la Corée du Nord ces dernières années? Autant de questions qui nous permettent de dire que la situation reste plus ouverte que ne le laissent penser certains analystes.

Turquie-Israël: l’armateur MB du fils d’Erdögan n’a jamais boycotté Israël

Fin janvier 2009, à Davos, le Premier ministre turc Tayep Reçep Erdögan et le Président israélien Shimon Perez ont joué à une petite comédie dans laquelle le très pusillanime turc a fait mine de quitter la salle avec fracas. Ce geste attira à M. Erdögan beaucoup d’estime au sein de son propre parti, l’AKP (Adalet ve Kalkınma Partisi ou Parti pour la justice et le développement) mais également au sein de sa mouvance, les Frères Musulmans. Une véritable organisation multinationale d’inspiration franc-maçonnique à laquelle appartiennent outre l’AKP d’Erdögan, le Président égyptien Mohamed Morsi, les dirigeants actuels du Hamas palestinien, le chef du gouvernement tunisien et une partie non négligeable de l’opposition syrienne.

En réalité, les relations entre la Turquie et Israël n’ont jamais été mauvaises. Même lors de l’incident du bateau Mavi Marmara du 31  mai 2010,  à l’issue duquel neuf activistes humanitaires turcs ont été abattus à bout portant  par des commandos de la marine israélienne. Les appels au boycott ayant suivi cet incident et l’annulation d’exercices militaires communs entre les deux pays n’ont jamais entravé la croissance soutenue du commerce bilatéral entre Ankara et Tel-Aviv.

Cette relation stratégique s’est renforcée depuis le début de la guerre en Syrie puisque les deux alliés sont engagés à fond contre un ennemi commun: le gouvernement de Bashar Al-Assad. Depuis le début des révoltes arabes, le Premier ministre turc n’a cessé d’appeler les dirigeants arabes contestés de quitter leur pays ou bien de démissionner. En Syrie, ces appels se sont transformés en appels au meurtre et au pillage. Or depuis deux semaines, Erdögan lui-même est confronté à une fronde populaire exigeant sa démission suite à une passation de marché douteux à l’un des grands financiers occultes de son parti portant sur la construction d’un projet commercial en lieu et place de l’actuel parc Gezi. Dirigeant autiste et complotiste, Erdögan accuse les manifestants d’être des agents de l’étranger tout en menaçant de les écraser. Cerise sur le gâteau: face à ses détracteurs, fustigeant sa trop grande collusion avec les banques et le néolibéralisme sauvage, il annonce que le projet de centre commercial controversé comportera …une mosquée! Une façon de laisser croire à ses partisans que celles et ceux qui sont sortis protester dans la rue sont animés par des sentiments anti-religieux.

L’opposition turque, notamment le parti républicain du peuple (Cumhuriet Halk Partisi ou CHP-tendance socialiste) que le Premier ministre a taxé d’ennemi à la nation, a révélé que le fils d’Erdogan, Ahmad Borak Erdögan, propriétaire de la compagnie MB  Shipping (transport maritime) , possède deux navires commerciaux qui faisaient la navette entre les ports de Turquie et d’Israël pour le transport de marchandises. Se référant aux révélations des autorités portuaires turques, les sources de l’opposition ont indiqué que le navire Safran 1 de longueur de 95 m a arraisonné dans le port d’Ashdod israélien la dernière fois le 12 janvier 2013,  soit trois mois avant la fin de la crise israélo-turque.

Le quotidien israélien à grand tirage, Yediot Aharonot,  a également évoqué cette affaire concernant le fils du Premier ministre turc Recep Tayep Erdogan, en soulignant que ce dernier a bien signé des transactions avec Israël couvrant les trois dernières années. Commentant cette nouvelle, le Yediot Aharonot a rappelé que même lorsque la crise entre les deux pays était à son apogée, « le commerce s’est nettement amélioré et a atteint près de 4 milliards de dollars, soit une hausse de 30%…

Le Premier ministre de la Turquie, membre de l’Otan et actuellement l’un des pays les plus acharnés à abattre l’Etat syrien n’en est pas à sa première contradiction près. L’ex-maire d’Istanbul est le président d’une formation politique l’AKP qui est née en 2001  d’une scission  « scientifique » ayant visé la destruction du Refah Partisi (Parti de la prospérité)  du dirigeant charismatique Necmettine Erbakan. Ce dernier a été jugé trop dangereux par la CIA pour les intérêts stratégiques américains dans un pays aussi important que la Turquie.

La suite est connue: il fallait imposer Erdögan et surtout  « punir » le haut commandement militaire turc pour avoir osé exprimer son désaccord total et bruyant avec l’invasion de l’Irak en 2003.   Une opération complexe est montée, créant une autre affaire de complot connu sous le nom d’Ergenekon, un réseau qui aurait cherché à provoquer un putsch militaire contre Erdögan. Des centaines d’officiers de l’armée turque dont la plupart des commandants de l’armée seront mis derrière les barreaux. 11 % des généraux turcs sont écartés. Les chefs de l’armée turque, jadis très puissante, démissionnent. La voie est libre pour Erdögan. La Turquie est dans le giron du Nouvel Ordre Mondial. Ce n’est pas le cas de son voisin grec, dont le peuple est « puni » pour insubordination.

Emeutes en Turquie: la Syrie appelle Erdögan à démissionner

L’extrême brutalité avec laquelle la police turque est en train de mater les émeutes anti gouvernementales en Turquie a été mise à profit par la Syrie. Damas a ainsi qualifié la répression policière turque d »actes terroristes » et son ministre de l’information Omran Al-Zohbi a accusé hier le gouvernement turc du frère musulman Tayep Reçep Erdögan d’agir « de façon terroriste » contre le peuple turc. « Les revendications du peuple turc ne méritent pas toute cette violence et si Erdogan est incapable d’user de moyens non-violents, il doit démissionner », a déclaré le ministre syrien, cité par la télévision syrienne d’info en continu Al-Ikhbarya Surya. Il a appelé le Premier ministre turc à démissionner.

La Turquie est depuis le début de la crise syrienne l’un des ennemis les plus acharnés de la Syrie. Les deux pays ne se sont jamais bien entendu malgré un rapprochement éphémère et factice ces dernières années; la Syrie cherchant à briser son encerclement géopolitique et la Turquie à écouler ses marchandises tout en assurant une tête de pont de l’Otan en Syrie. L’arrivé au pouvoir d’Erdögan en Turquie à l’issue d’un processus complexe s’apparentant aux révolutions colorées d’Ukraine et de Géorgie a provoqué la mise en prison de presque 11 % des officiers généraux des forces armées turques.

L’armée syrienne à Al-Qussayr met la main sur des documents secrets sur la contrebande d’armes

L’avancée des unités de l’armée syrienne au centre d’Al-Qussayr a permis la découverte de nombreuses caches d’armes et de dépôts de médicaments, voir des hôpitaux de campagne. Mais ce n’est pas tout. La prise des anciens postes de commandement de la rébellion armée a mis en lumière pas mal de secrets révélés par des documents secrets. Dans le labyrinthe des longs tunnels souterrains utilisés par les rebelles, de nombreux documents saisis par les officiers du renseignement aérien syrien démontrent d’une manière irréfutable la complicité active des services de renseignements de l’Arabie Saoudite, des Etats-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne, du Qatar, de la Turquie mais également de partis libanais tels que les Forces libanaises (FL) appartenant à Samir Geagea et le Mouvement du Futur (Tyar Al-Mustaqbil) proche de Saâd Hariri, fils de l’ex-Premier ministre libanais assassiné Rafik Hariri.

Ces documents portent sur des transfert de fonds et des approvisionnements. Le matériel de télécommunications saisi est très sophistiqué et n’est pas en dotation dans l’ensemble des armées de la région. Dans le lot figurent des téléphones satellitaires doté d’un système de cryptage ultra-sophistiqué, des quantités d’explosifs C-4 et des sommes d’argent liquide en monnaies américaine, saoudienne et qatarie.

Des rumeurs au sein du commandement syrien évoquent la capture de 70 agents étrangers dont certains seraient de nationalité française ou belge parlant un arabe dialectal maghrébin. D’autres seraient des agents israéliens du « Katsas », la plupart portant la nationalité libanaise. Des agents saoudiens auraient été capturés. Enfin des agents turcs du MIT. D’après des documents découverts, les « agents » étaient chargés de la contrebande d’armes et de munitions du Liban à l’intérieur du territoire syrien.

Le bouclage de la zone par les militaires syriens avec l’aide d’éléments du Hezbollah libanais ont empêché les « contrebandiers » de fuir vers le Liban.

L’armée syrienne poursuit sa reconquête de la région en se dirigeant vers le Nord et le Nord-Ouest d’Al-Qussayr à la poursuite de centaines de rebelles armés. Les médias arabes proches de l’Arabie Saoudite et du Qatar (et dans leur sillage, certains médias égyptiens, libanais et libyens) tentent d’ameuter la rue arabe sur ce qui se passe à Al-Qussayr en le présentant comme un massacre interconfessionnel. En réalité, la rébellion syrienne et ses sponsor viennent de recevoir un coup fatal. Les voies d’approvisionnement à partir du Liban sont rompues. Reste la voie du Nord à partir de la Turquie.

Les espaces aériens libanais, jordaniens et turcs ouverts aux drones américains et israéliens

Sous le prétexte de prévenir tout transfert d’armes, et plus particulièrement des armes chimiques, au Hezbollah libanais, les israéliens survolent depuis des mois une partie de l’espace aérien du Liban. Les drones israéliens survolent également les espaces aériens jordaniens et turcs en vertu d’accords militaires secrets conclus entre Tel-Aviv, Ankara et Amman.

Des rumeurs persistantes en Syrie font état de l’implication de drones US ou israéliens dans plusieurs attaques, dont celle ayant visé des convois en route vers le Liban mais également des sites de missiles SAM. Ces derniers auraient pu être neutralisés avec des drones israéliens anti-radar de type Harpy. Ces informations n’ont jamais été évoquées par les médias. Les mêmes rumeurs, fortement relayées au sein des forces armées syriennes, parlent de submersibles robotisées opérant au large de la Syrie.

Des drones US sont stationnés en Israël, mais également dans un aérodrome situé au Nord de la Jordanie. En outre, les Etats-Unis disposent de deux bases aériennes d’envergure en Turquie méridionale.

Quoi qu’il en soit, il semble bien que les israéliens ont déjà agi à plusieurs reprises à l’intérieur du territoire syrien. L’aviation israélienne a bombardé fin janvier près de Damas un site de missiles sol-air et un complexe scientifique militaire adjacent. Ce raid a été suivi par au moins deux raids aériens visant des convois se dirigeant vers le Liban.

Les rebelles syriens, en grande difficulté, ont réclamé hier des frappes aériennes ciblées et -sûrement tactiques- sur des objectifs militaires syriens. Cet appel rejoint celui de quelques lobbyistes acharnés au sein du Congrès des Etats-Unis (McCain et consorts) appelant à utiliser des missiles de croisière contre l’armée syrienne au motif que celle-ci est en train d’utiliser des missiles Sol-Sol de type Scud contre des « civils ».

Sur le terrain, des militaires US se positionnent en Turquie méridionale, en Jordanie septentrionale, en Israël et en Irak. Cet encerclement dément de manière flagrante l’attitude supposée prudente de l’administration Obama sur le conflit, notamment après l’allégeance de Jobhet Nosra à Al-Qaïda et jette un doute sur les liens réels liant les services de renseignement américains et l’organisation terroriste Al-Qaïda.

 

 

La Syrie a mis en place un boycott des usines turques

 

Excédé par le pillage systématique de ses infrastructures industrielles et commerciales au Nord de son territoire et plus précisément à Alep par les turcs via les rebelles,  la Syrie vient de réagir en mettant en place un bureau de boycott des usines turques.

Plus au Sud, l’armée syrienne a déclenché depuis l’aube une vigoureuse contre-offensive visant la province de Deraa, frontalière avec le Golan et la Jordanie, dont des territoires sont tombés aux mains des rebelles il y a plus de deux semaines. L’offensive éclair des forces syriennes a provoqué de très lourdes pertes au sein d’Al-Qaïda en Syrie et intervient moins de 24 heures après l’allégeance du groupe terroriste Jobhet Nossra à Ayman AL-Zawahry, chef hypothétique de la fantomatique organisation terroriste Al-Qaïda.

Des pays arabes ayant voté l’exclusion de la Syrie de la Ligue Arabe (LA) et son remplacement par une des instances de la rébellion, se sont aperçus qu’ils ont octroyé à Al-Qaïda un siège au sein de l’organisation panarabe…Israël a déjà fait savoir officieusement qu’il préfère côtoyer Al-Qaïda que l’Etat syrien actuel.

 

En Iran, les forces armées iraniennes se sont déclarées prêtes à toute menace régionale et supra régionale. Un troisième avion iranien en direction de Damas a été inspecté par les irakiens, provoquant la colère des officiels à Téhéran.

Le G8 réuni à Londres, en attendant une autre réunion des « amis de la Syrie » attendue à Istanbul, s’est dit atterré par le nombre de morts en Syrie. En réalité, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France et leurs alliés arabes sont consternés par la résistance de l’axe Damas-Téhéran-Pyongyong à la politique de la grande finance transnationale néolibérale.

Ali A. Berri*

*journaliste syrien

 

Al-Qaïda au Maghreb accuse Al-Qaïda en Syrie de complot

A en croire le quotidien algérien « Al-Khabar« ,  le torchon brûle entre Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI) et Jobhet Nosra, la plus puissante franchise d’Al-Qaïda en Syrie. Dans un communiqué virulent dont des copies ont été récupérés sur les corps de terroristes abattus en Algérie orientale et en Tunisie, Al-Qaïda au Maghreb Islamique accuse l’organisation de Jobhet Nosra d’être partie prenante d’un complot français visant à éloigner le plus grand nombre possible de « combattants » du Maghreb et du Sahel vers la Syrie sous couvert d’un « Jihad »  (terme religieux musulman récupéré par le marketing néolibéral)

AQMI accuse également que des Etats maghrébins qu’elle s’abstient de citer nommément sont complices de cette opération. Selon le journal algérien, le communiqué de l’organisation terroriste intitulé « le vrai visage du complot croisé contre les musulmans du Maghreb » appelle les jeunes maghrébins et plus particulièrement les tunisiens et les libyens de ne pas partir guerroyer en Syrie mais de demeurer au Maghreb où se déroule une « guerre » contre les « régimes impies » soutenus par la France .

Le journal cite également un autre communiqué émanant d’un site lié à l’AQMI dans lequel le transfert de milliers de terroristes maghrébins vers la Syrie via la Libye et la Turquie avec les moyens de l’Otan (principalement des navires et des avions commerciaux turcs) serait considéré par l’AQMI comme une opération séditieuse visant l’affaiblissement du « front sahélien » et du « front algérien » où les combattants subissent « une pression militaire intolérable » et font face au manque d’armes et de moyens.

En d’autres termes, Al-Qaïda au Maghreb Islamique est en train d’appeler les milliers de volontaires tunisiens et libyens ayant rejoint les rebelles en Syrie pour guerroyer contre le gouvernement du président Assad à rejoindre ses rangs au Nord-Mali et en Algérie.

En Tunisie où la situation socio-économique est sinistrée, le gouvernement dominé par le mouvement Ennahda est suspecté d’être incité par des pays étrangers, moyennant finance, pour fermer les yeux sur le flux de  volontaires rejoignant la Syrie. Cependant, un officier tunisien ayant requis l’anonymat affirme que certains responsables tunisiens ne sont guère mécontents de ce fait puisqu’ils estiment que ce n’est là qu’un moyen pour débarrasser la Tunisie de centaines d’éléments subversifs et dangereux en les envoyant se faire broyer par l’impitoyable machine de guerre syrienne.

De fait, le retour de centaines de vétérans ayant survécu aux combats en Syrie inquiète au plus haut point les gouvernements d’Afrique du Nord, lesquels sont en train de mettre en place des mécanisme de coopération et d’échange d’information pour éviter un renforcement des organisations terroristes activant au Sahel.

Conflit du Moyen-Orient: une nouvelle phase dans la guerre mondiale en cours

L’intervention israélienne ouverte dans le conflit syrien marque un nouveau tournant du conflit au Moyen-Orient et ouvre la voie à une nouvelle phase de la guerre mondiale en cours, comportant désormais un risque avéré de conflit nucléaire.

Sa-11
Le système de défense antiaérienne 9K37M1 ou Sa-11

Techniquement en guerre avec la Syrie depuis 1973,  Israël est devenu, depuis le mercredi 30 janvier 2013, le premier Etat étranger à intervenir militairement  de manière directe en Syrie en y menant non pas un seul raid aérien mais une série de raids visant deux convois militaires près de la frontière libanaise, des batteries de missiles SAM (Surface to Air Missiles) protégeant un centre de recherche militaire de l’armée syrienne situé à Jamarya ainsi que ses installations.

Les systèmes de défense aériennes Sa-11 (9K37M1) et Sa-9 (9K31 Strela-1) améliorés protégeant le site ont été neutralisés lors de cette opération.

Sa-9
Système 9K31 Strela-1. Le système utilisé par les forces armées syriennes a été modifié en 1998. Ces systèmes d’armes sont particulièrement ciblés par la rébellion syrienne.

Des moyens importants de guerre électronique ont été mis en oeuvre par l’aviation israélienne pour brouiller les radars des missiles antiaériens syrien défendant le site, considéré comme l’un des plus importants en Syrie.  Cette attaque, qualifié de guerre israélienne « limitée » sur la Syrie  a été l’objet d’une réunion d’urgence de tous les chefs militaires syriens en présence du Président Bashar Al-Assad dans un lieu hyper-sécurisé situé sous terre à Damas. Lors d’un précédant raid aérien israélien ayant visé un centre de recherche nucléaire syrien en 2007, Bashar Al-Assad avait limogé le commandant de la défense aérienne pour avoir échoué à abattre les appareils ennemis.

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Deux avions F-15 Baz israéliens. C’est des appareils similaires modifiés qui ont mené le raid contre la Syrie entre le 29 et le 30 janvier 2013

Ce raid effectué par des avions de combat F-15 modifiés  ayant visé un centre de recherche sur les armes spéciales a mis en état d’alerte maximum les forces d’élite syriennes stationnées en face des hauteurs du Golan, territoire occupé par Israël en 1967 et annexé en 1981. Au Nord de la Syrie, l’armée turque est en alerte maximum tandis qu’au Sud, les unités de l’armée jordanienne et les forces spéciales US semblent prêt à intervenir.

Après avoir tenté par tous les moyens possibles et imaginables en matière de guerre secrète, de terrorisme et de stratégie militaire à anéantir le régime syrien, Tel-Aviv a décidé de passer à la vitesse supérieure au lendemain d’élections factices en direction du reste du monde n’ayant pas entamé le pouvoir du Premier ministre Netanyahu, considéré par la totalité de la communauté du renseignement dans le monde d’être le principal architecte des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis d’Amérique.  Ce nouveau mouvement risque d’aboutir à un face-à-face direct avec l’Iran. Ce que semblent rechercher les stratèges israéliens depuis des mois.

Qu’y avait-il dans ce centre de recherches scientifiques de l’armée syrienne qui put justifier une action directe de l’aviation israélienne? On sait que ce centre ultra-secret fait l’objet depuis au moins sept mois d’attaques continuelles au mortier et à la roquette par les rebelles syriens et étrangers guidés et orientés  par les centres de commandement de l’OTAN en Turquie méridionale, à Chypre et en mer méditerranée.  Cet acharnement était justifié selon la rébellion syrienne par la présence sur ce site d’experts iraniens et d’officiers du Hezbollah libanais pour superviser des recherches sur les gaz innervant tels que le VX, une version plus mortelle que le gaz sarin mais également le développement d’un  missile de croisière basée sur un nouveau modèle utilisé par la marine iranienne. Ce centre comportait également une section dédiée à la recherche sur les isotopes nucléaires avec l’aide d’experts nord-coréens mais on ne dispose d’aucune information à ce sujet.

La Syrie a annoncé mercredi soir que l’aviation israélienne avait « directement bombardé » un centre de recherche militaire situé entre Damas et la frontière libanaise, pour la première fois en près de deux ans de conflit en Syrie. « Un avion de combat israélien a violé notre espace aérien à l’aube et a directement bombardé un centre de recherche sur l’amélioration de la résistance et l’auto-défense dans la région de Jamryah dans la province de Damas », a affirmé l’armée syrienne  dans un communiqué publié par l’agence officielle Sana.

L’armée syrienne fait état officiellement de deux employés tués et de cinq autres blessés dans ce centre, qui a subi « d’importants dégâts » selon le communiqué militaire en précisant que le « bâtiment a été partiellement détruit ». Par des projectiles non-conventionnels ou une arme anti-bunker semble t-il puisque le site était protégé contre les bombardements aériens.  Une source libanaise avance toutefois un bilan nettement plus lourd avec 70  morts et des dizaines de blessés.

La Russie a été l’un des premiers pays à réagir face à ce nouveau développement dangereux de la situation au Moyen-Orient. Moscou  est « très préoccupé par les informations concernant des frappes de l’armée de l’air israélienne sur des sites en Syrie, près de Damas », a indiqué le ministère des Affaires étrangères russe, en ajoutant que si  cette information est confirmée, « cela signifie que nous avons à faire à des frappes injustifiées sur le territoire d’un Etat souverain, ce qui viole grossièrement la charte de l’ONU ». Moscou a également fait pression sur Damas pour qu’il ne riposte pas à cette attaque. Une escadre de 18 navires de la marine russe évolue actuellement entre la Mer noire et la méditerranée  orientale non loin du littoral syrien.

Des pays de l’Union européenne ont également appelé la Syrie à la retenue. Cependant, il est très peu probable que la Syrie se risque à ouvrir un front aussi vaste avec la communauté internationale en s’attaquant à Israël.

Il y a moins d’une semaine, le Chef d’état-major des armées russes a affirmé que les forces armées russes sont prêtes à un conflit de grande ampleur. l’Iran a, pour sa part, mis en garde contre toute intervention directe contre son allié syrien. Une plate-forme Offshore iranienne de 1850 tonnes a coulé cette semaine  sur le champ gazier de South Pars dans le Golfe arabo-persique suite à un sabotage tandis que des informations faisaient état du sabotage de l’installation nucléaire de Fordow dans ce qui s’apparente à une guerre clandestine intense contre l’Iran.

Les Etats-Unis ont été prévenus à l’avance de cette frappe israélienne. Une source ayant requis l’anonymat citée par le New York Times a révélé que les israéliens avaient informé Washington du projet d’une frappe sur une cible militaire « spéciale » syrienne située dans la province de Damas.

En Israël, on craint une riposte du Hezbollah libanais qui pourrait effectivement exploiter l’hiver pour déclencher son plan d’attaque sur l’ensemble du territoire israélien, y compris sur le réacteur nucléaire de Dimona dans le Sud.

A Damas où le commandement militaire a d’énormes difficultés à contenir les 65000 rebelles appuyés par au moins 9000 mercenaires étrangers ciblant en priorité les infrastructures stratégiques et les sites de la défense antiaérienne, une réunion d’urgence des hauts commandants de l’armée et du renseignement évaluera les moyens de riposte contre Israël et la Turquie. Une source de haut niveau  a affirmé que « le temps de l’impunité sioniste est révolu que le prix de cette agression sera tôt ou tard payé »  avant d’être explicite  que « le temps pour les déclarations politiques et les médiations diplomatiques est révolu » et que « la Syrie s’apprête à donner une leçon cinglante aux sionistes » en soulignant que l’agression sur la souveraineté syrienne ne sera pas impunie. Des avions Mig 31 des forces aériennes syriennes ont survolé les confins frontaliers syro-libanais non loin du Plateau du Golan et de la zone contestée des fermes de Chaba.

Reste à savoir sous quelle forme sera la riposte puisque une action directe de l’armée syrienne contre des cibles militaires israélienne déclenchera à coup sûr une guerre mondiale généralisée pouvant aboutir à un usage de l’arme nucléaire. C’est pourquoi l’Iran a pressé ses alliés syriens de ne pas riposter à l’heure actuelle et de lui laisser « du temps » pour s’y préparer. Notamment en travaillant sur un système de navigation par satellite qui lui est propre. La Syrie dispose de plan secret en cas de décapitation du régime prévoyant une offensive balistique sur les villes et les centres vitaux israéliens.

Dans cette équations à trois variables qui se joue au Moyen-Orient, le risque d’un affrontement militaire généralisé est devenu non pas une éventualité mais une certitude. Israël s’impatiente de plus en plus et veut s’attaquer à l’Iran, quitte à passer au dessus d’une Syrie dévastée par presque deux années de guerre. Moscou et Pékin s’y opposent fermement. Reste à savoir si les Etats-Unis sauront éviter la conflagration et recadrer ce conflit dans un contexte strictement régional.

Syrie, entre mini blitzkriegs et cheval de Troie

Consternation à Damas après que l’on ait pris toute la mesure du « plan de paix » proposé par les Etats-Unis. La présidence syrienne l’aurait qualifié de « cheval de Troie » et de « plan de destruction programmée » visant un changement de régime en Syrie. Ce plan intervient au moment où sont déployés en Turquie méridionale des batteries de missiles antimissiles de type Patriot. Ce plan devait mettre un terme à la guerre en Syrie. Une version initiale de ce plan a reçu l’accord de principe de Moscou. Mais il semble que depuis, il a été remanié.

Le Président syrien Assad devrait s’adresser à sa nation divisée par un violent conflit sur sa légitimité, dimanche 06 janvier 2013, avant le début de l’après-midi. Bashar Assad n’a guère d’options autres que de continuer à tenter de mater la rébellion et dans le cas présent, essayer d’éviter une confrontation militaire directe avec l’Otan, Israël, les forces du Conseil de Coopération du Golfe. Le rôle trouble de l’Irak et l’ambivalence du Liban et de la Jordanie pèsent de tout leur poids sur la prise de décision au plus haut sommet de l’Etat syrien.

Acculé dos au mur, le président Assad n’a même pas le « luxe » d’annoncer son retrait de la vie politique comme le fit l’ex-président yéménite Ali Abdallah Salah sous pression régionale et internationale. Il ne peut non plus annoncer un dialogue que les rebelles n’en veulent pas puisque ils mettent le départ du Président Assad comme un préalable absolu à toute négociation. Plus extrémistes, des groupes radicaux ont ouvertement affirmé qu’ils ne se contenteraient pas du départ d’Assad mais de sa liquidation physique ainsi que de toute sa communauté.

Dans ce cas, Assad, conscient du danger que constitue le déploiement d’ABM au sud de la Turquie et la préparation israélienne à une guerre , pourrait durcir son discours tout en excluant pas une solution pacifique sur les bases du plan de Genève.

Sur le terrain, l’armée régulière syrienne continue de mener ses mini Blitzkriegs contre les bastions rebelles à Damas,  Alep (Nord) et à Homs (centre), non loin des frontières libanaises, causant la mort de la plupart des chefs rebelles locaux. L’armée régulière syrienne, échaudée par le cas irakien et forte de l’expérience de la guerre du Liban dispose d’assez de ressources internes pour rendre une victoire des rebelles quasiment impossible sans intervention étrangère. Il ne faut pas oublier que cette armée a eu tout le temps d’observer les armées américaines en Irak et de s’y adapter selon ses capacités limitées.

Demeure le cas trouble de l’Irak. La position de Bagdad est ambivalente: d’un côté le gouvernement très confessionnel du Premier ministre Maliki soutient Damas, non pas par conviction politique mais par sectarisme confessionnel. Les syriens en sont d’autant plus embarrassés que leur crédo officiel est l’union dans la diversité. Il faut noter que dans tous les pays où est passé le rouleau compresseur du régime change à l’américaine, c’est un Premier ministre qui gouverne en place et lieu du Réis (président). Plus de 3000 soldats de l’Otan se sont réinstallés en Irak  près des frontières syrienne. Tout en sachant qu’en Turquie, les meilleures unités de l’armée turque sont désormais déployées en face de la Syrie. Qu’au Sud, en Jordanie, les unités d’élite jordaniennes et des commandos de quatre pays occidentaux s’activent à la frontière et qu’au sud-Ouest, plus de 70% des ressources de l’armée israélienne sont déployées autour du Golan et alors qu’ au Liban, une guerre de l’ombre comme on n’en a jamais vu entre les services de renseignement d’une dizaine de pays fait rage, Damas va jouer son va tout sur le plan diplomatique, non sans tenter d’éliminer l’opposition armée.

 

Conflit au Moyen-Orient: la Syrie au coeur d’un nouveau conflit mondial

La fin de la bataille de l’aéroport de Damas, entamé le 02 décembre et terminé le 12 décembre 2012, et au cours de laquelle les unités de la Garde républicaine, les unités d’élite, l’aviation, le renseignement aérien et les forces balistiques de l’Etat syrien ont réussi, non sans de  grandes difficultés, à infliger un sérieux revers aux groupes armés composant les différents spectres de la rébellion grâce à l’aide technique discrète mais efficace des services spéciaux russes. Cet épisode a non seulement révélé jusqu’où Moscou est capable d’aller dans le conflit en cours au Moyen-Orient mais également la détermination de la rébellion et de ses sponsors d’en finir une fois pour toutes avec le régime de Damas.

L’armée syrienne perd-elle du terrain ?

La concentration des troupes de l’armée régulière syrienne autour de Damas et des grandes agglomérations urbaines a dégarni les zones rurales d’une présence sécuritaire rendant propice l’évolution de la guérilla et renforçant l’afflux d’armes et d’équipements à partir de pays voisins. Natura non facit saltus, les zones où les unités de l’armée syrienne ne sont pas déployées servent de terrain d’évolution naturel à la rébellion, aux flux de combattants étrangers et aux cargaisons d’armes et de munitions.

A l’extrême Nord du pays, la stratégie du Gouvernement syrien a été de laisser se créer des comités armés de résistance kurde comme une tentative de nuire aux intérêts géopolitiques turcs. Cette stratégie dangereuse se veut comme une réponse à l’activisme et au rôle de la Turquie en tant que membre de l’Otan dans le soutien logistique des groupes rebelles sur son territoire.  C’est une lame à double tranchant. L’annonce d’une création d’une armée autonome kurde relevant du PYD (Parti de l’Union démocratique) kurde syrien et ses accointances avec le PKK (parti des travailleurs du Kurdistan) turc et le Kurdistan irakien alimentent la résurrection d’un nationalisme kurde depuis 80 ans.

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Un rebelle syrien posant avec un Anti-Material Rifle, une arme inconnue de l’arsenal de l’armée syrienne. Contrairement à ce que l’on tente de faire croire, les différents groupes composant la rébellion syrienne reçoivent des armes plus sophistiquées que celle de l’armée régulière syrienne. Ils bénéficient en outre du renseignement spatial et électronique ainsi que de la formation de la part de pays comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne.

De l’autre côté de la frontière, en Turquie méridionale, les américains et des pays de l’OTAN comme l’Allemagne sont en train d’annoncer officiellement l’envoi de troupes (respectivement 400 et 300) et des batteries de missiles Patriot. Détail révélateur, la déclaration du ministère allemand de la défense relative à l’envoi de troupes en Turquie a devancé l’approbation du Bundestag de la décision de déploiement de ces systèmes d’armes.  Pour Moscou comme pour Téhéran, le déploiement de missiles Patriot en Turquie n’est pas dirigé contre la Syrie mais bien contre eux. D’où la décision de Moscou d’acheminer des missiles balistiques Iskander M dans la région et le transfert par l’Iran de missiles en Syrie.

La Syrie a t-elle utilisé des missiles Scud contre les rebelles ?

Les Etats-Unis accusent la Syrie d’avoir utilisé des missiles balistiques Scud contre les rebelles au Nord du pays, près des frontières turques. Des informations spécifiques font état de la destruction de centres de commandement et de regroupement de la rébellion dans cette zone avec ces missiles.  Ce que le Gouvernement syrien  nie d’une façon catégorique. Des missiles Air-Sol, des FROG’s  (free Rocket over ground) et des missiles Sol-Sol ont bien été utilisés par l’armée syrienne contre des cibles bien déterminées mais nos sources refusent de confirmer ou d’infirmer l’usage de Scud A dans ces opérations. D’autres sources du renseignement militaire libanais indiquent que l’armée syrienne a « mis le paquet » sur la route de l’aéroport international de Damas, où des milliers de rebelles ont tenté une percée après avoir déclaré la région comme zone militaire interdite. On sait que les meilleures unités d’élite de l’armée syrienne ont été mobilisées, y compris celles traditionnellement positionnées au Golan et faisant face à Israël.

On connaît également le rôle crucial de l’aviation, des blindés et du génie dans cette confrontation. Des missiles et des roquettes y ont été utilisés à profusion. Mais aucun missile Scud n’a été utilisé. L’usage des Scud aurait été d’ailleurs d’un apport presque nul puisque la rapidité avec laquelle évoluait la situation sur la route de l’aéroport de Damas et l’exiguïté du terrain rendait l’efficacité d’un missile balistique sujette à discussion. Par contre c’est aux unités de la cyberguerre et de la guerre électronique que revient tout le mérite puisque le brouillage puis la suppression des télécommunications des groupes rebelles les a obligé à utiliser des moyens fort sophistiqués offerts par deux pays de l’Otan. Cela a permis aux militaires syriens de les intercepter et les localiser. La Russie (imagerie satellite, suppression de signal), l’Iran (renseignement et brouillage)et à un degré moindre un autre pays asiatique (stratégie) ont joué un rôle crucial dans la phase de guerre électronique.

Au lendemain de l’échec militaire de la rébellion, une série d’attentats à l’explosif secoue Damas tandis que des campagnes médiatiques se mettent en branle autour de trois thèmes récurrents : armes chimiques, intervention de l’Otan et négociations autour du sort du président syrien, voire son exil dans un autre pays arabe.   Nos sources évoquent avec insistance une nouvelle opération clandestine en préparation pour le 21 décembre que nous n’avons pu confirmer nulle part. Ce plan prévoit trois campagnes simultanées et une grosse opération de guerre psychologique via les médias. Des pays de l’Otan  pourraient le cas échéant bombarder les rebelles avec des armes interdites et en imputer la responsabilité au Gouvernement syrien. Autre casus belli : la capture par le groupe de « Jobhet Ennosra », que le département d’Etat US a mis sur la liste des organisations terroristes, de stocks d’armes chimiques et-c’est nouveau, biologiques ou un putsch militaire à l’intérieur du régime syrien. On évoque enfin une escalade militaire avec la Turquie provoquée par des escarmouches entre les comités de la résistance kurde et l’armée turque ou bien un embrasement au Golan (ce dernier serait le point de déclenchement d’un véritable conflit mondial)

La guerre économique

Le conflit au Moyen-Orient est loin de se limiter au seuls aspects politique et militaire ; l’aspect économique et monétaire constitue un axe majeur de la lutte. Après 21 mois de crise, un blocus qui ne dit pas son nom et une batterie de sanctions, l’économie syrienne est exsangue. Elle n’est pas la seule : à des degrés plus ou moins sévères, les économies de l’Iran, de la Jordanie et de la Turquie sont également touchées. Damas tente tout son possible de relancer trois secteurs stratégiques : l’approvisionnement alimentaire, l’énergie et l’eau. Cibles prioritaires des sabotages de la rébellion. Ces deux derniers moins, le sabotage des pylones de transport de l’énerie électrique à haute tensions et des générateurs a laissé place à des attaques contre les écoles militaires, les bases de défense anti-aériennes et les dépôts d’armes lourdes, contraignant l’état-major syrien à mobiliser d’importants moyens à la surveillance des sites stratégiques. La rébellion utilise donc la guerre d’usure et la guérilla urbaine pour tenter d’étendre les lignes (théoriques) du front à une proportion telle que l’armée syrienne ne sera plus en mesure de pouvoir concentrer ses forces sur un point décisif et multiplier ainsi les failles susceptibles d’être exploitées.

Les Etats-Unis et l’Union Européenne imposent depuis mars 2011 des trains de sanctions économiques et commerciales sur la Syrie visant les sociétés, les administrations, les pétroles, les armes et les avoirs bancaires. Des opérations clandestines, visant l’effondrement monétaire du pays, ont été menées à diverses reprises avec l’aide de services de renseignement de pays de la région. La Syrie a évité un effondrement de sa monnaie in extremis avec l’intervention de l’Iran, non sans risque puisque la crise monétaire s’est propagé dans ce pays également.

Perspectives immédiates

Le conflit syrien se retrouve à la croisée des chemins. Le chemin de Damas semble passer par Téhéran et Moscou. Faut-il dès lors fomenter un putsch en Russie (on murmure sur des tentatives très sophistiquées d’éliminer le président russe Vladimir Poutine) et un changement de régime à Téhéran pour changer les lignes de fractures ? Paradoxe puisque c’est le chemin de Damas qui devait paver la voie à un isolement de l’Iran en vue d’y accélérer un changement de régime. Dilemme stratégique résultant de jeux à sommes nulles.  La poursuite du statu quo et la stagnation de la situation sur le terrain devaient permettre aux pays occidentaux et à Israël d’attendre un affaiblissement suffisant de l’Etat syrien pour entamer une phase plus active porteuse de tous les dangers. Sur le plan diplomatique, la reconnaissance par les Etats-Unis d’Amérique de la coalition syrienne formant l’opposition au régime lors de la réunion des « Amis de la Syrie » à Marrakech  n’a fait qu’avaliser un processus de légitimation à une implication beaucoup plus étendue de l’Otan dans sa guerre clandestine contre l’Etat syrien. Dans ce jeu complexe de géostratégie appliquée menée par des acteurs globaux, la porte est ouverte à tous les aléas, y compris un nouveau conflit mondial.

Conflit au Moyen-Orient: la somme de tous les dangers

Le pentagone accuse la Syrie de préparer des ogives au gaz sarin alors que l'Otan s'apprête à déployer des batteries anti-missiles de typoe Patriot en Turquie méridionale
Le pentagone accuse la Syrie de préparer des ogives au gaz sarin alors que l’Otan s’apprête à déployer des batteries anti-missiles de type Patriot en Turquie méridionale.
Plus de 400 militaires de l'Otan seront affectés en Turquie pour le déploiement et l'utilisation des batteries anti-missiles. Sur le terrain, des militaires US, britanniques, français, allemand et des officiers de liaison de trois royaumes arabes sont déjà à l’œuvre...
Plus de 400 militaires de l’Otan seront affectés en Turquie pour le déploiement et l’utilisation des batteries anti-missiles. Sur le terrain, des militaires US, britanniques, français, allemand et des officiers de liaison de trois royaumes arabes sont déjà à l’œuvre…
De son côté, Israël se prépare activement à une supposée de pluie missiles iraniens, syriens et libanais, en accélérant le déploiement d'éléments du nouveau système de défense balistique dénommé "David Sling" ou "Fronde de David". Tel-Aviv a reconnu pour la première fois que les temps à venir seraient "difficiles" et a ouvertement menacer de s'en prendre à des cibles syriennes. Damas a distillé des informations selon lesquelles la Syrie entrera immédiatement en guerre "ouverte" contre Israël au cas où ce dernier s'avisera de s'attaquer à l'Iran...
De son côté, Israël se prépare activement à une supposée pluie de missiles iraniens, syriens et libanais, en accélérant le déploiement d’éléments du nouveau système de défense balistique dénommé « David Sling » ou « Fronde de David ». Tel-Aviv a reconnu pour la première fois que les temps à venir seraient « difficiles » et a ouvertement menacer de s’en prendre à des cibles syriennes. Damas a distillé des informations selon lesquelles la Syrie entrera immédiatement en guerre « ouverte » contre Israël au cas où ce dernier s’avisera de s’attaquer à l’Iran…
Téhéran, durement éprouvé par les sanctions économiques, le coût de son effort de guerre  et les attaques cybernétiques occidentales a annoncé avoir capturé un autre drone américain de type Scaneagle (Boeing). Vrai ou faux, tous les paramètres indiquent que l'Iran se prépare activement à un conflit de grande envergure dont la phase intermédiaire se joue en Syrie.
Téhéran, durement éprouvé par les sanctions économiques, le coût de son effort de guerre et les attaques cybernétiques occidentales a annoncé avoir capturé un autre drone américain de type Scaneagle (Boeing). Vrai ou faux, tous les paramètres indiquent que l’Iran se prépare activement à un conflit de grande envergure dont la phase intermédiaire se joue en Syrie.
Le conflit syrien est loin de se limiter au Moyen-Orient mais a des connections avec d'autres régions du monde telle que la péninsule coréenne. Tous deux classés dans l'axe du mal des néoconservateurs US, la Corée du Nord et la Syrie gardent un étroit dialogue stratégique. Sur cette photos, des officiels nord-coréens au chevet d'un militaire syrien blessé à l'hôpital Tishrine de Damas.
Le conflit syrien est loin de se limiter au Moyen-Orient mais a des connections avec d’autres régions du monde telle que la péninsule coréenne. Tous deux classés dans l’axe du mal des néoconservateurs US, la Corée du Nord et la Syrie gardent un étroit dialogue stratégique. Sur cette photo, des officiels nord-coréens au chevet d’un militaire syrien blessé à l’hôpital Tishrine de Damas.

Syrie : l’Otan vise le gazoduc

La déclaration de guerre, aujourd’hui, n’est plus d’usage. Pour faire la guerre il faut par contre encore trouver uncasus belli. Comme le projectile de mortier qui, parti de Syrie, a fait 5 victimes en Turquie. Ankara a riposté à coups de cannons, tandis que le parlement a autorisé le gouvernement Erdogan à effectuer des opérations militaires en Syrie. Un chèque en blanc pour la guerre, que l’Otan est prête à encaisser.

Le Conseil atlantique a dénoncé « les actes agressifs du régime syrien à la frontière sud-orientale de l’Otan », prêt à déclencher l’article 5 qui engage à assister avec la force armée le pays membre attaqué. Mais déjà est en acte le « non-article 5 » —introduit pendant la guerre contre la Yougoslavie et appliqué contre l’Afghanistan et la Libye— qui autorise des opérations non prévues par l’article 5, en dehors du territoire de l’Alliance.

Éloquentes sont les images des édifices de Damas et Alep dévastés par de très puissants explosifs : œuvre non pas de simples rebelles, mais de professionnels de la guerre infiltrés. Environ 200 spécialistes des forces d’élite britanniques SAS et SBS —rapporte le Daily Star— opèrent depuis des mois en Syrie, avec des unités étasuniennes et françaises. La force de choc est constituée par un ramassis armé de groupes islamistes (jusqu’à hier qualifiés par Washington de « terroristes ») provenant d’Afghanistan, Bosnie, Tchétchénie, Libye et autres pays. Dans le groupe d’Abou Omar al-Chechen —rapporte l’envoyé duGuardian à Alep— les ordres sont donnés en arabe, mais doivent être traduits en tchétchène, tadjik, turc, en dialecte saoudien, en urdu, français et quelques autres langues.

Munis de faux passeports (spécialité de la CIA), les combattants affluent dans les provinces turques d’Adana et du Hatay, frontalières de la Syrie, où la CIA a ouvert des centres de formation militaire. Les armes arrivent surtout par l’Arabie saoudite et le Qatar qui, comme en Libye, fournit aussi des forces spéciales. Le commandement des opérations se trouve à bord de navires Otan dans le port d’Alexandrette. Pendant ce temps, sur le Mont Cassioum, au bord de la Syrie, l’Otan construit une nouvelle base d’espionnage électronique, qui s’ajoute à la base radar de Kisecik et à celle aérienne d’Incirlik.

À Istanbul a été ouvert un centre de propagande où des dissidents syriens, formés par le Département d’État US, confectionnent les nouvelles et les vidéos qui sont diffusées par des réseaux satellitaires. La guerre de l’Otan contre la Syrie est donc déjà en acte, avec le motif officiel d’aider le pays à se libérer du régime d’Assad. Comme en Libye, on a fiché un coin dans les fractures internes pour provoquer l’écroulement de l’État, en instrumentalisant la tragédie dans laquelle les populations sont emportées.

Le but est le même : Syrie, Iran et Irak ont signé en juillet 2011 un accord pour un gazoduc qui, d’ici 2016, devrait relier le gisement iranien de South Pars, le plus grand du monde, à la Syrie et ainsi à la Méditerranée. La Syrie où a été découvert un autre gros gisement près de Homs, peut devenir un hub de couloirs énergétiques alternatifs à ceux qui traversent la Turquie et à d’autres parcours, contrôlés par les compagnies étasuniennes et européennes. Pour cela on veut la frapper et l’occuper.

C’est clair, en Turquie, pour les 129 députés (un quart) opposés à la guerre et pour les milliers de gens qui ont manifesté avec le slogan « Non à l’intervention impérialiste en Syrie ».

Pour combien d’Italiens est-ce clair, au parlement et dans le pays ?

Manlio Dinucci

Source: Voltairenet

Syrian Army kills 106 insurgents in Homs

Units of the Syrian Armed forces  has besieged this morning the armed insurgents  in Wady al-Sayh of Homs, killing 106, including many Libyan, Egyptian, Tunisian and Saudi mercenaries.

7 Libyan snipers have been killed by the soldiers of Syrian Army in al-Qarabees neighborhood. The Syrian security forces have as well found 6 bodies near al-Mukharam. The bodies were distorted, tortured and slaughtered.

In All-Qusair, The Syrian security forces have destroyed a ‘technical’ vehicle mounted with a 12.7 mm Russian made machine-gun and killed all the gunmen carried inside. Moreover, four gunmen, riding on motorcycles, have been killed in an ambush set up by the Syrian security forces in al-Qusair.

Moreover, the armed militants and Al-Qaeda terrorists  have destroyed the Monastery of Mar Elias, located in al-Rabbleh. One of the most beautiful monasteries of Syria.

 

 

UK dispatches 200 Special Forces in and around Syria

The British Army has dispatched nearly 200 elite members from the Special Air Service and the Special Boat Service in and around.

A senior military expert, who asked to remain anonymous, said the elite SAS and SBS troops are in Syria to both gather information about and confiscate those ‘chemical weapons’.

The elite special troops are working alongside those that are dispatched by the British foreign spying apparatus- MI6, to the country in an attempt to gather intelligence about the movement of the Syrian army forces, experts said.

According to the report, American and French troops are also operating with MI6 and CIA agents to destabilize Syria and help the foreign-backed gunmen topple Syria.

“This is like something out of a Frederick Forsyth thriller but it’s true and a lot of people could get killed,” said the senior British expert.

Libyan behind the fall of helicopter

The Syrian Arab Army had succeeded in killing the militants who had targeted the Syrian army helicopter that had fallen in al-Qaboun area in Damascus on 27 august 2012.
A Syrian Army helicopter has bombed a 4X4 technical vehicle that was mounted by a AAA 23 mm heavy machinegun.
The ‘technical’ was destroyed in al-Harmleh area, of Damascus Countryside. Four militants, including three libyan mercenaries were killed.
The shooter behind the fall of the Syrian army helicopter was a Libyan mercenary who participated in the killing of Libyan leader Muamar Gaddafi in Sirt area in october 2011.

 

Syrie: « vingt missiles suffisent à détruire les installations nucléaires israéliennes »

Depuis le début de la militarisation de la crise en Syrie, les observateurs israéliens étaient partagés entre le désarroi et le soulagement. Désarroi devant les tactiques de l’armée syrienne, notamment celle relative à la guérilla urbaine; soulagement devant l’attrition et l’usure d’une force qui se préparait depuis des années à une guerre avec Israël. De fait, plus la crise syrienne perdure et plus les unités de l’armée syrienne sont usées par l’overstretching, l’épuisement  et les désertions.

En dépit de son matériel relativement obsolète-mis à part des systèmes de défense aérienne et de lutte anti-navires-, l’armée syrienne a non seulement fait preuve d’une bonne coordination dans sa lutte contre la subversion mais mis en oeuvre de  nouvelles tactiques de combat probablement inspirés du Hezbollah libanais. La Syrie a du aussi observer les tactiques utilisées par les Marines américains en Irak de 2003 à 2009.

Mais ce qui paraît comme de plus en plus évident est que les forces armées syriennes avaient une doctrine militaire prévoyant une guerre sur au moins deux front. Le premier front est celui de l’axe s’étendant du Golan à Bekaa (Anti-Liban) tandis que le second est la conséquence naturelle de l’invasion et l’occupation de l’Irak de 2003 à décembre 2012. La Syrie qui demeure techniquement en guerre avec Israël redoutait au plus haut point une prise de revers par les forces US à partir d’Irak et de Jordanie. Ce qui a failli arriver au lendemain de la chute de Baghdad. Ce que les stratèges syriens n’ont pas vu venir est le double jeu de la Turquie avec laquelle ils avaient essayé une politique de rapprochement et de bon voisinage afin d’éviter un encerclement total. La suite est connue: les turcs furent l’appât de l’OTAN.

Les analystes militaires israéliens ne cachent pas que la disparition du régime actuel syrien serait de nature à améliorer la situation stratégique d’Israël. Or celle-ci est très mauvaise. Probablement la plus mauvaise depuis la création de l’Etat d’Israël en 1948. L’embrasement du Sinaï, la situation au Liban, la crise syrienne, la question kurde, la position ambigüe de l’Irak, la grande question nucléaire iranienne et le front interne sont autant de sujets mettant à mal la sécurité israélienne. D’où les efforts inouïs du Mossad en Syrie via la Turquie mais également en Iran avec les États-Unis.

Pour la première fois depuis 1991, un pays du tiers-monde, en l’occurrence la Syrie a non seulement reconnu la détention d’armes chimiques mais s’est dit prêt à les utiliser en cas d’agression extérieures. Ce changement de paradigme est passé quasiment inaperçu. Cela a mis fin à deux décennies de contre-prolifération et à toute une doctrine américaine. Cet avertissement calculé sonne le glas d’une nouvelle ère.

Indubitablement, la Syrie n’est pas en mesure de contrer l’OTAN et par dessus tout les forces militaires colossales des Etats-Unis d’Amérique. Pas plus qu’Israël n’est capable d’attaquer l’Iran en solo. Cette équation est caractéristique des enjeux géostratégiques en cours dans cette partie du monde. Tant que l’axe stratégique Syrie-Iran-Hezbollah tient, une intervention militaire directe telle que voulue par le président américain Barack Obama s’avère au mieux aléatoire, au pire désastreuse pour l’ensemble des protagonistes.

Dans un nouveau rebondissement, l’ambassadeur syrien en Jordanie a déclaré lors d’une rencontre avec les autorités du pays hôte que l’armée syrienne n’a pas besoin de tirer plus de 20 missiles pour anéantir les installations nucléaires israéliennes, en référence au site de Dimona mais également à d’autres sites recensés in situ avec l’aide du Hezbollah libanais.

L’ambassadeur syrien à Amman, Behjat Sulayman,  a néanmoins averti qu’un tel cas de figure serait dévastateur avant d’ajouter  » C’est vrai, ce sera trop dévastateur mais la Syrie le fera et anéantira les installations nucléaires israéliennes en tirant 20 missiles et pas un de plus » *

Pour rappel, plus de 60 % des missiles tirés par le Hezbollah libanais sur Israël lors de la guerre de juillet 2006 étaient de montage syrien.

Malgré les troubles interconfessionnels affectant le Nord du Liban, plus particulièrement à Tripoli, le Hezbollah ne bouge plus. Trop concentré sur le prochain conflit, le leader du mouvement, Hassan Nasrallah a cependant menacé qu’en cas d’attaque israélienne sur le Liban, son mouvement ferait subir l’enfer à Tel-aviv. Simples paroles en l’air comme il en est légion au Moyen-Orient? Pas si sûr si on l’on en croit quelques -rares- informations en provenance du Sud-Liban où il est désormais question d’une éventuelle guerre balistique doublée d’une incursion de combattants au sol et la prise d’assaut de colonies israéliennes au cas en cas d’hostilités directes.

A Damas, le ministre de la défense, le général Fahd Jassem Al-Freij, que nous avons présenté ici comme un faucon dès sa nomination, semble satisfait de la conduite des opérations à Alep où les troupes syriennes semblent avoir adopté des tactiques de guérilla urbaine inédites. Même si le taux de désertion est assez préoccupant vu l’immense pression que subissent les soldats et officiers sur le terrain depuis près d’un an et demi et la cadence infernales des opérations, les unités sont relativement bien organisées et agissent en blocs compacts en milieu urbain. C’est le cas à Alep et dans les faubourgs de Damas et de Deir Ezzour. Dans les maquis denses séparant les confins frontaliers avec la Turquie, les forces spéciales syriennes ont été déployées et leur action s’avère jusqu’à maintenant efficace. L’ironie du sort a voulu que les militaires syriens se battent près de dizaines de villages où les portraits du leader historique du PKK (parti des travailleurs du Kurdistan), Abdallah Oçalan, ont systématiquement remplacé les portraits du président Al-Assad dans ce qui est bien convenu comme une extrême provocation de la Turquie que l’ensemble des militaires syriens considèrent comme l’un des plus grands ennemis historiques de leur nation.

Au Sud, les meilleures unités de l’armée syrienne sont toujours déployées face au plateau du Golan. Certaines se sont repliés plus au nord  lors de la fameuse bataille de Damas, mais les principales-dont deux commandés par des syriens de confession juive- sont en première ligne face à Tsahal.

A l’Ouest près de la frontière avec l’Irak,  les rebelles de l’armée syrienne libre et leurs alliés des légions salafistes ont pris pour la seconde fois le contrôle de la ville frontalière de Kameshli duquel se sont retiré depuis longtemps les militaires syriens. Ce qui a poussé l’armée irakienne a fermer -définitivement-la frontière, non sans avoir pilonné l’autre côté dans ce qui s’apparente à un coup de main à Damas. D’ailleurs, les forces de l’ancien vice-président irakien Ezzat Ibrahim Douri, dernier survivant des collaborateurs de Saddam Hussein sont en train de mener une guerre sans merci à Al-Qaïda en Mésopotamie et à la nébuleuse Armée islamique d’Irak, toute deux alliés à l’ASL syrienne et qui mènent depuis des semaines des campagnes concertées de terreur pour intimider Baghdad du fait de sa position assez modérée sur la crise en Syrie.

L’élément de surprise a toujours été déterminant dans les conflits. Or, il semble bien. Nous avons prédit il y a quelques mois que l’économie syrienne qui n’a jamais été une économie de guerre ne pourrait pas supporter l’effort de guerre et le fonctionnement de la machine militaire plus de six mois. Or, il semble que l’ensemble tient toujours. Damas ne redoute plus un conflit régional. Les récentes déclarations bellicistes d’Obama a convaincu les syriens, y compris certains qui ont pris les armes contre Al-Assad, que leur pays fait face en réalité à une agression américaine d’un type nouveau, combinant la stratégie Brzezinsky recommandant de laisser les arabes et les musulmans s’entre-tuer, la guerre médiatique et la guerre secrète dans le plus pur style du Backward.

* Citation rapportée par le site Balad Cham

Urgent: Damas menace de livrer des missiles SAM aux kurdes si Ankara livre des Stinger aux rebelles syriens

Nous apprenons que le gouvernement a menacé via un tiers de livrer des missiles SAM aux kurdes en Turquie si Ankara livre des missiles Stinger aux rebelles syriens.

Damas ne cache plus sa colère après la chute de un de ses appareils de combat près de Deir Ezzor (Est du pays) et la capture d’un de ses pilotes par des rebelles armés de fusils d’assaut étrangers et coûteux. Le ministre syrien de la défense s’est dit prêt à livrer des missiles Sol-Air -et pas que des systèmes portables- aux rebelles kurdes qui combattant Ankara depuis 1984 si la Turquie d’Erdögan continue de livrer des missiles Stinger aux rebelles syriens en lutte contre le gouvernement de Damas depuis 18 mois.

Il apparaît que la visite qu’a effectué la secrétaire d’Etat US, Hillary Clinton à Ankara n’avait d’autre but que la livraison de ce type de missile aux rebelles syriens.

Dans tous les cas de figure, il semble que la crise syrienne dont les implications géopolitiques et géostratégiques sont immenses déborde déjà sur l’ensemble des pays de la région. La Turquie, membre de l’OTAN et l’un des principaux pays engagés dans les hostilités, risque très gros puisque la crise actuelle a provoqué la mise en avant de la question kurde, pendante depuis le traité de Lausanne de 1924 et dont les implications risquent de reconfigurer tout le Moyen-Orient.

Liban: un avion d’Air France dérouté vers Chypre

La situation au Liban est explosive après que des rebelles syriens aient commencé une série de  kidnappings visant des libanais. L’un des libanais kidnappé appartient à un puissant clan et ces proches n’ont pas hésité à faire de même avec les opposants syriens réfugiés au Liban. Les forces libanaises alliées à Israël s’agitent et tentent par tous les moyens de déclencher une nouvelle guerre civile. Mais Le Hezbollah, le mouvement Amal et leurs alliés sunnites et chrétiens  veillent au grain au point où un avion d’Air France assurant la liaison Paris-Beyrouth a du dérouter hier vers Chypre. Des indiscrétions assurent que l’appareil civil français acheminait, outre des passagers,  des équipements sensibles et quelques officiers se faisant passer pour des hommes d’affaires devant rencontrer des membres du parti de Samir Geagea, l’un des principaux chefs de l’Alliance du 14 mars avec Walid Jounblatt et Rafik Hariri.

L’Arabie Saoudite et certains pays du CCG (Conseil de coopération du Golfe) ont ordonné à leurs ressortissants au Liban de le quitter au plus vite.

Il existe actuellement au Liban comme en Turquie ou en Jordanie  une cellule de suivi française chargée de superviser les retraits et les redéploiement des rebelles syriens en provenance et vers la Syrie à travers les chemins de contrebande entre le Liban et la Syrie.

L’armée syrienne libère trois journalistes kidnappés

Des commandos spéciaux de l’armée arabe syrienne ont réussi très tôt ce matin à libérer une équipe de la télévision officielle d’information en continu Al-Ikhbarya syrienne après une opération efficace dans la périphérie de Damas. « Les forces armées ont libéré grâce à une opération efficace l’équipe enlevée par un groupe terroriste dans la région de Tell dans le Rif de Damas » ont annoncé les médias syriens.

La journaliste syrienne Yara Salah, libérée ce matin par l’armée syrienne était en danger de mort à cause de ses prises de position jugées favorables au régime.

Les trois reporters, Yara Salah, Abdallah Tabra et Houssam Imad sont devenus célèbres en Syrie après avoir couvert des combats de rue dans lesquels l’armée syrienne parvenait toujours à avoir le dessus. Leur libération a été accueillie avec beaucoup de satisfaction au siège de la télévision où un bandeau rouge annonçant la perte de contact avec l’équipe défilait en permanence depuis leur kidnapping.

La reporter Yara Salah qui accompagnait les militaires de l’armée syrienne au milieu des combats, vêtue d’un jean et d’un gilet pare-balles,  avait provoqué la rage des miliciens salafistes combattant aux côtés de l’ASL (Armée syrienne libre). Ces derniers ont juré de l’assassiner.

Les trois journalistes libérés par l’armé syrienne ont été accueillis par de nombreux officiels dont le ministre de l’information.

Par ailleurs, les rebelles syriens ont diffusé une nouvelle vidéo du pilote syrien capturé après que la rencontre Clinton-Erdögan  en Turquie ait abouti sur la livraison aux rebelles de missiles Sol-Air portables.  Sur les images, on voit le pilote entouré d’hommes armés dont au moins avec un fusil autrichien Steyr AUG 5.56 mm.

Bouleversement politique en Egypte: les éléments de la prochaine guerre du Moyen-Orient se mettent en place

Les récents développements au Moyen-Orient ne laissent plus aucun doute sur l’imminence d’une guerre majeure impliquant l’ensemble de la région. Ainsi la détérioration de la situation sécuritaire au Sinaï, le remplacement des dirigeants de l’armée égyptienne, l’état de guerre entre la Turquie et la Syrie, les duels d’artillerie au-dessus de la frontière syro-jordanienne  et la concentration des forces israéliennes au Golan et près de la frontière libanaise offrent de troublantes réminiscences avec la situation prévalant dans cette région peu avant la guerre d’octobre 1973.  Mais cette fois-ci, presque tous les acteurs du Moyen-Orient, d’Eurasie, de la péninsule arabique  sont partie prenante de ce conflit. 

Un coup de  tonnerre au dessus des Pyramides! Le président égyptien M. Morsi a mis à annulé une « déclaration constitutionnelle » donnant des prérogatives politiques étendues  aux forces armées égyptiennes et procédé à la mise à la retraite du Maréchal Hussein Tantatoui, ministre de la défense et chef de l’Etat de facto après la démission de l’ex-Rais Hosni Moubarak et son remplacement par Abdel Fettah Al-Sissi, le chef du renseignement militaire. Le président égyptien a également nommé un vice président en la personne d’un magistrat. Ce bouleversement intervient alors que la situation au Sinaï semble se détériorer: les accrochages entre militaires égyptiens et groupes armés sont non seulement devenus quotidiens depuis une semaine mais cette situation a contraint l’armée égyptienne à réinvestir le Sinaï et à y placer des blindés et des avions de combat en opposition avec les Accords de Camp David de 1979. Les israéliens font semblant de laisser faire mais au fond redoutent les capacités avérées du président égyptien à manoeuvrer en long et en large. Est-ce une tentative subreptice de réarmer le Sinaï qui motive Morsi?

Ces développements interviennent alors que l’Iran se prépare à la guerre ultime que les conseillers de Netanyahu souhaitent hâter en tentant de forcer la main à un président américain confronté à une échéance électorale importante. En Syrie et au Liban, l’on s’attend au pire puisque l’on sait que l’épilogue du « printemps arabe » dans sa cuvée 2012 comportera une importante démonstration balistique supérieure à celle des missiles Scud lancé par Saddam Hussein en 1991 sur Israël.

En Iran, des informations font état de la nomination par le guide suprême de la Révolution, Ali Khamenei de douze successeurs immédiats en cas de conflit dans ce qui s’apparente à l’installation d’un équivalent du Doomsday Government américain. Cette démarche inédite démontre la profonde inquiétude des officiels iraniens quant à l’imminence d’une attaque US. Au point où l’armée iranienne n’a pas été autorisée à participer aux opérations de sauvetage dans les régions affectées par un séisme cette semaine.

En Israël, les cercles financiers poussent à la guerre en attendant l’organisation conjointe avec les Etats-Unis d’un exercice majeur auquel participeront des milliers de militaires US  en vue de simuler une attaque de missiles émanant de trois fronts à la fois.

Syrie: un avion touché par un missile Stinger

Un avion de l’armée de l’air syrienne de type Mig-21  aurait été touché par un missile Stinger de conception américaine mais fabriqué sous licence en Turquie.

Comme en Afghanistan durant les années 80, les pays soutenant la rébellion syrienne tentent d’inverser le rapport de force en livrant des missiles Stinger à l’ASL…

L’appareil s’est écrasé non loin de Deir Ezzor (Est). Le pilote qui a réussi à s’éjecter aurait été capturé par une brigade salafiste dénommé Ahfad Muhammad (les Descendants du Prophète). Une vidéo montrant le présumé pilote circule déjà sur le web. Les rebelles tentent de soigner leur image sur recommandation d’une boite de communication internationale dont on connaît pas encore le nom, surtout après les atrocités et autres exactions commises sur des civils et des soldats de l’armée syrienne.

La localisation rapide du pilote a été rendue possible grâce à l’aide américaine et israélienne: des dizaines de satellites de ces deux pays survolent en permanence l’espace aérien syrien.

Ce n’est pas la première fois que des missiles Sol-Air portables sont livrés aux rebelles syriens. Des missiles Strela leur ont été livrés peu avant l’opération « volcan de Damas » qui s’est terminée par un échec.  La livraison de missiles antiaérien FIM92A Stinger à la rébellion syrienne consacre un nouveau tournant dans la crise qui secoue ce pays depuis plus de 18 mois.

Durant les années 80 en Afghanistan, la livraison par la CIA américaine de missiles Stinger aux combattants afghans alors en guerre contre l’armée rouge permit à ces derniers de lutter efficacement contre les hélicoptères HIND  et faire perdre la suprématie aérienne aux soviétiques. A l’époque déjà, Riad finançait l’opération.

L’Arabie Saoudite et la Turquie partagent, outre un profond sentiment russophobe, une farouche volonté de se débarrasser au plus vite du régime en place à Damas afin d’ouvrir la voie à l’établissement sinon d’un pipeline épousant l’ancienne voie ferrée ottomane, du moins d’une liaison directe entre les deux pays-clé du GMO (Grand Moyen-Orient).

Syrie: entre pressions diplomatiques et jeux d’échecs

Du jamais vu de mémoire de diplomate! A l’initiative du Royaume d’Arabie Saoudite et sur instigation des principales puissances mondiales belligérantes contre le gouvernement de la Syrie, l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies a adopté vendredi 3 août 2012 une résolution condamnant le bombardement des rebelles (et des groupes terroristes) par l’armée régulière syrienne. La résolution dénonce le gel du Conseil de sécurité et son incapacité à résoudre la crise en Syrie. 
L’Arabie Saoudite ne s’est pas distinguée par une quelconque action diplomatiques multilatérale en faveur des palestiniens au cours des 50 dernières années. Mais semble très agitée pour en finir avec le régime syrien qu’elle a toujours considéré comme étant l’un de ses pires ennemis après l’Iran.
La résolution a été soutenue par 133 pays , 12 ayant voté contre et 31 s’étant abstenus. La présidence par la France du Conseil de sécurité de l’ONU augure de sombres perspectives pour Damas. Dans l’étrange répartition des rôles en cours depuis l’alignement sans faille de Paris dans l’orbite néoconservatrice et promondialiste, la France a en effet pour tâche de faire aboutir les projets d’agression au conseil de sécurité de l’ONU. Une manière de faire oublier l’opposition assez somptueuse de ce pays à la guerre contre l’Irak par la voix de Dominique de Villepin.

Pendant ce temps, après une courte accalmie à Alep, les combats ont repris dans le quartier de Salaheddine (du nom du célèbre Roi Saladin du Moyen-âge). Depuis le début des combats à ALep, l’armée syrienne, soutenue par des milices tribales a réussi à éliminer entre 1600 et 2000 combattants de l’ASL (armée syrienne libre) parmi lesquels un grand nombre d’étrangers.

L’entrée en lice des milices tribales est la conséquence des exécutions sommaires des combattants de l’ASL qui n’ont pas hésité à filmer l’exécution de membres du clan sunnite des « Berri » à Alep. Les images de cette exécution sommaire sauvage ont fait le tour des chaînes d’information du monde arabe et provoqué un sérieux coup dur pour la réputation des rebelles que les médias dominants continuent à présenter comme des contestataires pacifiques revendiquant la démocratie.
Dans la périphérie d’Alep, une embuscade de l’armée syrienne a coûté la vie à 70 rebelles tandis que deux chars de combat, volés par des militaires déserteurs ont été détruits.

A Damas, des groupes rebelles ont tenté d’immiscer les réfugiés palestiniens dans le conflit en pilonnant au mortier le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk à partir du quartier Ettadamon, faisant plus de 22 morts et des dizaines de blessés. Les groupes armés, regroupant 400 éléments, ont été rapidement encerclés par l’armée syrienne dans ce quartier chaud. L’ASL a miné des ruelles et des habitations pour freiner l’avancée des troupes régulières à l’intérieur du quartier.

Visant à créer une diversion afin de desserrer l’étau sur ce groupe, un autre groupe lourdement armé a tenté de s’attaquer au siège de la télévision et la radio syriennes mais fut repoussé par des unités militaires.

A la frontière avec le Liban, l’armée syrienne a éliminé sept personnes armées qui tentaient de s’infiltrer à partir de ce pays. Les autorités syriennes assurent que ces hommes armés appartiennent aux forces libanaises favorables à Israël.

Plus au Nord, en territoire turc, des combattants du parti des travailleurs kurdes (PKK) ont mené une série d’attaques visant l’armée turque. Le bilan officiel fait état de 2 morts et des dizaines de blessés mais d’autres sources font état d’un bilan plus lourd.

La visite du ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu à Kirkouk sans en aviser le gouvernement irakien a provoqué l’ire de Bagdad qui a envisagé un certain temps de retirer son ambassadeur d’Ankara. La question kurde est à nouveau au coeur du conflit au Moyen-Orient, plus de 85 ans après le Traité de Lausanne.

En Israël, les forces armées sont prêtes à mener, avec l’OTAN, la Turquie et les alliés arabes, une guerre d’envergure contre le Liban-Sud et la Syrie visant le changement de régime en Syrie et l’élimination du Hezbollah libanais. Cependant, les américains ne veulent en aucun cas une immixtion d’Israël dans ce dernier avatar guerrier du printemps arabe, ce qui équivaut à l’échec de l’ensemble de la stratégie subtile adoptée depuis le début de cette campagne iconoclaste en 2011 basée sur l’ingénierie du chaos à l’échelle géopolitique. D’où les promesses et les signes probants de plans d’attaque contre l’Iran présentés par les officiels US aux israéliens.

Chavez condemns West for supporting ‘terrorists’ in Syria

Venezuelan President Hugo Chavez says his country  backs Russia and China in dealing with the issue of Syria’s unrest, condemning the West for funding “terrorists to destabilize” the Middle Eastern country. But Chavez failed to mention that Kingdom of Saudi Arabia, Israel and Turkey were also involved in the issue.

Furthermore, Chavez  accused the West of funding and supplying weapons to the insurgents, saying the West has sent these terrorists to destabilize the Syrian government.  « We recognize the Syrian government. Who do they want us to recognize: those terrorists who are killing people, destroying cities, bombing? It is sad to know and to have evidence that European governments recognize the terrorists and meet with terrorists and fund them and give them money and weapons, » he said.

The Venezuelan leader’s remarks come as US President Barack Obama has reportedly signed a secret order, authorizing more support for insurgents fighting against Bashar al-Assad’s government.  The decree broadly permits the CIA and other US agencies to aid insurgents in Syria.  Some witnessess from Northern Syria have reported CIA green berets are among the inflitrating armed insurgents from Southern Turkey.

The order, approved earlier this year and known as an intelligence « finding, » marks Washington’s growing support for armed terrorists in Syria. A US government source, however, confirmed that under provisions of the presidential finding, Washington is collaborating with a secret command center operated by Turkey and its allies. Turkey has established a base in the city of Adana  near the Syrian border to facilitate military training and transfer of military and communications means to Syrian insurgents and radical salafists. .

 

La cúpula militar de Irán celebró “la última reunión antes de la guerra final »

Según los medios israelíes, el pasado 27 de julio, poco antes de la oración tradicional del viernes, el líder supremo de Irán, el ayatolá Alí Jameneí, reunió a los altos cargos militares del país en un encuentro que, según indicó, era « la última reunión militar antes de la guerra ».

“Nos encontraremos en guerra en las próximas semanas”, dijo el ayatolá a sus invitados. El portal Debka, a partir de fuentes de inteligencia israelíes, informa de que a lo largo del último año además de múltiples entrenamientos de las Fuerzas Armadas de Irán, también se ha relizado el proyecto de construcción de mayor escala en la historia de Irán. Se trata de la construcción de fortines para proteger el programa nuclear del país hasta del arma más potente de EE.UU., bombas antibúnker de muchas toneladas de peso. Se comunica que las instalaciones nucleares más importantes fueron tapadas con bloques de roca, por encima echaron toneladas de hormigón y, al final, lo cubrieron todo con acero. Además los misiles balísticos de mediano alcance Shahab-3 ya están preparados para lanzar golpes contra Israel, Arabia Saudita y las instalaciones militares de EE.UU. en la zona del golfo Pérsico. El mismo día 27 de julio, las Fuerzas Armadas de EE. UU. presentaron su nueva bomba antibúnker. Cada bomba pesa 15 toneladas y es capaz de penetrar a casi 20 metros por dentro de la tierra. La tensión entre Irán y Occidente crece cada día. Unos 125.000 soldados de EE. UU., decenas de buques militares y varios portaaviones están apostados en las cercanías de Irán. Además, Washington y sus socios han aplicado duras sanciones económicas contra el país persa. El motivo de tanta presión son las sospechas de que Irán esté desarrollando armas nucleares. Ante estos ataques, Teherán amenaza con cerrar el estrecho de Ormuz, una arteria vital para el abastecimiento mundial de petróleo. Además, hace unos días Teherán declaró que no pasará por alto el conflicto interno que azota a su aliado, Siria. “Cuando sea necesario Irán entrará en el conflicto sirio y dará una respuesta decisiva a los opositores”, declaró el subjefe del Estado Mayor General de las Fuerzas Armadas de Irán, el general Masoud Jazayeri.

Fuente: http://actualidad.rt.com/actualidad/view/50519-La-c%C3%BApula-militar-de-Ir%C3%A1n-celebr%C3%B3-%E2%80%9Cla-%C3%BAltima-reuni%C3%B3n-antes-de-guerra%E2%80%9D

L’Iran met en garde la Turquie contre une éventuelle attaque de la Syrie

La supervision des opérations des rebelles au Nord de la Syrie à partir des villes turques d’Adana et de Gazientep, l’arrivée de dizaines de conseillers américains, européens et arabe dans ces deux villes et la tenue de manœuvres  militaires suspectes à Mardin près des frontières avec la Syrie a fait vivement réagir Téhéran. Pour la première fois, la République islamique d’Iran met en garde la Turquie sur une éventuelle aventure guerrière en Syrie où les combats entre l’armée régulière et l’ASL (armée syrienne libre) ainsi qu’une myriade de groupes hétérogènes dont certains sont des commandos relevant d’armées de puissances étrangères,  se focalisent pour l’essentiel dans et autour de la ville stratégique d’Alep, située à 45 kilomètres de la Turquie.

Ankara semble de plus en plus préoccupée par un risque réel de partition ou de sécession, notamment après la décision de Damas de laisser les kurdes syriens s’organiser à leur convenance dans leur régions et soutenir les efforts des kurdes turcs en vue d’obtenir leur autonomie.  Le jeu d’Erdögan et des tenors de son gouvernement a donc abouti à un incendie général susceptible d’emporter la Turquie elle-même.

Pour sa part,  la position de l’Iran,  qui vient de déclarer par la voix de son chef d’état-major adjoint, le général Mahmoud Jezayeri, qu’elle ne permettra pas aux « ennemis » de la Syrie d’avancer en Syrie, ne doit prêter à confusion; cela ne fait que confirmer les rumeurs puis les informations en provenance du complexe militaro-indutriel iranien sur de sérieux préparatifs de guerre à différents niveaux incluant des guerres asymétriques à basse intensité, une cyberguerre  et des guerres par proxy.

L’Iran et la Turquie sont tous deux joué un grand rôle dans l’histoire de la civilisation et de la culture musulmanes. Ils sont entrés à différentes reprises en guerre en tant qu’empires opposés. Depuis quelques années, l’alignement de la Turquie sur son allié israélien et les provocations répétées envers la Syrie ont toujours agacé Téhéran.

Pendant ce temps, à Alep, l’armée syrienne a éliminé aujourd’hui dans un quartier d’Alep plus de 150 rebelles armés dont de nombreux étrangers  parmi les légions salafistes et autres.

Le mois d’août 2012 risque d’être plus chaud que ne l’annonce la météo dans ces régions.

 

 

 

 

Au Nord d’Alep, le grand jeu a commencé

Les nouvelles en provenance du Nord de la Syrie sont assez inquiétantes puisqu’elles font allusion au début d’une intervention militaire effective des forces spéciales de pays d’ l’OTAN sur plusieurs axes stratégiques visant à sécuriser les confins frontaliers syro-turcs en vue de l’établissement d’une tête de pont ou comme les médias la qualifient: une zone libre.

Si l’armée syrienne (dénomination officielle: armée arabe syrienne) est parvenue à « nettoyer » deux autres quartiers d’Alep des combattants de l’ASL (armée syrienne libre), la perte du poste de contrôle de Anadan situé au Nord-Ouest d’Alep après près de dix heures de combat marque l’entrée en lice directe des « instructeurs » français, britanniques et turcs (entre autres) à partir de la province turque du Hatay. Les combats sont supervisés par satellite et les zones de déploiement des différentes forces en présence au Nord de la ville d’Alep sont survolés par des drones.

En parallèle, les mouvements inhabituels des marines de guerre britannique et française en Méditerranée orientale, notamment autour de Chypre préfigure l’imminence d’une intervention en « douce » pour instaurer une zone de sécurité ou une zone-tampon entre les provinces turques revendiquées par la Syrie et Alep.

Enfin l’information faisant état de l’incursion de soldats syriens dans la zone démilitarisée du Golan au niveau du village de Jubatha Alkhashaba a été partiellement confirmée, puisque c’est de là que provenait une partie des combattants de l’ASL qui tentent de faire jonction à Dir Ezzor avec ceux qui pénètrent du Nord de Jordanie.

Syrie: des unités de l’armée syrienne pénètrent pour la seconde fois au Golan

Nota: les informations reçues en ce moment même de l’intérieur de la Syrie n’ont pu être confirmées. Nous les publions telles qu’elles nous sont parvenues.

Alors que des unités spéciales syriennes spécialisées en guérilla urbaine continuaient à progresser dans les quartiers Sud d’Alep selon un axe Ouest-est, d’autres unités de l’armée syrienne parvenaient à repousser des tentatives d’incursion simultanées de combattants syriens et étrangers en provenance de la Turquie, du Liban, de Jordanie et d’Irak. A Alep, des combattants venus de plusieurs pays, mieux armés avec des fusils d’assaut Steyr AUG, FN FAL, M-4 que les combattants de l’ASL ne disposant que de variantes du fusil d’assaut Kalashnikov, ont été éliminés par les forces spéciales syriennes auxquelles l’état-major a ordonné de ne pas faire de quartier pour les « terroristes ». Des centaines de combattants libyens s’étaient retranchés dans le quartier Salaheddine et font face au feu nourri des hélicoptères de l’armée syrienne.

Un accrochage a opposé avant-hier des gardes-frontières syriens à des militaires jordaniens tentant de sécuriser le retrait d’éléments de l’armée syrienne libre (ASL) vers la Jordanie. Cet accrochage très violent aurait fait un mort et des dizaines de blessés parmi les insurgés. La Jordanie vient d’ouvrir le premier camp destinés à accueillir des réfugiés syriens.

Cependant, l’information la plus importante et que malheureusement nous n’avons pu confirmer jusqu’ici se rapporte à une incursion d’une unité spéciale syrienne à l’intérieur de la zone démilitarisée du plateau du Golan. D’après ces informations, des soldats syriens ont pénétré près du village de Jubatha Al-Khachab et ont attaqué un campement de l’ASL situé à l’intérieur de la zone démilitarisée. Ce camp disposerait d’un dispositif d’alerte électronique le reliant à des unités de Golanis, les unités d’élite de l’armée israélienne. Les militaires syriens ayant participé à l’attaque du camp affirment qu’ils ont enregistré des dizaines de cas de cécité parmi leurs rangs dus à l’usage par les rebelles ou l’armée israélienne de lasers de combat aveuglants. Des témoignages évoquent également la découverte d’une centaine de grenades contenant du gaz Ypérite à l’intérieur du camp déserté par les rebelles qui se sont repliés à l’intérieur de la frontière israélienne.

A Dir Ezzor, l’armée syrienne a pourchassé un important groupe rebelle tandis qu’au Nord, les confins frontaliers avec la Turquie enregistrent des combats meurtriers où la présence d’éléments des forces spéciales turques devient de plus en plus évidente.

A l’heure où nous écrivons, l’armée syrienne-qui ne serait pas seule-poursuit ses opérations aux quatre coins du pays. A Alep où les combats se concentrent au sud, la situation parait maîtrisée ou du moins sous contrôle malgré l’étroitesse des ruelles de la vieille ville dans laquelle restent retranchés des combattants étrangers. Selon des informations, la CIA ainsi que les renseignements de plusieurs pays européens et arabes ont ordonné à leurs agents de liaison auprès des rebelles de fuir les zones de combat.

En Turquie, l’opposition turque est convaincue de la chute du premier ministre Erdögan et son parti l’AKP, issus de la confrérie internationale secrète des Frères musulmans, après les désastres de sa politique brouillonne en Syrie.

Enfin, d’après des médias moyen-orientaux, trois navires de guerre de la marine chinoise viennent de traverser le canal de Suez en direction de la Méditerranée orientale.

Syrie: Washington pourrait déclencher un nouveau type de guerre totalement inédit

Lassé par l’inefficacité de tous les plans visant à faire aboutir la « révolution syrienne » dans l’acception néo-orientaliste des arabisants de Washington, le président Obama a fini par donner carte blanche à la CIA et le commandement des opérations spéciales sur le terrain. En parallèle, le Pentagone vient de se manifester au sujet de la crise syrienne en affirmant que toutes les options sont étudiés pour intervenir en Syrie conformément aux déclarations de Susan Rice, la représentante permanente des Etats-Unis d’Amérique aux Nations Unis. En d’autres termes en contournant le circuit légaliste des Nations Unis et agir en solo, comme au bon vieux temps du Far-West.

Cette campagne est relayée par Hillary Clinton, secrétaire d’Etat US, qui a évoqué à l’occasion d’une visite dans un musée de l’holocauste à Washington,  le « devoir moral » des Etats-Unis d’Amérique d’intervenir dans des pays où les gouvernements ont failli à protéger leurs propres populations ou pour éviter des « génocides » et de citer ouvertement l’interventionnisme US en Libye et en Côte d’Ivoire.

Certains observateurs ont voulu voir dans cette nouvelle montée au créneau des ténors de l’administration Obama  moins une réponse à l’affirmation par la Syrie de posséder des armes chimiques qu’une exploitation assez pernicieuse d’une thématique usée de la contre-prolifération des armes de destruction massive (ADM)

Toutefois, on oublie un peu vite que c’est Israël qui détient le plus grand stock d’armes chimiques et bactériologiques au monde. A côté des ses armes, Tel-Aviv entretient de manière délibérée depuis des années l’ambiguïté nucléaire sur son arsenal d’ogives atomiques: Si en 1987, l’expert Mordechai Vanunu annonçait au monde, à ses risques et périls, l’existence de 200 ogives nucléaires israéliennes,  on peut supposer que ce chiffre a connu une nette hausse 25 ans après.

Depuis des mois, le Pentagone et la CIA (Central Intellignece Agency) travaillent sur des plans fort élaborés visant en premier lieu à empêcher par tous les moyens possibles et imaginables un débordement de la crise en Israël. C’est la ligne rouge absolue. Jusqu’ici, cet Etat est resté en retrait du tumulte en cours au Proche et au Moyen-Orient bien qu’il soit au centre et -si l’on croit les tenants de la théorie des complots-  la cause de cette tempête. A cet effet, les forces armées américaines ont mobilisé l’ensemble de leur ressources technologiques pour pouvoir mener un nouveau type de guerre totalement inédit.

A Damas, on se fait plus d’illusion sur les intentions réelles des pays « amis de la Syrie ». On se prépare en conséquences. Le style du nouveau ministre de la défense, le général Fahd Jassem Al-Freij semble irrésistible. Sur le plan interne, les forces armées se battent avec acharnement sur tous les fronts contre l’armée syrienne libre (ASL) mais également ses alliés d’Al-Qaida fi bilad Shâm (Al-Qaida au pays du Shâm), Al-Qaida en Mésopotamie, une armée de volontaires salafistes de diverses nationalités et des militaires turcs déguisés en combattants de l’ASL leur infligeant des pertes élevées.

Près de 2800 combattants syriens et étrangers de l’ASL tués dans la contre-offensive de l’armée syrienne à Damas en moins d’une semaine, mettant en échec une répétition de la chute médiatique de Baghdad et de Tripoli.  L’offensive de l’armée syrienne au sud-ouest a été telle que les combattants de l’ASL et les légions salafistes n’ont eu d’autres recours que de fuir et de se réfugier auprès des unités Golani d’Israël, poursuivis par les meilleures unités de l’armée syrienne, lesquelles n’ont pas hésité à tirer des obus en direction du territoire israélien.

A Alep où les turcs tentent de créer une zone libre avec l’aide d’agents de plus de 14 pays, l’ASL et les légions salafistes ont les plus grandes peines du monde à faire face au déluge de feu de l’armée syrienne dont les chefs sont profondément convaincus qu’ils sont en guerre avec Israël et son allié la Turquie et que les phases du conflit interne face à Al-Qaida et l’ASL ne sont que le prélude à une confrontation plus grande.

Sur le front externe, soutien accru et substantiel du front kurde contre Ankara malgré les rodomontades du premier ministre turc Tayip Reçep Erdögan de poursuivre les combattants du PKK en Syrie; restructuration des services de renseignement en unifiant sous une seule autorités les 39 agences de renseignement du pays; mise en alerte des unités stationnées au Golan; renforcement des unités déployées face à la Turquie, activation de la force de frappe balistique et mise à niveau de la défense aérienne.

La nomination du général Ali Mamlouk à la tête de la Sécurité nationale syrienne consacre un changement radical d’approche des questions liées à la sécurité nationale de ce pays puisque c’est lui qui supervise désormais avec rang de ministre l’ensemble des appareils sécuritaires syriens (renseignements de l’armée de l’air, la sûreté de l’Etat, la police politique, les cyber-unités, etc.). Il est secondé par le général Abdel Fateh Qodsya, le chef du renseignement militaire syrien. Cette démarche intervient moins d’une semaine après l’attentat terroriste ayant visé le 18 juillet  quatre hauts responsables sécuritaires syriens et démontre la détermination du pouvoir syrien à se battre.

Mais la détérioration de l’économie syrienne, aggravée par l’adoption d’un nouveau train de sanctions par l’Union européenne  limite la marge de manœuvre de Damas. Les syriens ont d’immenses difficultés à faire face à des mouvements de spéculation monétaire offensifs visant à provoquer une implosion de l’économie syrienne. C’est la raison pour laquelle les nouveaux chefs militaires veulent en finir au plus vite avec la rébellion tout en envisageant une guerre régionale avec au moins trois pays du voisinage immédiat. Ce que les Etats-Unis refusent absolument s’agissant d’Israël.

Pour Washington, cette nouvelle phase du Printemps arabe doit impérativement se terminer comme les autres phases avec les mêmes images, les mêmes icônes et le même cheminement médiatique. Pas question d’y inclure Israël. D’où la menace d’y intervenir directement en utilisant de nouvelles armes, de nouvelles tactiques et de nouvelles technologiques inédites. Car en cas d’intervention militaire contre la Syrie, le Hezbollah libanais  sera certainement de la partie en lançant ses 45 000 missiles et roquettes sur le Nord d’Israël tandis que les unités militaires syriennes tenteront de forcer un passage en force dans le plateau du Golan en usant d’armes chimiques entraînant une riposte non conventionnelle israélienne. Un scénario inacceptable pour Obama.

La République islamique d’Iran qui se prépare intensivement à la guerre « ultime » depuis quelques mois, au point de distribuer à l’ensemble des soldats et officiers des différents corps des forces armées, des Gardiens de la révolution et des milices populaires une brochure intitulée « les Six derniers mois » dans laquelle elle exhorte les iraniens à se préparer à la guerre de la « fin des Temps » et la venue du Mahdi, restera t-elle à l’écart d’une attaque étrangère dirigée par les Etats-Unis, l’OTAN, Israël, la Turquie, l’Arabie Saoudite, la Jordanie, Al-Qaida et les légions salafistes? C’est la grande inconnue. L’Iran est actuellement totalement encerclé par les armadas américaines dans le golfe arabo-persique, en Mer Rouge, En mer d’Oman, en Méditerranée orientale, en Mer noire, en Afghanistan et même en Asie centrale. De plus les  installations sensibles iraniennes sont menacées avec le transfert en Israël de bombes spéciales US de type MOP GBU 57 A et la mise en place d’éléments du bouclier antimissile US en Turquie, en Jordanie et en Pologne.

Indubitablement, l’entrée en guerre de l’Iran en cas de guerre contre la Syrie sera le détonateur d’une conflagration généralisée, voire d’un nouveau conflit mondial. Or, des rumeurs persistantes et tenaces émanant de l’intérieur du Pentagone font allusion à une attaque contre l’Iran dans le chaos immédiat qui suivrait la chute de Damas. On en est pas encore là mais le monde a toutes ses raisons de retenir son souffle. Dans tous les cas de figure, L’année 2012 s’annonce fatidique au sens étymologique du terme.

Le coup de poignard turc

Les services secrets turcs sont montrés du doigt à Damas pour leur implication dans l’attentat du 18 juillet dernier ayant coûté la vie à quatre des plus hauts responsables sécuritaires syriens.

Dès le premier jour de l’attentat, un  site d’ultras turcs avait  applaudi l’attaque en la qualifiant de revanche. Quelle revanche?

La mort de deux pilotes des forces aériennes turques après que leur appareil de type RF-4 Phantom II modernisé ait été abattu par la DCA syrienne le 22 juin 2012 aurait été vengé par la mort du ministre syrien de la défense, le général Daoud Rajha, de son vice-ministre et beau-frère du président Al-Assad, Assef Chawket, du chef des renseignements ainsi qu’un autre général.

Attardons-nous un peu sur cette hypothèse. A Damas, on pressentait le coup. Sans le voir venir. Pourtant, c’est les services de renseignement turcs qui furent parmi les principaux artisans de l’assassinat à Damas de Imad Maghnia, le chef militaire du Hezbollah libanais. Assassinat intervenu en pleine période de « lune de miel » entre les deux pays et imputé au Mossad israélien.

Après la détérioration des relations entre les deux pays, en raison du soutien patent de la Turquie aux rebelles, Les turcs organisèrent en collaboration avec d’autres pays arabes  la plupart des défections signalées au sein de l’armée syrienne.

Ce que les syriens n’avaient pas su voir est que le rapprochement avec la Turquie fut un des moyens pour cette dernière de piéger Damas après la guerre de juillet 2006 entre Israël et le Hezbollah.

Historiquement méfiant vis à vis de la Turquie, l’Iran voyait d’un oeil suspicieux ce rapprochement et tentait de l’exploiter, notamment  dans le cadre d’un Moyen-Orient échappant à toute ingérence exogène selon sa propre vision géopolitique

Nos sources affirment que l’affaire de l’avion turc abattu par les syriens fut ressentie comme un véritable affront malgré que sa mission ne relevait pas du commandement militaire turc mais d’un commandement conjoint de l’OTAN. Les turcs ont tenté d’apaiser les tensions diplomatiques tout en préparant un coup de poignard décisif visant le sommet de l’Etat syrien.

Les relations entre la Syrie et la Turquie n’ont jamais été bonnes hormis une courte période marquée par un isolement croissant de la Syrie dans son environnement régional et demeurent minées par une série de revendications territoriales, un différend historique basé sur un ressentiment réciproque, des divergences idéologiques et la question Kurde. Le partage des ressources hydriques constitue également une autre pomme de discorde entre les deux pays.

Crise syrienne: vers un conflit majeur au Moyen-Orient

Les évènements se précipitent au Moyen-Orient. Si d’un côté, le commandement militaire syrien semble tenir le coup après la décapitation partielle dont il a fait l’objet et amorcer une riposte, notamment contre la Turquie, la Jordanie et Israël, ses ennemis ne perdent pas de temps non plus.

En recevant hier le nouveau chef d’état-major des forces armées syriennes, le Général Ali Abdallah Ayoub, auquel il a souhaité bonne chance dans l’accomplissement de ses missions, le président Al-Assad semble déterminé à se venger des deux exécutants de l’attentat qui a coûté la vie à quatre hauts responsables sécuritaires et membres de son cercle fermé: la Turquie et la Jordanie.

Depuis cinq jours, les éléments du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui se battent depuis 1984 contre Ankara sont autorisés à établir des bases opérationnelles en Syrie septentrionale.  Au Sud, des soldats syriens habillés en civil ont réussi à s’infiltrer dans des camps de réfugiés syriens en Jordanie et y créer des troubles.

Mais c’est avec Israël avec lequel il demeure techniquement en guerre que le gouvernement de Damas entend solder les comptes en cas de dérapage de la situation. Près de 500 soldats syriens et une trentaine  de véhicules blindés ont franchi la semaine dernière  la zone démilitarisée au Golan près du village syrien de Jubata  à la poursuite de fuyards de l’armée syrienne libre (ASL) et de combattants salafistes de plusieurs nationalités voulant se réfugier en Israël. C’est la première fois que des militaires syriens pénètrent dans la zone de séparation mise en place par l’Accord signé en 1974 sur la séparation des forces des deux pays après la guerre d’octobre 1973. 

Les unités israéliennes qui ont reçu l’ordre de tirer sur tout convoi se dirigeant de la Syrie vers le Liban par crainte d’une livraison d’armes au Hezbollah n’ont pas bougé.

Cependant, Israël a déposé plainte auprès de l’Organisation des Nations Unies en qualifiant cet incident de particulièrement grave. « Cette initiative constitue un message très clair que nous adressons par l’intermédiaire de l’ONU à ceux qui contrôlent encore la Syrie », a déclaré un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Lior Ben Dor.

La région dans laquelle ont pénétré les militaires syriens, appuyés par des blindés a été occupée par Israël durant la guerre d’octobre 1973 avant d’être annexée en 1981.

Pour Tel-Aviv, l’intrusion des soldats syriens dans cette zone constitue une violation flagrante de l’accord de 1974 et pourrait avoir d’importantes implications pour la sécurité et la stabilité de la région. L’inquiétude est grande en Israël.

Même si les américains font tout leur possible pour écarter l’Iran de l’équation syrienne en déployant une impressionnante armada (quatre portes-avions et leurs groupes de bataille) autour de ce pays, Israël aura à affronter seul le Hezbollah au Liban-Sud en cas d’une intervention militaire étrangère en Syrie.

Ce n’est pas pour rien qu’Israël vient de mettre l’ensemble de ses unités stationnées dans le Nord en état d’alerte; les permissions des soldats et des officiers sont supprimées jusqu’à nouvel ordre.

Des observateurs estiment que la multiplication de submersibles non-identifiés au large de la Syrie et du Liban n’est pas étrangère à la mobilisation de l’ensemble des armées de la région en vue d’une guerre régionale majeure.

Des informations non confirmées à ce jour font état de la présence de sous-marins d’attaque israéliens de la classe Dolphin (de fabrication allemande) et armés de missiles Popeye. Des submersibles appartenant à d’autres pays de l’OTAN mènent depuis des mois des missions de reconnaissance au large de la Syrie.

L’autre pays belligérant, la Turquie a déployé des missiles Sol-Air à la frontière avec la Turquie tout en renforçant son dispositif militaire. Des batteries de missiles antimissile américaines auraient été déployées en Turquie tandis que des rumeurs persistantes font état de l’arrivée d’escadrilles de chasseurs F-22 Raptor dans les bases US d’Incirlik et de Batman.  A des milliers de kilomètres de la Syrie, à Diego Garcia, dans l’océan indien, des bombardiers stratégiques B-1B, B-2 et B-52 sont en état d’alerte maximum.

Les forces jordaniennes et surtout le renseignement de ce pays qui a joué un rôle fondamental dans la première et la deuxième  guerre d’Afghanistan, le 11 septembre, l’invasion de l’Irak, la guerre de Libye et  l’assassinat du ministre syrien de la défense, sont pleinement mobilisées en vue d’une intervention en Syrie. La présence de forces spéciales US en Jordanie est un secret de polichinelle: une partie des troupes de combat US retirée d’Irak a été redéployée en Jordanie dans le but de préparer la campagne syrienne.

A la concentration des satellites-espions au dessus de la Syrie et du Liban, s’ajoutent la guerre médiatique. Le gouvernement syrien a accusé des puissances étrangères de vouloir parasiter ses stations de radio et de télévision à des fins de propagande.

L’un des points les plus intéressants dans ce conflit est la présence d’une légion de volontaires de diverses nationalités mais dont le noyau dur est essentiellement arabe et turc. Du jamais vu depuis la première guerre mondiale même si le procédé a été utilisé avec succès contre les soviétiques en Afghanistan entre 1979 et 1988.  Des médias internationaux rapportent que des centaines de combattants jordaniens, égyptiens,  libanais, saoudiens, tchétchènes, géorgiens, afghans, libyens, tunisiens, yéménites, français, etc., se battent aux côtés de l’ASL (armée syrienne libre) en arborant des drapeaux noirs ou blancs (semblables à ceux des mouvements salafistes armés activant dans d’autres pays du monde musulman). Le nombre de ces combattants a redoublé avec l’accroissement des financements et des livraisons d’armes et de matériel par des pays hostiles à la Syrie. Leur encadrement par des britanniques, des français, des néerlandais, des turcs et arabes sert à la fois de couverture et de diversion.

La nomination de Bandar Ben Sultan  à la tête des services secrets saoudiens après le limogeage de son prédécesseur renseigne sur la panique génaralisée qui s’est emparée des dirigeants du royaume: Ryad tout comme Tel-Aviv,  n’a plus confiance en Obama et encore moins dans les plans en cours contre la Syrie. D’où la nomination d’un faucon dont l’une des premières décisions a été de frapper les intérêts russes. En s’attaquant aux représentants de l’Islam modéré au république du Tatarestan. En s’attaquant au Mufti de la république Faizov et son adjoint Valiulla Yakupov, connu pour leur opposition au salafisme et au wahhabisme, Bandar Ben Sultan chercherait à allumer un contre feu en Russie et pourquoi pas une réactivation des réseaux radicaux au Caucase russe dans le cadre d’un Jihad pro-OTAN contre Moscou avec l’implication de l’ensemble des républiques musulmane d’Asie centrale.

Pour l’instant, l’armée syrienne se bat sur quatre fronts. Mais ses chefs estiment que le combat pour laquelle elle a été préparée ces douze dernières années est à venir.  Vu l’immense arsenal israélien en armes chimiques, bactériologiques et nucléaires, il ne fait plus de doute que la région est au bord d’un gouffre.

Lors d’une conférence de presse tenue aujourd’hui, le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères a affirmé que la Syrie n’utilisera pas son arsenal d’armes chimiques qu’en cas d’agression de l’OTAN. Il a également fait part du rejet total par Damas de la proposition de la Ligue arabe de ménager un départ du pouvoir de Bachar al-Assad.

« Aucune arme chimique ou non conventionnelle ne sera utilisée contre nos propres citoyens (…), ces armes ne seront utilisées qu’en cas d’agression étrangère », a martelé le porte-parole du ministère, Jihad Makdessi, reconnaissant pour la première fois publiquement la détention par la Syrie d’un arsenal d’armes chimiques.

« Ces différentes armes sont stockées et sécurisées sous la supervision des forces armées et ne seront utilisées que dans le cas où la Syrie fait face à une agression extérieure« , a répété le porte-parole, soulignant que » les généraux [de l’armée syrienne] décideront quand et comment ces armes seront utilisées ».

M. Makdessi a par ailleurs accusé les occidentaux, Israël et certains pays arabes  de mener une campagne  une campagne médiatique visant à justifier une intervention militaire en mentant sur l'(éventuel) usage d’armes de destruction massive contre la population dans une tentative de répéter le scénario irakien en 2003.  Il a surtout mis en garde contre la possibilité que des parties étrangères arment les groupes terroristes  avec des bombes bactériologiques qui exploseraient dans un village pour que les forces syriennes soient accusées par la suite.

Bien avant ces déclarations, Israël a mis en état d’alerte ses forces de frappes balistiques à capacité nucléaire.  Les Etats-Unis semblent avoir finalisé plusieurs plans d’un assaut en backdoor, limitant au maximum la présence apparente de leur forces tandis que des armées de volontaires issus de ce que l’on appelle Al-Qaida sont encadrées et envoyés en Syrie sous supervision turque, britannique ou française.

L’Iran et le Hezbollah observent en silence. Ils mènent et font face à une intense guerre de renseignement et de cyberattaques. Cependant, ils se préparent depuis 18 mois au pire scénario possible. A un palier supérieur, les Etats-Unis, la Russie et la Chine s’observent en chiens de faïences: chacune de ces puissances connaît exactement les implications géopolitiques et géostratégiques de la situation actuelle au Moyen-Orient. L’objectif apparent est le démantèlement de l’Etat-nation syrien. Le principal objectif est la suprématie totale est définitive d’Israël, au moins jusqu’à l’année 2048 et au delà.

Tous les éléments indiquent l’imminence d’un conflit majeur au Moyen-Orient.  Une cinquième guerre entre Israël et la Syrie n’est plus exclue. De même qu’une guerre  entre Israël et le Hezbollah. Le sort d’Al-Assad importe peu dans ce contexte.  Il semblerait qu’en frappant les remparts de Damas, les vents du printemps arabe risquent de se transformer en une tempête nucléaire au dessus du lac de Tibériade.  Car ce fameux chemin de Damas semble mener tout droit non vers un Léviathan révé de réserves énergétiques mais à un Armageddon tant redouté où personne ne risque de s’en sortir vraiment indemne.

L’ombre d’une nouvelle guerre entre la Syrie et Israël plane sur le Moyen-Orient. L’Iran observe. Les USA réussiront-ils à éviter ce cas de figure et faire perdurer leur image du printemps arabe? C’est le principal enjeu sous peine d’une guerre mondiale.

Urgent: 70 % des unités de l’armée israélienne se massent aux frontières avec la Syrie; des forces spéciales US se concentrent au Nord de la Jordanie

Urgent: Pour la première fois depuis la création de l’Etat d’Israël, l’ensemble des unités de combat des forces armées israéliennes est en train de se concentrer au Nord à la frontière avec le Liban et au Nord-est dans le Golan à la frontière avec la Syrie en vue d’une guerre totale avec la Syrie.

Parallèlement, des unités des forces spéciales américaines se massent à la frontière entre la Jordanie et la Syrie. Un mouvement de concentration de forces similaire est enregistré en Turquie.

Al-Assad nomme un faucon parmi les faucons à la défense

Longtemps écarté pour ses méthodes brutales et sa vision radicale, le Général Fahd Jassem Al-Freij, un sunnite,  vient d’être nommé (18 juillet 2012) par le président syrien Bachar Al-Assad à la tête de la défense, quelques heures après l’assassinat du ministre de la défense, le Général Daoud Rajha, de confession chrétienne, dans un attentat à la bombe ayant visé un des QG du Conseil de la Sécurité nationale syrienne.  C’est une des premières conséquences du ciblage direct de la direction syrienne par des opérations terroristes.

Le nouveau ministre syrien de la défense, le Général Fahd Jassem Al-Freij. Sa nomination consacre un durcissement de la position de Damas. En arrière plan de gauche à droite, le drapeau de la marine, le drapeau national syrien, le drapeau de l’armée de terre et celui des forces aériennes.

Cette nomination n’a pas du être facile pour Al-Assad qui a tout fait pour tenir Al-Freij en retrait du fait de ses méthodes peu orthodoxes. C’est l’une des rares fois qu’un Général des forces spéciales est nommé ministre de la défense dans un pays arabe. Mais ce n’est pas tout.

Contrairement au Général Rajha qui était apprécié pour sa modération et son sens des subtilités, le Général Al-Freij est considéré comme un faucon parmi les faucons. Lors de la guerre entre le Hezbollah libanais et Israël en 2006, Al-Freij préconisa une entrée en guerre immédiate avec Israël.

Ce natif de Hama, âgé de 62 ans s’est illustré tout au long de sa carrière militaire par ses méthodes iconoclastes. On lui prête une  obsession unique: En émettant des objections sur certaines décisions, il ajoutait invariablement qu’au lieu de croiser les bras et de parader pour la photo souvenir, l’état-major devrait penser sérieusement à aller guerroyer sur le lac Tiberiade et récupérer le plateau du Golan (occupé et annexé par Israël)…Son principal rêve est de bombarder Tel-Aviv.

Ce musulman sunnite appartenant à la principale communauté confessionnelle du pays  a été nommé le 08 août 2011 chef d’état-major de l’armée syrienne après avoir commandé les forces spéciales et dirigé des opérations dans les régions de Daraa dans le Sud, le berceau de la contestation, d’Idlib près de la Turquie et sa région natale de Hama. Il est peu apprécié au sein du commandement militaire à cause de son franc-parler et ses méthodes très expéditives.

En 1982, en pleine guerre civile libanaise, Al-Freij dirigea des opérations spéciales dans la Bekaa libanaise pour contrer l’invasion israélienne et tenta à deux reprises d’assassiner Ariel Sharon. En 2003, ses commandos se sont accrochés à plusieurs reprises avec des unités de marines US stationnées à la frontière entre la Syrie et l’Irak. En 2006, lors de la guerre entre le Hezbollah et le Liban, il fut le seul haut officier syrien à se rendre au Liban et à participer activement aux opérations.

Sa nomination prélude d’une radicalisation de la lutte contre l’ASL et les groupes islamiques armés. Le Général Al-Freij s’est toujours plaint de la « modération » dont faisait preuve l’ancien ministre de la défense face à la contestation. Il semble que la perte de proches ait incité le président Al-Assad à nommer un faucon parmi les faucons de la vieille garde  pour soit en finir une fois pour toutes avec la rébellion armée ou déclencher une guerre régionale avec Israël et la Turquie.

Les israéliens dont les forces sont en état d’alerte maximum au Golan étudient actuellement les options de plans de bombardement de dépôts d’armement et d’arsenaux de l’armée syrienne. Ce qui prouve que sur le terrain, tous les ingrédients d’une cinquième guerre régionale au Moyen-Orient sont réunis.

Syrie: Attaque contre le complexe de la Sécurité nationale, attentat ou frappe de missile?

Un très puissant attentat à l’explosif vient de viser le bâtiment ultra-sécurisé de la sécurité nationale, tuant quatre très hauts responsables syriens et causant des blessures à une dizaine d’autres.


Colonne de fumée s’élevant au centre de Damas. Le Général Rajha venait d’être reconduit par Al-Assad à la tête de la défense.
Photo du Daily Telegraph

D’autres généraux de l’armée syrienne étaient en réunion au même moment dans un autre complexe à quelques kilomètre du lieu de l’attaque. Le président Al-Assad suivait en direct les discussions en téléconférence avec les deux salles de réunion au moment où une explosion pulvérisa le premier bâtiment.

Cet attentat est intervenu au moment précis où était réuni un conseil restreint des principaux responsables militaires et sécuritaires syriens. Par mesure de sécurité et par crainte d’un éventuel bombardement « spécial », le Conseil a été réparti entre quatre endroits différents reliés par téléconférence en réseau fermé.

Le ministre syrien de la Défense, le Général Daoud Abdallah Rajha aurait succombé lors de l’explosion tandis que le vice-ministre et conseiller en sécurité nationale, Assef Shawket, beau frère du président Al Assad, serait dans un état critique ou même donné pour mort. Le ministre de l’intérieur syrien, serait également dans un état grave. Le Directeur du Conseil de la Sécurité Nationale, Hisham Ikhtyar, aurait été également touché.

L’explosion a été d’une telle puissance que l’ensemble du bâtiment et ses annexes souterrains, conçus pour résister à des raids aériens, ont été littéralement détruits. On ignore le bilan précis de cet attentat mais des témoignages évoquent un chiffre assez impressionnant et soutiennent que la quantité d’explosif utilisé est très importante et pourrait avoisiner ou même dépasser les 5 000 kilogrammes, soit l’équivalent de la charge d’une très grosse bombe de type « Daisy Cutter« . Une autre source écarte cette hypothèse et parle d’une charge beaucoup moins importante portée par un homme qui aurait réussi à s’introduire dans une salle bunker…D’autres avancent l’hypothèse de l’explosion d’une voiture piégée dans un parking souterrain du complexe.

L’ASL (Armée syrienne libre) et un groupuscule terroriste dénommé Liwa Al-Islam (l’étendard de l’Islam) ont tous deux revendiqué l’attaque. Mais il demeure des doutes quant à la capacité de la première organisation à mener une telle opération. Le nouveau groupe à apparition spontanée Liwa Al-Islam n’est qu’une couverture, semblable à Jund Sham ou d’autres qui ont défrayé la chronique au Nord Liban est ailleurs. Sa dénomination laisse transparaître un travail d’arabisants ayant mal assimilé certains aspects de l’Islam politique contemporain. Donc une agence ou des agences de renseignement de pays utilisant la franchise islamiste à des fins de manipulation. Des sites extrémistes turques ont également salué cet attentat en le qualifiant de la revanche de la Turquie.

Cet attentat intervient dans un contexte particulier marqué par l’annonce de l’armée syrienne libre (ASL), la rébellion armée d’une « offensive générale » sur Damas et d’un autre côté, le douzième anniversaire de l’arrivée au pouvoir du président Bashar Al-Assad. Elle intervient également peu de temps après que les israéliens eurent rendu publique une information selon laquelle le président Al-Assad aurait ordonné le redéploiement des unités militaires syriennes stationnés au Golan.

Il est trop tôt pour conclure quoi que ce soit concernant cette « décapitation » partielle de l’appareil militaro-sécuritaire syrien mais des observations s’imposent d’elles mêmes:

1. Les commanditaires de cette attaques ont une connaissance préalable de l’heure précise de la réunion secrète au plus haut sommet de l’Etat et donc disposent d’un excellent renseignement;
2. L’attentat a impliqué une très importante quantité d’un type d’explosif militaire très puissant et peu répandu au marché noir;
3. La préparation logistique d’une telle opération et sa simultanéité avec une date symbolique en dit long sur les capacités organisationnelles des commanditaires de l’attaque;
4.Le ou les kamikazes (si l’on retient cette hypothèse) étaient habilités à pénétrer le bâtiment fortifié;
5. L’annonce d’une offensive générale sur Damas par l’ASL relève plus de la guerre médiatique et psychologique et ne sert qu’à exploiter cette attaque qui a été préparé et menée par d’autres parties externes à la Syrie;
6. Les commanditaires de l’attaque connaissaient les plans du bâtiment fortifié.

7. Les commanditaires ont préconçu la campagne médiatique liée à l’évènement;

8. L’explosif militaire utilisé, de type Semtex ou C4 est probablement originaire de Turquie.

9. L’hypothèse la plus plausible est l’implication d’un ou de plusieurs gardes du corps dans l’attaque qui a impliqué un véhicule piégé et non un simple piéton. La présence de drones armés, voire d’un avion  et d’une couverture satellite n’est pas improbable.

D’où nombre de question concernant le type d’attaque. Est-ce bien un attentat au camion piégé ou une frappe de missile furtif? La Ou les deux à la fois? la question ne paraît pas aussi saugrenue qu’il n’y paraît si l’on a une connaissance sommaire des importants dispositifs mis en place autour de la Syrie et de l’accélération des fournitures d’armes et de combattants à la rébellion au point où sont apparus ces derniers jours des centaines de « technicals », des pick-up ou des véhicules de tourisme dotés de mitrailleuses lourdes de type DshK 12.7 mm ou de tubes lance-roquettes à la manière du film Mad Max dans ce qui s’apparente à une tentative de reproduire des images similaires à celle de la guerre de Libye. A l’origine, les « Technicals » ont été massivement utilisés en Somalie au cours des années 90.

Une autre hypothèse à ne pas écarter est que le ou les kamikazes aient pu servir de CAS (Close Air Support) pour un drone avant se faire exploser à l’intérieur du complexe fortifié.

En ce moment même, une campagne médiatique nord-américaine, européenne et arabe bat son plein en évoquant la chute de Damas. Cette campagne est en parfaite synchronisation avec ceux qui ont commandité et planifié l’attaque du complexe abritant la Sécurité nationale syrienne. Les dirigeants syriens sont maintenant confortés dans leur vision d’après laquelle ils sont en guerre avec l’OTAN et Israël.

Mais il est fort à parier que cette attaque va radicaliser davantage l’armée syrienne en confortant les vues des courants les plus radicaux du commandement militaire qui estimaient jusque là que la répression du terrorisme n’impliquait pas un usage proportionné de la force.

Dans tous les cas de figure, cette attaque semble marquer l’impatience de pays comme les Etats-Unis, Israël, la Turquie et l’Arabie Saoudite de voir le Moyen-Orient se débarrasser d’Al-Assad et d’instaurer un Etat ou une mosaïque d’Etat fédéraux vassaux déchirés par nombre de clivages religieux et ethniques sur les débris des Etats-Nations qui ont pour noms la Syrie et le Liban.

Syrie: jeux de guerre

Il semble de plus en plus évident que la perception des dirigeants syriens de la crise qui secoue depuis plus de 17 mois leur pays est celle d’un double conflit régional sur lequel se superposent d’anciens réglements de compte, notamment avec l’Arabie Saoudite et Israël.

La Turquie est le grand joker de ce pokeur-menteur: le rapporchement entre Ankara et Damas lors des cinq dernières années était tactique du point de vue turc. Isolés sur quatre fronts, les syriens exploitent l’ouverture turque dont l’impact s’est faite ressentir jusque dans le cinéma et la culture. Jeu subtil d’alliance et de mésalliance. Paradoxalement, les soap-opéra turcs envahirent le monde arabe via le bouquet saoudien MBC avec un doublage à l’accent syrien…La Turquie utilisa la Syrie comme tête de pont de pénétration culturelle d’un monde arabe qu’elle abhorrait il y a tout juste deux décennies et cette opération de séduction atteignit son apogée en 2009 avec la géniale mise en scène d’un Tayep Reçep Erdogan quittant le Forum de Davos après un échange peu diplomatique avec le président israélien Shimon Perez. Le ministre turc des Affaires étrangères, M. Davutogli évoque alors un néo-osmanlisme et la nécessité de se rapprocher avec le monde arabe et musulman. En tentant d’exploiter les souffrances des populations de Gaza, Erdogan put ainsi devenir une sorte de leader. Euphorie de courte durée. Car la crise syrienne vient de faire perdre à la Turquie l’ensemble de ses atouts diplomatiques et régionaux. La chute d’un de ses avions de combat consacre une véritable humiliation pour cette nation belliqueuse.

En Syrie, une contestation populaire éclate dans la foulée des révoltes dites du printemps arabe. Cependant, la nature des rapports de force régionaux, la complexité intrinsèque du Moyen-Orient et la superposition d’intérêts de superpuissance réduisent cette contestation à une sorte de vendetta susceptible de servir de détonateur à un conflit régional et mondial. La contestation en Syrie se militarise de plus en plus et la grille de lecture des dirigeants syriens semble sans appel: il s’agit d’une guerre externe fomentée par les ennemis traditionnels de la Syrie en vue de continuer le projet mis en oeuvre en Irak une décennie plus tôt. En gros Tel-Aviv et Ryad semblent déterminés à éliminer le maillon faible qu’est la Syrie avant de frapper l’Iran.

La vieille garde syrienne est hantée par une dizaine de scenarii allant du simple embargo et de la zone d’exclusion aérienne à l’assaut amphibie et aéroporté des forces de l’OTAN et leurs alliés arabes.

Il y a quelques jours, l’armée syrienne a organisé les plus grands exercices militaires depuis le début de la contestation. La seule leçon à tirer de ces exercices est que l’armée syrienne est encore bien alerte et constitue-malgré la vétusté de quelques systèmes d’armes comme le Mig-21 ou le Mig-23-une force de frappe conventionnelle qu’il serait dangereux de sous-estimer.

En 1982 au Liban, les syriens utilisèrent assez bien des hélicoptères Gazelles armés de missiles antichar HOT pour ralentir l’avancée des chars de l’armée israélienne.

Ci-dessous, un extrait de la télévision syrienne sur Youtube montrant une partie des derniers exercices militaires de l’armée syrienne:

Affaire de l’avion turc abattu: l’état-major turc réfute l’hypothèse d’un tir adverse

L’état-major des forces armées turques a réfuté vendredi l’hypothèse selon laquelle son avion de reconnaissance RF-4E Phantom II aurait été détruit le 22 juin dernier par la DCA syrienne.

« L’expertise d’identification a montré que l’hypothèse affirmant que notre avion aurait été abattu par une DCA s’est révélée erronée », indique l’état-major dans un communiqué.

Les experts ont tiré cette conclusion dans la mesure où l’épave n’a présenté aucune trace permettant de conclure à une attaque de missile.

Sur les causes de cet incident, les autorités turques ont affirmé au départ que l’avion avait été abattu par la défense antiaérienne (DCA) syrienne.

A Damas, c’est silence radio. Personne n’a voulu émettre le moindre commentaire sur cette dernière sortie de la Turquie. Apparemment, la Turquie, sous la direction du parti AKP de son premier ministre Tayep Reçep Erdogan, s’embourbe de plus en plus dans d’inextricables contradictions.

La Turquie semble faire allusion à un probable dysfonctionnement technique comme cause du crash de son avion de guerre.

Les militaires syriens ayant actionné la batterie antiaérienne le 22 juin dernier n’ont jamais été catégoriques sur l’efficacité de leurs 97 coups de canons de calibre 23 mm tirés vers une cible qu’ils ont acquise visuellement sans l’aide de radar…De toute évidence, cette nouvelle va sûrement les décevoir.

Pour l’instant, la déclaration du ministère turc de la défense est à prendre avec des pincettes. Les turcs chercheraient peut-être à laver une humiliation que leurs forces aériennes n’ont pas encore digéré ou bien à brouiller les cartes et tenter de calmer le jeu. Lors d’un débat au Parlement, le premier ministre turc a évoqué les ennemis de la Turquie. On aimerait bien connaître cette fameuse liste, à plus forte raison quant on sait que le « Kissinger turc » (l’actuel ministre turc des Affaires étrangères) n’a juré durant des années que par la politique du zéro ennemi!

Le président syrien accuse la Turquie de soutenir le terrorisme dans son pays

Intervenant presque simultanément avec l’annonce de la découverte des corps des deux pilotes de chasse turcs portés disparus depuis que leur appareils a été abattu par la DCA syrienne près du littoral syrien, Le président de la république arabe de Syrie, Bachar al-Assad a accusé dans un entretien avec un journal turc la Turquie de fournir un soutien logistique aux « terroristes » syriens-dénomination officielle syrienne de l’armée syrienne libre et des groupes armés qui lui sont alliés-tout en exhortant le premier ministre turc Tayep Reçep Erdogan à s’abstenir de s’ingérer de manière flagrante dans les affaires intérieures syriennes.
« La volonté de la Turquie de vouloir s’imiscer dans les affaires intérieures de la Syrie l’a placé dans une position qui a malheureusement fait d’elle une partie prenante dans toutes les activités sanglantes » en Syrie,a-t-il dit dans un entretien accordé au quotidien Cumhuriyet, dont la deuxième partie a été publié aujourd’hui. Dans un premier temps, le président syrien a affirmé regretter l’incident du 22 juin en espérant que ce dernier ne conduira les deux pays à un conflit armé et en précisant que ses forces croyaient avoir affaire à un avion israélien et non pas turc.

Le président syrien a poursuivi ses accusations contre son voisin septentrional en assénant que « La Turquie a fourni tout soutien logistique aux terroristes qui ont tué notre peuple ». Al-Assad est confronté depuis mars 2011 à une révolte populaire sans précédent dans l’histoire contemporaine de la Syrie dans laquelle des pays comme la Turquie, Israël, l’Arabie Saoudite, Le Royaume-Uni, la France, Le Qatar, la Jordanie, l’Iran, les Etats-Unis, la Chine et la Russie jouent des rôles de premier plan.

Le président syrien a en outre accusé le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, qui a vigoureusement attaqué la politique de Damas, d’agir par « instincts sectaires », ce qui attise le conflit en Syrie, selon lui. Cette allusion au caractère sectaire des motivations du premier ministre turc est une probable référence à l’appartenance de ce dernier à un mouvement proche ou inspiré des frères musulmans. Ces derniers voient d’un oeil hostile l’influence iranienne sur une partie du Moyen-Orient.

D’après une source d’information israélienne, le cercle proche du président syrien est convaincu qu’il peut venir à bout de la contestation armée en deux mois si le président accepte de retirer le commandement militaire à la vieille garde et le remplacer par des milices armées. On ne sait si cette information traduit une quelconque vérité ou un message de guerre psychologique visant la cohésion des premiers cercles de l’armée.

Pour l’instant et malgré les premiers effet d’un overstretching des unités militaires syriennes éparpillées entre quatre fronts hostiles, le moral des officiers est assez satisfaisant et tous n’attendent que d’en découdre avec l’armée israélienne sur les hauteurs du Golan, plateau stratégique occupé et annexé par Israël.

Réunis à Genève samedi 30 juin, les chefs de diplomatie des cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu, dont la Russie, ainsi que plusieurs pays de la région, se sont entendus sur les principes de règlement de la crise syrienne. Ces derniers comprennent notamment la création d’un gouvernement de transition qui puisse inclure des représentants de l’ensemble des parties au conflit.