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La guerre électromagnétique fait rage, avant la déflagration généralisée…

Dans l’intense guerre électromagnétique et cybernétique qui fait rage entre américains et russes de l’extrême Nord de la Norvège jusqu’en Irak en passant par l’Ukraine, la Mer Noire, la Méditerranée orientale, le Levant,  la Mésopotamie et le Pacifique Sud, tous les coups possibles et imaginables sont permis.

L’incident du destroyer USS Donald Cook (DDG-75) ne fut qu’un petit épisode parmi les 1300 confrontations électromagnétiques et cybernétiques (ces batailles invisibles continuent en ce moment même) survenues depuis le début de l’année 2016.

Dans l’un des derniers épisodes de cette guerre des mesures et contre-mesures, voire des contre-contre mesures électroniques, les Etats-Unis semblent être revenus de loin: en mai 2018, les américains sont parvenus à perturber les systèmes S-300 déployées en Syrie et à éteindre à distance certaines balises et certains systèmes de commande de vol  des chasseurs Sukhoi Su-30 SM et d’avions d’attaque au sol Su-25. Ils cherchent maintenant à saboter avec des moyens électromagnétiques et des attaques cybernétiques la bulle de défense aérienne autour des bases russes en Syrie.

En avril 2018, les russes avaient réussi à désactiver les commandes de tir des navires et submersibles US et français et peu de temps après l’attaque tripartite auquelle a participé Israël, des dizaines de missiles de croisière ont été « dévoyés » par les capacités de guerre électronique russe.

La guerre électronique fait rage. Des bâtiments de surface US et russes ont subi des centaines d’attaques électromagnétiques et certains navires de guerre ne pouvaient plus s’orienter.

Le brouillage des signaux GPS et Glonass, la destruction des composants électroniques à distance au moyen de micro-ondes, les simulations d’un faux espace électromagnétique, la création de faux réseaux au sein de réseaux de communication, les tentatives d’intrusion dans les réseaux intranet, le piratage des communications, préfigurent l’usage fort probable d’armes EMP lors de tout prochain engagement impliquant un niveau supérieur à celui d’un bataillon et à la veille d’une guerre généralisée désormais assurée, l’emploi d’armes nucléaires tactiques et d’armes spatiales.

 

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Ajustements au Moyen-Orient

La crise diplomatique autour du Qatar a gelé divers conflits régionaux et a masqué des tentatives de règlements de quelques autres. Nul ne sait quand aura lieu le lever de rideau, mais il devrait faire apparaître une région profondément transformée.

1— Le conflit palestinien

Depuis l’expulsion de la majorité des Palestiniens hors de chez eux (la Nakhba, le 15 mai 1948) et le refus par les peuples arabes de ce nettoyage ethnique, seules la paix séparée israélo-égyptienne des accords de Camp David (1978) et la promesse d’une solution à deux États des accords d’Oslo (1993) ont partiellement modifié la donne.

Cependant lorsque l’on révéla les négociations secrètes entre l’Iran et les États-Unis, l’Arabie saoudite et Israël décidèrent à leur tour de discuter. À l’issue de 17 mois de rencontres secrètes, un accord fut conclu entre le Gardien des deux mosquées et l’État juif [1]. Celui-ci se concrétisa à travers la participation de Tsahal à la guerre du Yémen [2] et le transfert de bombes atomiques tactiques [3].

Rappelons que cet accord prévoyait également de faire évoluer l’Arabie saoudite de sorte que sa société reste salafiste et que ses institutions deviennent laïques. Il prévoyait aussi l’indépendance du Kurdistan irakien (qui tiendra un référendum en septembre) et l’exploitation à la fois des champs gaziers du « quart vide » (qui sont à cheval sur l’Arabie et le Yémen, d’où la guerre actuelle) et de ceux de l’Ogaden (d’où le retrait cette semaine des troupes qataries de la frontière djiboutienne).

En définitive, l’Égypte a décidé de céder les îles de Tiran et de Sanafir à l’Arabie saoudite, comme elle s’y était engagée il y a un an. Ce faisant, Riyad a reconnu de facto les accords de Camp David qui gèrent notamment le statut de ces territoires. Israël a confirmé avoir obtenu des garanties saoudiennes.

Observons que la décision égyptienne n’a pas été prise sous la pression saoudienne (Riyad avait vainement bloqué ses livraisons de pétroles, puis un prêt de 12 milliards de dollars), mais en raison de la crise du Golfe. Les Séoud ont officialisé leur rupture avec les Frères musulmans qui couvait depuis la transmission par le président al-Sissi de documents attestant d’un projet de coup d’État de certains membres de la Confrérie contre eux. Dans un premier temps, l’Arabie avait cru pouvoir discerner entre de bons et de mauvais Frères musulmans. Elle avait déjà accusé le Qatar de soutenir les putschistes, mais les choses avaient évolué pacifiquement cette fois. Désormais Riyad entend combattre toute la Confrérie ce qui le conduit à revoir sa position à propos de la Syrie.

La cession de ces îles, égyptiennes depuis la Convention de Londres de 1840, n’a d’autre sens que de permettre à l’Arabie saoudite de reconnaître implicitement, 39 ans plus tard, les accords de paix égypto-israéliens de Camp David.

De son côté, Téhéran a accueilli la direction politique du Hamas (laquelle est principalement composée de Frères musulmans) à la fois au nom de la solidarité avec la cause palestinienne et parce qu’il partage la même conception de l’islam politique.

La prochaine étape sera l’établissement de relations commerciales publiques entre Riyad et Tel-Aviv ainsi que l’exposeThe Times du 17 juin (des sociétés israéliennes seraient autorisées en Arabie et la compagnie d’aviation El-Al pourrait utiliser l’espace aérien saoudien) [4], puis la reconnaissance de l’initiative de paix du prince Abdallah (Ligue arabe, 2002) et l’établissement de relations diplomatiques (le prince Walid ben Talal deviendrait ambassadeur) [5].

Ce projet pourrait amener à la paix en Palestine (reconnaissance d’un État palestinien et indemnisation des réfugiés), au Liban (retrait des fermes de Shebaa) et en Syrie (arrêt du soutien aux jihadistes et retrait du Golan).

La question du Golan sera particulièrement difficile car l’administration Netanyahu a affirmé —non sans provocation— son annexion tandis que les États-Unis et la Russie ont violemment réagi à l’expulsion de la Force des Nations unies chargée d’observer le dégagement (FNUOD) et à sa substitution par al-Qaïda [6]. Il n’est cependant pas impossible qu’au cours de la guerre de Syrie, Washington ou Moscou ait pris l’engagement auprès de Tel-Aviv de ne pas modifier le statu quo du Golan.

Ce projet de règlement général reflète la méthode des hommes d’affaire Donald Trump et Jared Kushner : créer une situation économique qui impose un changement politique. Il se heurtera nécessairement à l’opposition des Frères musulmans (Hamas), et du triangle de l’islam politique : l’Iran, le Qatar et la Turquie.

2— Le conflit irako-syrien

La totalité des acteurs de la région s’accordent à considérer qu’aujourd’hui l’Irak et la Syrie forment un unique champ de bataille. Toutefois les Occidentaux, qui s’accrochent aux mensonges de l’administration Bush Jr. (même s’ils admettent l’inanité des armes de destruction massives imputées à Saddam Hussein) et à la narration romantique des « printemps arabes » (même s’ils reconnaissent que ce mouvement n’a jamais tenté d’apporter de liberté mais au contraire d’imposer l’islam politique), s’entêtent à les considérer comme distincts.

Nous renvoyons nos lecteurs à mon livre Sous nos yeux pour ce qui concerne la manière dont la guerre a débuté [7]. Toujours est-il que depuis le début de la crise autour du Qatar, la guerre se limite en Irak et en Syrie à
(1) la lutte contre Daesh (Mossoul et Rakka) et à
(2) celle contre la Turquie (Baachiqa et Al-Bab) [8].

Ce qui est évident pour tous dans la région, c’est que depuis l’accession au pouvoir à Pékin du président Xi Jinping porteur du projet des deux routes de la soie, Washington a poussé à la création d’un « Sunnistan » à cheval sur l’Irak et la Syrie. Pour ce faire, il a financé, armé et encadré Daesh afin de couper l’axe de communication Beyrouth-Damas-Bagdad-Téhéran-Pékin.

Depuis quatre mois, l’administration Trump étudie et négocie la manière dont elle pourrait modifier cette politique et conclure un partenariat avec Pékin au lieu de la confrontation actuelle [9].

Alors que sur le terrain, s’enchaînent des événements contradictoires, les armées irakienne et syrienne ont subitement avancé depuis le début de la crise autour du Qatar. Elles ont libéré de Daesh leurs territoires frontaliers et sont aujourd’hui sur le point d’établir leur jonction (c’est-à-dire de rétablir la route de la soie). Les deux armées ne sont plus séparées que par deux cent mètres de terrain contrôlés illégalement par l’armée US [10].

Quant aux combats au Sud de la Syrie, ils ont miraculeusement cessé. Un cessez-le-feu a été proclamé unilatéralement par Damas à Deraa. En réalité, Moscou et Washington ont donné l’assurance à Tel-Aviv que la Syrie ne laisserait se déployer à sa frontière que des troupes russes et non pas iraniennes, pas plus que celles du Hezbollah libanais.

Bref, si le Pentagone suit les ordres de la Maison-Blanche, le conflit devrait largement cesser. Il ne resterait que l’occupation turque de l’Irak et de la Syrie, sur le modèle de l’occupation turque de Chypre dont l’Union européenne s’est lâchement accommodée. Les États-Unis et l’Arabie saoudite qui étaient des ennemis de l’Irak et de la Syrie redeviendraient à nouveau leurs alliés.

3— Le conflit yéménite

Les Yéménites pourraient faire les frais de l’évolution actuelle. S’il est clair que l’Arabie saoudite est entrée en guerre pour installer un gouvernement favorable à l’exploitation jointe des champs pétroliers du « Quart vide » et pour la gloire personnelle du prince Mohamed Ben Salman, il semble que l’aide apportée par l’Iran aux Houthis et à l’ancien président Saleh détourne les yeux des pays arabes et de la « communauté internationale » des crimes qui s’y commettent.

Il faut en effet choisir son camp et presque tous ont opté pour l’Arabie saoudite contre le Qatar et ses alliés turc et iranien. Ce qui était positif en Palestine, en Irak et en Syrie, s’avère négatif au Yémen.

Conclusion

Depuis le 5 juin et la rupture des relations diplomatiques entre Riyad et Doha, les chancelleries se préparent toutes à une possible guerre, même si seule l’Allemagne l’a évoquée publiquement. Cette situation est d’autant plus surprenante que c’est le Qatar et non l’Arabie saoudite qui est observateur à l’Otan [11].

Des démissions s’enchaînent à Doha, de l’ambassadrice des États-Unis Dana Shell Smith, au sélectionneur de l’équipe nationale de football Jorge Fossati. Non seulement les États alignés sur Riyad ont coupé leurs relations commerciales avec l’émirat, mais de nombreuses sociétés sans liens particulier avec le Golfe en ont fait de même au vu du risque de guerre. C’est le cas par exemple de COSCO, la plus grande compagnie maritime chinoise.

Quoi qu’il en soit, malgré ses revendications historiques justifiées, il semble impossible que l’Arabie saoudite annexe le Qatar alors qu’elle s’était opposée à l’annexion du Koweït par l’Irak pour les mêmes raisons. Une règle s’est imposée dans le monde depuis la décolonisation britannique : nul n’a le droit de toucher à des frontières conçues par Londres, dans le seul et unique but de maintenir des problèmes insolubles pour les nouveaux États indépendants. De cette manière Londres maintient de facto leur dépendance perpétuelle à son égard. Au demeurant l’arrivée prochaine de 43 000 soldats pakistanais et turcs venus défendre le Qatar devrait renforcer sa position.

 

[1] « Exclusif : Les projets secrets d’Israël et de l’Arabie saoudite », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 juin 2015.

[2] « La Force « arabe » de Défense commune », par Thierry Meyssan,Réseau Voltaire, 20 avril 2015.

[3] « Le Proche-Orient nucléarisé ! », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 7 mars 2016.

[4] “Saudi trade talks with Israel are historic first”, Michael Binyon & Gregg Carlstrom, The Times, June 17th, 2017.

[5] « Exclusif : L’Arabie saoudite construit une ambassade en Israël », Réseau Voltaire, 29 mai 2016.

[6] « Le Conseil de sécurité s’apprête à enjoindre à Israël de rompre avec al-Qaïda », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 2 juillet 2016.

[7] Sous nos Yeux. Du 11-Septembre à Donald Trump, éditions Demi-Lune, 2017.

[8] « Invasion militaire turque de l’Irak », par Ibrahim Al-Jaafari, Réseau Voltaire, 19 octobre 2016.

[9] « Trump : le business contre la guerre », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 14 février 2017.

[10] « Les USA empêcheront-ils la réouverture de la route de la soie ? »,Réseau Voltaire, 17 juin 2017.

[11] « Israël et des émirs dans l’Otan », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie) , Réseau Voltaire, 13 mai 2016.

Syrie: les bataillons Zapad et Vostok à Alep, les bérets verts de la CIA à Palmyre

Le rôle des redoutables commandos tchétchènes des bataillons ZAPAD et VOSTOK dans les combats de rue pour la capture des derniers carrés de maisons  à Alep-est aurait été déterminant dans la victoire des forces syriennes, iraniennes et russes.

Alep est pratiquement sous le contrôle de Damas mais une nouvelle offensive de l’organisation terroriste connue sous le nom d’Etat Islamique en Irak et au Levant, solidement appuyée par les bérets verts de la CIA a totalement pris au dépourvu l’armée syrienne à Palmyre (Tadmor) où une base logistique gouvernementale a été prise d’assaut par une brigade terroriste. D’après des témoignages convergents, les forces rebelles ont eu recours à une nouvelle tactique: celle des essaims par vagues successives, s’assurant toujours d’une supériorité numérique de 10 contre 1 à un point d’attaque donné.

De toute évidence, russes et américains ne cachent plus l’implication directe de leurs forces spéciales dans les combats au sol en Syrie et on y assiste à une nouvelle course entre les militaires des deux puissances, rappelant étrangement la course endiablée entre américains et soviétiques vers Berlin en 1944-45.

Syrie: des militaires US et britanniques sous les bombes russes…

Des informations assez précises évoquent un raid effectué hier par des avions de combat russes contre des positions de l’organisation terroriste connue sous le nom du Front Al-Nusra près de Tenef (Syrie méridionale)

Cette position secrète a déjà fait l’objet d’un raid aérien russe et syrien en juin 2016, suscitant une très vive tension entre Londres, Moscou et Washington. C’est l’une des causes ayant amené le Département d’Etat US a étendre la liste des sanctions internationales contre la Syrie.

Ce raid aérien contre une position terroriste a failli déclencher ce que l’on redoutait le plus: une confrontation militaire directe entre les Etats-Unis d’Amérique et la Russie.

Il s’est avéré que les bombardiers russes ont visé une position clandestine américaine servant de base logistique à l’organisation terroriste Jabhet Al-Nusra.

Moscou insiste qu’il a avisé à l’avance le centre de commandement de la coalition sis en Jordanie de son intention de cibler les organisations terroristes évoluant dans la zone ciblée. Dans les faits, une vingtaine de militaires britanniques ont quitté cette position à la hâte une journée avant le raid, confirmant que leur commandement avait reçu l’avertissement russe.

L’incident a été assez sérieux pour susciter une très forte réaction US, promptement contrée par le Chef de la diplomatie russe, Serguei Lavrov.

Le Kremlin a annoncé aujourd’hui ne détenir aucune information sur un éventuel raid aérien ayant visé une « base américano-britannique » en Syrie.

En réalité, les russes ne cachent plus leur profonde exaspération vis à vis des comportements totalement irresponsables des pays de la coalition dans la guerre en Syrie, en soulignant l’inconséquence et la précipitation de Paris à mener un raid aérien à Minbej (Nord-Est d’Alep), dans une zone sous contrôle gouvernemental syrien, tuant plus d’une centaine de civils, ou encore le rôle croissant des « instructeurs » britanniques au sein des unités des organistions terroristes Nur-Eddine Zenki et Al-Nusra.

Golan: un drone peut en cacher un autre…

YassirUAV

Le drone en provenance de Syrie ayant survolé durant plus de 63 minutes la portion occupée du plateau du Golan le 17 juillet 2016 serait, selon un site proche des milieux militaires israéliens, un UAV de fabrication iranienne dénommé « Yasser« ياسر et serait une copie améliorée (reverse engineering) d’un drone US ScanEagle ayant été piraté puis abattu par la défense spatiale iranienne au dessus de leur territoire le 17 décembre 2012.

Ce type de drones est utilisé par le Hezbollah libanais mais également l’armée syrienne. Le 17 juillet, un drone similaire a survolé une zone militaire israélienne interdite au Golan et a pu revenir à sa base sans être intercepté. Deux F-16 I Sufa israéliens ont vainement tenté d’abattre l’appareil sans pilote au moyens de missiles AA (Air-Air) Python après qu’une batterie de missiles Patriot ait échoué à le détruire.

Les missiles Patriot et Python ont fait l’objet de mesures de brouillage électronique puisque les deux missiles intercepteurs se sont auto-détruit en plein vol-on évoque une collision, alors qu’un missile AA lancé par l’un des F-16I a dévié de sa trajectoire en se dirigeant vers le sol.

Les technologies embarquées par le ScanEagle US ayant été capturé par les iraniens en 2012 étaient classifiées et faisaient partie d’un programme avancé supervisé par la DARPA (Defence Advanced Research Projects Agency). Une partie de ces technologies a été fournie par les iraniens aux russes et aux chinois.

C’est en quelque sorte le fruit d’un transfert de technologies par conflit interposé…

Il était une fois un drone au dessus du Golan

Le 17 juillet 2016, un drone militaire d’un type non identifié en provenance de Syrie a survolé la portion occupée par Israël au Golan sur une distance évaluée (côté israélien) à 4 kilomètres avant de retourner en Syrie.

Entretemps, l’appareil a échappé à deux missiles Sol-Air tirés par une ou des batteries Patriot PAC-2 ainsi qu’à un ou plusieurs missiles Air-Air tirés par les deux (et non un) F-16I Sufa (Tempête) dépêchés pour intercepter l’intrus.

Cela semble nouveau mais aucunement surprenant si l’on se fie au grand bouleversement géostratégique en cours depuis l’ingénierie du chaos initiée en 2011 dans la « partie centrale du monde ».

De quel type de drone s’agissait-il?

Форпост

Pour certains analystes israéliens, ce serait un ForSpot de fabrication russe, lequel est une copie sous licence du drone israélien מרומית « Meyromit » ou Searcher. Des appareils similaires ont été utilisés par l’Armée russe en Ukraine et en Syrie. Mais qu’en est-il vraiment?

Silence radio à Damas et aucune information du côté du Hezbollah libanais, autre grand utilisateur de drones iraniens ou chinois (en fait nord-coréens) et même israéliens (le Scout est passé par les voies impénétrables de la contrebande)

En tout état de cause, cet incident démontre clairement les limites du système intercepteur Patriot (lequel a bénéficié d’une hyperpublicité que l’on peut qualifier de « mensongère » depuis le déploiement de ces premières versions au Moyen-Orient en 1991) comme il indique que le système de défense spatial de l’Etat d’Israël n’est pas aussi efficace qu’on le croit (la foi même erronée en ses capacités en matière de défense est elle-même un des éléments constitutifs de la dissuasion psychologique)

C’est donc un message à peine codé. La partie ayant transmis ce message a d’une part, tenu à faire savoir aux israéliens qu’ils doivent s’attendre à quelques grosses surprises au cas où ils seraient tentés par de nouveaux raids au Liban ou en Syrie, dix ans après la guerre de juillet 2006 au cours de laquelle l’invincibilité supposée des chars Merkava s’était effondrée, et d’autre part, que le fait accompli au Golan ne sera jamais reconnu par la Syrie.

S’agit-il d’un Forspot? Pas sûr. Par contre, il pourrait bien s’agir d’une copie iranienne d’un drone chinois (lui même copie du Searcher) doté de puissants brouilleurs électroniques…

Syrie: Ennosra en état d’alerte maximale

Le Front d’Ennosra vient de mettre en alerte l’ensemble de ses troupes tout en ordonnant l’évacuation de l’ensemble de ses QG dans la région d’Idlib. Cette alerte générale intervient alors que la puissante organisation terroriste avait déployé plus de 6000 hommes à Alep et que l’un de ces principaux camps a été détruit par les bombes de l’aviation syrienne au sud d’Idlib.

Plus au Nord, plus de 6000 hommes d’Ennosra continuent à harceler les forces armées syriennes et les forces auxilliaires (Forces mixtes et combinées de la défense nationale, Hezbollah libanais, diverses milices irakiennes, volontaires iraniens et unités des Spetsnaz russes) mais la réapparition en force et soudaine de chasseurs-bombardiers de l’armée de l’air syrienne dans le ciel semble indiquer un changement de stratégie en cours. D’où la panique d’Ennosra à Idlib où elle vient de perdre des chefs militaires.

 

Syrie: l’aviation syrienne vise un camp d’Ennosra au Sud d’Idlib

Des dizaines d’éléments du Front Ennosra, incluant des commandants opérationnels de cette organisation terroriste, ont péri le 30 mai 2016 près d’Idleb sous les bombes thermobariques de l’aviation syrienne lors d’un raid aérien d’une violence inouïe.

Un camp fortifié du Front Ennosra (Jabhet Ennosra), une puissante organisation terroriste protégée par l’Otan,  situé près de la localité de Mastouma au Sud d’Idleb, a subi un très violent bombardement aérien mené par des chasseurs bombardiers des forces aériennes syriennes.

Le Front Ennosra n’a divulgué aucune information relative à ce raid mais de source indépendante, on estime que des dizaines d’éléments armés du mouvement ont été éliminés, incluant deux commandants régionaux. La zone où se trouvait le camp fortifié d’Ennosra a été entièrement dévastée.

Ce raid aérien de l’armée de l’air syrienne inaugure une nouvelle stratégie adoptée par Damas en coordination avec Moscou. Cette stratégie vise à redonner aux forces aériennes syriennes la pré-éminence de l’action tout en renforçant ses capacités opérationnelles, mises à mal par un très violent conflit de plus de 5 années consécutives.

Pour l’histoire, l’aviation militaire syrienne a joué et continue de jouer un rôle de premier plan dans la guerre en Syrie et ce, en dépit des pertes subies et d’un manque flagrant de pièces de rechange et de carburant. On ne compte plus les hauts faits d’armes accomplis par des pilotes entraînés à affronter des F-16 et des F-15 israéliens. Depuis mars 2011, plus de 950 pilotes syriens sont morts au combat.

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Une frappe israélienne a visé un PC du Hezbollah à l’aéroport international de Damas

Une frappe israélienne a visé, mardi 10 mai 2016, un poste de commandement fortifié du Hezbollah situé à l’aéroport international de Damas, avec au moins un missile Air-Sol anti-bunker de nouvelle génération.

Dans un premier temps, Tel-Aviv et le Hezbollah avaient tous les deux démenti toute information relative à une éventuelle frappe israélienne contre des cibles de l’armée syrienne ou du Hezbollah dans les environs de Damas.

Toutefois, ce démenti confortait la véracité de l’information.

Le Chef militaire du Hezbollah en Syrie, Mustapha Badreddine, dit Dulfiquar (une épée mythique liée au mythe d’Excalibur et de la Durandal), théoricien de la guerre asymétrique et l’un des principaux tacticiens du mouvement en Syrie,  a été la cible de la frappe israélienne.

Des soldats syriens postés autour de l’aéroport international de Damas ont été les témoins d’une gigantesque explosion, laquelle ne pouvait résulter que de l’usage d’une arme de très forte puissance, que les forces rebelles ne pouvaient en aucun cas posséder.

« Selon les informations préliminaires, une grande explosion a visé l’un de nos postes près de l’aéroport international de Damas, tuant le frère commandant Mostafa Badreddine et blessant d’autres personnes », a indiqué le Hezbollah sur son site officiel en poursuivant qu’il allait « poursuivre l’enquête pour déterminer la nature et les causes de l’explosion et savoir si elle est due à un bombardement aérien, à un missile ou à un tir d’artillerie »

Peu de détails émergent de cet énième engagement des forces armées israéliennes en Syrie, un domaine relevant du tabou puisque Tel-Aviv, bien que l’un des principaux protagonistes de la guerre en Syrie, fait tout son possible pour y demeurer à l’écart, du moins aux yeux de l’opinion publique, en présentant cette guerre comme une simple guerre civile.

D’après des sources militaires syriennes, les israéliens ont utilisé pour la première fois un nouveau vecteur et une nouvelle génération de missiles anti-bunker d’une portée et d’une puissance jusque-là inconnues en précisant que les appareils ayant délivré le missile n’avaient pas pénétré l’espace aérien syrien.

 

 

La Russie n’interviendra pas en cas de guerre au Golan

La dernière rencontre du président de la fédération de Russie avec le premier ministre de l’Etat d’Israël semble avoir été un échec sur tous les plans.
Vladimir Poutine aurait laissé entendre à Benyamin Netanyahu que la Russie ne bougera pas le moindre petit doigt pour empêcher une riposte du Hezbollah libanais et de ses alliés (Damas et Téhéran) au Golan en cas d’une éventuelle agression israélienne contre le Liban.
En d’autres termes, la Russie dont les forces aériennes sont stationnées en Syrie, n’interviendra pas au sud d’un certain parallèle mais n’agira pas non plus pour dissuader la Syrie et le Hezbollah de réactiver le front du Golan (un territoire en partie occupé par Israël)  et du lac Tiberiade.
Cette mise en garde fut derrière la réunion précipitée du cabinet israélien au Golan. Une mise en scène un peu kitsch dans une caricature de Kibboutzim à l’issue de laquelle le gouvernement Netanyahu a pondu un communiqué grotesque digne d’une véritable dictature orientale où il est question de possession éternelle du plateau stratégique du Golan.
Éternelle? On est là en plein délire ésotérique. C’est une tendance lourde vu l’abêtissement universel mais au point d’en oublier l’ABC de toute politique, cela devient une sorte de charlatanisme à peine déguisé. Et c’est pour cela que nous répétons ici que le plus grand danger existentiel auquel fait face Israël n’est pas son environnement stratégique mais bel et bien Netanyahu.
L’Arabie Saoudite pousse indirectement Tel-Aviv à attaquer le Liban pour se débarrasser une fois pour toute du Hezbollah libanais. Et de fait, une éventuelle nouvelle aventure israélienne au Liban serait entièrement financée par Ryad à condition d’annihiler le Hezbollah.
Le problème est que toute évaluation rationnelle de la situation stratégique au Levant après plus de cinq années de guerre en Syrie et en Irak souligne non seulement la montée en puissance des capacités militaires du Hezbollah, mais un renforcement de ses alliés autour d’un axe fonctionnel et indépendant des circuits décisionnels « occidentaux ».
Loin d’être affaibli, le Hezbollah a acquis une formidable expérience de sa participation dans les vastes campagnes de guerre en Syrie. En dépit de pertes humaines assez importantes, le mouvement libanais a réussi à renforcer, grâce à Damas et Téhéran, sa capacité de frappe balistique et par dessus tout acquérir une solide base de données sur les cibles stratégiques israéliennes dont les centres de stockage d’ogives nucléaires, les dépôts d’hydrocarbures et d’ammoniac ainsi que les centres de fabrication d’armes bactériologiques et chimiques (lesquels seraient situés au centre des grandes agglomérations urbaines selon le secrétaire général du Hezbollah)
Mais c’est la capacité du Hezbollah à manoeuvrer sur des fronts étendus et à capturer des centres urbains et péri-urbains qui semble donner des cauchemars aux stratèges israéliens. Ces derniers n’écartent point un scénario dans lequel le Hezbollah, aidé par les unités de l’armée syrienne investirait non seulement le Golan mais la Galilée soit le Nord de la Palestine historique. Une perspective à résonance eschatologique mais bien réelle si l’on considère les facteurs actuels.
Lors de la guerre du Liban de juillet 2006, la Syrie avait activement assisté le Hezbollah à faire face militairement, non sans un certain succès, à une violente agression israélienne. C’est à partir de cette année qu’il fut décidé de punir Damas et d’y induire un changement de régime. Cependant personne n’avait pensé à une intervention russe. Un impondérable impossible à prévoir.
Sans s’attarder sur d’autres faits, on assiste actuellement à l’émergence d’un nouvel ordre au Moyen-Orient et certainement pas celui surgissant d’un chaos rêvé par les néoconservateurs pro-Israël au lendemain de la chute de Baghdad.
C’est dans ce contexte qu’un contre feu est allumé par les alliés à Alep, deuxième ville de Syrie et dernier espoir des bellicistes de Ryad, d’Ankara et de Tel-Aviv.

L’armée syrienne brise le siège de la base aérienne de Kwairess

L’armée syrienne est parvenue avec l’aide de l’aviation russe à briser l’interminable siège de la base aérienne de Kwairess, la moins importante des dix-sept bases aériennes encore opérationnelle des forces armées syriennes.

Cette base assiégée de toutes part par la rébellion syrienne de décembre 2012 à mai 2015 puis depuis mai 2015 jusqu’à cette semaine par les forces de l’organisation Daech, a non seulement résisté à une multitude d’assauts et un déluge d’obus de mortier mais a continué plus ou moins à être particulièrement active: Les Albatros L.39 ZO et ZA de la base ont pu effectuer des sorties de combat jusqu’en mai 2013 où le manque de pièces de rechange et le rationnement de carburant ont amené les défenseurs de la base à interrompre provisoirement les missions de bombardement avant de reprendre les sorties en 2014.

Le seul lien des défenseurs de la base avec le monde extérieur, bloqués à l’intérieur de la base depuis le début de la guerre en Syrie, a été une escadrille d’hélicoptères Mil MI-8 utilisée pour les réapprovisionnements en nourriture, eau, carburant, pièces de rechanges, munitions et médicaments.

Manquant d’armes lourdes et de blindés, les soldats et pilotes de l’armée syrienne assiégés dans la base ont du s’adapter et faire preuve d’habilité en exploitant au maximum les possibilités tactiques offertes par le terrain et les quatorze batteries d’artillerie antiaérienne de la base, principalement des ZPU-4 de 14.5 mm, l’omniprésent ZU-23 de 23mm  mais aussi quelques AZP S-60 (57mm) et une douzaine d’hélicoptères non équipés pour le combat.

La résistance de ces pilotes et soldats de l’armée syrienne a le mérite d’être connue. Le commandant de la base, le général Mehenna,  tué au combat lors d’un pilonnage au Howitzer M-198 US 155 mm (armement lourd capturé par Daech en Irak) guidé à l’aide de drones durant le siège n’a pas fait fléchir la détermination de ses éléments. Les mécaniciens et le peronnel non-navigant s’organisent en unités de choc et se répartissent entre les batteries antiaériennes judicieusement positionnées, des pilotes et des mécanos se convertissent en snipers en utilisant massivement des fusils Dragunov SVD et des fusils anti-matériel AM50 (12.7mm) de fabrication iranienne. Plus tard, les soldats syriens sont approvisionnés via des Mil Mi-8 de matériel russe de vision nocturne et de systèmes de détection.

Chose étrange, malgré un ballet de Mil Mi-8 quasiment incessant, peu de ces appareils à l’allure peu fine et lourde ont été atteints par la DCA de Daech, active quasiment 24h sur 24.

La base aérienne dispose encore d’un système de missile SAM S-125 et de plus de 57 appareils (sur un total initial de 92) dont de vieux Meteor britanniques déclassés ainsi que deux Mig-23.

Photographie de groupe de soldats syriens armés d'AKM dans un hangar pour avion de la base aérienne assiégée de Kwaires prise en 2014. Notez que quasiment l'ensemble de ces militaires syriens n'a bénéficié d'une permission depuis novembre 2012.
Photographie de groupe de soldats syriens armés d’AKM dans un hangar pour avion de la base aérienne assiégée de Kwairess prise par un journaliste de la télévision syrienne en 2014. Notez que quasiment l’ensemble de ces militaires syriens n’ont pas vu à quoi ressemble le monde extérieur depuis novembre 2012.

Des essaims d’insectes « voraces » lâchés dans les territoires contrôlés par Daech au Kurdistan

L’information peut paraître invraisemblable mais les divers recoupements recueillis confirment au moins une partie de ce que vient de rapporter une chaîne d’information irakienne: des essaims d’insectes particulièrement voraces ravagent des zones sous contrôle de Daech à la limite des no man’s land séparant les groupes d’assaut de l’organisation de « l’Etat Islamique en Irak et au Levant »  des unités de combattants Pechmerga au Kurdistan irakien.

Nous ne pouvons confirmer les informations concernant certaines caractéristiques de ces insectes et plus précisément leurs membres hypertrophiés. Des rumeurs évoquent un lien entre cette soudaine prolifération d’insectes exotiques et d’expériences interdites ou secrètes sur des organismes génétiquement modifiés pour le combat (source: Faculté des sciences de Bagdad) circulent en Irak.

L’Irak continue d’être confronté à une épidémie de Choléra, d’épizooties et maintenant à une prolifération d’insectes tueurs. Des cas de prolifération d’insectes tueurs exotiques ont déjà été rapportés à plusieurs reprises dans ce pays après son invasion par les forces US en mars 2003.

L’utilisation d’agents chimiques et bactériologiques au Moyen-Orient fait suite à la création artificielle de Daech et l’échec de ce dernier à semer un chaos généralisé après l’intervention directe russe en Syrie en date du 30 septembre 2015.

Vers un renversement de situation au Proche-Orient

La période du « Printemps arabe » touche à sa fin. Désormais, la Maison-Blanche et le Kremlin sont en train de redessiner les contours du « Moyen-Orient élargi ». Cependant, leur accord conclu avant l’intervention militaire russe en Syrie pourrait être modifié par le changement de l’équilibre des forces. Rien ne prouve que Moscou acceptera la stabilisation de la Syrie et fermera les yeux sur la partition de la Turquie et de l’Arabie saoudite qui vont commencer. Quoi qu’il en soit, le bouleversement qui s’annonce modifie la donne établie depuis cinq ans. La plupart des puissances impliquées essayent donc de retourner leur veste avant les autres.

La presse, dans quelque pays que ce soit, est tellement occupée à scruter la position de son propre État dans le conflit du Proche-Orient qu’elle ignore les négociations globales entre la Maison-Blanche et le Kremlin [1] et, du coup, interprète de travers les événements secondaires. Pour clarifier l’agitation diplomatique actuelle, nous devons donc revenir à l’accord USA-Russie de septembre dernier.

La partie publique de cet accord a été formulée par la Russie dans un document distribué le 29 septembre au Conseil de sécurité de l’Onu [2]. Il indique que, pour rétablir la paix et la stabilité en Afrique du Nord et au Proche-Orient, il faut et il suffit (1) d’appliquer les résolutions du Conseil de sécurité —ce qui implique notamment le retrait d’Israël sur ses frontières de 1967— et (2) de lutter contre l’idéologie terroriste —c’est-à-dire à la fois contre les Frères musulmans créés par le Royaume-Uni et soutenus par la Turquie, et contre le wahhabisme propagé par l’Arabie saoudite—.

Il avait été initialement prévu que la Russie fasse adopter une résolution en ce sens lors de la réunion du 30 septembre du Conseil de sécurité. Cependant, les États-Unis s’y sont opposés dans l’heure précédente [3]. Sergey Lavrov a alors présidé la séance sans évoquer son projet. Cet événement majeur ne peut s’interpréter que comme un désaccord tactique qui ne doit pas entraver un accord stratégique.

Le 20 octobre, le président Vladimir Poutine recevait au Kremlin son homologue syrien, Bachar el-Assad, en présence de ses ministres de la Défense et des Affaires étrangères, du secrétaire général du Conseil russe de sécurité nationale et du chef des services secrets. L’entretien portait sur l’application du plan russo-états-unien, incluant celle du Communiqué de Genève du 30 juin 2012 [4]. Le président el-Assad faisait valoir qu’il suit les instructions de ce Communiqué et, notamment, qu’il a intégré dans son gouvernement les partis d’opposition qui en ont fait la demande conformément à la description que le Communiqué fait d’un Organe gouvernemental de transition.

S’étant assuré que les deux pays avaient une même lecture du Communiqué de Genève, la Russie et les États-Unis décidèrent de mettre au pas les États dissidents, à savoir la France, la Turquie et l’Arabie saoudite. Sachant que la position française n’est pas fondée sur des intérêts réalistes, mais s’explique exclusivement par un fantasme colonial et par la corruption de son gouvernement par l’argent turc et saoudien [5], la Maison-Blanche et le Kremlin décidèrent de traiter uniquement la source du problème, à savoir Ankara et Riyad. Le 23 octobre, John Kerry et Sergey Lavrov reçurent donc leurs homologues turc et saoudien à Vienne. Aucun texte final n’a été publié. Cependant, il semble que la Russie ait menacé les deux invités sans que les États-Unis ne prennent leur défense.

Affolé d’une possible entente russo-états-unienne contre la Turquie et l’Arabie saoudite, la France convoqua alors un « dîner de travail », et non un « sommet diplomatique », à Paris. L’Allemagne, l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis, les États-Unis, l’Italie, la Jordanie, le Qatar, le Royaume-Uni et la Turquie « évoquèrent » et non « décidèrent » le sort de la Syrie. Le format de cette réunion correspond à celui du « Core Group » des « Amis de la Syrie », sauf l’Égypte qui a déjà secrètement rejoint le camp de la Syrie. Le fait d’avoir été contraint d’inviter les États-Unis a plombé la réunion. Là encore, pas de texte final.

Enfin, le 30 octobre, les États-Unis et la Russie réunissaient un plus vaste aréopage comprenant tous les participants aux deux réunions précédentes plus l’Égypte, la Chine, l’Irak, l’Iran, le Liban, Oman, l’Union européenne et les Nations unies. Si la presse s’est esbaudie de la présence de l’Iran qui avait été tenu à l’écart de tout règlement depuis le début du conflit, elle n’a pas relevé le retour de l’Égypte du maréchal al-Sissi qui rentre sur la scène internationale grâce à la découverte de ses nouvelles réserves de pétrole, ni de l’absence persistante de la principale puissance régionale, Israël. Ce dernier point ne peut s’expliquer que dans le cas où l’État hébreu avait obtenu préalablement la garantie de parvenir à un de ses objectifs de guerre, la création d’un État colonial au Nord de la Syrie.

Les participants ont tous été priés de signer une déclaration finale que seuls les Russes et les Iraniens ont prit soin de diffuser [6]. Et pour cause : elle marque la défaite des faucons US. En effet, dans son point 8, il est indiqué que le « processus politique » —et non pas le « processus de transition »— sera conduit par les Syriens, propriété des Syriens, et que le Peuple syrien décidera du futur de la Syrie [7]. Cette formulation lourde invalide le document Feltman qui constitue l’objectif depuis plus de trois ans des faucons US, des Français, des Turcs et des Saoudiens : la capitulation totale et inconditionnelle de la République arabe syrienne [8].

Le projet US se poursuit malgré l’accord avec la Russie

La suite des événements devrait donc logiquement être la mise au pas de la Turquie, de l’Arabie saoudite et de la France, ce qui pourrait être fait tout en poursuivant les objectifs initiaux US.

Pour la Turquie, après le scrutin probablement truqué du 1er novembre et la victoire de l’AKP [9], la guerre civile devrait s’étendre et se développer [10] jusqu’à la partition du pays en deux, puis à la fusion du Kurdistan turc, du Kurdistan irakien et d’un territoire arabe syrien occupé par les Kurdes syriens et les États-Unis. D’ores et déjà, le YPG et les États-Unis conquièrent ensemble un territoire arabe au Nord de la Syrie. Le YPG qui, jusqu’au mois dernier, recevait ses armes et ses soldes de Damas, s’est retourné contre la République arabe syrienne. Ses miliciens envahissent les villages conquis, expulsent les enseignants et décrètent la kurdisation forcée des écoles. Le Kurde, qui était parlé et enseigné à l’école, devient la langue unique et obligatoire. Les milices de la République arabe syrienne, notamment les Assyriens, en sont réduites à défendre leurs écoles par les armes contre leurs compatriotes kurdes [11].

De son côté le roi Salman d’Arabie saoudite doit encaisser sa défaite au Yémen ; un voisin qu’il avait envahi officiellement pour soutenir un président en fuite, en réalité pour exploiter avec Israël le pétrole du « Quart vide » [12]. Coup sur coup, les Émirats arabes unis et l’Égypte se sont retirés de sa Coalition. Les premiers après avoir essuyé de lourdes pertes parmi leurs officiers, les seconds plus discrètement, laissant les opérations militaires aux seules mains des Israéliens. Les Houthis, poussés vers le Nord par les bombardements, ont effectué plusieurs incursions en Arabie saoudite et y ont détruit des bases militaires aériennes et leurs matériels. Les soldats saoudiens, presque tous des étrangers servant sous écusson saoudien, ont déserté en masse contraignant le roi à prendre un décret contre les abandons de poste. Pour éviter un désastre militaire, l’Arabie saoudite a alors sollicité de nouveaux alliés. Contre de l’argent sonnant et trébuchant, le Sénégal a envoyé 6 000 hommes et le Soudan 2 000. La Mauritanie hésite à envoyer un contingent. Le roi, dit-on, aurait également sollicité l’armée privée Academi (ex-Blackwter/Xe) qui recruterait actuellement des mercenaires en Colombie. Ce fiasco est directement imputable au prince Mohammed ben Salmane, qui a revendiqué l’initiative de cette guerre. Ainsi, il affaiblit l’autorité de son père, le roi Salman, et fait gronder la contestation des deux clans exclus du pouvoir, ceux de l’ancien roi Abdallah et du prince Bandar. Logiquement ce conflit devrait aboutir à un partage de leur héritage entre les trois clans et donc à un partage du royaume en trois États.

Ce n’est qu’après ces nouveaux conflits que la paix devrait revenir dans la région, sauf dans la partie arabe colonisée par le nouveau Kurdistan, appelée à devenir le nouveau point de fixation des antagonisme régionaux en lieu et place de la Palestine.

Mais même écrit, le futur est incertain. Le renversement du rapport de forces entre Washington et Moscou [13] pourrait modifier leur accord.

Les rats quittent le navire

Alors que les mauvais joueurs annoncent sans sourciller que l’intervention militaire russe en Syrie n’apporte pas les résultats escomptés par Moscou, les jihadistes en fuite se replient en Irak et en Turquie. Le chef d’état-major US, le général Joseph Dunford, a admis, le 27 octobre lors d’une audition au Sénat, que désormais les armes parlaient en faveur de la République arabe syrienne [14]. Tandis que le Commandeur suprême de l’Otan, le général Philip Breedlove, a déclaré, le 30 octobre lors d’une conférence de presse au Pentagone, que c’est une litote de dire que la situation évolue de jour en jour et menace désormais la sécurité de l’Europe [15].

Force est de constater que l’alliance entre les partisans du chaos et ceux de la recolonisation va non seulement perdre en Syrie, mais que l’Alliance atlantique elle-même ne peut plus prétendre à la domination globale. Du coup, une soudaine agitation traverse les chancelleries, beaucoup affirmant qu’il est temps de parvenir à la paix —ce qui sous-entend qu’ils pensaient jusque là différemment—.

Les « retournements de veste » qui s’annoncent à propos de la Syrie auront comme première conséquence la consécration du rôle international de la République islamique d’Iran et de la Fédération de Russie ; deux acteurs que la presse occidentale présentait, il y a quatre mois encore, comme totalement isolés et voués à de terribles difficultés économiques ; deux puissances qui sont désormais les premières forces militaires, régionale pour l’Iran et globale pour la Russie ; et comme seconde conséquence le maintien au pouvoir du président el-Assad dont on annonce depuis cinq ans qu’« il doit partir ».

Dans ce contexte, la propagande de guerre continue imperturbablement, affirmant que si ce ne sont pas les bombardements russes qui tuent des civils, c’est l’armée syrienne qui les bombarde ; imputation confirmée par la matrice des organisations terroristes, les Frères musulmans, via leur Observatoire syrien des Droits de l’homme. Ou encore que la Russie est pressée de négocier car son intervention lui revient cher —comme si elle ne l’avait pas budgétisée durant sa longue préparation—. Jamais à court d’invention, le directeur de la CIA, John Brennan, prétend quant à lui que la Russie s’apprête à lâcher le président el-Assad, alors même que le président Poutine s’est gaussé de cette auto-persuasion quelques jours plus tôt, au Club de Valdai.

En France, la révolte gagne la classe politique. Les quatre principaux leaders de la droite, Dominique de Villepin, François Fillon, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy ont chacun de leur côté déclaré qu’il est absurde de s’aliéner la Russie et de ne pas reconnaitre la défaite en Syrie. Cependant Alain Juppé, qui joua un rôle central dans le début de la guerre, notamment en signant un traité secret avec la Turquie, persiste à conserver l’objectif de renverser la République arabe syrienne, plus tard. À gauche, plusieurs leaders envisagent de prochains voyages à Damas.

La panique devant les changements prévisibles est en fait générale. Si Nicolas Sarkozy s’est précipité chez le président Poutine, le vice-chancelier allemand, Sigmard Gabriel, également [16]. Il a plaidé pour que l’on referme les contentieux et les aigreurs du passé et que l’on renoue le dialogue avec la Russie. Il était temps.

Thierry Meyssan

Source: Voltairenet

Notes:

[1] « Moscou et Washington entendent refonder les relations internationales », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 octobre 2015.

[2] « Proposition russe d’un débat au Conseil de sécurité sur le terrorisme », Réseau Voltaire, 1er octobre 2015.

[3] “Lavrov to chair Security Council’s meeting on fighting terrorism”, Tass, September 30, 2015.

[4] « Communiqué final du Groupe d’action pour la Syrie », Réseau Voltaire, 30 juin 2012.

[5] « Pourquoi la France veut-elle renverser la République arabe syrienne ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 octobre 2015.

[6] “Joint Statement on the outcome of the multilateral talks on Syria”, Voltaire Network, 30 October 2015.

[7] “This political process will be Syrian led and Syrian owned, and the Syrian people will decide the future of Syria”.

[8] « Deux épines dans le pied d’Obama », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 31 août 2015.

[9] « Vers la fin du système Erdoğan », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 15 juin 2015.

[10] « La Turquie en danger », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 27 juillet 2015.

[11] « Les États-Unis et Israël débutent la colonisation du Nord de la Syrie », Réseau Voltaire, 1er novembre 2015.

[12] « Les projets secrets d’Israël et de l’Arabie saoudite », par Thierry Meyssan ; « Pourquoi l’Occident est-il silencieux sur la guerre du Yémen ? », par Martha Mundy, Traduction Alasso, Counterpunch, Réseau Voltaire, 22 juin et 4 octobre 2015.

[13] « L’armée russe affirme sa supériorité en guerre conventionnelle », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 19 octobre 2015.

[14] “Dunford Tells Senate Now is Time to Reinforce Iraqi Success Against ISIL”, Jim Garamone, DoD News, October 27, 2015.

[15] “Department of Defense Press Briefing by General Breedlove in the Pentagon Briefing Room”, October 30, 2015.

[16] « L’Allemagne tente de se sortir du conflit syrien », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie), Réseau Voltaire, 29 octobre 2015.

Pourquoi la France veut-elle renverser la République arabe syrienne ?

La France est aujourd’hui la principale puissance qui appelle au renversement de la République arabe syrienne. Alors que la Maison-Blanche et le Kremlin négocient en secret la manière de se débarrasser des jihadistes, Paris persiste à accuser le « régime de Bachar » (sic) d’avoir créé Daesh et à déclarer qu’après avoir éliminé l’Émirat islamique, il conviendra de renverser la « dictature alaouite » (re-sic). La France est publiquement soutenue par la Turquie et l’Arabie saoudite, et en sous-main par Israël.

Comment expliquer ce positionnement de perdant alors que la France n’a aucun intérêt économique ou politique dans cette croisade, que les États-Unis ont cessé de former des combattants contre la République, et que la Russie est en train de réduire en cendre les groupes jihadistes ?

La plupart des commentateurs ont souligné à juste titre les liens personnels du président Nicolas Sarkozy avec le Qatar, sponsor des Frères musulmans, et ceux du président François Hollande, également avec le Qatar, puis avec l’Arabie saoudite. Les deux présidents ont fait financer illégalement une partie de leurs campagnes électorales par ces États et ont bénéficié de toutes sortes de facilités offertes par ces mêmes États. En outre, l’Arabie saoudite détient désormais une partie non-négligeable des entreprises du CAC40, de sorte que son désinvestissement brutal causerait de graves dommages économiques à la France.

Je voudrais évoquer ici une autre hypothèse explicative : les intérêts coloniaux de certains dirigeants français. Pour cela, un retour en arrière est nécessaire.

Les accords Sykes-Picot

Durant la Première Guerre mondiale, les Empires britannique, français et russe sont secrètement convenus de se partager les colonies des Empires austro-hongrois, allemand et ottoman lorsqu’ils seraient vaincus. À l’issue de négociations secrètes à Downing Street, le conseiller du ministre de la Guerre et supérieur de « Lawrence d’Arabie », Sir Mark Sykes, et l’envoyé spécial du Quai d’Orsay, François Georges-Picot, décident de partager la province ottomane de la Grande Syrie entre eux et en informent le Tsar.

Les Britanniques, dont l’Empire était économique, s’approprient les zones pétrolières connues à l’époque et la Palestine pour y installer une colonie de peuplement juive. Leur territoire s’étendait sur ceux de l’État de Palestine, d’Israël, de la Jordanie, de l’Irak et du Koweït actuels. Paris, qui était partagé entre partisans et adversaires de la colonisation, admettait quant à lui une colonisation à la fois économique, culturelle et politique. Il s’appropria donc les territoires du Liban et de la Petite Syrie actuels dont près de la moitié de la population à l’époque était chrétienne et dont il se déclarait le « protecteur » depuis François Ier. Enfin, les lieux saints de Jérusalem et de Saint-Jean d’Acre devaient être internationalisés. Mais en réalité, ces accords ne furent jamais pleinement appliqués à la fois parce que les Britanniques avaient pris des engagements contradictoires et surtout parce qu’ils entendaient créer un État juif pour poursuivre leur expansion coloniale.

Jamais les « démocraties » britannique et française ne débattirent publiquement de ces accords. Ils auraient choqué les Peuples britanniques et auraient été rejetés par le Peuple français. Les accords Sykes-Picot sont révélés par les révolutionnaires bolcheviks qui les découvrent dans les archives du Tsar. Ils provoquent la fureur des Arabes, mais les Britanniques et les Français ne réagissent pas aux agissements de leurs gouvernements.

L’idée coloniale française

La colonisation française a débuté sous Charles X avec la conquête sanglante de l’Algérie. C’était une question de prestige qui ne fut jamais validée par les Français et déboucha sur la révolution de Juillet 1830.

Mais l’idée coloniale n’est apparue en France qu’après la chute du Second Empire et la perte de l’Alsace-Moselle. Deux hommes de gauche, Gambetta et Jules Ferry proposent de partir à la conquête de nouveaux territoires en Afrique et en Asie à défaut de pouvoir libérer l’Alsace et la Moselle occupées par le Reich allemand. Ils s’unissent avec les intérêts économiques de la droite liés à l’exploitation de l’Algérie.

Comme la motivation de dérivatif à la libération du territoire national n’est pas très glorieuse, les amis de Gambetta et de Ferry vont l’enrober d’un discours mobilisateur. Il ne s’agit pas de satisfaire des appétits expansionnistes ou économiques, mais de « libérer des peuples opprimés » (sic) et de les « émanciper » de cultures « inférieures » (re-sic). C’est beaucoup plus noble.

À l’Assemblée nationale et au Sénat, les partisans de la colonisation avaient créé un lobby pour défendre leurs appétits : le « Parti colonial ». Le terme de « parti » ne doit pas ici induire en erreur, il ne désigne pas une formation politique mais un courant de pensée trans-partisan, réunissant une centaine de parlementaires de droite et de gauche. Ils s’adjoignirent de puissants hommes d’affaires, des militaires, des géographes et de hauts fonctionnaires, comme François Georges-Picot. Si très peu de Français s’intéressaient à la colonisation avant la Première Guerre mondiale, ils furent beaucoup plus nombreux durant l’Entre-deux-Guerres… c’est-à-dire après la restitution de l’Alsace et de la Moselle. Le Parti colonial, qui n’était plus alors que celui du capitalisme aveugle enrobé de droit-de-l’hommisme, tenta de convaincre la population à travers de grandes manifestations comme la sinistre Exposition coloniale de 1931 et connut son apogée avec le Front populaire de Léon Blum, en 1936.

La colonisation de la Petite Syrie

À l’issue de la Guerre et de la chute de l’Empire ottoman, le chérif Hussein des deux Mosquées de La Mecque et de Médine proclame l’indépendance des Arabes. Conformément aux engagements de « Lawrence d’Arabie », il se proclame « roi des Arabes », mais est rappelé à l’ordre par la « perfide Albion ».

En 1918, son fils, l’émir Fayçal, proclame un gouvernement arabe provisoire à Damas tandis que les Britanniques occupent la Palestine et les Français la côte méditerranéenne. Les Arabes tentent de créer un État unitaire, multiconfessionnel, démocratique et indépendant.

Le président US, Woodrow Wilson a réconcilié son pays avec le Royaume-Uni autour du projet commun de création d’un État juif, mais il est opposé à l’idée de coloniser le reste de la région. Quittant la conférence de Versailles, la France se fait octroyer un mandat par le Conseil suprême inter-alliés pour administrer sa zone d’influence lors de la conférence de San Remo. La colonisation avait trouvé un alibi juridique : il fallait aider les Levantins à s’organiser après la chute des Ottomans.

Les premières élections démocratiques sont organisées en Syrie par le gouvernement arabe provisoire. Elles donnent la majorité du Congrès général syrien à des caciques sans véritable couleur politique, mais l’assemblée est dominée par les figures de la minorité nationaliste. Elle adopte une Constitution monarchique et bicamérale. À l’annonce du mandat français, le Peuple se soulève contre l’émir Fayçal qui a décidé de collaborer avec les Français et les Maronites du Liban qui le soutiennent. Paris envoie la troupe sous les ordres du général Gouraud, un membre du « Parti colonial ». Les nationalistes syriens lui livrent bataille à Khan Mayssaloun où ils sont écrasés. La colonisation commence.

Le général Gouraud sépare d’abord le Liban —où il dispose du soutien des Maronites— du reste de la Syrie qu’il s’efforce de gouverner en divisant et en opposant les groupes confessionnels. La capitale de la « Syrie » est transférée à Homs, une petite ville sunnite, avant de revenir à Damas, mais le pouvoir colonial reste basé au Liban, à Beyrouth. Un drapeau est donné à la colonie, en 1932, il est composé de trois bandes horizontales représentant les dynasties Fatimides (vert), Omeyyades (blanc) et Abbasides (noir), symboles des musulmans chiites pour la première et sunnites pour les deux suivantes. Les trois étoiles rouges représentent les trois minorités chrétienne, druze et alaouite.

La France entend faire du Liban un État maronite, car les Maronites sont des chrétiens reconnaissant l’autorité du pape, et de la Syrie un État musulman. Elle ne cessera de combattre les chrétiens de la Petite Syrie car majoritairement orthodoxes.

En 1936, la gauche accède au pouvoir en France avec le gouvernement du Front populaire. Il accepte de négocier avec les nationalistes arabes et leur promet l’indépendance. Le sous-secrétaire d’État aux protectorats du Maghreb et aux mandats du Proche-Orient, Pierre Viénot, négocie l’indépendance du Liban et de la Syrie (comme il avait tenté de la faire pour la Tunisie). Le Traité est ratifié à l’unanimité par le Parlement syrien, mais ne sera jamais présenté par Léon Blum —membre du « Parti colonial »— au Sénat.

Dans la même période, le gouvernement du Front populaire décide de séparer la ville d’Antioche de la Petite Syrie et propose de la rattacher à la Turquie, ce qui sera fait en 1939. De cette manière, Léon Blum entend se débarrasser des chrétiens orthodoxes dont le patriarche est titulaire de la chaire d’Antioche et que les Turcs ne manqueront pas de réprimer.

Finalement, c’est la division de la France durant la Seconde Guerre mondiale qui mettra fin à la colonisation. Le gouvernement légal de Philippe Pétain tente de maintenir le mandat, tandis que le gouvernement légitime de Charles De Gaulle proclame l’indépendance du Liban et de la Syrie, en 1941.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Gouvernement provisoire de la République met en œuvre le programme du Conseil national de la Résistance. Pourtant, le « Parti colonial » s’oppose aux indépendances des peuples colonisés. Le 8 mai 1945, c’est le massacre de Sétif (Algérie) sous le commandement du général Raymond Duval, le 29 mai, c’est celui de Damas sous le commandement du général Fernand Olive. La ville est bombardée par l’aviation française durant deux jours. Une grande partie du souk historique est détruite. L’hémicycle du Congrès du Peuple syrien lui-même est bombardé.

L’ambition coloniale de la France en Syrie depuis 2011

Alors que le président Nicolas Sarkozy avait invité son homologue syrien, Bachar el-Assad, aux cérémonies du 14 juillet 2008 aux Champs-Élysées en célébrant ses avancées démocratiques, il négocie avec les États-Unis et le Royaume-Uni le remodelage du « Moyen-Orient élargi » en 2009-10. La secrétaire d’État Hillary Clinton le convainc de relancer le projet colonial franco-britannique sous la guidance états-unienne, c’est la théorie du « leadership par l’arrière ».

Le 2 novembre 2010 —c’est-à-dire avant le « Printemps arabe »—, la France et le Royaume-Uni signent une série de documents connus comme les Accords de Lancaster House. Si la partie publique indique que les deux États mettront en commun leurs forces de projection (c’est-à-dire leurs forces coloniales), la partie secrète prévoit d’attaquer la Libye et la Syrie, le 21 mars 2011. On sait que la Libye sera attaquée deux jours plus tôt par la France, soulevant la colère du Royaume-Uni qui était ainsi doublé par son allié. L’attaque de la Syrie n’aura, par contre, jamais lieu car le commanditaire, les États-Unis, changera d’avis.

Les Accords de Lancaster House ont été négociés pour la France par Alain Juppé et le général Benoît Puga, un partisan enragé de la colonisation.

Le 29 juillet 2011, la France créée l’Armée syrienne libre (les « modérés »). Contrairement à la communication officielle autour de son chef, le colonel Riyad el-Asaad, ses premiers éléments ne sont pas des Syriens, mais des Libyens membres d’al-Qaïda. Riyad el-Asaad n’est qu’une couverture chargée de donner le vernis syrien. Il a été choisi en raison de son homonymie avec le président Bachar el-Assad avec lequel il n’a aucun lien de parenté. Cependant, ignorant que les deux noms ne s’écrivent pas de la même manière en arabe, la presse atlantiste voit en lui le signe la « première défection au sein du régime ».

L’Armée syrienne libre (ASL) est encadrée par des légionnaires français, détachés de leur corps et mis à la disposition de l’Élysée et du général Benoît Puga, le chef d’état-major privé du président Sarkozy. L’ASL reçoit comme drapeau celui de la colonisation française.

Actuellement, l’ASL n’est plus une armée permanente. Mais sa marque est utilisée ponctuellement pour des opérations imaginées par l’Élysée et effectuées par des mercenaires des autres groupes armés. La France persiste à distinguer des jihadistes « modérés » et d’autres « extrémistes ». Il n’existe pourtant aucune différence de personnel ou de comportement entre les deux groupes. C’est l’ASL qui débuta les exécutions d’homosexuels en les jetant du haut des toits d’immeubles. C’est également l’ASL qui diffusa une vidéo de l’un de ses dirigeants cannibale mangeant le cœur et le foie d’un soldat syrien. La seule différence entre modérés et extrémistes, c’est leur drapeau : celui de la colonisation française ou celui du jihad.

Début 2012, les légionnaires français escortent les 3 000 combattants de l’ASL à Homs, l’ancienne capitale de la colonisation française, pour en faire la « capitale de la révolution ». Ils se retranchent dans le quartier neuf de Baba Amr et proclament un Émirat islamique. Un tribunal révolutionnaire condamne à mort plus de 150 habitants qui étaient restés dans le quartier et les fait égorger en public. L’ASL tint un siège d’un mois protégée par des postes de tir de missiles anti-tanks Milan, mis à disposition par la France.

Lorsque le président François Hollande relance la guerre contre la Syrie, en juillet 2012, il conserve —fait unique dans l’histoire de France— le chef d’état-major privé de son prédécesseur, le général Benoît Puga. Il reprend la rhétorique et la gesticulation coloniale. Ainsi, il déclare que la République arabe syrienne est une « dictature sanguinaire » (il faut donc « libérer un peuple opprimé ») et que le pouvoir est confisqué par la minorité alaouite (il faut donc « émanciper » les Syriens de cette horrible secte). Il fait interdire aux réfugiés syriens en Europe de participer aux élections qui se tiennent dans leur pays et décide à leur place que le Conseil national syrien —non élu— est leur représentant légitime. Son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, déclare que le président démocratiquement élu, Bachar el-Assad, « ne mérite pas d’être sur la Terre ».

Les déclarations de Valéry Giscard d’Estaing

Le 27 septembre dernier, l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing accorda une interview d’une page au quotidien Le Parisien/Aujourd’hui en France à propos des réfugiés et de l’intervention russe contre les terroristes en Syrie. Il y déclare : « Je m’interroge sur la possibilité de créer un mandat de l’Onu sur la Syrie, pour une durée de cinq ans ».

Jamais l’Onu n’a accordé de « mandat » depuis sa création. Ce simple mot renvoie aux affres de la colonisation. Jamais non plus un leader français n’avait ainsi évoqué publiquement l’ambition coloniale française depuis l’indépendance de l’Algérie, il y a 53 ans.

Il importe ici de rappeler que Geneviève, la sœur de François Georges-Picot (celui des Accords Sykes-Picot), épousa le sénateur Jacques Bardoux —membre du « Parti colonial »—. Leur fille, May Bardoux, épousa quant à elle le président de la Société financière française et coloniale, Edmond Giscard d’Estaing, le père de l’ancien président français.

Ainsi, la solution du problème syrien, selon le petit neveu de l’homme qui négocia avec les Britanniques le mandat français sur la Syrie, c’est de recoloniser le pays.

Thierry Meyssan

Voltairenet

Source : « Pourquoi la France veut-elle renverser la République arabe syrienne ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 octobre 2015, www.voltairenet.org/article189002.html

Syrie, quelle est la stratégie russe?

Quelle est la stratégie de Vladimir Poutine en Syrie? Défendre un réduit Alaouite afin de sécuriser l’accès de la Russie aux mers chaudes ou à l’inverse renverser l’Etat Islamique afin de contrôler l’ensemble du Moyen-Orient? Pour répondre à cette question, il convient de replacer l’intervention russe en perspective historique et géopolitique.

L’intervention Russe, une revanche sur la guerre de Crimée

Depuis plusieurs siècles, la Russie affirme son droit à la protection des minorités orthodoxes du Levant.Soue ce rapport, la France qui a protégé traditionnellement les chrétiens d’Orient – et la Russie, se trouvent en positions quasi concurrentes. Cette rivalité s’est d’ailleurs cristallisée dans la guerre de Crimée (1853-1856) pendant laquelle l’Empire Ottoman, allié à la France et l’Angleterre, s’est opposé à la Russie.

A l’inverse de Lord Palmerston, tenant d’une politique punitive envers la Russie, Napoléon III adopte alors une attitude conciliante envers le Tsar, qui participe au renouveau de l’influence française en Europe. Une fois la Russie évincée du Levant, la France se trouve dans l’obligation d’assurer la protection de la Syrie. Lorsque 6000 chrétiens sont massacrés à Damas du 9 au 18 juillet 1860, la France réagit avec fermeté en faisant adopter un protocole international le 3 août 1860 : un corps de troupes européennes de 6 000 hommes est dirigé vers la Syrie afin de contribuer au rétablissement de la tranquillité. Il s’agit de la première expédition à but humanitaire de l’histoire. Aujourd’hui, les acteurs géopolitiques n’ont pas fondamentalement changé au Levant, à la différence près que les Etats-Unis se sont substitués à la Grande-Bretagne. En revanche, les rôles sont inversés: la Russie a pris la place abandonnée par la France.

La Syrie, nouvelle Ukraine

La Syrie se présente en quelque sorte comme l’Ukraine de l’Iran. L’Empire Sassanide s’appuyait en effet jadis sur trois espaces stratégiques : la plaine irakienne, la façade maritime syrienne et les hauts plateaux yéménites. A la différence des déserts qui les entourent, ces régions sont en premier lieu des espaces agricoles à hauts rendements. Leur agriculture intensive permet d’ailleurs de nourrir une population nombreuse. Ces riches foyers d’agriculture et de population sont donc interconnectés depuis l’antiquité. En second lieu, ces espaces constituent des entrepôts commerciaux connectés à la mer. Ils relient la Perse, recluse dans ses montagnes, à l’économie-monde. Sans cette connexion maritime, seul levier de puissance, l’Iran reste un empire confiné. En troisième lieu ces espaces partagent des traits religieux communs depuis le XVIe siècle, période pendant laquelle le chiisme devient religion d’Etat en Perse. Ces espaces sont fédérés par un clergé et des lieux de pèlerinage partagés. Bref, l’Irak, la Syrie et le Yémen constituent les anciennes fenêtres d’un l’Empire effondré. La Syrie, espace agricole peuplé, connecté au commerce maritime, et cousine religieusement de l’Iran, se présente donc comme l’Ukraine de la Russie.

La Syrie utile, une bande littorale soumise aux invasions de la vallée de l’Euphrate

Le véritable poumon économique de la Syrie se situe sur la bande littorale. Le climat doux  y permet la culture de céréales et l’implantation de vergers. La plaine humide a donné naissance à une polyculture de subsistance orientée vers le tabac, le coton, ou encore le maraîchage. C’est ici que se situe le véritable cœur économique de la Syrie. La population de cette Syrie « utile » est essentiellement alaouite. L’axe principal relie les villes majeures du pays : Damas, Homs et Alep. A l’Est, l’Euphrate traverse le pays du Nord-Ouest vers le Sud-Est, et laisse une « cicatrice verte » dans le paysage. Afin de conquérir la colonne vertébrale économique du pays, qui relie Damas, Homs, Hama et Alep, l’axe historique de pénétration a consisté précisément à suivre la vallée de l’Euphrate d’Est en Ouest depuis l’Iraq, puis à repiquer vers  Alep. C’est la stratégie que poursuit l’Etat islamique.

Le déploiement russe en Syrie

La Russie apporte une aide militaire sur le terrain en Syrie depuis janvier 2012. En effet, des équipes de Spetznatz y forment l’armée syrienne et y mènent des actions commandos. Ce dispositif n’étant pas suffisamment efficace pour ralentir l’avancée des opposants au régime syrien, la Russie renforce fortement son dispositif militaire sur place depuis le mois d’août. Ses points d’entrée sont doubles. D’une part le port militaire de Tartous desservi via le Bosphore et d’autre part l’aéroport Bassel el-Assad de Lattaquié. Ces deux points ont l’avantage d’être proches (60km) et l’aéroport de Lattaquié est le deuxième plus grand aéroport contrôlé par le régime syrien. Le matériel terrestre mis en place est lourd et récent : véhicules de combat d’infanterie BTR-82A adaptés au combat urbain, artillerie anti-aérienne SA-22 PANTSIR mais aussi au moins neuf T-90. Des lance-roquettes multiples seraient aussi en cours d’acheminement. Les forces aériennes russes sur place sont équipées de matériel tout aussi récent et puissant : SU-25 potentiellement modernisés pour l’appui rapproché, SU-30SM, SU-34, Su-24 pour le bombardement tactique, hélicoptères MI-24PN et Mi-35M ainsi que des Mi-8AMTSh pour l’appui des troupes au sol et le transport de troupes ou de matériel. Des drones ont également été déployés par la Russie qui s’est engagée à partager le renseignement avec la Syrie et l’Iran. Les soldats syriens ne sont pas formés à l’utilisation de ce matériel, excepté les SU-24, les MI-24. La formation sur ces matériels étant lourde et longue, il est très certainement destiné à être employé par des soldats Russes. Du matériel de plus ancienne génération est peut être livré en parallèle aux forces syriennes. Les soldats russes combattent d’ors et déjà sur le front d’Alep et au nord-est de Lattaquié au sein d’opérations de l’armée syrienne comme en témoignent des vidéos mises en ligne. Ils utilisent ces nouveaux matériels. Ils sont appuyés par l’aviation russe, d’ores et déjà opérationnelle sur place.

Offensive ou démonstration de force ?

Il me semble que la Russie joue double jeu en Syrie. D’une part elle met en évidence un déploiement de forces (aucun camouflage des véhicules et appareils russes à l’aéroport « Bassel El-Assad », franchissement du Bosphore par les LST Alligator en plein jour et avec du matériel à peine camouflé, vols d’avions Russes déclarés aux autorités civiles vers la Syrie, fuite de photos de soldats Russes des troupes d’infanterie de marine sur les réseaux sociaux,… Si elle voulait être plus discrète, elle le serait ; cela semble donc faire partie de sa stratégie de communication. De plus, des preuves tangibles indiquent que l’armée Russe va plus loin. Elle interviendrait par des frappes aériennes et des troupes au sol, en particulier à l’est d’Alep. Cette zone est actuellement une zone ou l’armée syrienne gagne du terrain. D’autre part, M. Poutine ne reconnait que la livraison d’armes et l’aide humanitaire en Syrie. Quel est donc l’objectif ? Tout d’abord, il s’agit de ne pas combattre à la place de l’état Syrien ni même aux côtés de l’état Syrien, tout du moins au sol. La Russie veut sans doute éviter toute implication dans d’éventuelles « bavures » ou toute responsabilité dans une défaite, même locale, qui nuirait à son effort diplomatique. Son intervention va sans doute se fondre complètement dans les opérations syriennes : les frappes aériennes n’auront pas de signature russe ou syrienne et il n’y aura pas de certitude sur une présence russe dans une zone donnée. Cependant, l’efficacité de l’armée syrienne et de ses alliés est une priorité pour la Russie. Elle va vouloir réorganiser l’armée de Bachar El-Assad et sans doute mettre un frein à l’action des « milices » syriennes qui ne sont pas forcément efficaces sur le terrain et qui font régner une certaine insécurité au sein de la population (2 policiers tués à Lattaquié). Par cette méthode, la Russie souhaite avoir du poids dans les négociations diplomatiques. Elle semble en effet mettre sa puissance militaire au service de sa diplomatie. Elle recherche cela par-delà des objectifs militaires de conquête et de victoire, comme c’est aussi le cas en Ukraine. Elle désire s’affirmer comme le leader du camp « pro-Assad » et invite les occidentaux à faire de même. Si ces derniers se rangent à ses côtés, elle restera leader du mouvement par sa prise d’initiative et son avance sur le terrain. A long terme, si elle l’emporte, elle pourra éventuellement céder du terrain aux occidentaux et montrer sa « bonne foi » en favorisant un changement de régime, tout en s’assurant que le successeur de Bachar El-Assad lui sera favorable. En effet, sa rhétorique diplomatique utilise le même terme pour tous les opposants armés au pouvoir de Bachar El-Assad sur le territoire syrien : ce sont des « terroristes», qu’ils soient de l’état islamique ou non. Si la montée en puissance russe se prolongeait, le retournement de la situation militaire en Syrie pourrait s’effectuer en quatre temps : après avoir jeté un dispositif sur Lattaquié et Tartous, qui se présentent simultanément comme des ports et des terminaux gaziers, les troupes russes pourraient consolider leurs positions dans les villes d’Hama et Homs puis s’enfoncer au Nord vers Alep et au Sud vers Damas afin d’y libérer les forces gouvernementales d’Assad de la rébellion. Les combats y seront difficiles. Une fois ces villes prises, la Russie pourra s’attaquer par des bombardements aux centres nodaux de l’Etat islamique, intouchés jusqu’à présent. Les troupes gouvernementales syriennes et russes pourront alors s’enfoncer à l’Est vers Raqqah, fief de l’Etat islamique et objectif majeur de l’opération. La phase ultime des combats consistera à désenclaver Der-ez-Zor et de fait libérer la vallée de l’Euphrate.

Consciente de l’opportunisme d’une partie des combattants, la Russie, en s’engageant en force, pourrait jouer un rôle majeur dans le retournement de la guerre au détriment direct de l’Etat Islamique. Pour ce faire, la Russie dispose de nombreux avantages dont le renseignement n’est pas l’un des moindres. A Damas, l’implication de la Russie, même si elle reste faible par rapport aux soutiens financiers apportés à l’Etat islamique, a eu déjà un effet déterminant sur le moral des combattants syriens. Pourtant, il faudrait de très nombreux combattants au sol pour que la situation s’inverse. De ce point de vue, il n’est pas exclu que la Russie ait recours à des combattants musulmans russes afin de limiter l’emploi de ses troupes d’élite.

Un bombardier russe Sukhoï Su-34 (Fallback) en train de lâcher des munitions au dessus de cibles de Daech à Al-Rqqa, en Syrie. (Photographie, Ministère russe de la Défense)
Un bombardier russe Sukhoï Su-34 (Fallback) en train de lâcher des munitions au dessus de cibles de Daech à Al-Raqqa, en Syrie. (Photographie:  Ministère russe de la Défense)

 

Par Thomas et Jean-Baptiste Flichy de Neuville

Article paru sur le numéro 1599 du 10/10/2015 du journal « L’Homme Nouveau »

Thomas Flichy de Neuville,  que nous remercions, est professeur à l’Ecole Militaire Spéciale de Saint-Cyr

Syrie: l’armée syrienne poursuit ses avancées à Hama, Alep et Idlib

La guerre en Syrie a connu sa bataille des Ardennes: l’Armée syrienne soutenue par les unités du Hezbollah libanais et les conseillers militaires des Gardiens de la Révolution iranienne, avançant à très grande vitesse sous un intense soutien aérien tactique assuré par des essaims d’hélicoptères d’attaque russe Mil Mi-24 est parvenue à traverser le  massif forestier de Sahl El-Ghab à l’Est de la province de Lattaquié, dans des combats d’une extrême violence avant de prendre d’assaut la campagne de Hama où plus de 520 éléments des différentes factions rebelles ont été éliminés en moins de six heures. Les blockhaus rebelles sont pilonnés à coups d’obus de 155 mm et de roquettes SMERCH de 300 mm tandis que des Sukhoi Su-34 (Fallback) russes survolaient le champ de bataille à 400 mètres d’altitude en y déversant bombes et obus de 30 mm (Canon GSh 30-1/9A-4071K)

A Alep, les unités de chars de combat des régiments blindés de l’Armée syrienne ont réussi à trouver une parade aux missiles antichar Raytheon TOW de fabrication US en possession des rebelles. Pour la première fois, les missiles Tow massivement utilisés par les rebelles sont devenus inopérants face à une nouvelle tactique de combat statique mise en oeuvre par les unités de blindés syriennes.

Dans un développement inédit, des avions de combat US ont fait irruption au dessus d’Alep avant de cibler des installations de production d’électricité desservant les zones loyalistes avec des missiles Air-Sol.

D’autres avions-cargo US ont pu larguer de grande quantités d’équipements militaires et de munitions dont des missiles antichar sophistiqués au dessus des zones contrôlées par l’Etat Islamique (EI). L’aviation syrienne a ouvert le feu sur les cargaisons larguées par les avions US et des informations crédibles font état de la destruction de plus de 50 tonnes de matériel. Washington a demandé à Moscou des explications sur cet « incident » mais les russes ont répondu qu’ils ne disposaient d’aucune information à ce sujet. Les américains ont lancé à Damas un ultimatum se terminant aujourd’hui à 0000Z pour que ses avions cessent d’harceler les largages américains à destination des organisations terroristes d’Ahrar Al-Sham, l’Armée de la Conquête et du Front Ennosra, récipendiaires officiels de l’aide militaire à ce que Washington appelle « l’opposition modérée ».

A Idlib (un ensemble de 60 agglomérations) le chef des opérations militaires du Hezbollah libanais a été tué au combat durant une opération spéciale menée sur les arrières des forces de Daech dans la région.

L’aviation syrienne a commencé à effectuer des raids sur le nord de la base militaire de Deir Ezzor tandis que l’aviation russes continuaient ses raids avec une déconcertante réactivité sur l’ensemble des positions fortifiées, des centres de commandements et des dépôts d’armes et de carburants de Daech et du Front Ennosra. D’autres missiles de croisières russes ont été lancés sur des cibles de Daech en Syrie  à partir de la Mer Caspienne.

Quels que soient les futurs développements militaires en Syrie avec une implication croissante des forces adverses (on évoque un plan diabolique préparé en Angleterre) il semble bien que le tandem Russo-syrien ait déjà acquis des gains en vue de négocier une paix globale avec le camp adverse  prévue en territoire neutre- La Grèce est de plus en plus citée- avec un éventuel déplacement du président syrien à Athènes sous la protection de Sukhoi Su-35 Flanker E.

Guerre au Moyen-Orient: Le Mil Mi-24 est en train de changer le cours des batailles en Syrie septentrionale

Les hélicoptères d’attaque russes ont radicalement changé le cours des batailles en Syrie septrentionale. Une tempête de de feu et de métal se déverse sur les différentes forces rebelles tentant de résister à l’avancée terrestres des unités de l’Armée Arabe Syrienne (AAS) sur le front de Hama.

Des combattants de Daech et du Front Ennosra ont tenté d’abattre les chars volants russes au moyen de missiles antichar Raytheon Tow. En vain. Les Mil Mi-24 (Code Otan Hind) avancés essuyaient des tirs de mitrailleuses légères sans le moindre problème. Dans une vidéo de propagande de la rébellion, un Mil Mi-24 russe s’est même permis le luxe de survoler un ZSU-23-4 Shilka rebelle à moins de 40 mètres d’altitude sans que les opérateurs de l’engin aient pu l’atteindre avec leur rafales d’obus de 23 mm.

Les Mil Mi-24 russes couvrant l’avancée des troupes syriennes et des milices de la défense populaire ont causé des ravages dans les rangs de la rébellion.

Les rebelles tentent de stopper l’avancée des blindés syriens avec un usage massif de missiles antichar TOW mais l’ouragan de métal déversé par les hélicoptères de combat russes a grandement réduit l’efficacité des groupes rebelles tueurs de chars.

Au Nord de la province de Lattaquié, les dernières poches rebelles viennent d’être anéanties par un déluge de roquettes de 300 mm lancés par des BM-30 SMERCH à partir de positions éloignés de plus de 65 kilomètres.

Avec des moyens moindres que celles employées par les forces de la coalition menée par les Etats-Unis, la Russie a pu briser le statu quo et instaurer une nouvelle réalité en Syrie.

Pour Washington et ses alliés de l’Otan soutenant son projet de Grand-Moyen Orient (Grande-Bretagne, Australie, Arabie Saoudite, Bahrein, France, Qatar, Israël, Jordanie et Maroc) la partie est loin d’être terminée et un remix d’un Afghanistan Arabe est une option un peu trop tentante. Après tout, les Américains n’ont pas investi des milliers de milliard de dollars au Moyen-Orient pour laisser un nouveau venu introduit presque par effraction comme la Russie rafler toute la mise. Mais qui aura le courage d’abattre, même par proxy et via des sous-traitants locaux, le premier Sukhoi Su-34 russe sans que cela ne déclenche quelque chose que tout le monde aura à regretter?

La stratégie russe de 2015 est qualitativement et quantitativement supérieure à celle de l’Union Soviétique des années 80. La focalisation de la stratégie US sur la région Asie-Pacifique pourrait être perçue comme l’ébauche d’un vacuum au Moyen-Orient. Un vacuum que la Russie comble. Ce obligera Washington à ralentir sa stratégie face à la Chine et revenir dans la région centrale du monde. Comment? L’avenir proche nous le dira. Pour l’instant, la Russie fait un sans faute sur tous les plans.

Syrie: une guerre de mobilité

En abordant la question fort pertinente de la livraison par les Etats-Unis et leurs alliés de milliers de Pick-up 4X4 de type Toyota à  Daech en Irak et en Syrie, l’analyste militaire Valentin Vasilescu a souligné avec justesse que les bombardiers russes décollant de la base aérienne « Bassel Al-Assad » de Hmimim à Lattaquié mettent en moyenne 10 à 15 minutes pour être à la verticale au dessus des cibles terroristes dans le centre et l’Est de la Syrie, et que pendant ce laps de temps, les combattants de Daech, avec leurs pick-up Toyota (Hilux, Tacoma, Station) peuvent avoir effectué des déplacements de 3 à  6 kilomètres par rapport aux coordonnées Glonass qui ont été communiquées aux pilotes de guerre russes et aux systèmes embarqués de guidage des bombes.

Ce qui explique selon le même analyste que a plupart des frappes aériennes de l’aviation russe portaient sur des cibles fixes ou statique  telles que les dépôts de carburant et de munitions, les centres de commandement et de communication, les centres de fabrication des explosifs relevant de Daech (EIIL) et du Front Ennosra (Al-Qaïda en Syrie, que l’Otan veut sauver à n’importe quel prix)

La campagne aérienne russe de soutien à l’armée syrienne devrait avoir une durée de quatre mois calendaires selon Moscou. Les stratèges russes rejettent totalement le mythe de l’efficacité de la guerre aérienne tel qu’il a été élaboré après la fin de la seconde guerre du Golfe (16 janvier- 02 mars 1991) et estiment en conséquence qu’aucune guerre ne peut être gagnée sans des soldats au sol. C’est l’armée syrienne, notamment la nouvelle Division IV et les forces supplétives et alliées qui mènent l’assaut terrestre avec l’appui aérien tactique russe.

Pour l’instant, avec une telle stratégie, l’armée syrienne a pu recapturer une zone de plus de 70 kilomètres carrés et ce pour la première fois depuis la fin de l’année 2013.

Les blindés syriens font face à un formidable défi formé par la présence massive de missiles antichar Raytheon TOW entre les mains de Daech mais surtout de l’Armée de la Conquête (Jaich Al-Feth) dont le Front Ennosra est l’une des composantes essentielles.

Les forces syriennes en opération sur le front d’Idlib viennent de recevoir plus de 1000 missiles antichar 9M133 Kornet de la part de la Russie mais il semble que les blindés rebelles ne représentent guère une menace sérieuse pour l’armée syrienne. Cependant, l’usage de pick-up à quatre roues motrices modifiés et adaptés pour le combat mobile cause de très sérieux problèmes aux unités gouvernementales dont la mobilité est toujours bien en deça malgré une certaine adaptation, l’apport du Hezbollah en termes de tactiques de combat asymétriques et l’expérience acquise en plus de quatre années de conflit.

Syrie: Du soutien aérien tactique à très basse altitude

Après des mois de posture défensive face à l’avancée des différentes organisations rebelles soutenues par l’Otan, l’Arabie Saoudite, Israël,  le Qatar et la Turquie, l’armée syrienne vient de lancer sa plus grande contre-offensive sur Idlib avec le soutien aérien tactique russe. Objectif immédiat: séparer les fronts Sud d’Idlib de celui du Nord Hama.

Le général Ali Abdallah Ayoub, chef d’état-major des forces armées syriennes, supervise en personne l’offensive gouvernementale contre les positions fortifiées de Daech mais également la redoutable milice dénommée Armée de la Conquête (Front Ennosra, Ahrar Al-Sham et dix autres organisations armées)

Tandis que certains appareils de combat russes continuent à assurer des missions de supériorité aérienne dans l’espace aérien syrien, non sans heurts, notamment avec un F-16 et trois drones Predator US, les avions de combat russes effectuent désormais des frappes aériennes à très basse altitude, souvent en visuel, et certains pilotes réalisent de véritables prouesses en la matière.

C’est dans ce contexte que des hélicoptères d’assaut russes Mil Mi-24 (Code Otan: Hind) mènent d’intenses opérations contre les troupes rebelles.

Guerre au Moyen-Orient: un Mikoyan Mig-29 fantôme?

En appelant la Russie à restreindre ses frappes aériennes et ne pas viser les autres groupes terroristes (et accessoirement des civils) se battant contre le régime syrien, l’Otan vient de conforter de manière définitive l’ensemble des thèses regroupées sous le vocable « théories du complot » et donner raison à Damas

Depuis le début du conflit, le gouvernement syrien ne cesse de répéter à qui veut l’entendre qu’il fait face à des organisations terroristes fortement soutenues par l’Otan et des pays Arabes hostiles.

Le régime d’Ankara, dotée de la plus grande armée de l’Otan et très hostile à la Syrie, n’a cessé de jouer sur tous les tableaux pour semer le chaos et abattre le régime d’Al-Assad. Les avions de combat turcs ont pris l’habitude de survoler les confins frontaliers avec la Syrie et à maintes occasions, des avions turcs avaient abattu des hélicoptères et des bombardiers légers syriens à l’intérieur de l’espace aérien syrien. Ankara n’a jamais caché sa volonté d’établir une zone d’interdiction de survol au Nord de la Syrie.

La riposte de Damas s’est déployée sur deux axes: fermer les yeux sur la création d’une entité semi-étatique kurde au Nord d’Alep et poursuite des vols aggressifs de Mikoyan Mig-29 SM (Fulcrum) au dessus des confins frontaliers. On ne compte plus le nombre d’incidents ayant opposés des Mig-29 SM et des Su-24 syriens aux F–16 turcs depuis la fin de l’année 2013.

L’intervention russe aux côtés du gouvernement syrien est très mal perçue par Ankara et l’ensemble de l’Otan. Pour la Turquie s’ajoute un profond et tenace ressentiment anti-russe remontant aux guerres russo-ottomanes. L’agitation turque contre Moscou semble limitée mais soutenue.

L’armée turque dénonce depuis quelques jours le harcèlement de ses appareils par des avions de combat russes, des systèmes de missiles antiaériens et l’incursion d’au moins deux chasseurs russes dans l’espace aérien turc. Depuis ce matin, l’armée turque se plaint d’un Mikoyan Mig-29 fantôme, lequel aurait harcelé huit F-16 de l’armée de l’air turque sans que ces derniers aient pu l’identifier ou l’intercepter…

Un Mikoyan Mig-29 fantôme? Cela rappelle la légende du Hollandais volant. A moins que ce Mig-29 sans cocarde ne soit le fameux appareil piloté par un proche de Kim Jong Un. A ce rythme, Ankara et ses alliés de l’Otan sont en passe de nous faire avaler un nouveau mauvais film de politique-fiction afin d’entraver la nouvelle stratégie déployée par Moscou et Pékin au Moyen-Orient.

Guerre au Moyen-Orient: Des pilotes nord-coréens en Syrie

La situation devient très dangereuse au Moyen-Orient où des avions de combat de l’armée de l’air turque (Türk Hava Kuvvetleri) tentant de survoler les zones frontalières avec la Syrie pour assurer le passage des convois de combattants rebelles ont failli se faire abattre par des avions de combat russes de type Sukhoi Su-30 SM, Sukhoi Su-24, lesquels n’ont pas hésité à les pourchasser jusqu’à l’intérieur du territoire turc (5 miles de profondeur selon Ankara; quelques centaines de mètres selon Moscou)

Des médias ont rapporté que Ankara aurait confondu des Sukhoi Su-30 SM russes avec des Mig-29 Fulcrum. En réalité, les Sukhoi Su-30 SM russes volent toujours en tandem avec au moins deux Mig-29 Fulcrum syriens.

Les Mig-29 que les autorités turques accusent d’avoir harcelé deux F-16 Fighting Falcon turcs survolant de manière aggressive la zone frontalière syro-turque appartiennent aux forces aériennes syriennes. Mais il semble certain que les appareils ayant verrouillé leurs systèmes d’armes sur les F-16 turcs durant plus de 5 minutes et 40 secondes soient des Su-30 SM. En d’autres termes, les F-16 turcs n’avaient aucune chance de survie si les russes avaient décidé de les abattre en combat aérien.

Le plus surprenant est que des informations convergentes font état de la présence effective de pilotes nord-coréens en Syrie et ces derniers sont de plus en plus souvent intégrés au sein des escadrilles de Mig-29 encore opérationnelles de l’armée de l’air syrienne.

La virulente réaction officielle nord-coréenne à l’égard de la Turquie (menace de guerre nucléaire et promesse de raser Ankara de la carte) pourrait s’expliquer par le fait qu’au moins un des Mig-29 faisant office de doublure aux Su-30 SM russes était piloté par un officier nord-coréen.

Conséquemment à cet « incident », le Chef de la Mission Diplomatique Russe à Ankara a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères de la République turque.

Sur le terrain, des informations en provenance de Damas confirment l’élargissement du champ d’intervention de l’aviation russe et l’usage de nouvelles munitions.

Syrie: un sous-marin Chinois d’attaque à propulsion nucléaire à Tartous

D’une manière encore plus discrète que l’acheminement d’avions de combat russes en Syrie, la Chine continue de renforcer sa présence militaire près des côtes syriennes: quatre bâtiments de surface de la marine chinoise mouillent déjà près du port militaire de Tartous. Deux autres bâtiments de guerre de l’Empire du Milieu croisent au large de Lattaquié.

Cependant la nouvelle la plus surprenante concerne la présence confirmée d’au moins un submersible nucléaire chinois de la classe Jin (Type 094) dans les lieux. Le Type 094 n’est pas très silencieux en comparaison avec les submersibles en possession des autres puissances nucléaires et certains analystes de la région se demandent comment se fait-il que ce submersible armé de douze missiles balistiques (SLMB) JL-2 d’une portée variant entre 7300 et 8000 kilomètres n’ait pas été détecté bien avant par la pléthore de satellites, stations d’écoutes, drones et avions de reconnaissance militaires surveillant la Méditerranée orientale et le Levant.

La Chine ne compte pas s’arrêter là et des informations non encore confirmées indiquent que Pékin envisage d’envoyer son second porte-avions, le Mao Tsé-Tung (théoriquement en cours de construction avec un autre porte-avions), au large de la Syrie pour son voyage inaugural.

Enfin des sources proches du ministère russe de la Défense à Moscou évoquent une éventuelle participation d’avions de combat Chinois à la campagne de raids aériens menés par Moscou contre les différentes organisations terroristes en Syrie.

Syrie: les avions russes ciblent la capitale autoproclamée de Daech

Les raids aériens menés par l’aviation Russe sur Al-Riqqa, capitale autoproclamée de Daech et ancienne capitale d’été du Calife Abbasside Haroun Al-Rashid au 9e siècle de l’ère chrétienne se sont avérés d’une redoutable efficacité. D’autres raids aériens ont visé Hama, Idlib et Alep.

Des avions de combat russes et syriens ont bombardé la base aérienne de Tabqa, capturée par Daech, en y détruisant l’ensemble des hangars militaires et autres dépôts d’armes et de munitions. Les raids menés par les Russes sont si redoutables que huits grandes organisations terroristes dont l’Armée de la Conquête (Jeich Al-Fath) et Ansar Al-Sham (les Partisans du Levant) tentent d’évacuer les agglomérations dans lesquelles elles étaient retranchées.

Les pays ayant fait partie du groupe dit des « Amis de la Syrie » se retrouvent dans le plus grand embarras:  les Russes ne font pas semblant de bombarder; ils bombardent pour de vrai.

Comment donc protéger des bombes Russes la pléthore de groupes terroristes armés financés et soutenus par les alliés sans éveiller les soupçons de quelques opinions publiques anésthésiées par la propagande officielle et la narration officienne sur ce qui ce passe en Syrie? Voilà ce qui explique la nervosité des dirigeants des pays de l’Otan et leurs alliés Arabes ainsi que leurs déclarations insolites sur la question syrienne allant jusqu’à rappeler au président Poutine la nécessité d’épargner leurs protégés sur le terrain.

L’Otan semble préoccupé par la volonté russe d’établir une zone d’interdiction de survol [A2/AD (Anti-Access/Access Denial)] au dessus des régions côtières de la Syrie.

L’intervention russe n’a pas seulement détruit des positions de Daech et de Jabhet Ennosra (Al-Qaîda) en Syrie mais également fait voler en éclats la dernière paille de l’empire: les deux groupes ne sont en réalité que des sous-traitants de sa stratégie.

Moyen-Orient: l’Irak favorable à des frappes aériennes Russes contre Daech sur son territoire

Alors que l’aviation Russe en coordination avec les forces armées syriennes poursuit un plan de guerre assez précis en tentant de dégager l’étau des zones dites « noires » autour de ce que certains observateurs dénomment la « Syrie utile », des officiels irakiens viennent de solliciter Moscou pour une assistance militaire « élargie » comprenant des livraisons d’équipements militaires et des frappes aériennes contre les positions de Daech dans la province d’Al-Anbar.

Baghdad a déjà passé commande à Moscou d’hélicoptères de combat Mil Mi-28 (Code Otan: Havoc) et d’avions d’attaque au sol de type Sukhoi Su-25 mais si ce nouveau développement se confirme, il risque de réduire à néant toute la stratégie et les gigantesques efforts politiques, diplomatiques, financiers et militaires des Etats-Unis et leurs alliés au Moyen-Orient depuis le 02 aoüt 1990, date de l’invasion du Koweit par l’Irak de Saddam Hussein et casus belli de la longue campagne de guerres menées contre l’Irak durant près de deux décennies.

A fortiori, la demande irakienne met à nu la thèse d’une rivalité Russo-iranienne au Levant et en Mésopotamie. Le redéploiement russe totalement inédit au Moyen-Orient se fait surtout au détriment de l’influence traditionnelle US

Guerre au Moyen-Orient: des submersibles Chinois en Méditerranée Orientale

Selon des informations confirmées, Pékin envisage d’envoyer des submersibles et des renforts en bâtiments de surface au large de la Syrie.

Il est à noter que des bâtiments de la marine de guerre chinoise croisent depuis un certain temps en Méditerranée orientale. Un site spécialisée israélien y fait état de la présence du porte-avions Liaoning mais il semble de plus en plus probant que les submersibles non identifiés croisant au large des côtes syriennes et libanaises soient chinois.

Pékin soutien la Russie dans les dossiers ukrainien et syrien et des observateurs n’écartent plus un haut niveau de coordination militaire entre les deux pays, notamment en Syrie, où la Chine devra avoir un rôle naval tandis que la Russie assurera la défense aérienne des zones littorales en coordination avec l’armée syrienne. L’Iran pour sa part assure un soutien croissant aux unités d’élites syriennes chargées de la défense de la capitale Damas.

Syrie: Duel Aérien entre des Sukhoi SU-30 SM russes et des F-15 israéliens

EXCLUSIF-Strategika 51: Six chasseurs multirôles russes de type Sukhoi SU-30 SM ont mis en fuite des chasseurs israéliens de type McDonnell Douglas F-15 au large des côtes syriennes.

Les appareils israéliens survolent depuis des mois l’espace aérien syrien et plus particulièrement la base aéronavale de Lattaquié, tête de pont des forces russes en Syrie. Les appareils israéliens suivent en général un plan de vol assez complexe et approchent Lattaquié à partir de la mer

Dans la nuit du 1er au 02 octobre 2015, six Sukhoi SU-30 SM russes ont décollé de la base aérienne syrienne de Hmimim en direction de Chypre avant d’intercepter en position d’attaque quatre  chasseurs israéliens F-15.

Surpris par une situation aussi inattendue et probablement non préparé à un combat aérien avec l’un des meilleurs chasseurs polyvalents russes, les pilotes israéliens ont vite rebroussé chemin vers le Sud en survolant à très grande vitesse le Liban.

L’armée libanaise a annoncé officiellement à 2313 Z (heure locale) que quatre « appareils ennemis » (israéliens) avaient franchi l’espace aérien du Liban.

Cet « incident » entre des avions de combat russes et israéliens a frappé de stupeur le commandement des forces aériennes israéliennes, lequel a estimé qu’un éventuel combat aérien entre les F-15 israéliens et les Su-30 russes aurait débouché sur la destruction des quatre appareils israéliens. Israël a vivement protesté auprès de Moscou de cet incident mais les russes ont exigé des explications sur la présence d’avions de combat israéliens en plein espace aérien syrien. Cet incident indique que la protection de l’espace aérien syrien est désormais sous la protection de l’arme aérienne russe. Ce qui cause des grincements de dents à Washington.

L’incident a été passé sous silence par les grandes agences de presse mais les relais politiques et médiatiques d’Israël aux Etats-Unis,  en Europe et dans le monde arabe vont redoubler d’efforts pour diaboliser le soutien russe au gouvernement syrien.

Sukhoi Su-30 SM russe. Ce chasseur multirôle basé sur la famille du Su-30 MK est admiré par l'ensemble des analystes militaires US.
Sukhoi Su-30 SM russe. Ce chasseur multirôle basé sur la famille du Su-30 MK est admiré par l’ensemble des analystes militaires US.

Guerre au Moyen-Orient: Nouvelles frappes aériennes conjointes russes et syriennes

Des avions de combat russes ont mené de nouvelles frappes aériennes en Syrie, en offrant un soutien aérien tactique à des unités de l’armée syrienne engagées dans des combats contre des groupes armés affiliés et/ou alliés à Daech dans plusieurs localités difficiles d’accès.

Les télévisions d’Etat de la Syrie ont rapporté, aujourd’hui 01/10/2015 que le gouvernement syrien a demandé de Moscou une assistance militaire et viennent d’annoncer le début d’une campagne de raids aériens menés conjointement par les aviations des deux pays contre des cibles élargies situés dans les zones de combat sans plus de précision.

En parallèle, des unités de l’armée syrienne soutenues par les milices des Forces de la Défense Nationale (FDN) ont mis en échec une violente offensive rebelle dans la province méridionale de Deraa, fief supposé de la rébellion.

Enfin, des médias syriens proches de Damas ont évoqué pour la première fois un renouvellement exhaustif des systèmes d’armes équipant les unités de la défense aérienne du territoire, laissant entendre que la coopération militaire entre la Russie et la Syrie pourrait réserver bien des surprises en cas d’agression étrangère.

La Russie soutient le gouvernement de Bashar Al-Assad en lui offrant des équipements militaires et désormais un soutien aérien tactique. Des rumeurs de plus en plus croissantes font état de la disponibilité de la Chine à offrir un soutien naval à la Syrie. Une information difficile à confirmer. Pour l’instant, Pékin participe à l’effort de guerre syrien à travers l’Iran et la Corée du Nord.

Nouvelles migrations historiques: plus de 600 000 personnes ont traversé la Méditerranée depuis janvier 2015

Conséquence directe de l’intervention de l’Otan en Libye en 2011 et des opérations de déstabilisation de la Syrie, l’Irak, le Liban, l’Egypte et du Yémen: plus de 600 000 personnes ont traversé la mer Méditerranée depuis janvier 2015; des dizaines de milliers d’autres personnes ont péri en mer.

Autant dire que l’on fait face à un flux migratoire massif similaire aux grandes migrations historiques ayant émaillé l’histoire du peuplement humain sur terre.

Points de départ principal de ces migrants de l’Apocalypse: les rivages libyens, dernier transit des migrants africains, suivis par la Turquie par où transitent des dizaines de milliers de réfugiés syriens et irakiens.

Des pays comme l’Italie ou la Grèce n’arrivent plus à gérer ces flux de réfugiés et de migrants. D’autres pays ont choisi d’ignorer cette réalité. Mais il n’en demeure pas moins que ce flux est en train de prendre une ampleur inédite dans l’histoire contemporaine.

Les pays ayant détruit la Libye et oeuvrant à la destruction de la Syrie tentent de gagner du temps en trompant et manipulant leurs propres opinions publiques. Ou en ordonnant aux médias aux ordres de minimiser les faits. Mais les faits sont là: il y a de plus en plus de réfugiés dans les rues des principales villes européennes. Fait notable: les pays ayant financé les guerres du Printemps Arabes ont fermement décidé de n’accueillir aucun migrant ou réfugié et ce, quelles que soient les circonstances ou le contexte. Par conséquent, c’est à l’européen lambda de payer les pots cassés en plus des taxes et autres impôts.

Contre-offensive russe au Moyen-Orient

Les déclarations extrêmement bellicistes du Chef de la diplomatie saoudienne à l’égard de la Syrie à l’Assemblée Générale des Nations Unies, relayées dans une version un peu edulcorée par le président français François Hollande (qui jouit de la confiance absolue de Ryad et de Doha, conséquence de la méfiance qu’inspire le style Obama à ces régimes), ont mis fin aux tergiversations des pays hostiles quant à leur intentions. Adel Al-Jubayr, ministre des Affaires étrangères du Royame d’Arabie Saoudite a en effet déclaré que le Président syrien Bashar Al-Assad « devait partir ou subir l’option militaire’.

Le signal n’est même pas codé. Moscou et Damas décident d’agir ou plutôt de réagir très vite. A peine le Parlement russe donne t-il son aval à l’utilisation des forces armées en Syrie que des chasseurs-bombardiers russes procèdent à des frappes dans la province de Homs. Une vingtaine de raids ciblent huit positions de Daech dans une zone difficile d’accès. Consternation à Ryad et rage à peine contenue à Washington.

Les Etats-Unis et la France (Paris agissant pour le compte du Qatar en échange d’une aide financière assez conséquente) sortent une première parade: Au lieu de cibler Daech, les russes auraient bombardé des positions de la rébellion syrienne dite modérée. Les preuves? D’interminables jérémiades de barbus armés jusqu’au dents jurant devant les caméras numériques de la propagande rebelle  qu’ils se sont fait massacrer par les Russes. Devant le peu de consistence de telles assertions relevant plus de la mauvaise foi et confirmant un peu plus les liens troubles entre certaines capitales et les organisations islamistes radicales semant la terreur un peu partout en Orient, des experts préconisent un vieil expédient: le massacre de civils. Les femmes et les enfants en tête. Dommages collatéraux. Problème: les russes n’ont effectué que des frappes limitées en zone semi-montageuse quasiment inhabitée. Reste l’avis des experts. Un relais de l’Otan n’est pas allé par quatre chemins pour estimer que les pilotes russes avaient totalement raté leurs cibles. Et dire que les enragés de Daech se la coulaient douce depuis plus d’un an sous les rares bombes intelligentes US, britanniques, françaises et Arabes, largués le plus près possibles des lignes de l’armée syrienne (sait-on jamais). Cela a changé. Les Russes ne badinent pas: ils canardent à coups de roquettes à basse altitude…C’est pas amusant et l’ennui est que ça peut être mortel.

Les Russes ont mené des frappes dans la province de Homs. Le jour même, des avions de combat US ont procédé à une frappe aérienne dans la province d’Alep. Une sorte de baroud d’honneur. Surtout que le préavis russe aux capitales de la coalition et aux israéliens était très court: à peine une heure. En fin de journée, des avions syriens bombardent les mêmes positions que les avions russes ont arrosé avec des roquettes et des missiles quelques heures auparavant. Un véritable carrousel.

En réalité, jamais la Russie n’aurait envisagé d’employer des avions de combat au Levant dans ce qui semble l’une des plus grandes interventions russes au Moyen-Orient si la bande de Victoria Nulland, composée uniquement de civils ultra-sionistes n’ayant jamais eu la moindre expérience militaire, n’avait pas autant méprisé le haut commandement militaire US et poussé les Etats-Unis et leurs alliés à aller embêter l’Ours Russe tout près de sa tanière en Ukraine.

La crise en Ukraine a été provoquée en réaction à l’échec du plan préconisé en Syrie suite au soutien politique et diplomatique russe à Damas. Ceux qui ont provoqué Moscou n’ont peut-être jamais lu une ligne d’histoire sur ce qui s’est passé sur le Front Oriental de la Seconde guerre mondiale (1939-1945) et son impact décisif sur ce conflit.

Des militaires russes sont en train de débarquer à Baghdad en Irak mais également dans des bases aériennes en Iran (notamment à Hamadan). Un centre de coordination opérationnel regroupant des militaires russes, syriens, irakiens et iraniens à Baghdad? S’agit-il de politique-fiction? Non. Voilà où mène l’ingérence de civils à la loyauté incertaine et agissant pour une idéologie (en l’occurrence le sionisme) et ayant le contrôle des armées les plus onéreuses au monde avec un budget dépassant les 600 milliards de dollars US. George W. Bush doit avoir une belle gueule de bois en ce moment.

Le plus amusant dans cette affaire est que les Russes agissent sous le couvert de la lutte contre le terrorisme. Le même fond de commerce utilisé par l’empire pour justifier ses guerres en dehors du défunt droit international. Il s’agit bien d’une lutte. Certains analystes ont jugé que la Troisième guerre mondiale n’a pas eu lieu ou qu’elle a été évitée de justesse. Nous estimons que nous sommes en plein dedans. Voire vers sa fin. C’est aux historiens d’en délimiter la durée, ainsi que l’année de son début.

Le jeu continue.

TRIDENT C

Syrie: des Sukhoi SU-30 russes cachés derrière des avions-cargo IL-76 accueillis par des Mig-29 syriens

Des informations rapportés par des médias israéliens font état de l’arrivé d’avions de combat russes de type Sukhoi SU-30 ( code Otan: Flanker C), SU-27 (Flanker), SU-25 (Frogfoot) et SU-24 (Fencer) en formation derrière le sillage d’avions cargo lourds  Ilyouchine Il-76 en Syrie.

Selon des médias US, les avions de combat que la Russie compte livrer aux forces aériennes syriennes, étaient cachés sous la signature Radar des avions cargo russes du pont aérien que Moscou semble en train de renforcer avec les bases aériennes syriennes dans la province de Lattaquié.

De source syrienne, on a appris que des Mikoyan Mig-31 (Foxhound) russes, accompagnés de deux Mikoyan-Gurevitch Mig-25 (Foxbat) syriens, ont entamé des vols de reconnaissance à un rythme quotidien au dessus de l’ensemble du territoire syrien, y compris celui capturé par l’organisation terroriste Daech. Cette dernière est également la cible de frappes aériennes occidentales et arabes dont l’efficacité est contestée par Damas.

Ce qui semble certain est qu’à un certain moment, plus précisément lors de l’arrivée des premières formations aériennes russes en Syrie, l’ensemble des Mig-29 (Fulcrum) des forces aériennes syriennes a pris l’air pour se joindre aux SU-30 MK livrés par Moscou.

En plein conflit, l’armée de l’air syrienne vient ainsi de recevoir des Mig-31 et des Su-30 ainsi que des drones (dont certains à l’état de prototype) de la part de Moscou.

De l’impossibilité d’être ou comment la guerre froide vient d’être perdue en 2015

Le président russe Vladimir Poutine a clairement laissé entendre qu’il ne laissera jamais tomber son allié syrien. C’était une ligne bleue depuis qu’une rumeur moscovite avait évoqué en 2012 que les dirigeants militaires russes étaient prêts à se battre jusque dans les rues de Moscou afin d’empêcher une chute de la Syrie aux mains de ce qu’ils identifient comme le loup. Cet animal occupe une place à part et primoridial dans l’imaginaire russe.

Les russes ont été les premiers à voir venir le coup de très loin. Une chute de Damas entraînera inévitablement celle de Téhéran et une éventuelle chute de ce dernier ouvrira les portes de l’enfer sur toute la Russie méridionale et l’Asie centrale. L’objectif du Printemps Arabe est clair, net et précis: Moscou et Pékin ainsi que les pays relativement affranchis de la tutelle invisible de l’empire.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, Washington vient de se tirer non pas une balle mais une roquette dans le pied en ruinant tous ses efforts au Moyen-Orient et en Europe depuis 1945. A quoi ont servi des trillions de dollars investis dans des guerres hyper-coûteuses comme en Irak en 1991 et en 2003 pour qu’en fin de compte, Moscou s’installe au vu et au su de tout le monde à Baghdad et à Damas? A ce rythme, et il est à cadence élevée puisque des informations concordantes font état de l’arrivée quotidienne de dizaines d’avions cargo militaires russes sur les aérodromes syriens et iraniens, la fameuse Guerre Froide (1947-1991) vient d’être perdue à posteriori par les Etats-Unis.

La guerre en Syrie continuera jusqu’au second semestre de l’année 2016. Et peut-être bien au delà. La coûteuse opération orchestrée par certains services de renseignement de pays de l’Otan visant à inonder l’Europe orientale et centrale de réfugiés Moyen-Orientaux n’aura servi à rien. La partie ayant commandité la guerre en Syrie doit certainement être novice en matière de géostratégie. A trop forcer sur la corde, elle a fini par ruiner ses propres gains.

Les annonces de frappes aériennes par certains pays sur le mini-Etat crée par Daech (une farce pour certains observateurs avertis) ne sont pas plus efficace qu’un effet d’annonce publicitaire pour un dentifrice au milieu d’un village frappé par la sécheresse et où les robinets sont vides. On gère comme on peut le sauve-qui-peut. Encore une fois et c’est probablement la fois de trop, Moscou vient de prouver qu’elle dispose de véritables stratéges. En face, mis à part beaucoup de propagande et de manipulations, le néant.

Restent les pleureuses professionnelles. Encore est-il qu’elles se font plus pudiques en matière de lamentations prébendées: on réclame moins le départ de M. Al-Assad, qui semble désormais inévitable dans l’élaboration de toute ébauche de stratégie de sortie de crise visant à mettre fin à cette guerre interminable et dont l’impact stratégique dépasse de loin les enjeux traditionnels de la région.

Maghreb: Après le patron du renseignement US, le Chef de la diplomatie iranienne en visite à Alger

Après la visite du patron du renseignement US à Alger, c’est au tour du ministre Iranien des Affaires étrangères d’y effectuer une visite. Au menu de cette visite à volets coulissants, la lutte contre Daech mais surtout le conflit syrien, l’épineux dossier de l’Opep et la situation au Yémen.

Le Qatar et la Turquie avaient les premiers proposé un éventuel refuge du président syrien Al-Assad en Iran mais cette proposition, qualifiée de saugrenue par des officiels syriens, vient de rebondir de Washington. A la différence que cette fois-ci les américains évoquent l’Algérie comme lieu d’asile. Silence de morts à Alger. La proposition à valeur de ballon-sonde a une portée politique et par ricochet un autre objectif assez éloigné des labyrinthes levantins.

De toute évidence, quelque chose se trame et la chose semble évoluer un peu plus vite que prévu. Au jeu d’ombres chinoises des uns répond un vaudeville amateur des autres.

Des véhicules blindés BTR-82 A sur le front de Lattaquié en Syrie

Des véhicules blindés de transport de troupes de type BTR-82 A et des avions de combat Mikoyan Mig-31 (Code Otan: FOXHOUND) ont été aperçus dans des bases militaires de l’armée syrienne dans la province de Lattaquié, plus précisément au sein de la ceinture défensive entourant le port naval de Tartous où opèrent des troupes d’infanterie de marine de la Fédération de Russie.

A priori, il ne s’agit pas encore d’une preuve d’un éventuel engagement militaire direct de Moscou en Syrie puisque les nouveaux véhicules blindés amphibies à huit roues sont en train d’être étrangement utilisés par les « milices » des Forces de la Défense Nationale syrienne (NDF) accompagnant les unités de la Garde Républicaine et non pas les unités de l’infanterie mécanisée. Il est à rappeler que l’utilisation de tels véhicules n’est pas à la portée du premier soldat venu et tout porte à croire que les unités paramilitaires se battant aux côtés de l’armée syrienne peuvent cacher des volontaires très « professionnels ».

Un BTR-82 A utilisant son canon
Un BTR-82 A utilisé par les unités de la Défense Nationale Syrienne en pleine opération en Syrie.

Sur le front des opérations, l’armée de terre syrienne a commencé à déployer des chars de bataille de type T-80 modifiés à l’Est de Damas tandis que les hélicoptères d’attaque Mil Mi-24 (Code Otan: Hind) timidement déployés ces derniers mois vu la densité extraordinaire de l’artillerie anti-aérienne rebelle, ont tous été profondément modifiés, notamment pour les opérations de nuit.

Le dispositif défensif syrien se révèle impressionnant dans la province côtière de Lattaquié où des drones de fabrication russe survolent les bases navales de Jablah et de Tartous en permanence. La présence de centres d’écoutes et d’imagerie satellitaire (SIGINT) de l’armée russe n’est un secret pour personne et l’on sait que toute offensive rebelle sur l’une des deux bases navales verra une intervention limitée des forces russes.

En octobre 2014, des rebelles bénéficiant d’un appui aérien tactique israélien ont pu prendre d’assaut une base d’écoutes mais celle-ci, dénommée Centre S, a été détruite par les bombes de l’aviation syrienne agissant sur des informations fournies en temps réel par des unités de surface de la marine russe.

Si les syriens bénéficient de l’appui russe et iranien (chinois aussi via la Corée du Nord), les rebelles ne sont nullement en reste. Un nombre record de missiles antichar BGM 71 TOW de fabrication US a été reçu par Al-Qaïda en Syrie (le fameux front d’Ennosra), l’Armée de la Conquête ou également Daech. Et vu les rapports en provenance du terrain, les rebelles savent très bien se servir de cette arme.

Un
Un « rebelle » syrien du groupe HAZM crée de toutes pièces par les services de renseignements US et qualifié par les médias atlantistes de « modéré » en train d’utiliser un missile antichar BGM71 TOW.

Les négociations secrètes entre Washington, Ryad et Moscou en vue d’arriver à une solution au conflit syrien ne sont pas aussi concluantes que ne le laisse penser les gorges profondes. Les propositions sur l’exclusion d’Al-Assad du champ politique se suivent et se ressemblent. Moscou ne semble pas pressé et s’est montré bien plus flexible que ses interlocuteurs. Surprise de taille, les saoudiens semblent vouloir indirectement punir leur puissant allié US par tous les moyens possibles et l’on a assisté un peu médusé à un rapprochement inédit entre Ryad et Moscou avec en arrière-plan un échange concernant la Syrie et le Yémen lié à un Accord avec Téhéran.

Indubitablement, le conflit en Syrie déterminera pour longtemps l’avenir de la géostratégie mondiale…

Affiche publicitaire de Hughes, fabricant US du missile TOW datant des années 90. On devrait y ajouter le drapeau de Daech...
Affiche publicitaire de Hughes, fabricant US du missile TOW datant des années 90. On devrait y ajouter le drapeau de Daech…

Deux épines dans le pied d’Obama

Quoi qu’il advienne, Washington gagnera en Syrie. Car il n’y a pas une, mais deux politiques états-unienne vis-à-vis de ce pays. Soit ce sera la paix et l’on félicitera le président Obama pour avoir su négocier avec l’Iran ; soit ce sera la destruction de la République arabe syrienne et son occupation par l’Otan, et l’on félicitera quelques généraux états-uniens et l’Onu pour avoir mis fin au bain de sang. Thierry Meyssan révèle ici les dessous de cette double politique, notamment le complot ourdi au sein des Nations unies par le secrétaire général adjoint pour les Affaires politiques.

L’application de l’accord survenu entre Washington et Téhéran, le 14 juillet dernier, dépend principalement de la capacité du président Obama à le faire accepter par ses concitoyens en général et par le Congrès et sa propre administration en particulier. Or, il rencontre deux obstacles majeurs.

Le groupe de Petraeus

D’une part un courant politique reste favorable au projet Juppé-Wright de création d’un Sunnistan et d’un Kurdistan à cheval sur la Syrie et l’Irak. Il est organisé autour du général David Petraeus, directeur de la CIA jusqu’à la réélection d’Obama en octobre 2012 et actuel analyste en chef pour le fonds d’investissement Kohlberg Kravis Roberts. Il comprend son ancien adjoint, le général John Allen, actuel envoyé présidentiel spécial pour la lutte contre Daesh, et l’ancienne secrétaire d’État et actuelle candidate à la candidature démocrate, Hillary Clinton. Il dispose aussi de soutiens au Parti républicain comme l’actuel président de la Commission sénatoriale des Forces armées, John McCain, et le promoteur immobilier et principal candidat à l’investiture, Donald Trump.

Fin juillet, le général Allen était convié à l’Aspen Security Forum. Il y rencontrait des journalistes du New York Times auxquels il confiait à l’oreille s’être mis d’accord avec la Turquie pour créer une zone de sûreté dans le Nord de la Syrie. Stupéfaits par une décision qui viole la Charte des Nations unies, Eric Schmitt décidait d’y consacrer la « une » de son quotidien [1]. Cependant, à l’issue de quelques jours de déclarations publiques contradictoires, Washington et Ankara démentaient [2]. Dans la foulée, la Maison-Blanche clarifiait sa position : la priorité c’est la lutte contre Daesh, aussi bien avec les « rebelles syriens modérés » qu’avec le YPG (Kurdes marxistes-léninistes). Par conséquent, la Turquie, bien qu’autorisée à frapper chez elle la branche turque de l’organisation, était priée de ne pas les attaquer [3].

Le 29 juillet, « l’armée » des soixante « rebelles syriens modérés » formés par la CIA entraient en territoire syrien pour marquer au sol les cibles de Daesh que la Coalition souhaitait bombarder. Mais al-Qaïda en était informé et les attaquait, faisant vingt prisonniers, dont leur chef, le colonel Nadim Hassan. Seules les armées états-unienne ou turque pouvaient les avoir trahis.

Si dans un premier temps, les soupçons de trahison se sont dirigés vers la Turquie, ils se sont transférés sur les États-Unis après les véhémentes dénégations du Premier ministre intérimaire, Ahmet Davutoğlu [4]. Et qui donc alors dans l’armée US, sinon le groupe du général Allen ?

Les manœuvres du général Allen ont d’abord provoqué un grave incident entre le Pentagone et l’Armée turque. L’officier de liaison de cette dernière au CAOC (Combined Air and Space Operations Center) n’a prévenu que dix minutes à l’avance d’un raid en Irak, menaçant à la fois des élèves-soldats kurdes et leurs instructeurs états-uniens présents sur zone [5]. La voie choisie par Recep Tayyip Erdoğan, si l’AKP reste au pouvoir, pourrait conduire à une rupture partielle des relations entre Washington et Ankara [6].

Surtout ces incidents ont conduit le Pentagone à demander au CentCom de vérifier les allégations généralisées au Proche-Orient selon lesquelles la Coalition ne bombarde pas Daesh, mais au contraire le soutient. C’est le moment que la Defense Intelligence Agency choisit pour dénoncer le trucage des rapports du CentCom [7]. Il apparaît que celui-ci est commandé par un autre ancien collaborateur du général David Petraeus, le général Lloyd James Austin III.

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Le groupe de Feltman

L’autre difficulté d’Obama, c’est le secrétariat général des Nations unies. S’il est difficile de savoir à quel courant appartient Ban Ki-moon, trop occupé à monnayer sa position, il n’en est pas de même de son adjoint aux Affaires politiques, Jeffrey Feltman.

Avant d’être fonctionnaire international, il était diplomate états-unien. Il s’est progressivement spécialisé sur le Proche-Orient. Il fut notamment en poste en Israël, en Irak (où il administra la partie kurde) et au Liban (où il imposa ses vues au gouvernement Siniora). Il entretenait une rare relation de confiance avec la secrétaire d’État Condoleezza Rice avec laquelle il avait une vidéo-conférence hebdomadaire, puis fut nommé à ses côtés à Washington par la secrétaire d’État Hillary Clinton pour superviser toute la politique proche-orientale. Il avait alors été présenté comme le principal interlocuteur états-unien pour la Syrie [8].

C’est Jeffrey Feltman qui organisa, en 2005, l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais, Rafic Hariri, puis la Commission d’enquête de Detlev Mehlis et la création du Tribunal international spécial pour le Liban. Cette structure hybride avait été formée pour condamner les présidents libanais Émile Lahoud et syrien Bachar el-Assad sur la base de faux témoignages rémunérés, mais l’accusation s’effondra devant la vérité. M. Feltman poursuit aujourd’hui son œuvre contre la Syrie et l’Iran dans ses nouvelles fonctions.

Arrivé à l’Onu juste avant la Conférence de Genève 1 sur la Syrie, il s’employa à saboter l’accord entre son pays et la Russie et se joignit au groupe de Petraeus pour pousser la France à relancer la guerre. Il rédigea alors un plan de capitulation totale et inconditionnelle de la République arabe syrienne. La souveraineté du Peuple syrien devait être abolie ; la Constitution devait être abrogée ; le président devait être destitué ; l’Assemblée du Peuple devait être dissoute ; 120 dirigeants syriens devaient être arrêtés, jugés et condamnés ; la Direction du Renseignement militaire, la Direction de la Sécurité politique et la Direction de la Sécurité générale devaient être décapitées ou dissoutes ; les « prisonniers politiques » devaient être libérés et les cours anti-terroristes abrogées.

Après l’échec de la mission de Lakhdar Brahimi, il enjoignit à Ban Ki-moon de désigner l’Italien Stefan De Mistura pour le représenter en Syrie. Il avait connu cet élégant diplomate en Irak et s’était lié avec lui lors de leurs missions au Liban. De Mistura avait également fréquenté Petraeus et Allen durant sa mission de représentant du secrétaire général de l’Onu en Afghanistan.

Dès lors, tout en rencontrant les différentes parties au conflit et en leur souriant, Stefan De Mistura s’attela à imposer par surprise le plan Feltman pour la Syrie. Le 29 juillet dernier, il exposa avec Ban Ki-moon les grandes lignes de son plan « de paix » au Conseil de sécurité, mais les deux compères s’abstinrent de distribuer le moindre document écrit [9]. Ils demandèrent aimablement que le Conseil pousse les protagonistes à signer un Accord intérimaire, puis s’en remette à eux pour son application. Il s’agissait en réalité de dessaisir le Conseil de ses prérogatives, de contraindre la République arabe syrienne à signer un texte vague qui aurait permis à l’Otan d’occuper le pays et autorisé MM. De Mistura, Feltman et Ban à mettre en œuvre la capitulation du pays, selon le processus élaboré en 2012 par Feltman.

Cette habile manœuvre faillit réussir puisque le Conseil de sécurité adopta, le 17 août une étrange déclaration (et non pas une résolution) de soutien à Stefan De Mistura [10]. Contrairement à tous les usages, le texte fut d’abord discuté en aparté par les cinq puissances permanentes. La Russie, inquiète de ce qui se tramait, décida de voter « oui ». Elle craignait que Washington ne prépare une action hors du Conseil de sécurité et du Droit international. Cependant, précautionneux, l’ambassadeur vénézuélien Rafael Ramírez, qui avait été tenu hors de la rédaction de la déclaration, souleva deux objections : d’abord, le Communiqué de Genève 1 [11], que tout le monde soutient, contrevient en réalité à la Charte des Nations unies ; ensuite, il ne suffit pas de dire que l’on lutte contre le terrorisme, il faut encore aider la République arabe syrienne face à al-Qaïda et Daesh et cesser d’approvisionner indirectement ces organisations en armes, en fabriquant et instrumentant de pseudos-groupes rebelles.

C’était l’ancien compagnon d’Hugo Chávez et non les Alliés qui étaient sur la même longueur d’ondes que le président Barack Obama.

Thierry Meyssan

Source directe: Voltairenet

Notes:

[1] « Turkey and U.S. Plan to Create Syria ‘Safe Zone’ Free of ISIS », Anne Barnard, Michael R. Gordon & Eric Schmitt, The New York Times, July 27, 2015.

[2] « Syrie, rhétorique et vérité », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 10 août 2015.

[3] « Washington interdit à Ankara de frapper les Kurdes de Syrie », Réseau Voltaire, 13 août 2015.

[4] “Turkey Denies Allegations it Tipped Off Al Qaida Abductors”, Mitchell Prothero, McClatchy, August 25, 2015.

[5] « Frictions entre le Pentagone et son allié turc », Réseau Voltaire, 15 août 2015.

[6] “America’s Dangerous Bargain With Turkey”, Eric S. Edelman, The New York Times, August 27, 2015.

[7] “Pentagon Accused of Skewing Intel on War Against ISIS”, Mark Mazzetti and Matt Apuzzo, New York Times, August 25, 2015.

[8] “Tough love for Syria from Obama”, David Kenner, Foreign Policy, March 3, 2009.

[9] « Débat du Conseil de sécurité sur la Syrie (rapport De Mistura) », Réseau Voltaire, 29 juillet 2015.

[10] « Réunion du Conseil de sécurité sur la Syrie (déclaration présidentielle) », Réseau Voltaire, 17 août 2015.

[11] « Communiqué final du Groupe d’action pour la Syrie », Réseau Voltaire, 30 juin 2012.

Un avion de combat israélien abattu par les forces syriennes au dessus du Golan

Des unités de la défense aérienne du territoire relevant de la III division de l’armée syrienne ont ouvert le feu, vendredi 21 août 2015, sur des avions de combat israéliens menant des raids contre des positions militaires et civiles en territoire syrien. D’après des informations publiques, un avion de combat israélien aurait été abattu par un système de la DCA syrienne au dessus du Golan. Les médias israéliens et leurs relais mondiaux demeurent silencieux à ce sujet.

Les avions israéliens ont ciblé à plusieurs reprises consécutives des positions militaires syriennes, dont notamment des unités de la 90e et de la 68e brigades à Qunaïtra et la grande périphérie de Damas mais également des régiments de la III division blindée et de la garde républicaine du dispositif défensif méridional de la capitale syrienne.

Depuis les raids aériens israéliens ayant visé un centre de recherches en agronomie que les israéliens avaient publiquement accusé d’abriter un réacteur nucléaire, l’armée syrienne s’abstenait de riposter aux fréquentes attaques aériennes israéliennes dont les plus spectaculaires ont eu lieu pour venir en aide à des factions de la rebellion syrienne dans le conflit en cours. Il semble que les règles d’engagement de l’armée syrienne aient connu un changement significatif  induit par un apport qualitatif en équipement ou en soutien tactique assuré par de tierces parties.

La Syrie a explicitement laissé entendre qu’elle ripostera à toute nouvelle agression israélienne sur son territoire au lendemain d’un raid aérien israélien sur Damas où des bombes non-conventionnelles de nature inconnue ont été larguées sur le mont Qassioun surplombant la ville, abritant les forces d’élite de l’armée syrienne. Depuis lors la DCA syrienne est systématiquement entrée en action pour abattre des dizaines de drones israéliens soutenant les rebelles au sol.

Visite d’une délégation Nord-Coréenne en Syrie

Une délégation de la Corée du Nord est arrivée ce matin à Damas où elle a eu des discussions à huis clos avec des officiels syriens sur l’autarcie économique, le contournement du blocus et la défense asymétrique.

Les médias officiels syriens ont rapporté aujourd’hui l’information sans plus de précisions.

Les relations entre la République Arabe de Syrie et la République Démocratique et Populaire de Corée sont assez étroites et se sont affermies ces trois dernières années. Une coopération militaire et scientifique existe depuis des années entre les deux pays et certains observateurs avaient souligné que l’armée syrienne et le Hezbollah libanais ont adopté des tactiques asymétriques dans l’usage de l’artillerie retranchée et le combat dans les galleries souterraines en s’inspirant de l’expérience des Nord-Coréens en la matière.

En 2007, l’aviation israélienne avait mené des raids aériens sur un centre de recherches en agronomie situé au centre de la Syrie et suspecté d’abriter un réacteur nucléaire de faible puissance, fabriqué avec l’aide de la Corée du Nord.

Sur le plan balistique, la Syrie a commencé à développer une gamme de missiles balistiques de courte portée en se basant le programme des missiles Nodong de la Corée du Nord.

Fait peu connu, lors de la guerre d’octobre 1973, c’est les pilotes nord-coréens qui se sont distingués le plus contre les Phantom F-4 E de l’aviation israélienne.

Syrie: Al-Assad pourrait effectuer une visite d’Etat à Moscou

Des informations selon lesquelles le président syrien Bashar Al-Assad pourrait effectuer sa première visite d’Etat à l’étranger depuis le déclenchement du conflit syrien le 15 mars 2011-toujours en cours, laissent entendre que cette visite pourrait concerner en premier lieu Moscou et peut-être Le Caire.

Conflit d’une importance capitale, probablement le conflit le plus décisif en termes de géostratégie globale depuis la seconde guerre mondiale, la guerre en Syrie est une impasse totale pour l’ensemble des protagonistes. L’Etat syrien, appuyé sur 49 services de renseignement,  une armée assez solide dont la raison d’être initiale est de se battre contre l’ennemi israélien et l’appui forcené de ses alliés régionaux (Hezbollah et Iran) et extra-régionaux (Russie et Chine), a pu survivre à la tourmente d’une guerre totale de plus de quatre ans durant laquelle  des moyens inédits de subversion et de destabilisation ont été utilisés. La Syrie est techniquement en guerre depuis la guerre d’octobre 1973.

Des sources russe affirment que le président Vladimir Poutine aurait adressé une invitation officielle au président Al-Assad afin de discuter d’un plan global de sortie de crise au Levant.

En parallèle, d’autres sources arabes indiquent que le président égyptien, Abdel-fettah Al-Sissi, aurait émis le souhait d’inviter son homologue syrien au Caire. Une révolution. L’appareil sécuritaire  du président syrien a très fortement déconseillé à ce dernier tout déplacement au Caire en mettant en avant un risque majeur d’élimination physique.

Reste la question de savoir qui assurera l’intérim en cas de l’absence de Bashar Al-Assad à Damas. Toutes les informations en provenance de l’intérieur de la Syrie convergent sur une seule personne: le général Maher Al-Assad. Commandant de la la fameuse 4e Division blindée de l’armée syrienne, frère du président et l’un des hommes les plus importants du régime. Ce dernier aura la charge du  dispositif de commandement, de communication et de contrôle totalement crypté offert par les Russes.

Maher Al-Assad est d’ailleurs apparu en public ces derniers jours dans la localité Alaouite de Jorine dans le gouvernorat de Hama. Contrairement à des informations antérieures le donnant comme grièvement blessé (amputé des deux jambes) lors de l’attentat ayant visé le QG du haut Conseil de Sécurité de l’Etat à Damas , Maher A-Assad a été filmé descendant d’un hélicoptère de transport militaire en tenue de combat et en bonne forme, entouré de hauts gradés de l’armée syrienne avant d’être acclamé par une foule de personnes habillées de vêtements civils.

Un audit interne de la situation sécuritaire syrienne remis au président Al-Assad juge que l’armée et les services de renseignement sont assez solides pour faire face à une double opération de type Baie des Cochons et une attaque de diversion sur deux fronts durant une éventuelle absence d’Al-Assad à l’étranger.

Citation du jour: « Israël est la matrice mondiale du terrorisme »

« Israël est la matrice mondiale du terrorisme ». C’est l’une des citations que Cheik Sayed Hasan Nasrallah, Chef suprême du Hezbollah libanais dont plus de la moitié des unités spéciales combattent [en plein jour] sur tous les fronts en Syrie, a prononcé lors d’un discours à l’occasion de la journée mondiale d’Al-Qods (Jérusalem)

Le Chef du Hezbollah n’a pas mâché ses mots en ce qui concerne la Syrie en martèlant que Damas « est toujours là » et que les syriens, soutenus par l’axe de la résistance (Iran-Syrie-Hezbollah) et ses alliés (Russie-Chine), poursuivront le combat jusqu’au bout. Il ajoutera qu’une éventuelle chute de la Syrie entraînera l’anéantissement définitif de la Palestine.

En ce qui concerne la guerre au Yémen, Sayed Nasrallah assimile l’agression saoudienne contre ce pays à une stratégie israélienne en soulignant la convergence des buts et objectifs des deux piliers essentiels de la politique étrangère de la grande puissance américaine.

Pour le Hezbollah, Daech est un outil crée par les israéliens et les saoudiens pour détruire les pays hostiles à Israël.

Simultanément, un haut officiel iranien au fait des interminables négociations sur le programme nucléaire de Téhéran a affirmé que l’Iran ne reconnaîtra jamais Israël, quelle que soit l’issue des négociations avec ce que Téhéran qualifie de « forces de l’oppression universelle », laissant entendre que l’une des conditions posées par Washington aux iraniens lors de ces négociations incluerait une forme de reconnaissance d’Israël sous peine de guerre.

On comprend mieux dans ce contexte, l’hystérie des déclarations guerrières d’Hillary Rodham Clinton, candidate aux présidentielles US (excusez du peu!)  à l’égard de l’Iran.

Guerre en Syrie: SITREP du 07/07/2015

Sitrep/Strategika 51/ 07072015/ 0314Z

Syrie/Zabadani———Voir carte.

Adoptant une nouvelle stratégie pour répondre à la révolution tactique des différents groupes rebelles en Syrie, dont la coalition dénommée « Armée de la conquête », les forces armées syriennes continuent à consolider leurs avancées sur l’axe stratégique du Qalamoun, commandant les confins syro-libanais, avec pour enjeu l’interdiction des lignes d’approvisionnement en hommes et matériel rebelles, la sauvegarde des communications avec le Liban et plus particulièrement la logistique et les communications du Hezbollah libanais entre les deux théâtres. Enfin, circonscrire une propagation des combats ou une irruption rebelle au Liban.

La ville de Zabadani, une localité de 40 000 habitants relevant du Gouvernorat de la grande périphérie de Damas, située au Sud-Ouest de la Syrie à la frontière avec le Liban, occupée par l’armée du Front Ennosra (Al-Qaida renforcée et militarisée) depuis janvier 2012, est devenue l’objet d’une solide offensive syrienne.

L’Avancée des unités syriennes, soutenues par les unités spéciales du Hezbollah Libanais à partir des axes Ouest et Sud a été facilitée par l’artillerie et l’aviation. Des troupes de choc syrienne se sont inflitré derrière les lignes rebelles.

Les informations en provenance du terrain confirment l’effondrement des défenses rebelles et repli des principaux groupes.

Les combats se focalisent actuellement au centre de la localité à moins de 200 mètres de l’hôtel de ville sis à une altitude de 1100 mètres au dessus du niveau de la mer. Les forces combinées font face à une guérilla urbaine caractérisée par une présence affirmée de snipers, l’usage intensif de roquettes antichars contre les véhicules blindés d’infanterie mécanisée BMP et l’emploi des forces spéciales lesquelles doivent avancée dans une zone urbanisée difficile parsemée de pièges et de mines.

Quelques temps avant l’avancée des troupes au sol, l’aviation syrienne a procédé à des lâchers de bombes et de roquettes en plein agglomération densément urbanisée.

La recapture de la ville par l’armée syrienne est presque acquise.

La prise de la localité de Zabadani permettra à l’armée syrienne de:

Renforcer le contrôle du Qalamoun et des confins syro-libanais;

Etendre la zone de contrôle sur la plaine de Zabadani donnant sur les plaines de Homs à l’Est en Syrie centrale (selon un axe Nord-Sud) et mettre cette zone à la portée de l’artillerie syrienne;
Fortification du troisième cercle défensif de la région de Damas et l’axe menant de Djebel El-Cheick à Quneïtra.

Gouvernorat de Homs:

Plus à l’Est, dans le gouvernorat de Homs, les unités de l’armée syrienne sont violemment accrochées par une coalition de groupes armées dont les forces d’Ennosra, notamment autour de la localité de Talbissa. Des rebelles ont réussi à saboter un gazoduc alimentant le Sud-Ouest de la Syrie dans la région de Firkliss, à l’Est de Homs. Le feu fait toujours rage et les éléments du Génie de l’armée syrienne ne parviennent toujours pas à investir les lieux.

Idlib:

Des hélicoptères de l’armée syrienne ont lâché des barils thermobariques sur la localité de Kafr-Aouid et de Mozra dans la région de Zaouia ainsi qu’autour de la base militaire aérienne d’Abu-Dhuhur, encerclée par d’importantes forces rebelles.

Derâa (Sud):

Combats continuels sur l’ensemble des axes de la province. Intervention d’unités spéciales syrienne au Nord de Qunaïtra et raids aériens sur Derâa. Information sur l’élimination de conseillers militaires étrangers au sein des troupes de l’armée de la Conquête (armée rebelle constitué par un conglomérat de douze milices rebelles et dont la salle des opérations est sise en Jordanie)

La ceinture et les bretelles

Pour certains dirigeants musulmans, notamment au Moyen-Orient, il existe trois risques majeurs d’être renversés:
1- Une intervention étrangère;
2- Des hordes de terroristes qui viendraient camper sous leurs fenêtres (compatible avec le N°1);
3- Le peuple qui se rebelle, pour de bonnes raisons ou pour répondre aux désirs du N°1.

Bashar al-Assad en connait un rayon puisqu’il est lui-même sous le coup de ces trois fléaux. Certains présidents démocratiquement élus (pour reprendre une expression chère aux dirigeant occidentaux) n’ont pas eu le temps de défaire leurs valises et sont passés à la trappe. C’est le cas pour les chefs d’état issus des Frères Musulmans. Tous sauf un, mais il est vrai qu’à l’époque ou ses homologues se faisaient détrôner il n’était que Premier ministre; je veux, bien entendu, parler de Tayyep Recep Erdogan.

Après avoir consciencieusement préparé son élection à la tête de la Turquie – le palais présidentiel n’étant que la partie visible de l’iceberg – le dirigeant turc n’a pas l’intention de lâcher le pouvoir aussi rapidement que ses anciens homologues. A ce titre, il a pris soin de ne froisser personne. Ouvrant ses frontières aux extrémistes sensés libérer la Syrie, il a aussi autorisé l’OTAN à déployer ses missiles Patriot sur son territoire (sous couvert d’une éventuelle attaque syrienne), et laisser les navires US se ravitailler et réparer dans les ports de la mer Noire. Cette liste étant, vous vous en doutez, non exhaustive; puisque je ne parle pas des troupes de renseignements occidentales réparties le long de la frontière avec la Syrie, ni même des coups de main que l’armée turque a donné, de temps en temps, aux rebelles lorsque ceux-ci se trouvaient en fâcheuse posture.

Les deux premiers risques étant momentanément écartés, Erdogan s’attaque donc au peuple. On ne sait jamais, un accident étant vite arrivé, le dirigeant turc juge plus sage de réfréner les velléités de liberté que pourraient avoir ses citoyens. Car les troubles ne sont pas rares en Turquie; les manifestations étudiantes de 2013, celles des mineurs il y a un an; toutes violemment réprimées par le régime ont laissées des traces. Si la guerre en Syrie à permis à l’ancien Premier ministre d’atteindre le pouvoir suprême (en jouant sur la sécurité, mais en ventant aussi le plein emploi; un peu comme le feraient des candidats occidentaux), il n’oublie pas que si une solution venait à être trouvée pour régler ce conflit, le peuple pourrait bien lui demander des comptes. D’autant plus que la question kurde n’est toujours pas réglée…

Pire, la Turquie a un système parlementaire et lorsque l’on veut devenir tout puissant une seule option s’offre à vous: passer à un régime présidentiel, ce qui vous laisse beaucoup plus de libertés. Pour cela, Erdogan doit réformer la constitution. Cependant, avant toute refonte il faudra attendre le résultat des élections législatives du 7 juin prochain et surtout Erdogan et son parti – l’AKP (Parti de la justice et du développement) – devront posséder au moins les deux tiers des 550 sièges du parlement. Mais la rue pourrait ne pas être d’accord avec cette réforme…

Aucun souci, Erdogan a pensé à tout. Il vient de faire voter par les députés turc une version raccourcie du projet de loi très controversé de sécurité intérieure du gouvernement incluant les principales mesures destinées à renforcer les pouvoirs de la police.
Le texte voté permet aux policiers de fouiller domiciles ou véhicules sur la base de simples soupçons ou de retenir des suspects en garde à vue pendant quarante-huit heures, contre vingt-quatre auparavant, sans supervision d’un magistrat. Il punit aussi de quatre ans de prison les manifestants porteurs de cocktails Molotov ou de feux d’artifice.

Il autorise également les policiers à utiliser leurs armes à feu contre les porteurs de cocktail Molotov et interdit aux manifestants de cacher leur visage, sous peine de cinq ans de prison.

Avec ça, les manifestants sont prévenus. Des manifestations oui, à la rigueur; mais la chienlit, non!
Au fond, avec cette loi liberticide, Erdogan rejoint le groupe des dirigeants à la limite de la dictature. Et dire qu’il montre du doigt Bashar al-Assad depuis le début de la guerre syrienne.
Une déclinaison de la parabole de la paille et de la poutre, certainement…

Syrie : Comme un vent nouveau…

Lorsque John Kerry a annoncé, il y a quelques jours, que la fin du conflit en Syrie passait par un dialogue avec Bashar al-Assad; je suis resté dubitatif, pour le moins. Je n’ai pas osé y croire, les coups tordus dans cette guerre ont été si nombreux et si vils que j’y voyais plutôt une sorte de piège. J’attendais donc la suite, l’information qui pourrait me faire espérer… Et aujourd’hui je suis tombé sur deux infos, plus ou moins complémentaires.

La première émane de l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH) et reprend une nouvelle de la télévision officielle : « Au moins 12 personnes ont été tuées et 30 blessées lundi par des obus tirés par les rebelles sur des zones contrôlées par les forces gouvernementales à Alep. »
Certes, l’OSDH n’est pas ce qui se fait de mieux en matière de pertinence des informations, mais ce qui peut paraître étonnant c’est le fait qu’elle reprenne une info de la chaine de télévision officielle. Plus stupéfiant encore, ladite info tire à boulets rouge sur la rébellion. Bon, l’OSDH ne donne pas de nom. Mais il faut quand même saluer le geste qui consiste à dénoncer la rébellion comme étant responsable d’atrocités et de tirs de roquettes en aveugle; après cinq années à agonir le régime pour les mêmes crimes, c’est une nouveauté.

Plus fort encore, la deuxième dépêche nous vient tout droit de New-York et est signée Human Rights Watch (HRW); ONG présente sur tous les conflits où les USA ont un intérêt quelconque. La voici : « Des groupes d’opposition attaquent sans distinction des civils ». Et, cerise sur le gâteau, parmi les groupe rebelles dénoncés (Front al-Nosra, Daech) figure la très officielle Armée Syrienne Libre (ASL pour les intimes).
Diantre! La rébellion numéro un, celle-là même qui a les faveurs des occidentaux, celle qui – il y a encore quelques mois (avant l’apparition de l’EI) – trustait toutes les aides létales ou non, celle dont les dirigeants passaient leur temps dans avions qui les transportaient aux quatre coins du monde afin de réclamer plus de moyens financiers et surtout humains… Bref, LA Rébellion, avec un « R » majuscule.

Mais au juste, de quoi est accusé l’ASL? D’avoir tué des civils dans le but de créer la terreur, et ce à l’aide de voitures piégées. Mais pas n’importe où, uniquement dans des zones dont l’armée syrienne (la vrai) était absente. Du terrorisme de bas étage…

Je tiens quand même à vous rassurer, HRW n’est pas devenu pro Assad – pas encore, mais si Barack Obama ou John Kerry le leur demandaient, cela pourrait arriver – il n’empêche que la rébellion en prend pour son grade; car d’après l’ONG : « Nous assistons à une véritable course à l’abîme avec des rebelles qui s’alignent sur la cruauté des forces gouvernementales« . Gouvernement coupable (toujours selon HRW) de bombardements aveugles, d’actes de torture et d’utilisation d’armes chimiques, encore et toujours…

Je peux me tromper (des évènements pas toujours heureux m’ont tenu éloignés de mon clavier durant quelques semaines (mois?), j’espère que vous me pardonnerez…), mais je vois une sorte de vent de changement qui passe sur les médias. Car après tout, après avoir soutenu pendant des années que l’homme à abattre était Bashar al-Assad, il faut bien que le citoyen moyen soit au courant – à partir d’aujourd’hui – que le président syrien fait partie du paysage géopolitique, comme Vladimir Poutine, et que même si on ne l’aime pas il faut faire contre mauvaise fortune bon cœur et négocier avec lui…

PS. En parcourant le site de l’OSDH, je suis tombé sur ceci : « About 2000 including women and children, killed and wounded in 6 months of coalition air strikes » (Environ 2000 personnes, femmes et enfants compris, ont été tués et/ou blessés durant les six mois de frappes aériennes de la coalition)
La question est de savoir si ces victimes sont comptabilisées parmi les plus de deux cent mille morts de la guerre syrienne.

Exclusif: Voici ce qui s’est réellement passé dans l’espace aérien syrien depuis un mois

D’après des informations très fiables, la Syrie avait accepté via une tierce partie un arrangement secret permettant l’usage par les avions de combat de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis  de trois corridors aériens dédiés pour bombarder les position de « Daech », acronyme arabe de l’organisation terroriste dénommé « Etat Islamique » sur son territoire.

Cependant, en janvier 2015, en violation flagrante des arrangements secrets entre les pays de la coalition et la Syrie, des avions de combat israéliens ont utilisé l’un des corridors désignés et pénétré l’espace aérien syrien. Les avions israéliens avaient procédé au tir de cinq missiles Air-Sol « Popeye » (produits par Rafael Advanced Industries, Lockheed et Turkish Aerospace Industries,  connus également sous la désignation AGM-142 Have Nap aux Etats-Unis) contre des cibles précises dans des zones épargnées par la guerre en Syrie. La défense anti-aérienne syrienne  a réussi à détruire trois des cinq missiles en plein vol. Les deux autres ont atteint leurs cibles.

Après cet incident, des officiels syriens très furieux ont alors demandé à un grand pays tiers d’aviser les pays de la coalition sur l’existence de certaines zones en Syrie où les avions de la coalition seraient systématiquement abattus. Ces zones incluent la Capitale Damas, l’ensemble du littoral méditerranéen et les zones sous contrôle des forces armées syriennes.

Aussitôt, tous les avions de la coalition participant dans la campagne de bombardements aériens visant les positions de Daech dans l’Est et le Nord de la Syrie commencèrent  à être systématiquement  « marqués » ou « illuminés » de manière agressive par les radars de l’armée syrienne ainsi que par ceux, de nouvelle génération, équipant la base de guerre électronique russe sise à Tartous. L’usage de chasseurs F-22 Raptor au dessus de la Syrie cessa après un incident de ce type. Londres, Paris et Ankara relancent alors leurs campagnes et déclarations hostiles à la Syrie.

Le 14 février 2015, dans une manoeuvre inédite et très audacieuse, des chasseurs-bombardiers syriens escortés de chasseurs Mikoyan-Gurevitch MIG-29 pénètrent à très basse altitude l’espace aérien du  Liban avant de bifurquer vers le Sud en direction de la frontière israéliennes pour enfin rebifurquer vers l’est et pénétrer en Syrie au dessus du plateau du Golan et prendre de revers les positions rebelles du front d’Ennosra.

Le 17 mars 2015, un aéronef non-identifié pénètre depuis la Jordanie l’espace aérien syrien. Il est promptement identifié comme étant un drone de type MQ1 B Predator et traqué comme le sont l’ensemble des avions de la coalition. Mais le drone a dévié de son corridor désigné pour se diriger sur Lattaquié en survolant une zone strictement interdite aux aéronefs de la coalition internationale. Après sommation, le drone a commencé à effectuer des cercles au dessus des environs de Lattaquié. Le commandement de la défense aérienne du territoire ordonna alors à une batterie de missiles Sol-Air de type S-125 NEVA/PECHORA 2M d’abattre le drone. Un seul missile fut tiré. Les débris du Predator tombèrent sur un immeuble civil et furent très rapidement récupérés par une unité spéciale de l’armée syrienne.

La question que posent de nombreux analystes est celle relative au comportement assez singulier du drone. Pourquoi ce dernier a t-il persisté à survoler en cercle une zone où les défenses antiaériennes l’ont illuminé? Quel était le but de cette manoeuvre? Quel était l’objectif (humain) de cette mission à Lattaquié? Etait-ce une tentative de pousser les syriens à ouvrir le feu les premiers? Dans quel but? La réponse à la dernière question semble s’inscrire dans le cadre d’un casus belli justifiant l’amorce d’une nouvelle stratégie en préparation. Une thèse confortée par la trés prévisible reconduction du premier ministre israélien ultra-extrémiste Benyamin Netanyahu après un simulacre d’élection alors qu’Israël se considère en guerre totale avec à leur tête un « dictateur » (dans son acception du temps de la République Romaine) non déclaré.

Les Etats-Unis ont reconnus avoir perdu le contact avec un de leurs drones au dessus de la Syrie. Damas n’a pas commenté sur cette annonce mais un média officiel a rendu public l’information selon laquelle un drone US a été abattu par la défense antiaérienne syrienne.

Capture d'image télévision syrienne. débris en feu du drone MQ1 B PREDATOR US abattu par un missile S-125 NEVA/PECHORA au dessus de Lattaquié.
Capture d’image télévision syrienne. débris en feu du drone MQ1 B PREDATOR US abattu le 17 mars 2015 par un missile S-125 NEVA/PECHORA au dessus de Lattaquié, en Syrie.

« Daech » cherche un avantage comparatif en optant pour les armes chimiques

Faisant face à une opération militaire de grande ampleur chapautée par l’Iran, l’organisation terroriste Daech semble avoir usé d’armes non-conventionnelles pour stopper l’avancée des forces irakiennes et iraniennes. C’est en tout cas ce que laissent suggérer des documents vidéos iraniens et britanniques.
Les hordes de Daech en Irak disposent d’obus chimiques dont l’usage lors des combats est rapporté côté irakien. Ce fut le cas il y a une dizaine de jours lorsque des obus de mortier tirés par Daech ont causé la mort par asphyxie ou par contusion de dizaines de miliciens et de soldats irakiens près de Tikrit, la ville natale de l’ex-Président irakien Saddam Hussein.
Des informations de plus en plus convergentes rapportent l’intérêt croissant de Daech pour la maîtrise d’un vecteur biologique fiable et utilisable sur le champ de bataille ou sur des populations civiles.
Il est à rappeler que des groupes alliés ou précurseurs de Daech en Syrie ont usé à plusieurs reprises de roquettes artisanales bourrées avec des produits chimiques et que Daech en Syrie a tenté à plusieurs reprises d’utiliser des germes pour polluer des sources d’eau, des retenues collinaires  ou des barrages d’alimentation en eau potable.
Enfin, c’est en Libye que les groupes affiliés à Daech risquent également d’utiliser des armes chimiques. En 2012, des obus chimiques ont été utilisés par la milice de Misrata contre des milices rebelles qualifiées de pro-Gaddafistes et l’on estime qu’au moins deux grandes milices libyennes disposent d’obus d’artillerie à tête chimiques pillées dans les arsenaux de l’ex-armée libyenne.

Syrie: après quatre ans de guerre totale, 83% du pays dans le noir la nuit selon une étude chinoise

Photo satellite fort approximative et probablement modifiée de la Syrie prise de nuit au courant de l'année 2011, soit au début de la guerre.
Photo satellite fort approximative et probablement modifiée de la Syrie prise de nuit au courant de l’année 2011, soit au début de la guerre.
Syria2015
Même photo satellite prise en 2015. Damas, la capitale du pays (au Sud) ne semble pas trop affectée tandis qu’Alep, la capitale industrielle du Nord, semble tellement affectée que sa trace disparaît.

La Syrie utilise des chars T-80 dans sa bataille pour le contrôle du Golan et de la ligne de démarcation avec Israël

Jamais l’armée syrienne n’a jeté tout son poids dans une bataille aussi décisive que celle en cours dans la province de Deraa. Prinicpal enjeu: la reprise des territoires capturés par le Front d’Ennosra dans le Golan syrien et la rupture du soutien israélien aux groupes de la rébellion syrienne.

Les unités de la IIIe et de la Ve Divisions blindées de l’armée syrienne, accompagnées par des unités de la VIIe Division d’infanterie mécanisée et du 100e Régiment d’artillerie de la Garde Républicaine, soutenues par les unités spécialisées du  Hezbollah libanais et des unités d’élite du Corps des Gardiens de la Révolution iranienne tentent d’éliminer de manière définitive le territoire tampon crée par Ennosra entre les territoires sous contrôle syrien et les territoires sous contrôle israélien.

Le front Ennosra issu de l’ancienne Al-Qaïda est fortement soutenu par l’armée israélienne, laquelle n’avait pas hésité à lui fournir un appui feu et un soutien logistique à plusieurs reprises durant les derniers dix-huit mois.

L’Iran dont l’implication militaire s’étend de plus en plus dans la région a clairement mis en garde Tel-Aviv que toute nouvelle tentative de fournir un appui feu direct à El-Nossra pourrait entraîner une intervention plus massive des troupes iraniennes en Syrie.

Sur le terrain, aux côtés des chars T-55 et T-72 M, l’armée syrienne vient d’utiliser des dizaines de chars T-80 B dont l’armée syrienne n’avait jamais fait l’acquisition mais lesquels pourraient avoir été livrés en urgence par la Russie pour remplacer les pertes subies durant le conflit. Cependant, il s’avère que de plus en plus d’unités blindées de l’armée syrienne sont en train de remplacer le T-72 M par le T-80 B, une alternative mieux équipée.

La vaste opération militaire menée par Damas avec l’aide des forces iraniennes dans le Sud de la Syrie coïncide avec l’entrée en force des forces iraniennes en Irak contre Daech, notamment à Tikrit, terre natale de l’ex-Président irakien Saddam Hussein, dans la province de Salaheddine et c’est grâce aux iraniens que les milices irakiennes ont pu reprendre du terrain à Daech.

Syrie: secousse tellurique de 3 degrés sur l’échelle de Richter à Alep

Que le premier ministre israélien se rassure, il n’agit pas d’un essai nucléaire iranien dans le nord de la Syrie: une secousse tellurique de 3 degrés sur l’échelle ouverte de Richter a été enregistré le 04 mars 2015 à 0531 heure locale et 0331 heure GMT à Alep. L’épicentre de la secousse a été localisé à 7 kilomètres de profondeur.

Très peu d’habitants ont dit avoir ressenti la secousse, certains la confondant avec les effets d’un pilonnage d’artillerie ou un bombardement aérien.

Les médias de la rébellion syrienne et les curieux organes multilingues de « Daech » n’ont pas rapporté cette information. Autrement, ils auraient été capables de crier à  un essai nucléaire du régime ou de son allié iranien.

Guerre au Moyen-Orient: Consécration absolue du Su-25

Deux avions de combat Sukhoi Su-25 des forces aériennes des Pasdarans iraniens en action. Cet avion d'attaque au sol a été la révélation des guerres en cours en Syrie et en Irak. Son efficacité est telle qu'il est devenu l'une des principales hantises des groupes rebelles armés.
Deux avions de combat Sukhoi Su-25 des forces aériennes des Pasdarans iraniens en action. Cet avion d’attaque au sol a été la révélation des guerres en cours en Syrie et en Irak. Son efficacité est telle qu’il est devenu l’une des principales hantises des groupes rebelles armés.

Su-25Vague équivalent du A-10 Warthog de l’US Air Force, le bon vieux Sukhoi Su-25 (Code Otan: Frogfoot) a fini par connaître une véritable consécration dans la guerre en cours au Moyen-Orient du littoral méditerranéen de la Syrie aux confins frontaliers entre l’Irak et l’Iran.

Avion de soutien tactique au sol, le Su-25 a fait ses preuves au combat. Son usage intensif est la cause de la disparition de certains groupuscules armés de la rébellion, notamment en Syrie et l’une des secrets derrière l’avancée des forces combinées iraniennes aux côtés des milices Chiites et des forces sunnites tribales dans la province de Salaheddine en Irak face à Daech.

Cet avion d’attaque au sol a connu un tel succès au Levant que d’autres armées dotés d’armement russe dans le monde sont en train de réhabiliter des escadrilles de bombardement tactique dotées de cet appareil.

En 2014, Damas avait choisi des Su-25 fournis par l’Iran pour aller provoquer les défenses britanniques sur l’île de Chypre et non pas des Mikoyan-Gurevitch Mig-29.

Des experts estiment que l’usage de F-16 égyptiens en Cyrénaïque contre Daech n’a pas atteint les objectifs escomptés tout en soulignant l’efficacité d’un usage éventuel de Su-25 au dessus de la Libye où les belligérants sont en train de se doter d’avions de combat.

Les combats dans la province de Deraa s’intensifient…

Après le succès initial des armes syriennes à Deir Adas, dans la province méridionale de Deraa, fief de l’ensemble de la rébellion, des experts militaires estiment que l’armée syrienne devra se heurter à une résistance acharnée dans les jours qui viennent.

Sur le terrain, les unités de la 7ème division d’infanterie mécanisée et celles de la 9ème division blindée continuent de progresser vers Kafr Shams mais se heurtent à une résistance acharnée menée par la 1ère brigade de l’armée syrienne libre (ASL) et les phalanges du Front Ennosra (proche d’Al-Qaïda)

Hier, une furieuse charge de blindés syrien a tenté de briser les lignes ennemies mais la nature du terrain et l’intensité des armes antichar utilisés par les rebelles, majoritairement des Kornet et des TOW, a stoppé l’offensive de chars.

Deux heures après cette première tentative, l’aviation syrienne a bombardé sans interruption les positions ennemies avant que des unités spéciales du Hezbollah libanais ne tentent une opération réussie destinée à capturer une colline faisant face aux lignes défensives ennemies. Un intense bombardement aérien syrien s’en est suivie durant toute la journée afin d’affaiblir les positions rebelles et une nouvelle opération blindée est prévue dans les heures qui viennent.

D’après les témoignages des militaires syriens engagés dans ces furieux combats au Sud de Damas et au Nord de Deraa, les rebelles utilisent des missiles antichar sophistiquées et disposent d’un armement conséquent.

La contre-offensive syrienne vise à anéantir toute possibilité de création d’une nouvelle armée rebelle au sud et de consolider les positions militaires affaiblies par les rebelles face à Israël.

Guerre au Moyen-Orient: l’armée syrienne consolide ses avancées au Sud du pays

L’armée syrienne ne joue plus.Elle vient d’entamer une nouvelle forme de contre-offensive sur les fronts Sud et Est dont l’objectif est de reprendre le terrain à Daech et le repousser vers les anciennes frontières irakiennes tandis qu’au sud, il s’agit de consolider le front contre Israël, notamment au Golan. D’où l’offensive fulgurante sur Deraa. Avec pour mot d’ordre: « Vers le Golan! ».

Les récentes avancées relativement rapides de l’armée syrienne au Sud de la Syrie et notamment au Golan préoccupent au plus haut point Tel-Aviv.  Au final, les organisations rebelles et plus particulièrement le Front Ennosra (proche d’Al-Qaïda), le Joker des israéliens, n’ont pas réussi à tenir devant l’avancée des unités de l’armée syrienne.

L’armée syrienne a fini par investir Deir Adas à Deraa dans le Sud. Non sans de terribles destructions.

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Un drapeau syrien flottant au dessus d’une structure en béton à Deir Adas dans la province méridionale de Deraa. Le berceau de ce que des médias Arabes et occidentaux appellent la « révolution syrienne ». 

Après la chute de Deir Adas entre les mains de l’armée syrienne, celle-ci se prépare à prendre d’assaut la localité de Kafr Shams. D’intenses bombardements aériens et des pilonnages d’artillerie préparent le terrain à une opération blindée devant évoluer sur trois axes.

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C’est la deuxième fois en mois d’un mois que le ministre syrien de la défense visite la région Sud, au moment où ailleurs dans le pays et pour la première fois, la 104e brigade de la Garde Républicaine, avec l’aide d’une tribu locale, prend d’assaut Ouadi Taym dans la province de Deir Ezzor et met en échec Daech. La localité de Ouadi Taym est située à 10 kilomètres de Deir Ezzor, chef-lieu d’une province où existent des sites d’extraction de pétrole de faible importance.

Les combats entre les unités d’élite de la 104e brigade de la Garde Républicaine syrienne et Daech ont été d’une extrême violence à Ouadi Taym et la localité a finit par être nivelée au niveau du sol dans sa quasi-totalité. Une source syrienne a indiqué que l’un des principaux problèmes auquels continue de faire face l’armée régulière demeure le système de communication hautement intégré usité par Daech. Ce dernier serait ce qui ce fait de mieux et semble impossible à décrypter. Les iraniens ont fait le même constat à ce sujet en Irak.

La guerre contre Daech ou l’Etat Islamique est donc et surtout une guerre électronique en premier lieu. Or, dans ce domaine, Daech semble bénéficier du nec plus ultra. Ce qui voudrait dire une assistance étrangère et pas n’importe laquelle…

Pour Damas, l’élimination d’Ennosra est aussi importante que Daech car il semble que c’est la première organisation qui semble bénéficier de l’aide de pays régionaux et extra-régionaux. L’opération coup de marteau menée par les militaires syriens s’inscrit dans une stratégie plus large puisque le Hezbollah libanais est en train de renforcer ses positions près du Golan en perspective d’un décalage des lignes de front vers le plateau stratégique qu’Israël occupe depuis 1967.

Syria: Damas reçoit des informations sur les frappes de la coalition sur Daech par une tierce partie

Lors d’un entretien avec la BBC, le Président syrien Bashar Al-Assad a affirmé que son pays recevait à l’avance des informations sur les frappes de la coalition internationale contre Daech en Syrie par une tierce personne.

Cette information confirme les doutes que beaucoup d’observateurs soupçonnaient avec raison. Le commandemant de la défense aérienne syrienne suivait avec beaucoup trop de précision les plans de vol des avions de la coalition et des analystes avaient évoqué à ce sujet une possible coopération avec d’autres pays tiers non impliqués dans ces frappes mais disposant de suffisemment de ressources et de moyens pour assurer un suivi de la situation au dessus de la Syrie.

Guerre au Moyen-Orient: confusion des genres au dessus de la Syrie

Des Lokheed-Martin F-22 Raptor et des McDonnell Douglas F/A-18 Hornet de l’US Air Force accompagné d’une vingtaine de General Dynamics F-16 de l’armée de l’air jordanienne, soit une bonne moitié de la flotte aérienne de ce pays en état de voler, ont mené des raids sur des positions de Daech dans la province d’Al-Riqqa en Syrie orientale.

Daech est donc à la fois épouvantail et prétexte à une intervention de forces étrangères en Syrie. Pour la bonne cause dira t-on! Maiss suivez donc la flèche!

Le Roi Abdallah II de Jordanie a beau user de phrases à la Clint Eastwood et d’inscrire des versets du Coran sur les bombes et les missiles que ses avions de combat vont déverser sur Daech, il n’en demeure pas que son pays a joué un rôle certain dans l’apparition de cette légion de chiens de guerre qu’est cette organisation terroriste. Le Nord du royaume Hachémite a en effet abrité pour plus de 14 mois des camps d’entraînement de mercenaires et de volontaires étrangers voulant rejoindre le pseudo-Djihad en Syrie.

Quelle situation étrange: alors que près de Damas, des Mikoyan-Gourevitch Mig-29 bombardent la soi-disant « armée de l’Islam », des Lockheed Martin F-22 américains accompagnés d’avions de combat jordaniens survolent une partie du territoire syrien pour bombarder une autre organisation qui lui est affiliée.

Où tout cela va t-il mener? La réponse à cette question ne peut valoir plus d’une poignée de dollars de plus.

La géopolitique pour les nuls

Aux États-Unis, le peuple peut se reposer sur CNN et Fox News pour se tenir informer, en France, nous avons BFMTV et même si cette chaine n’est pas aussi conséquente que ses consœurs nord-américaines, elle devient incontournable pour ceux qui ont un message à faire passer. Et BFMTV ne recule devant rien pour faire de l’audience, allant même jusqu’à téléphoner aux ennemis publics numéro un du moment – les frères Kouachi, responsables du massacre commis à Charlie Hebdo.

Chérif Kouachi (affilié à Al-Qaïda au Yémen) a pu s’expliquer sur son geste. Ainsi, il a expliqué avoir voulu venger le prophète Mahomet, objet des caricatures de « Charlie Hebdo », et a réfuté avoir tué des « civils », accusant les Occidentaux de tuer des femmes et des enfants en Irak, en Afghanistan et en Syrie.

De son côté, Amedy Coulibaly, auteur de la tuerie commise en même temps que celle du journal satirique, a lui téléphoné à la chaine d’informations – juste avant l’assaut des forces de l’ordre. Il aurait déclaré: « On s’est synchronisé (avec les frères Kouachi) pour faire les opérations. On s’est synchronisé pour le départ, cela veut dire qu’eux ont commencé par ‘Charlie Hebdo’ et moi j’ai commencé par les policiers ».

Il a ajouté avoir pris des otages pour défendre les musulmans opprimés notamment en Palestine, et a justifié le choix d’un magasin casher parce qu’il ciblait des juifs. Selon BFM TV, il a précisé avoir reçu des instructions de l’EI et a affirmé qu’il y avait « quatre morts » dans la supérette, un bilan confirmé après l’assaut.

Donc, si j’ai bien tout compris, l’État Islamique se bat contre les sionistes (c’est sans doute pour endormir la vigilance de Tsahal qu’ils ont envahi l’Irak et la Syrie, et que leur but ultime n’est pas de faire tomber les gouvernements de Bagdad et de Damas, mais bel et bien d’envahir Israël, en passant par le Golan); et Al-Qaïda sa bat contre les Occidentaux qui tuent femmes et enfants au Moyen-Orient (zut! Moi qui pensais que c’était justement les hommes d’Al-Qaïda qui massacraient des civils en Syrie).

Pour ceux d’entre-vous qui connaissent notre vision de la politique internationale, ces propos sont totalement ineptes. Mais dites-vous bien que la majorité de la population n’aura pas d’autre son de cloche, et que la seule information qu’ils retiendront est que les Musulmans sont dangereux, la preuve, non seulement ils s’attaquent à un symbole (!) de la liberté d’expression de la France, mais en plus ils tuent des juifs innocents… Et comme ils se réfèrent à Al-Qaïda, à la Syrie et à l’EI, il n’y a qu’une réponse possible: Il faut libérer Damas!

Importation de la bataille de Kobane en Turquie

La bataille de Kobane fait couler beaucoup d’encre, mais on entend/lit/voit moins d’infos concernant les manifestations kurdes en Turquie. Et pourtant, c’est un fait, une partie de la population kurde du pays descend tous les jours depuis presque une semaine dans les rues d’Ankara, Istanbul et ailleurs afin de réclamer un geste du gouvernement en faveur des Peshmergas combattant de l’autre côté de la frontière.

Peine perdue! Non seulement le président nouvellement élu – Erdogan – mais aussi son premier ministre (qui était le chef de la diplomatie dans le précédent gouvernement); n’ont aucune envie de traverser la frontière, mais en plus les manifestations ont fait plus de trente morts uniquement côté kurde. Et Erdogan a promis de prendre toutes les mesures nécessaires pour réprimer les fauteurs de troubles…

Si, vu de l’extérieur, l’État a l’air de gérer la crise; à y regarder de plus près on se doute que le président fait face à une crise majeure; la première de son quinquennat, mais certainement pas la dernière.
Petit rappel, la population kurde en Turquie est estimée à un peu plus de 13 millions de personnes ce qui représente environ 20% de la population totale. Ce n’est pas rien. Surtout que le PKK – Parti des travailleurs du Kurdistan, parti nationaliste kurde en lutte contre le régime turc depuis des décennies et en pourparlers de paix avec Ankara depuis fin 2012 – vient d’en rajouter une couche en rappelant une partie de ses troupes en Turquie; retirées du territoire turc après les cessez le feu de mars 2013 et déployées dans les monts Kandil (dont l’extrême nord de l’Irak).
Le chef emprisonné du PKK (Abdullah Öcalan) a averti récemment que la chute de Kobané signifierait la fin des pourparlers du paix et a intimé aux autorités turques de faire des gestes pour le sauver avant le 15 octobre.

Et si la situation n’était pas assez tendue, le chef du Parti Démocratique Populaire – Kemal Kiliçdaroglu – ajoute un peu plus à la confusion ambiante en taxant le gouvernement de collusion avec Daech et en fustigeant son inaction à Kobane. La réponse du premier ministre (Ahmet Davutoğlu) ne s’est pas fait attendre, il a qualifié l’opposant de traitre et lui a intimé l’ordre de se taire. Sur les allégations concernant Daech, il répond ceci: « Personne ne peut prouver l’affirmation selon laquelle ISIL a reçu de l’aide [de la Turquie]. Il ne convient pas au leader du principal parti d’opposition d’accuser l’Etat sans avoir aucune preuve « 

Le 9 octobre Kılıçdaroğlu a suggéré que le gouvernement devrait renouveler le mandat parlementaire autorisant l’armée turque à se mobiliser en Syrie, en précisant que ce serait dans le seul but de sauver la ville frontalière de Kobane des djihadistes: « Limitons l’opération terrestre de notre armée à l’objectif de sauver Kobane et conduire ISIL à partir de là. Laissons définitivement tomber l’article qui permet à des soldats étrangers de stationnés dans notre pays. Au lieu de cela, nous pourrions ajouter une formule qui dit que nous pourrions fournir une coopération pour des frappes aériennes »

« Pour connaitre les intentions du roi, il faut suivre son fou »

Le titre de cet article n’est pas un proverbe, ni même une astuce pour jouer aux échecs; c’est juste une constatation applicable à la géopolitique moderne. Par roi, il faut comprendre président; et par fou, son ministre de la défense.

En France, Jean-Yves le Drian est un des rares ministres à avoir gardé son poste malgré les différents remaniements ministériels. C’est l’homme à suivre, celui qui jalonne les routes qu’emprunteront les soldats français. Il est le ministre de la défense qui a déployé le plus d’hommes sur le plus grand nombre de théâtres d’opérations depuis la guerre d’Algérie. Il est partout et nulle part à la fois. Certains de ses déplacements sont médiatisés, d’autres se font dans la discrétion.

M. le Drian effectue en ce moment sa quatrième visite aux États-Unis depuis son investiture en Mai 2012. Il a rencontré hier son homologue américain – Chuck Hagel – avant de s’entretenir ce matin avec la conseillère à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Susan Rice; pour finir par une entrevue avec le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, dans l’après-midi.

Suite à la réunion avec Chuck Hagel, une conférence de presse a eu lieu, au cours de laquelle le ministre US a fait quelques déclarations. Notamment celle-ci:

Nous avons discuté des possibilités d’une implication de la France en Syrie pour combattre les jihadistes de l’Etat islamique (…)
La menace représentée par le groupe EI ne s’arrête pas à certaines frontières et à certains pays, et c’est quelque chose dont nous avons discuté…

La déclaration est évasive, mais les possibilités ne sont pas nombreuses. Les services de renseignement français sont déjà sur place – et depuis un bon moment – l’aviation française bombarde déjà des positions de l’EIIL en Irak, le faire en Syrie ne représente pas un problème insurmontable. Il ne reste donc qu’une seule possibilité: l’envoi de troupes au sol.

Certains d’entre-vous doivent penser que c’est aller un peu vite en besogne, et qu’il doit y avoir une autre option. Je ne vois pas laquelle. Pire, il y a quelques semaines de ça, j’ai vu le discours du premier ministre Manuel Valls devant l’assemblée juste avant le vote de confiance du parlement. C’était au moment où la France avait pris la décision d’intégrer la coalition internationale contre l’EIIL. Après son discours, et comme dans les tribunaux, la parole a été donnée à l’accusation (l’opposition), deux partis ont répondu: l’UMP (la droite) et les escrologistes écologistes; deux partis que rien ne semble pouvoir rapprocher. Et pourtant, les deux mouvements ont explicitement donné leur approbation à la mise en place des frappes aériennes en Irak, allant même jusqu’à dire qu’ils voterait pour le déploiement de troupes au sol si le gouvernement venait à le demander. Or, à l’époque, aussi bien François Hollande que Manuel Valls se refusaient à un tel scénario. Étonnant quand on se rappelle avec quelle hargne le président français exhortait ses homologues européens et nord américains à envahir la Syrie, suite à l’utilisation de gaz mortel, il y a de cela un an.

Quelques jours plus tard et après le meurtre du touriste français en Algérie, François Hollande a lui aussi fait un discours, mais à l’ONU. Je vous passe les détails, mais pour faire court voici un résumé de la pensée de notre président: C’est la faute à Bashar al-Assad! Il ne mérite pas d’être sur terre (cette dernière affirmation est de Laurent Fabius, mais l’idée est la même)!

Il y a quelques jours de ça; le ministre de la défense français à dit ceci: « L’hypothèse d’une intervention française en Syrie, qui était au départ écartée par Paris, est désormais posée sur la table. »

Retour à la conférence de presse Hagel-le Drian. Ce dernier a mis en garde contre le risque de connexion entre tous les groupes terroristes qui agissent dans l’ensemble de la zone qui va du Nigeria au Proche-Orient. Ça représente pas mal de monde, non? A ce propos, j’ai eu la réponse à la question que je me posais concernant Boko Haram et le Califat. Le Califat dont parlait Abubakar Shekau, le chef de Boko Haram, c’est le sien! Donc, il existe à l’heure actuelle deux califats; un dans les étendues désertiques du Moyen-Orient, l’autre au sein des jungles d’Afrique équatorienne…

Du grand art!

Connaissez-vous l’expression: « Couper l’herbe sous le pied« ? C’est ce que vient de faire le régime syrien. Le ministre des Affaires Étrangères, Walid Mouallem, lors d’une conférence de presse a fait cette déclaration:

La Syrie est prête à une coopération et à une coordination sur le plan régional, international et bilatéral pour lutter contre le terrorisme dans le cadre de la résolution 2170 du Conseil de sécurité de l’ONU

La résolution 2170 a été adoptée le 15 août à l’unanimité, elle vise à empêcher le recrutement et le financement des jihadistes en Syrie et en Irak. Le texte est placé sous le chapitre VII de la Charte des Nations unies, ce qui permet de recourir à des sanctions, voire à la force, pour le faire appliquer mais n’autorise pas pour l’instant d’opération militaire. Les sanctions possibles consistent notamment en un embargo sur les armes, des gels d’avoirs et une interdiction de voyager. Pour ce qui est de l’embargo sur les armes, je ne suis pas certains que les USA, la Grande-Bretagne, la France et tous les autres se sentent visés.

Cette déclaration du ministre syrien est déjà un pied de nez à l’Occident. Celui-ci fait des pieds et des mains depuis plus de trois ans afin de trouver des prétextes – plus ou moins bien ficelés, cf le reportage du Monde d’Août 2013 sur l’utilisation du gaz sarin – pour pouvoir lâcher quelques bombes sur l’armée syrienne; mais la Chine et la Russie veillent et l’Occident se contente de voir ses plans échouer les uns après les autres.

Mais le clou de la conférence de presse est à venir; puisque à la question d’un journaliste « Y compris avec les États-Unis et la Grande-Bretagne ? » la réponse a fusé: « Ils sont les bienvenus! »

« Ils sont les bienvenus! » Diable! En voilà du grand art diplomatique! Inviter son ennemi à lutter dans le même camp…
D’un autre côté, c’est un juste retour des choses, puisqu’il y a quelques jours le chef de la diplomatie française – Laurent Fabius – avait invité tous les pays limitrophes de l’Irak et de la Syrie à lutter contre l’EI y compris…l’Iran! Nous assistons donc à une déclinaison de la maxime « L’ennemi de mon ennemi est mon ami » à toutes les sauces.

Mais cela ne s’arrête pas là. Walid Mouallem a aussi eu cette phrase:

Nous sommes d’ici et savons quand les raids sont utiles ou pas. Nous saluons tout effort dans la lutte contre le Front al-Nosra et contre l’Etat islamique mais la vraie question est: les raids sont-ils efficaces pour les liquider? Je ne le pense pas

Il a prôné l’assèchement des sources du terrorisme, notamment le financement et l’armement avec le contrôle des frontières par les pays limitrophes et un échange de renseignements (ce qui n’est pas le cas actuellement).

Le contrôle des frontières et un échange de renseignements? Rien que ça. Autant dire la fin des djihadistes et des rêves occidentaux.
Pour résumer, la Syrie invite les pays voulant lutter contre al-Nosra et l’EI à former une coalition ayant Damas pour centre, mais elle invite aussi ces mêmes pays à coordonner leurs actions avec l’etat-major syrien afin d’éviter qu’un chasseur américain (ou autre) ne soit abattu par la défense anti-aérienne…

Certains pensent que cette invitation est une façon de faire entrer le loup dans la bergerie. Certes, cela est possible; mais avouons quand même que cette invitation est du grand art…du très grand art diplomatique.

Appelons les choses par leur nom

Marcel Achard a dit un jour: Le véritable gentleman est celui qui appelle toujours un chat un chat. Même lorsqu’il trébuche dessus et qu’il tombe.

Je ne me considère pas comme un gentleman, juste un terrien curieux, mais je pense savoir faire la différence entre la lutte anti-terroriste et une guerre. Je conçois que pour certains la limite entre les deux peut paraître ténue, voire même inexistante; et pourtant elle existe, elle est comparable à un gouffre.

Certes, il faut comparer ce qui est comparable. Le terrorisme actuel n’a plus grand chose à voir avec celui du XXième siècle. Certaines choses n’ont pas changées comme l’installation de la terreur au sein de la population à l’aide d’engins explosifs et/ou d’assassinats; ce qui a changé, en revanche, c’est la logistique et l’ampleur des mouvances terroristes. Je ne parlerai pas des alliances plus ou moins masquées entre certains Etats et certains mouvements « rebelles »…

Non, je veux parler de l’excuse terroriste qu’utilisent certaines nations afin d’arriver à leurs fins. Je n’évoquerai pas le cas d’Israël – d’autres en parlent mieux que moi, et leurs articles sont disponibles sur le web, notament ici, sur Strategika51 – mais plutôt celui de l’Ukraine. Car si un pays comme la Syrie utilise tout son arsenal militaire pour faire face à des hordes de terroristes venus du monde entier – et qui n’hésiteraient pas à transformer ce pays en desert wahhabite – l’Ukraine en fait autant, mais pour quoi? Juste pour calmer un partie de sa population.

Si je compare Kiev à Damas ce n’est pas sans arrière pensée. Même si – en théorie, et encore, tirée par les cheveux – les djihadistes opérant en Syrie sont les « descendants » de la rebellion anti-régime de 2011, il n’en va pas de même pour les pro-russe ukrainien. Le fait que les combattants extrémistes qui ravagent la Syrie viennent d’un peu partout sur la planète fait que ce conflit est bien un guerre, et que la population syrienne peut aisément les assimiler à des ennemis. Mais quid de la population ukrainienne dans son ensemble?

Ce qui se passe dans le Dombass et dans l’Est de l’Ukraine, en général, n’est rien de plus qu’une guerre civile. Or, les guerres civiles laissent des traces beaucoup plus profondes que les conflits habituels. Que se passerait-il en cas de victoire de Kiev face aux résistants pro-russe? La population ukrainienne se jèterait-elle comme un seul homme à l’assault des terres de l’Est? Rien n’est moins sûr. Déjà que la capitale Kiev va devoir se passer d’eau chaude jusqu’au mois de Novembre; pour l’instant c’est l’été, mais au mois de Septembre les choses risquent de bouger; et ce n’est pas son passé de boxeur qui va sauver le maire de Kiev de la vindicte populaire. Ce ne sera pas l’armée non plus, car sa chasse aux sorcières dans l’Est risque de prendre des allures de front russe. Avec la certitude de ne plus pouvoir s’approvisionner en gaz auprès de Moscou et ce, même pour tout l’or du monde.

Il se pourrait que dans les mois qui viennent on assiste à une nouvelle révolution en Ukraine. Mais en attendant – et n’en déplaise aux dirigeants occidentaux et à leurs journalistes suiveurs – nous assistons bien à une guerre civile, avec son cortège de massacres et de disparitions…

Recep Tayyip Erdoğan et Israël: Je t’aime! Moi non plus…

Le Premier Ministre turc, Recep Tayyip Erdoğan, est candidat à la présidentielle; et comme tout bon prétendant qui se respecte, il fait des déclarations susceptibles de lui rapporter des voix. On assiste donc à des annonces toutes plus loufoques les unes que les autres, voici la dernière en date, où il fustige « l’usage disproportionné de la force contre des innocents » (par Israël dans la Bande de Gaza), appelant le monde et l’ONU à tout faire pour arrêter l’assaut.

Erdogan…l’homme qui mange à tous les râteliers. Capable de fermer les yeux sur les trafics d’armes et d’hommes sur ces frontières avec la Syrie, capable aussi, dans le même temps, de faire les yeux doux à Téhéran, tout en donnant un coup de main aérien et terrestre aux islamistes extrémistes opérant en Syrie et tentant – toute honte bue – de faire du chantage à l’OTAN concernant son système anti-missiles… Et maintenant, il vient au secours des palestiniens. Je propose de le nommer pour le prix Nobel de la Paix (ce ne sera pas pire qu’Obama).

Rappelons que depuis l’assaut des commandos israéliens sur la flotte de navires venus forcer le blocus de Gaza, en 2010, et qui a fait 10 morts parmi les activistes turcs; les relations entre Tel-Aviv et Ankara n’étaient sont plus au beau fixe. Toutefois, le président US a joué les médiateurs et poussé Israël à faire des excuses et à dédommager les familles des victimes (si Obama n’avait pas joué les entremetteurs, Erdogan aurait certainement laissé tomber l’aide aux djihadistes).

Certaines mauvaises langues vous diront que le commerce en revanche, se portait très bien entre les deux états les deux pays la Turquie et Israël, surtout pour ceux qui enfreignaient l’interdiction, dont le fils du premier ministre turc lui-même.

Bref, une fois de plus Erdogan nous prouve qu’en politique il n’y a pas d’amour propre, ni de honte, juste la volonté d’accéder au pouvoir suprême.

Dernière info: Bibi vient de lui répondre (ainsi qu’au reste du monde):

« Aucune pression internationale ne nous empêchera de frapper les terroristes qui nous attaquent… »

As usual…

Coup dur pour l’opposition syrienne modérée

Certains y verront une relation de cause à effet, d’autres une coïncidence, d’autres l’œuvre des illuminati ou des extraterrestres, mais le jour où Barack Obama demande au Congrès US de débloquer 500 millions de dollars d’aide pour l’entrainement et l’équipement de l’opposition modérée syrienne, celle-ci se déchire! Et cette fois, les coutures ont lâché de toutes parts.

Cela a commencé dans la matinée; le chef du gouvernement provisoire – Ahmad Tohmé – avait décidé de dissoudre le Conseil militaire supérieur et de déférer ses membres devant le comité de contrôle financier et administratif du gouvernement pour qu’ils fassent l’objet d’une enquête, avait annoncé un communiqué diffusé sur la page Facebook du gouvernement. Le général de brigade Abdel Ilah al-Bachir (chef d’état-major) était également limogé.

Coup de théâtre, quelques heures plus tard, le comité politique de la Coalition nationale des forces de la révolution et de l’opposition syrienne dirigé par Ahmad Jarba annonçait dans un communiqué que: « le chef du gouvernement provisoire, Ahmad Tohmé, a outrepassé ses pouvoirs. » Le comité politique a ainsi décidé de demander au Conseil général de se prononcer sur cet abus de pouvoir lors de sa prochaine réunion, du 4 au 6 juillet à Istanbul, et de prendre les mesures qui s’imposent.

En fait, le problème vient du fait que le président en exercice – Ahmad Tohmé – va devoir laisser sa place, après deux mandats consécutifs, car la réglementation interne ne permet pas d’en faire plus. Mais il en va au Moyen-Orient comme chez nous, le pouvoir ne se lâche pas si facilement…
Le président voulait (d’après les dires de M. Ahmad Jarba) dissoudre le gouvernement en place afin d’en nommer un nouveau plus proche de sa vision de l’opposition – comprendre plus accès sur la lutte armée.

Car pour comprendre un peu mieux ces guerres incessantes au sein de l’ASL, il suffit de savoir que Ahmad Tohmé est proche du Qatar, alors que Ahmad Jarba a le soutient de l’Arabie Saoudite…
Avant d’entrainer les troupes, le gouvernement de Barack Obama devrait commencer par donner des leçons de politique aux dirigeants de l’opposition modérée syrienne.