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Ajustements au Moyen-Orient

La crise diplomatique autour du Qatar a gelé divers conflits régionaux et a masqué des tentatives de règlements de quelques autres. Nul ne sait quand aura lieu le lever de rideau, mais il devrait faire apparaître une région profondément transformée.

1— Le conflit palestinien

Depuis l’expulsion de la majorité des Palestiniens hors de chez eux (la Nakhba, le 15 mai 1948) et le refus par les peuples arabes de ce nettoyage ethnique, seules la paix séparée israélo-égyptienne des accords de Camp David (1978) et la promesse d’une solution à deux États des accords d’Oslo (1993) ont partiellement modifié la donne.

Cependant lorsque l’on révéla les négociations secrètes entre l’Iran et les États-Unis, l’Arabie saoudite et Israël décidèrent à leur tour de discuter. À l’issue de 17 mois de rencontres secrètes, un accord fut conclu entre le Gardien des deux mosquées et l’État juif [1]. Celui-ci se concrétisa à travers la participation de Tsahal à la guerre du Yémen [2] et le transfert de bombes atomiques tactiques [3].

Rappelons que cet accord prévoyait également de faire évoluer l’Arabie saoudite de sorte que sa société reste salafiste et que ses institutions deviennent laïques. Il prévoyait aussi l’indépendance du Kurdistan irakien (qui tiendra un référendum en septembre) et l’exploitation à la fois des champs gaziers du « quart vide » (qui sont à cheval sur l’Arabie et le Yémen, d’où la guerre actuelle) et de ceux de l’Ogaden (d’où le retrait cette semaine des troupes qataries de la frontière djiboutienne).

En définitive, l’Égypte a décidé de céder les îles de Tiran et de Sanafir à l’Arabie saoudite, comme elle s’y était engagée il y a un an. Ce faisant, Riyad a reconnu de facto les accords de Camp David qui gèrent notamment le statut de ces territoires. Israël a confirmé avoir obtenu des garanties saoudiennes.

Observons que la décision égyptienne n’a pas été prise sous la pression saoudienne (Riyad avait vainement bloqué ses livraisons de pétroles, puis un prêt de 12 milliards de dollars), mais en raison de la crise du Golfe. Les Séoud ont officialisé leur rupture avec les Frères musulmans qui couvait depuis la transmission par le président al-Sissi de documents attestant d’un projet de coup d’État de certains membres de la Confrérie contre eux. Dans un premier temps, l’Arabie avait cru pouvoir discerner entre de bons et de mauvais Frères musulmans. Elle avait déjà accusé le Qatar de soutenir les putschistes, mais les choses avaient évolué pacifiquement cette fois. Désormais Riyad entend combattre toute la Confrérie ce qui le conduit à revoir sa position à propos de la Syrie.

La cession de ces îles, égyptiennes depuis la Convention de Londres de 1840, n’a d’autre sens que de permettre à l’Arabie saoudite de reconnaître implicitement, 39 ans plus tard, les accords de paix égypto-israéliens de Camp David.

De son côté, Téhéran a accueilli la direction politique du Hamas (laquelle est principalement composée de Frères musulmans) à la fois au nom de la solidarité avec la cause palestinienne et parce qu’il partage la même conception de l’islam politique.

La prochaine étape sera l’établissement de relations commerciales publiques entre Riyad et Tel-Aviv ainsi que l’exposeThe Times du 17 juin (des sociétés israéliennes seraient autorisées en Arabie et la compagnie d’aviation El-Al pourrait utiliser l’espace aérien saoudien) [4], puis la reconnaissance de l’initiative de paix du prince Abdallah (Ligue arabe, 2002) et l’établissement de relations diplomatiques (le prince Walid ben Talal deviendrait ambassadeur) [5].

Ce projet pourrait amener à la paix en Palestine (reconnaissance d’un État palestinien et indemnisation des réfugiés), au Liban (retrait des fermes de Shebaa) et en Syrie (arrêt du soutien aux jihadistes et retrait du Golan).

La question du Golan sera particulièrement difficile car l’administration Netanyahu a affirmé —non sans provocation— son annexion tandis que les États-Unis et la Russie ont violemment réagi à l’expulsion de la Force des Nations unies chargée d’observer le dégagement (FNUOD) et à sa substitution par al-Qaïda [6]. Il n’est cependant pas impossible qu’au cours de la guerre de Syrie, Washington ou Moscou ait pris l’engagement auprès de Tel-Aviv de ne pas modifier le statu quo du Golan.

Ce projet de règlement général reflète la méthode des hommes d’affaire Donald Trump et Jared Kushner : créer une situation économique qui impose un changement politique. Il se heurtera nécessairement à l’opposition des Frères musulmans (Hamas), et du triangle de l’islam politique : l’Iran, le Qatar et la Turquie.

2— Le conflit irako-syrien

La totalité des acteurs de la région s’accordent à considérer qu’aujourd’hui l’Irak et la Syrie forment un unique champ de bataille. Toutefois les Occidentaux, qui s’accrochent aux mensonges de l’administration Bush Jr. (même s’ils admettent l’inanité des armes de destruction massives imputées à Saddam Hussein) et à la narration romantique des « printemps arabes » (même s’ils reconnaissent que ce mouvement n’a jamais tenté d’apporter de liberté mais au contraire d’imposer l’islam politique), s’entêtent à les considérer comme distincts.

Nous renvoyons nos lecteurs à mon livre Sous nos yeux pour ce qui concerne la manière dont la guerre a débuté [7]. Toujours est-il que depuis le début de la crise autour du Qatar, la guerre se limite en Irak et en Syrie à
(1) la lutte contre Daesh (Mossoul et Rakka) et à
(2) celle contre la Turquie (Baachiqa et Al-Bab) [8].

Ce qui est évident pour tous dans la région, c’est que depuis l’accession au pouvoir à Pékin du président Xi Jinping porteur du projet des deux routes de la soie, Washington a poussé à la création d’un « Sunnistan » à cheval sur l’Irak et la Syrie. Pour ce faire, il a financé, armé et encadré Daesh afin de couper l’axe de communication Beyrouth-Damas-Bagdad-Téhéran-Pékin.

Depuis quatre mois, l’administration Trump étudie et négocie la manière dont elle pourrait modifier cette politique et conclure un partenariat avec Pékin au lieu de la confrontation actuelle [9].

Alors que sur le terrain, s’enchaînent des événements contradictoires, les armées irakienne et syrienne ont subitement avancé depuis le début de la crise autour du Qatar. Elles ont libéré de Daesh leurs territoires frontaliers et sont aujourd’hui sur le point d’établir leur jonction (c’est-à-dire de rétablir la route de la soie). Les deux armées ne sont plus séparées que par deux cent mètres de terrain contrôlés illégalement par l’armée US [10].

Quant aux combats au Sud de la Syrie, ils ont miraculeusement cessé. Un cessez-le-feu a été proclamé unilatéralement par Damas à Deraa. En réalité, Moscou et Washington ont donné l’assurance à Tel-Aviv que la Syrie ne laisserait se déployer à sa frontière que des troupes russes et non pas iraniennes, pas plus que celles du Hezbollah libanais.

Bref, si le Pentagone suit les ordres de la Maison-Blanche, le conflit devrait largement cesser. Il ne resterait que l’occupation turque de l’Irak et de la Syrie, sur le modèle de l’occupation turque de Chypre dont l’Union européenne s’est lâchement accommodée. Les États-Unis et l’Arabie saoudite qui étaient des ennemis de l’Irak et de la Syrie redeviendraient à nouveau leurs alliés.

3— Le conflit yéménite

Les Yéménites pourraient faire les frais de l’évolution actuelle. S’il est clair que l’Arabie saoudite est entrée en guerre pour installer un gouvernement favorable à l’exploitation jointe des champs pétroliers du « Quart vide » et pour la gloire personnelle du prince Mohamed Ben Salman, il semble que l’aide apportée par l’Iran aux Houthis et à l’ancien président Saleh détourne les yeux des pays arabes et de la « communauté internationale » des crimes qui s’y commettent.

Il faut en effet choisir son camp et presque tous ont opté pour l’Arabie saoudite contre le Qatar et ses alliés turc et iranien. Ce qui était positif en Palestine, en Irak et en Syrie, s’avère négatif au Yémen.

Conclusion

Depuis le 5 juin et la rupture des relations diplomatiques entre Riyad et Doha, les chancelleries se préparent toutes à une possible guerre, même si seule l’Allemagne l’a évoquée publiquement. Cette situation est d’autant plus surprenante que c’est le Qatar et non l’Arabie saoudite qui est observateur à l’Otan [11].

Des démissions s’enchaînent à Doha, de l’ambassadrice des États-Unis Dana Shell Smith, au sélectionneur de l’équipe nationale de football Jorge Fossati. Non seulement les États alignés sur Riyad ont coupé leurs relations commerciales avec l’émirat, mais de nombreuses sociétés sans liens particulier avec le Golfe en ont fait de même au vu du risque de guerre. C’est le cas par exemple de COSCO, la plus grande compagnie maritime chinoise.

Quoi qu’il en soit, malgré ses revendications historiques justifiées, il semble impossible que l’Arabie saoudite annexe le Qatar alors qu’elle s’était opposée à l’annexion du Koweït par l’Irak pour les mêmes raisons. Une règle s’est imposée dans le monde depuis la décolonisation britannique : nul n’a le droit de toucher à des frontières conçues par Londres, dans le seul et unique but de maintenir des problèmes insolubles pour les nouveaux États indépendants. De cette manière Londres maintient de facto leur dépendance perpétuelle à son égard. Au demeurant l’arrivée prochaine de 43 000 soldats pakistanais et turcs venus défendre le Qatar devrait renforcer sa position.

 

[1] « Exclusif : Les projets secrets d’Israël et de l’Arabie saoudite », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 juin 2015.

[2] « La Force « arabe » de Défense commune », par Thierry Meyssan,Réseau Voltaire, 20 avril 2015.

[3] « Le Proche-Orient nucléarisé ! », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 7 mars 2016.

[4] “Saudi trade talks with Israel are historic first”, Michael Binyon & Gregg Carlstrom, The Times, June 17th, 2017.

[5] « Exclusif : L’Arabie saoudite construit une ambassade en Israël », Réseau Voltaire, 29 mai 2016.

[6] « Le Conseil de sécurité s’apprête à enjoindre à Israël de rompre avec al-Qaïda », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 2 juillet 2016.

[7] Sous nos Yeux. Du 11-Septembre à Donald Trump, éditions Demi-Lune, 2017.

[8] « Invasion militaire turque de l’Irak », par Ibrahim Al-Jaafari, Réseau Voltaire, 19 octobre 2016.

[9] « Trump : le business contre la guerre », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 14 février 2017.

[10] « Les USA empêcheront-ils la réouverture de la route de la soie ? »,Réseau Voltaire, 17 juin 2017.

[11] « Israël et des émirs dans l’Otan », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie) , Réseau Voltaire, 13 mai 2016.

Citation du jour: « Israël est la matrice mondiale du terrorisme »

« Israël est la matrice mondiale du terrorisme ». C’est l’une des citations que Cheik Sayed Hasan Nasrallah, Chef suprême du Hezbollah libanais dont plus de la moitié des unités spéciales combattent [en plein jour] sur tous les fronts en Syrie, a prononcé lors d’un discours à l’occasion de la journée mondiale d’Al-Qods (Jérusalem)

Le Chef du Hezbollah n’a pas mâché ses mots en ce qui concerne la Syrie en martèlant que Damas « est toujours là » et que les syriens, soutenus par l’axe de la résistance (Iran-Syrie-Hezbollah) et ses alliés (Russie-Chine), poursuivront le combat jusqu’au bout. Il ajoutera qu’une éventuelle chute de la Syrie entraînera l’anéantissement définitif de la Palestine.

En ce qui concerne la guerre au Yémen, Sayed Nasrallah assimile l’agression saoudienne contre ce pays à une stratégie israélienne en soulignant la convergence des buts et objectifs des deux piliers essentiels de la politique étrangère de la grande puissance américaine.

Pour le Hezbollah, Daech est un outil crée par les israéliens et les saoudiens pour détruire les pays hostiles à Israël.

Simultanément, un haut officiel iranien au fait des interminables négociations sur le programme nucléaire de Téhéran a affirmé que l’Iran ne reconnaîtra jamais Israël, quelle que soit l’issue des négociations avec ce que Téhéran qualifie de « forces de l’oppression universelle », laissant entendre que l’une des conditions posées par Washington aux iraniens lors de ces négociations incluerait une forme de reconnaissance d’Israël sous peine de guerre.

On comprend mieux dans ce contexte, l’hystérie des déclarations guerrières d’Hillary Rodham Clinton, candidate aux présidentielles US (excusez du peu!)  à l’égard de l’Iran.

Israël pratique le nettoyage ethnique de façon systématique (expert ONU)

Le rapporteur de l’ONU pour les territoires palestiniens,  Richard Falk a accusé vendredi Israël de pratiquer une politique de nettoyage ethnique à Jérusalem-Est.

« Les expropriations de biens et les démolitions de maisons palestiniennes, la construction de nouvelles colonies à Jérusalem-Est, l’impossibilité pour les Palestiniens d’y construire équivalent à une discrimination systématique basée sur l’identité ethnique », a  précisé Richard Falk qui subit des pressions multiformes dont des campagnes de diffamation à son encontre de la part des lobbies et des organisations pro-Sionistes à travers le monde.

Arrivé au terme de son mandat de six ans comme rapporteur de l’ONU, Richard Falk a confié son pessimisme et s’est senti plus libre de confier le fond de sa pensée. « Tout au long de ces six années, la situation du peuple palestinien et du droit international dans les territoires occupés n’a pas cessé de se détériorer », a déclaré le professeur juif américain avant de dénoncer  la poursuite de la construction du Mur, déclaré illégal par la Cour Internationale de Justice en 2004.

Environ 85% du Mur de séparation se trouve sur territoire palestinien en Cisjordanie et plus de 60% des 708 kilomètres prévus sont achevés, a-t-il dit en soulignant qu’Israël profite des crises en Syrie et en Ukraine qui détournent l’attention de la communauté internationale et permettent à l’Etat Sioniste de poursuivre sa « politique annexionniste »

Enfin, Richard Falk a émis une observation très intéressante soulignant  l’idiosyncrasie immuable des pro-sionistes en ce qui concerne leurs attaques ou campagnes de dénigrement à l’égard des personnes morales et physiques qui osent s’opposer à eux ou tout simplement dénoncer les pratiques criminelles des dirigeants israéliens. Falk qui a fait l’objet de diverses campagnes de diffamation a affirmé que ces dernières ont eu pour effet de détourner l’attention du message vers le messager et de parler des biais supposés de l’observateur plutôt que de ses observations.

Le Conseil des droits de l’homme doit nommer la semaine prochaine un nouveau rapporteur pour les territoires palestiniens et on peut supposer que Washington et ses alliés  bataillerons ferme pour que ce poste soit occupé par une personne acquise aux lobbies israéliens.

Guerre de l’ombre en Europe: l’ambassadeur de la Palestine à Prague éliminé par une bombe muette

Dans un énième épisode de la longue guerre de l’ombre se jouant en Europe entre les services secrets israéliens et leurs (rares) adversaires susceptibles encore de leur poser des problèmes, l’ambassadeur de la Palestine à Prague (République Tchèque) a été assassiné, mercredi 1er janvier 2014, par une bombe muette entreposée dans un coffre-fort de la chancellerie.

L’ambassadeur Jamal Al-Jamal qui a occupé auparavant des postes similaires en Bulgarie et en ex-Tchécoslovaquie puis consul à Alexandrie en Egypte,  était membre du l’Organisation de libération de la Palestine de l’ex-Président Yasser Arafat, assassiné dans d’obscures circonstances à Ramallah en 2004.

Côté officiel, on tente de présenter cet assassinat comme un accident domestique impliquant une mauvaise manipulation d’un coffre-fort doté d’un dispositif d’auto-destruction. Mais tous les indices convergent vers un acte complexe et habilement préparé. Le déménagement de la chancellerie palestinienne, effectué par une société locale aurait permis une intervention sur le coffre-fort de l’ambassadeur.

Les Palestiniens auraient-ils tenté d’acquérir des armes en dehors du contôle israélien dans les vastes marchés noirs « officiels » des pays d’Europe centrale et Orientale? Ou bien s’agirait-il d’un règlement de comptes (le Mossad n’oublie jamais rien)? La question reste posée.

Jamal Al-Jamal

Conflit au Moyen-Orient: panique au Nord d’Israël

Selon des informations publiques, des milliers d’israéliens se ruent depuis deux jours sur les masques à gaz et les moyens individuels de protection NBC (Nuclear, biological & Chemical) après la mise en place d’une zone sélective et partielle d’interdiction de survol au Nord, notamment à Haifa mais également plus au sud à Tel-Aviv.

Toutes les unités militaires sont en état d’alerte maximale et des réservistes commencent à rejoindre leurs unités au Nord et au Golan où de nouvelles brigades d’élite ont été déployées. Les principales bases aériennes du pays sont toutes protégées par le dispositif Iron Dome, renforcé et amélioré à plusieurs reprises ces trois derniers mois.

Israël se prépare à une guerre effective avec la Syrie depuis des années. Ces derniers mois, les forces armées israéliennes ont conduit de très nombreux exercices simulant une guerre régionale dans laquelle l’Iran, la Syrie et le Hezbollah libanais utiliseraient leur arsenal balistique contre l’Etat hébreu.

Conflit au Moyen-Orient: le Hezbollah, variable inconnue.

500 éléments du Hezbollah libanais effectuant le Salut Romain lors de la commémoration de la journée de la résistance
500 éléments du Hezbollah libanais effectuant le salut Romain lors de la commémoration de la journée de la résistance

Parmi les grands variables à prendre en compte lors de l’évaluation de la situation au Moyen-Orient, il en existe une, quasiment inconnue du public et susceptible de poser pas mal d’entraves aux plans de Washington: il s’agit du Hezbollah libanais.

Le Hezbollah est un acteur non-étatique, un parti politique doté d’une puissante milice armée organisée comme une secte fermée au sein d’une autre secte. Il est né des ruines fumantes de l’invasion israélienne du Liban en 1982. Il a acquis une très grande expérience dans la guerre asymétrique et l’usage de techniques de combat inconnues jusque-là. Il dispose d’étonnantes capacités de renseignement puisque ses réseaux d’espionnages ont réussi à inflitrer les services de renseignements militaires de l’armée israélienne à plusieurs reprises. Ses membres ont le meilleur équipement militaire individuel de toute la région du Moyen-Orient et cultivent le culte absolu du secret, se reconnaissent entre-eux par une série de signes.  Ils ont adopté le salut romain qui terrifie tant les israéliens. Le Hezbollah a été classé par Washington puis tout récemment par l’Union européenne comme une organisation terroriste.

Dirigée par un chef charismatique, Sayed Nasrallah, le Hezbollah a réussi l’exploit d’avoir fait fuir Israël du Sud-Liban en 2000 et d’avoir résisté, avec l’aide active de la Syrie à une tentative d’invasion du Liban en juillet 2006.  Lors de cette guerre, les éléments du Hezbollah ont fait voler en éclats le mythe d’invincibilité du char de bataille lourd israélien Merkava, un monstre hybride réunissant le meilleur des technologies de char US, Allemande et Britannique. La milice a tiré dès le début du conflit un missile antinavire fourni par la Syrie contre un bâtiment de surface de la marine israélienne doté d’une protection électronique hyper-sophistiquée, le touchant de plein fouet. Un nouveau équilibre stratégique s’est alors mis en place au Nord d’Israël.

Gratitude oblige, le Hezbollah est venu au secours de la Syrie en difficulté en 2013. Rarement on a assisté à un tel cas de figure: une milice défend un pays très faible, le Liban et se porte au secours d’un pays assez puissant d’un point de vue militaire dans le monde arabe. Bête noire de l’Arabie Saoudite à cause de son obédience chiite et donc hérétique du point de vue de Ryad, le Hezbollah a tenté de soutenir les factions de la résistance palestinienne, notamment le mouvement islamiste Hamas. Mais ce dernier s’est retourné contre lui et a rejoint la rébellion syrienne dans sa guerre contre le pouvoir à Damas.

Le Hezbollah comptabilisait entre 3000 et 5000 combattants en 2006 et d’un arsenal de quelques 40 000 roquettes. Aujourd’hui, cette milice vouée aux gémonies disposerait de quelques 100 000 roquettes et missiles, des drones et d’unités réduites mais très disciplinées qui pourrait poser un sérieux problème aux israéliens en cas d’une intervention étrangère en Syrie. C’est la grande inconnue des stratèges israéliens. Et il n’est pas exclu que le Hezbollah dont l’allié, le mouvement chiite Amal, se faisait pilonner par l’armée syrienne en soutien aux phalanges chrétiennes maronites en pleine guerre civile libanaise (1975-1988), ne puisse encore une fois porter secours à Damas.

Le Moyen-Orient est complexe.

Le Front Populaire de Libération de Palestine-CG menace de s’en prendre aux pays soutenant une attaque contre la Syrie

Le Front Populaire de Libération de Palestine-Commandement Général a menacé aujourd’hui dans un communiqué de cibler les intérêts de tous les pays participant à une éventuelle agression contre la Syrie. La diffusion de ce communiqué coincide avec la tenue, depuis ce matin, à Amman en Jordanie d’une réunion des chefs d’état-major de huit pays Arabes et Occidentaux pour étudier les conséquences sur les pays du voisinage d’une attaque coalisée sur la Syrie.

En cas de conflit ouvert, c’est Israël, la Jordanie, la Turquie, l’Arabie Saoudite qui subiront de possibles représailles de l’axe Damas-Téhéran.

Iran: « Dures conséquences si Washington franchit la ligne rouge » en Syrie

Une attaque militaire américano-israélienne sur la Syrie serait perçue comme une attaque généralisée contre la République islamique d’Iran. Le Chef adjoint de l’Etat-Major des forces armées iraniennes, le général Messaoud Jezayeri a explicitement averti de dures conséquences si Washington décide de franchir la ligne rouge en Syrie.

Les américains et les israéliens le savent depuis le début mais attendaient patiemment le changement de deux variables: primo, un affaiblissement suffisant des forces armées syriennes et de son économie; secundo, l‘arrivée de nouveaux systèmes d’armes capables de rendre obsolètes les systèmes d’armes russes, chinois et iraniens. Ce qui semble être fait vu les déclarations belliqueuses des Chefs d’Etats alliés des Etats-Unis.

Cependant, nul ne pourra prévoir ce qui adviendra au lendemain de l’incendie. Car, ne vous y trompez pas deux fois: une attaque américano-israélienne sur la Syrie et l’Iran marquera non seulement l’épilogue et l’échec définitif de ce que l’on a appelé « Printemps arabe » (jeu de mot signifiant « destruction arabe » en hébreu) mais également le début de la troisième guerre mondiale. Ironie du sort, celle-ci a toutes les chances de se déclencher à la veille de la commémoration du centenaire de la première guerre mondiale…

Proche et Moyen-Orient ou les enfants de l’anarchie…

Le changement de paradigme opéré en urgence par l’administration US du président Barack Obama dans sa gestion du Proche et Moyen-Orient a non seulement  brouillé des cartes et faussé des grilles d’analyses mais causé des troubles graves dans des pays comme l’ Egypte, la Tunisie et la Libye.

Une partie non-négligeable du monde musulman se retrouve désormais plongée dans l’anarchie.  Si la guerre en Syrie continue de faire rage, la Turquie assiste impuissante à la disparition de ses frontières méridionales tandis que l’Iran peine à faire face à un embargo économique, financier et technologique total.

Depuis le début du Ramadan, mois sacré musulman, des attaques asymétriques  ont visé les armées régulières d’Egypte, d’Irak, du Liban, de Libye, de Syrie et de Tunisie. C’est donc à un véritable Ramadan rouge que sont confrontés la plupart des pays du monde dit arabe.

Syrie

L’axe Damas-Bagdad-Téhéran est de plus en plus visé. Hier, Damas a condamné avec la plus grande fermeté les attaques terroristes massives ayant visé plusieurs villes irakiennes (un bilan officiel irakien évoque 55 morts et plus de 250 blessés).  Une semaine auparavant, une attaque contre la sinistre prison d’Abou Gharib, près de Bagdad, a permis l’évasion spéctaculaire de plus de 1200 détenus. Une grande partie de ces derniers se seraient dirigés en Syrie pour rejoindre les rangs des groupes terroristes se battant contre le gouvernement syrien.

Sur le terrain en Syrie, une vigoureuse contre-offensive en cours de l’armée syrienne à Khan Al-Assal (Alep), prise il y a quelques jours par des groupes liés à al-Qaïda au Levant.  La capture de la localité par une vingtaine de groupes armés a donné lieu à des représailles sanglantes puisque la « brigade du Califat » a passé au fil de l’épée plus de 220 personnes accusées de collaborer ou d’être des sympathisants du gouvernement.

La chute de Khan Al-Assal a été rendue possible par l’usage inédit de nouvelles tactiques et l’intervention directe d’unités militaires de pays voisins  « noyées » au sein des insurgés.  On évoque surtout des éléments de l’armée turque mais également quelques éléments de l’IDF (Israel Defence Forces) au Nord d’Alep où la frontière avec la Turquie a cessé d’exister sur fond de résurgence du nationalisme kurde.  Des sources syriennes indiquent que des unités parachutistes sont parvenus à pénétrer dans les alentours de Khan Al-Assal et sont actuellement en train de se battre à l’entrée de la localité.

D’autres unités mixtes de l’armée syriennes ont lancé une offensive  pour désengager l’aérodrome de Ming et la prison centrale d’Alep. La Prison centrale d’Alep, défendue par l’élite des forces du ministère de l’intérieur, est assiégée depuis avril 2013. Aux unités d’infanterie mécanisée se sont jointes des unités paramilitaires et des comités de la résistance palestinienne. Damas est parvenu à un accord secret avec les Kurdes au Nord pour faire face à l’ennemi commun: la Turquie et ses milliers de combattants étrangers inflitrés.

Plus au Sud, des offensives de l’armée syrienne à Sibina dans la périphérie de Damas ont été signalés.  Une intervention des blindés à Arbin dans la campagne de Damas s’est terminée par la destruction d’un groupe terroriste multinational.

A Hermon, une brigade de Jabhet Ennosra (le Front des Partisans) a été éliminée par des troupes de choc.  Dans le gouvernorat de Homs, des troupes de choc ont réussi à pénétrer dans la ville de Khalidia où les défenses de l’armée syrienne libre (ASL) et des groupes alliés se sont subitement effondrées.  Des tranchées et des blockhaus improvisés ont été découverts en plein centre-ville par les unités de génie de l’armée loyalistes. Ces dernières ont également découvert que des immeubles ont été plastiqués.

Dans le Sud du pays, une unité de la Garde Républicaine syrienne a éliminé la fameuse « brigade de la mort » et son chef Ibrahim Al-Misry. Près du Golan, l’armée syrienne recapture une localité non loin de la ville d’Al-Qunaïtra.

Sur le plan économique, Damas tente par tous les moyens possibles de limiter les effets de la guerre économique à outrance menée à son encontre. Le taux de change officiel est maintenu à 175 lires syriennes contre un dollar US.  De nouvelles lois répressives visant la spéculation et le marché noir viennent d’être promulguées. Ces dernières assimilent désormais les spéculateurs aux terroristes. Malgré la crise et les pénuries, une catégorie de nouvaux riches a émergé du chaos et de la spéculation.

C’est dans ce climat économique marqué par une recrudescence sans précedant du chômage que le ministère de l’intérieur lance une vaste campagne de recrutement afin de renforcer ses structures. Le renforcement de ces forces permettrait l’affectation des forces militaires à d’autres tâches plus urgentes. Selon des sources syriennes, plus de 35% des capacités de l’armée syrienne demeurent en réserve pour faire face à une éventuelle intervention étrangère.

Sur le plan de l’information, Les chaînes de télévision syriennes sont retransmises via le satellite russe AM44 EXPRESS.  La chaîne syrienne d’information en continu Al-Ikhbarya est toujours retransmise sur Eutelsat W2A. Radio Damas émet sur 102.8 FM à Damas et sa périphérie.

Egypte

L’appel du chef des armées égyptiennes, le général Abdul Fattah Al-Sissi, des centaines de milliers de manifestants anti-Morsi sont descendus dans les rues et les avenues des grandes villes égyptiennes. Des heurts sanglants ont opposé deux Egypte, causant près de 200 morts en une semaine. Des armes à feu ont été utilisés aussi bien par les partisans des Frères Musulmans que par des policiers en civils inflitrés parmi les manifestants. Au Sinaï, deux soldats égyptiens tués et plusieurs autres sont blessés dans une attaque à la roquette. Les insurgés islamistes utilisent désormais des armes lourdes.  Des hélicoptères Apache de l’armée égyptienne bombardent des repaires présumés de groupes armés. Si les troubles sanglants du Caire, d’Alexandrie ou de Port-Said peuvent déboucher sur un semblant de brève guerre civile, ceux de la péninsule du Sinaï risquent de durer pendant des années. Avec toutes les conséquences possibles sur la sécurité régionale

Libye

Les répercussions du chaos égyptien en Libye sont très graves. Déjà en plein chaos, le pays fait face à une campagne soutenues et organisée de terreur. La démission de plusieurs ministres du gouvernement a succédé l’évasion spectaculaire de plus d’un millier de détenus de la prison centrale de Bengazi. Des assauts contre des bâtiments officiels et attentats à la bombe contre le palais de justice de la ville ont coincidé avec un assaut contre un hôpital psychiatrique où  plus de 150 internés en fuite ont été armés.  Des dissidences sont signalés  au Sud du pays.  La Libye Occidentale est sous le gouvernement de facto d’une puissante tribu (Zentane) détenant des armes chimiques et des missiles balistiques de courte portée . Prolifération des coupeurs de routes. L’extrême Sud de la Libye, notamment près des confins frontaliers avec le Tchad, le Niger et l’Algérie est quasiment une  zone libre commandée par Mokhtar Belmokhtar.

Tunisie

La poursuite des assassinats politiques en Tunisie et la persistence d’un puissant maquis terroriste au Mont Chaambi dans la localité de Kasserine non loin des frontières algériennes menacent la sécurité nationale tunisienne. Des informations recueillies indiquent qu’une unité d’élite de l’armée tunisienne a été accrochée par des éléments terroristes retranchés au Mont Chaambi, causant la mort de dix militaires et des blessures à trois autres. Selon certaines informations non confirmées, les militaires auraient été égorgés et leur équipement volé. En Algérie, l’état-major de la 5e Région militaire de Constantine est en état d’alerte et des renforts en hélicoptères de combat et d’attaque au sol ont été dépêchés en urgence à Tebessa, face à Kasserine. Des sources parlent d’une opération imminente aux frontières afin de détruire toute éventuelle infiltration ou pour arrêter des secours fournis par des groupes basés en Algérie  aux 170  terroristes retranchés au mont Chaambi.

Conflit au Moyen-Orient: les plans de bombardements US contraires à Genève 2 martèle Lavrov

Les plans de bombardements américains de la Syrie, annoncés mardi par le général Martin Dempsey, vont à l’encontre de l’entente intervenue entre Moscou et Washington sur la convocation d’une nouvelle conférence internationale sur la Syrie (Genève 2), a annoncé mercredi le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

« Si nos partenaires américains mettent l’accent sur la livraison d’armes à l’opposition syrienne et sur la diffusion de leurs plans – visiblement, en cours d’élaboration – qui prévoient des frappes sur les positions du gouvernement syrien, cela ne correspond évidemment pas aux ententes visant à réunir la conférence sans conditions préalables », a déclaré M. Lavrov lors d’une conférence de presse à l’issue de négociations avec son homologue moldave Natalia Gherman.

Le président du Comité des chefs d’état-major des forces armées américaines, le général Martin Dempsey, a fait savoir mardi que les Etats-Unis avaient préparé un plan de bombardements de sites stratégiques en Syrie. Au Pentagone, on multiplie les fuites sur d’éventuelles frappes cinétiques tandis que la moitié de la flotte de drones lanceur de missiles est en train d’être retirée du Pakistan et d’Afghanistan et redéployée en Turquie, notamment sur la base aérienne US d’Inçirlik.

D’après des blogs anonymes de fonctionnaires du Département de la Défense US, le Pentagone a élaboré une demi douzaine de plans prévoyant des frappes aériennes et balistiques sur la Syrie. Le changement opéré dans la gestion du conflit syrien en écartant -en moins d’une journée, définitivement le Qatar de tout rôle et en attribuant la gestion du conflit à l’Arabie Saoudite (chargée notamment de financer la future bataille d’Alep) et Israël (menaces de « riposte » et donc d’intervention) entre dans le cadre d’une reconsidération des objectifs initiaux.

Le métier de diplomate est en crise profonde. Que ce soit au sein de l’ONU, l’Union européenne, la Ligue arabe ou l’Union Africaine, personne ne sait plus comment analyser ce qui se passe tant sont complexes les mécanismes d’ingénierie du chaos mises en oeuvre.  d’où la paralysie ayant frappé nombre d’instances internationales. Des dizaines d’analystes ont suivi la mode comme celle attribuant au Qatar un rôle diplomatique en plein essor en oubliant que tous ces pays ne sont, au mieux, que des pions dans un grand jeu dans lequel les 27 pays de l’UE n’ont aucun poids.

Syrie: le Président Assad invité ce soir à la chaîne d’information syrienne

Le président Assad est l'invité ce soir de la chaîne d'info en continu Al-Ikhbarya. Il sera interviewé par la présentatrice vedette de cette chaîne Ruby Hajly (deuxième à partir de la droite) et le journaliste Hussein Fayad (premier à partir de la droite). Les tentatives de diabolisation d'Assad ont échoué malgré l'utilisation des services de plus d'une centaine d'agences de  spécialisées dans la gestion d'image et la communication politique. Ce ne fut pas le cas avec le président irakien Saddam Hussein ou encore le "Guide" libyen Mouamar Gaddafi dont les excentricités et autres excès ont grandement facilité leur "démonisation" dans les médias mondiaux.
Le président Assad est l’invité ce soir de la chaîne d’info en continu Al-Ikhbarya. Il sera interviewé à 21h30 (heure de Damas) par la présentatrice vedette de cette chaîne Ruby Hajly (deuxième à partir de la droite) et le journaliste Hussein Fayad (premier à partir de la droite). Le président Assad a choisi une date symbolique: le 67e anniversaire de l’indépendance de la Syrie du Mandat français. Il se prononcera sur la situation dans laquelle se trouve son pays depuis plus de deux ans et de son conflit total avec les monarchies Arabes du Golfe arabo-persique, la Turquie et Israël soutenus par les Etats-Unis et l’ensemble de l’Otan.  Il abordera également les relations stratégiques que la Syrie entretient avec la Chine, la Corée du Nord, l’Iran et la Russie comme de  ses relations avec le Hezbollah libanais et la trahison du Hamas palestinien.  L’armée syrienne est en train de mener en ce moment même une série de contre-offensives éclair contre les groupes rebelles et les terroristes d’Al-Qaïda en Syrie au Nord et au Sud du pays, notamment à Derâa où des agents israéliens auraient été éliminés. Les tentatives de diabolisation d’Assad ont échoué malgré l’utilisation des services de plus d’une centaine d’agences spécialisées dans la gestion d’image et la communication politique. Ce ne fut pas le cas avec le président irakien Saddam Hussein ou encore le « Guide » libyen Mouamar Gaddafi dont les excentricités et autres excès ont grandement facilité le processus de leur « démonisation »  dans les médias mondiaux.

Conflit au Moyen-Orient: course contre la montre en Syrie

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(Montage: Strategika51)

La situation est de plus en plus dure en Syrie. Les milices du Front populaire pour la libération de Palestine viennent de rejoindre les milices soutenant l’armée syrienne contre les rebelles et les mercenaires étrangers, en livrant des combats à l’intérieur du camp de réfugiés palestiniens Yarmouk à Damas que les rebelles tentaient de capturer. Les forces rebelles s’attaquent désormais aux écoles militaires, aux garnisons et aux bases de défense antiaérienne après avoir visé les dépôts de carburants, les barrages, les pylônes de transport de l’énergie électrique et les radars. La situation est très difficile pour l’ensemble des protagonistes.
Afin de tenter de briser le cercle infernal, l’armée syrienne s’est engagée dans une course contre la montre d’autant plus que la rébellion est sur le point d’utiliser des vecteurs chimiques. D’où un assaut généralisé sur les bastions de la guérilla, comme le montre cette vidéo à Darya.

Voici la vidéo (diffusée sur Youtube)

Les chars syriens semblent protégés des tirs de projectiles et des grenades lancées contre eux par les rebelles et les mercenaires étrangers, notamment grâces à des briques Kontact (blindage réactif). L’un des trois chars du peloton active son écran de fumée pour parer à une éventuelle attaque au missile antichar.

La Palestine à l’ONU: Tel-Aviv estime que l’Europe l’a abandonné

Liste des pays ayant voté contre l’adhésion de la Palestine à l’ONU en tant que pays observateur non-membre:

USA, Canada, Israël, Panama, îles Marshall, Tchéquie, Micronésie, Palau et Nauru.

Donc deux pays nord-américains, un pays d’Amérique centrale, trois micro-états du Pacifique et…Un seul et unique pays d’Europe!

C’est ce dernier point qui a fait mal, très mal à Tel-Aviv qui estime, avec son habituelle propension à exagérer les choses, qu’il a perdu le soutien de l’Europe.

Il est à rappeler que deux poids lourds européens se sont abstenus lors de ce vote: l’Allemagne et le Royaume-Uni. C’est pas suffisant pour Tel-Aviv à en lire le quotidien israélien Haaretz (la terre). « Les pays européens ont laissé seul Israël »

Il aurait suffit que l’Allemagne ait voté en faveur de la Palestine pour que Tel-Aviv réclame d’autres indemnités pour le massacres de juifs européens lors de la seconde guerre mondiale.

Israël a néanmoins le soutien entier et indéfectible de l’hyper-puissance militaire américaine. Et d’un pays comme le Canada de Harper. Mais la paranoïa pathologique du gouvernement israélien n’en sera pas moins estompée…

Le vote à l’ONU pour la Palestine en tant qu’État observateur a été qualifié de victoire diplomatique pour la Palestine et a été salué par plusieurs pays du monde musulman à l’instar de l’Iran et de la Turquie. Dans ce dernier pays, un ministre turc n’a rien trouvé de mieux pour redorer le blason du Premier ministre Erdögan que d’affirmer que c’est lui qui a permis la réussite de ce vote. De la démagogie de janissaire!

A Tel-Aviv, la réaction et quelle réaction! ne s’est pas fait attendre: l’annonce de la construction de 3000 logements à Jérusalem-Est occupé a immédiatement suivi le vote à l’ONU. Même au Foreign Office britannique, on a jugé cette réaction comme basse et …puérile! Bref, rien d’étonnant pour un insupportable enfant gâté de la communauté internationale. Sauf que celle-ci s’est dramatiquement réduite ces derniers jours.

Israël reconnaît être à l’origine de l’assassinat du bras droit de Yasser Arafat

Tel-aviv a fini par reconnaître officiellement son rôle dans l’assassinat d’Abou Jihad, le bras droit du dirigeant palestinien Yasser Arafat, lors d’une attaque-commando menée en Tunisie en 1988, selon des extraits d’un article publié jeudi par le quotidien israélien Yediot Aharonot.

Israël a longtemps été suspectée de l’assassinat de Khalil al-Wazir, connu sous son nom de guerre Abou Jihad. Mais c’est seulement maintenant que la censure militaire a donné l’autorisation au quotidien Yediot Aharonot de publier cette information, dont une interview du commandant qui l’a tué, alors que le journal détenait cette information depuis 12 ans.

Pendant longtemps, le service de propagande et de guerre psychologique du Mossad israélien avait propagé les rumeurs selon lesquelles le dirigeant palestinien aurait été éliminé par Arafat suite à des rivalités de leadership sur l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine)

Syrie: entre pressions diplomatiques et jeux d’échecs

Du jamais vu de mémoire de diplomate! A l’initiative du Royaume d’Arabie Saoudite et sur instigation des principales puissances mondiales belligérantes contre le gouvernement de la Syrie, l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies a adopté vendredi 3 août 2012 une résolution condamnant le bombardement des rebelles (et des groupes terroristes) par l’armée régulière syrienne. La résolution dénonce le gel du Conseil de sécurité et son incapacité à résoudre la crise en Syrie. 
L’Arabie Saoudite ne s’est pas distinguée par une quelconque action diplomatiques multilatérale en faveur des palestiniens au cours des 50 dernières années. Mais semble très agitée pour en finir avec le régime syrien qu’elle a toujours considéré comme étant l’un de ses pires ennemis après l’Iran.
La résolution a été soutenue par 133 pays , 12 ayant voté contre et 31 s’étant abstenus. La présidence par la France du Conseil de sécurité de l’ONU augure de sombres perspectives pour Damas. Dans l’étrange répartition des rôles en cours depuis l’alignement sans faille de Paris dans l’orbite néoconservatrice et promondialiste, la France a en effet pour tâche de faire aboutir les projets d’agression au conseil de sécurité de l’ONU. Une manière de faire oublier l’opposition assez somptueuse de ce pays à la guerre contre l’Irak par la voix de Dominique de Villepin.

Pendant ce temps, après une courte accalmie à Alep, les combats ont repris dans le quartier de Salaheddine (du nom du célèbre Roi Saladin du Moyen-âge). Depuis le début des combats à ALep, l’armée syrienne, soutenue par des milices tribales a réussi à éliminer entre 1600 et 2000 combattants de l’ASL (armée syrienne libre) parmi lesquels un grand nombre d’étrangers.

L’entrée en lice des milices tribales est la conséquence des exécutions sommaires des combattants de l’ASL qui n’ont pas hésité à filmer l’exécution de membres du clan sunnite des « Berri » à Alep. Les images de cette exécution sommaire sauvage ont fait le tour des chaînes d’information du monde arabe et provoqué un sérieux coup dur pour la réputation des rebelles que les médias dominants continuent à présenter comme des contestataires pacifiques revendiquant la démocratie.
Dans la périphérie d’Alep, une embuscade de l’armée syrienne a coûté la vie à 70 rebelles tandis que deux chars de combat, volés par des militaires déserteurs ont été détruits.

A Damas, des groupes rebelles ont tenté d’immiscer les réfugiés palestiniens dans le conflit en pilonnant au mortier le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk à partir du quartier Ettadamon, faisant plus de 22 morts et des dizaines de blessés. Les groupes armés, regroupant 400 éléments, ont été rapidement encerclés par l’armée syrienne dans ce quartier chaud. L’ASL a miné des ruelles et des habitations pour freiner l’avancée des troupes régulières à l’intérieur du quartier.

Visant à créer une diversion afin de desserrer l’étau sur ce groupe, un autre groupe lourdement armé a tenté de s’attaquer au siège de la télévision et la radio syriennes mais fut repoussé par des unités militaires.

A la frontière avec le Liban, l’armée syrienne a éliminé sept personnes armées qui tentaient de s’infiltrer à partir de ce pays. Les autorités syriennes assurent que ces hommes armés appartiennent aux forces libanaises favorables à Israël.

Plus au Nord, en territoire turc, des combattants du parti des travailleurs kurdes (PKK) ont mené une série d’attaques visant l’armée turque. Le bilan officiel fait état de 2 morts et des dizaines de blessés mais d’autres sources font état d’un bilan plus lourd.

La visite du ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu à Kirkouk sans en aviser le gouvernement irakien a provoqué l’ire de Bagdad qui a envisagé un certain temps de retirer son ambassadeur d’Ankara. La question kurde est à nouveau au coeur du conflit au Moyen-Orient, plus de 85 ans après le Traité de Lausanne.

En Israël, les forces armées sont prêtes à mener, avec l’OTAN, la Turquie et les alliés arabes, une guerre d’envergure contre le Liban-Sud et la Syrie visant le changement de régime en Syrie et l’élimination du Hezbollah libanais. Cependant, les américains ne veulent en aucun cas une immixtion d’Israël dans ce dernier avatar guerrier du printemps arabe, ce qui équivaut à l’échec de l’ensemble de la stratégie subtile adoptée depuis le début de cette campagne iconoclaste en 2011 basée sur l’ingénierie du chaos à l’échelle géopolitique. D’où les promesses et les signes probants de plans d’attaque contre l’Iran présentés par les officiels US aux israéliens.

Syrie: Washington pourrait déclencher un nouveau type de guerre totalement inédit

Lassé par l’inefficacité de tous les plans visant à faire aboutir la « révolution syrienne » dans l’acception néo-orientaliste des arabisants de Washington, le président Obama a fini par donner carte blanche à la CIA et le commandement des opérations spéciales sur le terrain. En parallèle, le Pentagone vient de se manifester au sujet de la crise syrienne en affirmant que toutes les options sont étudiés pour intervenir en Syrie conformément aux déclarations de Susan Rice, la représentante permanente des Etats-Unis d’Amérique aux Nations Unis. En d’autres termes en contournant le circuit légaliste des Nations Unis et agir en solo, comme au bon vieux temps du Far-West.

Cette campagne est relayée par Hillary Clinton, secrétaire d’Etat US, qui a évoqué à l’occasion d’une visite dans un musée de l’holocauste à Washington,  le « devoir moral » des Etats-Unis d’Amérique d’intervenir dans des pays où les gouvernements ont failli à protéger leurs propres populations ou pour éviter des « génocides » et de citer ouvertement l’interventionnisme US en Libye et en Côte d’Ivoire.

Certains observateurs ont voulu voir dans cette nouvelle montée au créneau des ténors de l’administration Obama  moins une réponse à l’affirmation par la Syrie de posséder des armes chimiques qu’une exploitation assez pernicieuse d’une thématique usée de la contre-prolifération des armes de destruction massive (ADM)

Toutefois, on oublie un peu vite que c’est Israël qui détient le plus grand stock d’armes chimiques et bactériologiques au monde. A côté des ses armes, Tel-Aviv entretient de manière délibérée depuis des années l’ambiguïté nucléaire sur son arsenal d’ogives atomiques: Si en 1987, l’expert Mordechai Vanunu annonçait au monde, à ses risques et périls, l’existence de 200 ogives nucléaires israéliennes,  on peut supposer que ce chiffre a connu une nette hausse 25 ans après.

Depuis des mois, le Pentagone et la CIA (Central Intellignece Agency) travaillent sur des plans fort élaborés visant en premier lieu à empêcher par tous les moyens possibles et imaginables un débordement de la crise en Israël. C’est la ligne rouge absolue. Jusqu’ici, cet Etat est resté en retrait du tumulte en cours au Proche et au Moyen-Orient bien qu’il soit au centre et -si l’on croit les tenants de la théorie des complots-  la cause de cette tempête. A cet effet, les forces armées américaines ont mobilisé l’ensemble de leur ressources technologiques pour pouvoir mener un nouveau type de guerre totalement inédit.

A Damas, on se fait plus d’illusion sur les intentions réelles des pays « amis de la Syrie ». On se prépare en conséquences. Le style du nouveau ministre de la défense, le général Fahd Jassem Al-Freij semble irrésistible. Sur le plan interne, les forces armées se battent avec acharnement sur tous les fronts contre l’armée syrienne libre (ASL) mais également ses alliés d’Al-Qaida fi bilad Shâm (Al-Qaida au pays du Shâm), Al-Qaida en Mésopotamie, une armée de volontaires salafistes de diverses nationalités et des militaires turcs déguisés en combattants de l’ASL leur infligeant des pertes élevées.

Près de 2800 combattants syriens et étrangers de l’ASL tués dans la contre-offensive de l’armée syrienne à Damas en moins d’une semaine, mettant en échec une répétition de la chute médiatique de Baghdad et de Tripoli.  L’offensive de l’armée syrienne au sud-ouest a été telle que les combattants de l’ASL et les légions salafistes n’ont eu d’autres recours que de fuir et de se réfugier auprès des unités Golani d’Israël, poursuivis par les meilleures unités de l’armée syrienne, lesquelles n’ont pas hésité à tirer des obus en direction du territoire israélien.

A Alep où les turcs tentent de créer une zone libre avec l’aide d’agents de plus de 14 pays, l’ASL et les légions salafistes ont les plus grandes peines du monde à faire face au déluge de feu de l’armée syrienne dont les chefs sont profondément convaincus qu’ils sont en guerre avec Israël et son allié la Turquie et que les phases du conflit interne face à Al-Qaida et l’ASL ne sont que le prélude à une confrontation plus grande.

Sur le front externe, soutien accru et substantiel du front kurde contre Ankara malgré les rodomontades du premier ministre turc Tayip Reçep Erdögan de poursuivre les combattants du PKK en Syrie; restructuration des services de renseignement en unifiant sous une seule autorités les 39 agences de renseignement du pays; mise en alerte des unités stationnées au Golan; renforcement des unités déployées face à la Turquie, activation de la force de frappe balistique et mise à niveau de la défense aérienne.

La nomination du général Ali Mamlouk à la tête de la Sécurité nationale syrienne consacre un changement radical d’approche des questions liées à la sécurité nationale de ce pays puisque c’est lui qui supervise désormais avec rang de ministre l’ensemble des appareils sécuritaires syriens (renseignements de l’armée de l’air, la sûreté de l’Etat, la police politique, les cyber-unités, etc.). Il est secondé par le général Abdel Fateh Qodsya, le chef du renseignement militaire syrien. Cette démarche intervient moins d’une semaine après l’attentat terroriste ayant visé le 18 juillet  quatre hauts responsables sécuritaires syriens et démontre la détermination du pouvoir syrien à se battre.

Mais la détérioration de l’économie syrienne, aggravée par l’adoption d’un nouveau train de sanctions par l’Union européenne  limite la marge de manœuvre de Damas. Les syriens ont d’immenses difficultés à faire face à des mouvements de spéculation monétaire offensifs visant à provoquer une implosion de l’économie syrienne. C’est la raison pour laquelle les nouveaux chefs militaires veulent en finir au plus vite avec la rébellion tout en envisageant une guerre régionale avec au moins trois pays du voisinage immédiat. Ce que les Etats-Unis refusent absolument s’agissant d’Israël.

Pour Washington, cette nouvelle phase du Printemps arabe doit impérativement se terminer comme les autres phases avec les mêmes images, les mêmes icônes et le même cheminement médiatique. Pas question d’y inclure Israël. D’où la menace d’y intervenir directement en utilisant de nouvelles armes, de nouvelles tactiques et de nouvelles technologiques inédites. Car en cas d’intervention militaire contre la Syrie, le Hezbollah libanais  sera certainement de la partie en lançant ses 45 000 missiles et roquettes sur le Nord d’Israël tandis que les unités militaires syriennes tenteront de forcer un passage en force dans le plateau du Golan en usant d’armes chimiques entraînant une riposte non conventionnelle israélienne. Un scénario inacceptable pour Obama.

La République islamique d’Iran qui se prépare intensivement à la guerre « ultime » depuis quelques mois, au point de distribuer à l’ensemble des soldats et officiers des différents corps des forces armées, des Gardiens de la révolution et des milices populaires une brochure intitulée « les Six derniers mois » dans laquelle elle exhorte les iraniens à se préparer à la guerre de la « fin des Temps » et la venue du Mahdi, restera t-elle à l’écart d’une attaque étrangère dirigée par les Etats-Unis, l’OTAN, Israël, la Turquie, l’Arabie Saoudite, la Jordanie, Al-Qaida et les légions salafistes? C’est la grande inconnue. L’Iran est actuellement totalement encerclé par les armadas américaines dans le golfe arabo-persique, en Mer Rouge, En mer d’Oman, en Méditerranée orientale, en Mer noire, en Afghanistan et même en Asie centrale. De plus les  installations sensibles iraniennes sont menacées avec le transfert en Israël de bombes spéciales US de type MOP GBU 57 A et la mise en place d’éléments du bouclier antimissile US en Turquie, en Jordanie et en Pologne.

Indubitablement, l’entrée en guerre de l’Iran en cas de guerre contre la Syrie sera le détonateur d’une conflagration généralisée, voire d’un nouveau conflit mondial. Or, des rumeurs persistantes et tenaces émanant de l’intérieur du Pentagone font allusion à une attaque contre l’Iran dans le chaos immédiat qui suivrait la chute de Damas. On en est pas encore là mais le monde a toutes ses raisons de retenir son souffle. Dans tous les cas de figure, L’année 2012 s’annonce fatidique au sens étymologique du terme.

Crise syrienne: vers un conflit majeur au Moyen-Orient

Les évènements se précipitent au Moyen-Orient. Si d’un côté, le commandement militaire syrien semble tenir le coup après la décapitation partielle dont il a fait l’objet et amorcer une riposte, notamment contre la Turquie, la Jordanie et Israël, ses ennemis ne perdent pas de temps non plus.

En recevant hier le nouveau chef d’état-major des forces armées syriennes, le Général Ali Abdallah Ayoub, auquel il a souhaité bonne chance dans l’accomplissement de ses missions, le président Al-Assad semble déterminé à se venger des deux exécutants de l’attentat qui a coûté la vie à quatre hauts responsables sécuritaires et membres de son cercle fermé: la Turquie et la Jordanie.

Depuis cinq jours, les éléments du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui se battent depuis 1984 contre Ankara sont autorisés à établir des bases opérationnelles en Syrie septentrionale.  Au Sud, des soldats syriens habillés en civil ont réussi à s’infiltrer dans des camps de réfugiés syriens en Jordanie et y créer des troubles.

Mais c’est avec Israël avec lequel il demeure techniquement en guerre que le gouvernement de Damas entend solder les comptes en cas de dérapage de la situation. Près de 500 soldats syriens et une trentaine  de véhicules blindés ont franchi la semaine dernière  la zone démilitarisée au Golan près du village syrien de Jubata  à la poursuite de fuyards de l’armée syrienne libre (ASL) et de combattants salafistes de plusieurs nationalités voulant se réfugier en Israël. C’est la première fois que des militaires syriens pénètrent dans la zone de séparation mise en place par l’Accord signé en 1974 sur la séparation des forces des deux pays après la guerre d’octobre 1973. 

Les unités israéliennes qui ont reçu l’ordre de tirer sur tout convoi se dirigeant de la Syrie vers le Liban par crainte d’une livraison d’armes au Hezbollah n’ont pas bougé.

Cependant, Israël a déposé plainte auprès de l’Organisation des Nations Unies en qualifiant cet incident de particulièrement grave. « Cette initiative constitue un message très clair que nous adressons par l’intermédiaire de l’ONU à ceux qui contrôlent encore la Syrie », a déclaré un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Lior Ben Dor.

La région dans laquelle ont pénétré les militaires syriens, appuyés par des blindés a été occupée par Israël durant la guerre d’octobre 1973 avant d’être annexée en 1981.

Pour Tel-Aviv, l’intrusion des soldats syriens dans cette zone constitue une violation flagrante de l’accord de 1974 et pourrait avoir d’importantes implications pour la sécurité et la stabilité de la région. L’inquiétude est grande en Israël.

Même si les américains font tout leur possible pour écarter l’Iran de l’équation syrienne en déployant une impressionnante armada (quatre portes-avions et leurs groupes de bataille) autour de ce pays, Israël aura à affronter seul le Hezbollah au Liban-Sud en cas d’une intervention militaire étrangère en Syrie.

Ce n’est pas pour rien qu’Israël vient de mettre l’ensemble de ses unités stationnées dans le Nord en état d’alerte; les permissions des soldats et des officiers sont supprimées jusqu’à nouvel ordre.

Des observateurs estiment que la multiplication de submersibles non-identifiés au large de la Syrie et du Liban n’est pas étrangère à la mobilisation de l’ensemble des armées de la région en vue d’une guerre régionale majeure.

Des informations non confirmées à ce jour font état de la présence de sous-marins d’attaque israéliens de la classe Dolphin (de fabrication allemande) et armés de missiles Popeye. Des submersibles appartenant à d’autres pays de l’OTAN mènent depuis des mois des missions de reconnaissance au large de la Syrie.

L’autre pays belligérant, la Turquie a déployé des missiles Sol-Air à la frontière avec la Turquie tout en renforçant son dispositif militaire. Des batteries de missiles antimissile américaines auraient été déployées en Turquie tandis que des rumeurs persistantes font état de l’arrivée d’escadrilles de chasseurs F-22 Raptor dans les bases US d’Incirlik et de Batman.  A des milliers de kilomètres de la Syrie, à Diego Garcia, dans l’océan indien, des bombardiers stratégiques B-1B, B-2 et B-52 sont en état d’alerte maximum.

Les forces jordaniennes et surtout le renseignement de ce pays qui a joué un rôle fondamental dans la première et la deuxième  guerre d’Afghanistan, le 11 septembre, l’invasion de l’Irak, la guerre de Libye et  l’assassinat du ministre syrien de la défense, sont pleinement mobilisées en vue d’une intervention en Syrie. La présence de forces spéciales US en Jordanie est un secret de polichinelle: une partie des troupes de combat US retirée d’Irak a été redéployée en Jordanie dans le but de préparer la campagne syrienne.

A la concentration des satellites-espions au dessus de la Syrie et du Liban, s’ajoutent la guerre médiatique. Le gouvernement syrien a accusé des puissances étrangères de vouloir parasiter ses stations de radio et de télévision à des fins de propagande.

L’un des points les plus intéressants dans ce conflit est la présence d’une légion de volontaires de diverses nationalités mais dont le noyau dur est essentiellement arabe et turc. Du jamais vu depuis la première guerre mondiale même si le procédé a été utilisé avec succès contre les soviétiques en Afghanistan entre 1979 et 1988.  Des médias internationaux rapportent que des centaines de combattants jordaniens, égyptiens,  libanais, saoudiens, tchétchènes, géorgiens, afghans, libyens, tunisiens, yéménites, français, etc., se battent aux côtés de l’ASL (armée syrienne libre) en arborant des drapeaux noirs ou blancs (semblables à ceux des mouvements salafistes armés activant dans d’autres pays du monde musulman). Le nombre de ces combattants a redoublé avec l’accroissement des financements et des livraisons d’armes et de matériel par des pays hostiles à la Syrie. Leur encadrement par des britanniques, des français, des néerlandais, des turcs et arabes sert à la fois de couverture et de diversion.

La nomination de Bandar Ben Sultan  à la tête des services secrets saoudiens après le limogeage de son prédécesseur renseigne sur la panique génaralisée qui s’est emparée des dirigeants du royaume: Ryad tout comme Tel-Aviv,  n’a plus confiance en Obama et encore moins dans les plans en cours contre la Syrie. D’où la nomination d’un faucon dont l’une des premières décisions a été de frapper les intérêts russes. En s’attaquant aux représentants de l’Islam modéré au république du Tatarestan. En s’attaquant au Mufti de la république Faizov et son adjoint Valiulla Yakupov, connu pour leur opposition au salafisme et au wahhabisme, Bandar Ben Sultan chercherait à allumer un contre feu en Russie et pourquoi pas une réactivation des réseaux radicaux au Caucase russe dans le cadre d’un Jihad pro-OTAN contre Moscou avec l’implication de l’ensemble des républiques musulmane d’Asie centrale.

Pour l’instant, l’armée syrienne se bat sur quatre fronts. Mais ses chefs estiment que le combat pour laquelle elle a été préparée ces douze dernières années est à venir.  Vu l’immense arsenal israélien en armes chimiques, bactériologiques et nucléaires, il ne fait plus de doute que la région est au bord d’un gouffre.

Lors d’une conférence de presse tenue aujourd’hui, le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères a affirmé que la Syrie n’utilisera pas son arsenal d’armes chimiques qu’en cas d’agression de l’OTAN. Il a également fait part du rejet total par Damas de la proposition de la Ligue arabe de ménager un départ du pouvoir de Bachar al-Assad.

« Aucune arme chimique ou non conventionnelle ne sera utilisée contre nos propres citoyens (…), ces armes ne seront utilisées qu’en cas d’agression étrangère », a martelé le porte-parole du ministère, Jihad Makdessi, reconnaissant pour la première fois publiquement la détention par la Syrie d’un arsenal d’armes chimiques.

« Ces différentes armes sont stockées et sécurisées sous la supervision des forces armées et ne seront utilisées que dans le cas où la Syrie fait face à une agression extérieure« , a répété le porte-parole, soulignant que » les généraux [de l’armée syrienne] décideront quand et comment ces armes seront utilisées ».

M. Makdessi a par ailleurs accusé les occidentaux, Israël et certains pays arabes  de mener une campagne  une campagne médiatique visant à justifier une intervention militaire en mentant sur l'(éventuel) usage d’armes de destruction massive contre la population dans une tentative de répéter le scénario irakien en 2003.  Il a surtout mis en garde contre la possibilité que des parties étrangères arment les groupes terroristes  avec des bombes bactériologiques qui exploseraient dans un village pour que les forces syriennes soient accusées par la suite.

Bien avant ces déclarations, Israël a mis en état d’alerte ses forces de frappes balistiques à capacité nucléaire.  Les Etats-Unis semblent avoir finalisé plusieurs plans d’un assaut en backdoor, limitant au maximum la présence apparente de leur forces tandis que des armées de volontaires issus de ce que l’on appelle Al-Qaida sont encadrées et envoyés en Syrie sous supervision turque, britannique ou française.

L’Iran et le Hezbollah observent en silence. Ils mènent et font face à une intense guerre de renseignement et de cyberattaques. Cependant, ils se préparent depuis 18 mois au pire scénario possible. A un palier supérieur, les Etats-Unis, la Russie et la Chine s’observent en chiens de faïences: chacune de ces puissances connaît exactement les implications géopolitiques et géostratégiques de la situation actuelle au Moyen-Orient. L’objectif apparent est le démantèlement de l’Etat-nation syrien. Le principal objectif est la suprématie totale est définitive d’Israël, au moins jusqu’à l’année 2048 et au delà.

Tous les éléments indiquent l’imminence d’un conflit majeur au Moyen-Orient.  Une cinquième guerre entre Israël et la Syrie n’est plus exclue. De même qu’une guerre  entre Israël et le Hezbollah. Le sort d’Al-Assad importe peu dans ce contexte.  Il semblerait qu’en frappant les remparts de Damas, les vents du printemps arabe risquent de se transformer en une tempête nucléaire au dessus du lac de Tibériade.  Car ce fameux chemin de Damas semble mener tout droit non vers un Léviathan révé de réserves énergétiques mais à un Armageddon tant redouté où personne ne risque de s’en sortir vraiment indemne.

L’ombre d’une nouvelle guerre entre la Syrie et Israël plane sur le Moyen-Orient. L’Iran observe. Les USA réussiront-ils à éviter ce cas de figure et faire perdurer leur image du printemps arabe? C’est le principal enjeu sous peine d’une guerre mondiale.

Urgent: 70 % des unités de l’armée israélienne se massent aux frontières avec la Syrie; des forces spéciales US se concentrent au Nord de la Jordanie

Urgent: Pour la première fois depuis la création de l’Etat d’Israël, l’ensemble des unités de combat des forces armées israéliennes est en train de se concentrer au Nord à la frontière avec le Liban et au Nord-est dans le Golan à la frontière avec la Syrie en vue d’une guerre totale avec la Syrie.

Parallèlement, des unités des forces spéciales américaines se massent à la frontière entre la Jordanie et la Syrie. Un mouvement de concentration de forces similaire est enregistré en Turquie.

L’Affaire Arafat: rien de nouveau

La mort suspecte du président Arafat a porté un coup fatal à la cause palestinienne
Tout le monde le savait mais personne n’a osé le dire. La France sait mais ne révèlera jamais la cause du décès, le 11 novembre 2004, du dirigeant historique palestinien Yasser Arafat. Pour certains de ses anciens gardes du corps comme pour une bonne partie de l’opinion palestinienne, Arafat a été assassiné à l’issue d’un siège d’une violence inouie.

Malgré ses défauts, Arafat incarnait l’unité palestinienne: tous les courants politiques palestiniens, aujourd’hui à couteaux tirés lui reconnaissent ce rôle fédérateur. Un rôle d’icône du combat palestinien.
Longtemps confinée dans ce que l’on veut bien appeler les « théories du complot », la thèse de l’assassinat de Yasser Arafat refait surface après la découverte de quantités anormale de Polonium sur des échantillons biologiques prélevés sur ses effets personnels par un laboratoire suisse. Le Polonium est une substance radioactive très toxique. Cette substance a été utilisé en 2006 pour empoisonner à Londres Alexandre Litvinenko, un ex-agent du FSB russe en défection. Les empoisonnements de Chefs d’Etat ont une longue tradition historique mais demeurent assez rare depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Le troisième président d’Ukraine, Victor Iouchtchenko a échappé en septembre 2004 à une tentative d’empoisonnement impliquant un agent biologique tandis que d sérieux soupçons pèsent toujours sur la mort de l’ancien président algérien Houari Boumediène en 1978. Le dirigeant cubain Fidel Castro a également échappé à de multiples tentatives d’empoisonnement.

Quoi qu’il en soit, la découverte de traces de Polonium sur les effets personnels de l’ancien président palestinien a poussé des dirigeants palestiniens à demander le soutien de l’Organisation de la Ligue arabe pour l’ouverture d’une enquête internationale sur la véritable cause de la mort de Yasser Arafat.

Riad Al Malki, le ministre palestinien des Affaires étrangères a déclaré à ce propos: « nous demanderons la constitution d’une commission d’enquête internationale semblable à celle créée sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri afin que nous puissions résoudre toutes les questions sans réponse…Nous voulons montrer que l’Autorité, la direction et le peuple palestiniens sont tous impatients de connaître tous les détails de la mort d’Arafat, afin de clore ce dossier », a assuré le ministre à la radio officielle « la Voix de la Palestine/Sawt Filastine », au lendemain de l’accord donné par le président Mahmoud Abbas.

Au Caire, le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe, Ahmed ben Helli, a indiqué que des consultations étaient en cours pour fixer une date à la réunion d’urgence mais il reste trés peu probable sinon improbable que cette organisation panarabe puisse faire quoi que ce soit dans cette affaire.

Yasser Arafat est décédé à Paris le 11 novembre 2004 de cause inconnue. Il a passé les deux dernières années de sa vie assiégé dans son QG de Ramallah (près de Jérusalem) par les forces de l’armée israélienne. Isolé, amoindri, Arafat a su toutefois garder le contrôle de l’OLP et de l’Autorité palestinienne. Son autorité morale tenait en respect les courants islamistes. Le président de l’Autorité palestinienne en sera réduit à attendre la visite d’un émissaire étranger pour s’approvisionner en eau minérale. Le 2 avril 2004, Ariel Sharon déclare publiquement qu’Arafat n’a aucune assurance sur sa vie. Confronté au siège israélien, faisant face à des dissidences internes (opposition à Mahmoud Abbas sur la nomination du très controversé Mohamed Dahlan au poste de ministre de l’intéreur), lâché par l’administration américaine et assistant impuissant à l’indifférence de l’Union europénne, Arafat a tenu jusqu’au bout avant de succomber de manière suspecte à Paris. Dès ses funérailles-nationales-, des dizaines d’experts avaient déjà évoqué son assassinat par empoisonnement.

La mort du président Arafat a été catastrophique pour la cause palestinienne.

Fusillades de Toulouse et de Montauban: Israël réclame la tête de Catherine Ashton; récupération politicienne tout azimuts…

Israël veut la tête de la haute représentante de l’UE (Union européenne) pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Mme Catherine Ashton, qui avait établi un parallèle entre la fusillade de Toulouse et les massacres de l’armée israélienne contre les enfants palestiniens dans la bande de Gaza.

La Baronne britannique et chef de la diplomatie européenne dans le collimateur de Tel-Aviv

Tel-Aviv a poussé le bouchon jusqu’à affirmer que la britannique Catherine Ashton « ne peut plus occuper son poste » (sic!) et parle même de propos ayant compromis la « réputation de l’Union européenne en tant que médiateur impartial au Proche-Orient ».

La fusillade de Toulouse a connu un nouveau rebondissement rocambolesque avec l’apparition d’un suspect âgé de 24 ans, de nationalité française, nommé Mohamed Merah,  se présentant comme un membre de l’organisation fantôme connue sous le nom d’Al-Qaida. Ce dernier  s’est permis le luxe de téléphoner à une journaliste de France 24 pendant…11 minutes entières (!!) pour y relater ses « exploits ».  Ce que ne ferait pas le dernier des amateurs.

Les propos du suspect semblent incohérents et confus. Selon la presse, il aurait effectué deux séjours en Afpak (Afghanistan-Pakistan) et donc susceptible d’avoir été manipulé ou utilisé par les services secrets occidentaux et leurs alliés qui contrôlent depuis un peu plus de trois décennies les filières islamistes de par le monde et les utilisent en tant qu’outils géostratégiques.

Cette affaire assez douteuse  intervenant  en pleine campagne électorale française devient du pain béni pour Israël qui est montée au créneau, l’extrême-droite française et bien entendu le clan du président français Sarkozy.

Israël membre de la Ligue arabe: y êtes-vous favorables?

Damas face aux attentats terroristes

Après les sanctions économiques et financières, la contrebande d’armes et les tentatives d’infiltration de combattants étrangers, le régime syrien se retrouve face aux attentats terroristes effectués par des kamikazes. Un scénario déjà vu en Irak et au Liban mais inconnu en terre syrienne.

C’est la deuxième fois qu’un attentat suicide frappa la capitale Damas en l’espace de deux semaines. Le premier, survenu le 23 décembre 2011 a visé un bâtiment des services de renseignement des forces aériennes; le second, celui d’hier, a visé un bus à l’arrêt en plein milieu de Damas selon les  informations fournies par la télévision d’État. Des civils forment la majorité des victimes de ces attentats.

La terreur frappe à Damas

Indubitablement, le modus operandi porte celui des mouvances terroristes islamistes soutenues par les monarchies du Golfe arabo-persique mais également une signature qui pourrait aussi bien conduire aux services spéciaux d’un Etat avec lequel la Syrie est techniquement en guerre. Ces dernières années, le Mossad a déjà effectué des missions de sabotage et d’assassinats en plein cœur de Damas: l’assassinat de Imad Mognia, le chef militaire du Hezbollah libanais en fait partie.

Le terrorisme et ses sponsors se joignent à la coalition anti-syrienne

La révolte populaire initiale, légitime vu le type de régime en place à Damas, est en train d’être détournée par d’autres acteurs géopolitiques qui ont de très vieux comptes à régler avec Damas.

Combien de temps tiendra la Syrie? Sans ressources, la campagne militaire de l’armée syrienne ne pourrait perdurer au delà de quelques mois. Le carburant se fait déjà rare et cher. Les contrebandiers irakiens et les conseillers iraniens pallient pour l’instant aux carences. Mais le temps joue contre Damas.