Archives du mot-clé Moyen-Orient

Ajustements au Moyen-Orient

La crise diplomatique autour du Qatar a gelé divers conflits régionaux et a masqué des tentatives de règlements de quelques autres. Nul ne sait quand aura lieu le lever de rideau, mais il devrait faire apparaître une région profondément transformée.

1— Le conflit palestinien

Depuis l’expulsion de la majorité des Palestiniens hors de chez eux (la Nakhba, le 15 mai 1948) et le refus par les peuples arabes de ce nettoyage ethnique, seules la paix séparée israélo-égyptienne des accords de Camp David (1978) et la promesse d’une solution à deux États des accords d’Oslo (1993) ont partiellement modifié la donne.

Cependant lorsque l’on révéla les négociations secrètes entre l’Iran et les États-Unis, l’Arabie saoudite et Israël décidèrent à leur tour de discuter. À l’issue de 17 mois de rencontres secrètes, un accord fut conclu entre le Gardien des deux mosquées et l’État juif [1]. Celui-ci se concrétisa à travers la participation de Tsahal à la guerre du Yémen [2] et le transfert de bombes atomiques tactiques [3].

Rappelons que cet accord prévoyait également de faire évoluer l’Arabie saoudite de sorte que sa société reste salafiste et que ses institutions deviennent laïques. Il prévoyait aussi l’indépendance du Kurdistan irakien (qui tiendra un référendum en septembre) et l’exploitation à la fois des champs gaziers du « quart vide » (qui sont à cheval sur l’Arabie et le Yémen, d’où la guerre actuelle) et de ceux de l’Ogaden (d’où le retrait cette semaine des troupes qataries de la frontière djiboutienne).

En définitive, l’Égypte a décidé de céder les îles de Tiran et de Sanafir à l’Arabie saoudite, comme elle s’y était engagée il y a un an. Ce faisant, Riyad a reconnu de facto les accords de Camp David qui gèrent notamment le statut de ces territoires. Israël a confirmé avoir obtenu des garanties saoudiennes.

Observons que la décision égyptienne n’a pas été prise sous la pression saoudienne (Riyad avait vainement bloqué ses livraisons de pétroles, puis un prêt de 12 milliards de dollars), mais en raison de la crise du Golfe. Les Séoud ont officialisé leur rupture avec les Frères musulmans qui couvait depuis la transmission par le président al-Sissi de documents attestant d’un projet de coup d’État de certains membres de la Confrérie contre eux. Dans un premier temps, l’Arabie avait cru pouvoir discerner entre de bons et de mauvais Frères musulmans. Elle avait déjà accusé le Qatar de soutenir les putschistes, mais les choses avaient évolué pacifiquement cette fois. Désormais Riyad entend combattre toute la Confrérie ce qui le conduit à revoir sa position à propos de la Syrie.

La cession de ces îles, égyptiennes depuis la Convention de Londres de 1840, n’a d’autre sens que de permettre à l’Arabie saoudite de reconnaître implicitement, 39 ans plus tard, les accords de paix égypto-israéliens de Camp David.

De son côté, Téhéran a accueilli la direction politique du Hamas (laquelle est principalement composée de Frères musulmans) à la fois au nom de la solidarité avec la cause palestinienne et parce qu’il partage la même conception de l’islam politique.

La prochaine étape sera l’établissement de relations commerciales publiques entre Riyad et Tel-Aviv ainsi que l’exposeThe Times du 17 juin (des sociétés israéliennes seraient autorisées en Arabie et la compagnie d’aviation El-Al pourrait utiliser l’espace aérien saoudien) [4], puis la reconnaissance de l’initiative de paix du prince Abdallah (Ligue arabe, 2002) et l’établissement de relations diplomatiques (le prince Walid ben Talal deviendrait ambassadeur) [5].

Ce projet pourrait amener à la paix en Palestine (reconnaissance d’un État palestinien et indemnisation des réfugiés), au Liban (retrait des fermes de Shebaa) et en Syrie (arrêt du soutien aux jihadistes et retrait du Golan).

La question du Golan sera particulièrement difficile car l’administration Netanyahu a affirmé —non sans provocation— son annexion tandis que les États-Unis et la Russie ont violemment réagi à l’expulsion de la Force des Nations unies chargée d’observer le dégagement (FNUOD) et à sa substitution par al-Qaïda [6]. Il n’est cependant pas impossible qu’au cours de la guerre de Syrie, Washington ou Moscou ait pris l’engagement auprès de Tel-Aviv de ne pas modifier le statu quo du Golan.

Ce projet de règlement général reflète la méthode des hommes d’affaire Donald Trump et Jared Kushner : créer une situation économique qui impose un changement politique. Il se heurtera nécessairement à l’opposition des Frères musulmans (Hamas), et du triangle de l’islam politique : l’Iran, le Qatar et la Turquie.

2— Le conflit irako-syrien

La totalité des acteurs de la région s’accordent à considérer qu’aujourd’hui l’Irak et la Syrie forment un unique champ de bataille. Toutefois les Occidentaux, qui s’accrochent aux mensonges de l’administration Bush Jr. (même s’ils admettent l’inanité des armes de destruction massives imputées à Saddam Hussein) et à la narration romantique des « printemps arabes » (même s’ils reconnaissent que ce mouvement n’a jamais tenté d’apporter de liberté mais au contraire d’imposer l’islam politique), s’entêtent à les considérer comme distincts.

Nous renvoyons nos lecteurs à mon livre Sous nos yeux pour ce qui concerne la manière dont la guerre a débuté [7]. Toujours est-il que depuis le début de la crise autour du Qatar, la guerre se limite en Irak et en Syrie à
(1) la lutte contre Daesh (Mossoul et Rakka) et à
(2) celle contre la Turquie (Baachiqa et Al-Bab) [8].

Ce qui est évident pour tous dans la région, c’est que depuis l’accession au pouvoir à Pékin du président Xi Jinping porteur du projet des deux routes de la soie, Washington a poussé à la création d’un « Sunnistan » à cheval sur l’Irak et la Syrie. Pour ce faire, il a financé, armé et encadré Daesh afin de couper l’axe de communication Beyrouth-Damas-Bagdad-Téhéran-Pékin.

Depuis quatre mois, l’administration Trump étudie et négocie la manière dont elle pourrait modifier cette politique et conclure un partenariat avec Pékin au lieu de la confrontation actuelle [9].

Alors que sur le terrain, s’enchaînent des événements contradictoires, les armées irakienne et syrienne ont subitement avancé depuis le début de la crise autour du Qatar. Elles ont libéré de Daesh leurs territoires frontaliers et sont aujourd’hui sur le point d’établir leur jonction (c’est-à-dire de rétablir la route de la soie). Les deux armées ne sont plus séparées que par deux cent mètres de terrain contrôlés illégalement par l’armée US [10].

Quant aux combats au Sud de la Syrie, ils ont miraculeusement cessé. Un cessez-le-feu a été proclamé unilatéralement par Damas à Deraa. En réalité, Moscou et Washington ont donné l’assurance à Tel-Aviv que la Syrie ne laisserait se déployer à sa frontière que des troupes russes et non pas iraniennes, pas plus que celles du Hezbollah libanais.

Bref, si le Pentagone suit les ordres de la Maison-Blanche, le conflit devrait largement cesser. Il ne resterait que l’occupation turque de l’Irak et de la Syrie, sur le modèle de l’occupation turque de Chypre dont l’Union européenne s’est lâchement accommodée. Les États-Unis et l’Arabie saoudite qui étaient des ennemis de l’Irak et de la Syrie redeviendraient à nouveau leurs alliés.

3— Le conflit yéménite

Les Yéménites pourraient faire les frais de l’évolution actuelle. S’il est clair que l’Arabie saoudite est entrée en guerre pour installer un gouvernement favorable à l’exploitation jointe des champs pétroliers du « Quart vide » et pour la gloire personnelle du prince Mohamed Ben Salman, il semble que l’aide apportée par l’Iran aux Houthis et à l’ancien président Saleh détourne les yeux des pays arabes et de la « communauté internationale » des crimes qui s’y commettent.

Il faut en effet choisir son camp et presque tous ont opté pour l’Arabie saoudite contre le Qatar et ses alliés turc et iranien. Ce qui était positif en Palestine, en Irak et en Syrie, s’avère négatif au Yémen.

Conclusion

Depuis le 5 juin et la rupture des relations diplomatiques entre Riyad et Doha, les chancelleries se préparent toutes à une possible guerre, même si seule l’Allemagne l’a évoquée publiquement. Cette situation est d’autant plus surprenante que c’est le Qatar et non l’Arabie saoudite qui est observateur à l’Otan [11].

Des démissions s’enchaînent à Doha, de l’ambassadrice des États-Unis Dana Shell Smith, au sélectionneur de l’équipe nationale de football Jorge Fossati. Non seulement les États alignés sur Riyad ont coupé leurs relations commerciales avec l’émirat, mais de nombreuses sociétés sans liens particulier avec le Golfe en ont fait de même au vu du risque de guerre. C’est le cas par exemple de COSCO, la plus grande compagnie maritime chinoise.

Quoi qu’il en soit, malgré ses revendications historiques justifiées, il semble impossible que l’Arabie saoudite annexe le Qatar alors qu’elle s’était opposée à l’annexion du Koweït par l’Irak pour les mêmes raisons. Une règle s’est imposée dans le monde depuis la décolonisation britannique : nul n’a le droit de toucher à des frontières conçues par Londres, dans le seul et unique but de maintenir des problèmes insolubles pour les nouveaux États indépendants. De cette manière Londres maintient de facto leur dépendance perpétuelle à son égard. Au demeurant l’arrivée prochaine de 43 000 soldats pakistanais et turcs venus défendre le Qatar devrait renforcer sa position.

 

[1] « Exclusif : Les projets secrets d’Israël et de l’Arabie saoudite », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 juin 2015.

[2] « La Force « arabe » de Défense commune », par Thierry Meyssan,Réseau Voltaire, 20 avril 2015.

[3] « Le Proche-Orient nucléarisé ! », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 7 mars 2016.

[4] “Saudi trade talks with Israel are historic first”, Michael Binyon & Gregg Carlstrom, The Times, June 17th, 2017.

[5] « Exclusif : L’Arabie saoudite construit une ambassade en Israël », Réseau Voltaire, 29 mai 2016.

[6] « Le Conseil de sécurité s’apprête à enjoindre à Israël de rompre avec al-Qaïda », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 2 juillet 2016.

[7] Sous nos Yeux. Du 11-Septembre à Donald Trump, éditions Demi-Lune, 2017.

[8] « Invasion militaire turque de l’Irak », par Ibrahim Al-Jaafari, Réseau Voltaire, 19 octobre 2016.

[9] « Trump : le business contre la guerre », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 14 février 2017.

[10] « Les USA empêcheront-ils la réouverture de la route de la soie ? »,Réseau Voltaire, 17 juin 2017.

[11] « Israël et des émirs dans l’Otan », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie) , Réseau Voltaire, 13 mai 2016.

Publicités

Il était une fois un drone au dessus du Golan

Le 17 juillet 2016, un drone militaire d’un type non identifié en provenance de Syrie a survolé la portion occupée par Israël au Golan sur une distance évaluée (côté israélien) à 4 kilomètres avant de retourner en Syrie.

Entretemps, l’appareil a échappé à deux missiles Sol-Air tirés par une ou des batteries Patriot PAC-2 ainsi qu’à un ou plusieurs missiles Air-Air tirés par les deux (et non un) F-16I Sufa (Tempête) dépêchés pour intercepter l’intrus.

Cela semble nouveau mais aucunement surprenant si l’on se fie au grand bouleversement géostratégique en cours depuis l’ingénierie du chaos initiée en 2011 dans la « partie centrale du monde ».

De quel type de drone s’agissait-il?

Форпост

Pour certains analystes israéliens, ce serait un ForSpot de fabrication russe, lequel est une copie sous licence du drone israélien מרומית « Meyromit » ou Searcher. Des appareils similaires ont été utilisés par l’Armée russe en Ukraine et en Syrie. Mais qu’en est-il vraiment?

Silence radio à Damas et aucune information du côté du Hezbollah libanais, autre grand utilisateur de drones iraniens ou chinois (en fait nord-coréens) et même israéliens (le Scout est passé par les voies impénétrables de la contrebande)

En tout état de cause, cet incident démontre clairement les limites du système intercepteur Patriot (lequel a bénéficié d’une hyperpublicité que l’on peut qualifier de « mensongère » depuis le déploiement de ces premières versions au Moyen-Orient en 1991) comme il indique que le système de défense spatial de l’Etat d’Israël n’est pas aussi efficace qu’on le croit (la foi même erronée en ses capacités en matière de défense est elle-même un des éléments constitutifs de la dissuasion psychologique)

C’est donc un message à peine codé. La partie ayant transmis ce message a d’une part, tenu à faire savoir aux israéliens qu’ils doivent s’attendre à quelques grosses surprises au cas où ils seraient tentés par de nouveaux raids au Liban ou en Syrie, dix ans après la guerre de juillet 2006 au cours de laquelle l’invincibilité supposée des chars Merkava s’était effondrée, et d’autre part, que le fait accompli au Golan ne sera jamais reconnu par la Syrie.

S’agit-il d’un Forspot? Pas sûr. Par contre, il pourrait bien s’agir d’une copie iranienne d’un drone chinois (lui même copie du Searcher) doté de puissants brouilleurs électroniques…

La Russie n’interviendra pas en cas de guerre au Golan

La dernière rencontre du président de la fédération de Russie avec le premier ministre de l’Etat d’Israël semble avoir été un échec sur tous les plans.
Vladimir Poutine aurait laissé entendre à Benyamin Netanyahu que la Russie ne bougera pas le moindre petit doigt pour empêcher une riposte du Hezbollah libanais et de ses alliés (Damas et Téhéran) au Golan en cas d’une éventuelle agression israélienne contre le Liban.
En d’autres termes, la Russie dont les forces aériennes sont stationnées en Syrie, n’interviendra pas au sud d’un certain parallèle mais n’agira pas non plus pour dissuader la Syrie et le Hezbollah de réactiver le front du Golan (un territoire en partie occupé par Israël)  et du lac Tiberiade.
Cette mise en garde fut derrière la réunion précipitée du cabinet israélien au Golan. Une mise en scène un peu kitsch dans une caricature de Kibboutzim à l’issue de laquelle le gouvernement Netanyahu a pondu un communiqué grotesque digne d’une véritable dictature orientale où il est question de possession éternelle du plateau stratégique du Golan.
Éternelle? On est là en plein délire ésotérique. C’est une tendance lourde vu l’abêtissement universel mais au point d’en oublier l’ABC de toute politique, cela devient une sorte de charlatanisme à peine déguisé. Et c’est pour cela que nous répétons ici que le plus grand danger existentiel auquel fait face Israël n’est pas son environnement stratégique mais bel et bien Netanyahu.
L’Arabie Saoudite pousse indirectement Tel-Aviv à attaquer le Liban pour se débarrasser une fois pour toute du Hezbollah libanais. Et de fait, une éventuelle nouvelle aventure israélienne au Liban serait entièrement financée par Ryad à condition d’annihiler le Hezbollah.
Le problème est que toute évaluation rationnelle de la situation stratégique au Levant après plus de cinq années de guerre en Syrie et en Irak souligne non seulement la montée en puissance des capacités militaires du Hezbollah, mais un renforcement de ses alliés autour d’un axe fonctionnel et indépendant des circuits décisionnels « occidentaux ».
Loin d’être affaibli, le Hezbollah a acquis une formidable expérience de sa participation dans les vastes campagnes de guerre en Syrie. En dépit de pertes humaines assez importantes, le mouvement libanais a réussi à renforcer, grâce à Damas et Téhéran, sa capacité de frappe balistique et par dessus tout acquérir une solide base de données sur les cibles stratégiques israéliennes dont les centres de stockage d’ogives nucléaires, les dépôts d’hydrocarbures et d’ammoniac ainsi que les centres de fabrication d’armes bactériologiques et chimiques (lesquels seraient situés au centre des grandes agglomérations urbaines selon le secrétaire général du Hezbollah)
Mais c’est la capacité du Hezbollah à manoeuvrer sur des fronts étendus et à capturer des centres urbains et péri-urbains qui semble donner des cauchemars aux stratèges israéliens. Ces derniers n’écartent point un scénario dans lequel le Hezbollah, aidé par les unités de l’armée syrienne investirait non seulement le Golan mais la Galilée soit le Nord de la Palestine historique. Une perspective à résonance eschatologique mais bien réelle si l’on considère les facteurs actuels.
Lors de la guerre du Liban de juillet 2006, la Syrie avait activement assisté le Hezbollah à faire face militairement, non sans un certain succès, à une violente agression israélienne. C’est à partir de cette année qu’il fut décidé de punir Damas et d’y induire un changement de régime. Cependant personne n’avait pensé à une intervention russe. Un impondérable impossible à prévoir.
Sans s’attarder sur d’autres faits, on assiste actuellement à l’émergence d’un nouvel ordre au Moyen-Orient et certainement pas celui surgissant d’un chaos rêvé par les néoconservateurs pro-Israël au lendemain de la chute de Baghdad.
C’est dans ce contexte qu’un contre feu est allumé par les alliés à Alep, deuxième ville de Syrie et dernier espoir des bellicistes de Ryad, d’Ankara et de Tel-Aviv.

Daech a exécuté un scientifique irakien à Mossoul pour avoir refusé de coopérer en matière d’armes biologiques

L’organisation Daech a exécuté le président du département de physique de l’université de Mossoul dans le Nord de l’Irak après que ce dernier ait fermement refusé de participer à des programmes visant à concevoir et produire des armes biologiques.

C’est le troisième scientifique irakien à être publiquement assassiné pour avoir refusé d’aider Daech à développer une arme biologique. Un objectif désormais ultra-prioritaire de Daech, dont la perte de territoire se poursuit aussi bien en Irak qu’en Syrie.

Des pamphlets de Daech capturés par des militaires irakiens évoquent l’impossibilité d’un retrait ou d’une défaite face aux armées des infidèles (c’est-à-dire les armées syrienne et irakienne) tout en appelant à l’usage d’armes radiologiques, chimiques et bactériologiques. Et dans ce domaine, tous les procédés sont permis: jeter des cadavres dans les barrages d’eau potable, empoisonner les puits et sources d’eau ou propager des bactéries et d’autres toxines pathogènes par divers moyens…

Le chaos constructif cher à certains théoriciens néoconservateurs US ou l’Apocalyspe. Le choix semble bien cruel. Le fameux Printemps Arabe s’est révélé bien onéreux. Notamment pour l’Europe, qui se retrouve forcée à subir une des plus grandes migrations humaines de l’époque contemporaine et dont l’intensité ébranle les fondements même de l’Union Européenne. Pourtant, c’est cette même Europe dupée par les faucons de Washington qui a vivement applaudi à l’une des opérations les plus complexes de l’histoire moderne sous couvert de démocratie…Tout est perdu fors l’honneur tant que ce printemps Arabe n’a pas (encore) débouché sur un véritable hiver nucléaire!

L’armée syrienne brise le siège de la base aérienne de Kwairess

L’armée syrienne est parvenue avec l’aide de l’aviation russe à briser l’interminable siège de la base aérienne de Kwairess, la moins importante des dix-sept bases aériennes encore opérationnelle des forces armées syriennes.

Cette base assiégée de toutes part par la rébellion syrienne de décembre 2012 à mai 2015 puis depuis mai 2015 jusqu’à cette semaine par les forces de l’organisation Daech, a non seulement résisté à une multitude d’assauts et un déluge d’obus de mortier mais a continué plus ou moins à être particulièrement active: Les Albatros L.39 ZO et ZA de la base ont pu effectuer des sorties de combat jusqu’en mai 2013 où le manque de pièces de rechange et le rationnement de carburant ont amené les défenseurs de la base à interrompre provisoirement les missions de bombardement avant de reprendre les sorties en 2014.

Le seul lien des défenseurs de la base avec le monde extérieur, bloqués à l’intérieur de la base depuis le début de la guerre en Syrie, a été une escadrille d’hélicoptères Mil MI-8 utilisée pour les réapprovisionnements en nourriture, eau, carburant, pièces de rechanges, munitions et médicaments.

Manquant d’armes lourdes et de blindés, les soldats et pilotes de l’armée syrienne assiégés dans la base ont du s’adapter et faire preuve d’habilité en exploitant au maximum les possibilités tactiques offertes par le terrain et les quatorze batteries d’artillerie antiaérienne de la base, principalement des ZPU-4 de 14.5 mm, l’omniprésent ZU-23 de 23mm  mais aussi quelques AZP S-60 (57mm) et une douzaine d’hélicoptères non équipés pour le combat.

La résistance de ces pilotes et soldats de l’armée syrienne a le mérite d’être connue. Le commandant de la base, le général Mehenna,  tué au combat lors d’un pilonnage au Howitzer M-198 US 155 mm (armement lourd capturé par Daech en Irak) guidé à l’aide de drones durant le siège n’a pas fait fléchir la détermination de ses éléments. Les mécaniciens et le peronnel non-navigant s’organisent en unités de choc et se répartissent entre les batteries antiaériennes judicieusement positionnées, des pilotes et des mécanos se convertissent en snipers en utilisant massivement des fusils Dragunov SVD et des fusils anti-matériel AM50 (12.7mm) de fabrication iranienne. Plus tard, les soldats syriens sont approvisionnés via des Mil Mi-8 de matériel russe de vision nocturne et de systèmes de détection.

Chose étrange, malgré un ballet de Mil Mi-8 quasiment incessant, peu de ces appareils à l’allure peu fine et lourde ont été atteints par la DCA de Daech, active quasiment 24h sur 24.

La base aérienne dispose encore d’un système de missile SAM S-125 et de plus de 57 appareils (sur un total initial de 92) dont de vieux Meteor britanniques déclassés ainsi que deux Mig-23.

Photographie de groupe de soldats syriens armés d'AKM dans un hangar pour avion de la base aérienne assiégée de Kwaires prise en 2014. Notez que quasiment l'ensemble de ces militaires syriens n'a bénéficié d'une permission depuis novembre 2012.
Photographie de groupe de soldats syriens armés d’AKM dans un hangar pour avion de la base aérienne assiégée de Kwairess prise par un journaliste de la télévision syrienne en 2014. Notez que quasiment l’ensemble de ces militaires syriens n’ont pas vu à quoi ressemble le monde extérieur depuis novembre 2012.

Intense guerre souterraine autour du crach de l’Airbus russe au Sinaï

Qui a eu la tête du dirigeant de la branche égyptienne de Daech au Caire? Une unité des SAS britanniques ou une unité Alpha des Spetsnaz russes?

La police égyptienne a officiellement confirmé la mort de Ashraf Ali Hassanein Gharabli dans une fusillade hier au Caire où il a tenté de riposter avec une arme de poing. Mais diverses sources indiquent que les renseignements britanniques et leurs homologues russes seraient derrière cette élimination dans le cadre d’une gigantesque chasse à l’homme à l’encontre de l’ensemble des réseaux impliqués de près ou de loin dans la destruction de l’Airbus A321 russe au Sinaï.

Inutile de préciser la nature de cette étrange cohabitation forcée entre deux ennemis jurés et la relation fort méfiante qu’entretiennent ces deux derniers avec le renseignement égyptien, accusé par les russes de rouler pour l’Arabie Saoudite ou Israël selon la loi de l’offre la plus élevée. Une intense guerre souterraine entoure l’enquête sur l’Airbus russe et on sait peu de choses sinon rien sur les raisons véritables ayant amené la Russie à dépêcher en toute urgence un avion cargo militaire spécial au Yémen au moment où ce pays subissait l’une des pires tempêtes atmosphériques de son histoire. L’appareil militaire russe a bénéficié de la protection de l’aviation de guerre iranienne lorsqu’il a survolé l’Iran et une partie du Golfe Arabo-Persique.

Les russes et les égyptiens ont totalement exclu toute participation américaine à l’enquête. Moscou et Le Caire ont rejeté l’aide du FBI.

Il est à souligner qu’un avion cargo russe s’est écrasé au Sud Soudan au lendemain du crash de l’Airbus civil.

Comme une poupée russe, il semble que le Grand jeu en cours cache de multiples conflits de l’ombre. Nous en saurons plus dans les jours qui viennent.

Pourquoi la France veut-elle renverser la République arabe syrienne ?

La France est aujourd’hui la principale puissance qui appelle au renversement de la République arabe syrienne. Alors que la Maison-Blanche et le Kremlin négocient en secret la manière de se débarrasser des jihadistes, Paris persiste à accuser le « régime de Bachar » (sic) d’avoir créé Daesh et à déclarer qu’après avoir éliminé l’Émirat islamique, il conviendra de renverser la « dictature alaouite » (re-sic). La France est publiquement soutenue par la Turquie et l’Arabie saoudite, et en sous-main par Israël.

Comment expliquer ce positionnement de perdant alors que la France n’a aucun intérêt économique ou politique dans cette croisade, que les États-Unis ont cessé de former des combattants contre la République, et que la Russie est en train de réduire en cendre les groupes jihadistes ?

La plupart des commentateurs ont souligné à juste titre les liens personnels du président Nicolas Sarkozy avec le Qatar, sponsor des Frères musulmans, et ceux du président François Hollande, également avec le Qatar, puis avec l’Arabie saoudite. Les deux présidents ont fait financer illégalement une partie de leurs campagnes électorales par ces États et ont bénéficié de toutes sortes de facilités offertes par ces mêmes États. En outre, l’Arabie saoudite détient désormais une partie non-négligeable des entreprises du CAC40, de sorte que son désinvestissement brutal causerait de graves dommages économiques à la France.

Je voudrais évoquer ici une autre hypothèse explicative : les intérêts coloniaux de certains dirigeants français. Pour cela, un retour en arrière est nécessaire.

Les accords Sykes-Picot

Durant la Première Guerre mondiale, les Empires britannique, français et russe sont secrètement convenus de se partager les colonies des Empires austro-hongrois, allemand et ottoman lorsqu’ils seraient vaincus. À l’issue de négociations secrètes à Downing Street, le conseiller du ministre de la Guerre et supérieur de « Lawrence d’Arabie », Sir Mark Sykes, et l’envoyé spécial du Quai d’Orsay, François Georges-Picot, décident de partager la province ottomane de la Grande Syrie entre eux et en informent le Tsar.

Les Britanniques, dont l’Empire était économique, s’approprient les zones pétrolières connues à l’époque et la Palestine pour y installer une colonie de peuplement juive. Leur territoire s’étendait sur ceux de l’État de Palestine, d’Israël, de la Jordanie, de l’Irak et du Koweït actuels. Paris, qui était partagé entre partisans et adversaires de la colonisation, admettait quant à lui une colonisation à la fois économique, culturelle et politique. Il s’appropria donc les territoires du Liban et de la Petite Syrie actuels dont près de la moitié de la population à l’époque était chrétienne et dont il se déclarait le « protecteur » depuis François Ier. Enfin, les lieux saints de Jérusalem et de Saint-Jean d’Acre devaient être internationalisés. Mais en réalité, ces accords ne furent jamais pleinement appliqués à la fois parce que les Britanniques avaient pris des engagements contradictoires et surtout parce qu’ils entendaient créer un État juif pour poursuivre leur expansion coloniale.

Jamais les « démocraties » britannique et française ne débattirent publiquement de ces accords. Ils auraient choqué les Peuples britanniques et auraient été rejetés par le Peuple français. Les accords Sykes-Picot sont révélés par les révolutionnaires bolcheviks qui les découvrent dans les archives du Tsar. Ils provoquent la fureur des Arabes, mais les Britanniques et les Français ne réagissent pas aux agissements de leurs gouvernements.

L’idée coloniale française

La colonisation française a débuté sous Charles X avec la conquête sanglante de l’Algérie. C’était une question de prestige qui ne fut jamais validée par les Français et déboucha sur la révolution de Juillet 1830.

Mais l’idée coloniale n’est apparue en France qu’après la chute du Second Empire et la perte de l’Alsace-Moselle. Deux hommes de gauche, Gambetta et Jules Ferry proposent de partir à la conquête de nouveaux territoires en Afrique et en Asie à défaut de pouvoir libérer l’Alsace et la Moselle occupées par le Reich allemand. Ils s’unissent avec les intérêts économiques de la droite liés à l’exploitation de l’Algérie.

Comme la motivation de dérivatif à la libération du territoire national n’est pas très glorieuse, les amis de Gambetta et de Ferry vont l’enrober d’un discours mobilisateur. Il ne s’agit pas de satisfaire des appétits expansionnistes ou économiques, mais de « libérer des peuples opprimés » (sic) et de les « émanciper » de cultures « inférieures » (re-sic). C’est beaucoup plus noble.

À l’Assemblée nationale et au Sénat, les partisans de la colonisation avaient créé un lobby pour défendre leurs appétits : le « Parti colonial ». Le terme de « parti » ne doit pas ici induire en erreur, il ne désigne pas une formation politique mais un courant de pensée trans-partisan, réunissant une centaine de parlementaires de droite et de gauche. Ils s’adjoignirent de puissants hommes d’affaires, des militaires, des géographes et de hauts fonctionnaires, comme François Georges-Picot. Si très peu de Français s’intéressaient à la colonisation avant la Première Guerre mondiale, ils furent beaucoup plus nombreux durant l’Entre-deux-Guerres… c’est-à-dire après la restitution de l’Alsace et de la Moselle. Le Parti colonial, qui n’était plus alors que celui du capitalisme aveugle enrobé de droit-de-l’hommisme, tenta de convaincre la population à travers de grandes manifestations comme la sinistre Exposition coloniale de 1931 et connut son apogée avec le Front populaire de Léon Blum, en 1936.

La colonisation de la Petite Syrie

À l’issue de la Guerre et de la chute de l’Empire ottoman, le chérif Hussein des deux Mosquées de La Mecque et de Médine proclame l’indépendance des Arabes. Conformément aux engagements de « Lawrence d’Arabie », il se proclame « roi des Arabes », mais est rappelé à l’ordre par la « perfide Albion ».

En 1918, son fils, l’émir Fayçal, proclame un gouvernement arabe provisoire à Damas tandis que les Britanniques occupent la Palestine et les Français la côte méditerranéenne. Les Arabes tentent de créer un État unitaire, multiconfessionnel, démocratique et indépendant.

Le président US, Woodrow Wilson a réconcilié son pays avec le Royaume-Uni autour du projet commun de création d’un État juif, mais il est opposé à l’idée de coloniser le reste de la région. Quittant la conférence de Versailles, la France se fait octroyer un mandat par le Conseil suprême inter-alliés pour administrer sa zone d’influence lors de la conférence de San Remo. La colonisation avait trouvé un alibi juridique : il fallait aider les Levantins à s’organiser après la chute des Ottomans.

Les premières élections démocratiques sont organisées en Syrie par le gouvernement arabe provisoire. Elles donnent la majorité du Congrès général syrien à des caciques sans véritable couleur politique, mais l’assemblée est dominée par les figures de la minorité nationaliste. Elle adopte une Constitution monarchique et bicamérale. À l’annonce du mandat français, le Peuple se soulève contre l’émir Fayçal qui a décidé de collaborer avec les Français et les Maronites du Liban qui le soutiennent. Paris envoie la troupe sous les ordres du général Gouraud, un membre du « Parti colonial ». Les nationalistes syriens lui livrent bataille à Khan Mayssaloun où ils sont écrasés. La colonisation commence.

Le général Gouraud sépare d’abord le Liban —où il dispose du soutien des Maronites— du reste de la Syrie qu’il s’efforce de gouverner en divisant et en opposant les groupes confessionnels. La capitale de la « Syrie » est transférée à Homs, une petite ville sunnite, avant de revenir à Damas, mais le pouvoir colonial reste basé au Liban, à Beyrouth. Un drapeau est donné à la colonie, en 1932, il est composé de trois bandes horizontales représentant les dynasties Fatimides (vert), Omeyyades (blanc) et Abbasides (noir), symboles des musulmans chiites pour la première et sunnites pour les deux suivantes. Les trois étoiles rouges représentent les trois minorités chrétienne, druze et alaouite.

La France entend faire du Liban un État maronite, car les Maronites sont des chrétiens reconnaissant l’autorité du pape, et de la Syrie un État musulman. Elle ne cessera de combattre les chrétiens de la Petite Syrie car majoritairement orthodoxes.

En 1936, la gauche accède au pouvoir en France avec le gouvernement du Front populaire. Il accepte de négocier avec les nationalistes arabes et leur promet l’indépendance. Le sous-secrétaire d’État aux protectorats du Maghreb et aux mandats du Proche-Orient, Pierre Viénot, négocie l’indépendance du Liban et de la Syrie (comme il avait tenté de la faire pour la Tunisie). Le Traité est ratifié à l’unanimité par le Parlement syrien, mais ne sera jamais présenté par Léon Blum —membre du « Parti colonial »— au Sénat.

Dans la même période, le gouvernement du Front populaire décide de séparer la ville d’Antioche de la Petite Syrie et propose de la rattacher à la Turquie, ce qui sera fait en 1939. De cette manière, Léon Blum entend se débarrasser des chrétiens orthodoxes dont le patriarche est titulaire de la chaire d’Antioche et que les Turcs ne manqueront pas de réprimer.

Finalement, c’est la division de la France durant la Seconde Guerre mondiale qui mettra fin à la colonisation. Le gouvernement légal de Philippe Pétain tente de maintenir le mandat, tandis que le gouvernement légitime de Charles De Gaulle proclame l’indépendance du Liban et de la Syrie, en 1941.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Gouvernement provisoire de la République met en œuvre le programme du Conseil national de la Résistance. Pourtant, le « Parti colonial » s’oppose aux indépendances des peuples colonisés. Le 8 mai 1945, c’est le massacre de Sétif (Algérie) sous le commandement du général Raymond Duval, le 29 mai, c’est celui de Damas sous le commandement du général Fernand Olive. La ville est bombardée par l’aviation française durant deux jours. Une grande partie du souk historique est détruite. L’hémicycle du Congrès du Peuple syrien lui-même est bombardé.

L’ambition coloniale de la France en Syrie depuis 2011

Alors que le président Nicolas Sarkozy avait invité son homologue syrien, Bachar el-Assad, aux cérémonies du 14 juillet 2008 aux Champs-Élysées en célébrant ses avancées démocratiques, il négocie avec les États-Unis et le Royaume-Uni le remodelage du « Moyen-Orient élargi » en 2009-10. La secrétaire d’État Hillary Clinton le convainc de relancer le projet colonial franco-britannique sous la guidance états-unienne, c’est la théorie du « leadership par l’arrière ».

Le 2 novembre 2010 —c’est-à-dire avant le « Printemps arabe »—, la France et le Royaume-Uni signent une série de documents connus comme les Accords de Lancaster House. Si la partie publique indique que les deux États mettront en commun leurs forces de projection (c’est-à-dire leurs forces coloniales), la partie secrète prévoit d’attaquer la Libye et la Syrie, le 21 mars 2011. On sait que la Libye sera attaquée deux jours plus tôt par la France, soulevant la colère du Royaume-Uni qui était ainsi doublé par son allié. L’attaque de la Syrie n’aura, par contre, jamais lieu car le commanditaire, les États-Unis, changera d’avis.

Les Accords de Lancaster House ont été négociés pour la France par Alain Juppé et le général Benoît Puga, un partisan enragé de la colonisation.

Le 29 juillet 2011, la France créée l’Armée syrienne libre (les « modérés »). Contrairement à la communication officielle autour de son chef, le colonel Riyad el-Asaad, ses premiers éléments ne sont pas des Syriens, mais des Libyens membres d’al-Qaïda. Riyad el-Asaad n’est qu’une couverture chargée de donner le vernis syrien. Il a été choisi en raison de son homonymie avec le président Bachar el-Assad avec lequel il n’a aucun lien de parenté. Cependant, ignorant que les deux noms ne s’écrivent pas de la même manière en arabe, la presse atlantiste voit en lui le signe la « première défection au sein du régime ».

L’Armée syrienne libre (ASL) est encadrée par des légionnaires français, détachés de leur corps et mis à la disposition de l’Élysée et du général Benoît Puga, le chef d’état-major privé du président Sarkozy. L’ASL reçoit comme drapeau celui de la colonisation française.

Actuellement, l’ASL n’est plus une armée permanente. Mais sa marque est utilisée ponctuellement pour des opérations imaginées par l’Élysée et effectuées par des mercenaires des autres groupes armés. La France persiste à distinguer des jihadistes « modérés » et d’autres « extrémistes ». Il n’existe pourtant aucune différence de personnel ou de comportement entre les deux groupes. C’est l’ASL qui débuta les exécutions d’homosexuels en les jetant du haut des toits d’immeubles. C’est également l’ASL qui diffusa une vidéo de l’un de ses dirigeants cannibale mangeant le cœur et le foie d’un soldat syrien. La seule différence entre modérés et extrémistes, c’est leur drapeau : celui de la colonisation française ou celui du jihad.

Début 2012, les légionnaires français escortent les 3 000 combattants de l’ASL à Homs, l’ancienne capitale de la colonisation française, pour en faire la « capitale de la révolution ». Ils se retranchent dans le quartier neuf de Baba Amr et proclament un Émirat islamique. Un tribunal révolutionnaire condamne à mort plus de 150 habitants qui étaient restés dans le quartier et les fait égorger en public. L’ASL tint un siège d’un mois protégée par des postes de tir de missiles anti-tanks Milan, mis à disposition par la France.

Lorsque le président François Hollande relance la guerre contre la Syrie, en juillet 2012, il conserve —fait unique dans l’histoire de France— le chef d’état-major privé de son prédécesseur, le général Benoît Puga. Il reprend la rhétorique et la gesticulation coloniale. Ainsi, il déclare que la République arabe syrienne est une « dictature sanguinaire » (il faut donc « libérer un peuple opprimé ») et que le pouvoir est confisqué par la minorité alaouite (il faut donc « émanciper » les Syriens de cette horrible secte). Il fait interdire aux réfugiés syriens en Europe de participer aux élections qui se tiennent dans leur pays et décide à leur place que le Conseil national syrien —non élu— est leur représentant légitime. Son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, déclare que le président démocratiquement élu, Bachar el-Assad, « ne mérite pas d’être sur la Terre ».

Les déclarations de Valéry Giscard d’Estaing

Le 27 septembre dernier, l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing accorda une interview d’une page au quotidien Le Parisien/Aujourd’hui en France à propos des réfugiés et de l’intervention russe contre les terroristes en Syrie. Il y déclare : « Je m’interroge sur la possibilité de créer un mandat de l’Onu sur la Syrie, pour une durée de cinq ans ».

Jamais l’Onu n’a accordé de « mandat » depuis sa création. Ce simple mot renvoie aux affres de la colonisation. Jamais non plus un leader français n’avait ainsi évoqué publiquement l’ambition coloniale française depuis l’indépendance de l’Algérie, il y a 53 ans.

Il importe ici de rappeler que Geneviève, la sœur de François Georges-Picot (celui des Accords Sykes-Picot), épousa le sénateur Jacques Bardoux —membre du « Parti colonial »—. Leur fille, May Bardoux, épousa quant à elle le président de la Société financière française et coloniale, Edmond Giscard d’Estaing, le père de l’ancien président français.

Ainsi, la solution du problème syrien, selon le petit neveu de l’homme qui négocia avec les Britanniques le mandat français sur la Syrie, c’est de recoloniser le pays.

Thierry Meyssan

Voltairenet

Source : « Pourquoi la France veut-elle renverser la République arabe syrienne ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 octobre 2015, www.voltairenet.org/article189002.html

Syrie, quelle est la stratégie russe?

Quelle est la stratégie de Vladimir Poutine en Syrie? Défendre un réduit Alaouite afin de sécuriser l’accès de la Russie aux mers chaudes ou à l’inverse renverser l’Etat Islamique afin de contrôler l’ensemble du Moyen-Orient? Pour répondre à cette question, il convient de replacer l’intervention russe en perspective historique et géopolitique.

L’intervention Russe, une revanche sur la guerre de Crimée

Depuis plusieurs siècles, la Russie affirme son droit à la protection des minorités orthodoxes du Levant.Soue ce rapport, la France qui a protégé traditionnellement les chrétiens d’Orient – et la Russie, se trouvent en positions quasi concurrentes. Cette rivalité s’est d’ailleurs cristallisée dans la guerre de Crimée (1853-1856) pendant laquelle l’Empire Ottoman, allié à la France et l’Angleterre, s’est opposé à la Russie.

A l’inverse de Lord Palmerston, tenant d’une politique punitive envers la Russie, Napoléon III adopte alors une attitude conciliante envers le Tsar, qui participe au renouveau de l’influence française en Europe. Une fois la Russie évincée du Levant, la France se trouve dans l’obligation d’assurer la protection de la Syrie. Lorsque 6000 chrétiens sont massacrés à Damas du 9 au 18 juillet 1860, la France réagit avec fermeté en faisant adopter un protocole international le 3 août 1860 : un corps de troupes européennes de 6 000 hommes est dirigé vers la Syrie afin de contribuer au rétablissement de la tranquillité. Il s’agit de la première expédition à but humanitaire de l’histoire. Aujourd’hui, les acteurs géopolitiques n’ont pas fondamentalement changé au Levant, à la différence près que les Etats-Unis se sont substitués à la Grande-Bretagne. En revanche, les rôles sont inversés: la Russie a pris la place abandonnée par la France.

La Syrie, nouvelle Ukraine

La Syrie se présente en quelque sorte comme l’Ukraine de l’Iran. L’Empire Sassanide s’appuyait en effet jadis sur trois espaces stratégiques : la plaine irakienne, la façade maritime syrienne et les hauts plateaux yéménites. A la différence des déserts qui les entourent, ces régions sont en premier lieu des espaces agricoles à hauts rendements. Leur agriculture intensive permet d’ailleurs de nourrir une population nombreuse. Ces riches foyers d’agriculture et de population sont donc interconnectés depuis l’antiquité. En second lieu, ces espaces constituent des entrepôts commerciaux connectés à la mer. Ils relient la Perse, recluse dans ses montagnes, à l’économie-monde. Sans cette connexion maritime, seul levier de puissance, l’Iran reste un empire confiné. En troisième lieu ces espaces partagent des traits religieux communs depuis le XVIe siècle, période pendant laquelle le chiisme devient religion d’Etat en Perse. Ces espaces sont fédérés par un clergé et des lieux de pèlerinage partagés. Bref, l’Irak, la Syrie et le Yémen constituent les anciennes fenêtres d’un l’Empire effondré. La Syrie, espace agricole peuplé, connecté au commerce maritime, et cousine religieusement de l’Iran, se présente donc comme l’Ukraine de la Russie.

La Syrie utile, une bande littorale soumise aux invasions de la vallée de l’Euphrate

Le véritable poumon économique de la Syrie se situe sur la bande littorale. Le climat doux  y permet la culture de céréales et l’implantation de vergers. La plaine humide a donné naissance à une polyculture de subsistance orientée vers le tabac, le coton, ou encore le maraîchage. C’est ici que se situe le véritable cœur économique de la Syrie. La population de cette Syrie « utile » est essentiellement alaouite. L’axe principal relie les villes majeures du pays : Damas, Homs et Alep. A l’Est, l’Euphrate traverse le pays du Nord-Ouest vers le Sud-Est, et laisse une « cicatrice verte » dans le paysage. Afin de conquérir la colonne vertébrale économique du pays, qui relie Damas, Homs, Hama et Alep, l’axe historique de pénétration a consisté précisément à suivre la vallée de l’Euphrate d’Est en Ouest depuis l’Iraq, puis à repiquer vers  Alep. C’est la stratégie que poursuit l’Etat islamique.

Le déploiement russe en Syrie

La Russie apporte une aide militaire sur le terrain en Syrie depuis janvier 2012. En effet, des équipes de Spetznatz y forment l’armée syrienne et y mènent des actions commandos. Ce dispositif n’étant pas suffisamment efficace pour ralentir l’avancée des opposants au régime syrien, la Russie renforce fortement son dispositif militaire sur place depuis le mois d’août. Ses points d’entrée sont doubles. D’une part le port militaire de Tartous desservi via le Bosphore et d’autre part l’aéroport Bassel el-Assad de Lattaquié. Ces deux points ont l’avantage d’être proches (60km) et l’aéroport de Lattaquié est le deuxième plus grand aéroport contrôlé par le régime syrien. Le matériel terrestre mis en place est lourd et récent : véhicules de combat d’infanterie BTR-82A adaptés au combat urbain, artillerie anti-aérienne SA-22 PANTSIR mais aussi au moins neuf T-90. Des lance-roquettes multiples seraient aussi en cours d’acheminement. Les forces aériennes russes sur place sont équipées de matériel tout aussi récent et puissant : SU-25 potentiellement modernisés pour l’appui rapproché, SU-30SM, SU-34, Su-24 pour le bombardement tactique, hélicoptères MI-24PN et Mi-35M ainsi que des Mi-8AMTSh pour l’appui des troupes au sol et le transport de troupes ou de matériel. Des drones ont également été déployés par la Russie qui s’est engagée à partager le renseignement avec la Syrie et l’Iran. Les soldats syriens ne sont pas formés à l’utilisation de ce matériel, excepté les SU-24, les MI-24. La formation sur ces matériels étant lourde et longue, il est très certainement destiné à être employé par des soldats Russes. Du matériel de plus ancienne génération est peut être livré en parallèle aux forces syriennes. Les soldats russes combattent d’ors et déjà sur le front d’Alep et au nord-est de Lattaquié au sein d’opérations de l’armée syrienne comme en témoignent des vidéos mises en ligne. Ils utilisent ces nouveaux matériels. Ils sont appuyés par l’aviation russe, d’ores et déjà opérationnelle sur place.

Offensive ou démonstration de force ?

Il me semble que la Russie joue double jeu en Syrie. D’une part elle met en évidence un déploiement de forces (aucun camouflage des véhicules et appareils russes à l’aéroport « Bassel El-Assad », franchissement du Bosphore par les LST Alligator en plein jour et avec du matériel à peine camouflé, vols d’avions Russes déclarés aux autorités civiles vers la Syrie, fuite de photos de soldats Russes des troupes d’infanterie de marine sur les réseaux sociaux,… Si elle voulait être plus discrète, elle le serait ; cela semble donc faire partie de sa stratégie de communication. De plus, des preuves tangibles indiquent que l’armée Russe va plus loin. Elle interviendrait par des frappes aériennes et des troupes au sol, en particulier à l’est d’Alep. Cette zone est actuellement une zone ou l’armée syrienne gagne du terrain. D’autre part, M. Poutine ne reconnait que la livraison d’armes et l’aide humanitaire en Syrie. Quel est donc l’objectif ? Tout d’abord, il s’agit de ne pas combattre à la place de l’état Syrien ni même aux côtés de l’état Syrien, tout du moins au sol. La Russie veut sans doute éviter toute implication dans d’éventuelles « bavures » ou toute responsabilité dans une défaite, même locale, qui nuirait à son effort diplomatique. Son intervention va sans doute se fondre complètement dans les opérations syriennes : les frappes aériennes n’auront pas de signature russe ou syrienne et il n’y aura pas de certitude sur une présence russe dans une zone donnée. Cependant, l’efficacité de l’armée syrienne et de ses alliés est une priorité pour la Russie. Elle va vouloir réorganiser l’armée de Bachar El-Assad et sans doute mettre un frein à l’action des « milices » syriennes qui ne sont pas forcément efficaces sur le terrain et qui font régner une certaine insécurité au sein de la population (2 policiers tués à Lattaquié). Par cette méthode, la Russie souhaite avoir du poids dans les négociations diplomatiques. Elle semble en effet mettre sa puissance militaire au service de sa diplomatie. Elle recherche cela par-delà des objectifs militaires de conquête et de victoire, comme c’est aussi le cas en Ukraine. Elle désire s’affirmer comme le leader du camp « pro-Assad » et invite les occidentaux à faire de même. Si ces derniers se rangent à ses côtés, elle restera leader du mouvement par sa prise d’initiative et son avance sur le terrain. A long terme, si elle l’emporte, elle pourra éventuellement céder du terrain aux occidentaux et montrer sa « bonne foi » en favorisant un changement de régime, tout en s’assurant que le successeur de Bachar El-Assad lui sera favorable. En effet, sa rhétorique diplomatique utilise le même terme pour tous les opposants armés au pouvoir de Bachar El-Assad sur le territoire syrien : ce sont des « terroristes», qu’ils soient de l’état islamique ou non. Si la montée en puissance russe se prolongeait, le retournement de la situation militaire en Syrie pourrait s’effectuer en quatre temps : après avoir jeté un dispositif sur Lattaquié et Tartous, qui se présentent simultanément comme des ports et des terminaux gaziers, les troupes russes pourraient consolider leurs positions dans les villes d’Hama et Homs puis s’enfoncer au Nord vers Alep et au Sud vers Damas afin d’y libérer les forces gouvernementales d’Assad de la rébellion. Les combats y seront difficiles. Une fois ces villes prises, la Russie pourra s’attaquer par des bombardements aux centres nodaux de l’Etat islamique, intouchés jusqu’à présent. Les troupes gouvernementales syriennes et russes pourront alors s’enfoncer à l’Est vers Raqqah, fief de l’Etat islamique et objectif majeur de l’opération. La phase ultime des combats consistera à désenclaver Der-ez-Zor et de fait libérer la vallée de l’Euphrate.

Consciente de l’opportunisme d’une partie des combattants, la Russie, en s’engageant en force, pourrait jouer un rôle majeur dans le retournement de la guerre au détriment direct de l’Etat Islamique. Pour ce faire, la Russie dispose de nombreux avantages dont le renseignement n’est pas l’un des moindres. A Damas, l’implication de la Russie, même si elle reste faible par rapport aux soutiens financiers apportés à l’Etat islamique, a eu déjà un effet déterminant sur le moral des combattants syriens. Pourtant, il faudrait de très nombreux combattants au sol pour que la situation s’inverse. De ce point de vue, il n’est pas exclu que la Russie ait recours à des combattants musulmans russes afin de limiter l’emploi de ses troupes d’élite.

Un bombardier russe Sukhoï Su-34 (Fallback) en train de lâcher des munitions au dessus de cibles de Daech à Al-Rqqa, en Syrie. (Photographie, Ministère russe de la Défense)
Un bombardier russe Sukhoï Su-34 (Fallback) en train de lâcher des munitions au dessus de cibles de Daech à Al-Raqqa, en Syrie. (Photographie:  Ministère russe de la Défense)

 

Par Thomas et Jean-Baptiste Flichy de Neuville

Article paru sur le numéro 1599 du 10/10/2015 du journal « L’Homme Nouveau »

Thomas Flichy de Neuville,  que nous remercions, est professeur à l’Ecole Militaire Spéciale de Saint-Cyr

Syrie: l’armée syrienne poursuit ses avancées à Hama, Alep et Idlib

La guerre en Syrie a connu sa bataille des Ardennes: l’Armée syrienne soutenue par les unités du Hezbollah libanais et les conseillers militaires des Gardiens de la Révolution iranienne, avançant à très grande vitesse sous un intense soutien aérien tactique assuré par des essaims d’hélicoptères d’attaque russe Mil Mi-24 est parvenue à traverser le  massif forestier de Sahl El-Ghab à l’Est de la province de Lattaquié, dans des combats d’une extrême violence avant de prendre d’assaut la campagne de Hama où plus de 520 éléments des différentes factions rebelles ont été éliminés en moins de six heures. Les blockhaus rebelles sont pilonnés à coups d’obus de 155 mm et de roquettes SMERCH de 300 mm tandis que des Sukhoi Su-34 (Fallback) russes survolaient le champ de bataille à 400 mètres d’altitude en y déversant bombes et obus de 30 mm (Canon GSh 30-1/9A-4071K)

A Alep, les unités de chars de combat des régiments blindés de l’Armée syrienne ont réussi à trouver une parade aux missiles antichar Raytheon TOW de fabrication US en possession des rebelles. Pour la première fois, les missiles Tow massivement utilisés par les rebelles sont devenus inopérants face à une nouvelle tactique de combat statique mise en oeuvre par les unités de blindés syriennes.

Dans un développement inédit, des avions de combat US ont fait irruption au dessus d’Alep avant de cibler des installations de production d’électricité desservant les zones loyalistes avec des missiles Air-Sol.

D’autres avions-cargo US ont pu larguer de grande quantités d’équipements militaires et de munitions dont des missiles antichar sophistiqués au dessus des zones contrôlées par l’Etat Islamique (EI). L’aviation syrienne a ouvert le feu sur les cargaisons larguées par les avions US et des informations crédibles font état de la destruction de plus de 50 tonnes de matériel. Washington a demandé à Moscou des explications sur cet « incident » mais les russes ont répondu qu’ils ne disposaient d’aucune information à ce sujet. Les américains ont lancé à Damas un ultimatum se terminant aujourd’hui à 0000Z pour que ses avions cessent d’harceler les largages américains à destination des organisations terroristes d’Ahrar Al-Sham, l’Armée de la Conquête et du Front Ennosra, récipendiaires officiels de l’aide militaire à ce que Washington appelle « l’opposition modérée ».

A Idlib (un ensemble de 60 agglomérations) le chef des opérations militaires du Hezbollah libanais a été tué au combat durant une opération spéciale menée sur les arrières des forces de Daech dans la région.

L’aviation syrienne a commencé à effectuer des raids sur le nord de la base militaire de Deir Ezzor tandis que l’aviation russes continuaient ses raids avec une déconcertante réactivité sur l’ensemble des positions fortifiées, des centres de commandements et des dépôts d’armes et de carburants de Daech et du Front Ennosra. D’autres missiles de croisières russes ont été lancés sur des cibles de Daech en Syrie  à partir de la Mer Caspienne.

Quels que soient les futurs développements militaires en Syrie avec une implication croissante des forces adverses (on évoque un plan diabolique préparé en Angleterre) il semble bien que le tandem Russo-syrien ait déjà acquis des gains en vue de négocier une paix globale avec le camp adverse  prévue en territoire neutre- La Grèce est de plus en plus citée- avec un éventuel déplacement du président syrien à Athènes sous la protection de Sukhoi Su-35 Flanker E.

Guerre au Moyen-Orient: Le Mil Mi-24 est en train de changer le cours des batailles en Syrie septentrionale

Les hélicoptères d’attaque russes ont radicalement changé le cours des batailles en Syrie septrentionale. Une tempête de de feu et de métal se déverse sur les différentes forces rebelles tentant de résister à l’avancée terrestres des unités de l’Armée Arabe Syrienne (AAS) sur le front de Hama.

Des combattants de Daech et du Front Ennosra ont tenté d’abattre les chars volants russes au moyen de missiles antichar Raytheon Tow. En vain. Les Mil Mi-24 (Code Otan Hind) avancés essuyaient des tirs de mitrailleuses légères sans le moindre problème. Dans une vidéo de propagande de la rébellion, un Mil Mi-24 russe s’est même permis le luxe de survoler un ZSU-23-4 Shilka rebelle à moins de 40 mètres d’altitude sans que les opérateurs de l’engin aient pu l’atteindre avec leur rafales d’obus de 23 mm.

Les Mil Mi-24 russes couvrant l’avancée des troupes syriennes et des milices de la défense populaire ont causé des ravages dans les rangs de la rébellion.

Les rebelles tentent de stopper l’avancée des blindés syriens avec un usage massif de missiles antichar TOW mais l’ouragan de métal déversé par les hélicoptères de combat russes a grandement réduit l’efficacité des groupes rebelles tueurs de chars.

Au Nord de la province de Lattaquié, les dernières poches rebelles viennent d’être anéanties par un déluge de roquettes de 300 mm lancés par des BM-30 SMERCH à partir de positions éloignés de plus de 65 kilomètres.

Avec des moyens moindres que celles employées par les forces de la coalition menée par les Etats-Unis, la Russie a pu briser le statu quo et instaurer une nouvelle réalité en Syrie.

Pour Washington et ses alliés de l’Otan soutenant son projet de Grand-Moyen Orient (Grande-Bretagne, Australie, Arabie Saoudite, Bahrein, France, Qatar, Israël, Jordanie et Maroc) la partie est loin d’être terminée et un remix d’un Afghanistan Arabe est une option un peu trop tentante. Après tout, les Américains n’ont pas investi des milliers de milliard de dollars au Moyen-Orient pour laisser un nouveau venu introduit presque par effraction comme la Russie rafler toute la mise. Mais qui aura le courage d’abattre, même par proxy et via des sous-traitants locaux, le premier Sukhoi Su-34 russe sans que cela ne déclenche quelque chose que tout le monde aura à regretter?

La stratégie russe de 2015 est qualitativement et quantitativement supérieure à celle de l’Union Soviétique des années 80. La focalisation de la stratégie US sur la région Asie-Pacifique pourrait être perçue comme l’ébauche d’un vacuum au Moyen-Orient. Un vacuum que la Russie comble. Ce obligera Washington à ralentir sa stratégie face à la Chine et revenir dans la région centrale du monde. Comment? L’avenir proche nous le dira. Pour l’instant, la Russie fait un sans faute sur tous les plans.

Syrie: une guerre de mobilité

En abordant la question fort pertinente de la livraison par les Etats-Unis et leurs alliés de milliers de Pick-up 4X4 de type Toyota à  Daech en Irak et en Syrie, l’analyste militaire Valentin Vasilescu a souligné avec justesse que les bombardiers russes décollant de la base aérienne « Bassel Al-Assad » de Hmimim à Lattaquié mettent en moyenne 10 à 15 minutes pour être à la verticale au dessus des cibles terroristes dans le centre et l’Est de la Syrie, et que pendant ce laps de temps, les combattants de Daech, avec leurs pick-up Toyota (Hilux, Tacoma, Station) peuvent avoir effectué des déplacements de 3 à  6 kilomètres par rapport aux coordonnées Glonass qui ont été communiquées aux pilotes de guerre russes et aux systèmes embarqués de guidage des bombes.

Ce qui explique selon le même analyste que a plupart des frappes aériennes de l’aviation russe portaient sur des cibles fixes ou statique  telles que les dépôts de carburant et de munitions, les centres de commandement et de communication, les centres de fabrication des explosifs relevant de Daech (EIIL) et du Front Ennosra (Al-Qaïda en Syrie, que l’Otan veut sauver à n’importe quel prix)

La campagne aérienne russe de soutien à l’armée syrienne devrait avoir une durée de quatre mois calendaires selon Moscou. Les stratèges russes rejettent totalement le mythe de l’efficacité de la guerre aérienne tel qu’il a été élaboré après la fin de la seconde guerre du Golfe (16 janvier- 02 mars 1991) et estiment en conséquence qu’aucune guerre ne peut être gagnée sans des soldats au sol. C’est l’armée syrienne, notamment la nouvelle Division IV et les forces supplétives et alliées qui mènent l’assaut terrestre avec l’appui aérien tactique russe.

Pour l’instant, avec une telle stratégie, l’armée syrienne a pu recapturer une zone de plus de 70 kilomètres carrés et ce pour la première fois depuis la fin de l’année 2013.

Les blindés syriens font face à un formidable défi formé par la présence massive de missiles antichar Raytheon TOW entre les mains de Daech mais surtout de l’Armée de la Conquête (Jaich Al-Feth) dont le Front Ennosra est l’une des composantes essentielles.

Les forces syriennes en opération sur le front d’Idlib viennent de recevoir plus de 1000 missiles antichar 9M133 Kornet de la part de la Russie mais il semble que les blindés rebelles ne représentent guère une menace sérieuse pour l’armée syrienne. Cependant, l’usage de pick-up à quatre roues motrices modifiés et adaptés pour le combat mobile cause de très sérieux problèmes aux unités gouvernementales dont la mobilité est toujours bien en deça malgré une certaine adaptation, l’apport du Hezbollah en termes de tactiques de combat asymétriques et l’expérience acquise en plus de quatre années de conflit.

Syrie: Du soutien aérien tactique à très basse altitude

Après des mois de posture défensive face à l’avancée des différentes organisations rebelles soutenues par l’Otan, l’Arabie Saoudite, Israël,  le Qatar et la Turquie, l’armée syrienne vient de lancer sa plus grande contre-offensive sur Idlib avec le soutien aérien tactique russe. Objectif immédiat: séparer les fronts Sud d’Idlib de celui du Nord Hama.

Le général Ali Abdallah Ayoub, chef d’état-major des forces armées syriennes, supervise en personne l’offensive gouvernementale contre les positions fortifiées de Daech mais également la redoutable milice dénommée Armée de la Conquête (Front Ennosra, Ahrar Al-Sham et dix autres organisations armées)

Tandis que certains appareils de combat russes continuent à assurer des missions de supériorité aérienne dans l’espace aérien syrien, non sans heurts, notamment avec un F-16 et trois drones Predator US, les avions de combat russes effectuent désormais des frappes aériennes à très basse altitude, souvent en visuel, et certains pilotes réalisent de véritables prouesses en la matière.

C’est dans ce contexte que des hélicoptères d’assaut russes Mil Mi-24 (Code Otan: Hind) mènent d’intenses opérations contre les troupes rebelles.

Guerre au Moyen-Orient: Des pilotes nord-coréens en Syrie

La situation devient très dangereuse au Moyen-Orient où des avions de combat de l’armée de l’air turque (Türk Hava Kuvvetleri) tentant de survoler les zones frontalières avec la Syrie pour assurer le passage des convois de combattants rebelles ont failli se faire abattre par des avions de combat russes de type Sukhoi Su-30 SM, Sukhoi Su-24, lesquels n’ont pas hésité à les pourchasser jusqu’à l’intérieur du territoire turc (5 miles de profondeur selon Ankara; quelques centaines de mètres selon Moscou)

Des médias ont rapporté que Ankara aurait confondu des Sukhoi Su-30 SM russes avec des Mig-29 Fulcrum. En réalité, les Sukhoi Su-30 SM russes volent toujours en tandem avec au moins deux Mig-29 Fulcrum syriens.

Les Mig-29 que les autorités turques accusent d’avoir harcelé deux F-16 Fighting Falcon turcs survolant de manière aggressive la zone frontalière syro-turque appartiennent aux forces aériennes syriennes. Mais il semble certain que les appareils ayant verrouillé leurs systèmes d’armes sur les F-16 turcs durant plus de 5 minutes et 40 secondes soient des Su-30 SM. En d’autres termes, les F-16 turcs n’avaient aucune chance de survie si les russes avaient décidé de les abattre en combat aérien.

Le plus surprenant est que des informations convergentes font état de la présence effective de pilotes nord-coréens en Syrie et ces derniers sont de plus en plus souvent intégrés au sein des escadrilles de Mig-29 encore opérationnelles de l’armée de l’air syrienne.

La virulente réaction officielle nord-coréenne à l’égard de la Turquie (menace de guerre nucléaire et promesse de raser Ankara de la carte) pourrait s’expliquer par le fait qu’au moins un des Mig-29 faisant office de doublure aux Su-30 SM russes était piloté par un officier nord-coréen.

Conséquemment à cet « incident », le Chef de la Mission Diplomatique Russe à Ankara a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères de la République turque.

Sur le terrain, des informations en provenance de Damas confirment l’élargissement du champ d’intervention de l’aviation russe et l’usage de nouvelles munitions.

Syrie: un sous-marin Chinois d’attaque à propulsion nucléaire à Tartous

D’une manière encore plus discrète que l’acheminement d’avions de combat russes en Syrie, la Chine continue de renforcer sa présence militaire près des côtes syriennes: quatre bâtiments de surface de la marine chinoise mouillent déjà près du port militaire de Tartous. Deux autres bâtiments de guerre de l’Empire du Milieu croisent au large de Lattaquié.

Cependant la nouvelle la plus surprenante concerne la présence confirmée d’au moins un submersible nucléaire chinois de la classe Jin (Type 094) dans les lieux. Le Type 094 n’est pas très silencieux en comparaison avec les submersibles en possession des autres puissances nucléaires et certains analystes de la région se demandent comment se fait-il que ce submersible armé de douze missiles balistiques (SLMB) JL-2 d’une portée variant entre 7300 et 8000 kilomètres n’ait pas été détecté bien avant par la pléthore de satellites, stations d’écoutes, drones et avions de reconnaissance militaires surveillant la Méditerranée orientale et le Levant.

La Chine ne compte pas s’arrêter là et des informations non encore confirmées indiquent que Pékin envisage d’envoyer son second porte-avions, le Mao Tsé-Tung (théoriquement en cours de construction avec un autre porte-avions), au large de la Syrie pour son voyage inaugural.

Enfin des sources proches du ministère russe de la Défense à Moscou évoquent une éventuelle participation d’avions de combat Chinois à la campagne de raids aériens menés par Moscou contre les différentes organisations terroristes en Syrie.

Syrie: les avions russes ciblent la capitale autoproclamée de Daech

Les raids aériens menés par l’aviation Russe sur Al-Riqqa, capitale autoproclamée de Daech et ancienne capitale d’été du Calife Abbasside Haroun Al-Rashid au 9e siècle de l’ère chrétienne se sont avérés d’une redoutable efficacité. D’autres raids aériens ont visé Hama, Idlib et Alep.

Des avions de combat russes et syriens ont bombardé la base aérienne de Tabqa, capturée par Daech, en y détruisant l’ensemble des hangars militaires et autres dépôts d’armes et de munitions. Les raids menés par les Russes sont si redoutables que huits grandes organisations terroristes dont l’Armée de la Conquête (Jeich Al-Fath) et Ansar Al-Sham (les Partisans du Levant) tentent d’évacuer les agglomérations dans lesquelles elles étaient retranchées.

Les pays ayant fait partie du groupe dit des « Amis de la Syrie » se retrouvent dans le plus grand embarras:  les Russes ne font pas semblant de bombarder; ils bombardent pour de vrai.

Comment donc protéger des bombes Russes la pléthore de groupes terroristes armés financés et soutenus par les alliés sans éveiller les soupçons de quelques opinions publiques anésthésiées par la propagande officielle et la narration officienne sur ce qui ce passe en Syrie? Voilà ce qui explique la nervosité des dirigeants des pays de l’Otan et leurs alliés Arabes ainsi que leurs déclarations insolites sur la question syrienne allant jusqu’à rappeler au président Poutine la nécessité d’épargner leurs protégés sur le terrain.

L’Otan semble préoccupé par la volonté russe d’établir une zone d’interdiction de survol [A2/AD (Anti-Access/Access Denial)] au dessus des régions côtières de la Syrie.

L’intervention russe n’a pas seulement détruit des positions de Daech et de Jabhet Ennosra (Al-Qaîda) en Syrie mais également fait voler en éclats la dernière paille de l’empire: les deux groupes ne sont en réalité que des sous-traitants de sa stratégie.

Moyen-Orient: l’Irak favorable à des frappes aériennes Russes contre Daech sur son territoire

Alors que l’aviation Russe en coordination avec les forces armées syriennes poursuit un plan de guerre assez précis en tentant de dégager l’étau des zones dites « noires » autour de ce que certains observateurs dénomment la « Syrie utile », des officiels irakiens viennent de solliciter Moscou pour une assistance militaire « élargie » comprenant des livraisons d’équipements militaires et des frappes aériennes contre les positions de Daech dans la province d’Al-Anbar.

Baghdad a déjà passé commande à Moscou d’hélicoptères de combat Mil Mi-28 (Code Otan: Havoc) et d’avions d’attaque au sol de type Sukhoi Su-25 mais si ce nouveau développement se confirme, il risque de réduire à néant toute la stratégie et les gigantesques efforts politiques, diplomatiques, financiers et militaires des Etats-Unis et leurs alliés au Moyen-Orient depuis le 02 aoüt 1990, date de l’invasion du Koweit par l’Irak de Saddam Hussein et casus belli de la longue campagne de guerres menées contre l’Irak durant près de deux décennies.

A fortiori, la demande irakienne met à nu la thèse d’une rivalité Russo-iranienne au Levant et en Mésopotamie. Le redéploiement russe totalement inédit au Moyen-Orient se fait surtout au détriment de l’influence traditionnelle US

Guerre au Moyen-Orient: Nouvelles frappes aériennes conjointes russes et syriennes

Des avions de combat russes ont mené de nouvelles frappes aériennes en Syrie, en offrant un soutien aérien tactique à des unités de l’armée syrienne engagées dans des combats contre des groupes armés affiliés et/ou alliés à Daech dans plusieurs localités difficiles d’accès.

Les télévisions d’Etat de la Syrie ont rapporté, aujourd’hui 01/10/2015 que le gouvernement syrien a demandé de Moscou une assistance militaire et viennent d’annoncer le début d’une campagne de raids aériens menés conjointement par les aviations des deux pays contre des cibles élargies situés dans les zones de combat sans plus de précision.

En parallèle, des unités de l’armée syrienne soutenues par les milices des Forces de la Défense Nationale (FDN) ont mis en échec une violente offensive rebelle dans la province méridionale de Deraa, fief supposé de la rébellion.

Enfin, des médias syriens proches de Damas ont évoqué pour la première fois un renouvellement exhaustif des systèmes d’armes équipant les unités de la défense aérienne du territoire, laissant entendre que la coopération militaire entre la Russie et la Syrie pourrait réserver bien des surprises en cas d’agression étrangère.

La Russie soutient le gouvernement de Bashar Al-Assad en lui offrant des équipements militaires et désormais un soutien aérien tactique. Des rumeurs de plus en plus croissantes font état de la disponibilité de la Chine à offrir un soutien naval à la Syrie. Une information difficile à confirmer. Pour l’instant, Pékin participe à l’effort de guerre syrien à travers l’Iran et la Corée du Nord.

Contre-offensive russe au Moyen-Orient

Les déclarations extrêmement bellicistes du Chef de la diplomatie saoudienne à l’égard de la Syrie à l’Assemblée Générale des Nations Unies, relayées dans une version un peu edulcorée par le président français François Hollande (qui jouit de la confiance absolue de Ryad et de Doha, conséquence de la méfiance qu’inspire le style Obama à ces régimes), ont mis fin aux tergiversations des pays hostiles quant à leur intentions. Adel Al-Jubayr, ministre des Affaires étrangères du Royame d’Arabie Saoudite a en effet déclaré que le Président syrien Bashar Al-Assad « devait partir ou subir l’option militaire’.

Le signal n’est même pas codé. Moscou et Damas décident d’agir ou plutôt de réagir très vite. A peine le Parlement russe donne t-il son aval à l’utilisation des forces armées en Syrie que des chasseurs-bombardiers russes procèdent à des frappes dans la province de Homs. Une vingtaine de raids ciblent huit positions de Daech dans une zone difficile d’accès. Consternation à Ryad et rage à peine contenue à Washington.

Les Etats-Unis et la France (Paris agissant pour le compte du Qatar en échange d’une aide financière assez conséquente) sortent une première parade: Au lieu de cibler Daech, les russes auraient bombardé des positions de la rébellion syrienne dite modérée. Les preuves? D’interminables jérémiades de barbus armés jusqu’au dents jurant devant les caméras numériques de la propagande rebelle  qu’ils se sont fait massacrer par les Russes. Devant le peu de consistence de telles assertions relevant plus de la mauvaise foi et confirmant un peu plus les liens troubles entre certaines capitales et les organisations islamistes radicales semant la terreur un peu partout en Orient, des experts préconisent un vieil expédient: le massacre de civils. Les femmes et les enfants en tête. Dommages collatéraux. Problème: les russes n’ont effectué que des frappes limitées en zone semi-montageuse quasiment inhabitée. Reste l’avis des experts. Un relais de l’Otan n’est pas allé par quatre chemins pour estimer que les pilotes russes avaient totalement raté leurs cibles. Et dire que les enragés de Daech se la coulaient douce depuis plus d’un an sous les rares bombes intelligentes US, britanniques, françaises et Arabes, largués le plus près possibles des lignes de l’armée syrienne (sait-on jamais). Cela a changé. Les Russes ne badinent pas: ils canardent à coups de roquettes à basse altitude…C’est pas amusant et l’ennui est que ça peut être mortel.

Les Russes ont mené des frappes dans la province de Homs. Le jour même, des avions de combat US ont procédé à une frappe aérienne dans la province d’Alep. Une sorte de baroud d’honneur. Surtout que le préavis russe aux capitales de la coalition et aux israéliens était très court: à peine une heure. En fin de journée, des avions syriens bombardent les mêmes positions que les avions russes ont arrosé avec des roquettes et des missiles quelques heures auparavant. Un véritable carrousel.

En réalité, jamais la Russie n’aurait envisagé d’employer des avions de combat au Levant dans ce qui semble l’une des plus grandes interventions russes au Moyen-Orient si la bande de Victoria Nulland, composée uniquement de civils ultra-sionistes n’ayant jamais eu la moindre expérience militaire, n’avait pas autant méprisé le haut commandement militaire US et poussé les Etats-Unis et leurs alliés à aller embêter l’Ours Russe tout près de sa tanière en Ukraine.

La crise en Ukraine a été provoquée en réaction à l’échec du plan préconisé en Syrie suite au soutien politique et diplomatique russe à Damas. Ceux qui ont provoqué Moscou n’ont peut-être jamais lu une ligne d’histoire sur ce qui s’est passé sur le Front Oriental de la Seconde guerre mondiale (1939-1945) et son impact décisif sur ce conflit.

Des militaires russes sont en train de débarquer à Baghdad en Irak mais également dans des bases aériennes en Iran (notamment à Hamadan). Un centre de coordination opérationnel regroupant des militaires russes, syriens, irakiens et iraniens à Baghdad? S’agit-il de politique-fiction? Non. Voilà où mène l’ingérence de civils à la loyauté incertaine et agissant pour une idéologie (en l’occurrence le sionisme) et ayant le contrôle des armées les plus onéreuses au monde avec un budget dépassant les 600 milliards de dollars US. George W. Bush doit avoir une belle gueule de bois en ce moment.

Le plus amusant dans cette affaire est que les Russes agissent sous le couvert de la lutte contre le terrorisme. Le même fond de commerce utilisé par l’empire pour justifier ses guerres en dehors du défunt droit international. Il s’agit bien d’une lutte. Certains analystes ont jugé que la Troisième guerre mondiale n’a pas eu lieu ou qu’elle a été évitée de justesse. Nous estimons que nous sommes en plein dedans. Voire vers sa fin. C’est aux historiens d’en délimiter la durée, ainsi que l’année de son début.

Le jeu continue.

TRIDENT C

Des véhicules blindés BTR-82 A sur le front de Lattaquié en Syrie

Des véhicules blindés de transport de troupes de type BTR-82 A et des avions de combat Mikoyan Mig-31 (Code Otan: FOXHOUND) ont été aperçus dans des bases militaires de l’armée syrienne dans la province de Lattaquié, plus précisément au sein de la ceinture défensive entourant le port naval de Tartous où opèrent des troupes d’infanterie de marine de la Fédération de Russie.

A priori, il ne s’agit pas encore d’une preuve d’un éventuel engagement militaire direct de Moscou en Syrie puisque les nouveaux véhicules blindés amphibies à huit roues sont en train d’être étrangement utilisés par les « milices » des Forces de la Défense Nationale syrienne (NDF) accompagnant les unités de la Garde Républicaine et non pas les unités de l’infanterie mécanisée. Il est à rappeler que l’utilisation de tels véhicules n’est pas à la portée du premier soldat venu et tout porte à croire que les unités paramilitaires se battant aux côtés de l’armée syrienne peuvent cacher des volontaires très « professionnels ».

Un BTR-82 A utilisant son canon
Un BTR-82 A utilisé par les unités de la Défense Nationale Syrienne en pleine opération en Syrie.

Sur le front des opérations, l’armée de terre syrienne a commencé à déployer des chars de bataille de type T-80 modifiés à l’Est de Damas tandis que les hélicoptères d’attaque Mil Mi-24 (Code Otan: Hind) timidement déployés ces derniers mois vu la densité extraordinaire de l’artillerie anti-aérienne rebelle, ont tous été profondément modifiés, notamment pour les opérations de nuit.

Le dispositif défensif syrien se révèle impressionnant dans la province côtière de Lattaquié où des drones de fabrication russe survolent les bases navales de Jablah et de Tartous en permanence. La présence de centres d’écoutes et d’imagerie satellitaire (SIGINT) de l’armée russe n’est un secret pour personne et l’on sait que toute offensive rebelle sur l’une des deux bases navales verra une intervention limitée des forces russes.

En octobre 2014, des rebelles bénéficiant d’un appui aérien tactique israélien ont pu prendre d’assaut une base d’écoutes mais celle-ci, dénommée Centre S, a été détruite par les bombes de l’aviation syrienne agissant sur des informations fournies en temps réel par des unités de surface de la marine russe.

Si les syriens bénéficient de l’appui russe et iranien (chinois aussi via la Corée du Nord), les rebelles ne sont nullement en reste. Un nombre record de missiles antichar BGM 71 TOW de fabrication US a été reçu par Al-Qaïda en Syrie (le fameux front d’Ennosra), l’Armée de la Conquête ou également Daech. Et vu les rapports en provenance du terrain, les rebelles savent très bien se servir de cette arme.

Un
Un « rebelle » syrien du groupe HAZM crée de toutes pièces par les services de renseignements US et qualifié par les médias atlantistes de « modéré » en train d’utiliser un missile antichar BGM71 TOW.

Les négociations secrètes entre Washington, Ryad et Moscou en vue d’arriver à une solution au conflit syrien ne sont pas aussi concluantes que ne le laisse penser les gorges profondes. Les propositions sur l’exclusion d’Al-Assad du champ politique se suivent et se ressemblent. Moscou ne semble pas pressé et s’est montré bien plus flexible que ses interlocuteurs. Surprise de taille, les saoudiens semblent vouloir indirectement punir leur puissant allié US par tous les moyens possibles et l’on a assisté un peu médusé à un rapprochement inédit entre Ryad et Moscou avec en arrière-plan un échange concernant la Syrie et le Yémen lié à un Accord avec Téhéran.

Indubitablement, le conflit en Syrie déterminera pour longtemps l’avenir de la géostratégie mondiale…

Affiche publicitaire de Hughes, fabricant US du missile TOW datant des années 90. On devrait y ajouter le drapeau de Daech...
Affiche publicitaire de Hughes, fabricant US du missile TOW datant des années 90. On devrait y ajouter le drapeau de Daech…

Deux épines dans le pied d’Obama

Quoi qu’il advienne, Washington gagnera en Syrie. Car il n’y a pas une, mais deux politiques états-unienne vis-à-vis de ce pays. Soit ce sera la paix et l’on félicitera le président Obama pour avoir su négocier avec l’Iran ; soit ce sera la destruction de la République arabe syrienne et son occupation par l’Otan, et l’on félicitera quelques généraux états-uniens et l’Onu pour avoir mis fin au bain de sang. Thierry Meyssan révèle ici les dessous de cette double politique, notamment le complot ourdi au sein des Nations unies par le secrétaire général adjoint pour les Affaires politiques.

L’application de l’accord survenu entre Washington et Téhéran, le 14 juillet dernier, dépend principalement de la capacité du président Obama à le faire accepter par ses concitoyens en général et par le Congrès et sa propre administration en particulier. Or, il rencontre deux obstacles majeurs.

Le groupe de Petraeus

D’une part un courant politique reste favorable au projet Juppé-Wright de création d’un Sunnistan et d’un Kurdistan à cheval sur la Syrie et l’Irak. Il est organisé autour du général David Petraeus, directeur de la CIA jusqu’à la réélection d’Obama en octobre 2012 et actuel analyste en chef pour le fonds d’investissement Kohlberg Kravis Roberts. Il comprend son ancien adjoint, le général John Allen, actuel envoyé présidentiel spécial pour la lutte contre Daesh, et l’ancienne secrétaire d’État et actuelle candidate à la candidature démocrate, Hillary Clinton. Il dispose aussi de soutiens au Parti républicain comme l’actuel président de la Commission sénatoriale des Forces armées, John McCain, et le promoteur immobilier et principal candidat à l’investiture, Donald Trump.

Fin juillet, le général Allen était convié à l’Aspen Security Forum. Il y rencontrait des journalistes du New York Times auxquels il confiait à l’oreille s’être mis d’accord avec la Turquie pour créer une zone de sûreté dans le Nord de la Syrie. Stupéfaits par une décision qui viole la Charte des Nations unies, Eric Schmitt décidait d’y consacrer la « une » de son quotidien [1]. Cependant, à l’issue de quelques jours de déclarations publiques contradictoires, Washington et Ankara démentaient [2]. Dans la foulée, la Maison-Blanche clarifiait sa position : la priorité c’est la lutte contre Daesh, aussi bien avec les « rebelles syriens modérés » qu’avec le YPG (Kurdes marxistes-léninistes). Par conséquent, la Turquie, bien qu’autorisée à frapper chez elle la branche turque de l’organisation, était priée de ne pas les attaquer [3].

Le 29 juillet, « l’armée » des soixante « rebelles syriens modérés » formés par la CIA entraient en territoire syrien pour marquer au sol les cibles de Daesh que la Coalition souhaitait bombarder. Mais al-Qaïda en était informé et les attaquait, faisant vingt prisonniers, dont leur chef, le colonel Nadim Hassan. Seules les armées états-unienne ou turque pouvaient les avoir trahis.

Si dans un premier temps, les soupçons de trahison se sont dirigés vers la Turquie, ils se sont transférés sur les États-Unis après les véhémentes dénégations du Premier ministre intérimaire, Ahmet Davutoğlu [4]. Et qui donc alors dans l’armée US, sinon le groupe du général Allen ?

Les manœuvres du général Allen ont d’abord provoqué un grave incident entre le Pentagone et l’Armée turque. L’officier de liaison de cette dernière au CAOC (Combined Air and Space Operations Center) n’a prévenu que dix minutes à l’avance d’un raid en Irak, menaçant à la fois des élèves-soldats kurdes et leurs instructeurs états-uniens présents sur zone [5]. La voie choisie par Recep Tayyip Erdoğan, si l’AKP reste au pouvoir, pourrait conduire à une rupture partielle des relations entre Washington et Ankara [6].

Surtout ces incidents ont conduit le Pentagone à demander au CentCom de vérifier les allégations généralisées au Proche-Orient selon lesquelles la Coalition ne bombarde pas Daesh, mais au contraire le soutient. C’est le moment que la Defense Intelligence Agency choisit pour dénoncer le trucage des rapports du CentCom [7]. Il apparaît que celui-ci est commandé par un autre ancien collaborateur du général David Petraeus, le général Lloyd James Austin III.

JPEG - 38.4 ko

Le groupe de Feltman

L’autre difficulté d’Obama, c’est le secrétariat général des Nations unies. S’il est difficile de savoir à quel courant appartient Ban Ki-moon, trop occupé à monnayer sa position, il n’en est pas de même de son adjoint aux Affaires politiques, Jeffrey Feltman.

Avant d’être fonctionnaire international, il était diplomate états-unien. Il s’est progressivement spécialisé sur le Proche-Orient. Il fut notamment en poste en Israël, en Irak (où il administra la partie kurde) et au Liban (où il imposa ses vues au gouvernement Siniora). Il entretenait une rare relation de confiance avec la secrétaire d’État Condoleezza Rice avec laquelle il avait une vidéo-conférence hebdomadaire, puis fut nommé à ses côtés à Washington par la secrétaire d’État Hillary Clinton pour superviser toute la politique proche-orientale. Il avait alors été présenté comme le principal interlocuteur états-unien pour la Syrie [8].

C’est Jeffrey Feltman qui organisa, en 2005, l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais, Rafic Hariri, puis la Commission d’enquête de Detlev Mehlis et la création du Tribunal international spécial pour le Liban. Cette structure hybride avait été formée pour condamner les présidents libanais Émile Lahoud et syrien Bachar el-Assad sur la base de faux témoignages rémunérés, mais l’accusation s’effondra devant la vérité. M. Feltman poursuit aujourd’hui son œuvre contre la Syrie et l’Iran dans ses nouvelles fonctions.

Arrivé à l’Onu juste avant la Conférence de Genève 1 sur la Syrie, il s’employa à saboter l’accord entre son pays et la Russie et se joignit au groupe de Petraeus pour pousser la France à relancer la guerre. Il rédigea alors un plan de capitulation totale et inconditionnelle de la République arabe syrienne. La souveraineté du Peuple syrien devait être abolie ; la Constitution devait être abrogée ; le président devait être destitué ; l’Assemblée du Peuple devait être dissoute ; 120 dirigeants syriens devaient être arrêtés, jugés et condamnés ; la Direction du Renseignement militaire, la Direction de la Sécurité politique et la Direction de la Sécurité générale devaient être décapitées ou dissoutes ; les « prisonniers politiques » devaient être libérés et les cours anti-terroristes abrogées.

Après l’échec de la mission de Lakhdar Brahimi, il enjoignit à Ban Ki-moon de désigner l’Italien Stefan De Mistura pour le représenter en Syrie. Il avait connu cet élégant diplomate en Irak et s’était lié avec lui lors de leurs missions au Liban. De Mistura avait également fréquenté Petraeus et Allen durant sa mission de représentant du secrétaire général de l’Onu en Afghanistan.

Dès lors, tout en rencontrant les différentes parties au conflit et en leur souriant, Stefan De Mistura s’attela à imposer par surprise le plan Feltman pour la Syrie. Le 29 juillet dernier, il exposa avec Ban Ki-moon les grandes lignes de son plan « de paix » au Conseil de sécurité, mais les deux compères s’abstinrent de distribuer le moindre document écrit [9]. Ils demandèrent aimablement que le Conseil pousse les protagonistes à signer un Accord intérimaire, puis s’en remette à eux pour son application. Il s’agissait en réalité de dessaisir le Conseil de ses prérogatives, de contraindre la République arabe syrienne à signer un texte vague qui aurait permis à l’Otan d’occuper le pays et autorisé MM. De Mistura, Feltman et Ban à mettre en œuvre la capitulation du pays, selon le processus élaboré en 2012 par Feltman.

Cette habile manœuvre faillit réussir puisque le Conseil de sécurité adopta, le 17 août une étrange déclaration (et non pas une résolution) de soutien à Stefan De Mistura [10]. Contrairement à tous les usages, le texte fut d’abord discuté en aparté par les cinq puissances permanentes. La Russie, inquiète de ce qui se tramait, décida de voter « oui ». Elle craignait que Washington ne prépare une action hors du Conseil de sécurité et du Droit international. Cependant, précautionneux, l’ambassadeur vénézuélien Rafael Ramírez, qui avait été tenu hors de la rédaction de la déclaration, souleva deux objections : d’abord, le Communiqué de Genève 1 [11], que tout le monde soutient, contrevient en réalité à la Charte des Nations unies ; ensuite, il ne suffit pas de dire que l’on lutte contre le terrorisme, il faut encore aider la République arabe syrienne face à al-Qaïda et Daesh et cesser d’approvisionner indirectement ces organisations en armes, en fabriquant et instrumentant de pseudos-groupes rebelles.

C’était l’ancien compagnon d’Hugo Chávez et non les Alliés qui étaient sur la même longueur d’ondes que le président Barack Obama.

Thierry Meyssan

Source directe: Voltairenet

Notes:

[1] « Turkey and U.S. Plan to Create Syria ‘Safe Zone’ Free of ISIS », Anne Barnard, Michael R. Gordon & Eric Schmitt, The New York Times, July 27, 2015.

[2] « Syrie, rhétorique et vérité », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 10 août 2015.

[3] « Washington interdit à Ankara de frapper les Kurdes de Syrie », Réseau Voltaire, 13 août 2015.

[4] “Turkey Denies Allegations it Tipped Off Al Qaida Abductors”, Mitchell Prothero, McClatchy, August 25, 2015.

[5] « Frictions entre le Pentagone et son allié turc », Réseau Voltaire, 15 août 2015.

[6] “America’s Dangerous Bargain With Turkey”, Eric S. Edelman, The New York Times, August 27, 2015.

[7] “Pentagon Accused of Skewing Intel on War Against ISIS”, Mark Mazzetti and Matt Apuzzo, New York Times, August 25, 2015.

[8] “Tough love for Syria from Obama”, David Kenner, Foreign Policy, March 3, 2009.

[9] « Débat du Conseil de sécurité sur la Syrie (rapport De Mistura) », Réseau Voltaire, 29 juillet 2015.

[10] « Réunion du Conseil de sécurité sur la Syrie (déclaration présidentielle) », Réseau Voltaire, 17 août 2015.

[11] « Communiqué final du Groupe d’action pour la Syrie », Réseau Voltaire, 30 juin 2012.

Visite d’une délégation Nord-Coréenne en Syrie

Une délégation de la Corée du Nord est arrivée ce matin à Damas où elle a eu des discussions à huis clos avec des officiels syriens sur l’autarcie économique, le contournement du blocus et la défense asymétrique.

Les médias officiels syriens ont rapporté aujourd’hui l’information sans plus de précisions.

Les relations entre la République Arabe de Syrie et la République Démocratique et Populaire de Corée sont assez étroites et se sont affermies ces trois dernières années. Une coopération militaire et scientifique existe depuis des années entre les deux pays et certains observateurs avaient souligné que l’armée syrienne et le Hezbollah libanais ont adopté des tactiques asymétriques dans l’usage de l’artillerie retranchée et le combat dans les galleries souterraines en s’inspirant de l’expérience des Nord-Coréens en la matière.

En 2007, l’aviation israélienne avait mené des raids aériens sur un centre de recherches en agronomie situé au centre de la Syrie et suspecté d’abriter un réacteur nucléaire de faible puissance, fabriqué avec l’aide de la Corée du Nord.

Sur le plan balistique, la Syrie a commencé à développer une gamme de missiles balistiques de courte portée en se basant le programme des missiles Nodong de la Corée du Nord.

Fait peu connu, lors de la guerre d’octobre 1973, c’est les pilotes nord-coréens qui se sont distingués le plus contre les Phantom F-4 E de l’aviation israélienne.

Syrie: Al-Assad pourrait effectuer une visite d’Etat à Moscou

Des informations selon lesquelles le président syrien Bashar Al-Assad pourrait effectuer sa première visite d’Etat à l’étranger depuis le déclenchement du conflit syrien le 15 mars 2011-toujours en cours, laissent entendre que cette visite pourrait concerner en premier lieu Moscou et peut-être Le Caire.

Conflit d’une importance capitale, probablement le conflit le plus décisif en termes de géostratégie globale depuis la seconde guerre mondiale, la guerre en Syrie est une impasse totale pour l’ensemble des protagonistes. L’Etat syrien, appuyé sur 49 services de renseignement,  une armée assez solide dont la raison d’être initiale est de se battre contre l’ennemi israélien et l’appui forcené de ses alliés régionaux (Hezbollah et Iran) et extra-régionaux (Russie et Chine), a pu survivre à la tourmente d’une guerre totale de plus de quatre ans durant laquelle  des moyens inédits de subversion et de destabilisation ont été utilisés. La Syrie est techniquement en guerre depuis la guerre d’octobre 1973.

Des sources russe affirment que le président Vladimir Poutine aurait adressé une invitation officielle au président Al-Assad afin de discuter d’un plan global de sortie de crise au Levant.

En parallèle, d’autres sources arabes indiquent que le président égyptien, Abdel-fettah Al-Sissi, aurait émis le souhait d’inviter son homologue syrien au Caire. Une révolution. L’appareil sécuritaire  du président syrien a très fortement déconseillé à ce dernier tout déplacement au Caire en mettant en avant un risque majeur d’élimination physique.

Reste la question de savoir qui assurera l’intérim en cas de l’absence de Bashar Al-Assad à Damas. Toutes les informations en provenance de l’intérieur de la Syrie convergent sur une seule personne: le général Maher Al-Assad. Commandant de la la fameuse 4e Division blindée de l’armée syrienne, frère du président et l’un des hommes les plus importants du régime. Ce dernier aura la charge du  dispositif de commandement, de communication et de contrôle totalement crypté offert par les Russes.

Maher Al-Assad est d’ailleurs apparu en public ces derniers jours dans la localité Alaouite de Jorine dans le gouvernorat de Hama. Contrairement à des informations antérieures le donnant comme grièvement blessé (amputé des deux jambes) lors de l’attentat ayant visé le QG du haut Conseil de Sécurité de l’Etat à Damas , Maher A-Assad a été filmé descendant d’un hélicoptère de transport militaire en tenue de combat et en bonne forme, entouré de hauts gradés de l’armée syrienne avant d’être acclamé par une foule de personnes habillées de vêtements civils.

Un audit interne de la situation sécuritaire syrienne remis au président Al-Assad juge que l’armée et les services de renseignement sont assez solides pour faire face à une double opération de type Baie des Cochons et une attaque de diversion sur deux fronts durant une éventuelle absence d’Al-Assad à l’étranger.

François Hollande, Israël et la bombe atomique

Le 20 mai 2015, Israël, qui participe à la Force commune arabe, largue une bombe à neutrons au Yémen. Ce type de bombe nucléaire tactique tue les êtres vivants sans détruire les infrastructures.

L’interview traditionnel du président de la République française le 14 juillet, date de la fête nationale, aura été cette année l’occasion pour François Hollande de tenir toutes sortes de propos indécents et aberrants.

Je voudrais juste attirer votre attention sur le passage suivant en réponse à une question de Claire Chazal sur l’accord des 5+1 avec l’Iran :

« La France a été très ferme dans cette négociation et Laurent Fabius l’a conduite avec beaucoup de rigueur et également de fermeté.
Qu’est-ce qu’était ma préoccupation ? Éviter la prolifération nucléaire. Cela veut dire quoi la prolifération nucléaire ? Cela voulait dire que l’Iran puisse accéder à l’arme nucléaire. Si l’Iran accédait à l’arme nucléaire, l’Arabie Saoudite, Israël, d’autres pays voudraient également accéder à l’arme nucléaire. Ce serait un risque pour la planète tout entière. Donc, il fallait empêcher que l’Iran puisse accéder à l’arme nucléaire. » [1]

Ainsi, selon le président Hollande, chef des Armées et à ce titre détenteur de la Force nucléaire, Israël n’aurait pas d’armes nucléaires.

Or, chacun sait qu’Israël est l’une des quatre puissances nucléaires non-signataires du Traité de non-prolifération (avec l’Inde, le Pakistan et la République populaire démocratique de Corée).

C’est en 1956 que le président du Conseil français, Guy Mollet (le prédécesseur de François Hollande à la tête du Parti socialiste), organisa le transfert de technologie nucléaire entre la France et Israël. Pour ce faire, il attribua à l’Hôtel de Matignon un bureau à Shimon Peres (futur président d’Israël) d’où celui-ci supervisa le transfert. La France construisit la centrale de Dimona dans le désert du Néguev, dont Shimon Peres devint le directeur. Israël participa également aux expériences nucléaires françaises dans le désert algérien. Partisan de la colonisation, Guy Mollet s’appuya sur Israël pour lutter contre le FLN algérien et faire la guerre à l’Égypte (« crise » du Canal de Suez).

Cette coopération se détériora sous Charles De Gaulle et prit fin avec la décolonisation de l’Algérie. Lorsqu’en 1967, Israël attaqua ses voisins arabes (théorie de la « guerre préventive »), l’Égypte, la Jordanie et la Syrie, De Gaulle rompit les relations avec Israël. Quelques jours plus tard, les Etats-unis signèrent un accord secret avec Israël l’autorisant à détenir la bombe sous réserve de ne pas en faire la publicité et de ne pas procéder à de nouvelles expérimentations.

Israël poursuivit ses recherches avec l’aide des Britanniques, dans un premier temps —ceux-ci lui fournirent notamment du combustible prêt à l’emploi—. Puis avec l’aide de l’Afrique du Sud à partir de 1975. Il bénéficia notamment des explosions nucléaires sud-africaines, particulièrement en 1979 dans l’Océan indien, sans pour cela violer son accord avec Washington.

Israël détient actuellement entre 80 et 400 têtes nucléaires et un grand nombre de bombes à neutrons. En effet, du fait de la topographie, les bombes nucléaires stratégiques sont impossibles à utiliser dans l’environnement proche d’Israël. Aussi l’État hébreu s’est-il spécialisé dans les bombes à neutrons, dont le rayon d’action est plus petit. Celles-ci sont les armes du capitalisme par excellence car elles tuent les hommes, mais n’endommagent pas les propriétés.

L’ensemble de ce programme fut révélé par un scientifique israélien opposé à l’apartheid, Mordechaï Vanunu, en 1986 dans le Sunday Times [2]. Il fut alors enlevé à Rome par le Mossad, rapatrié en Israël et mis au secret durant 18 ans. Libéré en 2004, mais assigné à résidence, il accorda un entretien à Silvia Cattori et fut immédiatement réincarcéré pour avoir parlé à des journalistes [3].

En 2002, le stratège israélien Martin Van Creveld fit état publiquement de l’arsenal nucléaire et menaça les Européens de rétorsion sur leur sol s’ils persistaient à soutenir les Palestiniens [4]. On parla alors du « complexe de Samson », c’est-à-dire de la menace d’un suicide destructeur israélien plutôt que d’une défaite.

Le 6 décembre 2006, le secrétaire à la Défense états-unien, Robert Gates, admettait lors d’une audition au Sénat qu’Israël détient la bombe atomique. Quelques jours plus tard, le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, l’admettait au détour d’une phrase, lors d’un entretien à la chaîne allemande N24.

En 2010, 18 États arabes sont parvenus à faire inscrire sur l’Agenda de l’AIEA (Agence internationale pour l’Énergie atomique) la question des « capacités nucléaires israéliennes ». Les Nations unies organisèrent alors une conférence sur le Traité de non-prolifération au cours de laquelle la République islamique d’Iran proposa de créer « une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient » [5], sur le modèle de ce qui a été fait en Amérique latine ou en Asie centrale. Cependant ce projet échoua du fait de l’opposition d’Israël et des États-Unis. Ces derniers stockant illégalement des armes nucléaires en Turquie.

Récemment, Israël a fait usage de bombes à neutrons à Khiam lors de la guerre de 2006 contre le Liban et au Yémen, le 20 mai dernier. Dans les deux cas, des relevés de radiations ont été effectués.

Pourquoi le président Hollande nie-t-il des faits largement établis ? Par ignorance ou parce qu’il tente de justifier la position française durant les négociations avec l’Iran au point de s’emberlificoter dans sa propre propagande ?

Le 17 novembre 2013, arrivant à l’aéroport Ben-Gourion de Tel-Aviv, François Hollande déclarait « « Tamid écha-èr ravèr chèl Israël » en hébreu, « Je suis votre ami et je le serai toujours  » » [6].

Thierry Meyssan

Lien direct de l’article: Voltairenet

 


 

Notes:

[1] « Entretien de François Hollande pour la fête nationale », par François Hollande, Réseau Voltaire, 14 juillet 2015.

[2] “Revealed : the secrets of Israel’s nuclear arsenal”, The Sunday Times, October 5, 1986.

[3] « C’est parce qu’Israël détient la bombe atomique qu’il peut pratiquer sans crainte l’apartheid », par Silvia Cattori, Traduction Marcel Charbonnier, Réseau Voltaire, 14 octobre 2005.

[4] “The War Game, a controversial view of the current crisis in the Middle East”, Elsevier, 2002, no. 17, p. 52-53, 27 avril 2002.

[5] « Création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient », Réseau Voltaire, 4 mai 2010.

[6] « Déclaration de François Hollande à son arrivée à l’aéroport de Tel-Aviv », par François Hollande, Réseau Voltaire, 17 novembre 2013.

Guerre en Syrie: SITREP du 07/07/2015

Sitrep/Strategika 51/ 07072015/ 0314Z

Syrie/Zabadani———Voir carte.

Adoptant une nouvelle stratégie pour répondre à la révolution tactique des différents groupes rebelles en Syrie, dont la coalition dénommée « Armée de la conquête », les forces armées syriennes continuent à consolider leurs avancées sur l’axe stratégique du Qalamoun, commandant les confins syro-libanais, avec pour enjeu l’interdiction des lignes d’approvisionnement en hommes et matériel rebelles, la sauvegarde des communications avec le Liban et plus particulièrement la logistique et les communications du Hezbollah libanais entre les deux théâtres. Enfin, circonscrire une propagation des combats ou une irruption rebelle au Liban.

La ville de Zabadani, une localité de 40 000 habitants relevant du Gouvernorat de la grande périphérie de Damas, située au Sud-Ouest de la Syrie à la frontière avec le Liban, occupée par l’armée du Front Ennosra (Al-Qaida renforcée et militarisée) depuis janvier 2012, est devenue l’objet d’une solide offensive syrienne.

L’Avancée des unités syriennes, soutenues par les unités spéciales du Hezbollah Libanais à partir des axes Ouest et Sud a été facilitée par l’artillerie et l’aviation. Des troupes de choc syrienne se sont inflitré derrière les lignes rebelles.

Les informations en provenance du terrain confirment l’effondrement des défenses rebelles et repli des principaux groupes.

Les combats se focalisent actuellement au centre de la localité à moins de 200 mètres de l’hôtel de ville sis à une altitude de 1100 mètres au dessus du niveau de la mer. Les forces combinées font face à une guérilla urbaine caractérisée par une présence affirmée de snipers, l’usage intensif de roquettes antichars contre les véhicules blindés d’infanterie mécanisée BMP et l’emploi des forces spéciales lesquelles doivent avancée dans une zone urbanisée difficile parsemée de pièges et de mines.

Quelques temps avant l’avancée des troupes au sol, l’aviation syrienne a procédé à des lâchers de bombes et de roquettes en plein agglomération densément urbanisée.

La recapture de la ville par l’armée syrienne est presque acquise.

La prise de la localité de Zabadani permettra à l’armée syrienne de:

Renforcer le contrôle du Qalamoun et des confins syro-libanais;

Etendre la zone de contrôle sur la plaine de Zabadani donnant sur les plaines de Homs à l’Est en Syrie centrale (selon un axe Nord-Sud) et mettre cette zone à la portée de l’artillerie syrienne;
Fortification du troisième cercle défensif de la région de Damas et l’axe menant de Djebel El-Cheick à Quneïtra.

Gouvernorat de Homs:

Plus à l’Est, dans le gouvernorat de Homs, les unités de l’armée syrienne sont violemment accrochées par une coalition de groupes armées dont les forces d’Ennosra, notamment autour de la localité de Talbissa. Des rebelles ont réussi à saboter un gazoduc alimentant le Sud-Ouest de la Syrie dans la région de Firkliss, à l’Est de Homs. Le feu fait toujours rage et les éléments du Génie de l’armée syrienne ne parviennent toujours pas à investir les lieux.

Idlib:

Des hélicoptères de l’armée syrienne ont lâché des barils thermobariques sur la localité de Kafr-Aouid et de Mozra dans la région de Zaouia ainsi qu’autour de la base militaire aérienne d’Abu-Dhuhur, encerclée par d’importantes forces rebelles.

Derâa (Sud):

Combats continuels sur l’ensemble des axes de la province. Intervention d’unités spéciales syrienne au Nord de Qunaïtra et raids aériens sur Derâa. Information sur l’élimination de conseillers militaires étrangers au sein des troupes de l’armée de la Conquête (armée rebelle constitué par un conglomérat de douze milices rebelles et dont la salle des opérations est sise en Jordanie)

Egypte: grave revers militaire face à Daech au Sinaï

L’Egypte est en guerre depuis des mois mais les nombreux communiqués de la victoire diffusés en permanence par le leadership égyptien ne nous permettait pas d’avoir une vision claire de ce qui s’y passe réellement.

La répression déclenchée par le président Al-Sissi contre la puissante organisation des Frères Musulmans depuis son putsch militaire contre le régime de Morsi a débouché sur des dizaines de milliers d’arrestations et des centaines de condamnations à mort, dont celle de l’ex-président Mohamed Morsi. En parallèle, des soldats et policiers égyptiens tombaient sur un rythme quotidien sous les balles de nouveaux groupes armés de plus en plus structurés et dont certains ont fini par se procurer un armement lourd.

Il y a deux jours, le Procureur Général d’Egypte, Hicham Barakat, l’homme qui a ordonné la peine capitale à l’encontre de l’ex-président égyptien et l’un des hommes les plus protégés du régime, est assassiné à l’Est du Caire dans l’explosion d’une charge explosive d’une demi-tonne actionnée à distance par un dispositif d’une extrême complexité ayant réussi à contre-carrer l’effet des brouilleurs électro-magnétiques emportés à bord des véhicules officiels blindés. Il s’agit de l’attentat le plus professionnel jamais perpétré en Egypte.

Au Sinaï, une organisation très vague, qui se dénommait comme le groupe de Beit Al-Maqdess (la Maison de Jérusalem) se bat contre les forces armées et de sécurité égyptiennes depuis un peu plus de deux ans. Après avoir prêté allégeance à Daech (Etat Islamique en Irak et au Levant), le groupe armé s’est baptisé Wilaya du Sinaï de l’Etat Islamique (Wilaya=Province) et a commencé à harceler de manière ininterrompue l’armée égyptienne dans les différentes localités de la péninsule.

Depuis hier, Daech au Sinaï a mené une série d’attaques coordonnées visant plus de quinze positions militaires égyptiennes fortifiées, utilisant pour la première fois des missiles antichars guidés et des missiles antiaériens portables.

Selon un premier bilan officiel fourni par l’armée égyptienne, 36 militaires, 38 combattants de Daech et plus de 20 civils ont péri lors de la première journée de l’attaque. Les combats continuent à la minute même où nous rédigeons ces lignes et le bilan s’est nettement alourdi (plus de 70 soldats égyptiens tués selon un nouveau bilan établi à 1700 GMT)

Daech a revendiqué l’attaque en précisant qu’une centaine de soldats égyptiens et des dizaines de véhicules blindés ont été mis hors combat.

L’armée égyptienne a connu un sérieux revers au Sinaï dans la mesure où les forces aux sol ont été totalement désorganisées. Il a fallu attendre la venue d’hélicoptères d’attaque avancés Apache et des avions de combat F-16 pour empêcher de justesse la prise de la ville de Cheick Zouid par Daech.

Les Hélicoptères « Apache » égyptiens ont tous essuyé des tirs de canons anti-aériens et au moins un F-16 a failli être abattu par un missile 9K32 Strela 2.

Des F-16 de l’armée de l’air égyptienne bombardent toujours des positions supposées de Daech au Sinaï et certains pilotes très enclins aux raids à faible altitude ont vite changé d’attitude en rapportant d’intenses tirs d’artillerie anti-aérienne provenant des Technicals (véhicules Pick-Up armés d’armes lourdes) de Daech.

La position de l’Egypte semble très délicate. Confronté à d’immenses difficultés économiques, le pays se retrouve entre les groupes armés relevant de Daech en Libye à l’Ouest et Daech au Sinaï à l’Est. Des avions et des blindés israéliens ont été déployés en urgence par Tel-Aviv à la frontière avec l’Egypte.

Curieusement, Daech au Sinaï a juste promis de détruire le pouvoir du Hamas dans l’enclave palestinienne de Gaza, assiégée par Israël par terre et par mer depuis des années.

Le Moyen-Orient est en pleine tempête…

Décès de Tarek Aziz, ex-Vice Premier ministre irakien

Une des figures de l’Irak de Saddamm Hussein, Tarek Aziz, de son vrai nom Mikhaïl Yohanna, est décédé le 05 juin 2015 en détention dans un hôpital de la ville d’Al-Naciria en Irak suite à de graves complications cardiaques. Il était âgé de 79 ans.

De confression chrétienne d’Orient, Tarek Aziz s’est rendu aux forces d’occupation américaine fin avril 2003. Il a occupé les postes de ministre de l’information, de Vice-Premier ministre (1979-2003) et ministre des Affaires étrangères (1983-1991) sous les différents gouvernements irakiens durant la présidence de Saddam Hussein.

En mars 2009, il est condamné par un tribunal irakien au terme d’un procès d’opérette à 15 années de réclusion pour « crimes contre l’humanité » sur son rôle présumé dans l’exécution de 42 gros spéculateurs et usuriers de la pègre financière irakienne en 1992. A l’époque, en plein embargo international, le gouvernement irakien menait une guerre sans merci contre les spéculateurs et ceux que l’on qualifiait de « saboteurs de l’économie ».

Le 26 octobre 2010, une autre cour irakienne condamne Tarek Aziz et deux autres ex-hauts responsables irakiens à la peine capitale par pendaison pour leur rôle présumé dans la « suppression de partis religieux » et la répression qui s’était abattue sur un parti Chiite après une tentative d’assassinat de Saddam Hussein à Dijjil en 1982, en pleine guerre avec l’Iran de la Révolution Islamique.

Homme d’une intelligence exceptionnelle, diplomate jusqu’au bout et appartenant à une vieille famille issue d’une des plus anciennes minorités chrétiennes au monde, Tarek Aziz a été livré par les américains aux pires factions extrémistes d’une secte chiite. Son fils Ziad n’a pas été informé de son décès et les nombreuses chaînes de télévion irakiennes ont délibérément ignoré l’information.

Exclusif: Voici ce qui s’est réellement passé dans l’espace aérien syrien depuis un mois

D’après des informations très fiables, la Syrie avait accepté via une tierce partie un arrangement secret permettant l’usage par les avions de combat de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis  de trois corridors aériens dédiés pour bombarder les position de « Daech », acronyme arabe de l’organisation terroriste dénommé « Etat Islamique » sur son territoire.

Cependant, en janvier 2015, en violation flagrante des arrangements secrets entre les pays de la coalition et la Syrie, des avions de combat israéliens ont utilisé l’un des corridors désignés et pénétré l’espace aérien syrien. Les avions israéliens avaient procédé au tir de cinq missiles Air-Sol « Popeye » (produits par Rafael Advanced Industries, Lockheed et Turkish Aerospace Industries,  connus également sous la désignation AGM-142 Have Nap aux Etats-Unis) contre des cibles précises dans des zones épargnées par la guerre en Syrie. La défense anti-aérienne syrienne  a réussi à détruire trois des cinq missiles en plein vol. Les deux autres ont atteint leurs cibles.

Après cet incident, des officiels syriens très furieux ont alors demandé à un grand pays tiers d’aviser les pays de la coalition sur l’existence de certaines zones en Syrie où les avions de la coalition seraient systématiquement abattus. Ces zones incluent la Capitale Damas, l’ensemble du littoral méditerranéen et les zones sous contrôle des forces armées syriennes.

Aussitôt, tous les avions de la coalition participant dans la campagne de bombardements aériens visant les positions de Daech dans l’Est et le Nord de la Syrie commencèrent  à être systématiquement  « marqués » ou « illuminés » de manière agressive par les radars de l’armée syrienne ainsi que par ceux, de nouvelle génération, équipant la base de guerre électronique russe sise à Tartous. L’usage de chasseurs F-22 Raptor au dessus de la Syrie cessa après un incident de ce type. Londres, Paris et Ankara relancent alors leurs campagnes et déclarations hostiles à la Syrie.

Le 14 février 2015, dans une manoeuvre inédite et très audacieuse, des chasseurs-bombardiers syriens escortés de chasseurs Mikoyan-Gurevitch MIG-29 pénètrent à très basse altitude l’espace aérien du  Liban avant de bifurquer vers le Sud en direction de la frontière israéliennes pour enfin rebifurquer vers l’est et pénétrer en Syrie au dessus du plateau du Golan et prendre de revers les positions rebelles du front d’Ennosra.

Le 17 mars 2015, un aéronef non-identifié pénètre depuis la Jordanie l’espace aérien syrien. Il est promptement identifié comme étant un drone de type MQ1 B Predator et traqué comme le sont l’ensemble des avions de la coalition. Mais le drone a dévié de son corridor désigné pour se diriger sur Lattaquié en survolant une zone strictement interdite aux aéronefs de la coalition internationale. Après sommation, le drone a commencé à effectuer des cercles au dessus des environs de Lattaquié. Le commandement de la défense aérienne du territoire ordonna alors à une batterie de missiles Sol-Air de type S-125 NEVA/PECHORA 2M d’abattre le drone. Un seul missile fut tiré. Les débris du Predator tombèrent sur un immeuble civil et furent très rapidement récupérés par une unité spéciale de l’armée syrienne.

La question que posent de nombreux analystes est celle relative au comportement assez singulier du drone. Pourquoi ce dernier a t-il persisté à survoler en cercle une zone où les défenses antiaériennes l’ont illuminé? Quel était le but de cette manoeuvre? Quel était l’objectif (humain) de cette mission à Lattaquié? Etait-ce une tentative de pousser les syriens à ouvrir le feu les premiers? Dans quel but? La réponse à la dernière question semble s’inscrire dans le cadre d’un casus belli justifiant l’amorce d’une nouvelle stratégie en préparation. Une thèse confortée par la trés prévisible reconduction du premier ministre israélien ultra-extrémiste Benyamin Netanyahu après un simulacre d’élection alors qu’Israël se considère en guerre totale avec à leur tête un « dictateur » (dans son acception du temps de la République Romaine) non déclaré.

Les Etats-Unis ont reconnus avoir perdu le contact avec un de leurs drones au dessus de la Syrie. Damas n’a pas commenté sur cette annonce mais un média officiel a rendu public l’information selon laquelle un drone US a été abattu par la défense antiaérienne syrienne.

Capture d'image télévision syrienne. débris en feu du drone MQ1 B PREDATOR US abattu par un missile S-125 NEVA/PECHORA au dessus de Lattaquié.
Capture d’image télévision syrienne. débris en feu du drone MQ1 B PREDATOR US abattu le 17 mars 2015 par un missile S-125 NEVA/PECHORA au dessus de Lattaquié, en Syrie.

Le système de communication de Daech en lien avec AMOS-5?

Selon des informations non encore confirmées, l’organisation terroriste connu sous l’acronyme arabe « Daech » ou « Etat Islamique » pourrait utiliser les services du satellite israélien AMOS-5 (Affordable Modular Optimized Satellite) via la firme israélienne Spacecom.

Le Satellite AMOS-5 est l’un des satellites de communication les plus performants au monde. Ses services incluent le DTH (Direct 2 Home), le VSAT à des fins civiles et militaires, l’Internet à haut débit, la Téléphonie, le transfert de données et le Backhaul cellulaire. Il couvre l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Europe.

Indubitablement, Daech utilise des sociétés-écran bien établies pour souscrire à de tels services. Le système d’échange de données entre les différents groupes de Daech demeure protégé par un cryptage de nouvelle génération. D’où l’apport d’un ou de plusieurs sous-traitants en la matière.

D’autres sources laissent penser que Daech dispose des services d’autres firmes off-shore et certains évoquent l’usage d’un satellite Turc. Information à prendre avec caution.

C’est une source au sein du gouvernement irakien qui a révélé il y a près d’un mois l’usage par Daech de système VSAT et d’un système d’échange de données utilisant les services de firmes spécialisées. Mais le niveau de cryptage utilisé par Daech laisse aisément supposer une assistance dépassant un cadre strictement commercial.

La Syrie utilise des chars T-80 dans sa bataille pour le contrôle du Golan et de la ligne de démarcation avec Israël

Jamais l’armée syrienne n’a jeté tout son poids dans une bataille aussi décisive que celle en cours dans la province de Deraa. Prinicpal enjeu: la reprise des territoires capturés par le Front d’Ennosra dans le Golan syrien et la rupture du soutien israélien aux groupes de la rébellion syrienne.

Les unités de la IIIe et de la Ve Divisions blindées de l’armée syrienne, accompagnées par des unités de la VIIe Division d’infanterie mécanisée et du 100e Régiment d’artillerie de la Garde Républicaine, soutenues par les unités spécialisées du  Hezbollah libanais et des unités d’élite du Corps des Gardiens de la Révolution iranienne tentent d’éliminer de manière définitive le territoire tampon crée par Ennosra entre les territoires sous contrôle syrien et les territoires sous contrôle israélien.

Le front Ennosra issu de l’ancienne Al-Qaïda est fortement soutenu par l’armée israélienne, laquelle n’avait pas hésité à lui fournir un appui feu et un soutien logistique à plusieurs reprises durant les derniers dix-huit mois.

L’Iran dont l’implication militaire s’étend de plus en plus dans la région a clairement mis en garde Tel-Aviv que toute nouvelle tentative de fournir un appui feu direct à El-Nossra pourrait entraîner une intervention plus massive des troupes iraniennes en Syrie.

Sur le terrain, aux côtés des chars T-55 et T-72 M, l’armée syrienne vient d’utiliser des dizaines de chars T-80 B dont l’armée syrienne n’avait jamais fait l’acquisition mais lesquels pourraient avoir été livrés en urgence par la Russie pour remplacer les pertes subies durant le conflit. Cependant, il s’avère que de plus en plus d’unités blindées de l’armée syrienne sont en train de remplacer le T-72 M par le T-80 B, une alternative mieux équipée.

La vaste opération militaire menée par Damas avec l’aide des forces iraniennes dans le Sud de la Syrie coïncide avec l’entrée en force des forces iraniennes en Irak contre Daech, notamment à Tikrit, terre natale de l’ex-Président irakien Saddam Hussein, dans la province de Salaheddine et c’est grâce aux iraniens que les milices irakiennes ont pu reprendre du terrain à Daech.

Daech sera la première puissance militaire non-étatique opérationnelle au Maghreb en 2016

D’après des experts militaires, l’organisation terroriste connue sous l’acronyme arabe Daech sera la première puissance militaire non-étatique opérationnelle au Maghreb en 2016. L’organisation n’est pas encore pleinement établie en Libye où des dizaines de groupes armés locaux se sont réclamés de cette nouvelle armée de l’ombre créee de toutes pièces par des puissances afin de disposer d’un outil géostratégique au Moyen-Orient et à terme sur l’ensemble de la région centrale du monde. Le groupe le plus dangereux actuellement est celui du chef de guerre Algérien Mokhtar Belmokhtar, véritable lien nodal entre l’organisation de Boko Haram (Nigéria septentrional, Caméroun, Tchad, Niger, Mali), le groupe des Chebab somaliens (Somalie, Nord du Kenya) et les milices radicales de Derna en Cyrénaïque ainsi que les cellules alliées en Tunisie et en Algérie. Ce groupe dissident de l’ancienne Al-Qaïda au Maghreb Islamique (ex-GSPC) s’est taillé un véritable fief en Libye méridionale d’où il pouvait contrôler les principales voies de passage vers le Mali et le Niger (via la passe du Salvador), le Tchad (à travers des alliances conclues avec certaines tribus Toubou) et le Soudan. Mokhtar Belmokhtar a déclaré son allégeance à Al-Baghdadi, autoproclamé chef suprême de Daech après des années de cavale durant lesquelles il a failli être éliminé par l’armée algérienne dans le Sahara algérien avant qu’il n’échappe d’extrême justesse à un tir de missiles ‘Hellfire’ de drones d’attaque US quelque part entre la Libye et le Niger.

Daech une force militaire alternative et modulaire

Armée de l’ombre, une force mercenaire ou une milice radicale, Daech est surtout une force modulaire d’une étonnante flexibilité tactique et dont les méthodes s’assimilent moins à l’usage de moyens non-conventionnels en matière de combat asymétrique qu’à une stratégie alternative de gains territoriaux à travers notamment la propagation de la terreur au sein des populations pour les pousser à évacuer les territoires. Il n’est point étonnant de constater que la propagande et la guerre de l’information tiennent une importance particulière au sein de l’organisation et cela se traduit sur une base régulière par des démonstrations de force plus ou moins minutieusement chorégraphiées. « Frapper les esprits! » semble être le mot d’ordre de la stratégie communicationnelle de Daech et ce dernier ne cesse d’innover en la matière comme l’a illustré la terrible vidéo de l’exécution du pilote jordanien capturé en Syrie. Sur le plan tactique, Daech est loin d’être invincible comme l’ont démontré ses déboires à Kobané/Aïn Al-Arab face aux milices de protection kurde ou encore à Tikrit dans la province de Salaheddine en Irak face aux forces combinées du Corps des Gardiens de la Révolution iranienne et des milices irakiennes. En guerre contre les armées syrienne, irakienne et iranienne ainsi que contre le Hezbollah libanais, Daech compte par dessus tout sur son redoutable système crypté de communication et de gestion en temps réel du champ de bataille. Ce système livré au groupe clef en main par une puissance obsédée par la maîtrise de l’environnement du champ de bataille, s’est révélé pratiquement impossible à décrypter par les experts syriens et iraniens. Autre point fort de Daech, les SIG ou systèmes d’information géographiques, lesquels associés aux données de l’imagerie satellitaire-et pas n’importe lesquelles-lui ont donné une longueur d’avance en matière de reconnaissance du terrain à conquérir. En Irak et en Syrie, les unités de Daech connaissaient au préalable les positions ou les mouvements des troupes adverses. En Libye, le groupe est loin d’avoir les capacités dont il dispose au Levant et plus particulièrement en Irak. Même avec l’adjonction des hordes de Boko Haram et d’autres groupes armés activant au Sahel. Mais certains signes démontrent déjà l’acquisition de capacités croissantes:

#1 Capacités limitées mais avérées en matière de brouillage des télécommunications civiles et militaires; On ne sait pas encore si la filiale nord-africaine dispose ou non du système de communication utilisé par la filière mère en Syrie et en Irak mais on a connaissance de multiples tentative de brouillage et d’interception des télécommunications civiles et militaires de l’Egypte, de la Tunisie et d’Algérie méridionale par des groupes liés à Daech.

#2 Volonté affichée par l’organisation de se doter d’armes chimique ou biologiques et de capturer des éléments de vecteurs balistiques hors état de fonctionnement et de les réhabiliter; En réalité, c’est le Saint Graal de l’organisation terroriste puisque l’acquisition d’une arme non-conventionnelle à portée de main comme des gaz de combat ou des germes toxiques semble être à la tête de ses priorités. Des obus à tête chimique issus des anciens arsenaux de l’armée libyenne se sont retrouvés entre les mains de certaines milices armées en Libye. Pour les missiles balistiques, le groupe a pu capturer des missiles SCUD en très mauvais état sans pouvoir pour autant les recycler. Même si la littérature propagandiste de l’organisation évoque un tir de barrage de missiles balistiques sur Malte, la Sardaigne, la Corse, le Sud de l’Italie et …Rome! Autre caractéristique, le groupe a pu se procurer des centaines de lance-roquettes multitubes montés sur de multiples supports et des canons, ce qui en fait l’un des groupes terroristes les mieux équipés en matière d’artillerie de campagne… #3 Fortes capacités en matière de lutte antichar: Daech est indubitablement l’une des puissances militaires non-étatique disposant des plus importantes capacités en matière de lutte antichar dans le monde musulman. En Libye, les capacité des groupes affiliés rivalisent désormais avec celle d’Etats comme la Tunisie et la plupart des pays du Sahel. Outre les vieux lance-roquettes RPG7 et RPG12, l’organisation dispose de missiles antichar MILAN, KORNET, TANDEM, TOW et même JAVELIN. Si Daech dispose d’une importante artillerie anti-aérienne au Levant, incluant notamment ce qui ce fait de mieux en ce domaine, ce n’est pas encore le cas en Libye où il n’a pu avoir que des vieux canons anti-aériens de 12.7, 20 et 30 mm de fabrication soviétique.

#4 Tentatives de création de cyber-unités spécialisées dans le piratage informatique; C’est un volet dans lequel Daech excelle et il l’a démontré à plusieurs reprises en croisant le fer avec les redoutables unités de cyber-guerre de l’armée syrienne.

#5 Tentatives de se doter d’une aviation de combat ou le cas échéant de former des escadrilles de chasseurs-bombardiers suicide; En Libye le groupe ne semble disposer que d’un Alphajet dont on connait pas l’état, un Mikoyan-Gurevitch Mig-23 MS, deux ou trois Mikoyan-Gurevitch Mig-21 et un Mirage F1 en très mauvais état. Des informations crédibles font état d’un contact établi par des groupes radicaux en Libye et en Irak d’un côté et avec l’Ukraine d’un autre pour l’envoi d’instructeurs pour la formation de pilotes.

#6 Effectifs: Si Daech dans son ensemble semble disposer entre 18 000 et 35 000 hommes, voire 50 000 hommes, on dispose de très peu d’informations sur les effectifs réels des groupes armés ayant prété allégeance à Daech en Afrique du Nord et au Sahel. Mais ce qui est certain est que ce le nombre de recrues est en hausse constante depuis des mois. Le niveau d’insatisfaction au sein de certains segments des populations en Egypte, en Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Libye ainsi qu’en Afrique et en Europe est tel que Daech ne semble avoir aucun problème à court et moyen terme avec le recrutement. Cela sans compter les sympathies pour Daech du Maroc jusqu’aux rivage du Golfe arabo-persique. Car si le phénomène est nouveau, il ne cesse de fasciner des millions de jeunes désoeuvrés sans aucun repère d’aucune sorte et livrés à eux-mêmes dans des pays ravagés par l’impact d’une mondialisation oubliée en tant que concept mais dont les effets ont été terribles.

#7 Des moyens de financement de plus en plus complexes et opaques: basé initialement sur la vente de pétrole de contrebande au marché noir à des clients plus ou moins liés à l’Otan, Daech a su diversifier ses sources de revenus hors de l’aide financière colossale à ce niveau reçu de certains pays. Trafic de l’héroïne en Afghanistan, trafic de stupéfiants et d’armes au Sahel, partage des zones rentières en Libye et plus précisément les zones de production en hydrocarbures. Malgré des restrictions sévères en matière de circulation monétaire, les groupes armés semblent s’appuyer sur des micro-économies parallèles ou souterraines.

#8 Armement et équipement du combattant individuel en constante évolution: Hélas, ce constat est réel et si la tendance continue à ce rythme, on assistera très bientôt à une armée fantôme dont les combattants seraient pour le moins mieux équipés que la plupart des fantassins des armées régulières de la région. C’est le cas déjà pour plusieurs grands pays d’Afrique du Nord comme l’Egypte ou l’Algérie dont les fantassins sont très pauvrement équipés et manquent singulièrement de motivation.

En conclusion, ce présent billet n’a pas pour objet de surestimer les capacités d’une organisation terroriste d’un nouveau genre, dont les méthodes barbares et la violence provoquent l’outrage de n’importe quel observateur mais de rappeler la montée en puissance de la menace. Une menace certes créee de toutes pièces à d’autres fins mais qui a néanmoins muté. Qui aurait cru ( à part Gaddafi) qu’une organisation terroriste doté d’un armement assez conséquent aurait le contrôle de certaines portions du rivage méditerranéen en face de l’Europe du Sud il y a cinq ans? Et qui aurait cru en Afrique du Nord que les flancs de l’Algérie et de l’Egypte seraient menacés par une armée fantôme? Quid encore de Boko Haram en Afrique occidentale? Le monde change à un rythme endiablé. Le jeu continue!

IS Propic

Syrie: secousse tellurique de 3 degrés sur l’échelle de Richter à Alep

Que le premier ministre israélien se rassure, il n’agit pas d’un essai nucléaire iranien dans le nord de la Syrie: une secousse tellurique de 3 degrés sur l’échelle ouverte de Richter a été enregistré le 04 mars 2015 à 0531 heure locale et 0331 heure GMT à Alep. L’épicentre de la secousse a été localisé à 7 kilomètres de profondeur.

Très peu d’habitants ont dit avoir ressenti la secousse, certains la confondant avec les effets d’un pilonnage d’artillerie ou un bombardement aérien.

Les médias de la rébellion syrienne et les curieux organes multilingues de « Daech » n’ont pas rapporté cette information. Autrement, ils auraient été capables de crier à  un essai nucléaire du régime ou de son allié iranien.

Guerre au Moyen-Orient: Consécration absolue du Su-25

Deux avions de combat Sukhoi Su-25 des forces aériennes des Pasdarans iraniens en action. Cet avion d'attaque au sol a été la révélation des guerres en cours en Syrie et en Irak. Son efficacité est telle qu'il est devenu l'une des principales hantises des groupes rebelles armés.
Deux avions de combat Sukhoi Su-25 des forces aériennes des Pasdarans iraniens en action. Cet avion d’attaque au sol a été la révélation des guerres en cours en Syrie et en Irak. Son efficacité est telle qu’il est devenu l’une des principales hantises des groupes rebelles armés.

Su-25Vague équivalent du A-10 Warthog de l’US Air Force, le bon vieux Sukhoi Su-25 (Code Otan: Frogfoot) a fini par connaître une véritable consécration dans la guerre en cours au Moyen-Orient du littoral méditerranéen de la Syrie aux confins frontaliers entre l’Irak et l’Iran.

Avion de soutien tactique au sol, le Su-25 a fait ses preuves au combat. Son usage intensif est la cause de la disparition de certains groupuscules armés de la rébellion, notamment en Syrie et l’une des secrets derrière l’avancée des forces combinées iraniennes aux côtés des milices Chiites et des forces sunnites tribales dans la province de Salaheddine en Irak face à Daech.

Cet avion d’attaque au sol a connu un tel succès au Levant que d’autres armées dotés d’armement russe dans le monde sont en train de réhabiliter des escadrilles de bombardement tactique dotées de cet appareil.

En 2014, Damas avait choisi des Su-25 fournis par l’Iran pour aller provoquer les défenses britanniques sur l’île de Chypre et non pas des Mikoyan-Gurevitch Mig-29.

Des experts estiment que l’usage de F-16 égyptiens en Cyrénaïque contre Daech n’a pas atteint les objectifs escomptés tout en soulignant l’efficacité d’un usage éventuel de Su-25 au dessus de la Libye où les belligérants sont en train de se doter d’avions de combat.

Syria: Damas reçoit des informations sur les frappes de la coalition sur Daech par une tierce partie

Lors d’un entretien avec la BBC, le Président syrien Bashar Al-Assad a affirmé que son pays recevait à l’avance des informations sur les frappes de la coalition internationale contre Daech en Syrie par une tierce personne.

Cette information confirme les doutes que beaucoup d’observateurs soupçonnaient avec raison. Le commandemant de la défense aérienne syrienne suivait avec beaucoup trop de précision les plans de vol des avions de la coalition et des analystes avaient évoqué à ce sujet une possible coopération avec d’autres pays tiers non impliqués dans ces frappes mais disposant de suffisemment de ressources et de moyens pour assurer un suivi de la situation au dessus de la Syrie.

Guerre au Moyen-Orient: confusion des genres au dessus de la Syrie

Des Lokheed-Martin F-22 Raptor et des McDonnell Douglas F/A-18 Hornet de l’US Air Force accompagné d’une vingtaine de General Dynamics F-16 de l’armée de l’air jordanienne, soit une bonne moitié de la flotte aérienne de ce pays en état de voler, ont mené des raids sur des positions de Daech dans la province d’Al-Riqqa en Syrie orientale.

Daech est donc à la fois épouvantail et prétexte à une intervention de forces étrangères en Syrie. Pour la bonne cause dira t-on! Maiss suivez donc la flèche!

Le Roi Abdallah II de Jordanie a beau user de phrases à la Clint Eastwood et d’inscrire des versets du Coran sur les bombes et les missiles que ses avions de combat vont déverser sur Daech, il n’en demeure pas que son pays a joué un rôle certain dans l’apparition de cette légion de chiens de guerre qu’est cette organisation terroriste. Le Nord du royaume Hachémite a en effet abrité pour plus de 14 mois des camps d’entraînement de mercenaires et de volontaires étrangers voulant rejoindre le pseudo-Djihad en Syrie.

Quelle situation étrange: alors que près de Damas, des Mikoyan-Gourevitch Mig-29 bombardent la soi-disant « armée de l’Islam », des Lockheed Martin F-22 américains accompagnés d’avions de combat jordaniens survolent une partie du territoire syrien pour bombarder une autre organisation qui lui est affiliée.

Où tout cela va t-il mener? La réponse à cette question ne peut valoir plus d’une poignée de dollars de plus.

Daech se dote d’un nouveau logo flambant neuf et intrigant

666Daech ou l’acronyme en Arabe de l’organisation terroriste dénommée « Etat Islamique en Irak et au Levant » vient de se doter d’un nouveau logo formé à partir des termes Arabe « Etat » et « Islamique » et dont la forme n’a pas manqué d’intriguer nombre de spécialistes en Design graphique.

L’organisaton terroriste semble bénéficier d’une forte présence sur le web et certains de ses sites dotés de bases de données sensibles relatives à la sécurité continuent d’être hébergés sur des serveurs payants basées dans des pays qui affirment publiquement la combattre.

A moins qu’une schizophrénie générale ne se soit emparé des officiels des pays prétendant être en guerre contre la terreur, Daech continue d’utiliser les hébergeurs et dispose d’une très forte présence sur l’ensemble des réseaux sociaux. Un luxe que n’ont pu s’offrir nombre de pays comme la Corée du Nord ou encore Cuba.

Des médias européens ont commencé à qualifier Daech comme la plus puissante organisation terroriste de l’histoire. En réalité de plus en plus d’indices probants indiquent que cette organisation bénéficie de soutiens exogènes assez conséquents de la part de pays affirmant publiquement la combattre. Dialectique version 2.0 que même Hegel ne pouvait prévoir!

L’aviation syrienne va intensifier ses opérations dans la Ghouta Orientale

L’aviation syrienne a mené plus de 72 raids aériens en une journée sur Douma et diverses localités de la Ghouta orientale près de Damas en réponse à des tirs d’obus de mortier sur la capitale, causant plus d’une centaine de morts.

L’armée syrienne a également riposté aux pilonnages rebelles en utilisant des missiles Sol-Sol et des lances-roquettes multitubes.

Jaish Al-Islam, une faction rebelle proche d’Al-Nosra (Al-Qaïda) mais qualifiée de « modérée » par les médias occidentaux a tiré plus de 120 obus sur Damas à partir de la périphérie Est en une journée, poussant la population à se réfugier dans des abris anti-aériens conçus pour faire face à des bombardements aériens israéliens.

C’est la première fois que des pilonnages rebelles rompent la vie quotidienne des habitants de Damas, d’habitude épargnés par la guerre.

Des responsables de l’armée syrienne ont martelé que les terroristes se trompent lourdement s’ils croient qu’ils vont échapper à leurs forfaits en affirmant que l’armée n’allait lésiner sur aucun effort pour les annihiler. Un autre général syrien a indiqué qu’une opération combinée comportant des régiments de chars n’était plus à écarter pour investir encore une fois les bastions rebelles assiégés par les forces armées depuis plus d’une année.

Les raids aériens sur la Ghouta orientale de Damas vont s’intensifier dans les jours qui viennent.

L’aviation syrienne riposte aux tirs d’obus par les rebelles sur Damas

Damas a subi ce matin des tirs d’obus rebelles tirés par l’organisation terroriste Jaish Al-Islam (Armée de l’Islam), l’un des plus puissants groupes armés retranché dans la périphérie de la capitale. A partir de 0730 du matin (heure locale), plus de 50 obus de mortiers sont tombés sur différentes parties de la ville, causant un nombre indéterminés de victimes, toutes civiles.

101011101012101013Moins d’une heure après le pilonnage rebelle sur Damas, l’aviation syrienne est passé à l’action en procédant à une série de raids aériens sur Douma, le bastion rebelle assiégé depuis plus d’une année d’où les combattants de Jaish Al-Islam ont tiré leurs obus sur Damas. D’après l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme, une ONG basée à Londres et proche de l’opposition, les raids aériens sur les bastions rebelles auraient causé la mort de plus de 45 personnes.

Des sources militaires syriennes affirment quant à elles que les Mikoyan-Gurevitch Mig-29 de l’armée de l’air syrienne ont détruit les positions de l’artillerie rebelle.

SAAF aircraft over Damascus

101016Ci-dessus, une photographie prise par le téléphone portable d’un habitant du bastion rebelle de Douma peu après le passage d’un chasseur-bombardier des forces aériennes syriennes. Douma est actuellement contrôlée par Jaish Al-Islam, une faction rebelle considérée comme « modérée » pour certains pays de la région et l’OTAN…!

Guerre au Moyen-Orient: trois combattants chinois exécutés par Daech

Selon des informations diffusées par l’organisation terroriste Daech en Irak et en Syrie, trois combattants chinois ayant rejoins Daech il y a quelques mois ont été exécutés après une « tentative d’évasion ».

Daech est confronté depuis des mois à des désertions des volontaires étrangers, ahuris par les crimes commis par l’organisation terroriste, souvent contre ses propres membres.

La Chine a exprimé sa préoccupation face à l’accroissement de la puissance de Daech au Levant et la menace que cette donne fait peser sur la stabilité et la sécurité de la province occidentale du Xinjiang dont sont originaires les trois ressortissants chinois exécutés.

Les sanctions économiques contre la Russie portent leurs fruits

Effectivement, les sanctions prisent par l’occident à l’encontre de l’Ours russe commencent à devenir tangibles… mais en Europe. Et plus précisément à l’OTAN.

Le 24 novembre a eu lieu, à la Hague aux Pays-Bas, la soixantième session plénière de l’assemblée parlementaire de l’OTAN; à cette occasion, le secrétaire général – Jens Stoltenberg – a fait un discourt portant sur la cheville ouvrière de cette organisation: l’argent.

Selon lui, il existe trois priorités:
1-Garder l’OTAN fort comme une alliance politique et militaire.
2-Travailler avec nos partenaires pour apporter plus de stabilité à cette région.
3-Et garder le lien, solide comme le roc, entre l’Europe et l’Amérique du Nord.

Toujours d’après lui, chacune de ces priorités exige des ressources financières, soutenues par une volonté politique. Mais sans eux, il ne peut y avoir de sécurité, pas de prospérité, ni de liberté. Donc, une seule solution: des sous! Mais pas qu’un peu, non, plein de sous, comme s’il en pleuvait. Car pour que l’OTAN soit opérationnel face aux menaces (à ce titre le secrétaire n’en voit que deux: l’Est ou le sud (Afrique du Nord et Moyen-Orient)) il faudrait que chaque pays membre fasse augmenter son budget de la Défense à 2% de son PIB! Rien que ça!

Pas certain que tous les citoyens soient heureux de savoir que les ministères de la Défense se taillent la part du lion. Mais d’après Jens Stoltenberg, ceci est réalisable; la preuve quatre membres ont déjà atteint cet objectif: les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Grèce et l’Estonie.
En fait, ce qui lui met les nerfs à vif, c’est que la Russie a augmenté ses dépenses militaires de 50% en cinq ans, alors que dans le même temps les dépenses totales de défense de l’OTAN ont baissé de vingt pour cent.

Bref, c’est bien beau de vouloir à tout prix se trouver un ennemi juré (même si l’actuel à un air de déjà vu), mais encore faut-il s’en donner les moyens. Heureusement le VIP de luxe et accessoirement secrétaire général de l’OTAN est là pour veiller au grain. Au fond, je m’inquièterai vraiment du rôle de l’OTAN lorsque le secrétaire général sera issu des rangs de l’armée…

Partition du Moyen-Orient. Et de un?

Depuis quelques années un certain nombre d’experts en géopolitique essayent de faire comprendrendre que l’avenir voulu par l’Occident – et qui concerne le Moyen-Orient – se résume à un éclatement des pays en une multitude d’entité plus petites et donc aisément contrôlables. Jusqu’ici cette partition n’était pas très visible, mais cela pourrait bien changer.

La récente chasse aux sorcières de l’EI a fait couler beaucoup d’encre, elle a été, aussi, une course au déclarations des hommes politiques occidentaux. Si tous sont unanimes pour dire que le Califat doit être rayé de la carte, ils sont aussi unanimes sur deux autres points:

1- La Syrie sera bombardée elle aussi; même si on suppose que ce sont les positions de l’Etat Islamique qui devraient être visé, on se doute bien que des dômmages collatéraux pourraient advenir (si si, certains pilotes de chasse ont quelques fois du mal à faire la différence entre une autoroute pleine de véhicules appartenant aux jihadistes de l’EI et une piste d’envol pour chasseurs de l’armée syrienne…);

2- La stratégie de lutte contre le Califat passe par le Kurdistan. Ils recevront, des armes lourdes, un financement et des instructeurs – à ce titre j’ai entendu dire que des instructeurs français sont déjà à l’oeuvre.

Il est logique que l’Occident appuie le peuple kurde, les Peshmergas ont – dans le passé, mais aussi depuis l’émergence de l’EI – prouvé leur valeur au combat. De plus, Bagdad leur avait octroyé une relative autonomie l’an passé, ce qui en fait, bien plus qu’un peuple, un presque-état à part entière. D’ailleurs, le Kurdistan possède un président élu, un parlement, un système judiciaire, des forces de police et des forces d’autodéfense; ce qui pour certains occidentaux en fait une démocratie en devenir – ce qui doit faire dresser les cheveux sur la tête de Bibi, puisque Israël est sensée être la seul démocratie du Moyen-Orient.

Certes, le Kurdistan n’est pas prêt à entrer dans l’Europe ni à devenir un membre de l’OTAN; mais en cas de vistoire contre l’Etat Islamique quel pays occidental (ou autre) n’appuierait pas la création définitive du Kurdistan? Et même si ce n’était pas le cas, les kurdes irakiens se verraient dotés d’armes lourdes, d’une armée entrainée, de quoi revendiquer une plus grande autonomie; de quoi donner des sueurs froides au nouveau président turc Erdogan. Cela pourrait d’ailleurs expliquer sa relative réticence à aider la coalition internationale.

Afin d’éviter tout malentendu, je tiens à préciser que je n’ai absolument aucune animosité envers le peuple kurde, ni contre la création d’un Kurdistan à cheval sur plusieurs pays. Cet article est un constat pas un reproche. A mon avis, le Kurdistan verra le jour, avec l’aval de l’Occident et même celui de Tel-Aviv. D’autant plus qu’une fois la création faite, pour que ce nouvel Etat ne pose pas de problèmes, il suffira juste de l’occuper. Cela pourrait être simple, les combattants de l’EI pourraient se retirer en Turquie et harceler les kurdes vivant là-bas, prolongeant ainsi une guerre qui de toute façon n’aura pas de fin…

Conflits en Irak et en Syrie, l’énigme kurde

Peuple ayant subi le partage de son territoire lors du découpage (franco-anglais) des frontières du Moyen-Orient, il est éparpillé au sein de plusieurs nations, principalement la Syrie, l’Irak et la Turquie.

Depuis quelques mois, le gouvernement irakien a rendu à ce peuple une partie de son territoire avec, en prime, une relative autonomie. Même le gouvernement turc du premier ministre Erdogan a lâché un peu de lest. Et en Syrie, les combattants kurdes (peshmerga, dont les plus craints sont les femmes) se sont rangés du côté de Damas.

On peut cependant se poser des questions. Par exemple; en cas de victoire de l’EIIL et donc de création d’un Etat islamique à cheval sur l’Irak et la Syrie, que ferait le peuple kurde? Car parmi les combattants djihadistes sunnites on trouve quelques anciens partisans de Saddam Hussein qui ont tendance à rappeler de douloureux souvenirs aux kurdes; et on peut aussi noter le fait que les peshmergas ont systématiquement combattu là où l’armée irakienne a été tenue en échec par l’EIIL, dans le Nord de l’Irak.

En cas de création de l’Etat Islamique, négocieraient-ils avec l’EIIL, ou formeraient-ils un nouvel axe de résistance à l’instar du Hezbollah? Car les kurdes ont un point commun avec les combattants libanais: une diaspora (héritée de la volonté de certains états occidentaux de sauver ce peuple, suite aux gazages imputés à S. Hussein) répartie sur l’ensemble de la planète. Ils ont en outre un petit plus, ils ont des frontières communes avec la Syrie et l’Iran…

Si les médias ne parlent pas de ce peuples (et de ses faits d’armes), il possède quand même un potentiel énorme. Pour l’instant, il se concentre sur ses intérêts, mais le proche avenir risque de le pousser à montrer ses capacités, et il pourrait bien devenir le grain de sable capable d’enrayer les rouages de la machine de guerre occidentale.

Guerre en Syrie: la Marine syrienne entre en action

Après plus de trois ans de guerre acharnée, c’est la première fois que des unités de surface de la marine syrienne interviennent ouvertement dans une opération combinée avec l’aviation et les forces blindées près des frontières maritimes et terrestres turques. Les factions rebelles en provenance de Turquie ont subi un pilonnage naval inédit avant d’être ciblés par de nouveaux missiles Air-Sol récemment acquis par l’aviation syrienne auprès de l’allié russe.

Des embarcations avec lesquelles des rebelles tentaient de débarquer sur une plage syrienne près du tracé des frontières entre la Syrie et la Turquie ont été détruites par des vedettes lance-missiles de la marine de guerre syrienne.

Au sol, des unités blindées soutenues par des avions d’attaque au sol Sukhoï SU-25 ont repoussé les forces rebelles jusqu’en Turquie et les forces syriennes ont pu reprendre pied sur le tracé frontalier pour la première fois depuis plus deux ans. Des chasseurs Mig-29 syriens ont mené en parallèle des manoeuvres de diversion sur le tracé frontalier face à des F-16 turcs.

A Homs, dans le centre du pays, d’intenses combats sont rapportés autour du gisement gazier de Chagar situé à l’est de la province où des milices de la défense populaire ont été accrochées par des forces rebelles.

Enfin à Deraa, au Sud du pays, l’armée syrienne peine à repousser une offensive rebelle ayant visé des centres de commandement de la défense anti-aérienne et des sites de missiles SAM.

Un assaut rebelle contre le 61e bataillon de la DCA a toutefois pu être mis en échec grâce à un pilonnage de chars de combat et l’intervention décisive de l’aviation syrienne.

Les rebelles multiplient les attentats terroristes à l’intérieur des villes et les pilonnages au mortier sur les quartiers loyalistes. Mais selon une source sur place, cette stratégie de la terreur traduit plutôt l’impuissance des centaines de groupes armés à changer une situation sur le terrain qui leur échappe.

Syrie_BM30_Correspondant
Un des correspondants de Strategika51 en Syrie, debout sur un lanceur de roquettes multitubes de type BM21 des forces terrestres syriennes.

 

La Russie considère que les constructions sionistes dans les territoires palestiniens occupés sont illégales

On ne badine plus à Moscou! Haro sur les tabous de l’empire!

Dans un mouvement assez remarquable et fort subtil,  la Fédération de russie  se dit préoccupée par les projets d’Israël concernant la construction des nouvelles colonies juives à Jérusalem-Est, selon une déclaration du ministère russe des Affaires étrangères.

C’est le primate de Netanyahu qui doit se lamenter pour de bon et s’arracher les cheveux..Non staisfaite de la Syrie et l’Egypte, la Russie ré-investit son rang de co-parrain de la paix au Moyen-Orient dans son volet le plus problématique: l’occupation de la Palestine.

Ils ne lâchent plus rien au Kremlin!

Le communiqué du ministère Russe des Affaires étrangères martèle que « La construction de colonies sur les territoires palestiniens occupés est illégale, elle est contraire au droit international et aux résolutions de l’ONU », avant de souligner que les questions concernant les colonies et le statut de Jérusalem devraient être « inclues dans le processus de paix israélo-palestinien.»

Décidément, Vladimir Poutine est un très bon joueur d’échecs!

La situation en Syrie, vue par un ex-otage en Irak.

Grand reporter au Figaro, le journaliste Auvergnat rentre de Syrie. Cet ex-otage en Irak est retourné aussitôt au Moyen-Orient, dont il est l’un de plus fins connaisseurs.

Info- Pourquoi la religion est-elle le seul avenir pour ces jeunes qui partent à la guerre en Syrie ?
Georges Malbrunot- Avant, l’idéologie en vogue c’était le nationalisme arabe, qui a périclité. Depuis l’islamisme a prospéré. Quand une idéologie disparaît, une autre prend le relais. Les Palestiniens, Arafat, tout cela c’était du nationalisme laïque, des types qui buvaient de l’alcool… On les a progressivement écartés et tués.
700 Français sont déjà partis en Syrie. Evidemment, ils ne vont pas combattre avec l’armée syrienne libre, mais avec Al Qaïda. Ces jeunes sont quelque part de nouveaux soixante-huitards. Ils contestent le système, et la façon la plus extrême de le rejeter, c’est d’aller faire la guerre sainte. Imaginez ce qu’ils vont côtoyer en Syrie, et quand ils reviendront, ils joueront aux caïds et vont poser un problème énorme.

Info- Depuis quand les islamistes ont pris pied en Syrie ?
GM- Ils sont arrivés très vite, au bout de six mois. Al Qaïda en Irak, c’était tout à la fin. Les Islamistes ont pris le pas sur l’Armée syrienne libre, aujourd’hui décimée. Ils ont différentes tendances plus ou moins dures. Les salafistes qui essaient d’épurer la rébellion de la composante jihadiste. il y a le front Al Nosra via l’Irak qui rêve du Etat islamique du Levan, l’adoubement d’Al Zawahiri…
En France, on n’a pas voulu voir l’arrivée des islamistes, aussi bien Sarko que Hollande. On a réagi dans l’émotion. Les premiers jihadistes sont venus d’Arabie saoudite, puis de Libye, Tunisie, Jordanie, Tchétchénie, et aussi de France. En Afghanistan, il y avait 50 Français, une poignée au Mali, et là ils sont 700. D’autres jeunes arrivent de Belgique, Angleterre, Espagne…

Info- Comment font-ils ?
GM- Ils prennent un billet d’avion pour Istanbul, puis entrent en Syrie. La France vient d’envoyer deux délégations de la DGSE et de la DCRI, au patron des renseignements syriens- et pourtant Dieu sait si on lui a craché dessus. Il leur a répondu, « vous nous chiez dessus depuis deux ans, allez vous faire foutre. Sinon, vous rouvrez votre ambassade à Damas ». Les services de renseignements espagnols y vont, et les Allemands aussi.

Info- Vous avez interviewé Bachar El Assad. Qui est- ce ?
GM- Les Français qui le connaissaient bien ont été très mauvais, depuis le début. Il fallait lui parler, on l’a excommunié. Cet homme est tout sauf un fou. C’est un chef de guerre qui s’est imposé et se battra jusqu’au bout, car il se sait condamné à mort. Contrairement à ce qu’on dit à Paris, il n’a jamais été menacé, et son régime est très solide, soutenu par l’Iran, la Russie, l‘Irak, le Liban…
Il pense venir à bout de la rébellion dans un an, et continuer à vivre comme avant. Ses services sont capables d’envoyer quelqu’un avec des bombes à Paris. Ils l’ont fait dans le passé. Son physique n’en impose pas. C’est une grande asperge avec une tête au bout d’un long cou.

Info- Quel serait, selon vous, le scénario le plus noir ?
GM- Une espèce de Somalisation. Al Qaïda s’implanterait et ferait des attentats au Liban. Le régime tiendrait certaines zones d’un pays complètement éclaté…
La situation actuelle va se poursuivre de manière sanglante, sauf si une issue politique devient possible à Genève. Mais je n’y crois pas trop. Les positions des uns et des autres sont trop éloignées, et il n’y a pas de confiance.
Le régime ne négociera qu’avec des adversaires qui lui baisent les pieds. Ce sont des gens extrêmement durs. Le conflit va durer tant qu’il y aura du fric, tant que les Saoudiens financeront les rebelles. Tant, aussi, que la Turquie laissera passer les combattants.

Entretien : Jean-Jacques ARENE

Guerre en Syrie: exploitant la guerre entre factions rebelles, l’armée syrienne continue son avancée

L'avancée des unités blindées syriennes dans la zone industrielle d'Alep continue, exploitant les combats acharnés entre l'Etat Islamique d'Irak et du Levant et les autres factions de la rébellion. Le haut commandement syrien aurait donné pour consigne de cibler en priorité une nouvelle organisation apparue depuis moins de quinze jours sur le terrain dénommée le Front Islamique. Cette dernière bénéficie du soutien affiché des cercles sionistes aux Etats-Unis.
L’avancée des unités blindées syriennes dans la zone industrielle d’Alep continue, exploitant les combats acharnés entre l’Etat Islamique d’Irak et du Levant et les autres factions de la rébellion. Le haut commandement syrien aurait donné pour consigne de cibler en priorité une nouvelle organisation apparue depuis moins de quinze jours sur le terrain dénommée le Front Islamique. Cette dernière bénéficie du soutien affiché des cercles sionistes aux Etats-Unis.
Il est inconnu des médias dominants mais un héros en Syrie. L'homme à gauche sur la photo n'est autre que le général Issam Zahreddine, l'un des cinq principaux stratèges de l'armée syrienne, ici en train de discuter avec un des chefs des milices de la défense populaire.
Il est inconnu des médias dominants mais considéré comme un héros en Syrie. L’homme à gauche sur la photo n’est autre que le général Issam Zahreddine, l’un des cinq principaux stratèges de l’armée syrienne, ici en train de discuter avec un des chefs des milices de la défense populaire.
La guerre en Syrie prend de plus en plus la forme d'une guérilla urbaine. Ici, des éléments des forces d'intervention du 11e régiment des troupes de choc dans les rues d'Alep.
La guerre en Syrie prend de plus en plus la forme d’une guérilla urbaine. Ici, des conscrits appartenant au 11e régiment d’infanterie  dans les rues d’Alep.
Republican Guards Syria Adra
Adaptation aux conditions imposées par le terrain. Des soldats de la garde républicaine syrienne avançant derrière un « technical », un pick-up modifié et doté d’une arme lourde.
signature Assad
Document des forces armées syriennes daté du 22 avril 2013 et signé de la main du Président Bashar Al-Assad, commandant suprême des forces armées,  portant félicitations à  l’ensemble des soldats, sous-officiers et officiers de toutes les unités militaires ayant défendu le dépôt 560/3 (armes spéciales, chimiques?) à Ouadi Al-Dhaif.

Confirmation: le Front Islamique en Syrie est soutenu par l’AIPAC

Nous venons de confirmer que le Front Islamique, une nouvelle organisation terroriste en Syrie, est activement soutenu par l’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee) l’un des principaux lobbies sionistes dans le monde.

Cela explique Pourquoi les militaires syriens ciblent en premier lieu cette organisation avant les autres factions rebelles…

20140110-141205.jpg

Image du Jour: l’armée syrienne met le paquet!

Noël en Syrie était fêté avec faste-Jésus était avant tout un Palestinien habitant ce qui a été désigné comme le pays du Sham (le pays de Sem, fils de Noé) englobant aujourd’hui la Syrie, le Liban et la Palestine.  Jusqu’à ce que la guerre vienne y mettre un terme. Pas de trêve donc pour cette année. Les combats continuent. Chaque protagoniste escomptant y récolter quelques atouts à mettre sur une table de négociations fuyant vers l’horizon. L’armée syrienne met le paquet: elle sort en cette fin d’année 2013 ses meilleurs chars d’assaut pour ce que Damas considère désormais comme la bataille finale contre la rébellion soutenue par les USA, Israël  et leurs alliés Arabes et Européens.

25122013_4590Iphone

Conflit en Syrie: Damas affirme avoir capturé 300 combattants saoudiens sur son sol

Le représentant de la Syrie aux Nations Unies, Bashar Al-Jaafari a révélé que l’armée syrienne a éliminé des milliers de combattants saoudiens et que 300 d’entre eux ont été capturés lors des derniers combats se déroulant dans la banlieue de Damas et au Qalamoun.

Al-Jafaari a souligné que tous les volontaires saoudiens venus prêter main forte aux différentes factions rebelles combattant le gouvernement syrien sur son territoire sont connus des services de renseignement du Royaume d’Arabie Saoudite. La plupart de ces combattants sont des détenus de droit commun dans ce pays libérés à condition de rejoindre la guerre sainte contre le régime de Damas.

Fait inédit révélant le degré d’exaspération de Damas de quelques pays du voisinage, l’ambassadeur syrien a directement mis en cause l’Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie pour leurs soutiens massifs et multiformes au terrorisme dans son pays. Dans une moindre mesure, il a accusé des organisations non-gouvernementales, des associations et des partis basés aux Emirats Arabes Unis, au Bahrein et au Koweit de financer et d’armer les différentes factions de la rébellion en Syrie.

Genève II: Une coquille vide?

La diplomatie française a perdu la face lors de l’accord sur le nucléaire iranien, qu’à cela ne tienne, son porte-paroles – Laurent Fabius – c’est trouvé un nouvel objectif: Genève II.

Ce ne sont pas les idées qui lui manquent. Il vient de déclarer à la radio France Culture:

« Genève 2 va se tenir, mais je rappelle que l’objet de Genève 2, ce n’est pas d’avoir une conversation de café du commerce sur la Syrie, c’est un consentement mutuel entre les représentants du régime, sans Bashar, et l’opposition modérée (pour) arriver à faire un gouvernement de transition doté de tous les pouvoirs »

Exit, donc, le président syrien. Exit aussi les terroristes:

« C’est très difficile, mais c’est la seule solution qui permette à la fois de ne pas avoir M. Bachar al-Assad et de ne pas avoir les terroristes », a souligné M. Fabius. « C’est une position juste. Les Américains maintenant soutiennent cette position. Tant mieux ! », a-t-il ajouté.

Resterait, finalement, que les représentants du régime – qui seront triés sur le volet, lors d’une réunion entre le médiateur de l’ONU, Lakhdar Brahimi, et les participants russes et américains; réunion annoncée pour la fin Décembre – et l’ASL. Re-problème, l’Armée Syrienne Libre, ne veut pas participer à la conférence! D’ailleurs, le chef de L’ASL, le général Salim Idriss, a déclaré à la télévision al-Djazira:

« Nous ne cesserons pas le combat pendant la conférence et après celle-ci. Ce qui nous préoccupe, c’est d’acquérir les armes dont nos combattants ont besoin« 

Du coup, si on enlève Bashar al-Assad, les terroristes, et l’ASL, il ne va pas rester grand-monde. Mis à part Laurent Fabius, of course.

François Hollande, sioniste de toujours

Certains commentateurs ont expliqué la position française lors des négociations 5+1 avec l’Iran comme dictée par l’Arabie saoudite, ou encore en faisant référence à la judéité de son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius. C’est ignorer que la politique française au Proche-Orient a profondément changé en neuf ans.

Tout a commencé, en 2004, avec la rupture entre Jacques Chirac et Bachar el-Assad. Le président syrien avait promis à son homologue français de favoriser Total lors d’un appel d’offres. Mais, lorsque la proposition française parvint au palais, elle était si désavantageuse pour le pays que le président se ravisa. Furieux, Jacques Chirac rompit avec la Syrie et présenta la résolution 1559 au Conseil de sécurité.

Puis, les Français élirent Nicolas Sarkozy sans savoir qu’il avait été partiellement élevé par un des principaux chefs de la CIA, Frank Wisner Jr. Non content d’avoir été fabriqué par les États-Unis, il s’était découvert des origines juives et avait cultivé ses relations israéliennes. Sa politique internationale était dictée par Washington, mais comme à l’époque il n’y avait pas de différence entre celle d’Israël et celle des États-Unis, il apparut seulement comme faisant bloc avec eux.

François Hollande avait été désigné durant 10 ans comme secrétaire général de son parti en raison de sa médiocrité : ne dirigeant aucun courant et n’étant vassal d’aucun leader, il pouvait tenir la maison en maintenant un équilibre entre les prétendants à l’Élysée. Il s’attacha à ne jamais avoir d’opinion personnelle, à rester le plus transparent possible. De sorte que durant sa campagne électorale présidentielle chacun crut avoir affaire à un homme modéré qui saurait s’entourer de personnalités éprouvées. Ses électeurs en sont les premiers meurtris.

La réalité de François Hollande ne se révéla qu’une fois parvenu à l’Élysée. Expert en politique intérieure, il ne connaît pas grand-chose aux relations internationales. Dans ce domaine, ses convictions lui viennent d’illustres personnalités socialistes.

Ainsi, a t-il placé son investiture sous les auspices de Jules Ferry, théoricien de la colonisation. Dans Le Figaro, son ami, le président israélien Shimon Pérès l’a comparé élogieusement à Léon Blum et à Guy Mollet, bien que celui-ci ne soit plus populaire en France. En 1936, le premier avait proposé de doubler le Royaume-Uni en créant l’État d’Israël au Liban, qui était alors sous mandat français. En 1956, le second tenta de s’emparer du Canal de Suez avec l’aide de l’armée israélienne.

Durant ses dix années à la tête du Parti socialiste, François Hollande a limité ses interventions sur le Proche-Orient, dont voici un bref florilège :

• En 2000, alors que le Sud du Liban est occupé, il prépare avec Bertrand Delanoe le voyage du Premier ministre Lionel Jospin en Palestine. Son discours comprend une condamnation du Hezbollah qu’il assimile à un groupe terroriste.

• En 2001, il exige la démission du géopoliticien Pascal Boniface, coupable d’avoir critiqué dans une note interne le soutien aveugle du Parti à Israël.

• En 2004, il écrit au Conseil supérieur de l’Audiovisuel pour remettre en cause l’autorisation d’émettre donnée à Al-Manar. Il ne cessera ses pressions qu’une fois la chaîne de la Résistance censurée.

• En 2005, il est reçu à huis clos par le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Selon le compte rendu de la réunion, il aurait apporté son soutien à Ariel Sharon et aurait vivement critiqué la politique arabe gaulliste. Il aurait déclaré : « Il y a une tendance qui remonte à loin, ce que l’on appelle la politique arabe de la France et il n’est pas admissible qu’une administration ait une idéologie. Il y a un problème de recrutement au Quai d’Orsay et à l’ENA et ce recrutement devrait être réorganisé ».

• En 2006, il prend position contre le président Ahmadinejad qui a invité à Téhéran des rabbins et des historiens, dont des négationnistes. Il feint d’ignorer le sens du congrès, qui visait à montrer que les Européens avaient substitué la religion de l’Holocauste à leur culture chrétienne. Et, à contre-sens, il explique que le président iranien entend nier le droit des Israéliens à exister et qu’il s’apprête à poursuivre l’Holocauste.

• Il se mobilise pour la libération du soldat israélien Gilad Shalit, au motif que celui-ci dispose de la double nationalité française. Peu importe que le jeune homme ait été fait prisonnier alors qu’il servait dans une armée d’occupation en guerre contre l’Autorité palestinienne, également alliée de la France.

• En 2010, il publie avec Bertrand Delanoe et Bernard-Henri Lévy, une tribune libre dans Le Monde pour s’opposer au boycott des produits israéliens. Selon lui, le boycott serait une punition collective, infligée aussi aux Israéliens qui œuvrent à la paix avec les Palestiniens. Un raisonnement qu’il n’avait pas tenu lors de la campagne similaire contre l’apartheid en Afrique du Sud.

En définitive, avant le rapprochement franco-saoudien, et même avant d’être président, François Hollande avait déjà exprimé son soutien à l’État colonial israélien. Et il avait déjà condamné l’Axe de la Résistance (Iran, Syrie, Hezbollah). La vérité est donc inverse : appliquant l’Accord du Quincy, l’Arabie saoudite s’est rapprochée de la France en raison de sa politique pro-israélienne.

La politique du Parti socialiste en général et de François Hollande en particulier trouve ses racines dans le colonialisme du XIXe siècle, dont Jules Ferry fut un héraut et Theodor Herzl un promoteur. Aujourd’hui, les sionistes du parti se sont regroupés à l’initiative de Dominique Strauss-Kahn au sein du discret et puissant Cercle Léon Blum… dont le président d’honneur, Jean-Marc Ayrault, est devenu Premier ministre de François Hollande.

Thierry Meyssan

Voltairenet

Coup de tonnerre au Moyen-Orient: la Russie vendra des systèmes de défense à l’Egypte

Indubitablement les rapports de force sont en train de changer avec une célérité déconcertante au Moyen-Orient. La Russie vient donc de réaliser une sacrée percée en renouant avec ses livraisons d’armes à destination de…l’Egypte! Le Caire a décidé d’acquérir des systèmes de missiles antiériens auprès de Moscou.

Impensable du temps de Moubarak ou de son successeur Morsi, l’Egypte est en train de lorgner du côté de l’Ours russe. Une chose à laquelle on a pas assisté depuis les années ayant succédé à la mort du Président Gamal Abdenasser au tout début des années 70.

Comment expliquer un tel revirement. Moins qu’un revirement, c’est la politique assidue et cohérente des russes qu’il faut analyser. Depuis deux ans, la Méditerranée orientrale est quasiment « russe » alors que la présence de la marine de Moscou dans ces eaux n’était que marginale avant la crise syrienne. Il faut l’admettre une fois pour toute: Après les débandades d’Afghanistan et d’Irak, les changements de régimes de quelques républiques arabes, la Russie est en mode de contre-offensive tout azimuts pour reprendre pied dans un Moyen-Orient longtemps laissé à la discrétion des américains et de leurs alliés. De circonstance ou non.

Par ailleurs le choix des égyptiens pour les systèmes de défense antiaériens russe est assez symptomatique de la confiance retrouvée dans ce qu’ils appellaient jusqu’à hier la « quincaillerie » russe.  Ce qui se passe en Syrie n’y est pas totalement étranger. La Russie a ainsi utilisé l’échiquier syrien pour revenir en force dans  l’un des fiefs les plus pro-américains de la région.

Moyen-Orient: offensive russe en Egypte…

Une nouvelle carte des rapports d’influence s’esquisse au Moyen-Orient mais pas selon le plan du GMO américain. La chute des Frères Musulmans en Égypte et leur remplacement par les militaires a permis à Moscou de reprendre pied en Égypte pour la première fois depuis plus de trente ans.

Lors de la visite de Serguei Lavrov et Serguei Choigu, respectivement ministres des Affaires étrangères et de la défense de la Fédération de Russie au Caire, le plus grand vaisseau amiral russe faisait escale à Alexandrie.

En apparence, l’offensive russe en Egypte vise avant tout de regagner un client à ses industries d’armement malgré la déception de l’ère Sadate, qui n’a pas hésité à livrer des armes russes au camp adverse…C’est une approche réductrice. L’approche russe s’inscrit dans un cadre plus global de reprise en main de cette zone de très haute turbulence qu’est le Moyen-Orient. Le rapprochement idéologique du Caire avec Damas, lequel n’exclut pas une poursuite d’une rivalité immémoriale et des divergences de fond, a convaincu Moscou de la nécessité d’agir en vue de reprendre place dans un pays longtemps allié.

Nucléaire iranien: Bibi au bord de la crise de nerfs.

Négociations sur le nucléaire iranien: Obama appelle Netanyahu

WASHINGTON – Le président américain Barack Obama a appelé vendredi au téléphone Benjamin Netanyahu, a annoncé la Maison Blanche, après les critiques du Premier ministre israélien sur les termes d’un possible accord intérimaire avec l’Iran sur son programme nucléaire.

L’objet de l’appel était de discuter de l’Iran et de nos efforts en cours pour parvenir à une résolution pacifique dans le dossier nucléaire, a précisé la présidence américaine, en expliquant que M. Obama avait insisté sur son engagement à empêcher l’Iran d’obtenir une arme nucléaire.

De même source, M. Obama a mis le Premier ministre au courant de l’avancée des négociations à Genève, où le secrétaire d’Etat John Kerry est arrivé vendredi, laissant espérer un accord prochain malgré des divergences persistantes après des années de blocage.

D’intenses tractations diplomatiques se poursuivaient tard vendredi soir. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a annoncé sa venue samedi, ce qui confirme que les négociations dureront un jour de plus.

M. Kerry, qui a interrompu une tournée au Proche-Orient pour se rendre d’urgence à Genève, a été rejoint par ses homologues français, britannique et allemand, membres du groupe des 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne) qui tente depuis des années de régler le dossier ultrasensible du programme nucléaire iranien.

M. Netanyahu a affirmé plus tôt vendredi devant M. Kerry, lors d’un tête-à-tête tendu à Tel-Aviv, que son pays n’est pas tenu par cet accord et fera tout le nécessaire pour se défendre et défendre la sécurité de son peuple.

M. Netanyahu a indiqué que son pays rejetait complètement le compromis discuté en Suisse, y voyant l’affaire du siècle pour l’Iran.

Il a ajouté avoir rappelé à M. Kerry qu’il avait dit que mieux valait pas d’accord qu’un mauvais accord. Et l’accord en discussion est un mauvais accord, un très mauvais accord. L’Iran n’est pas obligé de démanteler ne serait-ce qu’une centrifugeuse, a-t-il déploré.

Mais la Maison Blanche a affirmé que de telles critiques étaient prématurées.

En l’état des négociations à Genève, il n’y a pas d’accord, a rappelé le porte-parole adjoint du président Obama, Josh Earnest. Toute critique sur l’accord est prématurée, a-t-il ajouté.

Le lien sur Romandie.com.

Revue de presse.

Voici quelques nouvelles du monde, trouvées ici et là.

Syrie:  Il semblerait que la conférence de Genève II n’ait pas lieu cette année. Les différentes parties n’ayant pu se mettre d’accord sur une date. Pourtant, la Chine qui jusqu là n’avait pas trop fait entendre sa voix, vient de déclarer qu’une solution politique devait être trouvée rapidement. Le problème vient du fait que l’opposition demande le départ de Bashar al Assad comme préembule à toutes négociations. Et les Etats-Unis aussi. Il faut les comprendre, comment pourraient-ils négocier quoi que ce soit, sachant que sur le terrain ils se prennent défaites sur défaites. La dernière en date,  Safira (ville située entre Damas et Alep), est symptomatique de l’éclatement de l’opposition. Lu dans le Washington Post:

« Les commandants de l’opposition ont déclaré: Safira est tombé après que des brigades islamistes n’aient pas répondu à un appel pour des renforts de la Brigade Tawheed, le plus grand bataillon rebelle d’Alep, qui a été contraint de fuir sous un bombardement foudroyant de l’armée de l’air syrienne.« 

Du coup, les rebelles de Damas voient l’étau se resserrer, maintenant que la route d’approvisionnement du Nord est entre les mains de l’armée syrienne.

Et comme si cela ne suffisait pas, la Russie a fait savoir, par la voix de l’infatigable Lavrov, que l’Iran devait être présent à Genève.  Les armes n’ont pas fini de parler.

USA: John Kerry a été dépêché, en urgence, au Moyen-Orient, pour rassurer ses partenaires locaux. Ils s’inquiètent les  al Saoud et Israël, c’est bien normal, après la décision de Washington de ne pas bombarder Damas, et le « rapprochement » avec l’Iran.  J’ai trouvé un très bon article la-dessus, et je le reblogue de ce pas. Il s’agit de: John Kerry on Despot Tour to Reassure

Chine: Première apparition publique du J-15. Ces courbes me rappellent un autre appareil… Les photos de la bête sont ici. Vous n’oublierez pas de lire le commentaire d’un admirateur US, jaloux!

Turquie:Le golfeur, Tiger Wood, a tiré une balle sur le pont enjambant le Bosphore d’Est en Ouest. L’info en elle-même n’a rien de transcendant, mais pour une fois que les balles américaines ne vont pas d’Ouest en Est, je me permets de le noter.

Recrudescence de saisies de produits chimiques à la frontière syro-turque.

Le principal parti d’opposition turc (le Parti Républicain du Peuple CHP) a soulevé des questions sur la saisie de matériel chimique, ainsi que de barils de fret non identifiés, dans des véhicules qui tentaient de franchir illégalement la frontière en direction de la Syrie ce week-end.

« Une personne a été arrêtée. Les barils qui sont suspectés de contenir des matières chimiques étaient à l’intérieur des véhicules. Le trafic va de la Turquie vers la Syrie. Ne soyez pas surpris si une déclaration suggérant que la personne arrêtée est un espion syrien, vient du gouvernement « , à déclaré Farouk Loğoğlu, vice-président du CHP, le 4 novembre.

Les unités frontalières de patrouille turcs ont saisis environ une tonne de souffre en plus de huit barils scellés, dont le contenu était inconnu, à partir d’un convoi tentant d’entrer illégalement dans le pays à partir de la Syrie, le 2 novembre, a annoncé l’état-major général dans un communiqué publié sur son site officiel .

Le convoi de trois véhicules a refusé de s’arrêter alors qu’il tentait de franchir illégalement la frontière près de la ville turque de Reyhanlı, selon le communiqué.

La police para-militaire a été obligée de tirer dans les pneus des véhicules pour les arrêter, et trois chauffeurs ont sauté et se sont enfuis en direction de la Syrie. L’un d’entre-eux a été arrêté, a déclaré l’état-major général, sans préciser la nationalité du suspect. Le butin de souffre et de l’autre substance non identifiée sera examiné par une équipe de spécialistes militaires, indique le communiqué.

Loğoğlu, quant à lui, a également exprimé ses doutes au sujet d’allégations selon lesquelles les groupes rebelles syriens radicaux cherchaient à se procurer des matériaux qui pourraient être utilisés pour produire du gaz sarin hautement toxique avait été découvert.

Par ailleurs, l’adjoint du CHP, Hursit Güneş a critiqué la libération du principal suspect dans la même affaire, après une audience devant un tribunal local à Adana le 30 octobre.

«Nous voulons que cette affaire ne soit pas classée. Si l’affaire à Adana est classée et les terroristes acquittés, alors ce sera une honte pour la Turquie. La Turquie ne peut pas être un endroit où des éléments d’Al-Qaïda peuvent être nourris et se reposer « , a déclaré Güneş .

Le suspect visé par Güneş, un citoyen syrien de 35 ans, identifié comme étant  Hytham Qassap , a été accusé d’établir une connexion avec un réseau en Turquie pour acheminer des matériaux chimiques pour le Front al-Nusra, al- Qaïda et les djihadiste des brigades d’Ahrar al-Sham.

L’acte d’accusation a été basé sur l’enquête concernant les produits chimiques saisis dans la province méridionale de Hatay à la fin Mai. Il contenait également le témoignage de Qassap dans lequel il aurait avoué ses liens avec les Brigades  d’Ahrar al-Sham et son déménagement pour la ville d’Antakya en suivant les instructions de son chef, Abou Walid.

Un article du Financial Times, publié le 1er Novembre depuis la ville de Öncüpınar dans la province d’Anatolie du sud, note que les 78.000 réfugiés de la ville étaient, désormais, plus nombreux que les 60.000 habitants.

 » Les combattants sont en Turquie pour se reposer, récupérer et de se regrouper avant la prochaine attaque en Syrie. Quatre combattants de la ville syrienne de Homs sont assis les jambes croisées sur le sol de leurs dortoirs exigus. Sur le mur à côté d’eux se trouvent les drapeaux de l’opposition syrienne, de la Turquie et le drapeau noir du djihad. Les hommes louent avec effusion Recep Tayyip Erdogan, Premier ministre de la Turquie, pour le libre passage qu’Ankara leur a accordé pour la traversée de la frontière. «Qui est notre père? Qui est notre père? Demande Abu Mahir, un combattant pour un groupe connu sous le nom des Brigades de Farouk. «Père Erdogan, nous l’adorons », répond l’autre homme, a rapporté le Financial Times.

Article original (en anglais) ici.

Tension croissante à Gaza

Les accrochages entre les éléments des Brigades Al-Kassam, l’aile militaire du mouvement palestinien Hamas, au pouvoir dans l’enclave assiégée de Gaza, et l’armée israélienne se multiplient ces derniers jours. Nouveauté: les brigades Al-Kassam semblent avoir adopté de nouvelles tactiques, inspirées de celles du Hezbollah libanais.

La gestion du combat en temps réel par l’armée israélienne est assurée par une myriades de mini-drones aériens, terrestres et sous-marins.

L’aile militaire du Hamas, les Brigades Al-Kassam, a affirmé sur son compte Twitter “avoir abattu un mini drone israélien”. La NSA américaine et l’unité 8002 israélienne (sorte de NSA compacte en version plus vorace)  ne devraient jamais assez remercier le Hamas.

Le Hamas est en train de se remettre tant bien que mal de ses choix malheureux lors de ce que l’on appelé par ironie « printemps arabe ». En prenant fait et cause pour l’idéologie des Frères Musulmans, l’aile politique du Hamas représentée par Khaled Mechaal, s’est positionnée contre son protecteur, la Syrie. Mais la chute du mouvement des Frères Musulmans en Égypte et la résistance tenace du régime syrien contre l’ensemble de ses ennemis ont mis le Hamas dans une situation d’isolement fort dangereuse. L’aile militaire du mouvement a fini par tenter un processus de réconciliation avec Damas. Plus encore, le Hamas a radicalement changé sa rhétorique. Il vient d’annoncer l’amorce d’une nouvelle lutte contre l’occupant israélien.

90 ans après la déclaration de Lord Balfour, que le Hamas commémore en annonçant une contre-déclaration promettant la libération de la Palestine historique. D’où la pression militaire croissante d’Israël, traduite par la multiplication des provocations israéliennes.

Dans un contexte régional explosif marqué par la guerre en Syrie, la concentration des forces israéliennes sur le front septentrional, les réticences de Washington à suivre les desirata de Tel Aviv pour déclencher une troisième guerre mondiale, le sursaut du Hamas inquiète les stratèges israéliens qui ont tout fait pour non seulement faire perdurer les menaces autour d’Israël (leur principale industrie) mais les renforcer pour justifier le militarisme du régime de Tel Aviv et sa nature profondément belliqueuse.

20131103-235525.jpg

Poutine avance ses pions; et ses navires aussi…

La Russie vient de stationner deux nouveaux monstres en Méditerranée:

Le navire amiral de la flotte du Pacifique russe, Varyag (tueur de porte-avions): 

Et le plus puissant cuirassé à propulsion nucléaire du pays, Pyotr Veliky (Pierre le Grand), accessoirement navire amiral de la flotte du Nord:

http://www.youtube.com/watch?v=VoKCSKIra88#t=62

Turquie: Davutoğlu nie avoir donné un coup de main à Israël pour les frappes en Syrie, qui, selon lui, ne sont pas encore confirmées!

Voici un article d’Hurriyet sur la conférence de presse donnée le 1° Novembre à Istanbul, par le ministre des affaires étrangères turque Ahmet Davutoğlu.

Le ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoğlu a rejeté les allégations selon lesquelles la Turquie a donné des renseignements à Israël lors d’une attaque contre une base militaire près de la ville côtière syrienne de Lattaquié tôt le 31 octobre.

« Il s’agit d’une tentative pour donner l’impression que la Turquie a coopéré avec Israël. Nous avons des problèmes avec la Syrie, des problèmes fondés sur un principe. Mais permettez-moi de le dire clairement: le gouvernement turc n’a jamais coopéré avec Israël contre un pays musulman, et il ne le fera jamais « .

Plusieurs rapports, citant des responsables anonymes américains, disaient qu’Israël visait un centre de stockage de missiles de fabrication russe SA125; missiles susceptibles d’être fourni au Hezbollah.

Des rapports relayés par les médias israéliens ont affirmé que la Turquie était derrière l’attaque à Lattaquié, en révélant des informations majeures à Israël.

Davutoğlu a dénoncé ces rapports, les décrivant comme «propagande noire». «Ce [les rapports] sont des tentatives de jeter une ombre sur la lutte légitime du peuple syrien et l’attitude de la Turquie avec ses principes. Il est hors de question pour nous de participer à une opération commune « , a t-il dit.

Davutoğlu a également ajouté que la Turquie s’opposait à une telle opération israélienne, mais a souligné que les informations sur les frappes n’avaient pas encore été confirmées.

Iran-Turquie, aucunes rivalités.

Lors de la conférence de presse , M. Davutoğlu a insisté sur l’amitié et le partenariat turco-iranien.  » Nous avons des relations profondes et historiques. Certains milieux pourraient vouloir nous représenter comme deux voisins rivaux. Certains peuvent même le désirer. Mais au contraire, la Turquie et l’Iran sont amis « , a t-il dit.

Davutoğlu a également défendu son: « zéro problème avec les voisins », en disant qu’il a eu des entretiens très intenses avec presque tous les pays voisins de la Turquie au cours des deux derniers mois. La position de la Turquie concernant la Syrie et l’Egypte étaient basée sur des principes politiques, les relations avec l’Irak se sont améliorées, tandis que des efforts ont été faits pour surmonter les problèmes de relations avec l’Arménie et la partie grecque de Chypre.

Pour sa part, M. Zarif a critiqué les embargos étrangers contre l’Iran, avertissant que ceux-ci sont contreproductifs sauf si ils ont un but précis. « Les embargos ne devraient pas être le but en soi; ils devraient être un chemin vers une solution. Si ils n’atteignent pas leur objectif, ils ne font qu’augmenter la résistance du peuple iranien « .

Dans une conférence de presse plus tôt, les deux ministres des Affaires étrangères ont mentionné des préoccupations similaires quant à la nature sectaire du conflit en Syrie.

Sans commentaires…