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Le cycle du Mensonge–par Thierry Meyssan

Lorsqu’ils veulent condamner un suspect, les Occidentaux l’accusent de toutes sortes de crimes jusqu’à ce qu’ils se trouvent en situation de prononcer la sentence. Peu importent la Vérité et la Justice, seule compte leur puissance.

Revenant sur l’accusation d’usage d’armes chimiques en Syrie, Thierry Meyssan rappelle que si l’accusation ne date que de quelques années, le principe de désigner la Syrie comme coupable est établi, lui, depuis plus de deux mille ans.

Les Occidentaux assurent qu’une « guerre civile » a débuté en Syrie en 2011. Pourtant, le Congrès US adopta, puis le président George W. Bush signa, une déclaration de guerre à la Syrie et au Liban, en 2003 (le Syria Accountability and Lebanese Sovereignty Restoration Act [1] c’est-à-dire la Loi sur la responsabilité de la Syrie et la restauration de la souveraineté libanaise).

Après la vaine tentative du secrétaire d’État Colin Powell, en 2004, de transformer la Ligue arabe en un tribunal régional (sommet de Tunis), l’agression occidentale débuta avec l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, en 2005.

L’ambassadeur US à Beyrouth, Jeffrey Feltman —qui avait probablement lui-même organisé ce crime— accusa immédiatement les présidents Bachar el-Assad et Émile Lahoud. Une mission d’enquête fut dépêchée par l’Onu, puis un pseudo-Tribunal international fut constitué par les Exécutifs de l’Onu et du Liban, sans ratification ni par l’Assemblée générale des Nations unies, ni par le Parlement libanais. Dès sa création il disposa de témoignages et de preuves convaincants. Les deux présidents furent placés au ban des nations en attendant leur imminente condamnation, des généraux furent arrêtés par l’Onu et incarcérés des années durant sans même être inculpés. Pourtant, les faux témoins furent démasqués, les preuves perdirent de leur pertinence et l’accusation s’effondra. Les généraux furent libérés avec des excuses. Bachar el-Assad et Émile Lahoud redevinrent des personnalités fréquentables.

13 ans plus tard, Jeffrey Feltman est le numéro 2 des Nations Unies et l’affaire du jour est la prétendue attaque chimique de la Ghouta. Là aussi, on dispose de témoignages (les Casques blancs) et de prétendues preuves convaincantes (des photos et des vidéos). Le présumé coupable est comme à l’accoutumée le président el-Assad. L’accusation a été soigneusement préparée par diverses rumeurs depuis 2013. Sans attendre la vérification des faits par l’OIAC, les Occidentaux se sont érigés en juges et bourreaux, ont condamné la Syrie et l’ont bombardée.

Sauf que, cette fois-ci, la Russie est redevenue une super-puissance à l’égal des États-Unis. C’est donc elle qui a exigé le respect des procédures internationales et l’envoi d’une mission de l’OIAC à Damas. C’est encore elle qui a amené à La Haye 17 témoins oculaires de la pseudo-attaque chimique pour attester la manipulation des Casques blancs.

Comment ont donc réagi les 17 pays de l’alliance occidentale présents ? Ils ont refusé d’entendre les témoins et de les confronter aux Casques blancs. Ils ont publié un bref communiqué dénonçant le show russe [2]. Oubliant qu’ils avaient déjà condamné et puni la Syrie, ils ont souligné que cette audition empiétait sur la responsabilité de l’enquête en cours de l’OIAC. Ils ont rappelé que le directeur de l’Organisation mondiale de la Santé avait déjà confirmé l’attaque chimique et qu’il était donc indécent de la remettre en question. Et bien sûr, ils ont appelé la Russie à respecter le Droit international qu’ils ne cessent de violer.

Il se trouve que la déclaration de l’OMS contrevient à ses prérogatives ; qu’elle n’est pas exprimée à l’affirmative, mais au conditionnel ; et qu’elle n’est pas fondée sur les rapports de ses fonctionnaires, mais sur le seul témoignage d’ONG partenaires rapportant les accusations… des Casques blancs [3].

Cela fait deux mille ans que l’Occident scande « Carthago est delenda ! » (Il faut détruire Carthage !) [4] sans que personne ne sache ce qu’on reprochait à ce comptoir syrien de Tunisie. En Occident, ce sinistre slogan est devenu un réflexe.

Partout, la sagesse populaire assure que « La raison du plus fort est toujours la meilleure ». C’est la morale de la fable des Panchatantra indiens, du Grec Ésope, du Français Jean de La Fontaine et du Russe Ivan Krylov, mais elle provient peut-être de l’antique sage syrien Ahiqar.

Or, depuis leur pantalonnade du bombardement raté du 14 avril, les Occidentaux ne sont « les plus forts » qu’en matière de mensonge.

Thierry Meyssan Consultant politique, président-fondateur du Réseau Voltaire. Dernier ouvrage en français : Sous nos yeux – Du 11-Septembre à Donald Trump (2017).


Notes:

[1] The Syria Accountability and Lebanese Sovereignty Restauration Act, H.R. 1828, S. 982, Voltaire Network, 12 December 2003.

[2] « Déclaration conjointe de l’Allemagne, l’Australie, la Bulgarie, le Canada, le Danemark, l’Estonie, des Etats-Unis d’Amérique, de la France, l’Islande, l’Italie, la Lettonie, la Lituanie, des Pays-Bas, de la Pologne, la République tchèque, du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord et de la Slovaquie », Réseau Voltaire, 26 avril 2018. Voir le commentaire de Nicolas Boeglin : « « Armes chimiques » en Syrie et OIAC : à propos d´une récente déclaration conjointe », Réseau Voltaire, 30 avril 2018.

[3] « L’OMS s’inquiète de la suspicion d’attaques chimiques en Syrie », Réseau Voltaire, 11 avril 2018.

[4] Carthago est delenda ! était un slogan popularisé par Caton l’Ancien. Le sénateur le proclamait à la fin de chacun de ses discours. Le seul crime de Carthage semble d’avoir été plus prospère que Rome.

Le fiasco du bombardement de la Syrie
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Ajustements au Moyen-Orient

La crise diplomatique autour du Qatar a gelé divers conflits régionaux et a masqué des tentatives de règlements de quelques autres. Nul ne sait quand aura lieu le lever de rideau, mais il devrait faire apparaître une région profondément transformée.

1— Le conflit palestinien

Depuis l’expulsion de la majorité des Palestiniens hors de chez eux (la Nakhba, le 15 mai 1948) et le refus par les peuples arabes de ce nettoyage ethnique, seules la paix séparée israélo-égyptienne des accords de Camp David (1978) et la promesse d’une solution à deux États des accords d’Oslo (1993) ont partiellement modifié la donne.

Cependant lorsque l’on révéla les négociations secrètes entre l’Iran et les États-Unis, l’Arabie saoudite et Israël décidèrent à leur tour de discuter. À l’issue de 17 mois de rencontres secrètes, un accord fut conclu entre le Gardien des deux mosquées et l’État juif [1]. Celui-ci se concrétisa à travers la participation de Tsahal à la guerre du Yémen [2] et le transfert de bombes atomiques tactiques [3].

Rappelons que cet accord prévoyait également de faire évoluer l’Arabie saoudite de sorte que sa société reste salafiste et que ses institutions deviennent laïques. Il prévoyait aussi l’indépendance du Kurdistan irakien (qui tiendra un référendum en septembre) et l’exploitation à la fois des champs gaziers du « quart vide » (qui sont à cheval sur l’Arabie et le Yémen, d’où la guerre actuelle) et de ceux de l’Ogaden (d’où le retrait cette semaine des troupes qataries de la frontière djiboutienne).

En définitive, l’Égypte a décidé de céder les îles de Tiran et de Sanafir à l’Arabie saoudite, comme elle s’y était engagée il y a un an. Ce faisant, Riyad a reconnu de facto les accords de Camp David qui gèrent notamment le statut de ces territoires. Israël a confirmé avoir obtenu des garanties saoudiennes.

Observons que la décision égyptienne n’a pas été prise sous la pression saoudienne (Riyad avait vainement bloqué ses livraisons de pétroles, puis un prêt de 12 milliards de dollars), mais en raison de la crise du Golfe. Les Séoud ont officialisé leur rupture avec les Frères musulmans qui couvait depuis la transmission par le président al-Sissi de documents attestant d’un projet de coup d’État de certains membres de la Confrérie contre eux. Dans un premier temps, l’Arabie avait cru pouvoir discerner entre de bons et de mauvais Frères musulmans. Elle avait déjà accusé le Qatar de soutenir les putschistes, mais les choses avaient évolué pacifiquement cette fois. Désormais Riyad entend combattre toute la Confrérie ce qui le conduit à revoir sa position à propos de la Syrie.

La cession de ces îles, égyptiennes depuis la Convention de Londres de 1840, n’a d’autre sens que de permettre à l’Arabie saoudite de reconnaître implicitement, 39 ans plus tard, les accords de paix égypto-israéliens de Camp David.

De son côté, Téhéran a accueilli la direction politique du Hamas (laquelle est principalement composée de Frères musulmans) à la fois au nom de la solidarité avec la cause palestinienne et parce qu’il partage la même conception de l’islam politique.

La prochaine étape sera l’établissement de relations commerciales publiques entre Riyad et Tel-Aviv ainsi que l’exposeThe Times du 17 juin (des sociétés israéliennes seraient autorisées en Arabie et la compagnie d’aviation El-Al pourrait utiliser l’espace aérien saoudien) [4], puis la reconnaissance de l’initiative de paix du prince Abdallah (Ligue arabe, 2002) et l’établissement de relations diplomatiques (le prince Walid ben Talal deviendrait ambassadeur) [5].

Ce projet pourrait amener à la paix en Palestine (reconnaissance d’un État palestinien et indemnisation des réfugiés), au Liban (retrait des fermes de Shebaa) et en Syrie (arrêt du soutien aux jihadistes et retrait du Golan).

La question du Golan sera particulièrement difficile car l’administration Netanyahu a affirmé —non sans provocation— son annexion tandis que les États-Unis et la Russie ont violemment réagi à l’expulsion de la Force des Nations unies chargée d’observer le dégagement (FNUOD) et à sa substitution par al-Qaïda [6]. Il n’est cependant pas impossible qu’au cours de la guerre de Syrie, Washington ou Moscou ait pris l’engagement auprès de Tel-Aviv de ne pas modifier le statu quo du Golan.

Ce projet de règlement général reflète la méthode des hommes d’affaire Donald Trump et Jared Kushner : créer une situation économique qui impose un changement politique. Il se heurtera nécessairement à l’opposition des Frères musulmans (Hamas), et du triangle de l’islam politique : l’Iran, le Qatar et la Turquie.

2— Le conflit irako-syrien

La totalité des acteurs de la région s’accordent à considérer qu’aujourd’hui l’Irak et la Syrie forment un unique champ de bataille. Toutefois les Occidentaux, qui s’accrochent aux mensonges de l’administration Bush Jr. (même s’ils admettent l’inanité des armes de destruction massives imputées à Saddam Hussein) et à la narration romantique des « printemps arabes » (même s’ils reconnaissent que ce mouvement n’a jamais tenté d’apporter de liberté mais au contraire d’imposer l’islam politique), s’entêtent à les considérer comme distincts.

Nous renvoyons nos lecteurs à mon livre Sous nos yeux pour ce qui concerne la manière dont la guerre a débuté [7]. Toujours est-il que depuis le début de la crise autour du Qatar, la guerre se limite en Irak et en Syrie à
(1) la lutte contre Daesh (Mossoul et Rakka) et à
(2) celle contre la Turquie (Baachiqa et Al-Bab) [8].

Ce qui est évident pour tous dans la région, c’est que depuis l’accession au pouvoir à Pékin du président Xi Jinping porteur du projet des deux routes de la soie, Washington a poussé à la création d’un « Sunnistan » à cheval sur l’Irak et la Syrie. Pour ce faire, il a financé, armé et encadré Daesh afin de couper l’axe de communication Beyrouth-Damas-Bagdad-Téhéran-Pékin.

Depuis quatre mois, l’administration Trump étudie et négocie la manière dont elle pourrait modifier cette politique et conclure un partenariat avec Pékin au lieu de la confrontation actuelle [9].

Alors que sur le terrain, s’enchaînent des événements contradictoires, les armées irakienne et syrienne ont subitement avancé depuis le début de la crise autour du Qatar. Elles ont libéré de Daesh leurs territoires frontaliers et sont aujourd’hui sur le point d’établir leur jonction (c’est-à-dire de rétablir la route de la soie). Les deux armées ne sont plus séparées que par deux cent mètres de terrain contrôlés illégalement par l’armée US [10].

Quant aux combats au Sud de la Syrie, ils ont miraculeusement cessé. Un cessez-le-feu a été proclamé unilatéralement par Damas à Deraa. En réalité, Moscou et Washington ont donné l’assurance à Tel-Aviv que la Syrie ne laisserait se déployer à sa frontière que des troupes russes et non pas iraniennes, pas plus que celles du Hezbollah libanais.

Bref, si le Pentagone suit les ordres de la Maison-Blanche, le conflit devrait largement cesser. Il ne resterait que l’occupation turque de l’Irak et de la Syrie, sur le modèle de l’occupation turque de Chypre dont l’Union européenne s’est lâchement accommodée. Les États-Unis et l’Arabie saoudite qui étaient des ennemis de l’Irak et de la Syrie redeviendraient à nouveau leurs alliés.

3— Le conflit yéménite

Les Yéménites pourraient faire les frais de l’évolution actuelle. S’il est clair que l’Arabie saoudite est entrée en guerre pour installer un gouvernement favorable à l’exploitation jointe des champs pétroliers du « Quart vide » et pour la gloire personnelle du prince Mohamed Ben Salman, il semble que l’aide apportée par l’Iran aux Houthis et à l’ancien président Saleh détourne les yeux des pays arabes et de la « communauté internationale » des crimes qui s’y commettent.

Il faut en effet choisir son camp et presque tous ont opté pour l’Arabie saoudite contre le Qatar et ses alliés turc et iranien. Ce qui était positif en Palestine, en Irak et en Syrie, s’avère négatif au Yémen.

Conclusion

Depuis le 5 juin et la rupture des relations diplomatiques entre Riyad et Doha, les chancelleries se préparent toutes à une possible guerre, même si seule l’Allemagne l’a évoquée publiquement. Cette situation est d’autant plus surprenante que c’est le Qatar et non l’Arabie saoudite qui est observateur à l’Otan [11].

Des démissions s’enchaînent à Doha, de l’ambassadrice des États-Unis Dana Shell Smith, au sélectionneur de l’équipe nationale de football Jorge Fossati. Non seulement les États alignés sur Riyad ont coupé leurs relations commerciales avec l’émirat, mais de nombreuses sociétés sans liens particulier avec le Golfe en ont fait de même au vu du risque de guerre. C’est le cas par exemple de COSCO, la plus grande compagnie maritime chinoise.

Quoi qu’il en soit, malgré ses revendications historiques justifiées, il semble impossible que l’Arabie saoudite annexe le Qatar alors qu’elle s’était opposée à l’annexion du Koweït par l’Irak pour les mêmes raisons. Une règle s’est imposée dans le monde depuis la décolonisation britannique : nul n’a le droit de toucher à des frontières conçues par Londres, dans le seul et unique but de maintenir des problèmes insolubles pour les nouveaux États indépendants. De cette manière Londres maintient de facto leur dépendance perpétuelle à son égard. Au demeurant l’arrivée prochaine de 43 000 soldats pakistanais et turcs venus défendre le Qatar devrait renforcer sa position.

 

[1] « Exclusif : Les projets secrets d’Israël et de l’Arabie saoudite », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 juin 2015.

[2] « La Force « arabe » de Défense commune », par Thierry Meyssan,Réseau Voltaire, 20 avril 2015.

[3] « Le Proche-Orient nucléarisé ! », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 7 mars 2016.

[4] “Saudi trade talks with Israel are historic first”, Michael Binyon & Gregg Carlstrom, The Times, June 17th, 2017.

[5] « Exclusif : L’Arabie saoudite construit une ambassade en Israël », Réseau Voltaire, 29 mai 2016.

[6] « Le Conseil de sécurité s’apprête à enjoindre à Israël de rompre avec al-Qaïda », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 2 juillet 2016.

[7] Sous nos Yeux. Du 11-Septembre à Donald Trump, éditions Demi-Lune, 2017.

[8] « Invasion militaire turque de l’Irak », par Ibrahim Al-Jaafari, Réseau Voltaire, 19 octobre 2016.

[9] « Trump : le business contre la guerre », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 14 février 2017.

[10] « Les USA empêcheront-ils la réouverture de la route de la soie ? »,Réseau Voltaire, 17 juin 2017.

[11] « Israël et des émirs dans l’Otan », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie) , Réseau Voltaire, 13 mai 2016.

Golan: un drone peut en cacher un autre…

YassirUAV

Le drone en provenance de Syrie ayant survolé durant plus de 63 minutes la portion occupée du plateau du Golan le 17 juillet 2016 serait, selon un site proche des milieux militaires israéliens, un UAV de fabrication iranienne dénommé « Yasser« ياسر et serait une copie améliorée (reverse engineering) d’un drone US ScanEagle ayant été piraté puis abattu par la défense spatiale iranienne au dessus de leur territoire le 17 décembre 2012.

Ce type de drones est utilisé par le Hezbollah libanais mais également l’armée syrienne. Le 17 juillet, un drone similaire a survolé une zone militaire israélienne interdite au Golan et a pu revenir à sa base sans être intercepté. Deux F-16 I Sufa israéliens ont vainement tenté d’abattre l’appareil sans pilote au moyens de missiles AA (Air-Air) Python après qu’une batterie de missiles Patriot ait échoué à le détruire.

Les missiles Patriot et Python ont fait l’objet de mesures de brouillage électronique puisque les deux missiles intercepteurs se sont auto-détruit en plein vol-on évoque une collision, alors qu’un missile AA lancé par l’un des F-16I a dévié de sa trajectoire en se dirigeant vers le sol.

Les technologies embarquées par le ScanEagle US ayant été capturé par les iraniens en 2012 étaient classifiées et faisaient partie d’un programme avancé supervisé par la DARPA (Defence Advanced Research Projects Agency). Une partie de ces technologies a été fournie par les iraniens aux russes et aux chinois.

C’est en quelque sorte le fruit d’un transfert de technologies par conflit interposé…

La Russie n’interviendra pas en cas de guerre au Golan

La dernière rencontre du président de la fédération de Russie avec le premier ministre de l’Etat d’Israël semble avoir été un échec sur tous les plans.
Vladimir Poutine aurait laissé entendre à Benyamin Netanyahu que la Russie ne bougera pas le moindre petit doigt pour empêcher une riposte du Hezbollah libanais et de ses alliés (Damas et Téhéran) au Golan en cas d’une éventuelle agression israélienne contre le Liban.
En d’autres termes, la Russie dont les forces aériennes sont stationnées en Syrie, n’interviendra pas au sud d’un certain parallèle mais n’agira pas non plus pour dissuader la Syrie et le Hezbollah de réactiver le front du Golan (un territoire en partie occupé par Israël)  et du lac Tiberiade.
Cette mise en garde fut derrière la réunion précipitée du cabinet israélien au Golan. Une mise en scène un peu kitsch dans une caricature de Kibboutzim à l’issue de laquelle le gouvernement Netanyahu a pondu un communiqué grotesque digne d’une véritable dictature orientale où il est question de possession éternelle du plateau stratégique du Golan.
Éternelle? On est là en plein délire ésotérique. C’est une tendance lourde vu l’abêtissement universel mais au point d’en oublier l’ABC de toute politique, cela devient une sorte de charlatanisme à peine déguisé. Et c’est pour cela que nous répétons ici que le plus grand danger existentiel auquel fait face Israël n’est pas son environnement stratégique mais bel et bien Netanyahu.
L’Arabie Saoudite pousse indirectement Tel-Aviv à attaquer le Liban pour se débarrasser une fois pour toute du Hezbollah libanais. Et de fait, une éventuelle nouvelle aventure israélienne au Liban serait entièrement financée par Ryad à condition d’annihiler le Hezbollah.
Le problème est que toute évaluation rationnelle de la situation stratégique au Levant après plus de cinq années de guerre en Syrie et en Irak souligne non seulement la montée en puissance des capacités militaires du Hezbollah, mais un renforcement de ses alliés autour d’un axe fonctionnel et indépendant des circuits décisionnels « occidentaux ».
Loin d’être affaibli, le Hezbollah a acquis une formidable expérience de sa participation dans les vastes campagnes de guerre en Syrie. En dépit de pertes humaines assez importantes, le mouvement libanais a réussi à renforcer, grâce à Damas et Téhéran, sa capacité de frappe balistique et par dessus tout acquérir une solide base de données sur les cibles stratégiques israéliennes dont les centres de stockage d’ogives nucléaires, les dépôts d’hydrocarbures et d’ammoniac ainsi que les centres de fabrication d’armes bactériologiques et chimiques (lesquels seraient situés au centre des grandes agglomérations urbaines selon le secrétaire général du Hezbollah)
Mais c’est la capacité du Hezbollah à manoeuvrer sur des fronts étendus et à capturer des centres urbains et péri-urbains qui semble donner des cauchemars aux stratèges israéliens. Ces derniers n’écartent point un scénario dans lequel le Hezbollah, aidé par les unités de l’armée syrienne investirait non seulement le Golan mais la Galilée soit le Nord de la Palestine historique. Une perspective à résonance eschatologique mais bien réelle si l’on considère les facteurs actuels.
Lors de la guerre du Liban de juillet 2006, la Syrie avait activement assisté le Hezbollah à faire face militairement, non sans un certain succès, à une violente agression israélienne. C’est à partir de cette année qu’il fut décidé de punir Damas et d’y induire un changement de régime. Cependant personne n’avait pensé à une intervention russe. Un impondérable impossible à prévoir.
Sans s’attarder sur d’autres faits, on assiste actuellement à l’émergence d’un nouvel ordre au Moyen-Orient et certainement pas celui surgissant d’un chaos rêvé par les néoconservateurs pro-Israël au lendemain de la chute de Baghdad.
C’est dans ce contexte qu’un contre feu est allumé par les alliés à Alep, deuxième ville de Syrie et dernier espoir des bellicistes de Ryad, d’Ankara et de Tel-Aviv.

Exclusif: Voici ce qui s’est réellement passé dans l’espace aérien syrien depuis un mois

D’après des informations très fiables, la Syrie avait accepté via une tierce partie un arrangement secret permettant l’usage par les avions de combat de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis  de trois corridors aériens dédiés pour bombarder les position de « Daech », acronyme arabe de l’organisation terroriste dénommé « Etat Islamique » sur son territoire.

Cependant, en janvier 2015, en violation flagrante des arrangements secrets entre les pays de la coalition et la Syrie, des avions de combat israéliens ont utilisé l’un des corridors désignés et pénétré l’espace aérien syrien. Les avions israéliens avaient procédé au tir de cinq missiles Air-Sol « Popeye » (produits par Rafael Advanced Industries, Lockheed et Turkish Aerospace Industries,  connus également sous la désignation AGM-142 Have Nap aux Etats-Unis) contre des cibles précises dans des zones épargnées par la guerre en Syrie. La défense anti-aérienne syrienne  a réussi à détruire trois des cinq missiles en plein vol. Les deux autres ont atteint leurs cibles.

Après cet incident, des officiels syriens très furieux ont alors demandé à un grand pays tiers d’aviser les pays de la coalition sur l’existence de certaines zones en Syrie où les avions de la coalition seraient systématiquement abattus. Ces zones incluent la Capitale Damas, l’ensemble du littoral méditerranéen et les zones sous contrôle des forces armées syriennes.

Aussitôt, tous les avions de la coalition participant dans la campagne de bombardements aériens visant les positions de Daech dans l’Est et le Nord de la Syrie commencèrent  à être systématiquement  « marqués » ou « illuminés » de manière agressive par les radars de l’armée syrienne ainsi que par ceux, de nouvelle génération, équipant la base de guerre électronique russe sise à Tartous. L’usage de chasseurs F-22 Raptor au dessus de la Syrie cessa après un incident de ce type. Londres, Paris et Ankara relancent alors leurs campagnes et déclarations hostiles à la Syrie.

Le 14 février 2015, dans une manoeuvre inédite et très audacieuse, des chasseurs-bombardiers syriens escortés de chasseurs Mikoyan-Gurevitch MIG-29 pénètrent à très basse altitude l’espace aérien du  Liban avant de bifurquer vers le Sud en direction de la frontière israéliennes pour enfin rebifurquer vers l’est et pénétrer en Syrie au dessus du plateau du Golan et prendre de revers les positions rebelles du front d’Ennosra.

Le 17 mars 2015, un aéronef non-identifié pénètre depuis la Jordanie l’espace aérien syrien. Il est promptement identifié comme étant un drone de type MQ1 B Predator et traqué comme le sont l’ensemble des avions de la coalition. Mais le drone a dévié de son corridor désigné pour se diriger sur Lattaquié en survolant une zone strictement interdite aux aéronefs de la coalition internationale. Après sommation, le drone a commencé à effectuer des cercles au dessus des environs de Lattaquié. Le commandement de la défense aérienne du territoire ordonna alors à une batterie de missiles Sol-Air de type S-125 NEVA/PECHORA 2M d’abattre le drone. Un seul missile fut tiré. Les débris du Predator tombèrent sur un immeuble civil et furent très rapidement récupérés par une unité spéciale de l’armée syrienne.

La question que posent de nombreux analystes est celle relative au comportement assez singulier du drone. Pourquoi ce dernier a t-il persisté à survoler en cercle une zone où les défenses antiaériennes l’ont illuminé? Quel était le but de cette manoeuvre? Quel était l’objectif (humain) de cette mission à Lattaquié? Etait-ce une tentative de pousser les syriens à ouvrir le feu les premiers? Dans quel but? La réponse à la dernière question semble s’inscrire dans le cadre d’un casus belli justifiant l’amorce d’une nouvelle stratégie en préparation. Une thèse confortée par la trés prévisible reconduction du premier ministre israélien ultra-extrémiste Benyamin Netanyahu après un simulacre d’élection alors qu’Israël se considère en guerre totale avec à leur tête un « dictateur » (dans son acception du temps de la République Romaine) non déclaré.

Les Etats-Unis ont reconnus avoir perdu le contact avec un de leurs drones au dessus de la Syrie. Damas n’a pas commenté sur cette annonce mais un média officiel a rendu public l’information selon laquelle un drone US a été abattu par la défense antiaérienne syrienne.

Capture d'image télévision syrienne. débris en feu du drone MQ1 B PREDATOR US abattu par un missile S-125 NEVA/PECHORA au dessus de Lattaquié.
Capture d’image télévision syrienne. débris en feu du drone MQ1 B PREDATOR US abattu le 17 mars 2015 par un missile S-125 NEVA/PECHORA au dessus de Lattaquié, en Syrie.

La Syrie utilise des chars T-80 dans sa bataille pour le contrôle du Golan et de la ligne de démarcation avec Israël

Jamais l’armée syrienne n’a jeté tout son poids dans une bataille aussi décisive que celle en cours dans la province de Deraa. Prinicpal enjeu: la reprise des territoires capturés par le Front d’Ennosra dans le Golan syrien et la rupture du soutien israélien aux groupes de la rébellion syrienne.

Les unités de la IIIe et de la Ve Divisions blindées de l’armée syrienne, accompagnées par des unités de la VIIe Division d’infanterie mécanisée et du 100e Régiment d’artillerie de la Garde Républicaine, soutenues par les unités spécialisées du  Hezbollah libanais et des unités d’élite du Corps des Gardiens de la Révolution iranienne tentent d’éliminer de manière définitive le territoire tampon crée par Ennosra entre les territoires sous contrôle syrien et les territoires sous contrôle israélien.

Le front Ennosra issu de l’ancienne Al-Qaïda est fortement soutenu par l’armée israélienne, laquelle n’avait pas hésité à lui fournir un appui feu et un soutien logistique à plusieurs reprises durant les derniers dix-huit mois.

L’Iran dont l’implication militaire s’étend de plus en plus dans la région a clairement mis en garde Tel-Aviv que toute nouvelle tentative de fournir un appui feu direct à El-Nossra pourrait entraîner une intervention plus massive des troupes iraniennes en Syrie.

Sur le terrain, aux côtés des chars T-55 et T-72 M, l’armée syrienne vient d’utiliser des dizaines de chars T-80 B dont l’armée syrienne n’avait jamais fait l’acquisition mais lesquels pourraient avoir été livrés en urgence par la Russie pour remplacer les pertes subies durant le conflit. Cependant, il s’avère que de plus en plus d’unités blindées de l’armée syrienne sont en train de remplacer le T-72 M par le T-80 B, une alternative mieux équipée.

La vaste opération militaire menée par Damas avec l’aide des forces iraniennes dans le Sud de la Syrie coïncide avec l’entrée en force des forces iraniennes en Irak contre Daech, notamment à Tikrit, terre natale de l’ex-Président irakien Saddam Hussein, dans la province de Salaheddine et c’est grâce aux iraniens que les milices irakiennes ont pu reprendre du terrain à Daech.

Cauchemar sioniste

Lorsque les sionistes ont décidé de créer Israël, ils ont été obligés de prendre des mesures afin de protéger leur « patrie ». Le fait qu’ils s’accaparent des terres qui ne leur appartenaient pas risquait de leur coûter cher, surtout en étant cerné d’états arabes. Suite aux différentes guerres qui ont vu les sionistes gagner et les pays arabes perdre, Tel-Aviv a trouvé une parade pour de se protéger: créer une guerre intra-religieuse au sein de la communauté Musulmane. Quand tout un peuple (celui du Moyen-Orient) s’entre déchire, il ne pense pas à la reconquête de la Terre palestinienne.

Pour y parvenir, elle s’est appuyé sur le Wahhabisme prôné par l’Arabie Saoudite. Elle aurait pu, tout aussi bien s’appuyer sur le sunnisme ou le chiisme mais ces deux courants avaient un gros désavantage: celui d’être populaire. Lorsque vous voulez toucher le maximum de pratiquants, vous ne vous alliez jamais avec le plus puissant – le risque d’un retour de bâton étant trop important – mais la logique veut que vous fassiez une alliance avec le plus radical et donc, en général, le moins répandu. Israël jeta donc son dévolu sur Ryad.

Et cela a très bien fonctionné…jusqu’à aujourd’hui. Le problème? La Syrie. Ce pays était une cible de choix pour Tel-Aviv. Non seulement sa chute aurait gravement déstabilisé le Hezbollah – en le coupant de Téhéran – mais il aurait sonné le glas politique du chiisme. Bon nombre d’articles ont été écrits sur le morcellement des pays arabes, mais quelques uns oubliaient de préciser que cette partition se faisait sur des bases religieuses. C’est ainsi qu’en Syrie il aurait du y avoir une zone alaouite, une zone chrétienne, une autre encore chiite, etc…

Mais voila, la mise en échec de la « rébellion » islamiste par l’armée syrienne vient de mettre fin aux ambitions sionistes. Sans oublier les revers essuyés par les Frères Musulmans dans les pays où ils ont été élus. Le dernier d’entre-eux – Erdogan – est en train d’essuyer les plâtres. Sa décision de suspendre Twitter en a fait réagir plus d’un, à commencer par le président turc lui-même qui a exprimé son désaccord avec son premier Ministre par…un tweet!

« On ne peut pas approuver le blocage total des réseaux sociaux », a estimé le chef de l’Etat turc Abdullah Gül sur son compte Twitter.

Que reste t-il comme solution à Israël pour sauver une situation catastrophique? Pas grand chose. Relancer la guerre en Syrie? Les rebelles ayant perdus ce qu’ils avaient mis plusieurs mois à construire, la partie n’est pas gagnée d’avance, même en comptant sur des renforts et toujours plus d’argent; l’ultime façon d’aider les djihadistes serait de les équiper d’une aviation et de blindés, mais je pense que ce sera difficile de justifier l’emploi de telles armes aux yeux du reste du Monde. Ouvrir un autre front? En Turquie, par exemple; mais justifier cela en sachant que Ankara fait partie de l’OTAN ne sera pas, non plus, une partie de plaisir. Déstabiliser une autre région, proche du Moyen-Orient? En espérant que cela déteigne sur les pays limitrophes. Je pense bien sûr à l’Afghanistan et au Pakistan. Cette solution aurait, de plus, l’avantage pour Israël, de mobiliser une partie de l’attention de Moscou; mais elle aurait aussi le risque de voir l’Inde entrer dans la danse, même si Bombay n’a pas souvent fait entendre sa voix…

La dernière solution serait que les sionistes plient bagage…

Vote de la personnalité de l’année 2013 sur Al-Mayadeen

La chaine libanaise d’information en continu  Al-Mayadeen organise un vote sur la personnalité qui a marqué le plus l’année 2013. Pour accèder au vote, cliquer sur le lien suivant: http://almayadeen.net/vote (en Arabe uniquement)

Le vote est simple. Chaque personnalité est illustrée par sa photo ou à défaut par un pavillon. Sous chaque photo, le bouton droit sert à voter. Vous pouvez voter sur deux personnalités.

Le nombre de votes au moment de la publication de ce post a atteint 271 986.

Ce lien nous a été demandé par un certain nombre de nos lecteurs. C’est fait. Merci de votre fidélité.

Syrie: l’architecte du déploiement militaire syrien au Liban tué au combat à Deir Ezzor

Général Djama DjamaaL’un des architectes du déploiement militaire syrien au Liban de 1976 à 1982 puis de 2003 à 2005, le général Djama Djamaa,  a été tué hier jeudi 17 octobre 2013 au combat à Deir Ezzor, la plus grande ville de l’Est de la Syrie, non loin de la frontière irakienne.

Le général Djamaa dirigeait les renseignements militaires à Deir Ezzor , ville où se déroulent depuis quelques jours de très intenses combats entre l’armée syrienne et une trentaine de groupes radicaux venus d’Irak et de Jordanie.

Les médias syriens ont rapporté l’information mais sans préciser les circonstances dans lesquelles a péri  ce général en froid avec sa hierarchie sur la manière de conduire les opérations militaires contre ce que la Syrie désigne officiellement les forces sionistes mondialisées.

Selon l’observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), une officine du MI6 britannique et pro-rébellion  armée, le général Djamaa aurait été atteint par le tir d’un sniper ou de plusieurs snipers rebelles. Ces derniers utilisent de plus en plus des fusils anti-material à très gros calibre (de 12.7 à 30 mm) fournis par leurs soutiens étrangers.

Partisan convaincu de la Grande Syrie et anti-sioniste, le général Djamaa était en froid avec l’Etat-major sur certains points relatifs à la stratégie de défense asymétrique face à la coalition mondiale menée par les Etats-Unis, Israël et l’Arabie Saoudite  s’acharnant sur la Syrie. Il aurait entre autres préconisé un nouveau déploiement au Liban pour divertir les forces israéliennes du Golan.

Quid du Liban?

La guerre en Syrie a déplacé de nombreuses familles. Elles sont en Jordanie, en Turquie et au Liban. Si la Turquie et la Jordanie n’ont pas trop de soucis pour les accueillir – mais souvent une mauvaise volonté – il n’en va pas de même pour le petit Liban.

D’après le gouvernement (provisoire) libanais le nombre de réfugiés syriens atteindrait 1.2 millions. Or, ce pays a énormément de mal à faire face financièrement, et a donc demandé, par l’intermédiaire de son président, Michel Sleiman, une aide à l’ONU. BHO a gentiment octroyé…7.8 million de dollars! Soit un peu plus de 6$ par personne. Quant à l’ONU, elle joue la sourde oreille, comme d’habitude.

Pour rappel, le Liban – hormis certaines pétromonarchies – est le plus petit état du Moyen-Orient. Il concentre les mêmes maux que son voisin syrien mais sur un territoire beaucoup plus petit. Son peuple qui a souvent payé de sa personne commence à en avoir assez de ce gouvernement provisoire, de l’armée, des réfugiés syriens, et des rebelles qui l’utilisent – à l’occasion – comme base arrière.

Ce ressentiment commence à produire ses effets, forcément néfastes. On ne peut pas parler de nationalisme, loin de là, mais la colère monte…

Voici un article qui vous en dira un peu plus.

Conflit au Moyen-Orient: Damas proposera un cessez-le-feu mais pas question de désarmer

La Syrie proposera un cessez-le-feu non unilatéral en cas de la tenue hypothétique de la Conférence de Genève II. Mais il est hors de question de désarmement alors que les Etats-Unis et leurs alliés ont multiplié par vingt leurs livraisons d’armes et de munitions aux rebelles, toutes factions confondues. 
L’adhésion à la Convention sur l’interdiction des armes chimiques a été perçue comme une victoire diplomatique par une partie du pouvoir en Syrie. Le ministre de la défense y a été fermement opposé, Quant au démantèlement du vieux stock d’armes chimiques acquis au début des années 80 pour contrer les arsenaux nucléaire, bactériologique et chimique d’Israël, un sujet qu’aurait d’abord refusé le Président Assad avant de l’accepter en échange de garanties russes, il semble très peu probable dans les conditions actuelles.
On dispose de très peu sinon d’aucune donnée précise sur les armes chimiques en possession de la Syrie. Les estimations avancées par les médias dominants paraissent pour le moins exagérées. Ce que l’on sait est que la Syrie dispose de très peu d’usines chimiques en comparaison avec Israël, la Turquie ou l’Arabie Saoudite.
Damas sait que ces armes chimiques constituent un élément de dissuasion moins par leur usage (quasiment d’aucune utilité sur le plan militaire) que par la menace de leur transfert à une tierce partie. Inquiétude numéro un de Washington et Tel-Aviv.
Gardant à l’esprit le lent processus de démantèlement des vecteurs balistiques de l’Irak de Saddam Hussein après la deuxième guerre du Golfe et par dessus tout le résultat de ce processus, les syriens savent qu’un démantèlement d’une partie de leurs stocks chimiques nécessiterait une présence au sol d’une force de combat capable de sécuriser de vastes zones. Cela prendra des années prévient un officiel à Amman. De plus, Damas dispose d’une option « reset »: elle peut livrer ses stocks au Hezbollah libanais en cas d’intervention étrangère, ou encore à l’Iran via l’Irak, élargissant ainsi toute éventuelle intervention étrangère contre la Syrie  à l’ensemble de la région.

 

 

Conflit au Moyen-Orient: intense activité aérienne autour de la Syrie et de Chypre

Trois jours après que la chasse aérienne turque ait abattu un hélicoptère Mil Mi17 des forces aériennes syriennes près de la frontière turque au dessus du territoire syrien, le niveau de l’activité aérienne autour de la Syrie et de Chypre a atteint un record  jamais égalé jusqu’à présent.

Outre les vols intensifs effectués par l’aviation israélienne, dont des informations non confirmées indiquent que plus de 25 % des appareils sont en vol à toute heure de la journée, des avions US,  turcs, britanniques, grecs et syriens multiplients les patrouilles armées au point où certains de ces appareils ont évité de justesse de sérieux incidents. Comme ce fut le cas lorsque des avions de combat de la RAF (Royal Air Force) échangèrent quelques bons procédés avec des chasseurs F-16 turcs dans l’espace aérien chypriote ou encore lorsque des avions syriens SU 24 effectuent des approches offensives sur la base d’Acrotiri à Chypre en se gardant toutefois de pénétrer dans l’espace aérien de l’île protégée par des Typhoons britanniques.

L’occupation de la partie Nord de l’île de Chypre par la Turquie et l’installation d’un gouvernement satellite en 1974 ont constitué durant de longues années un facteur de friction avec la Grèce.  Pour faire face à l’accroissement des activités de l’aviation turque au Sud de la Mer Egée, le gouvernement grec multiplie lui aussi les sorties aériennes, malgré une crise économique majeure marqué par une réduction drastique du budget.

En Turquie méridionale, le nombre des sorties aériennes des avions US à partir des bases de Batman et d’Inçirlik aurait été multiplié par trois ces deux dernières semaines. Une autre base secrète abritant des drones et selon toute vraisemblance des chasseurs F-22 aurait été découverte par des médias locaux.

On ne compte plus le nombre de drones furtifs et conventionnels survolant le Liban, le Nord de la Jordanie et la province irakienne d’Al-Anbar. Aucune information n’est disponible sur un éventuel survol de drones du territoire syrien mais il est fort probable que certains drones de nouvelle génération ont pu au moins survoler brièvement une partie du territoire syrien malgré la puissante couverture Radar assurée par les forces de défense balistique russe.

Par ailleurs, le haut commandement des forces armées syriennes ont confirmé que l’hélicoptère abattu dimanche dernier effectuait un vol de reconnaissance de routine près de la frontière turque dans le cadre de la lutte contre les infiltrations terroristes à partir de la Turquie. L’hélicoptère Mil Mi17 a pénétré par erreur en Turquie avant de rectifier son vol mais il a été atteint par un missile Air-Air de courte portée de type AIM 9 Sidewinder tiré par un F16 turc. L’hélicoptère a pu se poser en territoire syrien mais les deux pilotes sortis indemnes du crash ont été capturé par des terroristes islamistes qui les ont aussitôt décapité. Les têtes des deux pilotes syriens ont été emportés comme des trophés et montrés aux journalistes des médias mainstream.

Trois jours après cet incident, des avions de combat syriens survolent à très basse altitude l’ensemble de la bande frontalière avec la Turquie.  Des observateurs syriens estimant que les turcs ont tenu à venger la destruction en juin 2012 d’un F-4 Phantom turc par la défense anti-aérienne syrienne.

Conflit au Moyen-Orient: quel impact sur les réacteurs nucléaires de la région?

Officiellement, la Syrie dispose d’un réacteur miniature source de neutrons (Miniature Neutron Source reactor ou MNSR) près de Damas. Il s’agit d’un réacteur compact destiné à la recherche dans le domaine nucléaire fourni par la République populaire de Chine. Ce réacteur fonctionne avec de l’uranium U235 enrichi à près de 90%.

Divers rapports émanant de services de renseignement hostiles au régime syrien actuel avaient évoqué une possible coopération avec la Corée du Nord et l’Iran dans le domaine nucléaire.

le 06 septembre 2007, des avions de guerre israéliens soutenus par l’US Air force avaient effectué un raid via la Turquie sur un prétendu réacteur nucléaire en construction en Syrie.

A l’époque, le Président américain George W. Bush avait déclaré que ce réacteur avait des caractéristiques similaire au réacteur de Yongbyon en Corée du Nord et que par conséquent, cette frappe était un « avertissement  » à la Corée du Nord. De son côté, tout en niant les accusations, Damas avait affirmé que le site visé n’était qu’un simple centre de recherches en agronomie relevant des forces armées.

La Russie a souligné mercredi les conséquences “catastrophiques” que pourrait avoir une attaque occidentale sur la Syrie si un missile venait à frapper un réacteur MNSR de recherche situé près de la capitale Damas.

 

“Si une ogive, volontairement ou par hasard, devait toucher le Réacteur miniature source de neutrons (MNSR) près de Damas, les conséquences pourraient être catastrophiques”, a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

 

Les zones environnantes pourraient être contaminées par de l’uranium hautement enrichi (U235), ajoute le ministère qui craint aussi que du matériel nucléaire tombe entre les mains des rebelles radicaux après une attaque.

Cependant, c’est en Israël où les inquiétudes sur la sécurité des installations nucléaires en cas de conflit sont les plus vives. Plus précisément la vieille centrale nucléaire de Dimona au Néguev.  Ce site qu’ont tenté de survoler à deux reprises des drones du Hezbollah libanais.

Le site est déjà la source d’une contamination radiologique des sols mais que l’Etat s’efforce de passer sous silence par peur de l’opinion publique. En cas de « conflit ouvert » ou de « dérapages » des frappes occidentales sur la Syrie, ce pays ou l’un de ses alliés, plus probablement le Hezbollah pourrait bien cibler Dimona avec des dizaines de missiles disposant d’un faible EPR (Error probability Range).

On peut aisément imaginer l’impact psychologique immense aussi bien au sein de l’opinion publique israélienne que celle des pays Arabes si un ou plusieurs missiles venaient à s’abattre sur  Dimona.

Quoi qu’il en soit, il devient de plus en plus évident que ceux qui parlent de  » frappes sur la Syrie »  ignorent l’inextricable complexité et l’extrême gravité de la situation du Moyen-Orient dans son ensemble.

C’est un front ouvert du plateau iranien jusqu’au au littoral syro-libanais en passant par l’Irak.  Pour celles et ceux qui l’ont oublié, les chapelets de bombes explosant quotidiennement en Irak sont le signe le plus évident du débordement du conflit syrien sur ce pays.

Téhéran: une agression contre la Syrie permettra la libération de la Palestine

Des doutes subsistaient quant à une éventuelle riposte de l’Iran en cas d’agression étrangère en Syrie. Désormais, cela ne fait plus l’ombre d’un doute: la machine de guerre iranienne est en plein branle-bas de combat.

Un disours mystique et eschatologique domine les débats en Iran: pour la première fois, les iraniens évoquent publiquement « l’ultime guerre, celle qui conduira à la libération de la Palestine et l’anéantissement de l’Etat sioniste ».

De toute évidence et parallèlement aux immenses préparatifs de guerre israéliens, l’Iran s’est bien préparé à une guerre régionale totale. Cette donne chamboule non seulement les calculs de Washington et exlique ses hésitations mais également le recours par Obama à une approbation du Congrès pour déclencher ce qui pourrait être l’un des plus grands conflits du siècle.

Vu de Téhéran, l’approbation du Congrès est acquise d’avance, vu l’influence qu’exerce le  puissant lobby pro-israélien sur le pouvoir législatif US.

D’après des indiscrétions, la délégation du Haut Conseil de la sécurité nationale iranienne en visite depuis hier  à Damas aurait remis aux syriens un message secret ainsi que des plans visant à synchroniser une éventuelle riposte en cas d’agression contre la Syrie.

Quelques heures plus tard, le commandant en chef des Niruyeh Moghavemat Bassij (force de mobilisation de la résistance), la plus grande force  paramilitaire d’Iran (de 3 à 9 millions d’éléments), fondée en 1979 et relevant des forces du Corps des Gardiens de la Révolution a annoncé publiquement que toute « agression contre la Syrie conduira à la libération de la Palestine ».

D’autres généraux iraniens de l’armée régulière et des Gardiens de la Révolution ont martelé qu’une intervention occidentale en Syrie déclencherait un conflit qui ne sera pas circonscrit aux seules frontières syriennes.

Au Liban, des analystes proches du Hezbollah libanais estiment quant à eux qu’une éventuelle attaque américano-sioniste contre la Syrie verra la libération de la Palestine septentrionale. Une allusion à peine voilée à l’existence de plans secrets prévoyant l’intrusion de combattants du Hezbollah en Galilée, voire l’investiture d’agglomérations israéliennes. Ce qui serait une première depuis la création d’Israël en 1948.

Un cauchemar pour Obama.

Conflit au Moyen-Orient: panique au Nord d’Israël

Selon des informations publiques, des milliers d’israéliens se ruent depuis deux jours sur les masques à gaz et les moyens individuels de protection NBC (Nuclear, biological & Chemical) après la mise en place d’une zone sélective et partielle d’interdiction de survol au Nord, notamment à Haifa mais également plus au sud à Tel-Aviv.

Toutes les unités militaires sont en état d’alerte maximale et des réservistes commencent à rejoindre leurs unités au Nord et au Golan où de nouvelles brigades d’élite ont été déployées. Les principales bases aériennes du pays sont toutes protégées par le dispositif Iron Dome, renforcé et amélioré à plusieurs reprises ces trois derniers mois.

Israël se prépare à une guerre effective avec la Syrie depuis des années. Ces derniers mois, les forces armées israéliennes ont conduit de très nombreux exercices simulant une guerre régionale dans laquelle l’Iran, la Syrie et le Hezbollah libanais utiliseraient leur arsenal balistique contre l’Etat hébreu.

Conflit au Moyen-Orient: le Hezbollah, variable inconnue.

500 éléments du Hezbollah libanais effectuant le Salut Romain lors de la commémoration de la journée de la résistance
500 éléments du Hezbollah libanais effectuant le salut Romain lors de la commémoration de la journée de la résistance

Parmi les grands variables à prendre en compte lors de l’évaluation de la situation au Moyen-Orient, il en existe une, quasiment inconnue du public et susceptible de poser pas mal d’entraves aux plans de Washington: il s’agit du Hezbollah libanais.

Le Hezbollah est un acteur non-étatique, un parti politique doté d’une puissante milice armée organisée comme une secte fermée au sein d’une autre secte. Il est né des ruines fumantes de l’invasion israélienne du Liban en 1982. Il a acquis une très grande expérience dans la guerre asymétrique et l’usage de techniques de combat inconnues jusque-là. Il dispose d’étonnantes capacités de renseignement puisque ses réseaux d’espionnages ont réussi à inflitrer les services de renseignements militaires de l’armée israélienne à plusieurs reprises. Ses membres ont le meilleur équipement militaire individuel de toute la région du Moyen-Orient et cultivent le culte absolu du secret, se reconnaissent entre-eux par une série de signes.  Ils ont adopté le salut romain qui terrifie tant les israéliens. Le Hezbollah a été classé par Washington puis tout récemment par l’Union européenne comme une organisation terroriste.

Dirigée par un chef charismatique, Sayed Nasrallah, le Hezbollah a réussi l’exploit d’avoir fait fuir Israël du Sud-Liban en 2000 et d’avoir résisté, avec l’aide active de la Syrie à une tentative d’invasion du Liban en juillet 2006.  Lors de cette guerre, les éléments du Hezbollah ont fait voler en éclats le mythe d’invincibilité du char de bataille lourd israélien Merkava, un monstre hybride réunissant le meilleur des technologies de char US, Allemande et Britannique. La milice a tiré dès le début du conflit un missile antinavire fourni par la Syrie contre un bâtiment de surface de la marine israélienne doté d’une protection électronique hyper-sophistiquée, le touchant de plein fouet. Un nouveau équilibre stratégique s’est alors mis en place au Nord d’Israël.

Gratitude oblige, le Hezbollah est venu au secours de la Syrie en difficulté en 2013. Rarement on a assisté à un tel cas de figure: une milice défend un pays très faible, le Liban et se porte au secours d’un pays assez puissant d’un point de vue militaire dans le monde arabe. Bête noire de l’Arabie Saoudite à cause de son obédience chiite et donc hérétique du point de vue de Ryad, le Hezbollah a tenté de soutenir les factions de la résistance palestinienne, notamment le mouvement islamiste Hamas. Mais ce dernier s’est retourné contre lui et a rejoint la rébellion syrienne dans sa guerre contre le pouvoir à Damas.

Le Hezbollah comptabilisait entre 3000 et 5000 combattants en 2006 et d’un arsenal de quelques 40 000 roquettes. Aujourd’hui, cette milice vouée aux gémonies disposerait de quelques 100 000 roquettes et missiles, des drones et d’unités réduites mais très disciplinées qui pourrait poser un sérieux problème aux israéliens en cas d’une intervention étrangère en Syrie. C’est la grande inconnue des stratèges israéliens. Et il n’est pas exclu que le Hezbollah dont l’allié, le mouvement chiite Amal, se faisait pilonner par l’armée syrienne en soutien aux phalanges chrétiennes maronites en pleine guerre civile libanaise (1975-1988), ne puisse encore une fois porter secours à Damas.

Le Moyen-Orient est complexe.

Ruses stratégiques: Israël diffuse publiquement de faux plans d’attaque contre la Syrie

Faux_Plan_Israélien

Décidément, non satisfaits de pousser les Etats-Unis outrageusement à la guerre, les israéliens commencent à diffuser publiquement des plans d’attaque contre la Syrie. Sur l’image ci-dessus publiée par le Yediot Aharonot, on y voit les 18 sites supposés de stockages d’armes chimiques syriennes. Le grand journal n’est pas le seul à publier de tels schémas. Selon nos informations, tous ces plans ne serviraient, au mieux, qu’à induire en erreur les syriens en les amenant à changer leur dispositif de défense.

Cependant, ce n’est pas  la Syrie mais un autre acteur régional non-étatique qui risque de créer la surprise dans un éventuel conflit: le Hezbollah libanais. Ce qui intéresse le plus le Hezbollah en ce moment est d’avoir des coordonnées précises des silos israéliens de lancement de missiles à tête (s) nucléaire (s) et les 80 sites où seraient entreposés les armes de destruction massive d’Israël, notamment les fameux cinq sites au Golan occupé.  Il va sans dire que la vieille centrale nucléaire de Dimona, située dans le Neguev, figure parmi les cibles prioritaires de la milice libanaise. Les dispositifs US et israéliens d’interception balistique et anti-missile ont été améliorés et renforcés au dessus des principales bases israéliennes.

A la différence de l’Irak, une attaque contre la Syrie entraînera cette fois-ci Israël dans ce qui pourrait être l’une des guerres les plus violentes depuis sa création en 1948. Si la supériorité technologique et militaire US est écrasante, nul ne sait de combien de missiles et de roquettes disposent réellement le Hezbollah et son allié iranien.

Le Front Populaire de Libération de Palestine-CG menace de s’en prendre aux pays soutenant une attaque contre la Syrie

Le Front Populaire de Libération de Palestine-Commandement Général a menacé aujourd’hui dans un communiqué de cibler les intérêts de tous les pays participant à une éventuelle agression contre la Syrie. La diffusion de ce communiqué coincide avec la tenue, depuis ce matin, à Amman en Jordanie d’une réunion des chefs d’état-major de huit pays Arabes et Occidentaux pour étudier les conséquences sur les pays du voisinage d’une attaque coalisée sur la Syrie.

En cas de conflit ouvert, c’est Israël, la Jordanie, la Turquie, l’Arabie Saoudite qui subiront de possibles représailles de l’axe Damas-Téhéran.

Iran: « Dures conséquences si Washington franchit la ligne rouge » en Syrie

Une attaque militaire américano-israélienne sur la Syrie serait perçue comme une attaque généralisée contre la République islamique d’Iran. Le Chef adjoint de l’Etat-Major des forces armées iraniennes, le général Messaoud Jezayeri a explicitement averti de dures conséquences si Washington décide de franchir la ligne rouge en Syrie.

Les américains et les israéliens le savent depuis le début mais attendaient patiemment le changement de deux variables: primo, un affaiblissement suffisant des forces armées syriennes et de son économie; secundo, l‘arrivée de nouveaux systèmes d’armes capables de rendre obsolètes les systèmes d’armes russes, chinois et iraniens. Ce qui semble être fait vu les déclarations belliqueuses des Chefs d’Etats alliés des Etats-Unis.

Cependant, nul ne pourra prévoir ce qui adviendra au lendemain de l’incendie. Car, ne vous y trompez pas deux fois: une attaque américano-israélienne sur la Syrie et l’Iran marquera non seulement l’épilogue et l’échec définitif de ce que l’on a appelé « Printemps arabe » (jeu de mot signifiant « destruction arabe » en hébreu) mais également le début de la troisième guerre mondiale. Ironie du sort, celle-ci a toutes les chances de se déclencher à la veille de la commémoration du centenaire de la première guerre mondiale…

Proche et Moyen-Orient ou les enfants de l’anarchie…

Le changement de paradigme opéré en urgence par l’administration US du président Barack Obama dans sa gestion du Proche et Moyen-Orient a non seulement  brouillé des cartes et faussé des grilles d’analyses mais causé des troubles graves dans des pays comme l’ Egypte, la Tunisie et la Libye.

Une partie non-négligeable du monde musulman se retrouve désormais plongée dans l’anarchie.  Si la guerre en Syrie continue de faire rage, la Turquie assiste impuissante à la disparition de ses frontières méridionales tandis que l’Iran peine à faire face à un embargo économique, financier et technologique total.

Depuis le début du Ramadan, mois sacré musulman, des attaques asymétriques  ont visé les armées régulières d’Egypte, d’Irak, du Liban, de Libye, de Syrie et de Tunisie. C’est donc à un véritable Ramadan rouge que sont confrontés la plupart des pays du monde dit arabe.

Syrie

L’axe Damas-Bagdad-Téhéran est de plus en plus visé. Hier, Damas a condamné avec la plus grande fermeté les attaques terroristes massives ayant visé plusieurs villes irakiennes (un bilan officiel irakien évoque 55 morts et plus de 250 blessés).  Une semaine auparavant, une attaque contre la sinistre prison d’Abou Gharib, près de Bagdad, a permis l’évasion spéctaculaire de plus de 1200 détenus. Une grande partie de ces derniers se seraient dirigés en Syrie pour rejoindre les rangs des groupes terroristes se battant contre le gouvernement syrien.

Sur le terrain en Syrie, une vigoureuse contre-offensive en cours de l’armée syrienne à Khan Al-Assal (Alep), prise il y a quelques jours par des groupes liés à al-Qaïda au Levant.  La capture de la localité par une vingtaine de groupes armés a donné lieu à des représailles sanglantes puisque la « brigade du Califat » a passé au fil de l’épée plus de 220 personnes accusées de collaborer ou d’être des sympathisants du gouvernement.

La chute de Khan Al-Assal a été rendue possible par l’usage inédit de nouvelles tactiques et l’intervention directe d’unités militaires de pays voisins  « noyées » au sein des insurgés.  On évoque surtout des éléments de l’armée turque mais également quelques éléments de l’IDF (Israel Defence Forces) au Nord d’Alep où la frontière avec la Turquie a cessé d’exister sur fond de résurgence du nationalisme kurde.  Des sources syriennes indiquent que des unités parachutistes sont parvenus à pénétrer dans les alentours de Khan Al-Assal et sont actuellement en train de se battre à l’entrée de la localité.

D’autres unités mixtes de l’armée syriennes ont lancé une offensive  pour désengager l’aérodrome de Ming et la prison centrale d’Alep. La Prison centrale d’Alep, défendue par l’élite des forces du ministère de l’intérieur, est assiégée depuis avril 2013. Aux unités d’infanterie mécanisée se sont jointes des unités paramilitaires et des comités de la résistance palestinienne. Damas est parvenu à un accord secret avec les Kurdes au Nord pour faire face à l’ennemi commun: la Turquie et ses milliers de combattants étrangers inflitrés.

Plus au Sud, des offensives de l’armée syrienne à Sibina dans la périphérie de Damas ont été signalés.  Une intervention des blindés à Arbin dans la campagne de Damas s’est terminée par la destruction d’un groupe terroriste multinational.

A Hermon, une brigade de Jabhet Ennosra (le Front des Partisans) a été éliminée par des troupes de choc.  Dans le gouvernorat de Homs, des troupes de choc ont réussi à pénétrer dans la ville de Khalidia où les défenses de l’armée syrienne libre (ASL) et des groupes alliés se sont subitement effondrées.  Des tranchées et des blockhaus improvisés ont été découverts en plein centre-ville par les unités de génie de l’armée loyalistes. Ces dernières ont également découvert que des immeubles ont été plastiqués.

Dans le Sud du pays, une unité de la Garde Républicaine syrienne a éliminé la fameuse « brigade de la mort » et son chef Ibrahim Al-Misry. Près du Golan, l’armée syrienne recapture une localité non loin de la ville d’Al-Qunaïtra.

Sur le plan économique, Damas tente par tous les moyens possibles de limiter les effets de la guerre économique à outrance menée à son encontre. Le taux de change officiel est maintenu à 175 lires syriennes contre un dollar US.  De nouvelles lois répressives visant la spéculation et le marché noir viennent d’être promulguées. Ces dernières assimilent désormais les spéculateurs aux terroristes. Malgré la crise et les pénuries, une catégorie de nouvaux riches a émergé du chaos et de la spéculation.

C’est dans ce climat économique marqué par une recrudescence sans précedant du chômage que le ministère de l’intérieur lance une vaste campagne de recrutement afin de renforcer ses structures. Le renforcement de ces forces permettrait l’affectation des forces militaires à d’autres tâches plus urgentes. Selon des sources syriennes, plus de 35% des capacités de l’armée syrienne demeurent en réserve pour faire face à une éventuelle intervention étrangère.

Sur le plan de l’information, Les chaînes de télévision syriennes sont retransmises via le satellite russe AM44 EXPRESS.  La chaîne syrienne d’information en continu Al-Ikhbarya est toujours retransmise sur Eutelsat W2A. Radio Damas émet sur 102.8 FM à Damas et sa périphérie.

Egypte

L’appel du chef des armées égyptiennes, le général Abdul Fattah Al-Sissi, des centaines de milliers de manifestants anti-Morsi sont descendus dans les rues et les avenues des grandes villes égyptiennes. Des heurts sanglants ont opposé deux Egypte, causant près de 200 morts en une semaine. Des armes à feu ont été utilisés aussi bien par les partisans des Frères Musulmans que par des policiers en civils inflitrés parmi les manifestants. Au Sinaï, deux soldats égyptiens tués et plusieurs autres sont blessés dans une attaque à la roquette. Les insurgés islamistes utilisent désormais des armes lourdes.  Des hélicoptères Apache de l’armée égyptienne bombardent des repaires présumés de groupes armés. Si les troubles sanglants du Caire, d’Alexandrie ou de Port-Said peuvent déboucher sur un semblant de brève guerre civile, ceux de la péninsule du Sinaï risquent de durer pendant des années. Avec toutes les conséquences possibles sur la sécurité régionale

Libye

Les répercussions du chaos égyptien en Libye sont très graves. Déjà en plein chaos, le pays fait face à une campagne soutenues et organisée de terreur. La démission de plusieurs ministres du gouvernement a succédé l’évasion spectaculaire de plus d’un millier de détenus de la prison centrale de Bengazi. Des assauts contre des bâtiments officiels et attentats à la bombe contre le palais de justice de la ville ont coincidé avec un assaut contre un hôpital psychiatrique où  plus de 150 internés en fuite ont été armés.  Des dissidences sont signalés  au Sud du pays.  La Libye Occidentale est sous le gouvernement de facto d’une puissante tribu (Zentane) détenant des armes chimiques et des missiles balistiques de courte portée . Prolifération des coupeurs de routes. L’extrême Sud de la Libye, notamment près des confins frontaliers avec le Tchad, le Niger et l’Algérie est quasiment une  zone libre commandée par Mokhtar Belmokhtar.

Tunisie

La poursuite des assassinats politiques en Tunisie et la persistence d’un puissant maquis terroriste au Mont Chaambi dans la localité de Kasserine non loin des frontières algériennes menacent la sécurité nationale tunisienne. Des informations recueillies indiquent qu’une unité d’élite de l’armée tunisienne a été accrochée par des éléments terroristes retranchés au Mont Chaambi, causant la mort de dix militaires et des blessures à trois autres. Selon certaines informations non confirmées, les militaires auraient été égorgés et leur équipement volé. En Algérie, l’état-major de la 5e Région militaire de Constantine est en état d’alerte et des renforts en hélicoptères de combat et d’attaque au sol ont été dépêchés en urgence à Tebessa, face à Kasserine. Des sources parlent d’une opération imminente aux frontières afin de détruire toute éventuelle infiltration ou pour arrêter des secours fournis par des groupes basés en Algérie  aux 170  terroristes retranchés au mont Chaambi.

UE : la Résistance libanaise, classée « organisation terroriste » par André Chamy

Soldats du Hezbollah en action. La milice libanaise née des cendres de l'invasion israélienne du Liban en 1982 est actuellement l'une des meilleures milices au monde.
Soldats du Hezbollah en action. La milice libanaise née des cendres de l’invasion israélienne du Liban en 1982 est actuellement l’une des meilleures milices au monde. Le Hezbollah défend non seulement le Liban mais a pu porter  secours à  l’armée syrienne. 

Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ont décidé, le 22 juillet 2013, d’inscrire la branche militaire du Hezbollah sur leur liste des organisations terroristes.

« Un accord a été trouvé pour y inscrire le Hezbollah », a déclaré un diplomate de l’UE en marge de cette réunion à Bruxelles. Trois autres diplomates ont confirmé ses dires.

Le Royaume-Uni, soutenu entre autres par la France et les Pays-Bas, cherchait depuis le mois de mai à persuader les autres États européens de prendre cette décision.

Londres a mis notamment en avant des « preuves » de l’implication de la branche militaire du Parti de Dieu dans un attentat à la bombe contre un autobus de touristes israéliens, en juillet 2012, dans une station balnéaire de Bulgarie. Cinq Israéliens et leur chauffeur avaient trouvé la mort.

En outre, les partisans des sanctions ont souligné que l’implication croissante du Hezbollah dans la « guerre civile » en Syrie montrait que le Liban était déjà dans une situation fragile et que l’UE devait considérer la possibilité d’attentats en Europe. Cette décision entraîne le gel immédiat des actifs que posséderait éventuellement le mouvement chiite libanais dans les 28 pays de l’UE.

« C’est une bonne chose que l’Union européenne ait décidé de qualifier le Hezbollah tel qu’il est : une organisation terroriste », a commenté le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Frans Timmermans, en marge de la réunion. « Nous avons franchi une étape importante aujourd’hui en sanctionnant la branche militaire, en gelant ses actifs, en perturbant son financement et ainsi en limitant sa capacité à agir », a-t-il ajouté.

Jusqu’à maintenant, l’UE avait résisté aux pressions des États-Unis et d’Israël pour inscrire le Hezbollah sur sa liste noire en expliquant qu’une telle décision pourrait compliquer ses relations avec le Liban, où le mouvement chiite participe au gouvernement, et accroître les tensions au Proche-Orient.

L’implication croissante du Hezbollah dans le conflit syrien, aux côtés de l’armée nationale, n’est pas citée par l’UE, mais elle semble être décisive, car rien de nouveau ne s’est produit pour justifier une décision de nature aussi inique, qui n’est qu’une reculade supplémentaire de l’UE devant les autorités états-uniennes et israéliennes.

Qu’en est-il de cette décision, qui intervient de façon aussi inopportune ?

Les mouvements de résistance sont souvent mal vus, car ils déstabilisent l’autorité établie. L’exemple de Nelson Mandela et de l’ANC est flagrant. Aujourd’hui aucun des puissants ne tarit d’éloge sur Mandela, et sur le sage qu’il était, reconnaissant son intelligence et sa clairvoyance. L’on oublie opportunément que l’ancien président sud-africain et Prix Nobel de la paix, Nelson Mandela a longtemps été inscrit sur la liste noire états-unienne du terrorisme et avec lui son parti, l’ANC. Ces noms ne furent retirés de cette liste que le 28 juillet 2008.

Le Hezbollah, et le Hamas sont aussi mal perçus, alors qu’ils ne sont que la réponse de populations opprimées après des années de mépris et d’humiliation. Qu’est ce qui justifierait que ces populations soient obligées de supporter pendant des années encore les exactions d’une armée d’occupation ? Rien. Il ne leur reste donc que la résistance.

Cette résistance transforme les États ou les groupes qui y adhèrent en bêtes à abattre. Il existe un ordre économique et politique auquel il n’est pas permis de résister. De temps à autre, quelques déclarations d’intention viennent tenter d’atténuer l’impact de l’oppression ressentie, ce à l’instar de quelques voix qui se sont élevées pour protester contre l’invasion israélienne du Liban en 1982, mais aucune n’a été jusqu’à demander une réunion du Conseil de Sécurité de l’ONU pour exiger le retrait immédiat, comme cela a été fait contre l’Irak après l’invasion du Koweït.

Aucune sanction n’a été prise contre Israël pour sanctionner ses exactions contre des civils au Liban ou en Palestine. Il vient d’attaquer un territoire souverain, en l’occurrence celui de la Syrie, et aucune voix ne s’est élevée pour exprimer sa désapprobation. Tout est toléré venant de cet État qui agit comme seul au monde, dont les frontières évoluent chaque seconde en fonction du grignotage et de l’annexion des territoires, des maisons, des vergers et des lieux de cultes palestiniens.

Évidemment, on n’ira pas jusqu’à préparer une campagne militaire pour obliger les Israéliens à quitter le Liban, lequel est resté sous leur occupation pendant plus de dix-huit ans. Peut-on objectivement faire le moindre reproche à l’encontre de ceux qui ont résisté, si ce n’est que pour certains politiciens libanais corrompus il ne fallait pas s’en prendre aux soldats israéliens ! Le problème est qu’ils sont une armée d’occupation.

Le Hezbollah a pu mener sa guerre de résistance, obligeant l’armée israélienne à se retirer de l’essentiel des territoires qu’elle a occupés pendant dix-huit ans. Ce parti est devenu un acteur à part entière de la scène politique. Il a fait du Liban, qui était balloté par les guerres des autres puissances, une pièce indispensable dans un front de refus et de résistance.

Le Hezbollah a su, grâce aux liens ancestraux entre les chiites du Sud du Liban et ceux d’Iran, bénéficier des aides lui permettant de soutenir la population locale dans sa résistance pour éviter qu’elle abandonne ses terres. Des efforts colossaux étaient nécessaires pour créer des services d’éducation, de santé, d’aides sociales. En même temps il fallait harceler l’occupant pour le pousser vers la sortie.

Plus les opérations étaient spectaculaires, plus leur impact était négatif chez les soldats israéliens, mais positif au sein de la population locale. Au-delà, une large frange de la population libanaise s’identifiait à ces jeunes résistants qui défiaient les soldats sur-entraînés et équipés de Tsahal.

Ces jeunes résistants prolongent l’épopée de l’imam Hussein, participant tous les ans à la fête d’Achoura, qui plutôt qu’une fête est une cérémonie de larmes destinée à raviver la flamme du sacrifice parmi eux. Ils se sont fixés un objectif, celui de l’évacuation des soldats israéliens du sud du Liban. Plus aucun soldat ne sera toléré, c’est ainsi qu’en ont décidé les référents de l’autorité religieuse et politique.

C’est ainsi que l’on retrouve le cheik Ragheb Harb, et le sayed Abbas Moussawi, deux chefs religieux, grands tribuns et très écoutés par le peuple du Sud. Ils se sont dévoués à la cause de l’indépendance contre ceux qui ont, selon eux, souillé leur terre sacrée. Cette terre qui porte sur elle les cicatrices de l’imam Hussein, que l’on guérit au sein des Husseiniehs de chaque bourgade. Ces mêmes Husseiniehs, lieux de recueillement, mais aussi lieux de discussions, de prêches et d’enseignement, ont permis discrètement mais sûrement un travail sur le terrain impliquant toute la population dans cette lutte armée contre l’occupant.

Le cheik Harb et sayed Abbas Moussawi ont été assassinés par les Israéliens, mais leur combat n’a pas cessé. Le calcul misant sur l’anéantissement du mouvement de résistance suite à la disparition d’un de ses chefs a échoué. Rien n’a changé car le projet était en marche avec une structure implacable, se renforçant sans cesse. L’arrivée de l’emblématique sayed Hassan Nassrallah est dans la lignée des autres figures de cette résistance.

Des hommes comme Imad Moughnieh, l’un des chefs militaires de la résistance, assassiné à Damas —est ce un hasard ?—, se comptent actuellement par centaines. Tous n’ont qu’un seul objectif : libérer la dernière parcelle de terrain occupée par Israël. Pour ces jeunes hommes très bien formés, cette guerre n’a rien d’un jeu vidéo suivie sur un réseau informatique, elle est leur guerre, menée sur une terre dont ils connaissent tous les recoins.

Au mois de mai 2000, les soldats israéliens ont dû abandonner leurs postes, leurs prisonniers, et leurs collaborateurs à la cloche de bois. Ils n’ont pas demandé leur reste. Leur erreur était d’avoir continué à occuper une bande de terrain libanais dans l’extrême sud et dans le sud-est du Liban. C’est cette occupation qui allait provoquer l’étincelle de la guerre de 33 jours (juillet-août 2006). Cette bande de terre continuera de hanter les nuits des Israéliens, car ils savent que leur présence n’est pas souhaitée et ne le sera jamais. L’esprit de la Husseinieh s’est définitivement réveillé.

Concernant la situation d’Israël par rapport à la Syrie et au Liban, sous le titre « La guerre qui fait entrer Israël contre le Hezbollah et ses alliés » l’ancien directeur du renseignement Proche-Orient/Afrique du Nord au ministère US de la défense Jeffrey White a publié une étude fort « instructive ». Son élément le plus important est que « si la guerre éclatait à nouveau sur les frontières de la Palestine pour tenter d’occuper le Liban, elle ne sera pas comme le conflit de juillet 2006, mais elle sera peut-être « décisive », et conduira à une transformation de toute la région ».

Surprenante analyse, qui reprend des termes utilisés par le sayed Hassan Nassrallah, rappelant dans ses discours depuis plus de deux ans que si Israël ose s’attaquer le Liban, c’est la région entière qui changera. Cette affirmation semble donc être intégrée dans les réflexions des officines de sécurité aux États-Unis.

Jeffrey White, qui est maintenant expert au Washington Institute for Near East Studies, a donné une conférence pour présenter son étude. Il y a souligné que « Le théâtre des hostilités comprendra 40 000 miles carrés », ce qui équivaut à 64 000 kilomètres carrés, comprenant le « Liban et Israël, ainsi que des parties de la Syrie ». Il a ajouté que « la fin des hostilités en 2006, a marqué le point de départ des préparatifs de la prochaine guerre », et que « les parties ont utilisé une approche offensive par rapport aux précédentes confrontations. »

White a prédit que les combats se concentreront sur la frontière nord d’Israël et dans le sud du Liban, avec un certain nombre de « théâtres secondaires » pour les affrontements. « Le Hezbollah au Liban sud essayera de repousser violemment l’attaque vers le sol de l’agresseur, tandis qu’Israël va essayer d’atteindre le [fleuve] Litani, et même au-delà du Litani, où se trouveraient les roquettes du Hezbollah », a t-il poursuivi.

Dans une tentative de décrire l’« importance des pertes libanaises » dans cette guerre, White a déclaré qu’ « Israël viserait à brûler l’herbe au Liban au lieu de la tondre », et a souligné que le sort de la guerre dépendrait de «  l’invasion terrestre israélienne. » Il a affirmé que bien que l’armée israélienne ait été entraînée pour se battre dans des villes et zones peuplées, elle subirait des pertes importantes. Il a déclaré que le Hezbollah essayerait d’absorber l’attaque Israélienne, mais ne reculera pas. «  La bataille du Sud serait décisive ».

White a déclaré que les prévisions israéliennes indiquent que le « Parti de Dieu procédera aux tirs de roquettes à raison de 500 ou 600 par jour en direction d’Israël ». Il a noté que la qualité de la plupart des roquettes possédées du Hezbollah est devenue nettement supérieure à ce qu’elle était en 2006. Il a ajouté que contrairement à 2006, « Israël agira pour détruire l’infrastructure civile libanaise tout en alléguant que le gouvernement libanais est responsable des actions du Hezbollah ».

Il a conclu que les scénarios de la guerre sont au nombre de trois, et comprennent :
- une solution décisive,
- des combattants fatigués,
- ou une solution imposée.
Selon White la solution décisive ne pourra qu’être en faveur d’Israël afin de mettre fin à la menace du Hezbollah et de dicter ses conditions. En revanche, les deuxième et troisième scénarios aboutiront à un « désordre, comme à la fin de la guerre en 1973 et 2006, et les combattants continueront de se préparer pour une nouvelle guerre ».

À son tour, a averti l’ancien officier de l’armée US et chercheur au Center for a New American Security, Andrew M. Exum, toute occupation israélienne du Liban serait un cauchemar pour les Israéliens. Diplômé de l’Université américaine de Beyrouth, il a déclaré que « l’intérêt supérieur d’Israël, dans le cas où le Hezbollah tuerait un diplomate israélien en représailles à l’assassinat d’Imad Moughnieh, ou s’il procédait à l’enlèvement d’un soldat, nécessiterait des frappes particulièrement douloureuses au cours des trois ou quatre jours suivants ».

Exum a indiqué qu’au cours de la guerre de 2006, la communauté internationale était favorable à Israël durant la première semaine, mais au vu des pertes libanaises par rapport aux israéliennes et compte tenu de l’habilité des Libanais dans leurs rapports avec les médias internationaux, la sympathie à l’égard d’Israël s’est inversée et s’est retournée contre l’État Hébreu.

Il a dit que, sur la base de l’expérience de la guerre de 2006, quand « les Israéliens promettent qu’ils détruiront la banlieue sud (de Beyrouth) complètement, le monde sait qu’ils le feront », ainsi selon cet ancien officier, cette situation « contribue à renforcer l’équilibre de la terreur et de la dissuasion entre les parties et augmente la pression sur les épaules du Hezbollah pour éviter de fournir un prétexte à Israël justifiant son attaque contre le Liban ».

Exum explique que « la trêve sur le terrain entre Israël et le Hezbollah, est la démonstration de l’équilibre des forces. Elle est la meilleure garantie de paix et de dissuasion », qui serait selon lui « nuisible pour le Hezbollah sur le long terme ». Il a conclu que « toute nouvelle guerre ne serait pas dans l’intérêt des Israéliens et des Libanais, ni dans l’intérêt des États-Unis » au Proche-Orient en général.

Ce que les deux spécialistes ont omis de préciser est qu’Israël craint actuellement de se battre sur un front intérieur, car l’idée que le Hezbollah ait pu recruter des agents sur son territoire hante les esprits de certains de leurs responsables. Au mois d’octobre 2002, un ancien lieutenant-colonel de Tsahal a été inculpé pour espionnage. Cette décision a été rendue publique le 24 octobre 2002. L’inquiétude régnait déjà dans l’État hébreu.

Ces informations sont prises très au sérieux par l’opinion israélienne, et prennent de plus en plus d’ampleur. Cette situation ne s’est pas arrangée après que le chef du Hezbollah, sayed Hassan Nassrallah, ait divulgué des images captées par les drones israéliens et piratées par les équipes techniques du Parti de Dieu. Les autorités israéliennes ont fini par reconnaître la réalité du piratage tout en précisant qu’elles l’avaient su et avaient modifié le codage de leur transmission en conséquence.

Ce même piratage avait permis au Hezbollah de piéger une escouade de soldats israéliens au cours d’une opération d’infiltration dans la commune d’Anassarieh au sud du Liban pour assassiner un de ses responsables. C’est l’ensemble de cette formation de Tsahal qui s’est trouvée prise en tenaille et a été décimée.

En tout cas, ces histoires réelles font partie des éléments remarquablement utilisés par la communication du Hezbollah et qui font très mal à l’opinion israélienne. Elles contribuent à maintenir ce climat de terreur et de dissuasion entre les parties sur le terrain, car si le Liban craint certainement les destructions massives, Israël craint beaucoup autant pour ses soldats que pour ses civils. Cela conduit à ce que chacun sache qu’il a un prix à payer, sans que personne n’ait envie de payer l’addition.

Se retirer totalement du territoire libanais serait considéré comme un camouflet supplémentaire pour l’« armée invincible ». Y rester devient de plus en plus dangereux. Surtout rester pour quoi faire ? Jusqu’à présent le rôle de l’armée israélienne était celui d’un gendarme, mais si l’on n’a plus peur du gendarme, à quoi sert-il ? Le pire pour Israël est que l’équation s’est totalement modifiée, son armée ne maîtrise plus toutes les données et est actuellement exposée à de fortes probabilités d’échec dans ses opérations.

Cette situation finit par atteindre le moral des troupes à tel point que les soldats ne savent plus pourquoi ils doivent se battre. Tsahal est-il toujours l’armée de « défense d’Israël », ou est-il devenu l’armée des massacres de Qana et des « bavures » ? Une armée qui se bat contre un ennemi invisible commet nécessairement des bavures et en commettra encore. Jusqu’à quand l’armée et la société israéliennes supporteront-elles ces infamies ? Les habitants de Qana disent de leur ville : « C’est là que Jésus a transformé l’eau en vin, et c’est là que les Israéliens ont transformé l’eau en sang ».

Ces contradictions ont fait qu’au fil des années la critique de la politique israélienne n’est plus un tabou. Jusqu’à l’invasion du Liban, oser critiquer les décisions israéliennes était assimilé à un acte antisémite. Tel est de moins en moins le cas. Des juifs et des non juifs critiquent cette politique expansionniste. L’appel de JCALL (European Jewish Call for Reason) est la démonstration qu’il existe bien une cassure dans le soutien dont bénéficiait la politique et les gouvernements israéliens.

Cet appel est intéressant, car tout en assurant un soutien indéfectible à l’État d’Israël, il se montre particulièrement en opposition avec les décisions prises par les gouvernements successifs, notamment en matière d’annexion et de colonisation. Les signataires estiment qu’Israël devra changer de politique pour survivre.

Or nous voyons que l’existence d’Israël est à nouveau en danger. Loin de sous-estimer la menace de ses ennemis extérieurs, nous savons que ce danger se trouve aussi dans l’occupation et la poursuite ininterrompue de la colonisation de la Cisjordanie et des quartiers arabes de Jérusalem-Est, qui sont une erreur politique et une faute morale. Et qui alimentent, en outre, un processus de délégitimation inacceptable d’Israël en tant qu’État.

Ces faits expliquent le malaise vécu, entre autres, par la diaspora juive. Ces mêmes sentiments sont également exprimés par une frange de la population israélienne de l’intérieur, laquelle ne semble pas être écoutée par une classe politique qui rivalise d’outrance et d’excès.

L’UE vient à travers sa décision de déclencher les hostilités, en allant dans le sens contraire de l’Histoire. Les responsables Européens savent parfaitement que cette décision n’a sur le plan pratique aucune utilité. Les membres de la branche armée du Hezbollah sont inconnus. Leur force est justement le secret qui les entoure. Quelles sanctions prendre contre des hommes invisibles.. ?

Quant aux sanctions économiques, elles sont risibles, car les services de renseignement européens savent que le Hezbollah ou ses membres n’ont pas d’avoirs en Europe. La décision est donc symbolique et est aussi précaire qu’injustifié. En effet, concernant l’attentat de Bulgarie, cet État vient de déclarer qu’il n’existe aucune preuve de l’implication du Hezbollah [1].

Devant l’impossibilité de contester au Hezbollah sa qualité de mouvement de résistance contre l’occupation, on a inventé ce prétexte, et on a laissé filtrer la vraie raison, mais qui n’est pas reprise officiellement : sa participation au conflit syrien.

C’est d’autant plus étonnant que depuis le début du conflit syrien le mouvement politique libanais du Futur, entre autres —avec ses responsables, à commencer par l’ancien Premier ministre Saad Hariri—, a brillé par sa participation plus qu’active en hommes et en armes, sans pour autant être qualifié de mouvement terroriste.

Le Hezbollah a combattu et combat en Syrie Jabhat Al-Noussra, considéré aujourd’hui par les occidentaux comme une organisation terroriste. Comment peut-on combattre les terroristes et être considéré terroriste ? En réalité, le Hezbollah a pour le moins perturbé les projets occidentaux pariant sur la chute de l’État syrien devant les agressions internes et externes, il doit en payer le prix.

En combattant en Syrie, le Hezbollah protège ses arrières. Les vrais terroristes, terrorisaient les civils libanais dans la plaine de la Bekaa, à Akkar à l’est et dans le Nord du Liban. Ces groupent se sont bien installés dans plusieurs dizaines de villages au Liban au prétexte d’être des réfugiés, sans que personne en l’absence d’un État fort, ne puisse vérifier leur qualité.

Ils ont commis des attaques contre l’armée libanaise accusée maintenant d’être pro-Hezbollah, lequel prône le slogan de la résistance « Le Peuple, l’Armée et la Résistance sont la force du Liban contre toute agression ». Fallait-il que le Hezbollah néglige ces risques pour éviter d’être classé organisation terroriste ? Informé de cette rumeur de classement depuis des mois, sayed Hassan Nasrallah avait du reste annoncé qu’il n’en avait cure…

Toutefois, cette annonce est regrettable et menace d’une multitude de répercussions. A-t-on mesuré la portée de cette décision, dont l’effet médiatique serait le seul intérêt ? Pire encore ! le présent article sera t-il considéré comme une « apologie du terrorisme » ? … Seul l’avenir nous le dira. Le but final serait de faire taire toutes les voix qui défendent les mouvements de résistance.

La vérité est que les Européens sont devenus schizophrènes, car ils voient la paille dans l’œil du voisin, mais pas la poutre dans le leur.

André Chamy

Voltairenet

Conflit au Moyen-Orient: de la révolution 2.0 aux bombardements orbitaux?

1. Malgré un nouvel afflux notable d’hommes et de matériel, la rébellion syrienne peine non seulement à se maintenir en dehors des zones rurales isolées mais accentue ses divisions intrinsèques du fait de profonds clivages idéologiques et politiques.  En réalité, la rébellion syrienne, toutes tendances confondues, ne s’est jamais remise de sa défaite stratégique à Al-Qussayr (non loin de l’antique Meggido). Sur le terrain, les rebelles sont boutés hors des cités périphériques de Damas, écrasés à Homs et à Lattaquié, pourchassés près de la zone de cessez-le-feu au Golan et mis en échec à Alep où le blocus mis en place par des groupes extrémistes armés depuis le début du mois sacré du Ramadan vient d’être percé par les unités d’élite de l’armée syrienne.

Cet ascendant des forces armées syriennes et des milices populaires permet à Damas de focaliser sur un autre aspect non moins dangereux du conflit en cours en Syrie: la guerre économique. Depuis des mois, des campagnes organisées de spéculation monétaire et financière ont grandement nui à l’économie syrienne et à la valeur de la livre syrienne. Cette spéculation est accompagnée par diverses pratiques telles que la contrebande, la fuite massive de capitaux, l’organisation de fausses pénuries, le sabotage d’infrastructures, l’introduction de fausse monnaies, la corruption et une hausse anormale des produits de base. Pour y faire face, le Premier ministre syrien Wael Al-Halaki a mis en place toutes une série de mesures de protection. Cependant fort insuffisantes. Le recours à des experts iraniens, aguerris par le blocus auquel leur pays fait face, a permis d’éluder l’effondrement de la monnaie nationale syrienne.

Le gouvernement syrien a beau mettre en place un système de rationnement en temps de guerre, impossible de stopper les pratiques spéculatives. En vertu du système de rationnement, chaque personne adulte a le droit à 300 grammes de thé par mois mais ce produit s’échange sous le manteau à des prix rédhibitoires et est surtout exporté en masse vers des pays voisins. La situation est telle que l’armée syrienne commence à cibler les milieux de la spéculation. Néanmoins, contre toute logique, l’économie syrienne tient toujours. Les liens commerciaux officieux avec l’Irak et l’Iran (ce dernier ne parvient ou ne veut plus payer ses créances internationales) ainsi que ceux bancaires avec le Liban expliquent en partie mais pas totalement la survie surprenante du système économique d’un pays non producteur d’hydrocarbures dont l’économie est basée essentiellement sur l’agriculture et le textile.

2. Des indications receuillies laissent entendre que les populations civiles et les unités militaires assiégées à Alep ont pu être ravitaillées par l’armée syrienne qui a du intervenir alors que son plan ne préconise pas un mouvement vers le Nord avant le mois de d’octobre afin de parer à toute nouvelle attaque combinée sur Damas comme ce fut le cas en juillet 2012. Le blocus imposé par les groupes les plus extrémistes de la rebéllion n’a pas tenu, moins par la vigueur de l’offensive loyaliste que par l’éclatement de conflits armés entre, d’une part, les groupes liés à Al-Qaïda et des factions de l’armée syrienne libre, et, d’autre part, le front d’Ennosra et les milices kurdes. La situation semble prendre un virage inattendu au Nord de la Syrie et en Turquie méridionale avec l’éventualité de la déclaration d’une entité kurde indépendante. Cette éventualité est fort redoutée par Ankara.

3. Plus au Sud, près du plateau stratégique du Golan, des accrochages ont encore opposé des militaires syriens et israéliens. Des unités de l’armée syrienne pourchassant des groupes armés liés à l’armée du Cham (pays de Sem, autre appellation du Levant regroupant la Grande Syrie, c’est-à-dire, la Syrie, le Liban, la Palestine et la Jordanie) près de la ville de Qunaytra, ont poursuivi les rebelles jusqu’à un poste militaire israélien désaffecté situé à l’intérieur de la zone contrôlée par Israël, provoquant une riposte israélienne. Mais les deux pays, soumis à d’intenses pressions internationales pour éviter toute escalade, n’ont pas donné plus d’information. Ce qui est certain est que du côté israélien, une nouvelle brigade chargée du Golan est en train d’être constituée à la hâte tandis que les meilleures unités de l’armée israélienne se massent en Galilée. Le Liban et les confins syro-jordaniens sont survolés par un nombre impressionnant de drones. Au point que la défense antiaérienne israélienne en a abattu un le prenant pour un appareil du Hezbollah. D’autre part, des information jamais confirmées et non-vérifiables font état du déploiement par Israël de missiles nucléaires tactiques non loin du Lac Tibériade. Si cette information est vraie, cela renseigne sur le degré d’inquiétude que suscite l’évolution-défavorable jusqu’ici pour la stratégie de Tel-Aviv-de la crise syrienne dont le théatre d’opération s’étend désormais de la province irakienne d’Al-Anbar à l’Est jusqu’au littoral libanais sur la Méditerannée à l’Ouest.

4. L’évolution défavorable de la crise syrienne suivant les intérêts géostratégiques américains et par voie de conséquence israéliens à re-évaluer l’ensemble de la stratégie arrêtée jusque là. La rencontre du Chef des services de renseignement israéliens avec ses homologues US aux Etats-Unis a pour principal objet une redéfinition de cette stratégie à la lumière des derniers développements régionaux. Si des officiels US tels que le Secrétaire d’Etat John Kerry martèlent publiquement et sans conviction qu’il est encore impossible d’établir une zone d’exclusion aérienne au-dessus d’une partie du territoire syrien, des chefs militaires au Pentagone évoquent pour la première fois la possibilité de recourir à une nouvelle arme: les bombardements orbitaux ou frappes cinétiques. En d’autres termes de lâcher à partir de l’espace ou plus précisément d’une orbite déterminée, une pluie de micro-météorites artificielles qui viendraient s’écraser à très grande vitesse sur une surface déterminée de la planète et, en l’occurrence ici, du territoire syrien. On sait presque rien sur cette nouvelle technique qui rappelle les lancer de fléchettes au dessus des tranchées de la première guerre mondiale  mis à part l’existence d’un programme assez ancien dénommé Thor. La chute d’objets métalliques (matériaux spéciaux) ou autres, lâchés à partir d’une orbite proche et tombant à la vitesse des météores sur le sol syrien serait quasiment impossible à intercepter par les moyens actuels de la défense aérienne ou des des moyens d’interception balistique. Chinois et Russes semblent très inquiets et travaillent d’arrache-pied à des contre-mesures. Un des points faibles de cette technique est son impossibilité à acquérir des cibles précises puisqu’elle dépends de plusieurs variables de la chute libre, de la gravitation et de la rotation terrestre. Ce qui en résulte un phénomène de dispersion plus ou moins important.

La chute de météorites en Russie en février 2013 causant des dégâts dans l’Oural et dans le centre de la Russie a alimenté pas mal d’hypothèses dont la plus tonitruante a été émise publiquement par l’homme politique russe Vladimir Zhirinovsky qui a nommément accusé les Etats-Unis d’avoir testé un système de bombardement cinétique au dessus de l’Eurasie. Une hypothèse que les médias n’ont pas jugé relever et ont classé comme une autre théorie du complot paranoïaque. Ce qui est certain, c’est que l’US Air Force a testé en Irak, durant la période s’étendant de 1998 à 2003, soit l’invasion de ce pays, toute une série de nouvelles armes telles que les bombes à béton (non-explosives), des masses d’acier, des bombes à émission électromagnétiques et d’autres.

Quoi qu’il en soit, les déclarations d’officiels US telles que celles du Secrétaire d’Etat John Kerry sur l’impossibilité d’imposer une zone d’exclusion aérienne sur une partie du territoire syrien ou celles encore plus lénifiantes de responsables européens niant toute volonté d’armer les rebelles cache mal la préparation de plans alternatifs assez novateurs pour tromper la vigilance des alliés de la Syrie. Ce n’est point un hasard si le Chef d’état-major des Armées des Etats-Unis d’Amérique, le général Martin Dempsey, évoque pour la première fois la possibilité d’utiliser des frappes cinétiques (Kinetic strikes) en Syrie.  Si cette éventualité se réalise, le conflit au Moyen-Orient et ses multiples avatars high-tech dénommés sous le nom générique de printemps arabe, auront connu l’usage de l’ensemble des technologies préfigurant le monde de demain (l’arme nucléaire n’en est pas une et figure parmi les techniques du passé) allant des révolutions 2.0, versions plus perfectionnées des premières révolutions colorées aux bombardements orbitaux en passant par de nouvelles techniques d’ingénierie sociales et informationnelles à travers un contrôle total de l’Internet et des moyens de télécommunication. Bien que toutes ces nouvelles techniques soient à leur balbutiement, elles auront un rôle déterminant dans les conflits futurs.

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Le conflit syrien verra t-il l'usage inédit d'armes spatiales?
Le conflit syrien verra t-il l’usage inédit d’armes spatiales?

Conflit au Moyen-Orient: Blocus à Alep, raids israéliens ciblés, une opération en préparation

Il semble que la phase II du conflit en cours au Moyen-Orient soit en cours de préparation active. En une semaine, plus de 1500 mercenaires étrangers en provenance de Turquie sont venus renforcer les groupes extrémistes au Nord de la Syrie dans la province d’Alep où la situation humanitaire est des plus alarmantes en ce mois sacré musulman du Ramadan.

La ville d’Alep fait face à un terrible blocus de la part des groupes extrémistes et des informations recueillies indiquent que les prix des produits alimentaires de base ont connu une hausse de presque 900% du fait des pratiques spéculatives de la mafia.

Le gouvernement syrien tente de briser ce blocus en approvisionnant les populations des secteurs  loyalistes de la ville au moyen d’hélicoptères mais la prolifération de missiles antiaériens plus performants  au mains de certaines factions de la rébellion rend  ce type d’opération de plus en plus aléatoire.

Plus au Sud d’Alep, dans la province centrale de Homs, l’armée syrienne avance très lentement dans le centre historique de la ville vu son architecture où plus de 6000 rebelles utilisent systématiquement des explosifs et des roquettes antichar pour tenter de stopper l’avancée des unités syriennes. Leur défaite n’est plus qu’une question de jours.

Au sein de la rébellion, l’assassinat d’un des chefs suprêmes de l’Armée Syrienne Libre (ASL) par des membres de l’organisation extrémistes de l’Armée du pays du Levant et d’Irak (proche d’Al-Qaïda) risque de déclencher une guerre intestine entre, d’un côté, les puissantes factions islamistes, les plus nombreuses et les mieux armées, et d’un autre, des factions appartenant à d’autres courants.

L’armée syrienne sait qu’elle doit terminer son opération à Homs dans les meilleurs délais et diriger le gros de ses troupes vers Alep au Nord et autour du Golan au Sud-Ouest. Une opération d’envergure des « ennemis » de la Syrie est en phase de préparation active et verrait probablement  la participation de l’aviation israélienne aux côté d’une (nouvelle) armée de mercenaires. Au cours de cette opération, des commandos de tueurs du SAS britannique ou d’un autre service analogue tenteront vraisemblablement de décapiter l’Etat syrien. En d’autres termes, assassiner le Chef d’Etat.

L’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis et l’Egypte continuent de fournir une assistance logistique intense à la guérilla se battant contre le gouvernement syrien. Le coup d’Etat militaire contre l’ex-président égyptien Mohamed Morsi, un fervent partisan de la rébellion en Syrie, n’a pas changé la posture stratégique de l’Egypte dont l’armée, très pro-américaine,  contrôle l’ensemble de la vie politique et économique.

Sur le plan géopolitique, la situation est catastrophique pour Israël. Ce dernier fait désormais face à deux incendies: le premier à sa frontière (provisoire) septentrionale et le second sur son flanc méridional au Sinaï. Malgré leur silence, les responsables israéliens s’activent et se considèrent comme les acteurs d’un des plus importants conflits de l’histoire d’Israël. D’où les raids israéliens ponctuels et ciblés en Syrie , toujours passés sous silence.

Selon des informations révélés par des responsables US à la chaîne d’information en continu CNN, l’aviation israélienne aurait procédé la semaine dernière à des raids aériens sur la région de Lattaquié, ciblant des batteries de missiles antinavire de type Yakhont. Cette opération est intervenue en représailles au coulage d’un submersible israélien de la classe Dolphin il y a quelques mois.

Les Syriens et surtout leur alliés Russes ne sont pas restés les mains croisés. Un avion F-16 I ‘Soufa’, super-équipé s’est « officiellement » écrasé en mer suite à une « avarie technique ». Des sources libanaises  affirment que cet avion aurait été abattu près du littoral libanais et non pas près du littoral près de Gaza, causant l’épouvante et une panique générale en Israël. L’Etat-Major israélien a ordonné le blocage provisoire au sol de l’ensemble de la flotte. Des dizaines d’avions israéliens violent quotidiennement l’espace aérien libanais.

Flashback: Guerre de chars au Golan en 1973

Un document de la CIA datant de 1974 analysant la guerre entre Israël et la Syrie en octobre 1973

Que fera Moscou en cas de changement de régime en Syrie?

Que ferait la Russie en cas où le Président syrien venait à tomber? La question préoccupe au plus haut point l’ensemble des think-tanks et des officines des pays impliqués de près ou de loin dans la crise en cours au Moyen-Orient. La réponse à cette question motive en effet Moscou et explique son intransigeance dans le dossier.

Indubitablement, la Russie n’est pas seule. La chine, dans le plus grand silence, s’active. Ce n’est pas un hasard si est Pékin est montré du doigt depuis des semaines dans des affaires d’espionnage technologique.

D’après les scenarii les plus plausibles, en écartant le scénario plus complexe d’une guerre régionale entre la Syrie et Israël sur le plateau du Golan,  la chute du pouvoir en Syrie ouvrirait la voie à l’établissement d’un pseudo régime parlementaires mal adapté à un pays méditerranéen sous l’autorité suprême d’un Premier ministre ayant la double nationalité et proche de la CIA.

Si le poste de Président de la république serait maintenu, il n’aura qu’une valeur symbolique et formelle (CF. cas irakien et libyen). Réduire la redoutable vieille garde du parti Baâth syrien sera une toute autre affaire. En Irak, malgré une invasion US et une politique de « dé-baâthification », le vice-président irakien Izzet Ibrahim Duri et les survivants de la nomenklatura du parti du temps de Saddam Hussein ont non seulement pu survivre à tous les bouleversement mais n’ont jamais abandonné la résistance. Or, en Syrie, la vieille garde est non seulement plus solide mais plus idéologiquement marquée que celle de l’ancien régime irakien.

Les 500 groupes armés et AL-Qaeda continueront leurs ravages et  conduiront vraisemblablement un nettoyage ethnique et confessionnel. Ils se heurteront certainement aux Chiites et aux Alaouites. Ces derniers se retrancheront probablement entre Tartous et Lattaquié et seront soutenus par l’Iran. A l’instar du Liban entre 1975 et 1989,  la Syrie sera alors un champ de bataille où Saoudiens, américains, israéliens et iraniens régleront leurs comptes via leurs clients respectifs. Moscou pourrait également y participer en soutenant ses alliés locaux.

En cas où sera imposé un pouvoir pro-saoudien et pro-américain à Damas, la Syrie se retournera sans l’ombre d’un doute contre le Hezbollah tout en rompant le partenariat stratégique avec Téhéran. Les principaux objectifs stratégiques d’Israël seront alors atteints: le double isolement de l’Iran et l’étranglement du Hezbollah. Rien n’entravera alors une nouvelle invasion du Liban par les israéliens. Une attaque contre une république islamique d’Iran isolée et sous total embargo en sera grandement facilitée d’autant plus que tous les pays de la région joindront la coalition anti-iranienne.

Un changement de régime en Iran remettra les ressources d’hydrocarbures de l’ancienne Perse dans l’orbite des grandes multinationales anglo-saxonnes et Israël se sera débarrassé de tous ses ennemis à 3500 kilomètres à la ronde. L’ensemble des réserves énergétiques de la Libye, de la péninsule arabique, du Léviathan et d’Iran, soit un pourcentage énorme des réserves mondiales en énergie fossile sera alors interdit aux Russes et aux Chinois. D’un point de vue énergétique, Pékin sera étranglé, ravivant les tensions géopolitiques internes de la Chine (Tibet, Turkestan Occidental, disparités régionales, etc.)

La chute de l’Iran entraînera celle de l’Azerbaïdjan et des républiques d’Asie centrale suivant les tracés des gazoducs et des pipelines. La guerre de Tchetchénie et du Daguestan dans lesquelles les services spéciaux américains, britanniques, arabes et israéliens ont joué un certain rôle de déstabilisation ainsi que celle du Nagorny Karabah seront réactivés sinon encouragés avec l’argent du Qatar.

L’un des objectifs du printemps arabe est la création d’un collier de gouvernements musulmans extrémistes pro-capitalistes, alliés d’Israël et résolument hostiles à la Russie et à la Chine. Les légions islamistes seront alors lancés par Washington et des alliés contre Moscou et Pékin comme au temps de la guerre d’Afghanistan (1979-1988). Les causes ne manquent d’ailleurs pas: libération des républiques musulmanes du Caucase russe et d’Asie centrale, libération du Turkestan Occidental (Xinjiang), etc. Avec un soutien diplomatique, financier et militaire des riches pays du Golfe arabo-persique et des puissances occidentales. Le vieux mythe paranoïaque d’une hypothétique alliance de l’Islam et du Confucianisme contre l’Occident serait alors transformé en alliance entre Islam et Occident contre la Russie et la Chine…

Ceci entrainera invariablement une sérieuse atteinte à l’intégrité territoriale de la Russie. Moscou serait ainsi obligé de défendre son territoire pour la troisième fois depuis 1919. Une tentative de changement de régime en Russie au moyen de révolution colorée ou de cyberguerre pourrait provoquer une résurgence des éléments les plus extrémistes et les plus nationalistes. Or, la Russie qui dispose d’un potentiel militaire conséquent, notamment un vaste arsenal nucléaire et balistique et surtout une capacité de seconde frappe ne restera pas les bras croisés face à son démembrement.

L’enjeu en Syrie n’est pas tant la nature du régime à Damas que l’Iran avec en ligne de mire la Russie et la Chine. Dans le sillage de cette stratégie du Grand Jeu, Israël cherche à pérenniser son hégémonie régionale au delà de 2048, coïncidant avec le centième anniversaire de sa création.

Moscou pourrait ne pas réagir immédiatement à une éventuelle chute d’Al-Assad. mais sera tôt ou tard forcé d’intervenir avec l’ensemble de ses moyens disponibles pour défendre la survie stratégique de la nation russe telle qu’elle s’est forgée depuis Ivan le Terrible.

Conflit au Moyen-Orient: L’UE tente de saboter Genève II

Alors que Londres et Paris, fidèles à une politique très ancienne vis à vis de l' »islamisme » politique armé, ont réussi à convaincre l’Union Européenne de fournir des armes (entendre par là des livraisons intensives et sans intermédiaires) à la rébellion syrienne, le Président syrien a de nouveau évoqué le front du Golan avec Israël lors d’un entretien avec la chaîne d’information du Hezbollah libanais, Al-Manar.

Les flux d’armes à destinations des groupes islamistes combattant en Syrie ne se sont jamais interrompus depuis des mois mais se faisaient via un réseaux complexe d’intermédiaires dont les commissions sont de plus en plus onéreuses. La France et la Grande-Bretagne dont les forces spéciales sont en Jordanie et en Turquie préfèrent fournir les armes à Jobhet Ennosra, une organisation classée comme terroriste par Washington et Moscou mais étant considérée comme la force la plus déterminée et la mieux organisée dans le combat sans merci que les groupes rebelles mènent contre le pouvoir en Syrie.

La démarche de la France et de la Grande-Bretagne s’inscrivent en porte-à-faux avec les efforts politiques internationaux menés par Washington et Moscou en vue de la Conférence internationale de Genève II, qui se tiendra le 05 juin 2013. Cette attitude est qualifiée de puérile par Damas. « On savait que ces deux pays sont de très mauvais perdants mais le pire est que leur politique est dictée par le Qatar et l’Arabie Saoudite » aurait affirmé un haut officiel syrien.

Le Gouvernement syrien a confirmé sa participation à la Conférence de Genève II. Ce n’est pas le cas pour l’opposition, minée par des conflits de leadership inextricables et subissant l’influence croisée et opposée de plusieurs puissances régionales et étrangères. La vitrine « standardisée » de l’opposition syrienne radicale a fait savoir qu’elle ne participera pas à la dite Conférence tant que des territoires syriens « seront occupés par le Hezbollah et l’Iran ».

De facto, l’Union européenne, répondant à la demande insistante de Paris et de Londres, eux-mêmes pressés par les riches monarchies dominantes du CCG (Conseil de Coopération du Golfe), tentent de saboter toute solution politique au conflit au Moyen-Orient et par conséquence la Conférence Genève II.

Par ailleurs, en Israël, le Premier ministre Netanyahu a de plus en plus de mal à faire taire ses ministres sur la Syrie. Suivant une idiosyncrasie habituelle, un officiel israélien est allé jusqu’à menacer Moscou sur d’éventuelles livraisons de systèmes antiaériens de type S-300 à Damas. Un geste qui aurait très mal perçu par le Président russe Vladimir Poutine.

Au cours des années 80, Israël a plusieurs fois menacé la France pour sa politique arabe et son « soutien » apparent à Arafat. Notamment en 1982. La France est alors perçue comme un allié de Damas. Cette perception est relayée par le cinéma US puisque plusieurs films d’une qualité très discutable dépeignaient la France comme le principal soutien des « terroristes » palestiniens et syriens.

C’était une autre époque. Aujourd’hui, l’Union européenne fournit des armes aux terroristes islamistes dans le cadre d’une politique dont le principe peut se résumer à cette formule: « soutenir le terrorisme islamiste à l’étranger et promouvoir l’islamophobie à l’intérieur« , soit armer les terroristes contre d’autres pays « indésirables » et propager la peur au sein de ses propres populations pour mieux les contrôler. Après l’affaire Merah, il est devenu de plus en plus difficile pour les services de renseignement de recruter des « djihadistes » issus de l’immigration. D’où leur dévolu sur les nouveaux convertis dont la manipulation est d’autant plus aisée qu’ils ignorent comment a été crée l’islamisme politique. Des centaines de convertis européens et américains se battent en Syrie aux côtés des groupes islamistes. Leur taux de survie est cependant très bas.

Exaspéré par l’attitude du Président Barack Hussein Obama sur le conflit, Tel-Aviv compte désormais sur l’axe formé par Londres, Paris, Amman, Ankara, Doha et Ryad et tente désespérément d’écarter toute référence au conflit israélo-arabe et plus particulièrement la question du Golan occupé de l’équation syrienne. Or, l’intervention du Hezbollah en Syrie occidentale n’a comme objectif que de relancer le front du Golan et de remettre le conflit israélo-arabe en premier plan.

Verser l’huile sur le feu n’a jamais abouti à éteindre l’incendie. Mais les initiateurs de cette politique croient qu’ils sont en pleine troisième guerre mondiale et vous rappellent volontiers que l’apport massif de troupes américaines en 1917 à permis la défaite de l’Allemagne en 1918.

Au Moyen-Orient, il devient évident que la multiplication de protagonistes et le renforcement des blocs d’alliances nous met déjà dans une situation de guerre mondiale. Le feu se propage de Bagdad à Tripoli du Liban et touche aussi bien la Turquie que la Jordanie. Israël ne sera pas épargné. C’est l’épilogue d’un printemps qu’on a voulu arabe.

Des armes parviennent depuis longtemps mais pas à toutes les composantes de la rébellion syrienne. Seuls les islamistes sont bien approvisionnés. Des AUG Steyr, des FN FAL, des G3 et des variantes de fusils d'assaut M4 sont de plus en plus visibles aux mains des combattants...
Des armes parviennent depuis longtemps mais pas à toutes les composantes de la rébellion syrienne. Seuls les islamistes sont bien approvisionnés. Des AUG Steyr, des FN FAL, des G3 et des variantes de fusils d’assaut M4 sont de plus en plus visibles aux mains des combattants…

La marine syrienne tente de chasser les submersibles étrangers de son littoral

Alors que l’armée syrienne continue sa reconquête de la province centrale de Homs visant la ruptures des lignes d’approvisionnement de la rébellion à partir du Liban voisin tout en assurant ses propres lignes d’appui logistique entre Damas et le littoral, une autre guerre plus silencieuse a lieu en mer près des côtes entre Chypre et le littoral syro-palestinien.

Au début de la crise syrienne, des unités navales de la marine syrienne, l’arme la plus faiblement dotée des forces armées de ce pays, a harcelé un navire d’écoute allemand qui s’était trop rapproché des côtes syriennes. Avec l’intensification des engagements au sol face à une rébellion de plus en plus féroce et bien orientée, l’armée syrienne, débordée sur plus d’un front, ne put surveiller son littoral sans une aide discrète mais efficace des russes. Notre blog a déjà évoqué la multiplication de navires et de submersibles non identifiés à proximité ou à l’intérieur des eaux territoriales syriennes. Une information gardée secrète jusqu’à hier fait maintenant état de multiples incidents navals depuis des mois dont un impliquant un submersible israélien. Ce dernier aurait été détecté par la marine russe et aurait été pris en chasse à 0230 (heure locale) de la matinée du 02 mai 2013 par deux unités de surface de la marine syrienne appuyées par des hélicoptères de lutte anti sous-marine de type Kamov KA 25 .

D’autres informations émanant de « volontaires » étrangers venus combattre le régime syrien laissent entendre que certains « officiers de liaison » ont été débarqués en Syrie à partir d’un ou de plusieurs sous-marins. Le commandement des forces aériennes syriennes a ordonné il y a plus de trois mois de chasser tout submersible suspect des eaux territoriales après avoir détecté la présence de l’un d’ente-eux près du littoral de Lattaquié à quelques 150 mètres de profondeur.

Ce qui est certain est que la Méditerranée orientale est depuis 18 mois infestée de navires d’écoute et de guerre électronique appartenant à des pays de l’Otan. La marine russe s’y renforce également de manière significative.

Israël dont les activités navales sont en hausse constante, utilise des submersibles perfectionnés et modifiés de fabrication allemande (classe Dolphin). Certains de ces sous-marins font partie du dispositif de « dissuasion » nucléaire de Tel-Aviv.

Des sources proches de la base navale de Tartous évoquent la découverte de « faux rochers maquillés » contenant du matériel d’écoute (information publique rapportée par les médias) près des principaux ports, notamment à Lattaquié. Ils parlent également de drones marins et sous marins de plus en plus nombreux. En parallèle, des centaines de ballons-sonde d’espionnage « piégés » survolent la Syrie depuis Israël.

La Russie, l’un des principaux alliés de Damas, lui fournit des missiles anti-navires 3M55 Yakhont. Une cargaison de systèmes de missiles anti-aériens de type S-300 est en route vers la Syrie. Au Liban, le Hezbollah libanais est accrédité d’une certaine capacité navale, notamment après que ses éléments aient réussi, lors de la guerre de juillet 2006, à atteindre une frégate israélienne au large du Liban à l’aide d’un missile doté d’anti contre-mesures électroniques.

Par ailleurs, le Secrétaire d’Etat US, John Kerry, qui a reconnu les progrès réalisés par l’armée syrienne au sol a bien averti que ces progrès sont « temporaires ». En langage clair, cela signifie qu’après avoir observé et tenté d’identifier les tactiques du Hezbollah libanais à Al-Qussayr, Washington ne restera pas les bras croisés en cas où l’armée syrienne continue sur sa lancée vers Alep pour anéantir les voies d’approvisionnement venant de Turquie. Le Sénat US a d’ailleurs presque achevé les formalités visant à « légaliser » la fourniture massive d’armes à la rébellion syrienne et les groupes radicaux étrangers qui se battent à ses côtés.

 

Image illustrant la bataille pour le contrôle de la localité stratégique d'Al-Qussayr. Les forces loyalistes sont représentées par le drapeau syrien. Celles du Hezbollah libanais sont sous pavillon jaune.
Image illustrant la bataille pour le contrôle de la localité stratégique d’Al-Qussayr. Les forces loyalistes sont représentées par le drapeau syrien. Celles du Hezbollah libanais sont sous pavillon jaune.

Conflit au Moyen-Orient: le Chef du Hezbollah confirme l’ouverture du front du Golan

Jamais un discours de Hassan Nassrallah, le chef du Hezbollah libanais, n’a été d’une telle importance. Intervenant à l’occasion du 25e anniversaire de la radio Nour et après les raids américano-israéliens sur Damas, Hassan Nassrallah a affirmé que la Syrie devait faire avorter les objectifs de l’agression israélienne en transférant plus d’armes au Hezbollah mais en ouvrant le front du Golan. Le Chef du Hezbollah annonce que son mouvement se tient désormais aux côté de la résistance syrienne pour la libération du plateau hautement stratégique du Golan de l’occupation israélienne. Il confirme dans ce contexte que son mouvement est prêt à recevoir des armes plus perfectionnées dans le but de rétablir un équilibre des forces avec Israël. C’est bien la première fois que le Hezbollah fait du Golan un objectif stratégique.

Pour Nassrallah, le ciblage de la Syrie et les tentatives de changement de son régime visent avant tout la mise à l’écart de la Syrie de l’axe de la résistance à Israël. C’est d’ailleurs un des objectifs essentiels du printemps arabe. Faire passer en second plan la question palestinienne. C’est pour cela que la Syrie a décidé d’ouvrir le front du Golan, plateau stratégique d’une extrême importance qu’Israël a conquis en 1967 et annexé en catimini en 1981. Les habitants du Golan vivant sous l’occupation israélienne refusent cet état de fait et poursuivent depuis des décennies une campagne de désobéissance civile peu suivie par les médias.

Revenant sur le nombre des victimes des bombardements israéliens sur Damas, Hassan Nassrallah écarte d’un revers de main le bilan avancé par nombre de médias et révèle que ces bombardements n’ont causé que la mort de quatre gardes, sans plus de précision. Hassan Nassrallah s’est attardé sur la volonté du gouvernement actuel d’Israël d’imposer la reconnaissance de la judaïté de l’Etat israélien en Palestine comme un critère de paix tout en condamnant le silence des pays arabes, y compris ceux touché par la vague des révoltes. Nassrallah salue le courage des députés du parlement jordanien qui ont condamné l’assaut de fanatiques sionistes contre l’esplanade des Mosquées à Jérusalem (ou le mont du Temple) et appelé à l’expulsion de l’ambassadeur israélien de Amman. Enfin il a appelé les dirigeants arabes à ne plus plier sous les diktats externes, allusion à l’état lamentable dans laquelle se trouve la Ligue arabe, réduite à approuver sans états d’âmes la destruction de certains de ces Etats membres.

A propos des dirigeants syriens, Hassan Nassrallah leur a rendu hommage en précisant que « L’expérience vécue dernièrement montre que la direction en Syrie a des nerfs d’acier et jouit d’une sagesse profonde et sait très bien comment diriger la confrontation contre cet ennemi » en référence aux attaques israéliennes et la guérilla soutenue de l’étranger.

L’état-major de l’armée syrienne dont la doctrine militaire et stratégique a été forgée autour du concept de lutte contre Israël a bien accueilli l’attaque israélienne. Car cela lui permet de se battre contre son ennemi et non plus contre une énigmatique guérilla de l’intérieur. Le Président Al-Assad l’a confirmé en déclarant:  » Après le raid, nous sommes plus persuadés que nous luttons contre notre ennemi. Nous sommes en train de traquer ses soldats diffusés dans notre pays ».

Un peu avant, un officiel syrien a déclaré à l’AFP que son pays répliquera durement et immédiatement à toute nouvelle attaque israélienne. En Iran, des troupes sont en train d’être déployées aux frontières avec l’Irak, le Pakistan, l’Afghanistan et l’Azerbaïdjan. La marine est en train de se redéployer. Les avions de combat de l’armée de l’air iranienne auraient totalement disparu des tarmacs des aérodromes militaires. On ne sait pas pour l’instant si ces mouvements inhabituels sont dus aux prochaines élections présidentielles prévues le 14 juin 2013 en Iran ou est-ce le signe d’un ultime stade de préparation à une guerre régionale.

Quoi qu’il en soit, le discours de Hassan Nassrallah a eu le mérite d’être clair et crédible. Le Golan, et avec lui, l’ensemble des territoires arabes occupés, est devenu le principal objet de conflit au Moyen-Orient. Cette situation poussera Israël a utiliser sa dissuasion. Damas ripostera à coup sûr (avec l’aide de ses alliés). Le Moyen-Orient est en guerre.

Conflit au Moyen-Orient: le Hezbollah bouge ses pions

L’intervention du Chef du mouvement libanais Hezbollah, Hassan Nassrallah,  a mis les pendules à l’heure et s’adressait spécifiquement aux services de renseignement des pays derrière la déstabilisation de la Syrie- présents au Liban, en Jordanie, en Turquie, au Kurdistan irakien et à l’intérieur de la Syrie. L’afflux massif et organisé de milliers de « volontaires » arabes, asiatiques et européens (issus des communautés d’origine musulmane) en Syrie a conduit le Hezbollah a revoir sa politique sur le terrain. Ses éléments, concentrés sur les objectifs à atteindre lors de la prochaine confrontation avec Israël. Les multiples incursions des rebelles et surtout l’interconnexion de plusieurs groupes extrémistes libanais, syriens et étrangers au niveau des zones frontalières menaçait le Hezbollah d’un encerclement. Par dessus tout, les groupes armés tentent par tous les moyens de provoquer un embrasement interconfessionnel qui serait fatal au Liban en s’attaquant à des lieux saints et à des sépultures des compagnons du Prophète dans la région autrefois connue sous le nom de Grande Syrie. D’où l’intervention de  « volontaires » du Hezbollah dont les procédés ont été qualifiés par les observateurs de très professionnels. Les combattants du Hezbollah sont donc intervenus en territoire syrien non loin des frontières libanaises. Ces unités restreintes auraient exécuté des tactiques inédites et inconnues, lesquelles ont non seulement stupéfait les observateurs US et consterné les israéliens mais étonné le haut commandement de l’armée syrienne . Il semble patent que le Hezbollah dispose d’une bien meilleure stratégie que l’armée syrienne. Les éléments de cette dernière ignorent l’implication d’éléments du Hezbollah dans les opérations. Mais le résultat est là: là où le Hezbollah est intervenu, les rebelles ont été très rapidement défaits.  Jusqu’à présent, personne dans la communauté du renseignement n’a pu expliquer comment il a réussi à faire déplacer d’une manière furtive ses unités au delà de l’anti-Liban.

Des éléments du renseignement syrien en opération. Ils sont les seuls à être avertis de l'intervention et du rôle des éléments du Hezbollah en territoire syrien.
Des éléments du renseignement de l’armée de l’air syrien en opération près du littoral au nord de la frontière libanaise. Ils sont les seuls à être avertis de l’intervention et du rôle des éléments du Hezbollah en territoire syrien. seuls les officiers généraux syriens connaissent l’implication du hezbollah dans des combats très localisés en Syrie.

D’après des informations recueillis au Liban, les membres du Hezbollah ayant eu à intervenir en Syrie ont adopté l’uniforme de l’armée arabe syrienne mais avec des grades commençant par celui de lieutenant-colonel. Ce procédé respecte les règles d’engagement de l’armée syrienne. Echaudée par l’inexistence de l’armée libyenne lors de la guerre de Libye en 2011 et ayant pris acte de l’effondrement de l’armée irakienne en 2003, l’armée syrienne tient par dessus tout au maintien de l’uniforme et de la cohésion de ses unités. Le ministre syrien de la défense a d’ailleurs décidé que l’armée devra apparaître jusqu’à la fin comme une armée nationale combattant et se repliant dans l’ordre.L’intervention d’éléments du Hezbollah s’est avérée d’une redoutable efficacité. Une efficacité totale qui a fait dire au renseignement militaire israélien qu’en cas de nouvelle guerre du Liban (en référence à celle de 2006), rien ni personne n’arrêtera une pénétration du Hezbollah au Nord de ce qu’il appelle l’entité sioniste sauf peut-être un usage limité et tactique  d’armes non-conventionnelles.D’où la hantise de Tel-Avive d’un éventuel tranfert d’armes de Syrie au Liban.

Les Etats-Unis d’Amérique dont l’enjeu dans le conflit syrien est énorme, continuent de diffuser des déclarations publiques officielles relative à l’armement de factions de la rébellion syrienne, sont de facto des fournisseurs d’armes létales à celle-ci. Même si officiellement, Washington dément tout armememnt des rebelles. La Grande-Bretagne et la France mais également des pays comme les Pays-Bas sont allés très loin dans ce domaine, via des opérations compliquées financés par des pays du Golfe arabo-persique pour l’acquisition d’armements auprès de pays comme la Croatie, la Roumanie, la Bulgarie, la pologne et d’autres.

L’une des particularité du conflit en Syrie est que les renseignements de l’armée de l’air syrienne sont le fer de lance de la lutte pour la survie de l’Etat syrien pour Damas et ses alliés, ou pour reprendre les termes de la réthorique du camp adverse, de la répression. L’ancien président syrien Hafed Al-Assad, père de Bashar, était un pilote de chasse et il n’a eu de cesse de développer cette arme au détriment de toutes les autres, jugeant que c’est l’arme du futur. Son service de renseignement est le plus redoutable des 39 directions du renseignement général syrien.

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, l'armée syrienne est relativement bien organisée. Des éléments du renseignement de l'armée de l'air syrienne près de Banyas. Mai 2013
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’armée syrienne est relativement bien organisée. Des éléments du renseignement de l’armée de l’air syrienne près de Banyas. Mai 2013

Le pourrissement du conflit syrien arrange les intérêts de certains pays de la région, lesquels n’ont jamais accepté les termes de la déclaration de Genève. L’émissaire des Nations Unies et de la Ligue arabe, Lakhdar Brahimi, en sait quelque chose. Sur un plan strictement stratégique, l’enlisement du conflit et son prolongement est profitable à Tel-Aviv puisque il affaiblit non seulement l’armée syrienne mais détruit l’infrastructure du dernier pays de la région du Moyen-Orient, ouvertement ennemi avec « l’entité sioniste ». Ce terme de plus en plus rarissime dans le monde arabe, a totalement disparu de la réthorique officielle des pays ayant connu des révoltes en 2011.L’objectif principal derrière l’abattement programmé du régime syrien est l’affaiblissement, voire la suppression du Hezbollah, prélude au ciblage de l’Iran. Damas est le maillon faible dans l’axe stratégique formé par l’Iran, la Syrie et le Hezbollah libanais. Une fois la Syrie extirpé de cet axe, l’Iran serait stratégiquement isolé et n’aurait plus de levier de pression sur Israël. Pour faire passer ces objectifs auprès des populations musulmanes, des pays comme l’Arabie Saoudite ou le Qatar alimentent une intense propagande à caractère confessionnel à tous les niveaux. Cette propagande encourage et renforce un supposé clivage entre sunnites et chiites. Thèse exploitée par certains orientalistes proches de la CIA dès la fin des années 60.

Les « islamistes » syriens n’ont jamais pardonné au régime syrien la répression de Hama en 1982; ils considèrent le régime syrien basé sur le parti baath comme impie et l’assimilent à l’idéologie National-socialiste et au communisme. L’adoption du salut Romain par l’armée syrienne et la présence de la couleur rouge dans le drapeau syrien servent de prétextes aux islamistes pour justifier leur position. Le remplacement du drapeau syrien par celui du Mandat français n’a aucun sens à leur yeux si ce n’est le remplacement de la couleur rouge par celle, verte, de l’Islam.

Ce combat est partagé, outre par les familles régnantes dans les monarchies et autres principautés pétrolières et gazières du Golfe arabo-persique, mais également par les islamistes égyptiens, jordaniens, libyens, tunisiens et marocains. Il est à noter que certains pays arabes où des partis islamistes sont parvenus au gouvernement soutiennent plus ou moins l’envoi de volontaires à ce nouveau type de « Jihad » pour le néolibéralisme.

Le président syrien Bashar Al-Assad est apparu en public très peu de temps après le ciblage de son Premier ministre Wael Al-Halki, un AlAssad_mai2013technocrate bon teint, par un attentat. Le retrait ou la disparition de Bashar Al-Assad peut-elle être un début de solution en Syrie? Pour les non-avertis, la question pourrait être réduite à cette dimension. En réalité, Al-Assad ne gouverne pas seul. L’Etat syrien est solidement bâti autour de l’armée et plus particulièrement l’armée de l’air. Celle-ci dispose d’une doctrine idéologique et politique assez forte. Son appartetance à une minorité (les Alaouites) et son alliance avec d’autres communautés laissent entrevoir, même en cas de disparition, une très longue lutte pour le pouvoir à l’issue de laquelle la Syrie risque de disparaître. D’autant plus que les groupes extrémistes affiliée à la très suspecte Al-Qaîda sont déterminés à exterminer les autres minorités dans le cadre d’une épuration confessionnelle.

Au sein de la mouvance dite « islamiste » qui regroupe un regroupement assez large et hétéroclite, la tendance est la croyance en une sorte de résurgence d’un monde islamique adhérant totalement à l’économie de marché et au consumérisme, lequel serait l’allié et l’outil des puissances de l’argent pour mener une guerre eschatologique contre un hypothétique axe russo-chinois, taxé de « communiste ». En d’autres termes, les islamistes envisagent de servir de chaire à canon à l’empire dans une éventuelle confrontation avec la Russie et la Chine. Comme quoi les outils géopolitiques peuvent être anachroniques. Même en prospective…

Syrie: le Président Assad invité ce soir à la chaîne d’information syrienne

Le président Assad est l'invité ce soir de la chaîne d'info en continu Al-Ikhbarya. Il sera interviewé par la présentatrice vedette de cette chaîne Ruby Hajly (deuxième à partir de la droite) et le journaliste Hussein Fayad (premier à partir de la droite). Les tentatives de diabolisation d'Assad ont échoué malgré l'utilisation des services de plus d'une centaine d'agences de  spécialisées dans la gestion d'image et la communication politique. Ce ne fut pas le cas avec le président irakien Saddam Hussein ou encore le "Guide" libyen Mouamar Gaddafi dont les excentricités et autres excès ont grandement facilité leur "démonisation" dans les médias mondiaux.
Le président Assad est l’invité ce soir de la chaîne d’info en continu Al-Ikhbarya. Il sera interviewé à 21h30 (heure de Damas) par la présentatrice vedette de cette chaîne Ruby Hajly (deuxième à partir de la droite) et le journaliste Hussein Fayad (premier à partir de la droite). Le président Assad a choisi une date symbolique: le 67e anniversaire de l’indépendance de la Syrie du Mandat français. Il se prononcera sur la situation dans laquelle se trouve son pays depuis plus de deux ans et de son conflit total avec les monarchies Arabes du Golfe arabo-persique, la Turquie et Israël soutenus par les Etats-Unis et l’ensemble de l’Otan.  Il abordera également les relations stratégiques que la Syrie entretient avec la Chine, la Corée du Nord, l’Iran et la Russie comme de  ses relations avec le Hezbollah libanais et la trahison du Hamas palestinien.  L’armée syrienne est en train de mener en ce moment même une série de contre-offensives éclair contre les groupes rebelles et les terroristes d’Al-Qaïda en Syrie au Nord et au Sud du pays, notamment à Derâa où des agents israéliens auraient été éliminés. Les tentatives de diabolisation d’Assad ont échoué malgré l’utilisation des services de plus d’une centaine d’agences spécialisées dans la gestion d’image et la communication politique. Ce ne fut pas le cas avec le président irakien Saddam Hussein ou encore le « Guide » libyen Mouamar Gaddafi dont les excentricités et autres excès ont grandement facilité le processus de leur « démonisation »  dans les médias mondiaux.

Guerre au Moyen-Orient: point de situation

La guerre fait rage en Syrie avec la dotation des rebelles en armes lourdes acquises frauduleusement de trois pays des Balkans par l’entremise de courtiers saoudiens et israéliens.

Le chemin de croix de Damas

Dans l’incapacité de gagner la moindre confrontation à Damas, défendue par les meilleures divisions de l’armée régulière, les rebelles ont procédé à deux changements de stratégie en moins de six mois. Aux attentats terroristes kamikazes à la bombe ou à la voiture piégée ont succédé les tirs de mortiers sur les concentrations urbaines intra-muros. Cependant, les renseignements de l’armée de l’air ont pu localiser la majorité des sources de tir et les éliminer.

Les rebelles anéantis à Darya

De son côté, l’armée syrienne continue sa stratégie du rouleau compresseur. Ainsi, à Darya, à la périphérie sud de Damas, les 2800 rebelles qui s’y retranchaient depuis des mois ne sont plus qu’une centaine. Réduits par des vagues successives d’offensives blindées soutenues par l’aviation et l’artillerie, les rebelles ou du moins ceux qui ont pu survivre au déluge de feu, se sont repliés dans la précipitation ers Zabadani et au delà où ils tentent de se réorganiser sous l’égide de la CIA et du MI6.

Les vents de feu de la Turquie déferlent sur Alep

Au Nord, à Alep, les unités de l’armée syrienne font face à la résistance opiniâtre de plus de 7500 rebelles dont près de la moitié est d’origine étrangère. La défection du général Meflah, Chef du renseignement militaire pour la région Nord est intervenue après la découverte de ses liens d’intelligence avec les renseignements turcs et l’armée syrienne libre. C’est lui qui a manœuvré pour que la ville d’Alep tombe sous l’occupation de l’ASL et du front de Nosra. Les unités spéciales de l’armée syrienne soutenues par la garde républicaine ont mené des combats d’une violence rare pour récupérer le centre-ville et établir le contrôle sur la ville nouvelle. Les hélicoptères ont joué un rôle crucial dans ces combats urbains. Une partie des rebelles s’est repliés vers les confins frontaliers avec la Turquie tandis que plus de 1800 rebelles se retranchent encore dans la partie historique de la ville où l’usage des blindés et de l’aviation semblent totalement exclues. La Turquie arme, entraîne, finance, aide et envoie les rebelles à partir de son territoire vers Alep dans l’espoir désormais vain de créer une tête de pont ou une zone-tampon pour que l’Otan puisse entamer une intervention en Syrie. L’aviation syrienne, hyper-active dans ce secteur, a mis en échec ce scénario.

Homs: la paix des tribus

A Homs (centre), le gouvernement syrien a pu y maintenir une paix, certes précaire et trop souvent secouée par des violences, mais réelle en établissant des pactes avec les tribus les plus influentes. Des milices populaires d’auto-défense et des comités populaires maintiennent la paix civile. Les grandes tribus, quant à elles, ont interdit à leurs membres d’ouvrir le feu sur les militaires syrien. En échange, les militaires syriens s’abstiennent formellement de procéder aux interpellations. L’ensemble de la région est toutefois maillée et des unités de l’armée surveillent de près la frontière libanaise d’où proviennent armes et logistique aux rebelles. L’armée syrienne a menacé les tribus et les localités libanaise d’une action vigoureuse, forçant les dignitaires sunnite du Nord-Liban à émettre une Fatwa interdisant le « Djihad » en Syrie contre Assad tout en  l’encourageant à partir des territoires libanais. L’armée syrienne qui suit avec inquiétude l’installation d’un émirat extrémiste pro-saoudien à Tripoli (Nord du Liban) est en train de procéder au minage de la frontière commune.

Deraa au Sud aux mains des rebelles

C’est au sud que la situation semble d’une extrême dangerosité pour Damas. Deraa, le berceau de la contestation contre le régime, est désormais aux mains des rebelles qui sont parvenus à couper les voies de communication avec la Jordanie et à encercler le 61e régiment d’infanterie mécanisée. Cette évolution fait peser la menace de la création d’une zone-tampon avec l’aide active de la Jordanie. Damas a fait savoir aux jordaniens que dans une telle éventualité, il y aura une guerre entre les deux pays. Même si des milliers de combattants rebelles et de volontaires sont entraînés par les forces US en Jordanie septrentrionale, Amman ne veut pas d’un régime dominé par les « Frères Musulmans » à Damas. Ce cas de figure est jugé mortel pour la monarchie Hachémite.

Situation explosive au Golan

Au Golan, plateau occupé par Israël depuis 1967 et annexé en 1981, les troupes syriennes et israéliennes se font face. Israël y a mis l’ensemble de ses moyens. La visite hier du chef d’état-major de l’armée israélienne aux unités stationnées au Golan vise moins à persuader une opinion interne terrifiée par un éventuel dérapage incontrôlé de ce que l’on a appelé le printemps arabe sur Israël que de s’assurer du dispositif d’attaque mis en place dans l’attente d’un affaiblissement suffisamment acceptable de l’armée syrienne pour intervenir ouvertement en territoire syrien. Car pour Tel-Aviv, la partie qui se joue ferme en Syrie n’est qu’une étape dans la guerre contre l’Iran. Les israéliens ont non seulement du ouvrir le feu à plusieurs reprises pour couvrir la retraite de combattants islamistes extrémistes poursuivis par l’armée régulière syrienne mais leur ont ouvert leurs hôpitaux de campagne. Des soldats de l’armée régulière syrienne ont également été soignés dans ces hôpitaux avant d’être fait prisonniers. Des échanges de tirs ont opposé à plusieurs reprises les deux armées. Une déflagration entre les deux pays ennemis conduira certainement à une troisième guerre mondiale généralisée.

Volontaires étrangers, un mauvais remake islamiste de la guerre d’Espagne

Combien de volontaires étrangers combattent en Syrie? difficile d’en évaluer le chiffre puisqu’il n’existe aucune statistique relative à ce sujet. Les turcs qui organisent en partie la logistique et le transport de ces volontaires, notamment d’Afrique du Nord (Tunisie-Libye-Egypte) et du Caucase (Tchétchénie-Daguestan), d’Asie centrale et du sous-continent indien, sont dans le déni de réalité. Une chose est sûre: des centaines de combattants étrangers ont été tués dans les combats en Syrie. L’Otan est directement derrière l’acheminement des volontaires islamistes en Syrie dans un mauvais remake de la guerre d’Espagne (1936)

Mais qui a donc suggéré à Netanyahu de s’attaquer à la Syrie?

A la lumière de ce qui se passe en Syrie, un responsable religieux orthodoxe d’Orient s’est demandé sur la ou les personnes qui ont suggéré au premier ministre israélien de s’attaquer à la Syrie. Car, en s’attaquent à la Syrie, les initiateurs du printemps arabe ont signé l’échec de cette entreprise révolutionnaire de changement de régime sans une implication massive de la force militaire.

Conflit du Moyen-Orient: une nouvelle phase dans la guerre mondiale en cours

L’intervention israélienne ouverte dans le conflit syrien marque un nouveau tournant du conflit au Moyen-Orient et ouvre la voie à une nouvelle phase de la guerre mondiale en cours, comportant désormais un risque avéré de conflit nucléaire.

Sa-11
Le système de défense antiaérienne 9K37M1 ou Sa-11

Techniquement en guerre avec la Syrie depuis 1973,  Israël est devenu, depuis le mercredi 30 janvier 2013, le premier Etat étranger à intervenir militairement  de manière directe en Syrie en y menant non pas un seul raid aérien mais une série de raids visant deux convois militaires près de la frontière libanaise, des batteries de missiles SAM (Surface to Air Missiles) protégeant un centre de recherche militaire de l’armée syrienne situé à Jamarya ainsi que ses installations.

Les systèmes de défense aériennes Sa-11 (9K37M1) et Sa-9 (9K31 Strela-1) améliorés protégeant le site ont été neutralisés lors de cette opération.

Sa-9
Système 9K31 Strela-1. Le système utilisé par les forces armées syriennes a été modifié en 1998. Ces systèmes d’armes sont particulièrement ciblés par la rébellion syrienne.

Des moyens importants de guerre électronique ont été mis en oeuvre par l’aviation israélienne pour brouiller les radars des missiles antiaériens syrien défendant le site, considéré comme l’un des plus importants en Syrie.  Cette attaque, qualifié de guerre israélienne « limitée » sur la Syrie  a été l’objet d’une réunion d’urgence de tous les chefs militaires syriens en présence du Président Bashar Al-Assad dans un lieu hyper-sécurisé situé sous terre à Damas. Lors d’un précédant raid aérien israélien ayant visé un centre de recherche nucléaire syrien en 2007, Bashar Al-Assad avait limogé le commandant de la défense aérienne pour avoir échoué à abattre les appareils ennemis.

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Deux avions F-15 Baz israéliens. C’est des appareils similaires modifiés qui ont mené le raid contre la Syrie entre le 29 et le 30 janvier 2013

Ce raid effectué par des avions de combat F-15 modifiés  ayant visé un centre de recherche sur les armes spéciales a mis en état d’alerte maximum les forces d’élite syriennes stationnées en face des hauteurs du Golan, territoire occupé par Israël en 1967 et annexé en 1981. Au Nord de la Syrie, l’armée turque est en alerte maximum tandis qu’au Sud, les unités de l’armée jordanienne et les forces spéciales US semblent prêt à intervenir.

Après avoir tenté par tous les moyens possibles et imaginables en matière de guerre secrète, de terrorisme et de stratégie militaire à anéantir le régime syrien, Tel-Aviv a décidé de passer à la vitesse supérieure au lendemain d’élections factices en direction du reste du monde n’ayant pas entamé le pouvoir du Premier ministre Netanyahu, considéré par la totalité de la communauté du renseignement dans le monde d’être le principal architecte des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis d’Amérique.  Ce nouveau mouvement risque d’aboutir à un face-à-face direct avec l’Iran. Ce que semblent rechercher les stratèges israéliens depuis des mois.

Qu’y avait-il dans ce centre de recherches scientifiques de l’armée syrienne qui put justifier une action directe de l’aviation israélienne? On sait que ce centre ultra-secret fait l’objet depuis au moins sept mois d’attaques continuelles au mortier et à la roquette par les rebelles syriens et étrangers guidés et orientés  par les centres de commandement de l’OTAN en Turquie méridionale, à Chypre et en mer méditerranée.  Cet acharnement était justifié selon la rébellion syrienne par la présence sur ce site d’experts iraniens et d’officiers du Hezbollah libanais pour superviser des recherches sur les gaz innervant tels que le VX, une version plus mortelle que le gaz sarin mais également le développement d’un  missile de croisière basée sur un nouveau modèle utilisé par la marine iranienne. Ce centre comportait également une section dédiée à la recherche sur les isotopes nucléaires avec l’aide d’experts nord-coréens mais on ne dispose d’aucune information à ce sujet.

La Syrie a annoncé mercredi soir que l’aviation israélienne avait « directement bombardé » un centre de recherche militaire situé entre Damas et la frontière libanaise, pour la première fois en près de deux ans de conflit en Syrie. « Un avion de combat israélien a violé notre espace aérien à l’aube et a directement bombardé un centre de recherche sur l’amélioration de la résistance et l’auto-défense dans la région de Jamryah dans la province de Damas », a affirmé l’armée syrienne  dans un communiqué publié par l’agence officielle Sana.

L’armée syrienne fait état officiellement de deux employés tués et de cinq autres blessés dans ce centre, qui a subi « d’importants dégâts » selon le communiqué militaire en précisant que le « bâtiment a été partiellement détruit ». Par des projectiles non-conventionnels ou une arme anti-bunker semble t-il puisque le site était protégé contre les bombardements aériens.  Une source libanaise avance toutefois un bilan nettement plus lourd avec 70  morts et des dizaines de blessés.

La Russie a été l’un des premiers pays à réagir face à ce nouveau développement dangereux de la situation au Moyen-Orient. Moscou  est « très préoccupé par les informations concernant des frappes de l’armée de l’air israélienne sur des sites en Syrie, près de Damas », a indiqué le ministère des Affaires étrangères russe, en ajoutant que si  cette information est confirmée, « cela signifie que nous avons à faire à des frappes injustifiées sur le territoire d’un Etat souverain, ce qui viole grossièrement la charte de l’ONU ». Moscou a également fait pression sur Damas pour qu’il ne riposte pas à cette attaque. Une escadre de 18 navires de la marine russe évolue actuellement entre la Mer noire et la méditerranée  orientale non loin du littoral syrien.

Des pays de l’Union européenne ont également appelé la Syrie à la retenue. Cependant, il est très peu probable que la Syrie se risque à ouvrir un front aussi vaste avec la communauté internationale en s’attaquant à Israël.

Il y a moins d’une semaine, le Chef d’état-major des armées russes a affirmé que les forces armées russes sont prêtes à un conflit de grande ampleur. l’Iran a, pour sa part, mis en garde contre toute intervention directe contre son allié syrien. Une plate-forme Offshore iranienne de 1850 tonnes a coulé cette semaine  sur le champ gazier de South Pars dans le Golfe arabo-persique suite à un sabotage tandis que des informations faisaient état du sabotage de l’installation nucléaire de Fordow dans ce qui s’apparente à une guerre clandestine intense contre l’Iran.

Les Etats-Unis ont été prévenus à l’avance de cette frappe israélienne. Une source ayant requis l’anonymat citée par le New York Times a révélé que les israéliens avaient informé Washington du projet d’une frappe sur une cible militaire « spéciale » syrienne située dans la province de Damas.

En Israël, on craint une riposte du Hezbollah libanais qui pourrait effectivement exploiter l’hiver pour déclencher son plan d’attaque sur l’ensemble du territoire israélien, y compris sur le réacteur nucléaire de Dimona dans le Sud.

A Damas où le commandement militaire a d’énormes difficultés à contenir les 65000 rebelles appuyés par au moins 9000 mercenaires étrangers ciblant en priorité les infrastructures stratégiques et les sites de la défense antiaérienne, une réunion d’urgence des hauts commandants de l’armée et du renseignement évaluera les moyens de riposte contre Israël et la Turquie. Une source de haut niveau  a affirmé que « le temps de l’impunité sioniste est révolu que le prix de cette agression sera tôt ou tard payé »  avant d’être explicite  que « le temps pour les déclarations politiques et les médiations diplomatiques est révolu » et que « la Syrie s’apprête à donner une leçon cinglante aux sionistes » en soulignant que l’agression sur la souveraineté syrienne ne sera pas impunie. Des avions Mig 31 des forces aériennes syriennes ont survolé les confins frontaliers syro-libanais non loin du Plateau du Golan et de la zone contestée des fermes de Chaba.

Reste à savoir sous quelle forme sera la riposte puisque une action directe de l’armée syrienne contre des cibles militaires israélienne déclenchera à coup sûr une guerre mondiale généralisée pouvant aboutir à un usage de l’arme nucléaire. C’est pourquoi l’Iran a pressé ses alliés syriens de ne pas riposter à l’heure actuelle et de lui laisser « du temps » pour s’y préparer. Notamment en travaillant sur un système de navigation par satellite qui lui est propre. La Syrie dispose de plan secret en cas de décapitation du régime prévoyant une offensive balistique sur les villes et les centres vitaux israéliens.

Dans cette équations à trois variables qui se joue au Moyen-Orient, le risque d’un affrontement militaire généralisé est devenu non pas une éventualité mais une certitude. Israël s’impatiente de plus en plus et veut s’attaquer à l’Iran, quitte à passer au dessus d’une Syrie dévastée par presque deux années de guerre. Moscou et Pékin s’y opposent fermement. Reste à savoir si les Etats-Unis sauront éviter la conflagration et recadrer ce conflit dans un contexte strictement régional.

Conflit au Moyen-Orient: la somme de tous les dangers

Le pentagone accuse la Syrie de préparer des ogives au gaz sarin alors que l'Otan s'apprête à déployer des batteries anti-missiles de typoe Patriot en Turquie méridionale
Le pentagone accuse la Syrie de préparer des ogives au gaz sarin alors que l’Otan s’apprête à déployer des batteries anti-missiles de type Patriot en Turquie méridionale.
Plus de 400 militaires de l'Otan seront affectés en Turquie pour le déploiement et l'utilisation des batteries anti-missiles. Sur le terrain, des militaires US, britanniques, français, allemand et des officiers de liaison de trois royaumes arabes sont déjà à l’œuvre...
Plus de 400 militaires de l’Otan seront affectés en Turquie pour le déploiement et l’utilisation des batteries anti-missiles. Sur le terrain, des militaires US, britanniques, français, allemand et des officiers de liaison de trois royaumes arabes sont déjà à l’œuvre…
De son côté, Israël se prépare activement à une supposée de pluie missiles iraniens, syriens et libanais, en accélérant le déploiement d'éléments du nouveau système de défense balistique dénommé "David Sling" ou "Fronde de David". Tel-Aviv a reconnu pour la première fois que les temps à venir seraient "difficiles" et a ouvertement menacer de s'en prendre à des cibles syriennes. Damas a distillé des informations selon lesquelles la Syrie entrera immédiatement en guerre "ouverte" contre Israël au cas où ce dernier s'avisera de s'attaquer à l'Iran...
De son côté, Israël se prépare activement à une supposée pluie de missiles iraniens, syriens et libanais, en accélérant le déploiement d’éléments du nouveau système de défense balistique dénommé « David Sling » ou « Fronde de David ». Tel-Aviv a reconnu pour la première fois que les temps à venir seraient « difficiles » et a ouvertement menacer de s’en prendre à des cibles syriennes. Damas a distillé des informations selon lesquelles la Syrie entrera immédiatement en guerre « ouverte » contre Israël au cas où ce dernier s’avisera de s’attaquer à l’Iran…
Téhéran, durement éprouvé par les sanctions économiques, le coût de son effort de guerre  et les attaques cybernétiques occidentales a annoncé avoir capturé un autre drone américain de type Scaneagle (Boeing). Vrai ou faux, tous les paramètres indiquent que l'Iran se prépare activement à un conflit de grande envergure dont la phase intermédiaire se joue en Syrie.
Téhéran, durement éprouvé par les sanctions économiques, le coût de son effort de guerre et les attaques cybernétiques occidentales a annoncé avoir capturé un autre drone américain de type Scaneagle (Boeing). Vrai ou faux, tous les paramètres indiquent que l’Iran se prépare activement à un conflit de grande envergure dont la phase intermédiaire se joue en Syrie.
Le conflit syrien est loin de se limiter au Moyen-Orient mais a des connections avec d'autres régions du monde telle que la péninsule coréenne. Tous deux classés dans l'axe du mal des néoconservateurs US, la Corée du Nord et la Syrie gardent un étroit dialogue stratégique. Sur cette photos, des officiels nord-coréens au chevet d'un militaire syrien blessé à l'hôpital Tishrine de Damas.
Le conflit syrien est loin de se limiter au Moyen-Orient mais a des connections avec d’autres régions du monde telle que la péninsule coréenne. Tous deux classés dans l’axe du mal des néoconservateurs US, la Corée du Nord et la Syrie gardent un étroit dialogue stratégique. Sur cette photo, des officiels nord-coréens au chevet d’un militaire syrien blessé à l’hôpital Tishrine de Damas.

Syrie : l’Otan vise le gazoduc

La déclaration de guerre, aujourd’hui, n’est plus d’usage. Pour faire la guerre il faut par contre encore trouver uncasus belli. Comme le projectile de mortier qui, parti de Syrie, a fait 5 victimes en Turquie. Ankara a riposté à coups de cannons, tandis que le parlement a autorisé le gouvernement Erdogan à effectuer des opérations militaires en Syrie. Un chèque en blanc pour la guerre, que l’Otan est prête à encaisser.

Le Conseil atlantique a dénoncé « les actes agressifs du régime syrien à la frontière sud-orientale de l’Otan », prêt à déclencher l’article 5 qui engage à assister avec la force armée le pays membre attaqué. Mais déjà est en acte le « non-article 5 » —introduit pendant la guerre contre la Yougoslavie et appliqué contre l’Afghanistan et la Libye— qui autorise des opérations non prévues par l’article 5, en dehors du territoire de l’Alliance.

Éloquentes sont les images des édifices de Damas et Alep dévastés par de très puissants explosifs : œuvre non pas de simples rebelles, mais de professionnels de la guerre infiltrés. Environ 200 spécialistes des forces d’élite britanniques SAS et SBS —rapporte le Daily Star— opèrent depuis des mois en Syrie, avec des unités étasuniennes et françaises. La force de choc est constituée par un ramassis armé de groupes islamistes (jusqu’à hier qualifiés par Washington de « terroristes ») provenant d’Afghanistan, Bosnie, Tchétchénie, Libye et autres pays. Dans le groupe d’Abou Omar al-Chechen —rapporte l’envoyé duGuardian à Alep— les ordres sont donnés en arabe, mais doivent être traduits en tchétchène, tadjik, turc, en dialecte saoudien, en urdu, français et quelques autres langues.

Munis de faux passeports (spécialité de la CIA), les combattants affluent dans les provinces turques d’Adana et du Hatay, frontalières de la Syrie, où la CIA a ouvert des centres de formation militaire. Les armes arrivent surtout par l’Arabie saoudite et le Qatar qui, comme en Libye, fournit aussi des forces spéciales. Le commandement des opérations se trouve à bord de navires Otan dans le port d’Alexandrette. Pendant ce temps, sur le Mont Cassioum, au bord de la Syrie, l’Otan construit une nouvelle base d’espionnage électronique, qui s’ajoute à la base radar de Kisecik et à celle aérienne d’Incirlik.

À Istanbul a été ouvert un centre de propagande où des dissidents syriens, formés par le Département d’État US, confectionnent les nouvelles et les vidéos qui sont diffusées par des réseaux satellitaires. La guerre de l’Otan contre la Syrie est donc déjà en acte, avec le motif officiel d’aider le pays à se libérer du régime d’Assad. Comme en Libye, on a fiché un coin dans les fractures internes pour provoquer l’écroulement de l’État, en instrumentalisant la tragédie dans laquelle les populations sont emportées.

Le but est le même : Syrie, Iran et Irak ont signé en juillet 2011 un accord pour un gazoduc qui, d’ici 2016, devrait relier le gisement iranien de South Pars, le plus grand du monde, à la Syrie et ainsi à la Méditerranée. La Syrie où a été découvert un autre gros gisement près de Homs, peut devenir un hub de couloirs énergétiques alternatifs à ceux qui traversent la Turquie et à d’autres parcours, contrôlés par les compagnies étasuniennes et européennes. Pour cela on veut la frapper et l’occuper.

C’est clair, en Turquie, pour les 129 députés (un quart) opposés à la guerre et pour les milliers de gens qui ont manifesté avec le slogan « Non à l’intervention impérialiste en Syrie ».

Pour combien d’Italiens est-ce clair, au parlement et dans le pays ?

Manlio Dinucci

Source: Voltairenet

Syrie: « vingt missiles suffisent à détruire les installations nucléaires israéliennes »

Depuis le début de la militarisation de la crise en Syrie, les observateurs israéliens étaient partagés entre le désarroi et le soulagement. Désarroi devant les tactiques de l’armée syrienne, notamment celle relative à la guérilla urbaine; soulagement devant l’attrition et l’usure d’une force qui se préparait depuis des années à une guerre avec Israël. De fait, plus la crise syrienne perdure et plus les unités de l’armée syrienne sont usées par l’overstretching, l’épuisement  et les désertions.

En dépit de son matériel relativement obsolète-mis à part des systèmes de défense aérienne et de lutte anti-navires-, l’armée syrienne a non seulement fait preuve d’une bonne coordination dans sa lutte contre la subversion mais mis en oeuvre de  nouvelles tactiques de combat probablement inspirés du Hezbollah libanais. La Syrie a du aussi observer les tactiques utilisées par les Marines américains en Irak de 2003 à 2009.

Mais ce qui paraît comme de plus en plus évident est que les forces armées syriennes avaient une doctrine militaire prévoyant une guerre sur au moins deux front. Le premier front est celui de l’axe s’étendant du Golan à Bekaa (Anti-Liban) tandis que le second est la conséquence naturelle de l’invasion et l’occupation de l’Irak de 2003 à décembre 2012. La Syrie qui demeure techniquement en guerre avec Israël redoutait au plus haut point une prise de revers par les forces US à partir d’Irak et de Jordanie. Ce qui a failli arriver au lendemain de la chute de Baghdad. Ce que les stratèges syriens n’ont pas vu venir est le double jeu de la Turquie avec laquelle ils avaient essayé une politique de rapprochement et de bon voisinage afin d’éviter un encerclement total. La suite est connue: les turcs furent l’appât de l’OTAN.

Les analystes militaires israéliens ne cachent pas que la disparition du régime actuel syrien serait de nature à améliorer la situation stratégique d’Israël. Or celle-ci est très mauvaise. Probablement la plus mauvaise depuis la création de l’Etat d’Israël en 1948. L’embrasement du Sinaï, la situation au Liban, la crise syrienne, la question kurde, la position ambigüe de l’Irak, la grande question nucléaire iranienne et le front interne sont autant de sujets mettant à mal la sécurité israélienne. D’où les efforts inouïs du Mossad en Syrie via la Turquie mais également en Iran avec les États-Unis.

Pour la première fois depuis 1991, un pays du tiers-monde, en l’occurrence la Syrie a non seulement reconnu la détention d’armes chimiques mais s’est dit prêt à les utiliser en cas d’agression extérieures. Ce changement de paradigme est passé quasiment inaperçu. Cela a mis fin à deux décennies de contre-prolifération et à toute une doctrine américaine. Cet avertissement calculé sonne le glas d’une nouvelle ère.

Indubitablement, la Syrie n’est pas en mesure de contrer l’OTAN et par dessus tout les forces militaires colossales des Etats-Unis d’Amérique. Pas plus qu’Israël n’est capable d’attaquer l’Iran en solo. Cette équation est caractéristique des enjeux géostratégiques en cours dans cette partie du monde. Tant que l’axe stratégique Syrie-Iran-Hezbollah tient, une intervention militaire directe telle que voulue par le président américain Barack Obama s’avère au mieux aléatoire, au pire désastreuse pour l’ensemble des protagonistes.

Dans un nouveau rebondissement, l’ambassadeur syrien en Jordanie a déclaré lors d’une rencontre avec les autorités du pays hôte que l’armée syrienne n’a pas besoin de tirer plus de 20 missiles pour anéantir les installations nucléaires israéliennes, en référence au site de Dimona mais également à d’autres sites recensés in situ avec l’aide du Hezbollah libanais.

L’ambassadeur syrien à Amman, Behjat Sulayman,  a néanmoins averti qu’un tel cas de figure serait dévastateur avant d’ajouter  » C’est vrai, ce sera trop dévastateur mais la Syrie le fera et anéantira les installations nucléaires israéliennes en tirant 20 missiles et pas un de plus » *

Pour rappel, plus de 60 % des missiles tirés par le Hezbollah libanais sur Israël lors de la guerre de juillet 2006 étaient de montage syrien.

Malgré les troubles interconfessionnels affectant le Nord du Liban, plus particulièrement à Tripoli, le Hezbollah ne bouge plus. Trop concentré sur le prochain conflit, le leader du mouvement, Hassan Nasrallah a cependant menacé qu’en cas d’attaque israélienne sur le Liban, son mouvement ferait subir l’enfer à Tel-aviv. Simples paroles en l’air comme il en est légion au Moyen-Orient? Pas si sûr si on l’on en croit quelques -rares- informations en provenance du Sud-Liban où il est désormais question d’une éventuelle guerre balistique doublée d’une incursion de combattants au sol et la prise d’assaut de colonies israéliennes au cas en cas d’hostilités directes.

A Damas, le ministre de la défense, le général Fahd Jassem Al-Freij, que nous avons présenté ici comme un faucon dès sa nomination, semble satisfait de la conduite des opérations à Alep où les troupes syriennes semblent avoir adopté des tactiques de guérilla urbaine inédites. Même si le taux de désertion est assez préoccupant vu l’immense pression que subissent les soldats et officiers sur le terrain depuis près d’un an et demi et la cadence infernales des opérations, les unités sont relativement bien organisées et agissent en blocs compacts en milieu urbain. C’est le cas à Alep et dans les faubourgs de Damas et de Deir Ezzour. Dans les maquis denses séparant les confins frontaliers avec la Turquie, les forces spéciales syriennes ont été déployées et leur action s’avère jusqu’à maintenant efficace. L’ironie du sort a voulu que les militaires syriens se battent près de dizaines de villages où les portraits du leader historique du PKK (parti des travailleurs du Kurdistan), Abdallah Oçalan, ont systématiquement remplacé les portraits du président Al-Assad dans ce qui est bien convenu comme une extrême provocation de la Turquie que l’ensemble des militaires syriens considèrent comme l’un des plus grands ennemis historiques de leur nation.

Au Sud, les meilleures unités de l’armée syrienne sont toujours déployées face au plateau du Golan. Certaines se sont repliés plus au nord  lors de la fameuse bataille de Damas, mais les principales-dont deux commandés par des syriens de confession juive- sont en première ligne face à Tsahal.

A l’Ouest près de la frontière avec l’Irak,  les rebelles de l’armée syrienne libre et leurs alliés des légions salafistes ont pris pour la seconde fois le contrôle de la ville frontalière de Kameshli duquel se sont retiré depuis longtemps les militaires syriens. Ce qui a poussé l’armée irakienne a fermer -définitivement-la frontière, non sans avoir pilonné l’autre côté dans ce qui s’apparente à un coup de main à Damas. D’ailleurs, les forces de l’ancien vice-président irakien Ezzat Ibrahim Douri, dernier survivant des collaborateurs de Saddam Hussein sont en train de mener une guerre sans merci à Al-Qaïda en Mésopotamie et à la nébuleuse Armée islamique d’Irak, toute deux alliés à l’ASL syrienne et qui mènent depuis des semaines des campagnes concertées de terreur pour intimider Baghdad du fait de sa position assez modérée sur la crise en Syrie.

L’élément de surprise a toujours été déterminant dans les conflits. Or, il semble bien. Nous avons prédit il y a quelques mois que l’économie syrienne qui n’a jamais été une économie de guerre ne pourrait pas supporter l’effort de guerre et le fonctionnement de la machine militaire plus de six mois. Or, il semble que l’ensemble tient toujours. Damas ne redoute plus un conflit régional. Les récentes déclarations bellicistes d’Obama a convaincu les syriens, y compris certains qui ont pris les armes contre Al-Assad, que leur pays fait face en réalité à une agression américaine d’un type nouveau, combinant la stratégie Brzezinsky recommandant de laisser les arabes et les musulmans s’entre-tuer, la guerre médiatique et la guerre secrète dans le plus pur style du Backward.

* Citation rapportée par le site Balad Cham

Liban: un avion d’Air France dérouté vers Chypre

La situation au Liban est explosive après que des rebelles syriens aient commencé une série de  kidnappings visant des libanais. L’un des libanais kidnappé appartient à un puissant clan et ces proches n’ont pas hésité à faire de même avec les opposants syriens réfugiés au Liban. Les forces libanaises alliées à Israël s’agitent et tentent par tous les moyens de déclencher une nouvelle guerre civile. Mais Le Hezbollah, le mouvement Amal et leurs alliés sunnites et chrétiens  veillent au grain au point où un avion d’Air France assurant la liaison Paris-Beyrouth a du dérouter hier vers Chypre. Des indiscrétions assurent que l’appareil civil français acheminait, outre des passagers,  des équipements sensibles et quelques officiers se faisant passer pour des hommes d’affaires devant rencontrer des membres du parti de Samir Geagea, l’un des principaux chefs de l’Alliance du 14 mars avec Walid Jounblatt et Rafik Hariri.

L’Arabie Saoudite et certains pays du CCG (Conseil de coopération du Golfe) ont ordonné à leurs ressortissants au Liban de le quitter au plus vite.

Il existe actuellement au Liban comme en Turquie ou en Jordanie  une cellule de suivi française chargée de superviser les retraits et les redéploiement des rebelles syriens en provenance et vers la Syrie à travers les chemins de contrebande entre le Liban et la Syrie.

La bataille de Damas a commencé

Mercredi matin, une explosion a détruit le siège de la Sécurité nationale où se réunissaient quelques membres du Conseil de sécurité nationale. Elle aurait coûté la vie au général Daoud Rajha (ministre de la Défense), au général Assef Chawkat (ministre adjoint) et au général Hassan Turkmani (adjoint du vice-président de la République). Les modalités de l’opération restent incertaines : il pourrait s’agir aussi bien d’un attentat suicide que d’un tir de drone furtif.

Washington espérait que la décapitation partielle de l’appareil militaire conduirait quelques officiers supérieurs à faire défection avec leurs unités, voire à se retourner contre le gouvernement civil. Il n’en a rien été. Le président Bachar el-Assad a immédiatement signé les décrets nommant leurs successeurs et la continuité de l’État a été assurée sans faille.

À Paris, Berlin et Washington, les commanditaires de l’opération se sont livrés au jeu indigne consistant à condamner l’action terroriste tout en réaffirmant leur soutien politique et logistique militaire aux terroristes. Sans honte, ils ont conclu que la responsabilité de ces assassinats ne revenait pas aux coupables, mais aux victimes en ce qu’elles avaient refusé de démissionner sous leur pression et de livrer leur patrie aux appétits occidentaux.

Caracas et Téhéran ont adressé leur condoléances à la Syrie, soulignant que l’attaque a été commanditée et financée et par les puissances occidentales et du Golfe. Moscou a également adressé ses condoléances et affirmé que les sanctions requises au Conseil de sécurité contre la Syrie équivalaient à un soutien politique aux terroristes qui l’attaquent.

Les chaînes de télévision nationales se sont mises à diffuser des clips militaires et des chants patriotiques. Interrompant les programmes, le ministre de l’Information Omran al-Zou’bi a appelé à la mobilisation de tous : le moment n’est plus aux querelles politiques entre gouvernement et opposition, c’est la Nation qui est attaquée. Rappelant l’article de Komsomolskaïa Pravda dans lequel je décrivais l’opération médiatique de démoralisation préparée par les chaînes occidentales et du Golfe, il a alerté ses concitoyens sur son déclenchement imminent. Puis, il a démenti l’intox des chaînes du Golfe selon lesquelles une mutinerie aurait éclaté au sein de la 4ème division et des explosions auraient dévasté sa principale caserne.

Les chaînes nationales ont diffusé plusieurs fois par heure des bandes-annonces indiquant comment capter leurs programmes sur Atlantic Bird en cas d’interruption des satellites ArabSat et NileSat.

Au Liban, sayyed Hassan Nasrallah a rappelé la fraternité d’armes qui unit le Hezbollah à la Syrie face à l’expansionnisme sioniste, et a assuré l’Armée syrienne de son soutien.

L’attentat a été le signal de la seconde partie de l’opération. Les commandos infiltrés dans la capitale ont alors attaqué diverses cibles, plus ou moins choisies. Ainsi, un groupe d’une centaine de Contras a attaqué la maison qui jouxte mon appartement au cri d’Allah Akbar !. Un haut responsable militaire y réside. Dix heures de combat ininterrompu ont suivies.

Alors qu’au début de la nuit, l’Armée ripostait avec mesure, l’ordre parvenait un peu plus tard de faire usage de la force sans retenue. Il ne s’agissait plus de lutter contre des terroristes venus déstabiliser la Syrie, mais de faire face à une invasion étrangère qui ne dit pas son nom et de sauver la patrie en danger.

L’aviation est entrée en action pour anéantir les colonnes de mercenaires se dirigeant vers la capitale.

En fin de matinée, le calme revenait progressivement dans l’agglomération. Les Contras et leurs collaborateurs étaient partout obligés de se retirer. La circulation était rétablie sur les grands axes routiers, et des barrages filtrants étaient installés dans le centre ville. La vie reprenait. Cependant, on entend encore des tirs épars ici ou là. La plupart des commerces sont fermés, et il y a de longues files d’attente devant les boulangeries.

Chacun s’attend à ce que l’assaut final soit lancé dans la nuit de jeudi à vendredi et la journée de vendredi. Il ne fait guère de doute que l’Armée syrienne en sortira à nouveau victorieuse car le rapport de force est tout à son avantage, et que cette armée de conscription est soutenue par la population, y compris par l’opposition politique intérieure.

Comme prévu, ArabSat et NileSat ont déconnecté le signal de la télévision Ad-Dounia en milieu d’après-midi. Le compte Twitter d’Ad-Dounia a été piraté par la CIA pour diffuser de faux messages annonçant une retraite de l’armée syrienne.

Les chaînes du Golfe ont annoncé un effondrement de la monnaie préludant la chute de l’État. Le gouverneur de la Banque centrale, Adib Mayaleh, est intervenu sur la télévision nationale pour démentir cette nouvelle intox et confirmer le taux de change de 68,30 livres syriennes pour un dollar US.

Des renforts ont été déployés aux alentours de la place des Omeyyades pour protéger les studios de la télévision publique qui sont considérés comme une cible prioritaire par tous les ennemis de la liberté. Des studios de remplacement ont été installés dans l’hôtel Rose de Damas où se prélassent les observateurs des Nations Unies. La présence de ceux-ci, qui ont laissé perpétrer l’attaque de la capitale sans interrompre leur farniente, sert de facto de protection pour les journalistes syriens qui tentent d’informer leurs concitoyens au péril de leur vie.

Au Conseil de sécurité, la Fédération de Russie et la Chine ont opposé pour la troisième fois leur veto à une proposition de résolution occidentale et du Golfe visant à rendre possible une intervention militaire internationale. Leurs représentants ont inlassablement dénoncé la propagande visant à faire passer l’attaque extérieure contre la Syrie comme une révolte réprimée dans le sang.

La bataille de Damas devrait reprendre cette nuit.

Thierry Meyssan

Réseau Voltaire (Voltairenet)

 

Al-Assad nomme un faucon parmi les faucons à la défense

Longtemps écarté pour ses méthodes brutales et sa vision radicale, le Général Fahd Jassem Al-Freij, un sunnite,  vient d’être nommé (18 juillet 2012) par le président syrien Bachar Al-Assad à la tête de la défense, quelques heures après l’assassinat du ministre de la défense, le Général Daoud Rajha, de confession chrétienne, dans un attentat à la bombe ayant visé un des QG du Conseil de la Sécurité nationale syrienne.  C’est une des premières conséquences du ciblage direct de la direction syrienne par des opérations terroristes.

Le nouveau ministre syrien de la défense, le Général Fahd Jassem Al-Freij. Sa nomination consacre un durcissement de la position de Damas. En arrière plan de gauche à droite, le drapeau de la marine, le drapeau national syrien, le drapeau de l’armée de terre et celui des forces aériennes.

Cette nomination n’a pas du être facile pour Al-Assad qui a tout fait pour tenir Al-Freij en retrait du fait de ses méthodes peu orthodoxes. C’est l’une des rares fois qu’un Général des forces spéciales est nommé ministre de la défense dans un pays arabe. Mais ce n’est pas tout.

Contrairement au Général Rajha qui était apprécié pour sa modération et son sens des subtilités, le Général Al-Freij est considéré comme un faucon parmi les faucons. Lors de la guerre entre le Hezbollah libanais et Israël en 2006, Al-Freij préconisa une entrée en guerre immédiate avec Israël.

Ce natif de Hama, âgé de 62 ans s’est illustré tout au long de sa carrière militaire par ses méthodes iconoclastes. On lui prête une  obsession unique: En émettant des objections sur certaines décisions, il ajoutait invariablement qu’au lieu de croiser les bras et de parader pour la photo souvenir, l’état-major devrait penser sérieusement à aller guerroyer sur le lac Tiberiade et récupérer le plateau du Golan (occupé et annexé par Israël)…Son principal rêve est de bombarder Tel-Aviv.

Ce musulman sunnite appartenant à la principale communauté confessionnelle du pays  a été nommé le 08 août 2011 chef d’état-major de l’armée syrienne après avoir commandé les forces spéciales et dirigé des opérations dans les régions de Daraa dans le Sud, le berceau de la contestation, d’Idlib près de la Turquie et sa région natale de Hama. Il est peu apprécié au sein du commandement militaire à cause de son franc-parler et ses méthodes très expéditives.

En 1982, en pleine guerre civile libanaise, Al-Freij dirigea des opérations spéciales dans la Bekaa libanaise pour contrer l’invasion israélienne et tenta à deux reprises d’assassiner Ariel Sharon. En 2003, ses commandos se sont accrochés à plusieurs reprises avec des unités de marines US stationnées à la frontière entre la Syrie et l’Irak. En 2006, lors de la guerre entre le Hezbollah et le Liban, il fut le seul haut officier syrien à se rendre au Liban et à participer activement aux opérations.

Sa nomination prélude d’une radicalisation de la lutte contre l’ASL et les groupes islamiques armés. Le Général Al-Freij s’est toujours plaint de la « modération » dont faisait preuve l’ancien ministre de la défense face à la contestation. Il semble que la perte de proches ait incité le président Al-Assad à nommer un faucon parmi les faucons de la vieille garde  pour soit en finir une fois pour toutes avec la rébellion armée ou déclencher une guerre régionale avec Israël et la Turquie.

Les israéliens dont les forces sont en état d’alerte maximum au Golan étudient actuellement les options de plans de bombardement de dépôts d’armement et d’arsenaux de l’armée syrienne. Ce qui prouve que sur le terrain, tous les ingrédients d’une cinquième guerre régionale au Moyen-Orient sont réunis.