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Ajustements au Moyen-Orient

La crise diplomatique autour du Qatar a gelé divers conflits régionaux et a masqué des tentatives de règlements de quelques autres. Nul ne sait quand aura lieu le lever de rideau, mais il devrait faire apparaître une région profondément transformée.

1— Le conflit palestinien

Depuis l’expulsion de la majorité des Palestiniens hors de chez eux (la Nakhba, le 15 mai 1948) et le refus par les peuples arabes de ce nettoyage ethnique, seules la paix séparée israélo-égyptienne des accords de Camp David (1978) et la promesse d’une solution à deux États des accords d’Oslo (1993) ont partiellement modifié la donne.

Cependant lorsque l’on révéla les négociations secrètes entre l’Iran et les États-Unis, l’Arabie saoudite et Israël décidèrent à leur tour de discuter. À l’issue de 17 mois de rencontres secrètes, un accord fut conclu entre le Gardien des deux mosquées et l’État juif [1]. Celui-ci se concrétisa à travers la participation de Tsahal à la guerre du Yémen [2] et le transfert de bombes atomiques tactiques [3].

Rappelons que cet accord prévoyait également de faire évoluer l’Arabie saoudite de sorte que sa société reste salafiste et que ses institutions deviennent laïques. Il prévoyait aussi l’indépendance du Kurdistan irakien (qui tiendra un référendum en septembre) et l’exploitation à la fois des champs gaziers du « quart vide » (qui sont à cheval sur l’Arabie et le Yémen, d’où la guerre actuelle) et de ceux de l’Ogaden (d’où le retrait cette semaine des troupes qataries de la frontière djiboutienne).

En définitive, l’Égypte a décidé de céder les îles de Tiran et de Sanafir à l’Arabie saoudite, comme elle s’y était engagée il y a un an. Ce faisant, Riyad a reconnu de facto les accords de Camp David qui gèrent notamment le statut de ces territoires. Israël a confirmé avoir obtenu des garanties saoudiennes.

Observons que la décision égyptienne n’a pas été prise sous la pression saoudienne (Riyad avait vainement bloqué ses livraisons de pétroles, puis un prêt de 12 milliards de dollars), mais en raison de la crise du Golfe. Les Séoud ont officialisé leur rupture avec les Frères musulmans qui couvait depuis la transmission par le président al-Sissi de documents attestant d’un projet de coup d’État de certains membres de la Confrérie contre eux. Dans un premier temps, l’Arabie avait cru pouvoir discerner entre de bons et de mauvais Frères musulmans. Elle avait déjà accusé le Qatar de soutenir les putschistes, mais les choses avaient évolué pacifiquement cette fois. Désormais Riyad entend combattre toute la Confrérie ce qui le conduit à revoir sa position à propos de la Syrie.

La cession de ces îles, égyptiennes depuis la Convention de Londres de 1840, n’a d’autre sens que de permettre à l’Arabie saoudite de reconnaître implicitement, 39 ans plus tard, les accords de paix égypto-israéliens de Camp David.

De son côté, Téhéran a accueilli la direction politique du Hamas (laquelle est principalement composée de Frères musulmans) à la fois au nom de la solidarité avec la cause palestinienne et parce qu’il partage la même conception de l’islam politique.

La prochaine étape sera l’établissement de relations commerciales publiques entre Riyad et Tel-Aviv ainsi que l’exposeThe Times du 17 juin (des sociétés israéliennes seraient autorisées en Arabie et la compagnie d’aviation El-Al pourrait utiliser l’espace aérien saoudien) [4], puis la reconnaissance de l’initiative de paix du prince Abdallah (Ligue arabe, 2002) et l’établissement de relations diplomatiques (le prince Walid ben Talal deviendrait ambassadeur) [5].

Ce projet pourrait amener à la paix en Palestine (reconnaissance d’un État palestinien et indemnisation des réfugiés), au Liban (retrait des fermes de Shebaa) et en Syrie (arrêt du soutien aux jihadistes et retrait du Golan).

La question du Golan sera particulièrement difficile car l’administration Netanyahu a affirmé —non sans provocation— son annexion tandis que les États-Unis et la Russie ont violemment réagi à l’expulsion de la Force des Nations unies chargée d’observer le dégagement (FNUOD) et à sa substitution par al-Qaïda [6]. Il n’est cependant pas impossible qu’au cours de la guerre de Syrie, Washington ou Moscou ait pris l’engagement auprès de Tel-Aviv de ne pas modifier le statu quo du Golan.

Ce projet de règlement général reflète la méthode des hommes d’affaire Donald Trump et Jared Kushner : créer une situation économique qui impose un changement politique. Il se heurtera nécessairement à l’opposition des Frères musulmans (Hamas), et du triangle de l’islam politique : l’Iran, le Qatar et la Turquie.

2— Le conflit irako-syrien

La totalité des acteurs de la région s’accordent à considérer qu’aujourd’hui l’Irak et la Syrie forment un unique champ de bataille. Toutefois les Occidentaux, qui s’accrochent aux mensonges de l’administration Bush Jr. (même s’ils admettent l’inanité des armes de destruction massives imputées à Saddam Hussein) et à la narration romantique des « printemps arabes » (même s’ils reconnaissent que ce mouvement n’a jamais tenté d’apporter de liberté mais au contraire d’imposer l’islam politique), s’entêtent à les considérer comme distincts.

Nous renvoyons nos lecteurs à mon livre Sous nos yeux pour ce qui concerne la manière dont la guerre a débuté [7]. Toujours est-il que depuis le début de la crise autour du Qatar, la guerre se limite en Irak et en Syrie à
(1) la lutte contre Daesh (Mossoul et Rakka) et à
(2) celle contre la Turquie (Baachiqa et Al-Bab) [8].

Ce qui est évident pour tous dans la région, c’est que depuis l’accession au pouvoir à Pékin du président Xi Jinping porteur du projet des deux routes de la soie, Washington a poussé à la création d’un « Sunnistan » à cheval sur l’Irak et la Syrie. Pour ce faire, il a financé, armé et encadré Daesh afin de couper l’axe de communication Beyrouth-Damas-Bagdad-Téhéran-Pékin.

Depuis quatre mois, l’administration Trump étudie et négocie la manière dont elle pourrait modifier cette politique et conclure un partenariat avec Pékin au lieu de la confrontation actuelle [9].

Alors que sur le terrain, s’enchaînent des événements contradictoires, les armées irakienne et syrienne ont subitement avancé depuis le début de la crise autour du Qatar. Elles ont libéré de Daesh leurs territoires frontaliers et sont aujourd’hui sur le point d’établir leur jonction (c’est-à-dire de rétablir la route de la soie). Les deux armées ne sont plus séparées que par deux cent mètres de terrain contrôlés illégalement par l’armée US [10].

Quant aux combats au Sud de la Syrie, ils ont miraculeusement cessé. Un cessez-le-feu a été proclamé unilatéralement par Damas à Deraa. En réalité, Moscou et Washington ont donné l’assurance à Tel-Aviv que la Syrie ne laisserait se déployer à sa frontière que des troupes russes et non pas iraniennes, pas plus que celles du Hezbollah libanais.

Bref, si le Pentagone suit les ordres de la Maison-Blanche, le conflit devrait largement cesser. Il ne resterait que l’occupation turque de l’Irak et de la Syrie, sur le modèle de l’occupation turque de Chypre dont l’Union européenne s’est lâchement accommodée. Les États-Unis et l’Arabie saoudite qui étaient des ennemis de l’Irak et de la Syrie redeviendraient à nouveau leurs alliés.

3— Le conflit yéménite

Les Yéménites pourraient faire les frais de l’évolution actuelle. S’il est clair que l’Arabie saoudite est entrée en guerre pour installer un gouvernement favorable à l’exploitation jointe des champs pétroliers du « Quart vide » et pour la gloire personnelle du prince Mohamed Ben Salman, il semble que l’aide apportée par l’Iran aux Houthis et à l’ancien président Saleh détourne les yeux des pays arabes et de la « communauté internationale » des crimes qui s’y commettent.

Il faut en effet choisir son camp et presque tous ont opté pour l’Arabie saoudite contre le Qatar et ses alliés turc et iranien. Ce qui était positif en Palestine, en Irak et en Syrie, s’avère négatif au Yémen.

Conclusion

Depuis le 5 juin et la rupture des relations diplomatiques entre Riyad et Doha, les chancelleries se préparent toutes à une possible guerre, même si seule l’Allemagne l’a évoquée publiquement. Cette situation est d’autant plus surprenante que c’est le Qatar et non l’Arabie saoudite qui est observateur à l’Otan [11].

Des démissions s’enchaînent à Doha, de l’ambassadrice des États-Unis Dana Shell Smith, au sélectionneur de l’équipe nationale de football Jorge Fossati. Non seulement les États alignés sur Riyad ont coupé leurs relations commerciales avec l’émirat, mais de nombreuses sociétés sans liens particulier avec le Golfe en ont fait de même au vu du risque de guerre. C’est le cas par exemple de COSCO, la plus grande compagnie maritime chinoise.

Quoi qu’il en soit, malgré ses revendications historiques justifiées, il semble impossible que l’Arabie saoudite annexe le Qatar alors qu’elle s’était opposée à l’annexion du Koweït par l’Irak pour les mêmes raisons. Une règle s’est imposée dans le monde depuis la décolonisation britannique : nul n’a le droit de toucher à des frontières conçues par Londres, dans le seul et unique but de maintenir des problèmes insolubles pour les nouveaux États indépendants. De cette manière Londres maintient de facto leur dépendance perpétuelle à son égard. Au demeurant l’arrivée prochaine de 43 000 soldats pakistanais et turcs venus défendre le Qatar devrait renforcer sa position.

 

[1] « Exclusif : Les projets secrets d’Israël et de l’Arabie saoudite », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 juin 2015.

[2] « La Force « arabe » de Défense commune », par Thierry Meyssan,Réseau Voltaire, 20 avril 2015.

[3] « Le Proche-Orient nucléarisé ! », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 7 mars 2016.

[4] “Saudi trade talks with Israel are historic first”, Michael Binyon & Gregg Carlstrom, The Times, June 17th, 2017.

[5] « Exclusif : L’Arabie saoudite construit une ambassade en Israël », Réseau Voltaire, 29 mai 2016.

[6] « Le Conseil de sécurité s’apprête à enjoindre à Israël de rompre avec al-Qaïda », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 2 juillet 2016.

[7] Sous nos Yeux. Du 11-Septembre à Donald Trump, éditions Demi-Lune, 2017.

[8] « Invasion militaire turque de l’Irak », par Ibrahim Al-Jaafari, Réseau Voltaire, 19 octobre 2016.

[9] « Trump : le business contre la guerre », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 14 février 2017.

[10] « Les USA empêcheront-ils la réouverture de la route de la soie ? »,Réseau Voltaire, 17 juin 2017.

[11] « Israël et des émirs dans l’Otan », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie) , Réseau Voltaire, 13 mai 2016.

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Le chasseur iranien Qaher-313 dévoile son nouveau design

Le chasseur monoplace, numéro de série 08, a effectué un roulage au sol à faible vitesse pendant quelques minutes. Il reprend largement le design de la maquette dévoilée pour la première fois en février 2013, mais avec un certain nombre de modifications.

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Alors que la maquette de 2013 avait montré un avion mono-réacteur, ce nouvel avion dispose de deux moteurs. Le train d’atterrissage a été renforcé avec une double-roue à l’avant au lieu d’une seule pièce auparavant. Enfin le cockpit offre plus d’espace et permet au pilote… de rentrer ses jambes.

Néanmoins plusieurs failles demeurent comme les entrées d’air trop petites, et mal positionnées, qui réduiraient vraisemblablement le flux d’air vers les moteurs. Les tuyères sont très enfoncées dans le fuselage ce qui signifie que les gaz d’échappement pourraient tout simplement mettre le feu au chasseur. Le nez est aussi trop petit pour contenir un radar moderne.

Enfin, la vidéo publiée sur Youtube par IRIBnews ne montre ni le décollage ni l’atterrissage de l’avion. La forme globale n’est pas vraiment furtive et certaines images montrent que le gouvernail n’est pas synchronisé avec la roue avant comme cela devrait normalement être le cas. Bref cet avion serait-il un modèle téléguidé ?

 

Source: Info-Aviation 

Lien Direct: http://info-aviation.com/?p=18078

Syrie: les bataillons Zapad et Vostok à Alep, les bérets verts de la CIA à Palmyre

Le rôle des redoutables commandos tchétchènes des bataillons ZAPAD et VOSTOK dans les combats de rue pour la capture des derniers carrés de maisons  à Alep-est aurait été déterminant dans la victoire des forces syriennes, iraniennes et russes.

Alep est pratiquement sous le contrôle de Damas mais une nouvelle offensive de l’organisation terroriste connue sous le nom d’Etat Islamique en Irak et au Levant, solidement appuyée par les bérets verts de la CIA a totalement pris au dépourvu l’armée syrienne à Palmyre (Tadmor) où une base logistique gouvernementale a été prise d’assaut par une brigade terroriste. D’après des témoignages convergents, les forces rebelles ont eu recours à une nouvelle tactique: celle des essaims par vagues successives, s’assurant toujours d’une supériorité numérique de 10 contre 1 à un point d’attaque donné.

De toute évidence, russes et américains ne cachent plus l’implication directe de leurs forces spéciales dans les combats au sol en Syrie et on y assiste à une nouvelle course entre les militaires des deux puissances, rappelant étrangement la course endiablée entre américains et soviétiques vers Berlin en 1944-45.

Golan: un drone peut en cacher un autre…

YassirUAV

Le drone en provenance de Syrie ayant survolé durant plus de 63 minutes la portion occupée du plateau du Golan le 17 juillet 2016 serait, selon un site proche des milieux militaires israéliens, un UAV de fabrication iranienne dénommé « Yasser« ياسر et serait une copie améliorée (reverse engineering) d’un drone US ScanEagle ayant été piraté puis abattu par la défense spatiale iranienne au dessus de leur territoire le 17 décembre 2012.

Ce type de drones est utilisé par le Hezbollah libanais mais également l’armée syrienne. Le 17 juillet, un drone similaire a survolé une zone militaire israélienne interdite au Golan et a pu revenir à sa base sans être intercepté. Deux F-16 I Sufa israéliens ont vainement tenté d’abattre l’appareil sans pilote au moyens de missiles AA (Air-Air) Python après qu’une batterie de missiles Patriot ait échoué à le détruire.

Les missiles Patriot et Python ont fait l’objet de mesures de brouillage électronique puisque les deux missiles intercepteurs se sont auto-détruit en plein vol-on évoque une collision, alors qu’un missile AA lancé par l’un des F-16I a dévié de sa trajectoire en se dirigeant vers le sol.

Les technologies embarquées par le ScanEagle US ayant été capturé par les iraniens en 2012 étaient classifiées et faisaient partie d’un programme avancé supervisé par la DARPA (Defence Advanced Research Projects Agency). Une partie de ces technologies a été fournie par les iraniens aux russes et aux chinois.

C’est en quelque sorte le fruit d’un transfert de technologies par conflit interposé…

Vers un renversement de situation au Proche-Orient

La période du « Printemps arabe » touche à sa fin. Désormais, la Maison-Blanche et le Kremlin sont en train de redessiner les contours du « Moyen-Orient élargi ». Cependant, leur accord conclu avant l’intervention militaire russe en Syrie pourrait être modifié par le changement de l’équilibre des forces. Rien ne prouve que Moscou acceptera la stabilisation de la Syrie et fermera les yeux sur la partition de la Turquie et de l’Arabie saoudite qui vont commencer. Quoi qu’il en soit, le bouleversement qui s’annonce modifie la donne établie depuis cinq ans. La plupart des puissances impliquées essayent donc de retourner leur veste avant les autres.

La presse, dans quelque pays que ce soit, est tellement occupée à scruter la position de son propre État dans le conflit du Proche-Orient qu’elle ignore les négociations globales entre la Maison-Blanche et le Kremlin [1] et, du coup, interprète de travers les événements secondaires. Pour clarifier l’agitation diplomatique actuelle, nous devons donc revenir à l’accord USA-Russie de septembre dernier.

La partie publique de cet accord a été formulée par la Russie dans un document distribué le 29 septembre au Conseil de sécurité de l’Onu [2]. Il indique que, pour rétablir la paix et la stabilité en Afrique du Nord et au Proche-Orient, il faut et il suffit (1) d’appliquer les résolutions du Conseil de sécurité —ce qui implique notamment le retrait d’Israël sur ses frontières de 1967— et (2) de lutter contre l’idéologie terroriste —c’est-à-dire à la fois contre les Frères musulmans créés par le Royaume-Uni et soutenus par la Turquie, et contre le wahhabisme propagé par l’Arabie saoudite—.

Il avait été initialement prévu que la Russie fasse adopter une résolution en ce sens lors de la réunion du 30 septembre du Conseil de sécurité. Cependant, les États-Unis s’y sont opposés dans l’heure précédente [3]. Sergey Lavrov a alors présidé la séance sans évoquer son projet. Cet événement majeur ne peut s’interpréter que comme un désaccord tactique qui ne doit pas entraver un accord stratégique.

Le 20 octobre, le président Vladimir Poutine recevait au Kremlin son homologue syrien, Bachar el-Assad, en présence de ses ministres de la Défense et des Affaires étrangères, du secrétaire général du Conseil russe de sécurité nationale et du chef des services secrets. L’entretien portait sur l’application du plan russo-états-unien, incluant celle du Communiqué de Genève du 30 juin 2012 [4]. Le président el-Assad faisait valoir qu’il suit les instructions de ce Communiqué et, notamment, qu’il a intégré dans son gouvernement les partis d’opposition qui en ont fait la demande conformément à la description que le Communiqué fait d’un Organe gouvernemental de transition.

S’étant assuré que les deux pays avaient une même lecture du Communiqué de Genève, la Russie et les États-Unis décidèrent de mettre au pas les États dissidents, à savoir la France, la Turquie et l’Arabie saoudite. Sachant que la position française n’est pas fondée sur des intérêts réalistes, mais s’explique exclusivement par un fantasme colonial et par la corruption de son gouvernement par l’argent turc et saoudien [5], la Maison-Blanche et le Kremlin décidèrent de traiter uniquement la source du problème, à savoir Ankara et Riyad. Le 23 octobre, John Kerry et Sergey Lavrov reçurent donc leurs homologues turc et saoudien à Vienne. Aucun texte final n’a été publié. Cependant, il semble que la Russie ait menacé les deux invités sans que les États-Unis ne prennent leur défense.

Affolé d’une possible entente russo-états-unienne contre la Turquie et l’Arabie saoudite, la France convoqua alors un « dîner de travail », et non un « sommet diplomatique », à Paris. L’Allemagne, l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis, les États-Unis, l’Italie, la Jordanie, le Qatar, le Royaume-Uni et la Turquie « évoquèrent » et non « décidèrent » le sort de la Syrie. Le format de cette réunion correspond à celui du « Core Group » des « Amis de la Syrie », sauf l’Égypte qui a déjà secrètement rejoint le camp de la Syrie. Le fait d’avoir été contraint d’inviter les États-Unis a plombé la réunion. Là encore, pas de texte final.

Enfin, le 30 octobre, les États-Unis et la Russie réunissaient un plus vaste aréopage comprenant tous les participants aux deux réunions précédentes plus l’Égypte, la Chine, l’Irak, l’Iran, le Liban, Oman, l’Union européenne et les Nations unies. Si la presse s’est esbaudie de la présence de l’Iran qui avait été tenu à l’écart de tout règlement depuis le début du conflit, elle n’a pas relevé le retour de l’Égypte du maréchal al-Sissi qui rentre sur la scène internationale grâce à la découverte de ses nouvelles réserves de pétrole, ni de l’absence persistante de la principale puissance régionale, Israël. Ce dernier point ne peut s’expliquer que dans le cas où l’État hébreu avait obtenu préalablement la garantie de parvenir à un de ses objectifs de guerre, la création d’un État colonial au Nord de la Syrie.

Les participants ont tous été priés de signer une déclaration finale que seuls les Russes et les Iraniens ont prit soin de diffuser [6]. Et pour cause : elle marque la défaite des faucons US. En effet, dans son point 8, il est indiqué que le « processus politique » —et non pas le « processus de transition »— sera conduit par les Syriens, propriété des Syriens, et que le Peuple syrien décidera du futur de la Syrie [7]. Cette formulation lourde invalide le document Feltman qui constitue l’objectif depuis plus de trois ans des faucons US, des Français, des Turcs et des Saoudiens : la capitulation totale et inconditionnelle de la République arabe syrienne [8].

Le projet US se poursuit malgré l’accord avec la Russie

La suite des événements devrait donc logiquement être la mise au pas de la Turquie, de l’Arabie saoudite et de la France, ce qui pourrait être fait tout en poursuivant les objectifs initiaux US.

Pour la Turquie, après le scrutin probablement truqué du 1er novembre et la victoire de l’AKP [9], la guerre civile devrait s’étendre et se développer [10] jusqu’à la partition du pays en deux, puis à la fusion du Kurdistan turc, du Kurdistan irakien et d’un territoire arabe syrien occupé par les Kurdes syriens et les États-Unis. D’ores et déjà, le YPG et les États-Unis conquièrent ensemble un territoire arabe au Nord de la Syrie. Le YPG qui, jusqu’au mois dernier, recevait ses armes et ses soldes de Damas, s’est retourné contre la République arabe syrienne. Ses miliciens envahissent les villages conquis, expulsent les enseignants et décrètent la kurdisation forcée des écoles. Le Kurde, qui était parlé et enseigné à l’école, devient la langue unique et obligatoire. Les milices de la République arabe syrienne, notamment les Assyriens, en sont réduites à défendre leurs écoles par les armes contre leurs compatriotes kurdes [11].

De son côté le roi Salman d’Arabie saoudite doit encaisser sa défaite au Yémen ; un voisin qu’il avait envahi officiellement pour soutenir un président en fuite, en réalité pour exploiter avec Israël le pétrole du « Quart vide » [12]. Coup sur coup, les Émirats arabes unis et l’Égypte se sont retirés de sa Coalition. Les premiers après avoir essuyé de lourdes pertes parmi leurs officiers, les seconds plus discrètement, laissant les opérations militaires aux seules mains des Israéliens. Les Houthis, poussés vers le Nord par les bombardements, ont effectué plusieurs incursions en Arabie saoudite et y ont détruit des bases militaires aériennes et leurs matériels. Les soldats saoudiens, presque tous des étrangers servant sous écusson saoudien, ont déserté en masse contraignant le roi à prendre un décret contre les abandons de poste. Pour éviter un désastre militaire, l’Arabie saoudite a alors sollicité de nouveaux alliés. Contre de l’argent sonnant et trébuchant, le Sénégal a envoyé 6 000 hommes et le Soudan 2 000. La Mauritanie hésite à envoyer un contingent. Le roi, dit-on, aurait également sollicité l’armée privée Academi (ex-Blackwter/Xe) qui recruterait actuellement des mercenaires en Colombie. Ce fiasco est directement imputable au prince Mohammed ben Salmane, qui a revendiqué l’initiative de cette guerre. Ainsi, il affaiblit l’autorité de son père, le roi Salman, et fait gronder la contestation des deux clans exclus du pouvoir, ceux de l’ancien roi Abdallah et du prince Bandar. Logiquement ce conflit devrait aboutir à un partage de leur héritage entre les trois clans et donc à un partage du royaume en trois États.

Ce n’est qu’après ces nouveaux conflits que la paix devrait revenir dans la région, sauf dans la partie arabe colonisée par le nouveau Kurdistan, appelée à devenir le nouveau point de fixation des antagonisme régionaux en lieu et place de la Palestine.

Mais même écrit, le futur est incertain. Le renversement du rapport de forces entre Washington et Moscou [13] pourrait modifier leur accord.

Les rats quittent le navire

Alors que les mauvais joueurs annoncent sans sourciller que l’intervention militaire russe en Syrie n’apporte pas les résultats escomptés par Moscou, les jihadistes en fuite se replient en Irak et en Turquie. Le chef d’état-major US, le général Joseph Dunford, a admis, le 27 octobre lors d’une audition au Sénat, que désormais les armes parlaient en faveur de la République arabe syrienne [14]. Tandis que le Commandeur suprême de l’Otan, le général Philip Breedlove, a déclaré, le 30 octobre lors d’une conférence de presse au Pentagone, que c’est une litote de dire que la situation évolue de jour en jour et menace désormais la sécurité de l’Europe [15].

Force est de constater que l’alliance entre les partisans du chaos et ceux de la recolonisation va non seulement perdre en Syrie, mais que l’Alliance atlantique elle-même ne peut plus prétendre à la domination globale. Du coup, une soudaine agitation traverse les chancelleries, beaucoup affirmant qu’il est temps de parvenir à la paix —ce qui sous-entend qu’ils pensaient jusque là différemment—.

Les « retournements de veste » qui s’annoncent à propos de la Syrie auront comme première conséquence la consécration du rôle international de la République islamique d’Iran et de la Fédération de Russie ; deux acteurs que la presse occidentale présentait, il y a quatre mois encore, comme totalement isolés et voués à de terribles difficultés économiques ; deux puissances qui sont désormais les premières forces militaires, régionale pour l’Iran et globale pour la Russie ; et comme seconde conséquence le maintien au pouvoir du président el-Assad dont on annonce depuis cinq ans qu’« il doit partir ».

Dans ce contexte, la propagande de guerre continue imperturbablement, affirmant que si ce ne sont pas les bombardements russes qui tuent des civils, c’est l’armée syrienne qui les bombarde ; imputation confirmée par la matrice des organisations terroristes, les Frères musulmans, via leur Observatoire syrien des Droits de l’homme. Ou encore que la Russie est pressée de négocier car son intervention lui revient cher —comme si elle ne l’avait pas budgétisée durant sa longue préparation—. Jamais à court d’invention, le directeur de la CIA, John Brennan, prétend quant à lui que la Russie s’apprête à lâcher le président el-Assad, alors même que le président Poutine s’est gaussé de cette auto-persuasion quelques jours plus tôt, au Club de Valdai.

En France, la révolte gagne la classe politique. Les quatre principaux leaders de la droite, Dominique de Villepin, François Fillon, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy ont chacun de leur côté déclaré qu’il est absurde de s’aliéner la Russie et de ne pas reconnaitre la défaite en Syrie. Cependant Alain Juppé, qui joua un rôle central dans le début de la guerre, notamment en signant un traité secret avec la Turquie, persiste à conserver l’objectif de renverser la République arabe syrienne, plus tard. À gauche, plusieurs leaders envisagent de prochains voyages à Damas.

La panique devant les changements prévisibles est en fait générale. Si Nicolas Sarkozy s’est précipité chez le président Poutine, le vice-chancelier allemand, Sigmard Gabriel, également [16]. Il a plaidé pour que l’on referme les contentieux et les aigreurs du passé et que l’on renoue le dialogue avec la Russie. Il était temps.

Thierry Meyssan

Source: Voltairenet

Notes:

[1] « Moscou et Washington entendent refonder les relations internationales », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 octobre 2015.

[2] « Proposition russe d’un débat au Conseil de sécurité sur le terrorisme », Réseau Voltaire, 1er octobre 2015.

[3] “Lavrov to chair Security Council’s meeting on fighting terrorism”, Tass, September 30, 2015.

[4] « Communiqué final du Groupe d’action pour la Syrie », Réseau Voltaire, 30 juin 2012.

[5] « Pourquoi la France veut-elle renverser la République arabe syrienne ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 octobre 2015.

[6] “Joint Statement on the outcome of the multilateral talks on Syria”, Voltaire Network, 30 October 2015.

[7] “This political process will be Syrian led and Syrian owned, and the Syrian people will decide the future of Syria”.

[8] « Deux épines dans le pied d’Obama », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 31 août 2015.

[9] « Vers la fin du système Erdoğan », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 15 juin 2015.

[10] « La Turquie en danger », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 27 juillet 2015.

[11] « Les États-Unis et Israël débutent la colonisation du Nord de la Syrie », Réseau Voltaire, 1er novembre 2015.

[12] « Les projets secrets d’Israël et de l’Arabie saoudite », par Thierry Meyssan ; « Pourquoi l’Occident est-il silencieux sur la guerre du Yémen ? », par Martha Mundy, Traduction Alasso, Counterpunch, Réseau Voltaire, 22 juin et 4 octobre 2015.

[13] « L’armée russe affirme sa supériorité en guerre conventionnelle », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 19 octobre 2015.

[14] “Dunford Tells Senate Now is Time to Reinforce Iraqi Success Against ISIL”, Jim Garamone, DoD News, October 27, 2015.

[15] “Department of Defense Press Briefing by General Breedlove in the Pentagon Briefing Room”, October 30, 2015.

[16] « L’Allemagne tente de se sortir du conflit syrien », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie), Réseau Voltaire, 29 octobre 2015.

Maghreb: Après le patron du renseignement US, le Chef de la diplomatie iranienne en visite à Alger

Après la visite du patron du renseignement US à Alger, c’est au tour du ministre Iranien des Affaires étrangères d’y effectuer une visite. Au menu de cette visite à volets coulissants, la lutte contre Daech mais surtout le conflit syrien, l’épineux dossier de l’Opep et la situation au Yémen.

Le Qatar et la Turquie avaient les premiers proposé un éventuel refuge du président syrien Al-Assad en Iran mais cette proposition, qualifiée de saugrenue par des officiels syriens, vient de rebondir de Washington. A la différence que cette fois-ci les américains évoquent l’Algérie comme lieu d’asile. Silence de morts à Alger. La proposition à valeur de ballon-sonde a une portée politique et par ricochet un autre objectif assez éloigné des labyrinthes levantins.

De toute évidence, quelque chose se trame et la chose semble évoluer un peu plus vite que prévu. Au jeu d’ombres chinoises des uns répond un vaudeville amateur des autres.

Iran: l’Allemagne en VRP d’Israël

Téhéran a catégoriquement rejeté le très étrange appel du vice-chancelier Allemand Sigmar Gabriel, lui enjoignant de reconnaître l’entité sioniste d’Israël.

Sentiment de culpabilisation porté à son paroxysme en raison de l’histoire récente et sélective de l’Allemagne , lobbying très opportuniste et intérêt personnel motivé par l’ambition personnelle, Sigmar Gabriel croit-il réellement à ce qu’il est en train d’entreprendre ou s’agit-il d’une énième et interminable génuflexion de l’Etat fédéral Allemand à l’endroit des puissants lobbies sionistes et autres « Maîtres chanteurs de Nüremberg » (Die Meistersinger von Nürnberg)?

En attendant, le nouveau chantage est exercé par l’Allemagne. Lors de la visite du vice-chancelier Allemand à Téhéran en date du 19 juillet 2015, Sigmar Gabriel qui détient également le porte-feuille de l’économie a affirmé que si la République Islamique d’Iran veut avoir des relations économiques et commerciales plus importantes avec l’Allemagne et d’autres pays de l’Union Européenne (à croire que c’est l’Allemagne qui domine politiquement cette union), Téhéran n’a qu’a améliorer ses relations avec Tel-Aviv!

Cette visite qui s’inscrit dans la foulée de l’Accord conclu sur le nucléaire iranien et qui ne vise qu’à gagner du temps de part et d’autres et à servir de casus belli le cas échéant, a plus servi les intérêts israéliens que ceux du patronat allemand qui s’est toujours intéressé au plus haut point à l’Est et entre autres le marché iranien « lorsque ou si les sanctions seront un jour levées ».

Un vice-chancelier Allemand en VRP pour le compte du produit « Israël ». Décidément l’Allemagne de Mme Merkel est très loin de celle de Gerhard Shröder et ce n’est pas un hasard si le mandat de ce dernier a tellement affolé les milieux sionistes que ces derniers ont commencé à halluciner sur le procès de Nuremberg à l’envers…!

Le patronat Allemand peut maugréer. On le prive du fabuleux marché russe et on lui interdit l’accès à l’Iran sauf si ce dernier reconnaît officiellement Israël…Il y a quelque chose qui cloche dans cette logique pas très  teutonne. Il faut croire que les révolutions colorées version 2.0 et autres « printemps arabes » ont lamentablement échoué pour en arriver à de telles extrémités.

 

Passé totalement sous silence: le festival international de caricatures sur l’holocauste

Exploitant à fond le véritable tabou crée de toutes pièces autour de ce que l’on appelle l’holocauste en Europe et en Amérique du Nord, l’Iran a organisé en avril 2015 un festival international de caricatures sur l’holocauste.

L’évènement visait également à sonder les limites de la liberté d’expression dans le monde dit libre, prétexte fallacieux avancé par certains gouvernements occidentaux pour tenter de justifier la publication de caricatures injurieuses à l’encontre du prophète Mohamed. L’affaire montée de toutes pièces de l’hebdomadaire français « Charlie-Hebdo » étant devenue un cas d’école étudié en Iran dans le cadre des opérations de la guerre psychologique et de la manipulation émotionnelle des masses en utilisant de fausses représentations de la réalité à travers la création d’un ennemi imaginaire désigné.

Passé totalement sous silence, le festival a attiré des caricaturistes d’Asie, d’Europe méridionale et orientale, d’Amérique du Sud et du monde Arabe.

Affiche du festival international de caricature sur l'holocauste.
Affiche du festival international de caricature sur l’holocauste. Sur la présentation de la manifestation, les organisateurs ont tenu à préciser qu’ils ne sont nullement antisémites.

Pour les organisateurs de cette manifestation culturelle, le simple fait d’avoir été censuré par l’ensemble des médias dominants est une réussite dans la mesure où cela prouve les limites de cette notion de liberté d’expression dans le monde dit libre, un slogan cher à l’ex-président américain Ronald Reagan.

Il s’agissait donc du premier concours international de caricature sur le sionisme et l’holocauste. Un fait inédit depuis la très lourde chape de plomb qui s’est abattue sur le sujet depuis la fin de la seconde guerre mondiale en 1945.

Les caricatures ont été publiées sur le net mais les sites qui les ont mis en ligne ont connu ou connaissent des « difficultés  techniques » sinon la suspension pure et simple.

"Camp Nazi" par Maziar Bijani.
« Camp Nazi » par Maziar Bijani.
"Apprentissage obligatoire de l'holocauste" par Maziar Bijani.
« Apprentissage obligatoire de l’holocauste » par Maziar Bijani.
"Liberté d'Expression" par Shahin Kalantary
« Liberté d’Expression » par Shahin Kalantary

 

"Statistiques exactes"
« Statistiques exactes »
"Anti-Nazi"
« Anti-Nazi »
"La Vache Européenne"
« La Vache Européenne »
"La Race Supérieure"
« La Race Supérieure »
DVX2
« Les Dix commandements »
"Le Danger du déni de l'Holocauste"
« Le Danger du déni de l’Holocauste »
"Liberté d'expression absolue"
« Liberté d’expression absolue pour les révisionnistes »
"Le Mur des Lamentations...Occidental"
« Le Mur des Lamentations…Occidental »

 

 

Fait assez intéressant, en marge de ce concours s’est tenu une conférence sur Facebook en tant que produit collatéral de l’industrie de l’Holocauste où l’on a appris que la plupart des dirigeants exécutifs de ce réseau « social » se prétendent descendants de survivants des camps de travail nazis…Décidément, ce mythe post-moderne, fort lucratif, risque de perdurer encore un autre demi-siècle.

 

 

« Daech » cherche un avantage comparatif en optant pour les armes chimiques

Faisant face à une opération militaire de grande ampleur chapautée par l’Iran, l’organisation terroriste Daech semble avoir usé d’armes non-conventionnelles pour stopper l’avancée des forces irakiennes et iraniennes. C’est en tout cas ce que laissent suggérer des documents vidéos iraniens et britanniques.
Les hordes de Daech en Irak disposent d’obus chimiques dont l’usage lors des combats est rapporté côté irakien. Ce fut le cas il y a une dizaine de jours lorsque des obus de mortier tirés par Daech ont causé la mort par asphyxie ou par contusion de dizaines de miliciens et de soldats irakiens près de Tikrit, la ville natale de l’ex-Président irakien Saddam Hussein.
Des informations de plus en plus convergentes rapportent l’intérêt croissant de Daech pour la maîtrise d’un vecteur biologique fiable et utilisable sur le champ de bataille ou sur des populations civiles.
Il est à rappeler que des groupes alliés ou précurseurs de Daech en Syrie ont usé à plusieurs reprises de roquettes artisanales bourrées avec des produits chimiques et que Daech en Syrie a tenté à plusieurs reprises d’utiliser des germes pour polluer des sources d’eau, des retenues collinaires  ou des barrages d’alimentation en eau potable.
Enfin, c’est en Libye que les groupes affiliés à Daech risquent également d’utiliser des armes chimiques. En 2012, des obus chimiques ont été utilisés par la milice de Misrata contre des milices rebelles qualifiées de pro-Gaddafistes et l’on estime qu’au moins deux grandes milices libyennes disposent d’obus d’artillerie à tête chimiques pillées dans les arsenaux de l’ex-armée libyenne.

La Syrie utilise des chars T-80 dans sa bataille pour le contrôle du Golan et de la ligne de démarcation avec Israël

Jamais l’armée syrienne n’a jeté tout son poids dans une bataille aussi décisive que celle en cours dans la province de Deraa. Prinicpal enjeu: la reprise des territoires capturés par le Front d’Ennosra dans le Golan syrien et la rupture du soutien israélien aux groupes de la rébellion syrienne.

Les unités de la IIIe et de la Ve Divisions blindées de l’armée syrienne, accompagnées par des unités de la VIIe Division d’infanterie mécanisée et du 100e Régiment d’artillerie de la Garde Républicaine, soutenues par les unités spécialisées du  Hezbollah libanais et des unités d’élite du Corps des Gardiens de la Révolution iranienne tentent d’éliminer de manière définitive le territoire tampon crée par Ennosra entre les territoires sous contrôle syrien et les territoires sous contrôle israélien.

Le front Ennosra issu de l’ancienne Al-Qaïda est fortement soutenu par l’armée israélienne, laquelle n’avait pas hésité à lui fournir un appui feu et un soutien logistique à plusieurs reprises durant les derniers dix-huit mois.

L’Iran dont l’implication militaire s’étend de plus en plus dans la région a clairement mis en garde Tel-Aviv que toute nouvelle tentative de fournir un appui feu direct à El-Nossra pourrait entraîner une intervention plus massive des troupes iraniennes en Syrie.

Sur le terrain, aux côtés des chars T-55 et T-72 M, l’armée syrienne vient d’utiliser des dizaines de chars T-80 B dont l’armée syrienne n’avait jamais fait l’acquisition mais lesquels pourraient avoir été livrés en urgence par la Russie pour remplacer les pertes subies durant le conflit. Cependant, il s’avère que de plus en plus d’unités blindées de l’armée syrienne sont en train de remplacer le T-72 M par le T-80 B, une alternative mieux équipée.

La vaste opération militaire menée par Damas avec l’aide des forces iraniennes dans le Sud de la Syrie coïncide avec l’entrée en force des forces iraniennes en Irak contre Daech, notamment à Tikrit, terre natale de l’ex-Président irakien Saddam Hussein, dans la province de Salaheddine et c’est grâce aux iraniens que les milices irakiennes ont pu reprendre du terrain à Daech.

Guerre au Moyen-Orient: Consécration absolue du Su-25

Deux avions de combat Sukhoi Su-25 des forces aériennes des Pasdarans iraniens en action. Cet avion d'attaque au sol a été la révélation des guerres en cours en Syrie et en Irak. Son efficacité est telle qu'il est devenu l'une des principales hantises des groupes rebelles armés.
Deux avions de combat Sukhoi Su-25 des forces aériennes des Pasdarans iraniens en action. Cet avion d’attaque au sol a été la révélation des guerres en cours en Syrie et en Irak. Son efficacité est telle qu’il est devenu l’une des principales hantises des groupes rebelles armés.

Su-25Vague équivalent du A-10 Warthog de l’US Air Force, le bon vieux Sukhoi Su-25 (Code Otan: Frogfoot) a fini par connaître une véritable consécration dans la guerre en cours au Moyen-Orient du littoral méditerranéen de la Syrie aux confins frontaliers entre l’Irak et l’Iran.

Avion de soutien tactique au sol, le Su-25 a fait ses preuves au combat. Son usage intensif est la cause de la disparition de certains groupuscules armés de la rébellion, notamment en Syrie et l’une des secrets derrière l’avancée des forces combinées iraniennes aux côtés des milices Chiites et des forces sunnites tribales dans la province de Salaheddine en Irak face à Daech.

Cet avion d’attaque au sol a connu un tel succès au Levant que d’autres armées dotés d’armement russe dans le monde sont en train de réhabiliter des escadrilles de bombardement tactique dotées de cet appareil.

En 2014, Damas avait choisi des Su-25 fournis par l’Iran pour aller provoquer les défenses britanniques sur l’île de Chypre et non pas des Mikoyan-Gurevitch Mig-29.

Des experts estiment que l’usage de F-16 égyptiens en Cyrénaïque contre Daech n’a pas atteint les objectifs escomptés tout en soulignant l’efficacité d’un usage éventuel de Su-25 au dessus de la Libye où les belligérants sont en train de se doter d’avions de combat.

Nucléaire iranien, une excuse comme une autre…

Une excuse, voilà ce qu’est pour moi la « crise » occidentalo-iranienne à propos du nucléaire. Pour ceux qui auraient raté un épisode, cela fait quelques années que les USA, Israël, et tous leurs alliés (France, Angleterre…) cherchent à tout prix à déposséder Téhéran de son nucléaire civil. La raison invoqué est la possibilité pour l’Iran de parvenir à fabriquer des armes atomiques – remarquez au passage, que pour une fois, l’expression « Arme de destruction massive » n’a pas été utilisée – ce qui selon eux équivaudrait à laisser un enfant jouer avec un AK-47.

Bien que le Guide suprême religieux iranien ( l’Ayatollah Ali Khamenei) se défende de vouloir posséder le feu nucléaire, rien n’y fait, les pays occidentaux ne veulent rien entendre. Les iraniens doivent produire de l’électricité avec du charbon, du pétrole, des éoliennes ou alors en pédalant dans les caves, mais en aucun cas, ils ne doivent avoir de centrales nucléaires sur leur territoire même si elle était commandée à une entreprise occidentale. Par contre, les pays du Golfe, Arabie Saoudite en tête, peuvent en construire autant qu’ils le veulent, nonobstant le fait que ce sont eux qui fournissent les armes aux rebelles de tout poil qui ravagent le Moyen-Orient.

Ce n’est pas tant l’impossibilité pour Téhéran de produire de l’électricité à moindre coût qui pose problème ici, mais bel et bien l’embargo imposé par l’occident. L’interdiction d’exporter du pétrole ou du gaz a mis à genoux l’économie iranienne; la pénurie de médicaments n’arrange pas les choses, non plus; et tout ça pour quoi? Pour rien! Juste pour faire plaisir à Tel-Aviv.

Car depuis quelques mois, des négociations ont lieu, régulièrement, entre l’occident et l’Iran. Ces réunions dites à 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) tentent de trouver une solution, mais c’est peine perdue. La Russie et la Chine faisant corps avec l’Iran, les USA, la France et l’Angleterre appliquant les ordres d’Israël, il n’y a guère que l’Allemagne qui tire son épingle du jeu en vendant son armement à chaque participant…

Il y a eu des progrès notables, surtout depuis l’élection du nouveau président iranien, un peu moins matamore que l’ancien, plus réfléchi, et surtout plus posé. Une partie de l’embargo avait été levé, et il semblait que l’on se dirigeait vers une solution. Mais voilà, lors de la dernière réunion, rien de bien intéressant n’est ressorti. Pourtant, les pays occidentaux commençaient à faire du pied à l’Iran, doucement, sous la table afin de compter sur l’appui aérien pour la lutte contre Daech; car il ne faudrait pas oublier que Téhéran a été le premier pays frontalier à bombarder les sites détenus par l’EIIL en Irak, en Syrie aussi, et cela dès le mois de Juillet. Et pourtant, rien…

Heureusement, le fin mot de l’histoire nous vient de Washington où c’est tenu le Saban Forum sur le Proche-Orient. Lors de cette réunion, un enregistrement du premier ministre israélien à été diffusé, et nous en savons donc plus sur ce qui c’est passé là-bas:

Israël a joué un rôle clé pour éviter un mauvais accord entre les grandes puissances et l’Iran sur le programme nucléaire de Téhéran le mois dernier.
(…)
(Notre) voix ainsi que nos inquiétudes ont joué un rôle décisif pour éviter un mauvais accord.
(…)
Un tel accord aurait véritablement permis à l’Iran d’être au seuil de devenir une puissance nucléaire.
(…)
Le but d’Israël ést à présent de travailler à un accord qui démantèlerait toute capacité de Téhéran de fabriquer des armes.

Vous noterez qu’il n’est pas fait mention du type d’armes, ce qui laisse une assez grande liberté d’interprétation. Quand on sait que le lancé de caillou est interdit en Israël, les carrières pourraient elles aussi être bombardées…
Mais le problème n’est pas là, non, il se situe aux États-Unis où le Congrès pourrait voter une loi qui imposerait des sanctions conditionnelles contre Téhéran, ce qui aurait pour effet immédiat (je cite l’administration US): « De faire capoter la voie diplomatique… »

Que reste t-il lorsque la voie diplomatique est une impasse?
Une excuse… Une excuse minable pour faire tomber un pays de plus dans le chaos…

Quelques nouvelles de l’Empire du milieu

Voici quelques infos concernant la Chine. Commençons par le militaire, Pékin va conduire un exercice militaire naval conjoint avec Téhéran. La flotte chinoise est arrivée au port de Bandar Abbas le 20 Septembre, elle est constituée de deux navires, un destroyer et une frégate. Cependant, et malgré les déclaration chinoises et iraniennes, un certain flou règne quand à la date de l’exercice.

Seul le programme est connu. Il s’agira pour les deux flottes de se livrer à des exercices visant à «établir la paix, la stabilité, la tranquillité et la coopération multilatérale et mutuelle» entre les deux pays; en s’entrainant pour des exercices de sauvetages, et en testant l’état ​​de préparation technique des flottes respectives; et ceci sur cinq jours. Autre programme, chaque équipages aura le droit à une visite des navires de l’autre partie.

Cette information sur un exercice commun, fait suite à la déclaration de la marine iranienne qui a annoncé avoir déjoué une attaque de pirates sur un navire porte-conteneurs chinois dans le golfe d’Aden. Cette info – assez difficile à vérifier – tendrait à prouver un rapprochement entre la Chine et les pays non-alignés du Moyen-Orient. Mais c’est aussi une forme d’alliance donnant-donnant. Pékin se fournit en gaz et pétrole auprès de Téhéran, et Téhéran protège les navires chinois. Est-ce le prélude à une véritable alliance militaire? Téhéran envisage de commander quatre nouveaux réacteurs nucléaires à Moscou, ce qui ne va pas diminuer le mécontentement occidental. L’exercice naval non plus.

D’un point de vu économique, Pékin vient de livrer une info intéressante: l’assemblage final du C-919 vient de débuter. Le C-919 est l’avion civil de la société COMAC (Commercial Aircraft Corporation of China). Ce moyen-courrier doté d’une autonomie comprise entre 4 000 et 5 500 km pourra embarquer 168 passagers. D’après le fabricant, biréacteurs est construit aux normes aéronautiques internationales et devrait être plus performant que ses concurrents directs.

L’objectif est clair pour la Chine: proposer une alternative aux deux principaux constructeurs mondiaux que sont Boeing et Airbus. Si les grandes compagnies nationales occidentales ne seront pas forcément intéressées, il n’en va pas de même pour les compagnies low cost et les compagnies aériennes des pays émergents. Un nouveau marché qui, malgré la crise économique de 2008, se porte comme un charme. Quelle sera la réponse des deux intéressés?

De l’art de manger à tous les râteliers

Grande première depuis 1996, le président iranien en exercice – Hassan Rohani – est en visite d’état en Turquie. Lors d’une entrevue avec son homologue turc (Abdullah Gül), ils se sont engagés à coopérer pour mettre un terme aux conflits qui agitent le Moyen-Orient, notamment en Syrie.

Si ne ne peut pas remettre en cause la volonté de Téhéran de sortir Damas de la guerre, il n’en va pas de même avec Ankara.

Bon, même si cela me désole, il faut bien trouver des circonstances atténuantes au gouvernement turc; les mêmes que pour l’Occident: les ressources énergétiques. Ankara dépend en grande partie de la Russie et de l’Iran pour ses approvisionnements; or si la Turquie n’a pas trop pris parti sur le conflit ukrainien (et par là même préservé ses accords avec Moscou), ses attaques répétées contre le régime syrien pourraient vite se retourner contre elle si Bashar al-Assad sort vainqueur du conflit qui ravage la Syrie depuis plus de trois ans.

De plus, pour augmenter ses apports énergétiques, le plus court serait de passer par l’Iran. Mais Téhéran est sous le coup d’un embargo lié à son programme nucléaire et qui diminue ses livraisons de pétrole et de gaz. Une solution temporaire a été trouvée en achetant du pétrole à la région autonome kurde d’Irak. Cependant, Bagdad n’est pas d’accord avec cette solution et des échanges houleux ont eu lieu entre Bagdad et la Région Autonome Kurde (et ont toujours lieu, aux dernières nouvelles).

Mais revenons-en à l’échange qui nous intéresse, le cas de la Syrie. Voici les déclarations de Hassan Rohani:

L’instabilité qui existe dans la région ne sert personne, ni dans la région, ni dans le monde. Nos deux pays ont accepté de travailler ensemble et de faire de leur mieux.

Evoquant plus précisément la situation en Syrie et en Egypte, M. Rohani a jugé important que ces deux pays puissent bénéficier de la stabilité et de la sécurité, que le vote de leurs peuples soit respecté et qu’il soit mis un terme à la guerre, aux effusions de sang et aux tueries entre frères.

Et celles d’Abdullah Gül:

Nous souhaitons tous les deux faire cesser les souffrances dans la région (…) nous sommes déterminés à y parvenir. Les efforts conjoints de la Turquie et de l’Iran peuvent apporter une contribution importante à cet effort.

Vous noterez que le président turc ne mentionne pas les élections présidentielles syriennes; et pour cause, si Téhéran à félicité Bashar al-Assad pour sa victoire à la présidentielle du 3 juin organisée dans les zones contrôlées par le régime; le ministère turc des Affaires étrangères a qualifié lundi ce scrutin de nul et non avenu et d’impossible à prendre au sérieux…

Que faut-il voir dans ces déclarations de l’Etat turc? Une énième bravade? Un appel du pied à Moscou? Ou tout simplement une tentative de rallier les électeurs avant les élections présidentielles? Sûrement un peu des trois, mais lorsque l’on connait le ressentiment de plus en plus grand qui agite le peuple, on peut se dire que tout n’est pas gagné pour Gül et Erdogan…

La guerre du gaz n’aura pas lieu! Du moins, en Europe…

Cette semaine aura vu une réunion extraordinaire des ministres de l’énergie européens, afin de repenser (encore une fois) l’approvisionnement de l’Union Européenne en gaz. Il faut les comprendre, l’échéance de paiement imposé (par contrat) par Moscou à son voisin ukrainien arrivant à grands pas, il fallait bien tenter de trouver une solution.

Mais heureusement pour eux (!), il semblerait que tout soit en passe de rentrer dans l’ordre. Kiev, dans un effort désespéré, s’est fendu d’un premier chèque de 786 millions de dollars Vendredi dernier. Ne reste plus « que » 3.5 milliards de dollars US et l’ardoise sera réglée. Cependant tout va dépendre de la réunion tripartite entre les responsables ukrainiens, russes et le commissaire européen à l’Energie, Günther Oettinger, qui doivent se retrouver lundi à Bruxelles pour une nouvelle série de négociations sur les livraisons de gaz russe à l’Ukraine.

En théorie, si aucun accord n’est trouvé, la Russie pourrait couper l’arrivée de gaz, privant ainsi l’Ukraine – mais aussi et surtout l’Europe – de la précieuse ressource naturelle. Mais gageons qu’une échappatoire va être trouvée, surtout à quelques jours d’une commémoration qui réunira tous les protagonistes sur les plages normandes; et une commémoration à couteaux tirés ne doit pas faire partie du scénario.

Pour info, lors de la réunion européenne, certains politiciens ont suggéré que l’Union Européenne pourrait (sous certaines conditions, indépendantes de leurs volontés) acheter du gaz à…l’Iran! Rien que ça!
Ils sont bien conscients que cette possibilité est suspendue à l’accord sur le programme nucléaire de Téhéran, sans oublier l’embargo décrété par Washington et Tel-Aviv, et qui lui n’est pas prêt d’être suspendu.
D’un autre côté, ces braves hommes ont aussi omis quelque chose d’une grande importance: l’acheminement dudit gaz! Toujours le même problème…
– La voie maritime est longue et risquée (piratages au large de la Somalie);
– Et la livraison par gazoduc implique de traverser (pour aller au plus court), la région autonome kurde en Irak, et…la Syrie!

On est loin de voir du gaz iranien chauffer nos maisons…

Cauchemar sioniste

Lorsque les sionistes ont décidé de créer Israël, ils ont été obligés de prendre des mesures afin de protéger leur « patrie ». Le fait qu’ils s’accaparent des terres qui ne leur appartenaient pas risquait de leur coûter cher, surtout en étant cerné d’états arabes. Suite aux différentes guerres qui ont vu les sionistes gagner et les pays arabes perdre, Tel-Aviv a trouvé une parade pour de se protéger: créer une guerre intra-religieuse au sein de la communauté Musulmane. Quand tout un peuple (celui du Moyen-Orient) s’entre déchire, il ne pense pas à la reconquête de la Terre palestinienne.

Pour y parvenir, elle s’est appuyé sur le Wahhabisme prôné par l’Arabie Saoudite. Elle aurait pu, tout aussi bien s’appuyer sur le sunnisme ou le chiisme mais ces deux courants avaient un gros désavantage: celui d’être populaire. Lorsque vous voulez toucher le maximum de pratiquants, vous ne vous alliez jamais avec le plus puissant – le risque d’un retour de bâton étant trop important – mais la logique veut que vous fassiez une alliance avec le plus radical et donc, en général, le moins répandu. Israël jeta donc son dévolu sur Ryad.

Et cela a très bien fonctionné…jusqu’à aujourd’hui. Le problème? La Syrie. Ce pays était une cible de choix pour Tel-Aviv. Non seulement sa chute aurait gravement déstabilisé le Hezbollah – en le coupant de Téhéran – mais il aurait sonné le glas politique du chiisme. Bon nombre d’articles ont été écrits sur le morcellement des pays arabes, mais quelques uns oubliaient de préciser que cette partition se faisait sur des bases religieuses. C’est ainsi qu’en Syrie il aurait du y avoir une zone alaouite, une zone chrétienne, une autre encore chiite, etc…

Mais voila, la mise en échec de la « rébellion » islamiste par l’armée syrienne vient de mettre fin aux ambitions sionistes. Sans oublier les revers essuyés par les Frères Musulmans dans les pays où ils ont été élus. Le dernier d’entre-eux – Erdogan – est en train d’essuyer les plâtres. Sa décision de suspendre Twitter en a fait réagir plus d’un, à commencer par le président turc lui-même qui a exprimé son désaccord avec son premier Ministre par…un tweet!

« On ne peut pas approuver le blocage total des réseaux sociaux », a estimé le chef de l’Etat turc Abdullah Gül sur son compte Twitter.

Que reste t-il comme solution à Israël pour sauver une situation catastrophique? Pas grand chose. Relancer la guerre en Syrie? Les rebelles ayant perdus ce qu’ils avaient mis plusieurs mois à construire, la partie n’est pas gagnée d’avance, même en comptant sur des renforts et toujours plus d’argent; l’ultime façon d’aider les djihadistes serait de les équiper d’une aviation et de blindés, mais je pense que ce sera difficile de justifier l’emploi de telles armes aux yeux du reste du Monde. Ouvrir un autre front? En Turquie, par exemple; mais justifier cela en sachant que Ankara fait partie de l’OTAN ne sera pas, non plus, une partie de plaisir. Déstabiliser une autre région, proche du Moyen-Orient? En espérant que cela déteigne sur les pays limitrophes. Je pense bien sûr à l’Afghanistan et au Pakistan. Cette solution aurait, de plus, l’avantage pour Israël, de mobiliser une partie de l’attention de Moscou; mais elle aurait aussi le risque de voir l’Inde entrer dans la danse, même si Bombay n’a pas souvent fait entendre sa voix…

La dernière solution serait que les sionistes plient bagage…

Iran, un marché (économique) de dupe?

Vous n’êtes peut-être pas au courant, mais au début du mois de Février de cette année, le Médef International c’est fendu d’une visite en Iran.

La ville de Téhéran a accueilli, mardi 4 février, la conférence du commerce, de la commercialisation et de l’investissement irano-française. Simultanément à l’arrivée de la délégation des investisseurs français, en Iran, une conférence économique entre les membres de cette délégation et les responsables iraniens a été organisée. C’est la première fois, après des années, qu’une telle conférence est tenue entre l’Iran et la France, sur le sol iranien. La France est l’un des grands investisseurs européens, en Iran. Une importante délégation économique française est, en effet, arrivée, lundi 3 février, à Téhéran, pour reprendre contact avec l’Iran, en attendant la conclusion d’un accord global sur le nucléaire, selon l’agence officielle IRNA.

La délégation, composée de 107 personnes, est, selon l’IRNA, « la plus importante délégation économique et commerciale française et européenne » à se rendre, en Iran. Elle suit de près les pas, déjà, franchis par d’autres délégations venues d’Italie, d’Allemagne, d’Autriche, du Portugal ou de Corée du sud.

Pour ceux qui ne connaissent pas le Médef, il s’agit du Patronat français. Là, à Téhéran, il regroupait le nec plus ultra de l’industrie, citons Peugeot, Total et Lafarge. Bon, il faut les comprendre, l’Europe est moribonde, la Chine grappille des places en Afrique, les BRICS développent leurs propres industries; bref, c’est la Crise. Du coup, un pays qui vient de voir son embargo économique levé pour six mois est une véritable opportunité; qu’aucun patron ne saurait laisser passer.

Oui, mais il y a un hic. Et de taille. Et c’est le président US lui-même qui vient de dévoiler le pot-aux-roses.

Des entreprises peuvent toujours prospecter sur les chances à plus ou moins long terme de s’installer en Iran et sur l’échéance d’un accord international sur le nucléaire iranien. Mais je peux vous dire qu’elles le font, pour l’heure, à leurs risques et périls. Parce que nous allons leur tomber dessus avec une pluie de sanctions.

Vite appuyé par le président français:

Par conséquent, les entreprises se déplacent librement mais je leur ai fait savoir que le régime des sanctions demeurait en Iran (et que) ces contacts ne pouvaient pas déboucher aujourd’hui sur des accords commerciaux.

Quant aux sanctions,elles ne pourront être levées que s’il y a un accord définitif. Dans la période de l’accord intérimaire ces sanctions pour l’essentiel demeureront.

Et tout ceci, le jour où le patron des patrons français – Pierre Gattaz – a averti François Hollande qu’il n’y aurait pas de donnant-donnant au pacte de responsabilité proposé par le gouvernement. Ce pacte devait voir la création d’un million d’emplois en France, en échange d’un allégement des cotisations patronales.

Mais cela peut aussi vouloir signifier que les sanctions économiques sont encore à l’ordre du jour pour l’Iran; et que leur levée définitive n’est pas pour demain, ni dans six mois. L’Occident a semble t-il décidé de resserrer le noeud coulant qui étrangle Téhéran.

 

 

Quand le deuxième producteur mondial de pétrole achète de l’Or Noir, c’est pour la bonne cause!

La Russie – actuelle deuxième productrice de pétrole – négocierait l’achat de 500 000 barils/jour à…Téhéran! Soit la modique somme de 1.5 milliards de Dollars/mois! Autant dire que les USA, l’Europe et les pays qui assoiffent l’Iran depuis des années; ne voient pas ces négociations d’un très bon oeil.

Mais que peuvent-ils bien dire? L’AIEA vient de confirmer que Téhéran rempli toutes les conditions stipulées dans l’accord de Genève. Cependant, un porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, a déclaré mercredi que l’échange pourrait générer des sanctions contre les parties impliquées dans un tel accord. Washington s’attend à ce que l’affaire rapportée augmenterait les exportations de pétrole de l’Iran, qui ont été réduites de plus de moitié à environ 1 million de barils par jour.

Mais ce n’est pas tout, l’Iran peut donc reprendre ses livraisons à la Chine, le Japon, l’Inde… De quoi renflouer les caisses.

Je pense que certains doivent broyer du noir, du côté de Tel-Aviv.

De l’inconstance de la diplomatie US.

On est en mesure, aujourd’hui, de savoir ce qui différencie la diplomatie russe, de la diplomatie Occidentale, et plus précisément américaine. Exemple: Un accord temporaire a été signé, il y a quelques semaines, à Genève entre l’Occident et l’Iran; laissant à ce pays, six mois pour finaliser un arrêt de son programme nucléaire.

Le monde entier s’est félicité de cette signature, même s’il y a eu quelques grognements du côté de Tel-Aviv et des pays du Golfe. Tout semblait aller pour le mieux dans le meilleur des monde. Hélas, trois fois hélas, c’était sans compter sur l’inconstance de la diplomatie US. Cependant, on ne peut pas vraiment dire que le couac vienne du ministère des affaires étrangères, non, il vient de l’opposition républicaine et précisément de Jonh Mc Cain. Ce dernier vient de déclarer sur CNN:

« Je pense qu’il est très probable que nous pourrions avoir un projet de loi sur des sanctions, qui prendraient effet à la fin des six mois, s’il n’y a pas de résultat dans les négociations; c’est à mon avis ce qui se passera. »

McCain a également déclaré qu’il n’était pas d’accord avec le secrétaire d’Etat américain John Kerry sur le droit de l’Iran à l’enrichissement d’uranium.

 » Il (Kerry) pense que l’accord stipule que, fondamentalement, les Iraniens soutiennent le droit à l’enrichissement. Je ne pense pas que cela devrait être le cas après leur mensonge la tricherie et la dissimulation dont ils ont fait preuve, depuis toutes ces années . Les centrifugeuses continuent de tourner. Nous faisons une pause alors qu’ils poursuivent (l’enrichissement), nous assouplissons les sanctions alors qu’ils continuent une bonne partie de leurs activités . »

Lors d’une audition au Sénat la semaine dernière, Kerry a défendu le récent accord. Il a exhorté les législateurs à ne pas voter une nouvelle législation sur des sanctions contre l’Iran. L’administration américaine , cependant, a imposé de nouvelles sanctions, Jeudi dernier, à l’encontre d’un certain nombre de sociétés iraniennes et d’individus, prétendant qu’ils sont liés aux activités nucléaires de l’Iran. La réaction a été immédiate du côté de Téhéran, les négociations ont été suspendues. 

Cette exemple n’est qu’un parmi tant d’autres, mais il fait la lumière sur la faiblesse de la politique intérieure américaine. On pourrait penser que ce n’est que ça, de la politique politicienne, le clan républicain qui décide de mettre des bâtons dans les roues d’Obama, à défaut d’avoir pu faire annuler sa couverture sociale; mais le problème est bien plus profond, et connu de tous. Même le chef de la Commission de la politique étrangère de la sécurité nationale et du parlement iranien, Alaeddin Boroujerdi, a déclaré que:

« L’action récente des Américains montre aussi qu’ils ne sont pas indépendants dans leurs politiques et suivent simplement les lobbies sionistes. »

Sans vouloir jouer les Cassandre, je pense que l’accord ne tiendra pas six mois. Il ne faudrait pas oublier que le Shutdown a accouché d’un accord qui permet au Trésor américain d’emprunter jusqu’au 7 février, et à l’Etat fédéral de n’être financé que jusqu’au 15 janvier. Cependant, un compromis budgétaire a été conclu le 10 Décembre au Congrès américain pour une période de deux ans afin d’éviter une nouvelle fermeture des administrations gouvernementales le 15 janvier et de fixer le niveau des dépenses fédérales jusqu’au 1er octobre 2015. Malgré cela, les lobbies ne vont pas lâcher l’affaire. Si le chef de la diplomatie US veut sauver les apparences, le gouvernement Obama devra faire des concessions.

Comme on l’a vu, le président des Etats-Unis ne veut pas renoncer à sa couverture sociale pour les plus démunis, donc l’équation est simple, sur quelle partie de son programme peut-il encore faire des concessions, sinon sur sa politique extérieure? Voilà en partie pourquoi, selon moi, Tel-Aviv s’est contenté de pousser des cris d’orfraie. Bibi savait, dés l’accord signé, que les USA rentreraient dans les rangs.

 

Accord sur le nucléaire iranien. Le méchant? C’est pas moi, c’est lui!

L’accord – intérimaire, provisoire, temporel, appelez-le comme vous voulez – sur le nucléaire iranien ayant été signé, penchons-nous sur la suite.

Comme on l’a vu, la communauté internationale s’en est félicitée, mais des voix discordantes se font entendre parmi les hourras. Celle d’Israël, of course, mais pas que. Quelque part, au milieu du Moyen-Orient des irréductibles s’opposent, s’opposent à quoi, me demanderez-vous? A tout! Vous répondrai-je. Ils ont pour nom: les Pays du Golfe. Mais vous vous en doutiez, non? Ayant l’habitude de ne pas s’exprimer à chaud, un expert saoudien de cette région – Jamal Khashoggi – a donné son avis:

Dans le principe, les pays du Golfe veulent de bonnes relations avec l’Iran.
Mais l’accord a réduit le problème avec l’Iran au seul nucléaire, alors que ses ingérences dans la région constituent un souci essentiel pour ces pays.Les pays du Golfe craignent que l’Iran ne considère cet accord comme un encouragement à avoir les mains libres dans la région, où Téhéran est accusé de soutenir militairement le régime du président syrien Bashar Al-Assad et d’alimenter l’instabilité à Bahreïn ou au Yémen, à travers les minorités chiites de ces pays.

Pour un autre analyste saoudien – Anouar Eshki, chef de l’Institut du Moyen-Orient pour les études stratégiques, basé à Jeddah :

(…) l’allègement des sanctions équivaut à quelque sept milliards de dollars. Il faut savoir si ces fonds vont être utilisés par le régime iranien pour servir son peuple ou alimenter les crises dans la région. La méfiance des pays du Golfe est alimentée par le sentiment que leur allié et protecteur traditionnel, les Etats-Unis, les a lâchés.

A ce stade, je dois vous faire mes plus plates excuses, car dans mon précédent article je disais que la France avait perdu toute crédibilité aux yeux du monde arabe…mais il semblerait que non:

Mais ils (les pays du Golfe) ont confiance dans les autres alliés, la France ou l’Allemagne, ajoute-t-il, soulignant que l’accord de Genève est bon car il est conclu entre l’Iran et la communauté internationale, et non pas entre l’Iran et les Etats-Unis.

Je ne suis pas sûr que cela me fasse plaisir, de savoir que la France est encore admirée par l’Arabie Saoudite, les EAU…

Bref, les pays du Golfe poussent des cris d’orfaie; Israël prend à témoin le monde entier sur l’erreur commise lors de cette signature; et Barack Obama essayent de rassurer tout ce beau monde en leur réaffirmant son engagement à leurs côtés.

Quel avenir pour eux? Qui vont-ils pouvoir faire payer? La Syrie? Cela fait plus de deux ans que leurs tentatives se brisent contre le mur syrien. Le Liban? Le Mossad et les services-secrets saoudiens sont déjà bien présent sur ce petit pays et ne se gênent pas pour le mettre à feu et à sang. L’Irak, quant à lui, est déjà embourbé dans un guerre d’usure.

Que reste t-il? L’Egypte?

En espérant qu’ils ne leur viennent pas à l’idée de s’attaquer au soutient de l’axe Damas-Téhéran. A commencer par la Russie, par l’intermédiaire des pays du Caucase. Cela dit, je suppose que Vladimir Poutine a du prendre des précautions allant dans ce sens.

Dernière nouvelle! Et pas la meilleure…les USA et la Grande-Bretagne viennent de s’engager à aider La Libye confronté à une vague de violences. On a vu ce que cela a donné la dernière fois!

La dépêche est ici.

Conflit au Moyen-Orient: L’arche d’alliance et l’option Samson

Le rapprochement stratégique entre l’Arabie Saoudite et Israël confirme l’arche d’alliance conclue dans le plus grand secret entre les dirigeants du Likoud et la faction la plus extrémiste de la dynastie des Al-Saoud. Ces derniers en sont à rechercher à activer l’option Samson: se doter de l’arme nucléaire via des pays clients comme le Pakistan.

D’un point de vue interne, cette alliance n’a rien de contre-nature mais parait plutôt logique. Les Sionistes et les Wahhabites redoutent par dessus tout les extrémistes chrétiens américains pour lesquels le Judaïsme et l’Islam sont les pires hérésies qui puissent exister sur terre…En second lieu ils ont en commun un ennemi dont les visées régionales ne sont plus une vue de l’esprit, l’Iran de l’Ayatollah Khamenei et en troisième lieu, Saoudiens et Israéliens sont résolument hostiles à ce qu’ils perçoivent comme une résurgence de la peste brune antisémite en Occident et dans le monde arabe. Après tout, on s’entre-aide entre sémites auxquels le bon Dieu a permis un contrôle ou du moins une certaine influence sur la moitié des richesses de la planète…

Donc toujours les mêmes ennemis: les extrémistes évangélistes illuminés de l’Amérique profonde, les russes nationalistes, les iraniens, les pays non-alignés, tout ce qui est altermondialiste et ce fasciste en version arabe de Bashar Al-Assad, Alaouite de surcroit et donc hérétique…Car pour Tel-Aviv, le parti d’Al Assad n’est qu’un avatar à peine déguisé du National-Socialisme repiqué à la sauce panarabe; pour Ryad, c’est un hérétique à la solde de l’ennemi perse chiite…

Revenons aux faits. Aux dernières nouvelles, l’Arabie Saoudite a levé une nouvelle armée de mercenaires pour se rendre en Syrie. D’ailleurs la création d’un front uni islamiste en Syrie regroupant neuf groupes influents après la décapitation de la brigade du Tawhid porte la trace des services secrets saoudiens. Ceci pour la partie visible de l’iceberg. Ce que les médias passent sous silence est le retour des commandos US et de certains pays européens en Syrie. L’implication des services spéciaux US est de plus en plus percebtible au Nord de la Syrie et plus particulièrement dans la province côtière de Lattaquié.  Israël n’est pas en reste et redouble d’efforts, d’autant plus que le Hezbollah se bat avec acharnement mais pas toujours avec succès au Qalamoun.

Pour sa part, Ryad en exécutant un plan US s’inscrit dans une nouvelle tentative de rallumer les clivages confessionnels au Liban, en Irak, en Syrie, en Iran, au Pakistan et en Afghanistan. On assistera donc à plus d’attentats entre Sunnites et Chiites. Beaucoup de pain sur la planche pour la CIA en perspective.

Nous assistons donc à un nouveau round sur le terrain. Damas utilise son aviation de manière très  intensive ces deux dernières semaines. L’acquisition des cibles est trop rapide pour qu’elle soit le résultat des renseignements aériens syriens mais émanant plus probablement des forces spatiales russes. Le temps presse. Il n’est pas question de se retrouver piégé la veille de Genève II par une offensive surprise d’une rébellion où le nombre des instructeurs turcs et pakistanais a été multiplié par 20 cette semaine. L’empire ne lâche pas prise. Les Saoudiens vocifèrent en injectant toujours plus de fonds à ce tonneau des Danaïdes qu’est devenue la Syrie tandis que les Israéliens multiplient les opérations secrètes. En arrière-plan, un duel à mort entre Obama et Poutine et leurs alliés respectifs.

Genève II vous dites? Négociations de paix? …Il serait plus juste de parler d’épreuve de force. Épreuve de force majeure. Comme on en pas vu depuis Yalta…Avant Yalta il y a eu une grande guerre pour un partage du monde…C’est le cas aussi de cette guerre régionale qui se joue sous nos yeux au Moyen-Orient!

Fabius en mission commandée fait saboter un Accord sur le nucléaire iranien; « vive la France! » s’écrie John Mc Cain!

L’échec  d’un Accord sur le dossier nucléaire iranien entre Téhéran et le groupe P5+1 (Etats-Unis d’Amérique, Chine, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne) a suscité un grand soulagement en Israël mais également la joie du sénateur US John Mc Cain, néoconservateur notoire et fervent sioniste. Ce dernier, oubliant pour un moment son profond sentiment de mépris envers la France véritable s’est écrié, le 10 novembre 2013, via son compte Tweeter »

#France had the courage to prevent a bad nuclear agreement with #Iran. Vive la France! « 

Mais de quelle France s’agit-il? Celle de Fabius, pardi! Fallait s’y attendre! On aurait aimé le voir suer pour les intérêts de la France mais cela est une autre histoire…

Il fallait le voir le Fabius, en train de gesticuler, grimacer, pester ou s’agiter lors de ces trois jours d’intenses négociations sur le nucléaire iranien à Genève. Un comportement qui a fini par agacer ses homologues européens. Naturellement, cette prise de position bruyante et voyante lui a valu les foudres des iraniens pour lesquels Fabius n’est qu’un pion envoyé par Israël pour parler en son nom et jouer les trouble-fête. Un rôle qu’il a rempli à merveille.

« Je parie qu’il n’a même pas coordonné avec le Président » a lancé un diplomate français. Fabius est bien à l’aise dans son rôle de VRP israélien mais assez embarrassé dans son rôle de ministre de la République française. « Le bon peuple de France peut toujours crier son ras-le bol, Fabius et ses petits copains n’en ont cure! Il a la protection des grands manitous de Tel-Aviv… »

Aussi paradoxalement que cela puisse paraitre, l’Arabie Saoudite et Israël sont les pays qui s’inquiétaient le plus d’un éventuel Accord international sur le nucléaire iranien. De manière plus globale, les dirigeants de ces deux pays influents et extrémistes se rongent les ongles face à la gestion du dossier iranien par les États-Unis d’Amérique.

Washington qui sait se montrer prudent tente de limiter les dégâts: une envoyée spéciale du Président Obama a débarqué à Tel-Aviv pour tenter d’apaiser la tension entre l’administration et l’intransigeant Premier ministre israélien, devenu fou de rage suite à l’échec en Syrie et le refus US de frapper l’Iran. Le Secrétaire d’Etat John Kerry s’est chargé de calmer la fureur des Saoudiens. Ces derniers ont menacé de ne compter dorénavant que sur la France. Comprendre n’octroyer de très juteux  contrats d’acquisition d’armements qu’aux industries françaises.

Israël aussi compte sur la France. Depuis l’aberration Nicolas Sarkozy, la France est revenue dans les grâces des israéliens et des saoudiens. Alors que jusqu’à récemment elle était vilipendée y compris jusque dans les films de série B d’Hollywood comme l’alliée des « méchants » du Moyen-Orient pour les uns ou encore de pays impie pour les autres. Drôle de retournement de situation!

Que disait déjà Mc Cain de la France à la veille de l’invasion US de l’Irak en 2003? Certainement pas « Vive la France! » et mieux vaut ne pas rappeler ses interminables railleries francophobes. Fabius se pliera en quatre pour faire oublier le brillant discours anti-guerre de Dominique De Villepin au Conseil de Sécurité des Nations Unies.

Il y a eu jadis Samson et Dalila. Nous avons maintenant Benyamin et Laurent. C’est dans l’air du temps et conforme au mariage pour tous tant promu par le gouvernement PS (et peu de temps auparavant par l’UMP d’un certain Nicolas Sarkozy) régissant les chaumières de France et de Navarre.

Iran: tests réussis pour le nouveau système anti-aérien.

Au moment même où l’Occident tentait de trouver une issue au nucléaire iranien, l’Iran effectuait des essais d’un nouveau système anti-aérien. Tests, qui selon le général de brigade Hossein Dehqan – ministre de la défense – ont été concluant.

 » Talash (Lutte) est un système de défense aérienne de milieu de gamme et de haute altitude utilisé pour affronter tous les types de cibles volantes, des avions de chasse aux bombardiers, et est également capable de détruire les hélicoptères et les drones »,  a déclaré Dehqan samedi à Téhéran.

« Le système de défense Talash a été conçu et construit pour détecter et intercepter les cibles à l’aide des missiles Sayyad 2 (Hunter ) – dernier système de missile artisanal du pays doté d’une grande précision,  portée et puissance de destruction – pour protéger les points vitaux et sensibles du pays contre des attaques surprises aériennes utilisant des chasseurs High Tech », at-il ajouté.

 » Maintenant qu’il a réussi les tests, si Dieu le veut, sa production sera lancée dans un proche avenir », a déclaré Dehqan.

Sachant que le premier ministre israélien refusait tout accord concernant le nucléaire iranien, on se doute que cette nouvelle risque de le conforter dans son idée que Teheran doit être « ramené à l’age de pierre ».

Nucléaire iranien: Bibi au bord de la crise de nerfs.

Négociations sur le nucléaire iranien: Obama appelle Netanyahu

WASHINGTON – Le président américain Barack Obama a appelé vendredi au téléphone Benjamin Netanyahu, a annoncé la Maison Blanche, après les critiques du Premier ministre israélien sur les termes d’un possible accord intérimaire avec l’Iran sur son programme nucléaire.

L’objet de l’appel était de discuter de l’Iran et de nos efforts en cours pour parvenir à une résolution pacifique dans le dossier nucléaire, a précisé la présidence américaine, en expliquant que M. Obama avait insisté sur son engagement à empêcher l’Iran d’obtenir une arme nucléaire.

De même source, M. Obama a mis le Premier ministre au courant de l’avancée des négociations à Genève, où le secrétaire d’Etat John Kerry est arrivé vendredi, laissant espérer un accord prochain malgré des divergences persistantes après des années de blocage.

D’intenses tractations diplomatiques se poursuivaient tard vendredi soir. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a annoncé sa venue samedi, ce qui confirme que les négociations dureront un jour de plus.

M. Kerry, qui a interrompu une tournée au Proche-Orient pour se rendre d’urgence à Genève, a été rejoint par ses homologues français, britannique et allemand, membres du groupe des 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne) qui tente depuis des années de régler le dossier ultrasensible du programme nucléaire iranien.

M. Netanyahu a affirmé plus tôt vendredi devant M. Kerry, lors d’un tête-à-tête tendu à Tel-Aviv, que son pays n’est pas tenu par cet accord et fera tout le nécessaire pour se défendre et défendre la sécurité de son peuple.

M. Netanyahu a indiqué que son pays rejetait complètement le compromis discuté en Suisse, y voyant l’affaire du siècle pour l’Iran.

Il a ajouté avoir rappelé à M. Kerry qu’il avait dit que mieux valait pas d’accord qu’un mauvais accord. Et l’accord en discussion est un mauvais accord, un très mauvais accord. L’Iran n’est pas obligé de démanteler ne serait-ce qu’une centrifugeuse, a-t-il déploré.

Mais la Maison Blanche a affirmé que de telles critiques étaient prématurées.

En l’état des négociations à Genève, il n’y a pas d’accord, a rappelé le porte-parole adjoint du président Obama, Josh Earnest. Toute critique sur l’accord est prématurée, a-t-il ajouté.

Le lien sur Romandie.com.

Turquie: Davutoğlu nie avoir donné un coup de main à Israël pour les frappes en Syrie, qui, selon lui, ne sont pas encore confirmées!

Voici un article d’Hurriyet sur la conférence de presse donnée le 1° Novembre à Istanbul, par le ministre des affaires étrangères turque Ahmet Davutoğlu.

Le ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoğlu a rejeté les allégations selon lesquelles la Turquie a donné des renseignements à Israël lors d’une attaque contre une base militaire près de la ville côtière syrienne de Lattaquié tôt le 31 octobre.

« Il s’agit d’une tentative pour donner l’impression que la Turquie a coopéré avec Israël. Nous avons des problèmes avec la Syrie, des problèmes fondés sur un principe. Mais permettez-moi de le dire clairement: le gouvernement turc n’a jamais coopéré avec Israël contre un pays musulman, et il ne le fera jamais « .

Plusieurs rapports, citant des responsables anonymes américains, disaient qu’Israël visait un centre de stockage de missiles de fabrication russe SA125; missiles susceptibles d’être fourni au Hezbollah.

Des rapports relayés par les médias israéliens ont affirmé que la Turquie était derrière l’attaque à Lattaquié, en révélant des informations majeures à Israël.

Davutoğlu a dénoncé ces rapports, les décrivant comme «propagande noire». «Ce [les rapports] sont des tentatives de jeter une ombre sur la lutte légitime du peuple syrien et l’attitude de la Turquie avec ses principes. Il est hors de question pour nous de participer à une opération commune « , a t-il dit.

Davutoğlu a également ajouté que la Turquie s’opposait à une telle opération israélienne, mais a souligné que les informations sur les frappes n’avaient pas encore été confirmées.

Iran-Turquie, aucunes rivalités.

Lors de la conférence de presse , M. Davutoğlu a insisté sur l’amitié et le partenariat turco-iranien.  » Nous avons des relations profondes et historiques. Certains milieux pourraient vouloir nous représenter comme deux voisins rivaux. Certains peuvent même le désirer. Mais au contraire, la Turquie et l’Iran sont amis « , a t-il dit.

Davutoğlu a également défendu son: « zéro problème avec les voisins », en disant qu’il a eu des entretiens très intenses avec presque tous les pays voisins de la Turquie au cours des deux derniers mois. La position de la Turquie concernant la Syrie et l’Egypte étaient basée sur des principes politiques, les relations avec l’Irak se sont améliorées, tandis que des efforts ont été faits pour surmonter les problèmes de relations avec l’Arménie et la partie grecque de Chypre.

Pour sa part, M. Zarif a critiqué les embargos étrangers contre l’Iran, avertissant que ceux-ci sont contreproductifs sauf si ils ont un but précis. « Les embargos ne devraient pas être le but en soi; ils devraient être un chemin vers une solution. Si ils n’atteignent pas leur objectif, ils ne font qu’augmenter la résistance du peuple iranien « .

Dans une conférence de presse plus tôt, les deux ministres des Affaires étrangères ont mentionné des préoccupations similaires quant à la nature sectaire du conflit en Syrie.

Sans commentaires…

Téhéran transfert le dossier du nucléaire au Affaires étrangères, changement de priorités.

La décision des autorités iraniennes de déléguer le dossier du nucléaire au ministère des Affaires étrangères après avoir été l’apanage exclusif du haut conseil de sécurité indique un changement de priorités dans la politique iranienne. Les négociations sur le programme nucléaire iranien étant désormais secondaires face à la menace imminente d’un conflit régional susceptible de se transformer en troisième guerre mondiale en cas d’attaque contre la Syrie.

Ce dossier sensible est donc confié aux « bavardages » des diplomates. Il y tout lieu de croire que Téhéran continuera à développer ses activités dans le domaine nucléaire.

A Téhéran, on répète de plus en plus souvent que si la Syrie disposait de la bombe, jamais elle n’aurait fait l’objet d’un tel acharnement de la part de l’administration Obama.

Téhéran: une agression contre la Syrie permettra la libération de la Palestine

Des doutes subsistaient quant à une éventuelle riposte de l’Iran en cas d’agression étrangère en Syrie. Désormais, cela ne fait plus l’ombre d’un doute: la machine de guerre iranienne est en plein branle-bas de combat.

Un disours mystique et eschatologique domine les débats en Iran: pour la première fois, les iraniens évoquent publiquement « l’ultime guerre, celle qui conduira à la libération de la Palestine et l’anéantissement de l’Etat sioniste ».

De toute évidence et parallèlement aux immenses préparatifs de guerre israéliens, l’Iran s’est bien préparé à une guerre régionale totale. Cette donne chamboule non seulement les calculs de Washington et exlique ses hésitations mais également le recours par Obama à une approbation du Congrès pour déclencher ce qui pourrait être l’un des plus grands conflits du siècle.

Vu de Téhéran, l’approbation du Congrès est acquise d’avance, vu l’influence qu’exerce le  puissant lobby pro-israélien sur le pouvoir législatif US.

D’après des indiscrétions, la délégation du Haut Conseil de la sécurité nationale iranienne en visite depuis hier  à Damas aurait remis aux syriens un message secret ainsi que des plans visant à synchroniser une éventuelle riposte en cas d’agression contre la Syrie.

Quelques heures plus tard, le commandant en chef des Niruyeh Moghavemat Bassij (force de mobilisation de la résistance), la plus grande force  paramilitaire d’Iran (de 3 à 9 millions d’éléments), fondée en 1979 et relevant des forces du Corps des Gardiens de la Révolution a annoncé publiquement que toute « agression contre la Syrie conduira à la libération de la Palestine ».

D’autres généraux iraniens de l’armée régulière et des Gardiens de la Révolution ont martelé qu’une intervention occidentale en Syrie déclencherait un conflit qui ne sera pas circonscrit aux seules frontières syriennes.

Au Liban, des analystes proches du Hezbollah libanais estiment quant à eux qu’une éventuelle attaque américano-sioniste contre la Syrie verra la libération de la Palestine septentrionale. Une allusion à peine voilée à l’existence de plans secrets prévoyant l’intrusion de combattants du Hezbollah en Galilée, voire l’investiture d’agglomérations israéliennes. Ce qui serait une première depuis la création d’Israël en 1948.

Un cauchemar pour Obama.

Corps des Gardiens de la Révolution Iranienne: « Nous nous réservons le droit légitime et indéniable de nous défendre »

Le jour que tout le monde redoutait et attendait est arrivé.  Les iraniens avaient depuis juillet 2012 une information selon laquelle leur pays allait faire l’objet d’une attaque en septembre 2013. Or, pour arriver à cette fin, il fallait briser l’axe stratégique Beyrouth-Damas-Téhéran. L’axe n’est pas brisé mais l’un de ses maillons, la Syrie, est grièvement affaiblie par un plan de destabilisation. A Téhéran, l’état-major s’est préparé, non sans une certaine dimension messianique, à une guerre ultime considérée comme celle de la fin des temps. Le commandant en chef du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique (CGRI), armée d’élite du régime, le général Mohamed Ali Jaafari, vient d’effectuer une visite d’inspection au détroit d’Hormuz où il a déclaré que son armée « suit avec une extrême attention les agissements menaçants » de leurs ennemis dans la région et que le « processus des évolutions régionales et internationales nécessite une vigilance…deux cent fois renforcée » avant de marteler que « Les incidents sanglants de la région révèlent, de jour en jour, l’implication du régime sioniste (Israël), mais ce qui est certain, c’est qu’ils ne sont pas, en fin de compte, dans l’intérêt de ce régime »,

« Nos comportements sont subordonnés aux prises de position et actions de l’ennemi et nous n’avons jamais agressé quelque pays que ce soit, mais si les agissements de l’ennemi nous menacent, directement ou indirectement, nous nous réservons le droit légitime et indéniable de nous défendre » a conclu le chef du Corps des Gardiens de la Révolution, une armée d’élite parallèle et mieux équipée que les forces armées iraniennes.

Au Liban, le Hezbollah se prépare à l’ultime épreuve. Celle de sa survie. D’autant plus que tous les éléments indiquent que les Etats-Unis et Israël sont maintenant en possession de nouvelles armes pour contourner le défi posé par la dernière génération des systèmes d’armes russes et chinois.

Certains observateurs soulignent qu’une attaque sur la Syrie et l’Iran pourrait résoudre la question de savoir si l’Iran possède ou non des armes nucléaires fonctionnelles.

Une guerre au Moyen-Orient verrait un usage inédit et massif de missiles balistiques par l'Iran, le Hezbollah et la Syrie contre Israël, l'Arabie Saoudite et des cibles US dans la zone.
Une guerre au Moyen-Orient verrait un usage inédit et massif de missiles balistiques par l’Iran, le Hezbollah et la Syrie contre Israël, l’Arabie Saoudite et des cibles US dans la zone.

Iran: « Dures conséquences si Washington franchit la ligne rouge » en Syrie

Une attaque militaire américano-israélienne sur la Syrie serait perçue comme une attaque généralisée contre la République islamique d’Iran. Le Chef adjoint de l’Etat-Major des forces armées iraniennes, le général Messaoud Jezayeri a explicitement averti de dures conséquences si Washington décide de franchir la ligne rouge en Syrie.

Les américains et les israéliens le savent depuis le début mais attendaient patiemment le changement de deux variables: primo, un affaiblissement suffisant des forces armées syriennes et de son économie; secundo, l‘arrivée de nouveaux systèmes d’armes capables de rendre obsolètes les systèmes d’armes russes, chinois et iraniens. Ce qui semble être fait vu les déclarations belliqueuses des Chefs d’Etats alliés des Etats-Unis.

Cependant, nul ne pourra prévoir ce qui adviendra au lendemain de l’incendie. Car, ne vous y trompez pas deux fois: une attaque américano-israélienne sur la Syrie et l’Iran marquera non seulement l’épilogue et l’échec définitif de ce que l’on a appelé « Printemps arabe » (jeu de mot signifiant « destruction arabe » en hébreu) mais également le début de la troisième guerre mondiale. Ironie du sort, celle-ci a toutes les chances de se déclencher à la veille de la commémoration du centenaire de la première guerre mondiale…

Tension extrême en Corée et au Moyen-Orient

Kim Jong Eun

L’escalade continue en Corée avec le déploiement massif de toute la panoplie de frappe stratégique américaine (bombardiers stratégiques B1B et B2, chasseur F-22, sous-marins d’attaque, etc.)  et la mise en place de batteries ABM à Tokyo et Séoul coïncide avec l’accélération du programme nucléaire iranien et du retrait tactique de l’armée syrienne des positions défensives qu’elle occupait depuis quarante ans au Golan face à Israël.

1. Que valent les menaces de la Corée du Nord et Kim Jong-Eun est-il en train de bluffer en évoquant des frappes pré-emptives sur le territoire US et une guerre thermo-nucléaire?  Ce qu’il faut savoir, c’est que personne n’a jamais voulu prendre les griefs de Pyongyong au sérieux. Kim Jong Il, le père de l’actuel dirigeant, était hanté par les leçons funestes de l’Irak de Saddam Hussein. D’une manière générale, les stratèges Nord-coréens ont suivi avec beaucoup d’attention ce qui s’est passé en Libye, l’imbroglio nucléaire de l’Iran  ou encore ce qui se passe chez l’un de leur très rares alliés, la Syrie. L’état-major du Nord est convaincu que tous les pays qui ont accepté de se laisser désarmer ont ouvert la voie à une invasion militaire. Malgré ses moyens rustiques, voire obsolètes, la Corée du Nord possède une stratégie tournée résolument vers l’offensive à outrance, inspirée de la doctrine du Juche. L’armée nord-coréenne, sous-équipée par rapport à celle du Sud, est essentiellement composée de forces spéciales entraînées à agir en profondeur derrière les lignes ennemies.

Cependant, c’est l’artillerie-pléthorique- de la Corée du Nord qui posera un sérieux problème à la Corée du Sud en cas de conflit. Des centres d’études stratégiques estiment qu’en cas de guerre, un immense barrage d’artillerie enverrait plus de deux millions d’obus, de roquettes et de missiles pourront s’abattre sur la seule ville de Séoul en moins d’une journée…Ces capacités s’insèrent dans une stratégie asymétrique prévoyant un usage simultané de vecteurs balistiques et de moyens aériens et submersibles afin de mener une tactique de Blitzkrieg visant à chasser les forces US du sud de la péninsule en vue d’une réoccupation.

Grâce à des technologies chinoises et russes , mais également par la coopération technique avec le Pakistan et l’Iran, la Corée du Nord a pu développer une série locale  de vecteurs balistiques opérationnels de type NoDong 1 et 2 à propulsion liquide, qui ont respectivement une portée de 1.300 kilomètres et de 1.500 kilomètres, ainsi qu’une nouvelle génération de missiles balistiques à portée intermédiaire, le Musadan (propulsion liquide), qui aurait une portée théorique de 3.200 kilomètres. Une autre famille de vecteurs  balistiques a été développée ces dernières années autour du missile Taepodong. Le Taepodong 1, pouvant être lancé à partir de silos ou de rampes fixes aurait une portée comprise entre 1800 et 2600 kilomètres. Une version améliorée, le Taepodong 2, un missile à propergol solide, peut être lancé à partir de rampes mobile et pourrait avoir une portée de 4000 kilomètres.

La Corée du Nord dispose également d’une famille de  missiles balistiques issues de modifications de la série de missiles russes SCUD.  Dénommé  Hwasong, ces missiles ont une portée de 300, 500 et 700 kilomètres. Les troupes du Nord sont très motivées (plusieurs incidents de par le passé ont confirmé jusqu’à quel point le soldat nord-coréen est fanatique). Par contre, l’aviation et les blindés sont en majorité obsolètes et ne pourront pas faire face aux moyens modernes utilisant la haute technologies des armées US.  C’est pour cela que Pyongyong, convaincue de la volonté US de changer son régime ou l’anéantir, a développé des armes non-conventionnelles.

Les stratèges nord-coréens n’ont jamais oublié les bombardements stratégiques américains et leurs tapis de bombes sur les villes et les usines lors de la guerre de Corée (1950-1953). Cette stratégie qui a fait ses preuve contre l’Allemagne et le Japon lors de la seconde guerre mondiale a contraint alors les nord-coréens a enterrer leurs usines sous terre. Mais leur plus grand traumatisme a été la guerre biologique. Ils n’ont pas oublié non plus la volonté du général Douglas McArthur d’en finir avec cette guerre en demandant l’emploi de bombes atomiques. C’est cette croyance selon laquelle ils ont évité l’extermination qui alimente depuis soixante ans la paranoïa nord-coréenne.

Pyongyong a donc consacré la plupart de son PIB à sa défense. L’effondrement de l’empire soviétique eut un profond impact et détermina la réclusion du régime, désormais méfiant à l’égard de l’ensemble du monde extérieur, y compris la Russie et la Chine, pourtant son allié et protecteur. Durant les années 90, la Corée du Nord dut faire face à des famines, « provoquées » selon le régime, par « l’ennemi impérialiste ». Du coup, son économie ne tenait que grâce à l’aide conséquente de la Chine et de la communauté internationale. Mais les dirigeants nord-coréens ont toujours su préserver une large automnomie de manoeuvre vis-à-vis de Pékin.

Des sources crédibles soulignent que la Corée du Nord pourrait posséder jusqu’à  5.000 tonnes d’armes chimiques mais également des armes biologiques. Elle dispose également d’unités de cyberguerre. Cependant, c’est sa possession de l’arme nucléaire qui rend ses menaces actuelles assez crédibles. le pays a effectué trois essais nucléaires souterrains et a placé un satellite en orbite. En outre, la Corée du Nord détiendrait de nouvelles capacités en matière de retraitement de l’uranium qui lui permettraient de produire aujourd’hui 40 kg d’uranium hautement enrichi. Peu de données existent sur son stock de plutonium mais des experts considèrent qu’il serait plus important que ce que l’on a cru jusqu’ici. Des informations fort crédibles font état d’un ordre signé par Kim Jong Eun, poursuivant une recommendation de son père, visant à la production de bombes H en quantité suffisante pour assurer une sanctuarisation du territoire contre toute menace. Cela soulève la question du nombre d’armes nucléaires en possession du régime nord-coréen. Moins de 10 bombes rustiques? Un peu plus d’une vingtaine? 28 comme l’a laissé entendre un espagnol employé par le régime? Nul ne le sait. Ce qui est certain est que Pyongyong fait tout son possible pour avoir la bombe H.

Lors du début de ce que l’on a appelé abusivement Printemps arabe, des dizaines de milliers de tracts appelant les populations nord-coréennes à se soulever et suivre l’exemple des révoltes arabes ont été lancés au dessus de la Corée du Nord. Un ancien candidat US aux présidentielles y est même allé jusqu’à menacer Pyongyong d’un « printemps » similaire. Il est intéressant de constater que des militaires nord-coréens se sont déplacés en Syrie pour y observer in situ ce qu’ils considèrent la nouvelle stratégie américaine de guerre par proxy local.

Les provocations du Sud se sont accru après l’arrivé au pouvoir à Séoul des milieux d’affaires conservateurs pro-américains et la mise à l’écart des partisans de la réunification. Cela a débouché sur des incidents comme celui de la frégate Ceonan ou encore le bombardement de l’île sudiste de Yeonpyeong. Les provocations US et japonaises n’ont jamais cessé.

Les médias occidentaux méprisent en général les capacités-certes obsolètes-mais bien réelles de ce petit pays d’Asie du Nord-Est. Le jeune âge de Kim Jong Eun a également été matière à un mépris à peine déguisé. Mais passent sous silence les griefs réels de la Corée du Nord à l’égard des Etats-Unis. Or que reproche Pyongyong aux Etats-Unis depuis 1953? La Corée du Nord reproche aux Etats-Unis d’avoir déployé secrètement  des armes nucléaires en Corée et de bloquer le processus de réunification; de vouloir la destruction du régime nordiste et son remplacement par celui qu’elle considère comme fantoche du Sud. Les Etats-Unis ont répondu à ces reproches en qualifiant le régime nord-coréen de paranoïde.

La clé de la crise coréenne est à Pékin. Le redéploiement stratégique US vers le Pacifique inquiète la Chine. Le nouveau dirigeant chinois Xi Jinping est issu des factions les plus nationalistes, lesquelles sont fort mécontentes de la mise dans la ligne de mire de la puissance US de leur pays. L’agitation de Pyongyong pourrait alors s’expliquer par une sourde colère chinoise,  notamment après une série de batailles secrète sur le cyberespace, de duels commerciaux et de sabotages à tous les niveaux.

2. L’Iran qui fait face à un train complet de sanctions et à une terrible crise économique, dispose t-il déjà de sa bombe atomique comme le laisse entendre des analystes israéliens? Et dans ce cas, une attaque contre l’Iran ne sera t-il pas le prélude à une guerre nucléaire tactique au Moyen-Orient?

L’Iran se considère en guerre depuis le ciblage maladroit de la Syrie. Téhéran considère la bataille actuelle en Syrie comme une étape dans une guerre dans laquelle elle est ciblée. D’où sa détermination à soutenir le gouvernement d’Al-Assad quoi qu’il en coûte. Et cela a eu un coût terrible pour la République islamique, notamment sur le volet économique. Confronté déjà à plusieurs trains de sanctions économiques et à un embargo technologique, Téhéran a su empêcher l’effondrement monétaire de la Syrie et continuer à activer ses relais en Irak et au Liban pour entraver la stratégie US et mettre en échec la supériorité stratégique israélienne. Confiant dans ses capacités militaires mais par dessus tout sur l’indéfectible soutien US, Tel-Aviv ne cesse depuis des mois de menacer l’Iran de frappes sur ses installations nucléaires, surtout depuis l’échec d’une révolution colorée (verte) et d’une tentative d’un soulèvement grâce à l’ingénierie du chaos social à l’aide des réseaux de téléphonie mobile et de l’Internet. Le pouvoir iraniens lui-même est divisé entre partisans du président Mahmoud Ahmadinejad et ses adversaires pro-libéraux et pro-occidentaux (l’oligarque Rafsandjani, Khatemi, etc. proches des milieux d’affaires) Mais la détermination de l’Iran à poursuivre la modernisation de ses forces armées et sa volonté à intégrer le club spatial et nucléaire alimentent des sentiments nationalistes favorables au gouvernement actuel. Confronté à l’Arabie Saoudite qui se considère en guerre contre le Chiisme en accusant Téhéran de vouloir promouvoir un arc chiite au Moyen-Orient, selon une stratégie US du double endiguement étendue au niveau de la géopolitique des religions, l’Iran tente par tous les moyens d’acquérir une dissuasion fiable (menaces contre le détroit d’Hormuz, force de frappe balistique, etc). D’où la question posée surtout par des anlystes israéliens: l’Iran a t-il sa bombe? Il ne fait aucun doute que les iraniens aient profité de l’invasion de l’Irak de Saddam Hussein (considéré comme un adversaire) et de l’Afghanistan où ils ont eu à jouer un rôle très ambigu en aidant les américains à rétablir l’ordre dans ces deux pays situés sur les deux flancs de la république islamique d’Iran. Ce faisant, ils ont aussi soutenu et armé des factions de la résistance à l’occupation US. Dans ce jeu dangereux, ils ont pu parfois récupérer du matériel militaire US endommagé et le remettre à des pays comme la Chine ou la Russie. En échange, ils en ont reçu des transferts de technologie qu’ils ont développé sous la supervision de scientifiques locaux et issus des anciennes républiques d’Asie centrale. Téhéran semble extrêmement préoccupé pour l’instant à observer le développement de la situation en Syrie, susceptible à tout moment de déboucher sur une guerre régionale ouverte.  Or, une éventuelle implication de la Turquie et d’Israël, soutenus par les pays arabes du golfe arabo-persique, les Etats-Unis (et de l’Otan) signifierait l’usage d’armes nucléaires tactiques. Et dans ce domaine, c’est Israël qui possède le plus grand arsenal nucléaire de la région.

3. En dégageant ses divisions d’élite gardant le Golan, le président syrien Bashar Al-Assad semble défier les djihadistes qui l’on accusé de collusion avec Israël (« en 40 ans, l’armée syrienne n’a pas tiré un seul coup de feu en direction du lac de Tibériade ») en les mettant devant le fait accompli: il semble leur dire, puisque vous accuser les régimes Arabes laïcs de vous barrer le chemin de la Palestine pour le Djihad, allez y maintenant, je vous laisse le champ libre…Cette stratégie vise l’implication directe d’Israël dans le conflit et rappelle une stratégie similaire engagée avec la Turquie autour de la question kurde.  Une stratégie de haute volée qui rappelle celle de son prédécesseur de père, abhorré par les Frères musulmans et surnommé par ses adversaires le Bismarck du Levant.

En effet, l’afflux de volontaires des quatre coins du monde musulmans et d’Europe au « Djihad » contre le régime d’Al-Assad en intégrant Al-Qaida en Syrie (front d’el-Nosra) ne peut dès lors plus être légitimé par les théologiens musulmans pro-occidentaux et néolibéraux puisque le chemin vers les frontières d’Israël, lourdement surveillé en Egypte et en Jordanie, est grand ouvert.

Israël fait mine de s’inquiéter de la nomination de Chuck Hagel ou le parasitisme étatique

« La nomination de (Chuck) Hagel n’influe pas seulement sur Israël, mais sur l’ensemble de l’équilibre stratégique mondial. La théorie du ‘splendide isolement’ défendue par Hagel modifie la stratégie américaine dans le monde » écrit M. Rivlin, membre du Likoud, parti fantôche israélien du Premier ministre Benyamin Netanyahu, à propos de la nomination de l’ex-sénateur républicain américain (Nebraska) Chuck Hagel au poste de secrétaire d’Etat à la défense des Etats-Unis d’Amérique.

Une photo de Chuck Hagel du temps de la guerre du Vietnam. Il s'agit du premier engagé sorti du rang à devenir secrétaire à la défense selon le président Barack Obama. Les israéliens se sont toujours méfié des militaires américains au franc-parler et leur préfèrent des civils ayant une double allégeance.
Une photo de Chuck Hagel du temps de la guerre du Vietnam. Il s’agit du premier engagé sorti du rang à devenir secrétaire à la défense selon le président Barack Obama. Les israéliens se sont toujours méfiés des militaires américains au franc-parler et leur préfèrent des civils ayant une double allégeance.

Cette inquiétude israélienne a failli tourner au mélo-drame en Israël jusqu’à ce que le ministre israélien de la défense passive, Avi Dichter, ne tente d’apaiser les esprits en rappelant qu’il y a eu des nominations américaines qui paraissaient inquiétantes mais qu’en fin de compte, la réalité a été totalement différente…

Indubitablement, toute la stratégie israélienne est basée sur l’exploitation des immenses ressources des Etats-Unis d’Amérique dans le cadre d’un processus de « parasitisme » quasiment unique dans les annales historiques. Ce qui explique les plans belliqueux des gouvernements israéliens successifs (en réalité, cette notion tout comme celle des partis n’existent pas en Israël mais sont utilisés pour des besoins d’image)…En provoquant des crises par proxy et en incitant les Etats-Unis à intervenir au Moyen-Orient contre ses propres intérêts, Israël s’est retrouvé en danger d’un point de vue stratégique. La Situation en Syrie inquiète au plus haut point Tel-Aviv qui ne s’attendait sûrement pas à ce que le plan alpha s’éternise sans qu’on puisse passer à la phase décisive qui est la destruction des capacités technologiques de l’Iran et le changement de son régime. D’où la question, que serait Israël sans les Etats-Unis d’Amérique?

La réponse paraît évidente.

Conflit au Moyen-Orient: la Syrie au coeur d’un nouveau conflit mondial

La fin de la bataille de l’aéroport de Damas, entamé le 02 décembre et terminé le 12 décembre 2012, et au cours de laquelle les unités de la Garde républicaine, les unités d’élite, l’aviation, le renseignement aérien et les forces balistiques de l’Etat syrien ont réussi, non sans de  grandes difficultés, à infliger un sérieux revers aux groupes armés composant les différents spectres de la rébellion grâce à l’aide technique discrète mais efficace des services spéciaux russes. Cet épisode a non seulement révélé jusqu’où Moscou est capable d’aller dans le conflit en cours au Moyen-Orient mais également la détermination de la rébellion et de ses sponsors d’en finir une fois pour toutes avec le régime de Damas.

L’armée syrienne perd-elle du terrain ?

La concentration des troupes de l’armée régulière syrienne autour de Damas et des grandes agglomérations urbaines a dégarni les zones rurales d’une présence sécuritaire rendant propice l’évolution de la guérilla et renforçant l’afflux d’armes et d’équipements à partir de pays voisins. Natura non facit saltus, les zones où les unités de l’armée syrienne ne sont pas déployées servent de terrain d’évolution naturel à la rébellion, aux flux de combattants étrangers et aux cargaisons d’armes et de munitions.

A l’extrême Nord du pays, la stratégie du Gouvernement syrien a été de laisser se créer des comités armés de résistance kurde comme une tentative de nuire aux intérêts géopolitiques turcs. Cette stratégie dangereuse se veut comme une réponse à l’activisme et au rôle de la Turquie en tant que membre de l’Otan dans le soutien logistique des groupes rebelles sur son territoire.  C’est une lame à double tranchant. L’annonce d’une création d’une armée autonome kurde relevant du PYD (Parti de l’Union démocratique) kurde syrien et ses accointances avec le PKK (parti des travailleurs du Kurdistan) turc et le Kurdistan irakien alimentent la résurrection d’un nationalisme kurde depuis 80 ans.

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Un rebelle syrien posant avec un Anti-Material Rifle, une arme inconnue de l’arsenal de l’armée syrienne. Contrairement à ce que l’on tente de faire croire, les différents groupes composant la rébellion syrienne reçoivent des armes plus sophistiquées que celle de l’armée régulière syrienne. Ils bénéficient en outre du renseignement spatial et électronique ainsi que de la formation de la part de pays comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne.

De l’autre côté de la frontière, en Turquie méridionale, les américains et des pays de l’OTAN comme l’Allemagne sont en train d’annoncer officiellement l’envoi de troupes (respectivement 400 et 300) et des batteries de missiles Patriot. Détail révélateur, la déclaration du ministère allemand de la défense relative à l’envoi de troupes en Turquie a devancé l’approbation du Bundestag de la décision de déploiement de ces systèmes d’armes.  Pour Moscou comme pour Téhéran, le déploiement de missiles Patriot en Turquie n’est pas dirigé contre la Syrie mais bien contre eux. D’où la décision de Moscou d’acheminer des missiles balistiques Iskander M dans la région et le transfert par l’Iran de missiles en Syrie.

La Syrie a t-elle utilisé des missiles Scud contre les rebelles ?

Les Etats-Unis accusent la Syrie d’avoir utilisé des missiles balistiques Scud contre les rebelles au Nord du pays, près des frontières turques. Des informations spécifiques font état de la destruction de centres de commandement et de regroupement de la rébellion dans cette zone avec ces missiles.  Ce que le Gouvernement syrien  nie d’une façon catégorique. Des missiles Air-Sol, des FROG’s  (free Rocket over ground) et des missiles Sol-Sol ont bien été utilisés par l’armée syrienne contre des cibles bien déterminées mais nos sources refusent de confirmer ou d’infirmer l’usage de Scud A dans ces opérations. D’autres sources du renseignement militaire libanais indiquent que l’armée syrienne a « mis le paquet » sur la route de l’aéroport international de Damas, où des milliers de rebelles ont tenté une percée après avoir déclaré la région comme zone militaire interdite. On sait que les meilleures unités d’élite de l’armée syrienne ont été mobilisées, y compris celles traditionnellement positionnées au Golan et faisant face à Israël.

On connaît également le rôle crucial de l’aviation, des blindés et du génie dans cette confrontation. Des missiles et des roquettes y ont été utilisés à profusion. Mais aucun missile Scud n’a été utilisé. L’usage des Scud aurait été d’ailleurs d’un apport presque nul puisque la rapidité avec laquelle évoluait la situation sur la route de l’aéroport de Damas et l’exiguïté du terrain rendait l’efficacité d’un missile balistique sujette à discussion. Par contre c’est aux unités de la cyberguerre et de la guerre électronique que revient tout le mérite puisque le brouillage puis la suppression des télécommunications des groupes rebelles les a obligé à utiliser des moyens fort sophistiqués offerts par deux pays de l’Otan. Cela a permis aux militaires syriens de les intercepter et les localiser. La Russie (imagerie satellite, suppression de signal), l’Iran (renseignement et brouillage)et à un degré moindre un autre pays asiatique (stratégie) ont joué un rôle crucial dans la phase de guerre électronique.

Au lendemain de l’échec militaire de la rébellion, une série d’attentats à l’explosif secoue Damas tandis que des campagnes médiatiques se mettent en branle autour de trois thèmes récurrents : armes chimiques, intervention de l’Otan et négociations autour du sort du président syrien, voire son exil dans un autre pays arabe.   Nos sources évoquent avec insistance une nouvelle opération clandestine en préparation pour le 21 décembre que nous n’avons pu confirmer nulle part. Ce plan prévoit trois campagnes simultanées et une grosse opération de guerre psychologique via les médias. Des pays de l’Otan  pourraient le cas échéant bombarder les rebelles avec des armes interdites et en imputer la responsabilité au Gouvernement syrien. Autre casus belli : la capture par le groupe de « Jobhet Ennosra », que le département d’Etat US a mis sur la liste des organisations terroristes, de stocks d’armes chimiques et-c’est nouveau, biologiques ou un putsch militaire à l’intérieur du régime syrien. On évoque enfin une escalade militaire avec la Turquie provoquée par des escarmouches entre les comités de la résistance kurde et l’armée turque ou bien un embrasement au Golan (ce dernier serait le point de déclenchement d’un véritable conflit mondial)

La guerre économique

Le conflit au Moyen-Orient est loin de se limiter au seuls aspects politique et militaire ; l’aspect économique et monétaire constitue un axe majeur de la lutte. Après 21 mois de crise, un blocus qui ne dit pas son nom et une batterie de sanctions, l’économie syrienne est exsangue. Elle n’est pas la seule : à des degrés plus ou moins sévères, les économies de l’Iran, de la Jordanie et de la Turquie sont également touchées. Damas tente tout son possible de relancer trois secteurs stratégiques : l’approvisionnement alimentaire, l’énergie et l’eau. Cibles prioritaires des sabotages de la rébellion. Ces deux derniers moins, le sabotage des pylones de transport de l’énerie électrique à haute tensions et des générateurs a laissé place à des attaques contre les écoles militaires, les bases de défense anti-aériennes et les dépôts d’armes lourdes, contraignant l’état-major syrien à mobiliser d’importants moyens à la surveillance des sites stratégiques. La rébellion utilise donc la guerre d’usure et la guérilla urbaine pour tenter d’étendre les lignes (théoriques) du front à une proportion telle que l’armée syrienne ne sera plus en mesure de pouvoir concentrer ses forces sur un point décisif et multiplier ainsi les failles susceptibles d’être exploitées.

Les Etats-Unis et l’Union Européenne imposent depuis mars 2011 des trains de sanctions économiques et commerciales sur la Syrie visant les sociétés, les administrations, les pétroles, les armes et les avoirs bancaires. Des opérations clandestines, visant l’effondrement monétaire du pays, ont été menées à diverses reprises avec l’aide de services de renseignement de pays de la région. La Syrie a évité un effondrement de sa monnaie in extremis avec l’intervention de l’Iran, non sans risque puisque la crise monétaire s’est propagé dans ce pays également.

Perspectives immédiates

Le conflit syrien se retrouve à la croisée des chemins. Le chemin de Damas semble passer par Téhéran et Moscou. Faut-il dès lors fomenter un putsch en Russie (on murmure sur des tentatives très sophistiquées d’éliminer le président russe Vladimir Poutine) et un changement de régime à Téhéran pour changer les lignes de fractures ? Paradoxe puisque c’est le chemin de Damas qui devait paver la voie à un isolement de l’Iran en vue d’y accélérer un changement de régime. Dilemme stratégique résultant de jeux à sommes nulles.  La poursuite du statu quo et la stagnation de la situation sur le terrain devaient permettre aux pays occidentaux et à Israël d’attendre un affaiblissement suffisant de l’Etat syrien pour entamer une phase plus active porteuse de tous les dangers. Sur le plan diplomatique, la reconnaissance par les Etats-Unis d’Amérique de la coalition syrienne formant l’opposition au régime lors de la réunion des « Amis de la Syrie » à Marrakech  n’a fait qu’avaliser un processus de légitimation à une implication beaucoup plus étendue de l’Otan dans sa guerre clandestine contre l’Etat syrien. Dans ce jeu complexe de géostratégie appliquée menée par des acteurs globaux, la porte est ouverte à tous les aléas, y compris un nouveau conflit mondial.

Conflit au Moyen-Orient: la somme de tous les dangers

Le pentagone accuse la Syrie de préparer des ogives au gaz sarin alors que l'Otan s'apprête à déployer des batteries anti-missiles de typoe Patriot en Turquie méridionale
Le pentagone accuse la Syrie de préparer des ogives au gaz sarin alors que l’Otan s’apprête à déployer des batteries anti-missiles de type Patriot en Turquie méridionale.
Plus de 400 militaires de l'Otan seront affectés en Turquie pour le déploiement et l'utilisation des batteries anti-missiles. Sur le terrain, des militaires US, britanniques, français, allemand et des officiers de liaison de trois royaumes arabes sont déjà à l’œuvre...
Plus de 400 militaires de l’Otan seront affectés en Turquie pour le déploiement et l’utilisation des batteries anti-missiles. Sur le terrain, des militaires US, britanniques, français, allemand et des officiers de liaison de trois royaumes arabes sont déjà à l’œuvre…
De son côté, Israël se prépare activement à une supposée de pluie missiles iraniens, syriens et libanais, en accélérant le déploiement d'éléments du nouveau système de défense balistique dénommé "David Sling" ou "Fronde de David". Tel-Aviv a reconnu pour la première fois que les temps à venir seraient "difficiles" et a ouvertement menacer de s'en prendre à des cibles syriennes. Damas a distillé des informations selon lesquelles la Syrie entrera immédiatement en guerre "ouverte" contre Israël au cas où ce dernier s'avisera de s'attaquer à l'Iran...
De son côté, Israël se prépare activement à une supposée pluie de missiles iraniens, syriens et libanais, en accélérant le déploiement d’éléments du nouveau système de défense balistique dénommé « David Sling » ou « Fronde de David ». Tel-Aviv a reconnu pour la première fois que les temps à venir seraient « difficiles » et a ouvertement menacer de s’en prendre à des cibles syriennes. Damas a distillé des informations selon lesquelles la Syrie entrera immédiatement en guerre « ouverte » contre Israël au cas où ce dernier s’avisera de s’attaquer à l’Iran…
Téhéran, durement éprouvé par les sanctions économiques, le coût de son effort de guerre  et les attaques cybernétiques occidentales a annoncé avoir capturé un autre drone américain de type Scaneagle (Boeing). Vrai ou faux, tous les paramètres indiquent que l'Iran se prépare activement à un conflit de grande envergure dont la phase intermédiaire se joue en Syrie.
Téhéran, durement éprouvé par les sanctions économiques, le coût de son effort de guerre et les attaques cybernétiques occidentales a annoncé avoir capturé un autre drone américain de type Scaneagle (Boeing). Vrai ou faux, tous les paramètres indiquent que l’Iran se prépare activement à un conflit de grande envergure dont la phase intermédiaire se joue en Syrie.
Le conflit syrien est loin de se limiter au Moyen-Orient mais a des connections avec d'autres régions du monde telle que la péninsule coréenne. Tous deux classés dans l'axe du mal des néoconservateurs US, la Corée du Nord et la Syrie gardent un étroit dialogue stratégique. Sur cette photos, des officiels nord-coréens au chevet d'un militaire syrien blessé à l'hôpital Tishrine de Damas.
Le conflit syrien est loin de se limiter au Moyen-Orient mais a des connections avec d’autres régions du monde telle que la péninsule coréenne. Tous deux classés dans l’axe du mal des néoconservateurs US, la Corée du Nord et la Syrie gardent un étroit dialogue stratégique. Sur cette photo, des officiels nord-coréens au chevet d’un militaire syrien blessé à l’hôpital Tishrine de Damas.

Des roquettes palestiniennes atteignent Tel-Aviv et Jérusalem

L’embrasement de la situation à Gaza à la veille d’une velléité de reconnaissance palestinienne aux Nations Unis a été planifié par l’état-major israélien sauf que ce dernier vient d’être surpris moins par la portée des roquettes palestiniennes dont les plus efficaces sont de fabrication iranienne et d’approvisionnement syrien que l’efficacité très limitée du système d’interception balistique connu sous le nom de code « Iron Dome ».

Trois roquettes tirées de Gaza ont atterri, vendredi 16 novembre 2012, sur des colonies israéliennes sises dans la périphérie de Jérusalem. Un peu plus tôt, une roquette-la deuxième en moins de 24 heures-a atterri dans le voisinage de Tel-aviv.

La chute d’un chasseur bombardier F-16 israélien, touché par un missile Sol-Air provenant des stocks de l’ancienne armée libyenne, a contraint le gouvernement sécuritaire restreint d’Israël à mobiliser jusqu’à 75 000 réservistes et à allouer près d’un milliard de dollars US supplémentaires au bouclier balistique. Une intervention terrestre dans la bande de Gaza ne semble pas exclue. Sauf que dans le contexte régional marqué par la situation très critique au Golan où les escarmouches entre soldats syriens et soldats israéliens sont devenus quotidiens depuis le tir d’un missile antichar israélien de type Tammuz sur un blindé syrien et de tirs de chars Merkava MK4 sur une position d’artillerie de campagne, la situation semble des plus explosives. Au Sud-Liban, le Hezbollah suit attentivement l’évolution de la situation et se tient prêt à toute éventualité. Son dirigeant, Hassan Nasrallah, n’a pas caché qu’en cas d’embrasement généralisée de la région, ses troupes tenteront de forcer la frontière et pénétrer au Nord d’Israël.

En Jordanie, le refus du Roi Abdallah II de certaines demandes relatives à la situation en Syrie et en Ci-Jordanie lui ont valu des déclarations incendiaires de la part des Etats-Unis pour lesquels la contestation populaire née de la hausse des prix des carburant est une revendication légitime pour un changement de régime.

Enfin, Ryad et Doha ne sont pas en reste puisqu’ils viennent de dépêcher le Premier ministre égyptien et le MAE tunisien à Gaza dans une tentative visant moins à canaliser la colère extrême de la rue arabe mais à contrecarrer l’influence de l’axe Damas-Téhéran. En Iran, la détérioration de la situation à Gaza et la panique du gouvernement israélien-qui se prépare depuis des mois à une guerre régionale généralisée sur plusieurs front et incluant des attaques balistiques-pour renforcer ses activités nucléaires à Fordo et à Natanz.

Dans tous les cas de figure, la situation demeure explosive et susceptible de déboucher à tout moment sur un conflit mondial.

Raid sur Khartoum: le Soudan accuse Israël

Le Soudan a officiellement accusé Israël d’avoir bombardé, le 24 octobre 2012,  un site militaire près de Khartoum, causant la mort de deux personnes.

Le raid aérien de longue portée a visé le complexe militaire de Yarmouk, dans lequel sont fabriqué sous licence des équipements et des armes légères. Au cours du raid, l’ensemble du système de défense anti-aérienne du Soudan a été désactivé.

Le même jour, un responsable du ministère israélien de la défense a ouvert le feu sur le Soudan. « Le Soudan est un Etat terroriste dangereux. Pour savoir ce qui s’est exactement passé, il faudra du temps pour comprendre », a affirmé à la radio militaire israélienne Amos Gilad.

Tel-Aviv n’a pas revendiqué le raid.

Quelques heures plus tard, le ministre iranien de la Défense et de la Logistique des forces armées a annoncé publiquement que l’Iran possède une nouvelle génération de missiles et de drones que le pays compte dévoiler dans les semaines à venir.

Ce n’est pas la première fois que des avions de guerre israéliens participent à des raids préventifs contre le Soudan et la Syrie. Cependant, on peut se demander quel était l’objectif réel des frappes ayant visé le complexe soudanais de Yarmouk: était-ce un dépôt d’armes à destinations de la résistance palestinienne à Gaza ou des missiles de fabrication iranienne?

Aux abois, le régime du président Al-Bachir, recherché par la CPI (Cour Pénale internationale) et n’ayant jamais assimilé la scission du Soudan en deux entités étatiques se disputant les zones pétrolifères, aurait pu renforcer ses liens militaires avec Téhéran.

De son côté, Tel-Aviv ne peut que se féliciter du degré de développement des contre-mesures électroniques et des dispositifs de brouillage équipant ses appareils de l’armée de l’Air dont le champ d’intervention-officiel- s’étend désormais du Sud de la Turquie au Nord du Kenya.

 

 

Syrie: « vingt missiles suffisent à détruire les installations nucléaires israéliennes »

Depuis le début de la militarisation de la crise en Syrie, les observateurs israéliens étaient partagés entre le désarroi et le soulagement. Désarroi devant les tactiques de l’armée syrienne, notamment celle relative à la guérilla urbaine; soulagement devant l’attrition et l’usure d’une force qui se préparait depuis des années à une guerre avec Israël. De fait, plus la crise syrienne perdure et plus les unités de l’armée syrienne sont usées par l’overstretching, l’épuisement  et les désertions.

En dépit de son matériel relativement obsolète-mis à part des systèmes de défense aérienne et de lutte anti-navires-, l’armée syrienne a non seulement fait preuve d’une bonne coordination dans sa lutte contre la subversion mais mis en oeuvre de  nouvelles tactiques de combat probablement inspirés du Hezbollah libanais. La Syrie a du aussi observer les tactiques utilisées par les Marines américains en Irak de 2003 à 2009.

Mais ce qui paraît comme de plus en plus évident est que les forces armées syriennes avaient une doctrine militaire prévoyant une guerre sur au moins deux front. Le premier front est celui de l’axe s’étendant du Golan à Bekaa (Anti-Liban) tandis que le second est la conséquence naturelle de l’invasion et l’occupation de l’Irak de 2003 à décembre 2012. La Syrie qui demeure techniquement en guerre avec Israël redoutait au plus haut point une prise de revers par les forces US à partir d’Irak et de Jordanie. Ce qui a failli arriver au lendemain de la chute de Baghdad. Ce que les stratèges syriens n’ont pas vu venir est le double jeu de la Turquie avec laquelle ils avaient essayé une politique de rapprochement et de bon voisinage afin d’éviter un encerclement total. La suite est connue: les turcs furent l’appât de l’OTAN.

Les analystes militaires israéliens ne cachent pas que la disparition du régime actuel syrien serait de nature à améliorer la situation stratégique d’Israël. Or celle-ci est très mauvaise. Probablement la plus mauvaise depuis la création de l’Etat d’Israël en 1948. L’embrasement du Sinaï, la situation au Liban, la crise syrienne, la question kurde, la position ambigüe de l’Irak, la grande question nucléaire iranienne et le front interne sont autant de sujets mettant à mal la sécurité israélienne. D’où les efforts inouïs du Mossad en Syrie via la Turquie mais également en Iran avec les États-Unis.

Pour la première fois depuis 1991, un pays du tiers-monde, en l’occurrence la Syrie a non seulement reconnu la détention d’armes chimiques mais s’est dit prêt à les utiliser en cas d’agression extérieures. Ce changement de paradigme est passé quasiment inaperçu. Cela a mis fin à deux décennies de contre-prolifération et à toute une doctrine américaine. Cet avertissement calculé sonne le glas d’une nouvelle ère.

Indubitablement, la Syrie n’est pas en mesure de contrer l’OTAN et par dessus tout les forces militaires colossales des Etats-Unis d’Amérique. Pas plus qu’Israël n’est capable d’attaquer l’Iran en solo. Cette équation est caractéristique des enjeux géostratégiques en cours dans cette partie du monde. Tant que l’axe stratégique Syrie-Iran-Hezbollah tient, une intervention militaire directe telle que voulue par le président américain Barack Obama s’avère au mieux aléatoire, au pire désastreuse pour l’ensemble des protagonistes.

Dans un nouveau rebondissement, l’ambassadeur syrien en Jordanie a déclaré lors d’une rencontre avec les autorités du pays hôte que l’armée syrienne n’a pas besoin de tirer plus de 20 missiles pour anéantir les installations nucléaires israéliennes, en référence au site de Dimona mais également à d’autres sites recensés in situ avec l’aide du Hezbollah libanais.

L’ambassadeur syrien à Amman, Behjat Sulayman,  a néanmoins averti qu’un tel cas de figure serait dévastateur avant d’ajouter  » C’est vrai, ce sera trop dévastateur mais la Syrie le fera et anéantira les installations nucléaires israéliennes en tirant 20 missiles et pas un de plus » *

Pour rappel, plus de 60 % des missiles tirés par le Hezbollah libanais sur Israël lors de la guerre de juillet 2006 étaient de montage syrien.

Malgré les troubles interconfessionnels affectant le Nord du Liban, plus particulièrement à Tripoli, le Hezbollah ne bouge plus. Trop concentré sur le prochain conflit, le leader du mouvement, Hassan Nasrallah a cependant menacé qu’en cas d’attaque israélienne sur le Liban, son mouvement ferait subir l’enfer à Tel-aviv. Simples paroles en l’air comme il en est légion au Moyen-Orient? Pas si sûr si on l’on en croit quelques -rares- informations en provenance du Sud-Liban où il est désormais question d’une éventuelle guerre balistique doublée d’une incursion de combattants au sol et la prise d’assaut de colonies israéliennes au cas en cas d’hostilités directes.

A Damas, le ministre de la défense, le général Fahd Jassem Al-Freij, que nous avons présenté ici comme un faucon dès sa nomination, semble satisfait de la conduite des opérations à Alep où les troupes syriennes semblent avoir adopté des tactiques de guérilla urbaine inédites. Même si le taux de désertion est assez préoccupant vu l’immense pression que subissent les soldats et officiers sur le terrain depuis près d’un an et demi et la cadence infernales des opérations, les unités sont relativement bien organisées et agissent en blocs compacts en milieu urbain. C’est le cas à Alep et dans les faubourgs de Damas et de Deir Ezzour. Dans les maquis denses séparant les confins frontaliers avec la Turquie, les forces spéciales syriennes ont été déployées et leur action s’avère jusqu’à maintenant efficace. L’ironie du sort a voulu que les militaires syriens se battent près de dizaines de villages où les portraits du leader historique du PKK (parti des travailleurs du Kurdistan), Abdallah Oçalan, ont systématiquement remplacé les portraits du président Al-Assad dans ce qui est bien convenu comme une extrême provocation de la Turquie que l’ensemble des militaires syriens considèrent comme l’un des plus grands ennemis historiques de leur nation.

Au Sud, les meilleures unités de l’armée syrienne sont toujours déployées face au plateau du Golan. Certaines se sont repliés plus au nord  lors de la fameuse bataille de Damas, mais les principales-dont deux commandés par des syriens de confession juive- sont en première ligne face à Tsahal.

A l’Ouest près de la frontière avec l’Irak,  les rebelles de l’armée syrienne libre et leurs alliés des légions salafistes ont pris pour la seconde fois le contrôle de la ville frontalière de Kameshli duquel se sont retiré depuis longtemps les militaires syriens. Ce qui a poussé l’armée irakienne a fermer -définitivement-la frontière, non sans avoir pilonné l’autre côté dans ce qui s’apparente à un coup de main à Damas. D’ailleurs, les forces de l’ancien vice-président irakien Ezzat Ibrahim Douri, dernier survivant des collaborateurs de Saddam Hussein sont en train de mener une guerre sans merci à Al-Qaïda en Mésopotamie et à la nébuleuse Armée islamique d’Irak, toute deux alliés à l’ASL syrienne et qui mènent depuis des semaines des campagnes concertées de terreur pour intimider Baghdad du fait de sa position assez modérée sur la crise en Syrie.

L’élément de surprise a toujours été déterminant dans les conflits. Or, il semble bien. Nous avons prédit il y a quelques mois que l’économie syrienne qui n’a jamais été une économie de guerre ne pourrait pas supporter l’effort de guerre et le fonctionnement de la machine militaire plus de six mois. Or, il semble que l’ensemble tient toujours. Damas ne redoute plus un conflit régional. Les récentes déclarations bellicistes d’Obama a convaincu les syriens, y compris certains qui ont pris les armes contre Al-Assad, que leur pays fait face en réalité à une agression américaine d’un type nouveau, combinant la stratégie Brzezinsky recommandant de laisser les arabes et les musulmans s’entre-tuer, la guerre médiatique et la guerre secrète dans le plus pur style du Backward.

* Citation rapportée par le site Balad Cham

Une véritable révolution au Moyen-Orient: un président égyptien en Iran pour la première fois depuis 1980

La nouvelle a fait l’effet d’une bombe atomique dans nombre de chancelleries: le président égyptien Mohamed Morsi sera à Téhéran le 30 août prochain pour participer au Sommet des Non-alignés (MNA) selon un communiqué de la présidence égyptienne. C’est la première fois depuis 1980, date de la rupture des relations diplomatiques entre l’Egypte et l’Iran qu’un président égyptien entend se rendre à Téhéran.

Bien que Washington lui ait clairement fait entendre ses conditions (pas de normalisation avec l’Iran, coopération accrue avec Israël au Sinaï), il semble que le président Morsi suit son propre agenda.

 

Avant de se rendre en Iran, Morsi se rendra en Chine du 27 au 29 août 2012.   Le président Mahmoud Ahmadinejad a invité son homologue égyptien à assister au 16e sommet du MNA qui se déroulera à Téhéran du 26 au 31 août. Regroupant 120 Etats, le Mouvement des Non-alignés est actuellement présidé par l’Egypte qui passera le relais à l’Iran lors du prochain sommet.

En Israël, la nouvelle donne, en plus de la Syrie a de quoi donner du fil à retordre.

 

 

 

 

Bouleversement politique en Egypte: les éléments de la prochaine guerre du Moyen-Orient se mettent en place

Les récents développements au Moyen-Orient ne laissent plus aucun doute sur l’imminence d’une guerre majeure impliquant l’ensemble de la région. Ainsi la détérioration de la situation sécuritaire au Sinaï, le remplacement des dirigeants de l’armée égyptienne, l’état de guerre entre la Turquie et la Syrie, les duels d’artillerie au-dessus de la frontière syro-jordanienne  et la concentration des forces israéliennes au Golan et près de la frontière libanaise offrent de troublantes réminiscences avec la situation prévalant dans cette région peu avant la guerre d’octobre 1973.  Mais cette fois-ci, presque tous les acteurs du Moyen-Orient, d’Eurasie, de la péninsule arabique  sont partie prenante de ce conflit. 

Un coup de  tonnerre au dessus des Pyramides! Le président égyptien M. Morsi a mis à annulé une « déclaration constitutionnelle » donnant des prérogatives politiques étendues  aux forces armées égyptiennes et procédé à la mise à la retraite du Maréchal Hussein Tantatoui, ministre de la défense et chef de l’Etat de facto après la démission de l’ex-Rais Hosni Moubarak et son remplacement par Abdel Fettah Al-Sissi, le chef du renseignement militaire. Le président égyptien a également nommé un vice président en la personne d’un magistrat. Ce bouleversement intervient alors que la situation au Sinaï semble se détériorer: les accrochages entre militaires égyptiens et groupes armés sont non seulement devenus quotidiens depuis une semaine mais cette situation a contraint l’armée égyptienne à réinvestir le Sinaï et à y placer des blindés et des avions de combat en opposition avec les Accords de Camp David de 1979. Les israéliens font semblant de laisser faire mais au fond redoutent les capacités avérées du président égyptien à manoeuvrer en long et en large. Est-ce une tentative subreptice de réarmer le Sinaï qui motive Morsi?

Ces développements interviennent alors que l’Iran se prépare à la guerre ultime que les conseillers de Netanyahu souhaitent hâter en tentant de forcer la main à un président américain confronté à une échéance électorale importante. En Syrie et au Liban, l’on s’attend au pire puisque l’on sait que l’épilogue du « printemps arabe » dans sa cuvée 2012 comportera une importante démonstration balistique supérieure à celle des missiles Scud lancé par Saddam Hussein en 1991 sur Israël.

En Iran, des informations font état de la nomination par le guide suprême de la Révolution, Ali Khamenei de douze successeurs immédiats en cas de conflit dans ce qui s’apparente à l’installation d’un équivalent du Doomsday Government américain. Cette démarche inédite démontre la profonde inquiétude des officiels iraniens quant à l’imminence d’une attaque US. Au point où l’armée iranienne n’a pas été autorisée à participer aux opérations de sauvetage dans les régions affectées par un séisme cette semaine.

En Israël, les cercles financiers poussent à la guerre en attendant l’organisation conjointe avec les Etats-Unis d’un exercice majeur auquel participeront des milliers de militaires US  en vue de simuler une attaque de missiles émanant de trois fronts à la fois.

Dozens Of Underwater Drones Deployed To The Waters Of Iran

What to do when international talks begin falling apart? Send a fleet of unmanned submersibles in preparation for a waterway showdown. As US talks with Iran over their nuclear program began to sour and the possibility of sanctions against the country rose, Iran responded by threatening to cut off the Strait of Hormuz, a narrow waterway and the only way into and out of the petroleum-rich Persian Gulf. The US responded in turn, the Los Angeles Times reports, by sending dozens of SeaFox unmanned submersibles to the region to seek out and destroy mines in the strait.

Each SeaFox (drone)  is outfitted with an underwater television camera, homing sonar, an explosive charge, and is controlled through an optic fiber tether. None of the submersibles, however, return from a successful mission as they end, not only with the destruction of the mine, but the craft itself, each costing about $100,000. The SeaFox can sniff out both submerged and surface mines.

The SeaFox is the unmanned underwater vehicle (UUV) made by the German company Atlas Elektronik. It measures about 4 feet long and weighs just under 100 pounds. Their small size enables them to be deployed from helicopters, small rubber boats, or dropped from minesweeping ships. Its maximum operational depth is about 300 meters and it can run for around 100 minutes without having to return and recharge.

The Navy purchased the mine-sniffing submersibles in May at the request of Marine Gen. James Mattis, the top ranking US commander in the Middle East. They represent a supplement to a larger military force buildup in the region that includes four minesweeping ships, four MH-53 Sea Dragon helicopters, and several aircraft carriers. Tensions and armament are both swelling in the region, marked by a bill drafted  by Iran’s National Security and Foreign Policy Committee to halt the passage of tankers through the Strait of Hormuz. “We take the control of the Hormuz Strait. If we are supposed to be sanctioned, we will not allow a drop of oil to pass through the strait,” said Arsalan Fathipour, Chairman of Iran’s parliament.

Of course, we’ve heard this talk before, but whether or not the moves from both countries are, as some warn, the portents of a third World War, or simply a political chess match played out in the Gulf, the water drones are yet another indication that the era of robotic warfare  has arrived.

Peter Murray

Singularityhub

Syrie: entre pressions diplomatiques et jeux d’échecs

Du jamais vu de mémoire de diplomate! A l’initiative du Royaume d’Arabie Saoudite et sur instigation des principales puissances mondiales belligérantes contre le gouvernement de la Syrie, l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies a adopté vendredi 3 août 2012 une résolution condamnant le bombardement des rebelles (et des groupes terroristes) par l’armée régulière syrienne. La résolution dénonce le gel du Conseil de sécurité et son incapacité à résoudre la crise en Syrie. 
L’Arabie Saoudite ne s’est pas distinguée par une quelconque action diplomatiques multilatérale en faveur des palestiniens au cours des 50 dernières années. Mais semble très agitée pour en finir avec le régime syrien qu’elle a toujours considéré comme étant l’un de ses pires ennemis après l’Iran.
La résolution a été soutenue par 133 pays , 12 ayant voté contre et 31 s’étant abstenus. La présidence par la France du Conseil de sécurité de l’ONU augure de sombres perspectives pour Damas. Dans l’étrange répartition des rôles en cours depuis l’alignement sans faille de Paris dans l’orbite néoconservatrice et promondialiste, la France a en effet pour tâche de faire aboutir les projets d’agression au conseil de sécurité de l’ONU. Une manière de faire oublier l’opposition assez somptueuse de ce pays à la guerre contre l’Irak par la voix de Dominique de Villepin.

Pendant ce temps, après une courte accalmie à Alep, les combats ont repris dans le quartier de Salaheddine (du nom du célèbre Roi Saladin du Moyen-âge). Depuis le début des combats à ALep, l’armée syrienne, soutenue par des milices tribales a réussi à éliminer entre 1600 et 2000 combattants de l’ASL (armée syrienne libre) parmi lesquels un grand nombre d’étrangers.

L’entrée en lice des milices tribales est la conséquence des exécutions sommaires des combattants de l’ASL qui n’ont pas hésité à filmer l’exécution de membres du clan sunnite des « Berri » à Alep. Les images de cette exécution sommaire sauvage ont fait le tour des chaînes d’information du monde arabe et provoqué un sérieux coup dur pour la réputation des rebelles que les médias dominants continuent à présenter comme des contestataires pacifiques revendiquant la démocratie.
Dans la périphérie d’Alep, une embuscade de l’armée syrienne a coûté la vie à 70 rebelles tandis que deux chars de combat, volés par des militaires déserteurs ont été détruits.

A Damas, des groupes rebelles ont tenté d’immiscer les réfugiés palestiniens dans le conflit en pilonnant au mortier le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk à partir du quartier Ettadamon, faisant plus de 22 morts et des dizaines de blessés. Les groupes armés, regroupant 400 éléments, ont été rapidement encerclés par l’armée syrienne dans ce quartier chaud. L’ASL a miné des ruelles et des habitations pour freiner l’avancée des troupes régulières à l’intérieur du quartier.

Visant à créer une diversion afin de desserrer l’étau sur ce groupe, un autre groupe lourdement armé a tenté de s’attaquer au siège de la télévision et la radio syriennes mais fut repoussé par des unités militaires.

A la frontière avec le Liban, l’armée syrienne a éliminé sept personnes armées qui tentaient de s’infiltrer à partir de ce pays. Les autorités syriennes assurent que ces hommes armés appartiennent aux forces libanaises favorables à Israël.

Plus au Nord, en territoire turc, des combattants du parti des travailleurs kurdes (PKK) ont mené une série d’attaques visant l’armée turque. Le bilan officiel fait état de 2 morts et des dizaines de blessés mais d’autres sources font état d’un bilan plus lourd.

La visite du ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu à Kirkouk sans en aviser le gouvernement irakien a provoqué l’ire de Bagdad qui a envisagé un certain temps de retirer son ambassadeur d’Ankara. La question kurde est à nouveau au coeur du conflit au Moyen-Orient, plus de 85 ans après le Traité de Lausanne.

En Israël, les forces armées sont prêtes à mener, avec l’OTAN, la Turquie et les alliés arabes, une guerre d’envergure contre le Liban-Sud et la Syrie visant le changement de régime en Syrie et l’élimination du Hezbollah libanais. Cependant, les américains ne veulent en aucun cas une immixtion d’Israël dans ce dernier avatar guerrier du printemps arabe, ce qui équivaut à l’échec de l’ensemble de la stratégie subtile adoptée depuis le début de cette campagne iconoclaste en 2011 basée sur l’ingénierie du chaos à l’échelle géopolitique. D’où les promesses et les signes probants de plans d’attaque contre l’Iran présentés par les officiels US aux israéliens.

Former Mossad Chief to Iran:  » Be Fearful of the next 12 weeks »… Drums of War over The Mideast

« Speculation that Israel and the United States may decide to launch an attack on Iran’s nuclear facilities have heightened after former Mossad chief Efraim Halevy told the New York Times, “If I were an Iranian, I would be very fearful of the next 12 weeks.”

The NY Times report speculates that the window of opportunity to strike is closing, partly because of Israel’s aversion to winter battles and partly because Benjamin Netanyahu fears that whoever wins the US presidential election, impetus will be lost.

“Mr. Netanyahu feels that he will have less leverage if President Obama is re-elected, and that if Mr. Romney were to win, the new president would be unlikely to want to take on a big military action early in his term, states the report ».

Ayatollah Khamenei: « War Within Weeks »  

« Iran’s supreme leader Ayatollah Ali Khamenei told top Iranian military chiefs to expect “war within weeks,” at a recent war council meeting, according to Israeli news outlet DebkaFile« .

 (Paul Joseph WatsonPrisonplanet.com)

The current events in the Mideast could lead to a new World War…

Strategika51 has already reported three  weeks ago that Iran top military brass started to hand out a manual about the « Final War » in the Middle-East named « The Six Last Months » in which The Iranian Joint-Staff call the Iranian people to prepare for the coming of the Mahdi (the Messiah) and to expect a full spectrum war over all the area and beyond.  The manual intended for soldiers of the Iranian armed forces and elite soldiers of Iranian Revolutionary Guards Corps indicates how to cope with a an all-out war in which all kind of weaponery would be used by belligerents, including tactical nuclear heads, chemical and biological vectors, electromagnetic pulse, lasers, cyberwars and chaos social and political  engineering. The US-Israeli-Saudi  proxy war against  Syria, an Arab ally of Tehran,  aims to path the way to an attack on Iran. 

 

La cúpula militar de Irán celebró “la última reunión antes de la guerra final »

Según los medios israelíes, el pasado 27 de julio, poco antes de la oración tradicional del viernes, el líder supremo de Irán, el ayatolá Alí Jameneí, reunió a los altos cargos militares del país en un encuentro que, según indicó, era « la última reunión militar antes de la guerra ».

“Nos encontraremos en guerra en las próximas semanas”, dijo el ayatolá a sus invitados. El portal Debka, a partir de fuentes de inteligencia israelíes, informa de que a lo largo del último año además de múltiples entrenamientos de las Fuerzas Armadas de Irán, también se ha relizado el proyecto de construcción de mayor escala en la historia de Irán. Se trata de la construcción de fortines para proteger el programa nuclear del país hasta del arma más potente de EE.UU., bombas antibúnker de muchas toneladas de peso. Se comunica que las instalaciones nucleares más importantes fueron tapadas con bloques de roca, por encima echaron toneladas de hormigón y, al final, lo cubrieron todo con acero. Además los misiles balísticos de mediano alcance Shahab-3 ya están preparados para lanzar golpes contra Israel, Arabia Saudita y las instalaciones militares de EE.UU. en la zona del golfo Pérsico. El mismo día 27 de julio, las Fuerzas Armadas de EE. UU. presentaron su nueva bomba antibúnker. Cada bomba pesa 15 toneladas y es capaz de penetrar a casi 20 metros por dentro de la tierra. La tensión entre Irán y Occidente crece cada día. Unos 125.000 soldados de EE. UU., decenas de buques militares y varios portaaviones están apostados en las cercanías de Irán. Además, Washington y sus socios han aplicado duras sanciones económicas contra el país persa. El motivo de tanta presión son las sospechas de que Irán esté desarrollando armas nucleares. Ante estos ataques, Teherán amenaza con cerrar el estrecho de Ormuz, una arteria vital para el abastecimiento mundial de petróleo. Además, hace unos días Teherán declaró que no pasará por alto el conflicto interno que azota a su aliado, Siria. “Cuando sea necesario Irán entrará en el conflicto sirio y dará una respuesta decisiva a los opositores”, declaró el subjefe del Estado Mayor General de las Fuerzas Armadas de Irán, el general Masoud Jazayeri.

Fuente: http://actualidad.rt.com/actualidad/view/50519-La-c%C3%BApula-militar-de-Ir%C3%A1n-celebr%C3%B3-%E2%80%9Cla-%C3%BAltima-reuni%C3%B3n-antes-de-guerra%E2%80%9D

L’Iran met en garde la Turquie contre une éventuelle attaque de la Syrie

La supervision des opérations des rebelles au Nord de la Syrie à partir des villes turques d’Adana et de Gazientep, l’arrivée de dizaines de conseillers américains, européens et arabe dans ces deux villes et la tenue de manœuvres  militaires suspectes à Mardin près des frontières avec la Syrie a fait vivement réagir Téhéran. Pour la première fois, la République islamique d’Iran met en garde la Turquie sur une éventuelle aventure guerrière en Syrie où les combats entre l’armée régulière et l’ASL (armée syrienne libre) ainsi qu’une myriade de groupes hétérogènes dont certains sont des commandos relevant d’armées de puissances étrangères,  se focalisent pour l’essentiel dans et autour de la ville stratégique d’Alep, située à 45 kilomètres de la Turquie.

Ankara semble de plus en plus préoccupée par un risque réel de partition ou de sécession, notamment après la décision de Damas de laisser les kurdes syriens s’organiser à leur convenance dans leur régions et soutenir les efforts des kurdes turcs en vue d’obtenir leur autonomie.  Le jeu d’Erdögan et des tenors de son gouvernement a donc abouti à un incendie général susceptible d’emporter la Turquie elle-même.

Pour sa part,  la position de l’Iran,  qui vient de déclarer par la voix de son chef d’état-major adjoint, le général Mahmoud Jezayeri, qu’elle ne permettra pas aux « ennemis » de la Syrie d’avancer en Syrie, ne doit prêter à confusion; cela ne fait que confirmer les rumeurs puis les informations en provenance du complexe militaro-indutriel iranien sur de sérieux préparatifs de guerre à différents niveaux incluant des guerres asymétriques à basse intensité, une cyberguerre  et des guerres par proxy.

L’Iran et la Turquie sont tous deux joué un grand rôle dans l’histoire de la civilisation et de la culture musulmanes. Ils sont entrés à différentes reprises en guerre en tant qu’empires opposés. Depuis quelques années, l’alignement de la Turquie sur son allié israélien et les provocations répétées envers la Syrie ont toujours agacé Téhéran.

Pendant ce temps, à Alep, l’armée syrienne a éliminé aujourd’hui dans un quartier d’Alep plus de 150 rebelles armés dont de nombreux étrangers  parmi les légions salafistes et autres.

Le mois d’août 2012 risque d’être plus chaud que ne l’annonce la météo dans ces régions.

 

 

 

 

Syrie: Washington pourrait déclencher un nouveau type de guerre totalement inédit

Lassé par l’inefficacité de tous les plans visant à faire aboutir la « révolution syrienne » dans l’acception néo-orientaliste des arabisants de Washington, le président Obama a fini par donner carte blanche à la CIA et le commandement des opérations spéciales sur le terrain. En parallèle, le Pentagone vient de se manifester au sujet de la crise syrienne en affirmant que toutes les options sont étudiés pour intervenir en Syrie conformément aux déclarations de Susan Rice, la représentante permanente des Etats-Unis d’Amérique aux Nations Unis. En d’autres termes en contournant le circuit légaliste des Nations Unis et agir en solo, comme au bon vieux temps du Far-West.

Cette campagne est relayée par Hillary Clinton, secrétaire d’Etat US, qui a évoqué à l’occasion d’une visite dans un musée de l’holocauste à Washington,  le « devoir moral » des Etats-Unis d’Amérique d’intervenir dans des pays où les gouvernements ont failli à protéger leurs propres populations ou pour éviter des « génocides » et de citer ouvertement l’interventionnisme US en Libye et en Côte d’Ivoire.

Certains observateurs ont voulu voir dans cette nouvelle montée au créneau des ténors de l’administration Obama  moins une réponse à l’affirmation par la Syrie de posséder des armes chimiques qu’une exploitation assez pernicieuse d’une thématique usée de la contre-prolifération des armes de destruction massive (ADM)

Toutefois, on oublie un peu vite que c’est Israël qui détient le plus grand stock d’armes chimiques et bactériologiques au monde. A côté des ses armes, Tel-Aviv entretient de manière délibérée depuis des années l’ambiguïté nucléaire sur son arsenal d’ogives atomiques: Si en 1987, l’expert Mordechai Vanunu annonçait au monde, à ses risques et périls, l’existence de 200 ogives nucléaires israéliennes,  on peut supposer que ce chiffre a connu une nette hausse 25 ans après.

Depuis des mois, le Pentagone et la CIA (Central Intellignece Agency) travaillent sur des plans fort élaborés visant en premier lieu à empêcher par tous les moyens possibles et imaginables un débordement de la crise en Israël. C’est la ligne rouge absolue. Jusqu’ici, cet Etat est resté en retrait du tumulte en cours au Proche et au Moyen-Orient bien qu’il soit au centre et -si l’on croit les tenants de la théorie des complots-  la cause de cette tempête. A cet effet, les forces armées américaines ont mobilisé l’ensemble de leur ressources technologiques pour pouvoir mener un nouveau type de guerre totalement inédit.

A Damas, on se fait plus d’illusion sur les intentions réelles des pays « amis de la Syrie ». On se prépare en conséquences. Le style du nouveau ministre de la défense, le général Fahd Jassem Al-Freij semble irrésistible. Sur le plan interne, les forces armées se battent avec acharnement sur tous les fronts contre l’armée syrienne libre (ASL) mais également ses alliés d’Al-Qaida fi bilad Shâm (Al-Qaida au pays du Shâm), Al-Qaida en Mésopotamie, une armée de volontaires salafistes de diverses nationalités et des militaires turcs déguisés en combattants de l’ASL leur infligeant des pertes élevées.

Près de 2800 combattants syriens et étrangers de l’ASL tués dans la contre-offensive de l’armée syrienne à Damas en moins d’une semaine, mettant en échec une répétition de la chute médiatique de Baghdad et de Tripoli.  L’offensive de l’armée syrienne au sud-ouest a été telle que les combattants de l’ASL et les légions salafistes n’ont eu d’autres recours que de fuir et de se réfugier auprès des unités Golani d’Israël, poursuivis par les meilleures unités de l’armée syrienne, lesquelles n’ont pas hésité à tirer des obus en direction du territoire israélien.

A Alep où les turcs tentent de créer une zone libre avec l’aide d’agents de plus de 14 pays, l’ASL et les légions salafistes ont les plus grandes peines du monde à faire face au déluge de feu de l’armée syrienne dont les chefs sont profondément convaincus qu’ils sont en guerre avec Israël et son allié la Turquie et que les phases du conflit interne face à Al-Qaida et l’ASL ne sont que le prélude à une confrontation plus grande.

Sur le front externe, soutien accru et substantiel du front kurde contre Ankara malgré les rodomontades du premier ministre turc Tayip Reçep Erdögan de poursuivre les combattants du PKK en Syrie; restructuration des services de renseignement en unifiant sous une seule autorités les 39 agences de renseignement du pays; mise en alerte des unités stationnées au Golan; renforcement des unités déployées face à la Turquie, activation de la force de frappe balistique et mise à niveau de la défense aérienne.

La nomination du général Ali Mamlouk à la tête de la Sécurité nationale syrienne consacre un changement radical d’approche des questions liées à la sécurité nationale de ce pays puisque c’est lui qui supervise désormais avec rang de ministre l’ensemble des appareils sécuritaires syriens (renseignements de l’armée de l’air, la sûreté de l’Etat, la police politique, les cyber-unités, etc.). Il est secondé par le général Abdel Fateh Qodsya, le chef du renseignement militaire syrien. Cette démarche intervient moins d’une semaine après l’attentat terroriste ayant visé le 18 juillet  quatre hauts responsables sécuritaires syriens et démontre la détermination du pouvoir syrien à se battre.

Mais la détérioration de l’économie syrienne, aggravée par l’adoption d’un nouveau train de sanctions par l’Union européenne  limite la marge de manœuvre de Damas. Les syriens ont d’immenses difficultés à faire face à des mouvements de spéculation monétaire offensifs visant à provoquer une implosion de l’économie syrienne. C’est la raison pour laquelle les nouveaux chefs militaires veulent en finir au plus vite avec la rébellion tout en envisageant une guerre régionale avec au moins trois pays du voisinage immédiat. Ce que les Etats-Unis refusent absolument s’agissant d’Israël.

Pour Washington, cette nouvelle phase du Printemps arabe doit impérativement se terminer comme les autres phases avec les mêmes images, les mêmes icônes et le même cheminement médiatique. Pas question d’y inclure Israël. D’où la menace d’y intervenir directement en utilisant de nouvelles armes, de nouvelles tactiques et de nouvelles technologiques inédites. Car en cas d’intervention militaire contre la Syrie, le Hezbollah libanais  sera certainement de la partie en lançant ses 45 000 missiles et roquettes sur le Nord d’Israël tandis que les unités militaires syriennes tenteront de forcer un passage en force dans le plateau du Golan en usant d’armes chimiques entraînant une riposte non conventionnelle israélienne. Un scénario inacceptable pour Obama.

La République islamique d’Iran qui se prépare intensivement à la guerre « ultime » depuis quelques mois, au point de distribuer à l’ensemble des soldats et officiers des différents corps des forces armées, des Gardiens de la révolution et des milices populaires une brochure intitulée « les Six derniers mois » dans laquelle elle exhorte les iraniens à se préparer à la guerre de la « fin des Temps » et la venue du Mahdi, restera t-elle à l’écart d’une attaque étrangère dirigée par les Etats-Unis, l’OTAN, Israël, la Turquie, l’Arabie Saoudite, la Jordanie, Al-Qaida et les légions salafistes? C’est la grande inconnue. L’Iran est actuellement totalement encerclé par les armadas américaines dans le golfe arabo-persique, en Mer Rouge, En mer d’Oman, en Méditerranée orientale, en Mer noire, en Afghanistan et même en Asie centrale. De plus les  installations sensibles iraniennes sont menacées avec le transfert en Israël de bombes spéciales US de type MOP GBU 57 A et la mise en place d’éléments du bouclier antimissile US en Turquie, en Jordanie et en Pologne.

Indubitablement, l’entrée en guerre de l’Iran en cas de guerre contre la Syrie sera le détonateur d’une conflagration généralisée, voire d’un nouveau conflit mondial. Or, des rumeurs persistantes et tenaces émanant de l’intérieur du Pentagone font allusion à une attaque contre l’Iran dans le chaos immédiat qui suivrait la chute de Damas. On en est pas encore là mais le monde a toutes ses raisons de retenir son souffle. Dans tous les cas de figure, L’année 2012 s’annonce fatidique au sens étymologique du terme.

Crise syrienne: vers un conflit majeur au Moyen-Orient

Les évènements se précipitent au Moyen-Orient. Si d’un côté, le commandement militaire syrien semble tenir le coup après la décapitation partielle dont il a fait l’objet et amorcer une riposte, notamment contre la Turquie, la Jordanie et Israël, ses ennemis ne perdent pas de temps non plus.

En recevant hier le nouveau chef d’état-major des forces armées syriennes, le Général Ali Abdallah Ayoub, auquel il a souhaité bonne chance dans l’accomplissement de ses missions, le président Al-Assad semble déterminé à se venger des deux exécutants de l’attentat qui a coûté la vie à quatre hauts responsables sécuritaires et membres de son cercle fermé: la Turquie et la Jordanie.

Depuis cinq jours, les éléments du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui se battent depuis 1984 contre Ankara sont autorisés à établir des bases opérationnelles en Syrie septentrionale.  Au Sud, des soldats syriens habillés en civil ont réussi à s’infiltrer dans des camps de réfugiés syriens en Jordanie et y créer des troubles.

Mais c’est avec Israël avec lequel il demeure techniquement en guerre que le gouvernement de Damas entend solder les comptes en cas de dérapage de la situation. Près de 500 soldats syriens et une trentaine  de véhicules blindés ont franchi la semaine dernière  la zone démilitarisée au Golan près du village syrien de Jubata  à la poursuite de fuyards de l’armée syrienne libre (ASL) et de combattants salafistes de plusieurs nationalités voulant se réfugier en Israël. C’est la première fois que des militaires syriens pénètrent dans la zone de séparation mise en place par l’Accord signé en 1974 sur la séparation des forces des deux pays après la guerre d’octobre 1973. 

Les unités israéliennes qui ont reçu l’ordre de tirer sur tout convoi se dirigeant de la Syrie vers le Liban par crainte d’une livraison d’armes au Hezbollah n’ont pas bougé.

Cependant, Israël a déposé plainte auprès de l’Organisation des Nations Unies en qualifiant cet incident de particulièrement grave. « Cette initiative constitue un message très clair que nous adressons par l’intermédiaire de l’ONU à ceux qui contrôlent encore la Syrie », a déclaré un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Lior Ben Dor.

La région dans laquelle ont pénétré les militaires syriens, appuyés par des blindés a été occupée par Israël durant la guerre d’octobre 1973 avant d’être annexée en 1981.

Pour Tel-Aviv, l’intrusion des soldats syriens dans cette zone constitue une violation flagrante de l’accord de 1974 et pourrait avoir d’importantes implications pour la sécurité et la stabilité de la région. L’inquiétude est grande en Israël.

Même si les américains font tout leur possible pour écarter l’Iran de l’équation syrienne en déployant une impressionnante armada (quatre portes-avions et leurs groupes de bataille) autour de ce pays, Israël aura à affronter seul le Hezbollah au Liban-Sud en cas d’une intervention militaire étrangère en Syrie.

Ce n’est pas pour rien qu’Israël vient de mettre l’ensemble de ses unités stationnées dans le Nord en état d’alerte; les permissions des soldats et des officiers sont supprimées jusqu’à nouvel ordre.

Des observateurs estiment que la multiplication de submersibles non-identifiés au large de la Syrie et du Liban n’est pas étrangère à la mobilisation de l’ensemble des armées de la région en vue d’une guerre régionale majeure.

Des informations non confirmées à ce jour font état de la présence de sous-marins d’attaque israéliens de la classe Dolphin (de fabrication allemande) et armés de missiles Popeye. Des submersibles appartenant à d’autres pays de l’OTAN mènent depuis des mois des missions de reconnaissance au large de la Syrie.

L’autre pays belligérant, la Turquie a déployé des missiles Sol-Air à la frontière avec la Turquie tout en renforçant son dispositif militaire. Des batteries de missiles antimissile américaines auraient été déployées en Turquie tandis que des rumeurs persistantes font état de l’arrivée d’escadrilles de chasseurs F-22 Raptor dans les bases US d’Incirlik et de Batman.  A des milliers de kilomètres de la Syrie, à Diego Garcia, dans l’océan indien, des bombardiers stratégiques B-1B, B-2 et B-52 sont en état d’alerte maximum.

Les forces jordaniennes et surtout le renseignement de ce pays qui a joué un rôle fondamental dans la première et la deuxième  guerre d’Afghanistan, le 11 septembre, l’invasion de l’Irak, la guerre de Libye et  l’assassinat du ministre syrien de la défense, sont pleinement mobilisées en vue d’une intervention en Syrie. La présence de forces spéciales US en Jordanie est un secret de polichinelle: une partie des troupes de combat US retirée d’Irak a été redéployée en Jordanie dans le but de préparer la campagne syrienne.

A la concentration des satellites-espions au dessus de la Syrie et du Liban, s’ajoutent la guerre médiatique. Le gouvernement syrien a accusé des puissances étrangères de vouloir parasiter ses stations de radio et de télévision à des fins de propagande.

L’un des points les plus intéressants dans ce conflit est la présence d’une légion de volontaires de diverses nationalités mais dont le noyau dur est essentiellement arabe et turc. Du jamais vu depuis la première guerre mondiale même si le procédé a été utilisé avec succès contre les soviétiques en Afghanistan entre 1979 et 1988.  Des médias internationaux rapportent que des centaines de combattants jordaniens, égyptiens,  libanais, saoudiens, tchétchènes, géorgiens, afghans, libyens, tunisiens, yéménites, français, etc., se battent aux côtés de l’ASL (armée syrienne libre) en arborant des drapeaux noirs ou blancs (semblables à ceux des mouvements salafistes armés activant dans d’autres pays du monde musulman). Le nombre de ces combattants a redoublé avec l’accroissement des financements et des livraisons d’armes et de matériel par des pays hostiles à la Syrie. Leur encadrement par des britanniques, des français, des néerlandais, des turcs et arabes sert à la fois de couverture et de diversion.

La nomination de Bandar Ben Sultan  à la tête des services secrets saoudiens après le limogeage de son prédécesseur renseigne sur la panique génaralisée qui s’est emparée des dirigeants du royaume: Ryad tout comme Tel-Aviv,  n’a plus confiance en Obama et encore moins dans les plans en cours contre la Syrie. D’où la nomination d’un faucon dont l’une des premières décisions a été de frapper les intérêts russes. En s’attaquant aux représentants de l’Islam modéré au république du Tatarestan. En s’attaquant au Mufti de la république Faizov et son adjoint Valiulla Yakupov, connu pour leur opposition au salafisme et au wahhabisme, Bandar Ben Sultan chercherait à allumer un contre feu en Russie et pourquoi pas une réactivation des réseaux radicaux au Caucase russe dans le cadre d’un Jihad pro-OTAN contre Moscou avec l’implication de l’ensemble des républiques musulmane d’Asie centrale.

Pour l’instant, l’armée syrienne se bat sur quatre fronts. Mais ses chefs estiment que le combat pour laquelle elle a été préparée ces douze dernières années est à venir.  Vu l’immense arsenal israélien en armes chimiques, bactériologiques et nucléaires, il ne fait plus de doute que la région est au bord d’un gouffre.

Lors d’une conférence de presse tenue aujourd’hui, le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères a affirmé que la Syrie n’utilisera pas son arsenal d’armes chimiques qu’en cas d’agression de l’OTAN. Il a également fait part du rejet total par Damas de la proposition de la Ligue arabe de ménager un départ du pouvoir de Bachar al-Assad.

« Aucune arme chimique ou non conventionnelle ne sera utilisée contre nos propres citoyens (…), ces armes ne seront utilisées qu’en cas d’agression étrangère », a martelé le porte-parole du ministère, Jihad Makdessi, reconnaissant pour la première fois publiquement la détention par la Syrie d’un arsenal d’armes chimiques.

« Ces différentes armes sont stockées et sécurisées sous la supervision des forces armées et ne seront utilisées que dans le cas où la Syrie fait face à une agression extérieure« , a répété le porte-parole, soulignant que » les généraux [de l’armée syrienne] décideront quand et comment ces armes seront utilisées ».

M. Makdessi a par ailleurs accusé les occidentaux, Israël et certains pays arabes  de mener une campagne  une campagne médiatique visant à justifier une intervention militaire en mentant sur l'(éventuel) usage d’armes de destruction massive contre la population dans une tentative de répéter le scénario irakien en 2003.  Il a surtout mis en garde contre la possibilité que des parties étrangères arment les groupes terroristes  avec des bombes bactériologiques qui exploseraient dans un village pour que les forces syriennes soient accusées par la suite.

Bien avant ces déclarations, Israël a mis en état d’alerte ses forces de frappes balistiques à capacité nucléaire.  Les Etats-Unis semblent avoir finalisé plusieurs plans d’un assaut en backdoor, limitant au maximum la présence apparente de leur forces tandis que des armées de volontaires issus de ce que l’on appelle Al-Qaida sont encadrées et envoyés en Syrie sous supervision turque, britannique ou française.

L’Iran et le Hezbollah observent en silence. Ils mènent et font face à une intense guerre de renseignement et de cyberattaques. Cependant, ils se préparent depuis 18 mois au pire scénario possible. A un palier supérieur, les Etats-Unis, la Russie et la Chine s’observent en chiens de faïences: chacune de ces puissances connaît exactement les implications géopolitiques et géostratégiques de la situation actuelle au Moyen-Orient. L’objectif apparent est le démantèlement de l’Etat-nation syrien. Le principal objectif est la suprématie totale est définitive d’Israël, au moins jusqu’à l’année 2048 et au delà.

Tous les éléments indiquent l’imminence d’un conflit majeur au Moyen-Orient.  Une cinquième guerre entre Israël et la Syrie n’est plus exclue. De même qu’une guerre  entre Israël et le Hezbollah. Le sort d’Al-Assad importe peu dans ce contexte.  Il semblerait qu’en frappant les remparts de Damas, les vents du printemps arabe risquent de se transformer en une tempête nucléaire au dessus du lac de Tibériade.  Car ce fameux chemin de Damas semble mener tout droit non vers un Léviathan révé de réserves énergétiques mais à un Armageddon tant redouté où personne ne risque de s’en sortir vraiment indemne.

L’ombre d’une nouvelle guerre entre la Syrie et Israël plane sur le Moyen-Orient. L’Iran observe. Les USA réussiront-ils à éviter ce cas de figure et faire perdurer leur image du printemps arabe? C’est le principal enjeu sous peine d’une guerre mondiale.

Urgent: 70 % des unités de l’armée israélienne se massent aux frontières avec la Syrie; des forces spéciales US se concentrent au Nord de la Jordanie

Urgent: Pour la première fois depuis la création de l’Etat d’Israël, l’ensemble des unités de combat des forces armées israéliennes est en train de se concentrer au Nord à la frontière avec le Liban et au Nord-est dans le Golan à la frontière avec la Syrie en vue d’une guerre totale avec la Syrie.

Parallèlement, des unités des forces spéciales américaines se massent à la frontière entre la Jordanie et la Syrie. Un mouvement de concentration de forces similaire est enregistré en Turquie.

L’état-major iranien se prépare à la guerre ultime

La mise en place des dispositifs militaires offensifs de l’OTAN autour de la Syrie, la mobilisation russe et la multiplication des opérations clandestines de plusieurs pays au Proche et Moyen-Orient ont convaincu les iraniens de l’imminence d’une guerre de « fin du monde ».

D’après des informations, l’état-major des armées iraniennes et des gardiens de la révolution sont maintenant quasiment sûrs d’une confrontation armée majeure avec Israël, les Etats-Unis et l’OTAN devant intervenir en concomitance avec un assaut général contre la Syrie ou après la chute de Damas.

Ces deux dernières semaines, l’armée de la république islamique d’Iran est en train de diffuser et de distribuer à tous les soldats et officiers des brochures intitulées « les six derniers mois » dans lesquelles les autorités appellent l’ensemble des iraniens à se préparer à une guerre mondiale cataclysmique et d’espérer l’arrivée de l’Imam Mahdi (Le Messie), dans une référence directe à l’eschatologie musulmane.

Tout récemment, l’ayatollah Ali Khamenei a appelé les iraniens pour la première fois à se préparer à la guerre et la fin du monde. en exhortant les fidèles à attendre l’arrivée de l’Imam Mahdi.

L’état-major iranien a instruit l’ensemble des officiers supérieurs des forces armées et des milices de dispositions à prendre en vue de ce conflit dans lequel toutes les armes possibles et imaginables seront utilisés, notamment des armes nucléaires tactiques, des mini-bombes atomiques, des armes chimiques, bactériologiques, des virus, des rayonnements ionisants, des rayons à haute énergie, des bombes à micro-ondes et des bombes à neutrons.

Pour leur part, les dirigeants de l’armée syrienne s’attendent à tout moment à une invasion doublée d’une tentative de débarquement amphibie. Les récentes manœuvres militaires effectuées par les forces armées syriennes ont inclus des scénarii de guerre sur plusieurs fronts avec Israël, la Turquie et la Jordanie. La façade maritime syro-libanaise préoccupe au plus haut point les stratèges syriens, a fortiori depuis la multiplication de sous-marins non identifiés. Dans tous les cas de figure, les généraux syriens fidèles au régime semblent obsédés de se battre contre Israël. « Ne serait-ce qu’une journée, peut-être une heure et même si le monde entier nous envahit, l’important est de montrer que jusqu’au bout, on a combattu Israël qui demeure le principal problème » a affirmé un colonel syrien à la retraite.

Concernant le Liban, l’armée syrienne a fait savoir que ses unités n’auront aucun autre choix que d’intervenir dans les localités frontalières desquelles s’est retirée l’armé libanaise pour y chasser les éléments de l’armée syrienne libre (opposition armée). De son côté, le Hezbollah libanais est en alerte maximale depuis des mois face à ce qu’il appelle la guerre israélienne contre la Syrie. Le Hezbollah a réorganisé l’ensemble de ses structures de renseignement et préparé plusieurs plans en vue de contrer une offensive israélienne et atlantique contre le Liban et la Syrie. Ces plans prévoient le tir de plusieurs milliers de roquettes et de missiles sur des cibles bien en profondeur en Israël avec une focalisation sur les installations nucléaires et les bases aériennes israéliennes.

La situation dans l’ensemble de la région semble de plus en plus aléatoire: l’Arabie Saoudite, poids lourd de la géopolitique mondiale, minée par des rivalités internes, semble condamnée à moyen-terme. L’Egypte est dans la tourmente. Le Soudan se désagrège. Les sources du Nil sont en train de focaliser l’intérêt de l’AFRICOM et d’Israël. En mer Égée, la population de la Grèce vit un véritable drame du fait de la crise financière internationale-drame occulté par l’ensemble des médias internationaux- tandis que la Turquie, qui jouit encore des faveurs des financiers internationaux, remplit son rôle traditionnel de subalterne de l’OTAN contre la Syrie et l’Iran.

Les Etats-Unis, la Grande Bretagne, la France, l’Allemagne, Israël et la Turquie travaillent depuis des mois sur des plans militaires assez avancées pour intervenir en Syrie. Les israéliens sont entièrement mobilisés et se considèrent actuellement en état de guerre totale. Pour Tel-Aviv, cette guerre sera la dernière à l’issue de laquelle se décidera la survie ou non de Sion au delà de l’année fatidique 2048, soit le centième anniversaire de la création de l’Etat d’Israël. Des milliers de marines US sont actuellement en Israël pour assister ce pays à faire face à un possible embrasement de la région. Dans ce cas là, l’insistance de certains pays à prendre le chemin de Damas peut s’avérer le chemin le plus court pour aller vers l’enfer.

Les Etats-Unis renforcent leur bases au Koweït

Plus de deux décennies après la deuxième guerre du Golfe arabo-persique ayant visé l’Irak de feu Saddam Hussein, les Etats-Unis d’Amérique conservent non seulement des troupes de combat au Koweït mais sont en train de renforcer leurs effectifs.

Les Etats-Unis sont déterminés à maintenir une présence militaire durable au Golfe arabo-persique

Un rapport du Sénat américain publié par le Comité des Affaires étrangères le mardi 19 juin 2012 indique que les Etats-Unis entretiennent près de 15 000 hommes répartis dans trois bases militaires au Koweït. Avant l’invasion de l’Irak en mars 2003, le nombre de militaires US stationnés au Koweït était estimé officiellement à 5 000 hommes.

Il s’agit là de chiffres officiels n’incluant pas les statistiques relatives aux unités relevant du Commandement des opérations spéciales ou encore les innombrables structures du renseignement militaire.

Le Secrétaire à la défense US, Leon Panetta a récemment affirmé qu’il y avait près de 40 000 militaires US dans la région pour répondre efficacement et selon une certaine flexibilité à d’éventuels conflits régionaux dans une allusion claire à la tension autour de la question du nucléaire iranien, mais surtout d’éventuelles menaces sur les monarchies de la péninsule arabique.

Outre le Koweït, les Etats-Unis stationnent des forces au Bahreïn, aux Emirats Arabes Unis et au Qatar. Soit dans des pays producteurs de pétrole mais aussi de gaz.

Des batteries de missiles anti-missiles de type « Patriot » sont déployés depuis des années au Koweït. Des informations persistantes font état d’un déploiement similaire en Jordanie et en Israël mais d’informations filtrent à ce sujet.

Le Centcom ou commandement de la région centrale couvrant une grande partie du Monde arabe et de l’Asie du sud-ouest demeure une priorité vitale pour le Pentagone même si la nouvelle stratégie de défense US de l’actuelle administration Obama est en train de déplacer son centre d’intérêt vers la zone Asie-Pacifique dans ce qui s’apparente à un nouveau « containment » de la Chine.

L’Iran annonce vouloir développer son propre sous-marin nucléaire

Préparant l’inauguration de son centre spatial, l’Iran pourrait également développer son propre sous-marin à propulsion nucléaire si l’on croit une dépêche de l’agence FARS, citant le vice-Amiral Abbas Zamini de la marine iranienne.

La marine iranienne poursuit une approche asymétrique pour remédier à ses faiblesses face à un adversaire maîtrisant les océans

Simple effet d’annonce à un moment critique où l’Iran a fort à faire sur plusieurs front tant diplomatiques avec la question du nucléaire à l’AIEA que sécuritaires (crise en Syrie, tension au Liban, instabilité de l’Irak et ambiguïté gépolitique au Nord de la mer caspienne) où est-ce le prélude à une véritable industrie navale? Il ne fait aucun doute que les iraniens ont beaucoup investi dans les recherches sur les submersibles, considérés comme le fleuron de sa marine. A l’instar de l’Allemagne face à la Grande-Bretagne lors des deux dernièrs conflits mondiaux, tous les pays ne disposant pas d’une marine de surface forte se concentrent sur les sous-marins, réputés plus aptes à la survie en cas de guerre mais aussi plus susceptible de causer des dommages à la marine ennemie que tout autre bâtiment de surface.

Le vice-amiral iranien a déclaré que son pays aborde les étapes initiales de la conception de sous-marins nucléaires et que l’usage de la propulsion nucléaire ne représentait pas une violation des Accords et conventions internationales en ce domaine. L’Iran produit déjà une série de mini-submersibles à propulsion conventionnelle de fabrication locale et entend utiliser cet arme redoutable pour bloquer le détroit d’Ormuz en cas d’un éventuel conflit avec les Etats-Unis, Israël et leurs alliés dans le golfe arabo-persique.

Israël obsédé par le cyber-espace

La reconnaissance anodine de Benjamin Netanyahu, Premier ministre d’Israël que son pays considère le cyber-espace comme un danger stratégique et que d’importants budgets et moyens ont été mis à disposition pour « la défense électronique » ne fait que confirmer un peu plus l’obssession israélienne vis-à-vis l’internet et les réseaux.

De son côté, le ministre israélien de la guerre a affirmé au cours d’une journée d’études sur la cyber-guerre à Tel-Aviv que son gouvernement se prépare à occuper les devants de la scène mondiale dans la guerre électronique.

Echaudés par la latitude offerte par le réseaux des réseaux à toutes sortes d’expressions, allant jusqu’à rendre inopérante la mainmise des lobbies pro-israéliens sur les grands médias, les israéliens ont entamé depuis les années 2000, un vaste programme de riposte incluant une présence accrue sur l’ensemble des plate-formes, plus particulièrement les sites de partage de vidéos en ligne, les sites de messagerie et de blogging et les réseaux sociaux. Mais ce n’est pas tout. Les firmes israéliennes coopèrent avec des compagnies américaines et taiwanaise dans la mise au point de virus, malware, vers, chevaux de trois et autres pièges logiques en vue d’un usage offensif et militaire. Les cibles sont loin de se restreindre uniquement à la république islamique d’Iran, le Liban ou la Syrie mais s’étend à l’ensemble des pays arabes. Y compris ceux classé comme alliés.

Téhéran est régulièrement la cible depuis trois ans de virus informatique particulièrement complexes se propageant via des supports de mémoire amovibles et ciblant des logiciels industriels. Les installations nucléaires iraniennes ont ainsi subi d’importants préjudices après l’infection des ordinateurs de la centrale nucléaire de Boushehr et des installations de Natanz par un malware informatique dénommé « Stuxnet ». Un autre logiciel malveillant s’est récemment attaqué aux ordinateurs des industries pétrolières iraniennes. L’Iran a accusé nommément Israël et les Etats-Unis d’être derrière ces offensives électroniques.

D’autres vers (worms) assez sophistiqués et difficilement décelables se sont propagés dans l’ensemble des pays arabes dès le lendemain du discours du président américain Barack Obama au Caire, le 04 juin 2009, avant de connaître un pic pendant ce que l’on appelle le « Printemps arabe ». Le logiciel malveillant « Flame » est d’une redoutable efficacité et peut prendre le contrôle les appareils de prise de son et d’images d’ordinateurs ou de terminaux mobiles.

Le New York Times et Yediot Ahranot ont publié ces dis derniers jours des articles confirmant que les Etats-Unis d’Amérique et Israël sont entrés dans une phase offensive de la guerre électronique contre l’Iran. Selon le New York Times, le président Obama, qui tente de tirer profit de la guerre des drones, avait ordonné d’intensifier la cyber-guerre tout azimuts contre des pays comme l’Iran ou la Corée du Nord en vue de saboter leurs programmes nucléaire et spatial.

La cyber-guerre conduite par Washington et Tel-Aviv ne se limite pas au virtuel: des commandos et des agents parcourent les pays visés afin d’y disséminer des virus informatiques et collecter des informations sur les systèmes fermés non connectés à internet.

En Russie, la firme Kaspersky, spécialisée dans la sécurité informatique, a rendu public un communiqué mettant en cause un malware dénommé « Flame » visant la quasi-totalité des pays arabes et l’Iran. Cette annonce est intervenue en pleine crise internationale sur la Syrie. D’après des informations non confirmées, ce logiciel malveillant est sur le point d’être désactivé après qu’il ait été démasqué.

En tout état de cause, Israël est non seulement obsédé par son image sur le web mais joue un rôle de premier plan dans la propagation de virus informatiques dans le cadre de ce qu’il considère comme sa cyber-guerre contre ses ennemis.

Syrie: l’OTAN prépare une vaste opération d’intoxication

Dans quelques jours, peut-être dès vendredi 15 juin à midi, les Syriens qui voudront regarder les chaînes nationales verront celles-ci remplacées sur leurs écrans par des télévisions créées par la CIA. Des images réalisées en studio montreront des massacres imputés au gouvernement, des manifestations populaires, des ministres et des généraux donnant leur démission, le président el-Assad prenant la fuite, les rebelles se rassemblant au cœur des grandes villes, et un nouveau gouvernement s’installant au palais présidentiel.

Cette opération, directement pilotée depuis Washington par Ben Rhodes, conseiller adjoint de sécurité nationale des États-Unis, vise à démoraliser les Syriens et à permettre un coup d’État. L’OTAN, qui se heurte au double veto de la Russie et de la Chine, parviendrait ainsi à conquérir la Syrie sans avoir à l’attaquer illégalement. Quel que soit le jugement que l’on porte sur les événements actuels en Syrie, un coup d’État mettrait fin à tout espoir de démocratisation.

Très officiellement, la Ligue arabe a demandé aux opérateurs satellitaires Arabsat et Nilesat de cesser la retransmission des médias syriens, publics et privés (Syria TV, Al-Ekbariya, Ad-Dounia, Cham TV etc.). Il existe un précédent, puisque la Ligue avait déjà œuvré à la censure de la télévision libyenne pour empêcher les dirigeants de la Jamahiriya de communiquer avec leur peuple. Il n’y a pas de réseau hertzien en Syrie où les télévisions sont exclusivement captées par satellite. Mais cette coupure ne laissera pas les écrans noirs.

En effet, cette décision publique n’est que la partie émergée de l’iceberg. Selon nos informations plusieurs réunions internationales ont été organisées cette semaine pour coordonner l’opération d’intoxication. Les deux premières, d’ordre technique, se sont tenues à Doha (Qatar), la troisième, politique, s’est tenue à Riyad (Arabie saoudite).

Une première réunion a rassemblé les officiers de guerre psychologique « embedded » dans quelques chaînes satellitaires, dont Al-Arabiya, Al-Jazeera, BBC, CNN, Fox, France 24, Future TV, MTV — On sait que depuis 1998 des officiers de l’United States Army’s Psychological Operations Unit (PSYOP) ont été incorporés dans la rédaction de CNN ; depuis, cette pratique a été étendue par l’OTAN à d’autres stations stratégiques—. Ils ont rédigé à l’avance de fausses informations, selon un « storytelling » élaboré par l’équipe de Ben Rhodes à la Maison-Blanche. Une procédure de validation réciproque a été mise au point, chaque média devant citer les mensonges des autres pour les rendre crédibles aux yeux des téléspectateurs. Les participants ont également décidé de ne pas uniquement réquisitionner les chaînes de la CIA pour la Syrie et le Liban (Barada, Future TV, MTV, Orient News, Syria Chaab, Syria Alghad), mais aussi une quarantaine de chaînes religieuses wahhabites qui appelleront au massacre confessionnel au cri de « Les chrétiens à Beyrouth, les alaouites au tombeau ! »

Le second meeting réunissait des ingénieurs et des réalisateurs pour planifier la fabrication d’images de fiction, mêlant une partie en studio à ciel ouvert et une partie d’images de synthèse. Des studios ont été aménagés durant les dernières semaines en Arabie saoudite pour reconstituer les deux palais présidentiels syriens et les principales places de Damas, Alep et Homs. Il existait déjà des studios de ce type à Doha, mais ils étaient insuffisants.

La troisième réunion regroupait le général James B. Smith, ambassadeur des États-Unis, un représentant du Royaume-Uni, et le prince Bandar Bin Sultan (que le président George Bush père désignait comme son fils adoptif, au point que la presse états-unienne l’a surnommé « Bandar Bush »). Il s’agissait de coordonner l’action des médias et celle de « l’Armée syrienne libre » dont les mercenaires du prince Bandar forment le gros des effectifs.

L’opération qui était en gestation depuis des mois a été précipitée par le Conseil de sécurité nationale des États-Unis après que le président Poutine ait notifié à la Maison-Blanche que la Russie s’opposerait par la force à toute intervention militaire illégale de l’OTAN en Syrie.

Cette opération comprend deux volets simultanés : d’une part déverser de fausses informations et d’autre part censurer toute possibilité d’y répondre.

Le fait d’interdire des TV satellitaires pour conduire une guerre n’est pas nouveau. Ainsi, sous la pression d’Israël, les États-Unis et l’Union européenne ont successivement interdit des chaînes libanaise, palestiniennes, irakiennes, libyennes, et iraniennes. Aucune censure n’a été effectuée envers des chaînes satellitaires provenant d’autres régions du monde.

La diffusion de fausses nouvelles, n’est pas non plus une première. Cependant, quatre pas significatifs ont été franchis dans l’art de la propagande au cours de la dernière décennie.
• En 1994, une station de musique pop, la Radio libre des Mille Collines (RTML) a donné le signal du génocide rwandais en appelant à « Tuer les cafards ! ».
• En 2001, l’OTAN a utilisé des médias pour imposer une interprétation des attentats du 11-Septembre et justifier les attaques de l’Afghanistan et de l’Irak. À l’époque déjà, c’est Ben Rhodes qui avait été chargé par l’administration Bush de rédiger le rapport de la Commission Kean/Hamilton sur les attentats.
• En 2002, la CIA a utilisé cinq chaînes, Televen, Globovision, Meridiano, ValeTV et CMT, pour faire accroire que des manifestations monstres avaient contraint le président élu du Venezuela, Hugo Chavez, à démissionner, alors qu’il venait d’être victime d’un coup d’État militaire.
• En 2011, France 24 faisait de facto office de ministère de l’Information du Conseil national libyen, avec qui il était lié par contrat. Lors de la bataille de Tripoli, l’OTAN a fait réaliser en studio et diffuser par Al-Jazeera et Al-Arabiya des images des rebelles libyens entrant sur la place centrale de la capitale, alors qu’ils étaient encore loin de la ville, de sorte que les habitants, persuadés que la guerre était perdue, cessèrent toute résistance.

Désormais, des médias ne se contentent plus de soutenir la guerre, ils la font.

Ce dispositif viole des principes de base du droit international, à commencer par l’article 19 de la Déclaration universelle des Droits de l’homme relatif au fait « de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit ». Surtout, il viole les résolutions de l’Assemblée générale des Nations-Unies, adoptées au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour prévenir les guerres. Les résolutions 110, 381 et 819 interdisent « les obstacles au libre-échange des informations et des idées » (en l’occurrence la coupures des chaînes syriennes) et « la propagande de nature à provoquer ou encourager toute menace à la paix, rupture de la paix, ou tout acte d’agression ». En droit, la propagande de guerre est un crime contre la paix, le plus grave des crimes, puisqu’il rend possible les crimes de guerre et les génocides.

Thierry Meyssan
Voltairenet.org

Stuxnet ou l’extension du domaine de la lutte

Ceci est un article publié pour la première fois le 07 novembre 2010.  Sa pertinence en ces temps de cyberguerre marqués par l’utilisation de certains gouvernements de malware informatiques complexes  de nouvelle génération à des fins offensives. Ces nouvelles cyberarmes s’appellent Stuxnet, Duqu, Flame, etc. Ils constituent moins une nouveauté révolutionnaire qu’une nouvelle approche de l’affrontement dans le domaine des relations internationales.

« En l’espace de moins d’une année, deux faits en apparence non liés ont focalisé l’attention sur l’usage de nouveaux outils à des fins politiques et/ou idéologique en redonnant raison à une thèse chinoise apparue en 1997 sur la guerre sans limites selon laquelle les acteurs étatiques mais également non-étatiques auront de plus en plus recours à la guerre multidimensionnelle et tout azimuts pour imposer leurs volonté ou défendre leurs intérêts vitaux.

Le cyber espace est devenu une nouvelle dimension de la lutte pour l’hégémonie mondiale

La première et l’apparition dès janvier 2010 d’un ver informatique exploitant les failles du système Windows et ciblant les SCADA, fortement soupçonné d’être le fer de lance d’une nouvelle attaque après celle ayant mobilisé au moyens de ce que l’on appelle les réseaux sociaux la rue iranienne au lendemain des élections présidentielles tenus dans ce pays ; la seconde, plus conventionnelle et relative au monde de la culture concerne les doutes exprimés dans nombre de pays suite à l’attribution du prix Nobel de la paix à un blogueur chinois emprisonné pour sa dissidence et dont la notoriété est loin d’être parvenue aux quatre coins du globe. Dans les deux cas, que rien ne puisse lier en apparence, il semblerait que ces tentatives élaborés rejoignent celles où des concepts assez récents comme ceux des doits de l’homme ou l’écologie sont manipulés et instrumentalisés à des fins purement politiques.

L’apparition et la propagation subreptices d’un ver informatique utilisant les clés mémoire USB comme vecteur et visant exclusivement les programmes industriels et les automates programmables de la firme allemande Siemens, fort présente dans la plupart des pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient est passée quasiment inaperçue jusqu’à ce que des médias iraniens fassent état de l’infection de 30000 ordinateurs dont les portables des ingénieurs Russes travaillant à la finalisation de la centrale nucléaire iranienne de Bouchehr , marque une nouvelle étape dans l’utilisation des technologies de pointe à des fins offensives.

Si des virus et des vers, voire des chevaux de Troie et autres trappes logiques sont légion dans le domaine informatique et demeurent un phénomène assez de moins en moins l’apanage d’individus ou de groupes d’individus et apparaissent chaque jour que Dieu fait, il n’en est pas de même pour ce ver, dont la sophistication dépasse de loin celle des vers assez courants infectant chaque jour des millions d’ordinateurs de part le monde.

Des experts en sécurité informatique estiment que ce vers aux références bibliques (notamment au livre d’Esther selon le New York Times) est l’une des premières cyber-armes visant spécifiquement une cible stratégique, en l’occurrence la centrale nucléaire iranienne de Bouchehr. Et cela à lui seul constitue une révolution. On est donc loin de 1981 lorsque l’aviation israélienne intervenait par un raid éclair contre le réacteur nucléaire irakien d’Osirak. Bien que le bombardement des sites nucléaires iraniens soit parfaitement à la portée de l’aviation israélienne, il n’en demeure pas moins que nul ne saurait les conséquences d’une telle agression dans un contexte fort tendu au Moyen-Orient où se cristallisent plusieurs pôles antagonistes et où l’occupation US de l’Irak et de l’Afghanistan génère autant de tensions que de solutions. D’où le recours à une forme élaborée de cyberguerre pour tenter de mettre à bas des installations industrielles sensibles.

Une nouveauté après une première tentative de déclencher une insurrection populaire anti-gouvernementale en Iran en utilisant massivement au moins un réseau de téléphonie mobile et les réseaux sociaux de l’internet (plus particulièrement Facebook et Twitter)à l’issue de la réélection du président Ahmadinedjad. Ces nouvelles armes augurent du monde qui se prépare et dans lequel le cyberespace constituerait un domaine de lutte par excellence.

Phénomène su net vite devenu phénomène social à l’échelle planétaire, le réseau social Facebook constitue désormais l’un des outils de travail des renseignements généraux de la quasi-totalité des polices du monde. Des Etats encouragent, de façon plus ou moins tacite, leurs concitoyens à s’y inscrire et facilitent la connexion à ce réseau à partir des téléphones mobiles 3G. Si l’utilité de ce réseau est indéniable pour le marketing, la publicité et la communication, elle est d’autant moins lorsqu’ il s’agit de préserver l’ordre social ou de se prémunir de la propagation de fausses informations. C’est le syndrome de Téhéran : en exploitant les formidables capacités de regroupement qu’offre Facebook, l’opposition iranienne a presque réussi la première révolution (qu’elle a voulue verte comme ailleurs elle fut orange) basée entièrement sur un vecteur numérique associé au SmS (short message service) d’un ou de plusieurs opérateurs de téléphonie mobile.

D’ailleurs, cette révolution colorée visant sinon à abattre, du moins à contrecarrer le régime de Téhéran n’a échoué que parce que l’Iran dispose, à l’instar d’un nombre croissant de pays, d’unités de cyber-guerre.

L’extension du domaine de la lutte, pour reprendre le titre d’un roman d’Houllebecq, entre entités étatiques ou acteurs globaux (multi ou transnationales) s’intensifie et ne se contente plus des sphères qui lui étaient naguère traditionnelles. L’épisode du ver Stuxnet est plus significatif dans la mesure où un petit logiciel informatique dont le développement n’aurait coûté que quelques millions de dollars (contre 200000 USD pour un ver ou virus développés par des pirates « conventionnels » a aurait été utilisé dans un but offensif afin de mettre à terre une installation nucléaire sans l’aide de moyens militaires physiques autrement plus coûteux et à l’issue assez critique.

Stuxnet n’est pas le seul malware à s’attaquer aux installations iraniennes; Flame est un autre malware lancé contre plusieurs pays du Proche et Moyen-Orient simultanément avec le « Printemps arabe »

Cette tendance s’affirme de plus en plus et se traduit par un redéploiement sans précédant au niveau des idées mais également le champ économique et financier avec un usage de plus en plus croissant des nouvelles technologies (nanotechnologies, web, espace, etc.) afin de s’assure d’une hégémonie sans cesse mise à mal par les prémisses d’une nouvelle configuration internationale dont nul ne saurait quels seront les véritables contours d’ici vingt à trente ans ».