Montée en puissance de l’aéronavale chinoise

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Dans un éditorial au vitriol du journal chinois Global Times, publié au cours de la semaine dernière, la Chine a rappelé qu’elle a accumulé assez de puissance autour du détroit de Formose pour traiter la menace américaine. Par traiter, il faut entendre mettre en échec. C’était la réponse indirecte de Pékin aux propos du président US élu Donald Trump sur un éventuel marchandage sur le concept d’une Chine unie.

Hasard du calendrier, l’aéronavale chinoise a commencé hier ses premiers exercices à munitions réelles. Les photographies de cet exercice, notamment celles du chasseur Shenyang J-15,  se passent de tout commentaire. Le président Barack Obama peut continuer à qualifier la Russie (et la Chine) de « petits pays ne produisant pas grand chose et n’innovant point ». le déni de réalité est la marque du déclin des empires.

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Les analystes occidentaux estiment que le J-15, dérivé de la technologie russe,  demeure bien inférieur au F/A 18 Hornet américain. La condescendance à l’égard de Pékin est un réflexe constant. Cependant, dans la logique chinoise, laquelle n’a que très peu de chose à voire avec la logique du marché, un porte-avions peut en cacher bien d’autres. Et aux dernières nouvelles, Pékin vient d’approuver la construction de cinq groupes de combat.

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France: près de 150 morts dans des attaques à Paris

Le bilan des attaques ayant visé plusieurs points en agglomération de Paris est l’un des pires jamais enregistrés dans l’histoire contemporaine de France. Nos sources évoquent près de 150 tués dont près d’une centaine au Bataclan, où il y a eu une prise d’otage par deux membres du commando. La prise d’otages au Bataclan aurait été une tactique de diversion visant à couvrir le retrait du gros des assaillants. Faut-il parler d’un fiasco? Il semble que oui.

Passé le choc, on peut être certains que les français sauront juger de la gestion de ce désastre. En temps normal, des têtes devraient tomber.

Vers un renversement de situation au Proche-Orient

La période du « Printemps arabe » touche à sa fin. Désormais, la Maison-Blanche et le Kremlin sont en train de redessiner les contours du « Moyen-Orient élargi ». Cependant, leur accord conclu avant l’intervention militaire russe en Syrie pourrait être modifié par le changement de l’équilibre des forces. Rien ne prouve que Moscou acceptera la stabilisation de la Syrie et fermera les yeux sur la partition de la Turquie et de l’Arabie saoudite qui vont commencer. Quoi qu’il en soit, le bouleversement qui s’annonce modifie la donne établie depuis cinq ans. La plupart des puissances impliquées essayent donc de retourner leur veste avant les autres.

La presse, dans quelque pays que ce soit, est tellement occupée à scruter la position de son propre État dans le conflit du Proche-Orient qu’elle ignore les négociations globales entre la Maison-Blanche et le Kremlin [1] et, du coup, interprète de travers les événements secondaires. Pour clarifier l’agitation diplomatique actuelle, nous devons donc revenir à l’accord USA-Russie de septembre dernier.

La partie publique de cet accord a été formulée par la Russie dans un document distribué le 29 septembre au Conseil de sécurité de l’Onu [2]. Il indique que, pour rétablir la paix et la stabilité en Afrique du Nord et au Proche-Orient, il faut et il suffit (1) d’appliquer les résolutions du Conseil de sécurité —ce qui implique notamment le retrait d’Israël sur ses frontières de 1967— et (2) de lutter contre l’idéologie terroriste —c’est-à-dire à la fois contre les Frères musulmans créés par le Royaume-Uni et soutenus par la Turquie, et contre le wahhabisme propagé par l’Arabie saoudite—.

Il avait été initialement prévu que la Russie fasse adopter une résolution en ce sens lors de la réunion du 30 septembre du Conseil de sécurité. Cependant, les États-Unis s’y sont opposés dans l’heure précédente [3]. Sergey Lavrov a alors présidé la séance sans évoquer son projet. Cet événement majeur ne peut s’interpréter que comme un désaccord tactique qui ne doit pas entraver un accord stratégique.

Le 20 octobre, le président Vladimir Poutine recevait au Kremlin son homologue syrien, Bachar el-Assad, en présence de ses ministres de la Défense et des Affaires étrangères, du secrétaire général du Conseil russe de sécurité nationale et du chef des services secrets. L’entretien portait sur l’application du plan russo-états-unien, incluant celle du Communiqué de Genève du 30 juin 2012 [4]. Le président el-Assad faisait valoir qu’il suit les instructions de ce Communiqué et, notamment, qu’il a intégré dans son gouvernement les partis d’opposition qui en ont fait la demande conformément à la description que le Communiqué fait d’un Organe gouvernemental de transition.

S’étant assuré que les deux pays avaient une même lecture du Communiqué de Genève, la Russie et les États-Unis décidèrent de mettre au pas les États dissidents, à savoir la France, la Turquie et l’Arabie saoudite. Sachant que la position française n’est pas fondée sur des intérêts réalistes, mais s’explique exclusivement par un fantasme colonial et par la corruption de son gouvernement par l’argent turc et saoudien [5], la Maison-Blanche et le Kremlin décidèrent de traiter uniquement la source du problème, à savoir Ankara et Riyad. Le 23 octobre, John Kerry et Sergey Lavrov reçurent donc leurs homologues turc et saoudien à Vienne. Aucun texte final n’a été publié. Cependant, il semble que la Russie ait menacé les deux invités sans que les États-Unis ne prennent leur défense.

Affolé d’une possible entente russo-états-unienne contre la Turquie et l’Arabie saoudite, la France convoqua alors un « dîner de travail », et non un « sommet diplomatique », à Paris. L’Allemagne, l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis, les États-Unis, l’Italie, la Jordanie, le Qatar, le Royaume-Uni et la Turquie « évoquèrent » et non « décidèrent » le sort de la Syrie. Le format de cette réunion correspond à celui du « Core Group » des « Amis de la Syrie », sauf l’Égypte qui a déjà secrètement rejoint le camp de la Syrie. Le fait d’avoir été contraint d’inviter les États-Unis a plombé la réunion. Là encore, pas de texte final.

Enfin, le 30 octobre, les États-Unis et la Russie réunissaient un plus vaste aréopage comprenant tous les participants aux deux réunions précédentes plus l’Égypte, la Chine, l’Irak, l’Iran, le Liban, Oman, l’Union européenne et les Nations unies. Si la presse s’est esbaudie de la présence de l’Iran qui avait été tenu à l’écart de tout règlement depuis le début du conflit, elle n’a pas relevé le retour de l’Égypte du maréchal al-Sissi qui rentre sur la scène internationale grâce à la découverte de ses nouvelles réserves de pétrole, ni de l’absence persistante de la principale puissance régionale, Israël. Ce dernier point ne peut s’expliquer que dans le cas où l’État hébreu avait obtenu préalablement la garantie de parvenir à un de ses objectifs de guerre, la création d’un État colonial au Nord de la Syrie.

Les participants ont tous été priés de signer une déclaration finale que seuls les Russes et les Iraniens ont prit soin de diffuser [6]. Et pour cause : elle marque la défaite des faucons US. En effet, dans son point 8, il est indiqué que le « processus politique » —et non pas le « processus de transition »— sera conduit par les Syriens, propriété des Syriens, et que le Peuple syrien décidera du futur de la Syrie [7]. Cette formulation lourde invalide le document Feltman qui constitue l’objectif depuis plus de trois ans des faucons US, des Français, des Turcs et des Saoudiens : la capitulation totale et inconditionnelle de la République arabe syrienne [8].

Le projet US se poursuit malgré l’accord avec la Russie

La suite des événements devrait donc logiquement être la mise au pas de la Turquie, de l’Arabie saoudite et de la France, ce qui pourrait être fait tout en poursuivant les objectifs initiaux US.

Pour la Turquie, après le scrutin probablement truqué du 1er novembre et la victoire de l’AKP [9], la guerre civile devrait s’étendre et se développer [10] jusqu’à la partition du pays en deux, puis à la fusion du Kurdistan turc, du Kurdistan irakien et d’un territoire arabe syrien occupé par les Kurdes syriens et les États-Unis. D’ores et déjà, le YPG et les États-Unis conquièrent ensemble un territoire arabe au Nord de la Syrie. Le YPG qui, jusqu’au mois dernier, recevait ses armes et ses soldes de Damas, s’est retourné contre la République arabe syrienne. Ses miliciens envahissent les villages conquis, expulsent les enseignants et décrètent la kurdisation forcée des écoles. Le Kurde, qui était parlé et enseigné à l’école, devient la langue unique et obligatoire. Les milices de la République arabe syrienne, notamment les Assyriens, en sont réduites à défendre leurs écoles par les armes contre leurs compatriotes kurdes [11].

De son côté le roi Salman d’Arabie saoudite doit encaisser sa défaite au Yémen ; un voisin qu’il avait envahi officiellement pour soutenir un président en fuite, en réalité pour exploiter avec Israël le pétrole du « Quart vide » [12]. Coup sur coup, les Émirats arabes unis et l’Égypte se sont retirés de sa Coalition. Les premiers après avoir essuyé de lourdes pertes parmi leurs officiers, les seconds plus discrètement, laissant les opérations militaires aux seules mains des Israéliens. Les Houthis, poussés vers le Nord par les bombardements, ont effectué plusieurs incursions en Arabie saoudite et y ont détruit des bases militaires aériennes et leurs matériels. Les soldats saoudiens, presque tous des étrangers servant sous écusson saoudien, ont déserté en masse contraignant le roi à prendre un décret contre les abandons de poste. Pour éviter un désastre militaire, l’Arabie saoudite a alors sollicité de nouveaux alliés. Contre de l’argent sonnant et trébuchant, le Sénégal a envoyé 6 000 hommes et le Soudan 2 000. La Mauritanie hésite à envoyer un contingent. Le roi, dit-on, aurait également sollicité l’armée privée Academi (ex-Blackwter/Xe) qui recruterait actuellement des mercenaires en Colombie. Ce fiasco est directement imputable au prince Mohammed ben Salmane, qui a revendiqué l’initiative de cette guerre. Ainsi, il affaiblit l’autorité de son père, le roi Salman, et fait gronder la contestation des deux clans exclus du pouvoir, ceux de l’ancien roi Abdallah et du prince Bandar. Logiquement ce conflit devrait aboutir à un partage de leur héritage entre les trois clans et donc à un partage du royaume en trois États.

Ce n’est qu’après ces nouveaux conflits que la paix devrait revenir dans la région, sauf dans la partie arabe colonisée par le nouveau Kurdistan, appelée à devenir le nouveau point de fixation des antagonisme régionaux en lieu et place de la Palestine.

Mais même écrit, le futur est incertain. Le renversement du rapport de forces entre Washington et Moscou [13] pourrait modifier leur accord.

Les rats quittent le navire

Alors que les mauvais joueurs annoncent sans sourciller que l’intervention militaire russe en Syrie n’apporte pas les résultats escomptés par Moscou, les jihadistes en fuite se replient en Irak et en Turquie. Le chef d’état-major US, le général Joseph Dunford, a admis, le 27 octobre lors d’une audition au Sénat, que désormais les armes parlaient en faveur de la République arabe syrienne [14]. Tandis que le Commandeur suprême de l’Otan, le général Philip Breedlove, a déclaré, le 30 octobre lors d’une conférence de presse au Pentagone, que c’est une litote de dire que la situation évolue de jour en jour et menace désormais la sécurité de l’Europe [15].

Force est de constater que l’alliance entre les partisans du chaos et ceux de la recolonisation va non seulement perdre en Syrie, mais que l’Alliance atlantique elle-même ne peut plus prétendre à la domination globale. Du coup, une soudaine agitation traverse les chancelleries, beaucoup affirmant qu’il est temps de parvenir à la paix —ce qui sous-entend qu’ils pensaient jusque là différemment—.

Les « retournements de veste » qui s’annoncent à propos de la Syrie auront comme première conséquence la consécration du rôle international de la République islamique d’Iran et de la Fédération de Russie ; deux acteurs que la presse occidentale présentait, il y a quatre mois encore, comme totalement isolés et voués à de terribles difficultés économiques ; deux puissances qui sont désormais les premières forces militaires, régionale pour l’Iran et globale pour la Russie ; et comme seconde conséquence le maintien au pouvoir du président el-Assad dont on annonce depuis cinq ans qu’« il doit partir ».

Dans ce contexte, la propagande de guerre continue imperturbablement, affirmant que si ce ne sont pas les bombardements russes qui tuent des civils, c’est l’armée syrienne qui les bombarde ; imputation confirmée par la matrice des organisations terroristes, les Frères musulmans, via leur Observatoire syrien des Droits de l’homme. Ou encore que la Russie est pressée de négocier car son intervention lui revient cher —comme si elle ne l’avait pas budgétisée durant sa longue préparation—. Jamais à court d’invention, le directeur de la CIA, John Brennan, prétend quant à lui que la Russie s’apprête à lâcher le président el-Assad, alors même que le président Poutine s’est gaussé de cette auto-persuasion quelques jours plus tôt, au Club de Valdai.

En France, la révolte gagne la classe politique. Les quatre principaux leaders de la droite, Dominique de Villepin, François Fillon, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy ont chacun de leur côté déclaré qu’il est absurde de s’aliéner la Russie et de ne pas reconnaitre la défaite en Syrie. Cependant Alain Juppé, qui joua un rôle central dans le début de la guerre, notamment en signant un traité secret avec la Turquie, persiste à conserver l’objectif de renverser la République arabe syrienne, plus tard. À gauche, plusieurs leaders envisagent de prochains voyages à Damas.

La panique devant les changements prévisibles est en fait générale. Si Nicolas Sarkozy s’est précipité chez le président Poutine, le vice-chancelier allemand, Sigmard Gabriel, également [16]. Il a plaidé pour que l’on referme les contentieux et les aigreurs du passé et que l’on renoue le dialogue avec la Russie. Il était temps.

Thierry Meyssan

Source: Voltairenet

Notes:

[1] « Moscou et Washington entendent refonder les relations internationales », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 octobre 2015.

[2] « Proposition russe d’un débat au Conseil de sécurité sur le terrorisme », Réseau Voltaire, 1er octobre 2015.

[3] “Lavrov to chair Security Council’s meeting on fighting terrorism”, Tass, September 30, 2015.

[4] « Communiqué final du Groupe d’action pour la Syrie », Réseau Voltaire, 30 juin 2012.

[5] « Pourquoi la France veut-elle renverser la République arabe syrienne ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 octobre 2015.

[6] “Joint Statement on the outcome of the multilateral talks on Syria”, Voltaire Network, 30 October 2015.

[7] “This political process will be Syrian led and Syrian owned, and the Syrian people will decide the future of Syria”.

[8] « Deux épines dans le pied d’Obama », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 31 août 2015.

[9] « Vers la fin du système Erdoğan », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 15 juin 2015.

[10] « La Turquie en danger », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 27 juillet 2015.

[11] « Les États-Unis et Israël débutent la colonisation du Nord de la Syrie », Réseau Voltaire, 1er novembre 2015.

[12] « Les projets secrets d’Israël et de l’Arabie saoudite », par Thierry Meyssan ; « Pourquoi l’Occident est-il silencieux sur la guerre du Yémen ? », par Martha Mundy, Traduction Alasso, Counterpunch, Réseau Voltaire, 22 juin et 4 octobre 2015.

[13] « L’armée russe affirme sa supériorité en guerre conventionnelle », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 19 octobre 2015.

[14] “Dunford Tells Senate Now is Time to Reinforce Iraqi Success Against ISIL”, Jim Garamone, DoD News, October 27, 2015.

[15] “Department of Defense Press Briefing by General Breedlove in the Pentagon Briefing Room”, October 30, 2015.

[16] « L’Allemagne tente de se sortir du conflit syrien », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie), Réseau Voltaire, 29 octobre 2015.

La Russie n’exclut pas des frappes de missiles de croisière en Libye

La Russie a officiellement fait savoir à l’Algérie, l’Egypte et la Tunisie qu’elle suit avec une attention soutenue l’évolution de la situation en Libye et que la montée en puissance de Daech dans ce pays méditerranéen préoccupe Moscou au plus haut point.

Hier, le quotidien algérien El-Khabar, citant une source sécuritaire de haut niveau, a révélé que des drones russes survolent l’espace aérien libyen depuis plus de deux mois. et qu’au moins un satellite militaire russe surveille en permanence la Libye depuis la fin de l’année 2013. Cette même source, citée par le même journal,  a laissé entendre que les russes n’excluent pas le recours à des frappes de missiles de croisière contre des cibles situées en Cyrénaïque ou dans le Golfe de Syrte.

La plupart des cibles de Daech en Libye sont près de la longue façade maritime du pays et sont faciles à atteindre par les missiles de croisière russes lancés à partir de bâtiments de surface ou de submersibles évoluant en Méditerranée orientale.

Les russes estiment qu’il est temps d’en finir avec le terrorisme international, objectif ouvertement partagé par Pékin. Des exercices militaires conjoints sino-russes et d’autres menés avec des pays de l’OCI (Organisation de la Coopération de Shanghaï) ont simulé des opérations aéronavales et amphibies contre le « terrorisme international » soulevant des interrogations sur la nouvelle définition du terme dans la perception de Moscou et de Pékin.

Il semble évident que par le terme terrorisme, les russes désignent les outils servant les intérêts géostratégiques de Washington et des ses alliés, soit les phénomènes type Daech ou Al-Qaïda. En d’autres termes, les Etats-Unis et l’Otan.

De sources diplomatiques on a appris que les russes ont demandé à des pays comme l’Algérie,  l’Egypte et la Tunisie, des explications sur l’absence apparente de stratégie offensive face à l’immense danger que constitue désormais la Libye pour l’ensemble de la région.

Les russes ne comptent pas en rester là et évoquent le problème crée de toutes pièces de Boko Haram en Afrique de l’Ouest, problème similaire à la création levantine et dont la solution ne pourrait en aucun cas venir des pays qui l’arment contre les Etats de la région.

L’affaire ukrainienne, montée de toutes pièces par les caciques de l’Otan afin d’acculer Moscou dans ses derniers retranchements et le forcer à lâcher la main en Syrie, a eu un effet totalement inattendu: non seulement la Russie est en train de reprendre pied au Levant et au Moyen-Orient, jusqu’à y compris le siège de l’ancien commandement militaire US à Baghdad, mais semble déterminée à reprendre sa place en Libye et même au delà dans les profondeurs de l’hinterland africain.

Syrie, quelle est la stratégie russe?

Quelle est la stratégie de Vladimir Poutine en Syrie? Défendre un réduit Alaouite afin de sécuriser l’accès de la Russie aux mers chaudes ou à l’inverse renverser l’Etat Islamique afin de contrôler l’ensemble du Moyen-Orient? Pour répondre à cette question, il convient de replacer l’intervention russe en perspective historique et géopolitique.

L’intervention Russe, une revanche sur la guerre de Crimée

Depuis plusieurs siècles, la Russie affirme son droit à la protection des minorités orthodoxes du Levant.Soue ce rapport, la France qui a protégé traditionnellement les chrétiens d’Orient – et la Russie, se trouvent en positions quasi concurrentes. Cette rivalité s’est d’ailleurs cristallisée dans la guerre de Crimée (1853-1856) pendant laquelle l’Empire Ottoman, allié à la France et l’Angleterre, s’est opposé à la Russie.

A l’inverse de Lord Palmerston, tenant d’une politique punitive envers la Russie, Napoléon III adopte alors une attitude conciliante envers le Tsar, qui participe au renouveau de l’influence française en Europe. Une fois la Russie évincée du Levant, la France se trouve dans l’obligation d’assurer la protection de la Syrie. Lorsque 6000 chrétiens sont massacrés à Damas du 9 au 18 juillet 1860, la France réagit avec fermeté en faisant adopter un protocole international le 3 août 1860 : un corps de troupes européennes de 6 000 hommes est dirigé vers la Syrie afin de contribuer au rétablissement de la tranquillité. Il s’agit de la première expédition à but humanitaire de l’histoire. Aujourd’hui, les acteurs géopolitiques n’ont pas fondamentalement changé au Levant, à la différence près que les Etats-Unis se sont substitués à la Grande-Bretagne. En revanche, les rôles sont inversés: la Russie a pris la place abandonnée par la France.

La Syrie, nouvelle Ukraine

La Syrie se présente en quelque sorte comme l’Ukraine de l’Iran. L’Empire Sassanide s’appuyait en effet jadis sur trois espaces stratégiques : la plaine irakienne, la façade maritime syrienne et les hauts plateaux yéménites. A la différence des déserts qui les entourent, ces régions sont en premier lieu des espaces agricoles à hauts rendements. Leur agriculture intensive permet d’ailleurs de nourrir une population nombreuse. Ces riches foyers d’agriculture et de population sont donc interconnectés depuis l’antiquité. En second lieu, ces espaces constituent des entrepôts commerciaux connectés à la mer. Ils relient la Perse, recluse dans ses montagnes, à l’économie-monde. Sans cette connexion maritime, seul levier de puissance, l’Iran reste un empire confiné. En troisième lieu ces espaces partagent des traits religieux communs depuis le XVIe siècle, période pendant laquelle le chiisme devient religion d’Etat en Perse. Ces espaces sont fédérés par un clergé et des lieux de pèlerinage partagés. Bref, l’Irak, la Syrie et le Yémen constituent les anciennes fenêtres d’un l’Empire effondré. La Syrie, espace agricole peuplé, connecté au commerce maritime, et cousine religieusement de l’Iran, se présente donc comme l’Ukraine de la Russie.

La Syrie utile, une bande littorale soumise aux invasions de la vallée de l’Euphrate

Le véritable poumon économique de la Syrie se situe sur la bande littorale. Le climat doux  y permet la culture de céréales et l’implantation de vergers. La plaine humide a donné naissance à une polyculture de subsistance orientée vers le tabac, le coton, ou encore le maraîchage. C’est ici que se situe le véritable cœur économique de la Syrie. La population de cette Syrie « utile » est essentiellement alaouite. L’axe principal relie les villes majeures du pays : Damas, Homs et Alep. A l’Est, l’Euphrate traverse le pays du Nord-Ouest vers le Sud-Est, et laisse une « cicatrice verte » dans le paysage. Afin de conquérir la colonne vertébrale économique du pays, qui relie Damas, Homs, Hama et Alep, l’axe historique de pénétration a consisté précisément à suivre la vallée de l’Euphrate d’Est en Ouest depuis l’Iraq, puis à repiquer vers  Alep. C’est la stratégie que poursuit l’Etat islamique.

Le déploiement russe en Syrie

La Russie apporte une aide militaire sur le terrain en Syrie depuis janvier 2012. En effet, des équipes de Spetznatz y forment l’armée syrienne et y mènent des actions commandos. Ce dispositif n’étant pas suffisamment efficace pour ralentir l’avancée des opposants au régime syrien, la Russie renforce fortement son dispositif militaire sur place depuis le mois d’août. Ses points d’entrée sont doubles. D’une part le port militaire de Tartous desservi via le Bosphore et d’autre part l’aéroport Bassel el-Assad de Lattaquié. Ces deux points ont l’avantage d’être proches (60km) et l’aéroport de Lattaquié est le deuxième plus grand aéroport contrôlé par le régime syrien. Le matériel terrestre mis en place est lourd et récent : véhicules de combat d’infanterie BTR-82A adaptés au combat urbain, artillerie anti-aérienne SA-22 PANTSIR mais aussi au moins neuf T-90. Des lance-roquettes multiples seraient aussi en cours d’acheminement. Les forces aériennes russes sur place sont équipées de matériel tout aussi récent et puissant : SU-25 potentiellement modernisés pour l’appui rapproché, SU-30SM, SU-34, Su-24 pour le bombardement tactique, hélicoptères MI-24PN et Mi-35M ainsi que des Mi-8AMTSh pour l’appui des troupes au sol et le transport de troupes ou de matériel. Des drones ont également été déployés par la Russie qui s’est engagée à partager le renseignement avec la Syrie et l’Iran. Les soldats syriens ne sont pas formés à l’utilisation de ce matériel, excepté les SU-24, les MI-24. La formation sur ces matériels étant lourde et longue, il est très certainement destiné à être employé par des soldats Russes. Du matériel de plus ancienne génération est peut être livré en parallèle aux forces syriennes. Les soldats russes combattent d’ors et déjà sur le front d’Alep et au nord-est de Lattaquié au sein d’opérations de l’armée syrienne comme en témoignent des vidéos mises en ligne. Ils utilisent ces nouveaux matériels. Ils sont appuyés par l’aviation russe, d’ores et déjà opérationnelle sur place.

Offensive ou démonstration de force ?

Il me semble que la Russie joue double jeu en Syrie. D’une part elle met en évidence un déploiement de forces (aucun camouflage des véhicules et appareils russes à l’aéroport « Bassel El-Assad », franchissement du Bosphore par les LST Alligator en plein jour et avec du matériel à peine camouflé, vols d’avions Russes déclarés aux autorités civiles vers la Syrie, fuite de photos de soldats Russes des troupes d’infanterie de marine sur les réseaux sociaux,… Si elle voulait être plus discrète, elle le serait ; cela semble donc faire partie de sa stratégie de communication. De plus, des preuves tangibles indiquent que l’armée Russe va plus loin. Elle interviendrait par des frappes aériennes et des troupes au sol, en particulier à l’est d’Alep. Cette zone est actuellement une zone ou l’armée syrienne gagne du terrain. D’autre part, M. Poutine ne reconnait que la livraison d’armes et l’aide humanitaire en Syrie. Quel est donc l’objectif ? Tout d’abord, il s’agit de ne pas combattre à la place de l’état Syrien ni même aux côtés de l’état Syrien, tout du moins au sol. La Russie veut sans doute éviter toute implication dans d’éventuelles « bavures » ou toute responsabilité dans une défaite, même locale, qui nuirait à son effort diplomatique. Son intervention va sans doute se fondre complètement dans les opérations syriennes : les frappes aériennes n’auront pas de signature russe ou syrienne et il n’y aura pas de certitude sur une présence russe dans une zone donnée. Cependant, l’efficacité de l’armée syrienne et de ses alliés est une priorité pour la Russie. Elle va vouloir réorganiser l’armée de Bachar El-Assad et sans doute mettre un frein à l’action des « milices » syriennes qui ne sont pas forcément efficaces sur le terrain et qui font régner une certaine insécurité au sein de la population (2 policiers tués à Lattaquié). Par cette méthode, la Russie souhaite avoir du poids dans les négociations diplomatiques. Elle semble en effet mettre sa puissance militaire au service de sa diplomatie. Elle recherche cela par-delà des objectifs militaires de conquête et de victoire, comme c’est aussi le cas en Ukraine. Elle désire s’affirmer comme le leader du camp « pro-Assad » et invite les occidentaux à faire de même. Si ces derniers se rangent à ses côtés, elle restera leader du mouvement par sa prise d’initiative et son avance sur le terrain. A long terme, si elle l’emporte, elle pourra éventuellement céder du terrain aux occidentaux et montrer sa « bonne foi » en favorisant un changement de régime, tout en s’assurant que le successeur de Bachar El-Assad lui sera favorable. En effet, sa rhétorique diplomatique utilise le même terme pour tous les opposants armés au pouvoir de Bachar El-Assad sur le territoire syrien : ce sont des « terroristes», qu’ils soient de l’état islamique ou non. Si la montée en puissance russe se prolongeait, le retournement de la situation militaire en Syrie pourrait s’effectuer en quatre temps : après avoir jeté un dispositif sur Lattaquié et Tartous, qui se présentent simultanément comme des ports et des terminaux gaziers, les troupes russes pourraient consolider leurs positions dans les villes d’Hama et Homs puis s’enfoncer au Nord vers Alep et au Sud vers Damas afin d’y libérer les forces gouvernementales d’Assad de la rébellion. Les combats y seront difficiles. Une fois ces villes prises, la Russie pourra s’attaquer par des bombardements aux centres nodaux de l’Etat islamique, intouchés jusqu’à présent. Les troupes gouvernementales syriennes et russes pourront alors s’enfoncer à l’Est vers Raqqah, fief de l’Etat islamique et objectif majeur de l’opération. La phase ultime des combats consistera à désenclaver Der-ez-Zor et de fait libérer la vallée de l’Euphrate.

Consciente de l’opportunisme d’une partie des combattants, la Russie, en s’engageant en force, pourrait jouer un rôle majeur dans le retournement de la guerre au détriment direct de l’Etat Islamique. Pour ce faire, la Russie dispose de nombreux avantages dont le renseignement n’est pas l’un des moindres. A Damas, l’implication de la Russie, même si elle reste faible par rapport aux soutiens financiers apportés à l’Etat islamique, a eu déjà un effet déterminant sur le moral des combattants syriens. Pourtant, il faudrait de très nombreux combattants au sol pour que la situation s’inverse. De ce point de vue, il n’est pas exclu que la Russie ait recours à des combattants musulmans russes afin de limiter l’emploi de ses troupes d’élite.

Un bombardier russe Sukhoï Su-34 (Fallback) en train de lâcher des munitions au dessus de cibles de Daech à Al-Rqqa, en Syrie. (Photographie, Ministère russe de la Défense)
Un bombardier russe Sukhoï Su-34 (Fallback) en train de lâcher des munitions au dessus de cibles de Daech à Al-Raqqa, en Syrie. (Photographie:  Ministère russe de la Défense)

 

Par Thomas et Jean-Baptiste Flichy de Neuville

Article paru sur le numéro 1599 du 10/10/2015 du journal « L’Homme Nouveau »

Thomas Flichy de Neuville,  que nous remercions, est professeur à l’Ecole Militaire Spéciale de Saint-Cyr

Syrie: l’armée syrienne poursuit ses avancées à Hama, Alep et Idlib

La guerre en Syrie a connu sa bataille des Ardennes: l’Armée syrienne soutenue par les unités du Hezbollah libanais et les conseillers militaires des Gardiens de la Révolution iranienne, avançant à très grande vitesse sous un intense soutien aérien tactique assuré par des essaims d’hélicoptères d’attaque russe Mil Mi-24 est parvenue à traverser le  massif forestier de Sahl El-Ghab à l’Est de la province de Lattaquié, dans des combats d’une extrême violence avant de prendre d’assaut la campagne de Hama où plus de 520 éléments des différentes factions rebelles ont été éliminés en moins de six heures. Les blockhaus rebelles sont pilonnés à coups d’obus de 155 mm et de roquettes SMERCH de 300 mm tandis que des Sukhoi Su-34 (Fallback) russes survolaient le champ de bataille à 400 mètres d’altitude en y déversant bombes et obus de 30 mm (Canon GSh 30-1/9A-4071K)

A Alep, les unités de chars de combat des régiments blindés de l’Armée syrienne ont réussi à trouver une parade aux missiles antichar Raytheon TOW de fabrication US en possession des rebelles. Pour la première fois, les missiles Tow massivement utilisés par les rebelles sont devenus inopérants face à une nouvelle tactique de combat statique mise en oeuvre par les unités de blindés syriennes.

Dans un développement inédit, des avions de combat US ont fait irruption au dessus d’Alep avant de cibler des installations de production d’électricité desservant les zones loyalistes avec des missiles Air-Sol.

D’autres avions-cargo US ont pu larguer de grande quantités d’équipements militaires et de munitions dont des missiles antichar sophistiqués au dessus des zones contrôlées par l’Etat Islamique (EI). L’aviation syrienne a ouvert le feu sur les cargaisons larguées par les avions US et des informations crédibles font état de la destruction de plus de 50 tonnes de matériel. Washington a demandé à Moscou des explications sur cet « incident » mais les russes ont répondu qu’ils ne disposaient d’aucune information à ce sujet. Les américains ont lancé à Damas un ultimatum se terminant aujourd’hui à 0000Z pour que ses avions cessent d’harceler les largages américains à destination des organisations terroristes d’Ahrar Al-Sham, l’Armée de la Conquête et du Front Ennosra, récipendiaires officiels de l’aide militaire à ce que Washington appelle « l’opposition modérée ».

A Idlib (un ensemble de 60 agglomérations) le chef des opérations militaires du Hezbollah libanais a été tué au combat durant une opération spéciale menée sur les arrières des forces de Daech dans la région.

L’aviation syrienne a commencé à effectuer des raids sur le nord de la base militaire de Deir Ezzor tandis que l’aviation russes continuaient ses raids avec une déconcertante réactivité sur l’ensemble des positions fortifiées, des centres de commandements et des dépôts d’armes et de carburants de Daech et du Front Ennosra. D’autres missiles de croisières russes ont été lancés sur des cibles de Daech en Syrie  à partir de la Mer Caspienne.

Quels que soient les futurs développements militaires en Syrie avec une implication croissante des forces adverses (on évoque un plan diabolique préparé en Angleterre) il semble bien que le tandem Russo-syrien ait déjà acquis des gains en vue de négocier une paix globale avec le camp adverse  prévue en territoire neutre- La Grèce est de plus en plus citée- avec un éventuel déplacement du président syrien à Athènes sous la protection de Sukhoi Su-35 Flanker E.

Moyen-Orient: l’Irak favorable à des frappes aériennes Russes contre Daech sur son territoire

Alors que l’aviation Russe en coordination avec les forces armées syriennes poursuit un plan de guerre assez précis en tentant de dégager l’étau des zones dites « noires » autour de ce que certains observateurs dénomment la « Syrie utile », des officiels irakiens viennent de solliciter Moscou pour une assistance militaire « élargie » comprenant des livraisons d’équipements militaires et des frappes aériennes contre les positions de Daech dans la province d’Al-Anbar.

Baghdad a déjà passé commande à Moscou d’hélicoptères de combat Mil Mi-28 (Code Otan: Havoc) et d’avions d’attaque au sol de type Sukhoi Su-25 mais si ce nouveau développement se confirme, il risque de réduire à néant toute la stratégie et les gigantesques efforts politiques, diplomatiques, financiers et militaires des Etats-Unis et leurs alliés au Moyen-Orient depuis le 02 aoüt 1990, date de l’invasion du Koweit par l’Irak de Saddam Hussein et casus belli de la longue campagne de guerres menées contre l’Irak durant près de deux décennies.

A fortiori, la demande irakienne met à nu la thèse d’une rivalité Russo-iranienne au Levant et en Mésopotamie. Le redéploiement russe totalement inédit au Moyen-Orient se fait surtout au détriment de l’influence traditionnelle US

Guerre au Moyen-Orient: des submersibles Chinois en Méditerranée Orientale

Selon des informations confirmées, Pékin envisage d’envoyer des submersibles et des renforts en bâtiments de surface au large de la Syrie.

Il est à noter que des bâtiments de la marine de guerre chinoise croisent depuis un certain temps en Méditerranée orientale. Un site spécialisée israélien y fait état de la présence du porte-avions Liaoning mais il semble de plus en plus probant que les submersibles non identifiés croisant au large des côtes syriennes et libanaises soient chinois.

Pékin soutien la Russie dans les dossiers ukrainien et syrien et des observateurs n’écartent plus un haut niveau de coordination militaire entre les deux pays, notamment en Syrie, où la Chine devra avoir un rôle naval tandis que la Russie assurera la défense aérienne des zones littorales en coordination avec l’armée syrienne. L’Iran pour sa part assure un soutien croissant aux unités d’élites syriennes chargées de la défense de la capitale Damas.

Contre-offensive russe au Moyen-Orient

Les déclarations extrêmement bellicistes du Chef de la diplomatie saoudienne à l’égard de la Syrie à l’Assemblée Générale des Nations Unies, relayées dans une version un peu edulcorée par le président français François Hollande (qui jouit de la confiance absolue de Ryad et de Doha, conséquence de la méfiance qu’inspire le style Obama à ces régimes), ont mis fin aux tergiversations des pays hostiles quant à leur intentions. Adel Al-Jubayr, ministre des Affaires étrangères du Royame d’Arabie Saoudite a en effet déclaré que le Président syrien Bashar Al-Assad « devait partir ou subir l’option militaire’.

Le signal n’est même pas codé. Moscou et Damas décident d’agir ou plutôt de réagir très vite. A peine le Parlement russe donne t-il son aval à l’utilisation des forces armées en Syrie que des chasseurs-bombardiers russes procèdent à des frappes dans la province de Homs. Une vingtaine de raids ciblent huit positions de Daech dans une zone difficile d’accès. Consternation à Ryad et rage à peine contenue à Washington.

Les Etats-Unis et la France (Paris agissant pour le compte du Qatar en échange d’une aide financière assez conséquente) sortent une première parade: Au lieu de cibler Daech, les russes auraient bombardé des positions de la rébellion syrienne dite modérée. Les preuves? D’interminables jérémiades de barbus armés jusqu’au dents jurant devant les caméras numériques de la propagande rebelle  qu’ils se sont fait massacrer par les Russes. Devant le peu de consistence de telles assertions relevant plus de la mauvaise foi et confirmant un peu plus les liens troubles entre certaines capitales et les organisations islamistes radicales semant la terreur un peu partout en Orient, des experts préconisent un vieil expédient: le massacre de civils. Les femmes et les enfants en tête. Dommages collatéraux. Problème: les russes n’ont effectué que des frappes limitées en zone semi-montageuse quasiment inhabitée. Reste l’avis des experts. Un relais de l’Otan n’est pas allé par quatre chemins pour estimer que les pilotes russes avaient totalement raté leurs cibles. Et dire que les enragés de Daech se la coulaient douce depuis plus d’un an sous les rares bombes intelligentes US, britanniques, françaises et Arabes, largués le plus près possibles des lignes de l’armée syrienne (sait-on jamais). Cela a changé. Les Russes ne badinent pas: ils canardent à coups de roquettes à basse altitude…C’est pas amusant et l’ennui est que ça peut être mortel.

Les Russes ont mené des frappes dans la province de Homs. Le jour même, des avions de combat US ont procédé à une frappe aérienne dans la province d’Alep. Une sorte de baroud d’honneur. Surtout que le préavis russe aux capitales de la coalition et aux israéliens était très court: à peine une heure. En fin de journée, des avions syriens bombardent les mêmes positions que les avions russes ont arrosé avec des roquettes et des missiles quelques heures auparavant. Un véritable carrousel.

En réalité, jamais la Russie n’aurait envisagé d’employer des avions de combat au Levant dans ce qui semble l’une des plus grandes interventions russes au Moyen-Orient si la bande de Victoria Nulland, composée uniquement de civils ultra-sionistes n’ayant jamais eu la moindre expérience militaire, n’avait pas autant méprisé le haut commandement militaire US et poussé les Etats-Unis et leurs alliés à aller embêter l’Ours Russe tout près de sa tanière en Ukraine.

La crise en Ukraine a été provoquée en réaction à l’échec du plan préconisé en Syrie suite au soutien politique et diplomatique russe à Damas. Ceux qui ont provoqué Moscou n’ont peut-être jamais lu une ligne d’histoire sur ce qui s’est passé sur le Front Oriental de la Seconde guerre mondiale (1939-1945) et son impact décisif sur ce conflit.

Des militaires russes sont en train de débarquer à Baghdad en Irak mais également dans des bases aériennes en Iran (notamment à Hamadan). Un centre de coordination opérationnel regroupant des militaires russes, syriens, irakiens et iraniens à Baghdad? S’agit-il de politique-fiction? Non. Voilà où mène l’ingérence de civils à la loyauté incertaine et agissant pour une idéologie (en l’occurrence le sionisme) et ayant le contrôle des armées les plus onéreuses au monde avec un budget dépassant les 600 milliards de dollars US. George W. Bush doit avoir une belle gueule de bois en ce moment.

Le plus amusant dans cette affaire est que les Russes agissent sous le couvert de la lutte contre le terrorisme. Le même fond de commerce utilisé par l’empire pour justifier ses guerres en dehors du défunt droit international. Il s’agit bien d’une lutte. Certains analystes ont jugé que la Troisième guerre mondiale n’a pas eu lieu ou qu’elle a été évitée de justesse. Nous estimons que nous sommes en plein dedans. Voire vers sa fin. C’est aux historiens d’en délimiter la durée, ainsi que l’année de son début.

Le jeu continue.

TRIDENT C

Des véhicules blindés BTR-82 A sur le front de Lattaquié en Syrie

Des véhicules blindés de transport de troupes de type BTR-82 A et des avions de combat Mikoyan Mig-31 (Code Otan: FOXHOUND) ont été aperçus dans des bases militaires de l’armée syrienne dans la province de Lattaquié, plus précisément au sein de la ceinture défensive entourant le port naval de Tartous où opèrent des troupes d’infanterie de marine de la Fédération de Russie.

A priori, il ne s’agit pas encore d’une preuve d’un éventuel engagement militaire direct de Moscou en Syrie puisque les nouveaux véhicules blindés amphibies à huit roues sont en train d’être étrangement utilisés par les « milices » des Forces de la Défense Nationale syrienne (NDF) accompagnant les unités de la Garde Républicaine et non pas les unités de l’infanterie mécanisée. Il est à rappeler que l’utilisation de tels véhicules n’est pas à la portée du premier soldat venu et tout porte à croire que les unités paramilitaires se battant aux côtés de l’armée syrienne peuvent cacher des volontaires très « professionnels ».

Un BTR-82 A utilisant son canon
Un BTR-82 A utilisé par les unités de la Défense Nationale Syrienne en pleine opération en Syrie.

Sur le front des opérations, l’armée de terre syrienne a commencé à déployer des chars de bataille de type T-80 modifiés à l’Est de Damas tandis que les hélicoptères d’attaque Mil Mi-24 (Code Otan: Hind) timidement déployés ces derniers mois vu la densité extraordinaire de l’artillerie anti-aérienne rebelle, ont tous été profondément modifiés, notamment pour les opérations de nuit.

Le dispositif défensif syrien se révèle impressionnant dans la province côtière de Lattaquié où des drones de fabrication russe survolent les bases navales de Jablah et de Tartous en permanence. La présence de centres d’écoutes et d’imagerie satellitaire (SIGINT) de l’armée russe n’est un secret pour personne et l’on sait que toute offensive rebelle sur l’une des deux bases navales verra une intervention limitée des forces russes.

En octobre 2014, des rebelles bénéficiant d’un appui aérien tactique israélien ont pu prendre d’assaut une base d’écoutes mais celle-ci, dénommée Centre S, a été détruite par les bombes de l’aviation syrienne agissant sur des informations fournies en temps réel par des unités de surface de la marine russe.

Si les syriens bénéficient de l’appui russe et iranien (chinois aussi via la Corée du Nord), les rebelles ne sont nullement en reste. Un nombre record de missiles antichar BGM 71 TOW de fabrication US a été reçu par Al-Qaïda en Syrie (le fameux front d’Ennosra), l’Armée de la Conquête ou également Daech. Et vu les rapports en provenance du terrain, les rebelles savent très bien se servir de cette arme.

Un
Un « rebelle » syrien du groupe HAZM crée de toutes pièces par les services de renseignements US et qualifié par les médias atlantistes de « modéré » en train d’utiliser un missile antichar BGM71 TOW.

Les négociations secrètes entre Washington, Ryad et Moscou en vue d’arriver à une solution au conflit syrien ne sont pas aussi concluantes que ne le laisse penser les gorges profondes. Les propositions sur l’exclusion d’Al-Assad du champ politique se suivent et se ressemblent. Moscou ne semble pas pressé et s’est montré bien plus flexible que ses interlocuteurs. Surprise de taille, les saoudiens semblent vouloir indirectement punir leur puissant allié US par tous les moyens possibles et l’on a assisté un peu médusé à un rapprochement inédit entre Ryad et Moscou avec en arrière-plan un échange concernant la Syrie et le Yémen lié à un Accord avec Téhéran.

Indubitablement, le conflit en Syrie déterminera pour longtemps l’avenir de la géostratégie mondiale…

Affiche publicitaire de Hughes, fabricant US du missile TOW datant des années 90. On devrait y ajouter le drapeau de Daech...
Affiche publicitaire de Hughes, fabricant US du missile TOW datant des années 90. On devrait y ajouter le drapeau de Daech…

Deux épines dans le pied d’Obama

Quoi qu’il advienne, Washington gagnera en Syrie. Car il n’y a pas une, mais deux politiques états-unienne vis-à-vis de ce pays. Soit ce sera la paix et l’on félicitera le président Obama pour avoir su négocier avec l’Iran ; soit ce sera la destruction de la République arabe syrienne et son occupation par l’Otan, et l’on félicitera quelques généraux états-uniens et l’Onu pour avoir mis fin au bain de sang. Thierry Meyssan révèle ici les dessous de cette double politique, notamment le complot ourdi au sein des Nations unies par le secrétaire général adjoint pour les Affaires politiques.

L’application de l’accord survenu entre Washington et Téhéran, le 14 juillet dernier, dépend principalement de la capacité du président Obama à le faire accepter par ses concitoyens en général et par le Congrès et sa propre administration en particulier. Or, il rencontre deux obstacles majeurs.

Le groupe de Petraeus

D’une part un courant politique reste favorable au projet Juppé-Wright de création d’un Sunnistan et d’un Kurdistan à cheval sur la Syrie et l’Irak. Il est organisé autour du général David Petraeus, directeur de la CIA jusqu’à la réélection d’Obama en octobre 2012 et actuel analyste en chef pour le fonds d’investissement Kohlberg Kravis Roberts. Il comprend son ancien adjoint, le général John Allen, actuel envoyé présidentiel spécial pour la lutte contre Daesh, et l’ancienne secrétaire d’État et actuelle candidate à la candidature démocrate, Hillary Clinton. Il dispose aussi de soutiens au Parti républicain comme l’actuel président de la Commission sénatoriale des Forces armées, John McCain, et le promoteur immobilier et principal candidat à l’investiture, Donald Trump.

Fin juillet, le général Allen était convié à l’Aspen Security Forum. Il y rencontrait des journalistes du New York Times auxquels il confiait à l’oreille s’être mis d’accord avec la Turquie pour créer une zone de sûreté dans le Nord de la Syrie. Stupéfaits par une décision qui viole la Charte des Nations unies, Eric Schmitt décidait d’y consacrer la « une » de son quotidien [1]. Cependant, à l’issue de quelques jours de déclarations publiques contradictoires, Washington et Ankara démentaient [2]. Dans la foulée, la Maison-Blanche clarifiait sa position : la priorité c’est la lutte contre Daesh, aussi bien avec les « rebelles syriens modérés » qu’avec le YPG (Kurdes marxistes-léninistes). Par conséquent, la Turquie, bien qu’autorisée à frapper chez elle la branche turque de l’organisation, était priée de ne pas les attaquer [3].

Le 29 juillet, « l’armée » des soixante « rebelles syriens modérés » formés par la CIA entraient en territoire syrien pour marquer au sol les cibles de Daesh que la Coalition souhaitait bombarder. Mais al-Qaïda en était informé et les attaquait, faisant vingt prisonniers, dont leur chef, le colonel Nadim Hassan. Seules les armées états-unienne ou turque pouvaient les avoir trahis.

Si dans un premier temps, les soupçons de trahison se sont dirigés vers la Turquie, ils se sont transférés sur les États-Unis après les véhémentes dénégations du Premier ministre intérimaire, Ahmet Davutoğlu [4]. Et qui donc alors dans l’armée US, sinon le groupe du général Allen ?

Les manœuvres du général Allen ont d’abord provoqué un grave incident entre le Pentagone et l’Armée turque. L’officier de liaison de cette dernière au CAOC (Combined Air and Space Operations Center) n’a prévenu que dix minutes à l’avance d’un raid en Irak, menaçant à la fois des élèves-soldats kurdes et leurs instructeurs états-uniens présents sur zone [5]. La voie choisie par Recep Tayyip Erdoğan, si l’AKP reste au pouvoir, pourrait conduire à une rupture partielle des relations entre Washington et Ankara [6].

Surtout ces incidents ont conduit le Pentagone à demander au CentCom de vérifier les allégations généralisées au Proche-Orient selon lesquelles la Coalition ne bombarde pas Daesh, mais au contraire le soutient. C’est le moment que la Defense Intelligence Agency choisit pour dénoncer le trucage des rapports du CentCom [7]. Il apparaît que celui-ci est commandé par un autre ancien collaborateur du général David Petraeus, le général Lloyd James Austin III.

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Le groupe de Feltman

L’autre difficulté d’Obama, c’est le secrétariat général des Nations unies. S’il est difficile de savoir à quel courant appartient Ban Ki-moon, trop occupé à monnayer sa position, il n’en est pas de même de son adjoint aux Affaires politiques, Jeffrey Feltman.

Avant d’être fonctionnaire international, il était diplomate états-unien. Il s’est progressivement spécialisé sur le Proche-Orient. Il fut notamment en poste en Israël, en Irak (où il administra la partie kurde) et au Liban (où il imposa ses vues au gouvernement Siniora). Il entretenait une rare relation de confiance avec la secrétaire d’État Condoleezza Rice avec laquelle il avait une vidéo-conférence hebdomadaire, puis fut nommé à ses côtés à Washington par la secrétaire d’État Hillary Clinton pour superviser toute la politique proche-orientale. Il avait alors été présenté comme le principal interlocuteur états-unien pour la Syrie [8].

C’est Jeffrey Feltman qui organisa, en 2005, l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais, Rafic Hariri, puis la Commission d’enquête de Detlev Mehlis et la création du Tribunal international spécial pour le Liban. Cette structure hybride avait été formée pour condamner les présidents libanais Émile Lahoud et syrien Bachar el-Assad sur la base de faux témoignages rémunérés, mais l’accusation s’effondra devant la vérité. M. Feltman poursuit aujourd’hui son œuvre contre la Syrie et l’Iran dans ses nouvelles fonctions.

Arrivé à l’Onu juste avant la Conférence de Genève 1 sur la Syrie, il s’employa à saboter l’accord entre son pays et la Russie et se joignit au groupe de Petraeus pour pousser la France à relancer la guerre. Il rédigea alors un plan de capitulation totale et inconditionnelle de la République arabe syrienne. La souveraineté du Peuple syrien devait être abolie ; la Constitution devait être abrogée ; le président devait être destitué ; l’Assemblée du Peuple devait être dissoute ; 120 dirigeants syriens devaient être arrêtés, jugés et condamnés ; la Direction du Renseignement militaire, la Direction de la Sécurité politique et la Direction de la Sécurité générale devaient être décapitées ou dissoutes ; les « prisonniers politiques » devaient être libérés et les cours anti-terroristes abrogées.

Après l’échec de la mission de Lakhdar Brahimi, il enjoignit à Ban Ki-moon de désigner l’Italien Stefan De Mistura pour le représenter en Syrie. Il avait connu cet élégant diplomate en Irak et s’était lié avec lui lors de leurs missions au Liban. De Mistura avait également fréquenté Petraeus et Allen durant sa mission de représentant du secrétaire général de l’Onu en Afghanistan.

Dès lors, tout en rencontrant les différentes parties au conflit et en leur souriant, Stefan De Mistura s’attela à imposer par surprise le plan Feltman pour la Syrie. Le 29 juillet dernier, il exposa avec Ban Ki-moon les grandes lignes de son plan « de paix » au Conseil de sécurité, mais les deux compères s’abstinrent de distribuer le moindre document écrit [9]. Ils demandèrent aimablement que le Conseil pousse les protagonistes à signer un Accord intérimaire, puis s’en remette à eux pour son application. Il s’agissait en réalité de dessaisir le Conseil de ses prérogatives, de contraindre la République arabe syrienne à signer un texte vague qui aurait permis à l’Otan d’occuper le pays et autorisé MM. De Mistura, Feltman et Ban à mettre en œuvre la capitulation du pays, selon le processus élaboré en 2012 par Feltman.

Cette habile manœuvre faillit réussir puisque le Conseil de sécurité adopta, le 17 août une étrange déclaration (et non pas une résolution) de soutien à Stefan De Mistura [10]. Contrairement à tous les usages, le texte fut d’abord discuté en aparté par les cinq puissances permanentes. La Russie, inquiète de ce qui se tramait, décida de voter « oui ». Elle craignait que Washington ne prépare une action hors du Conseil de sécurité et du Droit international. Cependant, précautionneux, l’ambassadeur vénézuélien Rafael Ramírez, qui avait été tenu hors de la rédaction de la déclaration, souleva deux objections : d’abord, le Communiqué de Genève 1 [11], que tout le monde soutient, contrevient en réalité à la Charte des Nations unies ; ensuite, il ne suffit pas de dire que l’on lutte contre le terrorisme, il faut encore aider la République arabe syrienne face à al-Qaïda et Daesh et cesser d’approvisionner indirectement ces organisations en armes, en fabriquant et instrumentant de pseudos-groupes rebelles.

C’était l’ancien compagnon d’Hugo Chávez et non les Alliés qui étaient sur la même longueur d’ondes que le président Barack Obama.

Thierry Meyssan

Source directe: Voltairenet

Notes:

[1] « Turkey and U.S. Plan to Create Syria ‘Safe Zone’ Free of ISIS », Anne Barnard, Michael R. Gordon & Eric Schmitt, The New York Times, July 27, 2015.

[2] « Syrie, rhétorique et vérité », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 10 août 2015.

[3] « Washington interdit à Ankara de frapper les Kurdes de Syrie », Réseau Voltaire, 13 août 2015.

[4] “Turkey Denies Allegations it Tipped Off Al Qaida Abductors”, Mitchell Prothero, McClatchy, August 25, 2015.

[5] « Frictions entre le Pentagone et son allié turc », Réseau Voltaire, 15 août 2015.

[6] “America’s Dangerous Bargain With Turkey”, Eric S. Edelman, The New York Times, August 27, 2015.

[7] “Pentagon Accused of Skewing Intel on War Against ISIS”, Mark Mazzetti and Matt Apuzzo, New York Times, August 25, 2015.

[8] “Tough love for Syria from Obama”, David Kenner, Foreign Policy, March 3, 2009.

[9] « Débat du Conseil de sécurité sur la Syrie (rapport De Mistura) », Réseau Voltaire, 29 juillet 2015.

[10] « Réunion du Conseil de sécurité sur la Syrie (déclaration présidentielle) », Réseau Voltaire, 17 août 2015.

[11] « Communiqué final du Groupe d’action pour la Syrie », Réseau Voltaire, 30 juin 2012.

Invictus

Mollah Omar of Afghanistan, supreme leader of the Islamic Emirate of Afghanistan/Le Mollah Omar, chef suprême de l'Emirat Islamique d'Afghanistan.
This is the second known picture of Mollah Omar of Afghanistan, supreme leader of the Islamic Emirate of Afghanistan. The new picture was published in Pakistan media outlets three days ago/Ceci est la seconde photographie connue du Mollah Omar, chef suprême de l’Emirat Islamique d’Afghanistan. Publiée il y a trois jours par l’ensemble de la presse pakistanaise.

On ne lui connaissait qu’une seule photographie, un vague cliché en noir et blanc où il apparaissait nettement plus jeune. Or voici que l’ensemble des médias pakistanais publient à la Une une seconde photographie-couleur- du Mollah Omar, chef suprême des Talibans d’Afghanistan et Commandant de la plus redoutable guérilla au monde.

Le moment semble avoir été choisi avec une minutie extrême par l’ISI (Inter Services Intelligence), les fameux renseignements pakistanais, pour la diffusion de cette photographie: de mystérieuses  négociations de paix entre des émissaires des Talibans Afghans et des représentants de la Haute Commission pour la Paix, un organe dédié mandaté par le gouvernement de Kaboul, se tiennent depuis une semaine à Murree, à 50 kilomètres au Nord-Est d’Islamabad. Des émissaires de Washington et de Pékin y assistent en tant qu’observateurs. Le problème est que personne ne savait avec certitude si le Chef suprême des Talibans a oui non donné son accord pour de telles négociations, étant donné que la légitimité des  émissaires se déclarant représenter le mouvement, dépêchés depuis le bureau des Talibans à Doha, Qatar, semblait rejetée par le haut conseil de commandement des Talibans, mettant en péril les efforts des acteurs régionaux en vue d’éviter un effondrement total du pouvoir de Kaboul. En publiant la photographie du chef charismatique et invaincu des Talibans, la presse pakistanaise rapporte que le Mollah Omar adoubait les négociations en cours et estimait que les émissaires présents y sont légitimes. Mais du côté des Talibans, c’est le silence radio ou presque puisque leurs forces se battent avec acharnement de Helmand à Kunduz sans le moindre répit. Nous sommes en face à une complexe opération psychologique de surface, éludant un autre processus de manipulation à double effet bien plus complexe.

La personnalité du Mollah Omar demeure fort mystérieuse. En guerre depuis 14 ans contre les armées des Etats-Unis d’Amérique, celles de l’ensemble des pays de l’Otan et les forces mercenaires de dizaines de pays comme l’Albanie, la Bulgarie, les Emirats Arabes Unies, la Jordanie ou la Turquie, il demeure invaincu et plus assuré que jamais de remporter la lutte. Tout le monde sait ici* que le retrait de proportions limitées des forces combattantes de l’ISAF et de l’OTAN-un remake presque identique au retrait Soviétique de 1989-a permis aux Talibans de capturer l’ensemble des bases évacuées par les forces étrangères, en dépit d’efforts presque surhumains déployés par les unités de l’ANA (Armée Nationale Afghane) pour ralentir l’avancée des rebelles.

Washington qui a perdu plus de 707 milliards de dollars USD dans cette guerre sans aucun objectif (et dont une bonne partie de ce pactole est allée alimenter les méga-circuits de la corruption au sein des opérateurs privés du complexe militaro-industriels et ses affiliés) paraît à court de solution. Le plan britannique prévoyant d’injecter l’Etat Islamique (Daech) près des bases de l’ISAF évacuées pour déclencher un nouveau conflit semble grippé.

Contrairement à Daech, les Talibans d’Afghanistan, bien que Sunnites, n’adhèrent nullement à l’idéologie Wahhabite et ont réussi à avoir des relations cordiales avec les minorités chiites et même à nouer des liens avec l’Iran. Le Mollah Omar a même transmis une lettre à Daech en Irak dans laquelle il rappelle que son mouvement ne s’est jamais ingéré dans les affaires du Levant ou d’Irak, qu’il ne reconnaissait pas les modalités de désignation d’un Calife à Bagdad et  qu’il est la seule puissance souveraine en Afghanistan. A deux reprises, Daech a tenté de se mesurer militairement aux Talibans; d’abord dans la province occidentale de Farah puis à Jalalabad dans l’extrême Est non loin de la ligne Durand. Le résultat fut sans appel: les forces de Daech, équipées d’un materiel flambant neuf, ont failli être anéanties jusqu’au dernier par des Talibans aguerris et ayant déjà subi toute la panoplie de l’armement US, y compris NBC (nucléaire, biologique et chimique)

Depuis les combats de Jalalabad dans le Nungarhar, les éléments de Daech ont remis leurs armes et se sont investis dans l’aide aux villages démunis, dans une nouvelle stratégie visant à conquérir les populations rurales.

Le gouvenement du président Ashraf Ghani est conscient que seule l’intégration des Talibans dans le processus politique et éventuellement son association dans la formation d’un gouvernement d’union nationale pourrait conjurer une effondrement des structures politiques mises en place sous l’occupation. Le Mollah Omar a déjà posé ses conditions: Aucun accord de cessez-le-feu au préalable avant le retrait de l’ensemble des forces militaires étrangères d’Afghanistan ainsi que tous les coopérants techniques.

En dépit d’une armée de 380 000 hommes, Kaboul demeure plus que jamais convaincu que le Mollah Omar est désormais incontournable. La Chine, l’Iran, le Pakistan et la Russie pensent exactement la même chose. Les américains ont fini par s’y résigner, en maudissant ceux qui les ont mis dans la plus grande nasse de leur histoire.

C’est dire qu’ils n’ont absolument rien retenu  de l’histoire de ce pays d’Asie centrale, fossoyeur de tant d’empires…

 


 

*Votre serviteur s’apprête à quitter cette région du monde.

 

 

 

Facebook is extremely Zionist…Facebook, un réseau très sioniste

antifacebookTechnically, the dual colors (white and blue) used by Facebook are exactly those of the Israeli flag.

Techniquement, les couleurs bichromatiques (blanc-bleu) utilisés par Facebook sont exactement celles du drapeau israélien.

Officially, Facebook is a popular social networking site Facebook, launched in February 2004. Actually, it is one of the most widespread spying tool ever created. It is not neutral. Any real attempt to criticize International Zionism could lead to a heavy censorship. In some well documented cases, Facebook « moderators » lost their temper and threatened users with very arrogant and ethnocentric messages before preventing them to get logged into their account.

Officiellement, Facebook est un réseau social populaire, crée en février 2004. En réalité, c’est l’un des plus vastes outils d’espionnage jamais crées. Il n’est pas neutre: toute tentative sérieuse visant à critiquer le sionisme international est susceptible d’entraîner la censure. Dans des cas bien documentés, les « modérateurs » de Facebook ont totalement perdu leur sang-froid et se sont mis à menacer des utilisateurs avec des messages très arrogants et ethnocentistes avant de leur interdire l’accès à leurs comptes.

The Israeli newspaper ‘Haaretz’ (the Land) noted that “Facebook was founded by Mark Zuckerberg, a Jewish former Harvard University student.” This story is a new myth.

Le journal Israélien « Haaretz » (la Terre) asouligné que « Facebook a été fondé par Mark Zuckerberg, un ancien étudiant juif de Harvard ». Cette histoire est un mythe.

According to an Iranian Special Investigation team, Facebook was created by Units 8001, 8002 and 8003 of the Electronic Israeli Intel branch of the Mossad. Marc Zuckerberg was the Public Relations smoke screen of this operation.

Selon une équipe d’investigation iranienne, Facebook a été crée par les unités 8001, 8002 et 8003 de la branche du renseignement électronique du Mossad israélien. Marc Zuckerberg étant l’écran de fumée en matière de relations publiques de cette opération.

Marc Zuckerberg and his Facebook co-founders Dustin Moskowitz and Eduardo Saverin, were all members of the Jewish college fraternity group Alpha Epsilon Pi at Harvard. Officially this closed fraternity was founded ‘to provide opportunities for Jewish men seeking the best possible college and fraternity experience’ but, in fact, has a very long and rich experience dealing with Zionist organizations and supporting Israel in North America.

Marc Zuckerberg (un patronyme emprunté) avec le président israélien Shimon Perez, né sous le nom de Szymon Perski (ancien terroriste de la Haganah) en mai 2012.
Marc Zuckerberg (un prénom et patronyme empruntés) avec le président israélien Shimon Perez, né sous le nom de Szymon Perski (ancien terroriste de la Haganah) en mai 2012.

Above all, Alpha Epsilon Pi is also official partner to B’nai B’rith, the Jewish masonic order which in turn runs the hysterical ADL (Anti-Defamation League).

Marc Zuckerberg et les deux cofondateurs de Facebook, Dustin Msokowitz et Eduardo Saverin, étaient tous membres de Alpha Epsilon Pi, une fraternité de Harvard. Officiellement, ce club fermé a été fondée pour « offrir des opportunités aux hommes juifs cherchant les meilleurs facultés et l’expérience d’une fraternité ». Cependant, ce club possède une très longue et riche expérience avec les organisations zionistes et le soutien à Israël en Amérique du Nord.

Par dessus tout, Alpha Epsilon Pi est également le partenaire officiel de Bnai Brith, un ordre maçonnique juif, lequel est derrière la très hystérique et virulente Ligue de l’anti-difamation juive (ADL)

The concept of Facebook was stolen from other non-Jewish persons who had been threatened to be killed or properly terminated.  The little gang officially behind Facebook got their funding from a well known German-born Zionist named Peter Thiel, one of the founders of PayPal.

L’idée de Facebook a  été volée à d’autres personnes non-juives, qui ont été menacés d’assassinat ou de liquidation physique. Le petit gang officiellement derrière Facebook ont reçu leur premier financement d’un Sioniste notoire né en Allemagne, Peter Thiel, qui est aussi l’un des fondateurs de PayPal.

The Jewish-Russian billionaire and Internet investor Yuri Milner, a public enemy in Vladimir Putin’s Russia, has since 2009 invested in Facebook, along with investments in Twitter. Yuri Milner is known to have some close deals with the Russian Jewish and Arch-Zionist Oligarch Mikhail Khodorkovsky, the public enemy number One in Russian Federation and the responsible of the chaos that struck this country when Boris Eltsine was President.

Youri Milner, un juif russe milliardaire, considéré comme ennemi public dans la Russie de Vladimir Poutine, a investi depuis l’année 2009 dans Facebook (et également Twitter). Milner est connu pour avoir des rapports étroit avec l’oligarque russe Archi-sioniste et multimilliardaire Mikhail Khodorkovsky, l’ennemi public numéo 1 en Fédération  de Russie et l’un des responsables du chaos qui s’était abattu sur ce pays du temps de la présidence de Boris Eltsine.

All the Russian Oligarchs are either staunch Zionists supporting Israel or Israelis working abroad as a sleeping sabotaging cells for the strategic interests of Israel.  Their primary mission: ruin and destroy other Nation-Sates economies and creating failed States.

Tous les oligarques russes sont soit de fervents supporters du sionisme ou carrément des israéliens travaillant à l’étranger comme des éléments de cellules dormantes oeuvrant pour les intérêts stratégiques d’Israël. Leur mission première: ruiner et détruire les économies des autres Etats-Nations et la création d’Etats en faillite.

In 2014 Facebook bought the influential internet messaging service WhatsApp, a messaging platform for smartphone users, one of its founders and present CEO being the Ukrainian Zionist Jew Jan Koum, who is actively funding and backing the Kiev Regime against Novorossia Republics and pushing for a global war with Russia. Koum is a personal friend with the Prime Minister of Israel Benjamin Netanyahu and the former Gerogian president Mikhail Saakachvili.

Le dictateur en titre de l'Etat d'Israël Benjamin Netanyahu avec le sioniste ukrainien Jan Koum (Whatsapp) en 2014.
Le dictateur en titre de l’Etat sioniste d’Israël Benjamin Netanyahu avec le sioniste ukrainien Jan Koum (Whatsapp) en 2014.

En 2014, Facebook a procédé à l’acquisition de Whatsapp, un influent service de messagerie Internet pour les utilisateurs de Smartphones. L’un des fondateurs de Whatsapp est le juif ukrainien Jan Koum, qui finance et soutient activement le régime de Kiev contre les républiques populaires de Novorossia et pousse à la guerre globale contre la Russie.

Thoug Israel Armed Forces have created Viber and tried all their best to hide its connection with Israel, declaring the three military officers who created Viber left the Army and sold their product to another company based in Cyprus (not very far from Tel-Aviv), they still need other applications to extend their spying net over vast zones.

Bien que les forces armées israéliennes ont crée Viber et essayé de cacher les liens qui lient cette application pour téléphones mobiles avec Israël, en déclarant que les trois officiers israéliens qui ont conçu Viber ont quitté l’armée et vendu leur produit à une compagnie basée à Chypre (pas très loin de Tel-Aviv au demeurant), Israël a encore besoin d’autres applications pour étendre son réseau d’espionnage électronique sur de vastes zones.

Since 6 months, Facebook is behaving very weirdly with its users. It turns out Facebook is more and more « nervous » and even hysterical when it comes to some issues like using nicknames and criticizing international Zionism.

Depuis 6 mois, Facebook agit très bizarrement avec ses utilisateurs. Il s’avère que Facebook devient de plus en plus « nerveux » et même hystérique quand il s’agit de certains sujets comme l’utilisation de pseudonymes au lieu de vrais patronymes et à l’égard de critique envers le sionisme international.

This erratic behavior can be dubbed « antisocial ». Ironically, the social network has turned into an antisocial nightmare for every individual who got involved with it. But this is not a real issue. the real issue is how come a social media comes to ask you to submit your identification credentials or else it closes your account. This is a typical Zionist hysterical threat and spying behavior.

Ce comportement erratique peut être considéré comme antisocial. Bien ironique quand il s’agit d’un réseau social qui s’est transformé en un véritable cauchemar pour toute personne qui s’est retrouvée dedans. Mais le problème n’est pas là. Le véritable problème est comment un réseau social en vient à exiger de vous de lui soumettre des preuves physiques de votre identification sous peine de suspendre ou de supprimer votre compte. Ceci est un comportement sioniste typique caractérisé par la menace et l’espionnage hystérique.

Do you want to be a friend with the extremist Zionists of Israel? Then sign up to Facebook. This rotten network is regarding humans as sheep generating data and money (each like generates money to fund the so-called Israeli Defence Forces and even ISIS! )

Voulez-vous devenir amis avec les extrémistes sionistes d’Israël? Vous n’avez qu’à rejoindre Facebook. Ce réseau pourri considère les gens comme des moutons générant de l’information et de l’argent (chaque « j’aime » génère de l’argent qui sert à financer les soit-disant forces d’auto-défense d’Israël et même l’organisation de l’Etat Islamique)

Are you still on Facebook?

Êtes-vous encore sur Facebook?

Guerre en Péninsule Arabique: un missile SCUD yéménite se serait abattu dans la région de Ryad

Selon des informations publiques basées sur un communiqué du ministère yéménite de la Défense, un missile balistique tactique de type SCUD (dont on ignore pour l’instant la variante) tiré depuis l’extrême Nord du Yémen par la Garde Républicaine yéménite se serait abattu sur une immense  base militaire saoudienne située dans la région de Ryad.

Le 6 juin dernier, Ryad avait annoncé que ses batteries de défense anti-balistique de type Patriot  avaient intercepté avec succès un missile balistique SCUD yéménite volant à Mach 5.

Suite à ce premier tir, l’aviation de la coalition saoudienne avait bombardé une supposée « base de lancement de missiles balistiques » à Saâda alors que les militaires fidèles à l’ex-président Ali Abdallah Salah, un allié des Houthis, affirment qu’ils ne disposent d’aucune base et que les missiles sont tirés à partir de rampes de lancement mobiles.

L’efficacité du système Patriot est hautement mise en doute par de nombreux experts et depuis sa première variante apparue lors de la seconde guerre du Golfe (1991), ce système n’a pas vraiment fait ses preuves.

Il ressort de ce conflit que l’Arabie Saoudite a commis une série de grosses erreurs stratégiques en décidant de lancer une vaste campagne aérienne initerrompue depuis le 26 mars dernier contre son très pauvre voisin méridional. Outre la sous-estimation subjective de l’adversaire, les Saoudiens semblent avoir cru au mythe de la guerre aérienne telle qu’elle a été élaborée et mise en application le 16 janvier 1991 par les américains contre l’Irak de Saddam Hussein, avec le résultat fort mitigé qui s’en est suivi mais qui a été présenté par les médias comme une grande victoire. Une étude minutieuse suivie d’une analyse de ce type de guerre à l’époque a été entrepris par les théoriciens militaires chinois et leurs conclusions ont été sans appel: mauvais exemple d’un immense gaspillage de ressources pour un rendement presque nul.

Les déboires du Royaume dont l’influence sur la politique mondiale est immense, en agissant notamment sur le processus de prise de décision des Etats-Unis d’Amérique, sont autant de signaux d’alerte destinés à la Turquie, pays dont le gouvernement étudie depuis des années la possibilité d’une intervention militaire en Syrie.

« La Pire des Situations » par Michel Dakar

Ce qui suit est un texte fort intéressant de par sa richesse heuristique et de son approche audacieuse et inédite de la nature du lien implicite et tenace entre la perception et la construction de la réalité d’une part, et le phénomène de rupture avec le réel en tant qu’outil conceptuel aux fondements de l’hégémonie, du sionisme mondial ou de la notion d’empire d’autre part.


Ce texte est inspiré de la diffusion par le site https://strategika51.wordpress.com/ vers le 17 juin 2015 de ce document de guerre psychologique qui est consultable à l’adresse ci-après : http://www.aredam.net/strategika51-israel-attaque-guerre-psychologique.html. Cette illustration est elle-même tirée du site : https://theuglytruth.wordpress.com/ (La vérité hideuse).

Illustration d'origine incertaine. Apparue pour la première fois en 2013 dans un site  de l'Armée Electronique Syrienne (AES)
Illustration d’origine incertaine. Apparue pour la première fois en 2013 sur un site de l’Armée Electronique Syrienne (AES) et utilisée dans un Twit signé « Un Arabe Syrien »

 

Le contenu de ce document de guerre psychologique est constitué de deux phrases en langue anglaise, placées au-dessus et en-dessous d’une photographie :
« De nos jours tout est fabriqué en Chine » (Nowadays everything is made in Chine) [ Photographie d’une groupe de sept soldats israéliens lourdement armés et cuirassés face à un enfant arabe seul, les bras le long du corps, l’un des soldats, les yeux cachés par les verres de ses lunettes de soleil, touche du canon de son fusil de guerre la poitrine de l’enfant, le doigt sur la gâchette. Au second plan, on peut penser discerner le mur des lamentations ] « Excepté les lâches, ils sont fabriqués en Israël » (Except COWARDS they are made in ISRAEL) – COWARDS étant en grande lettres jaunes, couleur de la fameuse étoile que les nazis faisaient porter aux juifs. Les termes NOWADAYS et ISRAEL étant avec COWARDS en grands caractères, et NOWADAYS et ISRAEL encadrant COWARDS en caractères jaunes, l’ensemble s’imposant à la lecture rapide comme « De nos jours – lâche – Israël ».
On peut parler en ce qui concerne ce document, d’un chef d’œuvre, qui pourrait figurer dans les manuels de guerre psychologique, au même niveau que l’Art de la guerre de Sun Tzu.
Au regard de ce document, la fameuse photographie de la place Tien An Men à Beijing, de l’étudiant qui à lui seul stoppe une colonne de chars d’assaut, fait figure de mauvaise plaisanterie de la propagande américaine. Il manque juste le logo CIA-Cola, ou celui de Hollywood-Machine-Gun, ou encore de Google-NSA sur la chemise de l’idiot utile David Han (pourquoi ne l’ont-ils pas montré attrapant des missiles au vol?).

Quelle est la raison du titre de ce texte « La Pire des situations » ?
On peut définir ce qu’est la pire des situations pour l’un des protagonistes en guerre, quand pour la propagande de ses adversaires, il suffit d’utiliser la stricte réalité pour obtenir un effet de totale délégitimation de son existence même. C’est le cas avec le matériel de propagande ci-dessus exposé, qui délégitime de la façon la plus irrévocable l’existence même d’Israël.
Ce document porte le message implicite qu’il n’y a que les pires salauds, les pires vendus, les pires dégénérés, les malades mentaux intégraux qui vivent dans leur monde en totale rupture avec le réel, qui peuvent considérer de manière positive cet État et soutenir son action et par-là son existence.
On peut aussi lire comme autre message implicite, l’enfant étant le symbole universel de la force de la vie, que la vie même s’oppose à Israël, ou qu’Israël est un défi mortel lancé à la vie, et donc une menace pour l’ensemble de l’humanité. Au regard de la véracité de la photographie même, les meurtres d’enfants par l’armée israélienne étant largement documentés et cela par de multiples sources fiables, indépendantes les unes des autres (voir la déclaration du 18 juin 2015 du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, sur la guerre menée par Israël contre le méga camp de concentration de Gaza en 2014 et les meurtres de 500 enfants palestiniens – Sources AFP et Al-Manar), cela mène à considérer comme vraie que l’existence d’Israël est une réelle menace pour l’existence de l’humanité, et que le choix doit s’opérer entre la survie de l’humanité et la survie d’Israël.
D’autre part, et de façon subsidiaire, on doit remarquer la mise en opposition graphique entre Israël, soit l’Occident, et les pays dits émergents, dont la Chine est la colonne vertébrale, Israël pouvant être considéré de même comme la colonne vertébrale de l’Occident.
Ce document unique, de la guerre psychologique, expose donc aussi de façon implicite, qui sont les deux principaux protagonistes dans la guerre mondiale qui se déroule actuellement, Israël et la Chine.
Comparaison entre les matériaux de propagande du camp occidental et ceux du camp adverse.
Ce document est à mettre en perspective avec les diverses créations de l’appareil de propagande du camp occidental visant à avilir les cibles choisies à détruire par les stratèges occidentaux.
La première bataille d’envergure menée par l’Occident dans son actuelle guerre mondiale pour maintenir son emprise sur la planète a été en Irak en 1990. Qui se souvient de l’épisode des couveuses pour bébés prématurés dans une maternité du Koweit, volontairement privée d’électricité par Saddam Hussein ? Quels imbéciles ont bien accorder un quelconque crédit à cette grotesque légende ?
La seconde destruction d’un pays et de sa population, décidée par les stratèges occidentaux, a été en Libye en 2011. Quels tordus ont pu croire l’immondice littéraire d’une Annick Cojean, décrivant Muammar Kadhafi comme un satyre alcoolique dégénéré, violeur, possesseur d’un harem, visionnant des film pornos occidentaux pour se mettre en train ?
Le cas du président de la Syrie, Bachar Al-Assad, diplômé en médecine, spécialisé en ophtalmologie, et décrit comme un tortionnaire hideux utilisant des gaz mortels contre sa propre population, est le dernier, pour le moment, sur la liste.
On peut noter une retenue vis à vis de Vladimir Poutine, sans doute par peur de représailles pouvant s’abattre contre les visqueux factotum du type Cojean, et aussi vis à vis des dirigeants chinois et iraniens. C’est sûr qu’il est facile d’associer les termes de Cojean et de Coward. On note moins de retenue envers la Corée du Nord, avec la dernière plaisanterie d’un membre de son gouvernement exécuté au missile anti aérien pour s’être endormi durant le discours de son président (mais à qui s’adresse ce genre de pitrerie ?).
Il faut aussi relever que la véracité des documents vidéos émanant des services de propagande occidentaux eux-mêmes, concernant les exécutions de Saddam Hussein en 2006 et de Muammar Kadhafi en 2011 n’est pas contestable, vidéos montrant qu’à l’instant d’être pendu, un individu se jette sur Saddam Hussein ligoté, la corde passée autour du cou, le corps prêt à être jeté dans le vide, lui portant plusieurs coups de poignard au cou, et Muammar Kadhafi, extrait d’une cachette par ses poursuivants, le visage ensanglanté, tué à coups de tournevis portés à l’anus.
Peut-être faudrait-il conseiller au camp adverse pour qu’il se mette au niveau de l’Occident, qu’il diffuse de temps à autres sur l’internet, des vidéos montrant en raccourci la mort dans l’une de ces antiques cages chinoises à strangulation lente, d’un petit agent bien choisi du camp occidental (une Annick Cojean par exemple, ou une Ava Djamshidi – article Le Parisien page 5 du 19 juin 2015 « Ces dictateurs à l’origine de la crise migratoire » – Omar el-Béchir (Soudan), Issayass Afewerki (Érythrée), Bachar al-Assad (Syrie)), ou bien concernant ces assassins soi-disant religieux, des vidéos en raccourci, montrant leurs supplices par le dépeçage lent et prolongé de leurs corps en des dizaines de morceaux, comme cela se pratiquait en Chine antique pour les crimes suprêmes (voir l’illustration : http://www.aredam.net/le-lit-conjugal-marco-ferreri-1963.html). Mais est-ce possible de parvenir à atteindre le niveau de barbarie de l’Occident ? Ces supplices en Chine étaient encadrés par une législation rigide et tatillonne, ils n’avaient qu’un but unique, non pas la vengeance, la terreur, l’assouvissement d’une haine ou d’un plaisir sadique, mais le maintien d’un ordre bi-millénaire, assurant la stabilité de la société pour l’avantage de tous, tout arbitraire était sanctionné, et de plus, il existait une longue suite de recours jusqu’à l’empereur, avant que la condamnation ne devienne effective. C’était un réflexion que devraient réprouver les droidlomistes aux culs merdeux d’Amnesty, de la FIDH et de HRW, tous piteux agents spéciaux qui pourraient être bien choisis pour inaugurer cette campagne de discipline. Et n’est-ce pas l’un des buts psychologiques que dissimulent ces manœuvres occidentales d’horreurs et de pitreries, but qui est de ramener les anti-occidentaux au niveau d’abjection, de turpitudes et de dépravations radicales où ils se sont eux-mêmes piégés ?
Trois apartés :
Qu’est-ce en réalité que le sionisme ?
Le sionisme est un mouvement de fuite collectif, politique, de la réalité.
Le sionisme proposait la création d’un lieu clos, coupé du monde, où les juifs pouvaient se tenir hors du réel, l’équivalent des ghettos européens ou des pays musulmans, mais à l’échelle planétaire.
Quelle fut la raison de la venue du sionisme ?
La raison de la venue du sionisme fut le courant d’assimilation de la population juive au sein de la population européenne non-juive au cours du 19ème siècle, c’est à dire l’entrée de la population juive dans le réel, et son échappée du monde imaginaire où elle avait été jusqu’alors confinée par ses rabbins, ses potentats économiques et ses chefs politiques. Le sionisme est une réaction à la rupture de cet enfermement, un rejet de l’ouverture des juifs au réel. Sous couvert de protéger les juifs, son but est de perpétuer cette rupture avec le réel et cette vie dans l’imaginaire, et de maintenir intact le pouvoir de ceux qui tirent profit de cette rupture, les puissances financières juives (Rothschild a financé les premières colonies juives en Palestine), les potentats religieux, et une nouvelle sorte de politiciens, ceux en charge de propager le sionisme, de conditionner les juifs au sionisme, et de diriger les organisations sionistes.
De plus, la détermination proprement juive à conserver sa propre population au sein d’un ghetto à l’échelle planétaire situé en Palestine, s’est hybridée avec celle impériale mondiale britannique à créer une place forte à l’un des plus essentiels carrefours des voies de communication mondiales qu’est la Palestine, en s’inspirant de l’idée de la colonie de peuplement de la Rhodésie, idée qui inclut l’élimination de la population indigène, soit le génocide.
Quelle est la conséquence du caractère essentiel du sionisme qui est la fuite du réel, dans la guerre mondiale actuellement en cours, en terme de tactique, sachant que les juifs occupent une place centrale au sein de la sphère du vrai pouvoir occidental ?
La tactique pour détruire le pouvoir occidental, consiste à s’attaquer au point le plus faible de ce pouvoir, celui qu’il suffit d’exposer à la réalité, qu’il suffit de mettre au contact du réel, de placer à la lumière du jour. Il s’agit des juifs. Tous ceux qui cherchent à briser le pouvoir occidental l’ont parfaitement bien compris. C’est pourquoi ils utilisent par exemple le travail d’idéalistes tels les historiens révisionnistes qui sont à la recherche de la vérité en histoire, du passé réel, lequel n’est qu’une partie de la réalité globale intemporelle, réalité globale intemporelle qu’on peut dénommer La Vérité, les historiens révisionnistes pouvant être dénommés « chercheurs de Vérité ».
Ceux qui ont émis ce document de guerre psychologique (Nowadays Cowards Israel), qui est le prétexte de ce texte, exposent la réalité présente des juifs, pour les détruire, et au-delà, pour atteindre l’ensemble du pouvoir occidental.
Les juifs sont un cas unique dans toutes les communautés humaines, car étant mortellement atteints par la lumière du réel, par leur seule exposition à la lumière du jour, le contact de la réalité suffisant à les détruire. Les deux seuls exemples similaires existant sont littéraires, avec le personnage imaginaire du vampire, qui meurt à la lumière du soleil, et avec celui de la légende grecque de la Gorgone méduse, qu’on ne pouvait que regarder indirectement dans un miroir, sous peine de se transformer en statue de pierre (la vue du réel pétrifie).
Il faut toutefois remarquer que la fuite du réel est un phénomène commun à toutes les cultures humaines, il est simplement plus extrême chez les juifs. Les juifs ne sont que le miroir grossissant de ce trait essentiel qui existe dans toute l’humanité. Ils ressemblent à la Gorgone méduse, on ne peut les observer qu’indirectement, sous peine d’être pétrifié, en l’occurrence par les lois réprimant l’antisémitisme, le révisionnisme, mises en œuvre par les tribunaux spécialisés comme en France la 17ème chambre du TGI de Paris, ce type de juridiction étant en charge de l’aveuglement de la vision du réel. On pourrait même surnommer les juifs les Gorgones, et intituler l’entité israélienne: la Gorgonie, et les réprouvés pour antisémitisme et révisionnisme, les « miroirs du réel ».
Quelle est l’origine de la rupture générale humaine avec le réel ?
Cette origine est le développement du système nerveux central, amenant ce qu’on peut nommer la conscience, la conscience entre autres de la destruction obligatoire d’autres vies pour entretenir sa propre vie, ce qui a conduit les peuples orientaux au végétarisme, mais la consommation de graines de même est la destruction de vies en germe. Même manger des fruits entraîne la destruction des vies en germe que sont les pépins. Ceux qui peuvent rire de ces propos ont simplement une totale atrophie de cette sensibilité. La rupture d’avec le réel est devenue parfaite dans leur cas. Ils vivent dans un sous-monde étanche au sein du monde global.
Il semblerait qu’à l’origine, la population humaine ait eu le sens du réel entièrement intact, et que chaque acte pour se nourrir par la destruction obligatoire d’autres vies entraînant la souffrance, il s’instaura une rupture intérieure d’avec la réalité. Ce fut le commencement de la rupture générale d’avec le réel que connaît l’être humain, qui conduit à la destruction actuelle généralisée de toutes les formes de vie sur la planète, dont celle humaine. Il y a beaucoup à comprendre et à manipuler avec les juifs, qui ne font que caricaturer les autres humains.
Il faut là relever que la seule tentative culturelle de « jonction avec le réel » a eu lieu en Inde il y a environ 2500 ans, avec le bouddhisme, lequel n’est qu’une méthode individuelle pour se fondre dans le réel, ou devenir réel, ou se réaliser. Cette démarche a ensuite été dévoyée pour créer une religion. De plus, ce qui n’a pu être exprimé dans le contexte de l’époque du bouddhisme originel, est que la plus profonde souffrance ressentie par tout être, souffrance ayant trait à l’immanente disparition, ne se borne pas à celle qui le concerne personnellement, mais à celle inhérente à l’état même de l’existence, englobant tout ce qui est, sensibilité lui faisant dépasser la dualité soi et non-soi, laquelle n’est qu’une illusion, l’un des effets de la rupture d’avec le réel. Il a fallut bien des efforts culturels, et franchir bien des étapes, pour enfouir au plus profond de sa pensée cette sensibilité au réel, au vrai, enfouissement qui permet de détruire comme un robot, un drone, actuellement, l’ensemble de la vie sur la planète, destructivité dont les virtuoses les plus accomplis sont les fanatiques musulmans, juifs, américains et européens.
En effet, et par opposition au bouddhisme, il semblerait que cela soit au Proche-Orient que culturellement se soient développés les courants dénotant les plus irrémédiables ruptures avec le réel, les plus invalidantes amputations de la sensibilité au réel, ce qui a conduit aux religions juive, chrétienne et islamique. En Extrême-Orient, on n’observe que le cas du Japon, sorte de ghetto asiatique productiviste, militariste et impérialiste, à la population enrégimentée et endoctrinée jusqu’au plus profond neurone, où s’est développée cette même culture de rupture d’avec le réel, allant de pair avec l’esprit d’agressivité, d’accaparement et de destructivité, dont l’ensemble des japonais commence, devançant le reste de l’humanité, à en subir les inéluctables conséquences létales (c’est la seule nation où il a été possible d’associer bouddhisme et guerre, pour créer l’idéologie du « bouddhisme de guerre » au service du militarisme japonais et du culte de l’Empereur, pendant la seconde guerre mondiale).
C’est cette culture de rupture du réel dominante en Occident, et que l’Occident a propagée par la force à toute l’humanité, qui entraîne l’état actuel de destruction de la planète. L’Occident porte l’entière responsabilité du désastre en cours, les autres populations ne pouvant que suivre l’exemple occidental ou disparaître encore plus vite.
Conclusion : quel est l’effet attendu de la diffusion du type de matériel de guerre psychologique tel celui Nowadays-Cowards-Israel » ?
Ce but est de provoquer une exacerbation de la censure au sein de l’Occident, et son étouffement sous ses propres interdits. Aucun domaine humain d’activité n’étant étanche aux autres domaines d’activités, le fait de censurer tout ce qui est du domaine des juifs, d’Israël et du sionisme, domaine qui de plus est central, ne peut qu’étendre l’interdit de penser dans tous les autres domaines de la pensée en Occident, et à moyen terme étouffer toute créativité dans tous les domaines de la pensée, dont dans celui vital de la menée de la guerre mondiale entreprise par l’Occident.

On peut déjà constater en Occident l’effet de cette censure spécifique à ce qui est juif, par le dépérissement rapide de la créativité en Occident, dans les domaines publics de l’art, de la littérature et de l’architecture. Il est probable qu’il en est de même en science et en technologie par rapport aux recherches menées dans le camp anti-occidental, qui sont gardées secrètes. Il est aussi évident que malgré les moyens gigantesques mis en œuvre par les Occidentaux dans la guerre, globalement, ils ne parviennent qu’avec une énorme difficulté à maintenir leur emprise sur le terrain conquis, et même à ne pas reculer.

De même, l’observation de la tactique imaginée par l’Occident, qui est une guerre mondiale par mercenaires islamistes et par les drones interposés, met en lumière la plus totale incapacité à créer ce qui fonde une victoire, soit une motivation solide qui peut être défendue devant l’opinion et emporter l’adhésion.

Dans ces conditions, les recrues de toutes sortes pour cette guerre ne peuvent qu’être de très médiocre qualité. On le voit dans le domaine de la propagande en France avec ces Zémour, Finkielkraut, Fourest, Houllebecq et autres personnages de série Z. Il en est de même dans le domaine politique avec ces Hollande, Fabius, Kouchner, Kohn Bendit, Sarkozy, Le Pen (fille), et autres personnages clairement vendus et ectoplasmiques. Les dirigeants occidentaux en sont même à cacher cet état de guerre mondiale à leur propre population, tant il ne peuvent légitimer cette guerre.

Les seules troupes authentiquement occidentales utilisées dans les opérations, le sont de façon secrète.
Il n’y a aucune incertitude quant à l’issue de cette guerre, les gens de qualité refusant de collaborer au régime occidental, même si sa défaite aura aussi des conséquences dramatiques pour leur niveau de vie. Ce régime en est à recruter ceux qui seraient refusés avec mépris par un régime sain et légitime. La tâche cruciale du camp adverse est de ne pas acculer trop vite les malades mentaux qui dirigent l’Occident, pour ne pas qu’ils provoquent une guerre nucléaire, et de temporiser jusqu’à l’auto-désagrégation du bloc occidental et de la Gorgonnie.

Michel Dakar

Lien direct du texte ci-dessus sur le site de l’auteur: aredam

 

If Damascus falls, Europe won’t be far behind – US senator

As a new report details the devastation wrought upon Syria by four years of rebellion, a Virginia state senator who once thanked the Syrian government for defending Christians is worried about the fate of Damascus, the Middle East and Europe.

“If Damascus falls, the dreaded black and white flag of ISIS will fly” over Syria, Virginia state Senator Richard Black told RT. “Within a period of months after the fall of Damascus, Jordan will fall and Lebanon will fall,” he said, adding that the self-proclaimed Islamic State would then target Europe next.

Black is no stranger to the Syrian crisis. Last year, he wrote a letter thanking the government in Damascus for a “gallant and effective campaign” to liberate Christian villages on the border with Lebanon. Most Americans are not aware that Christianity started in present-day Syria, he pointed out. (Source: RT)

Le moins que l’on puisse dire est que le sénateur Richard Black semble bien optimiste quand il affirme que dans un délai de quelques mois après une éventuelle chute de Damas, la Jordanie et le Liban seront les suivants à tomber. En réalité, quels que soient les cas de figure, le Liban tombera dès la chute de Damas et la Jordanie sera menacée de disparition définitive de la géopolitique du Moyen-Orient.

Ce qui est vraiment intéressant est que ces déclarations semblent coïncider avec des dizaines d’anciennes prophéties ne disant pas autre chose en substance.

D’un point de vue prospectiviste, il est pour le moins terrifiant que de tenter de prévoir ce qui ce passera en cas de défaite de l’armée syrienne et de chute de Damas. Au minimum une grande guerre généralisée sur l’ensemble de l’espace régional pouvant très rapidement déborder sur un conflit planétaire.

Exclusif: Voici ce qui s’est réellement passé dans l’espace aérien syrien depuis un mois

D’après des informations très fiables, la Syrie avait accepté via une tierce partie un arrangement secret permettant l’usage par les avions de combat de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis  de trois corridors aériens dédiés pour bombarder les position de « Daech », acronyme arabe de l’organisation terroriste dénommé « Etat Islamique » sur son territoire.

Cependant, en janvier 2015, en violation flagrante des arrangements secrets entre les pays de la coalition et la Syrie, des avions de combat israéliens ont utilisé l’un des corridors désignés et pénétré l’espace aérien syrien. Les avions israéliens avaient procédé au tir de cinq missiles Air-Sol « Popeye » (produits par Rafael Advanced Industries, Lockheed et Turkish Aerospace Industries,  connus également sous la désignation AGM-142 Have Nap aux Etats-Unis) contre des cibles précises dans des zones épargnées par la guerre en Syrie. La défense anti-aérienne syrienne  a réussi à détruire trois des cinq missiles en plein vol. Les deux autres ont atteint leurs cibles.

Après cet incident, des officiels syriens très furieux ont alors demandé à un grand pays tiers d’aviser les pays de la coalition sur l’existence de certaines zones en Syrie où les avions de la coalition seraient systématiquement abattus. Ces zones incluent la Capitale Damas, l’ensemble du littoral méditerranéen et les zones sous contrôle des forces armées syriennes.

Aussitôt, tous les avions de la coalition participant dans la campagne de bombardements aériens visant les positions de Daech dans l’Est et le Nord de la Syrie commencèrent  à être systématiquement  « marqués » ou « illuminés » de manière agressive par les radars de l’armée syrienne ainsi que par ceux, de nouvelle génération, équipant la base de guerre électronique russe sise à Tartous. L’usage de chasseurs F-22 Raptor au dessus de la Syrie cessa après un incident de ce type. Londres, Paris et Ankara relancent alors leurs campagnes et déclarations hostiles à la Syrie.

Le 14 février 2015, dans une manoeuvre inédite et très audacieuse, des chasseurs-bombardiers syriens escortés de chasseurs Mikoyan-Gurevitch MIG-29 pénètrent à très basse altitude l’espace aérien du  Liban avant de bifurquer vers le Sud en direction de la frontière israéliennes pour enfin rebifurquer vers l’est et pénétrer en Syrie au dessus du plateau du Golan et prendre de revers les positions rebelles du front d’Ennosra.

Le 17 mars 2015, un aéronef non-identifié pénètre depuis la Jordanie l’espace aérien syrien. Il est promptement identifié comme étant un drone de type MQ1 B Predator et traqué comme le sont l’ensemble des avions de la coalition. Mais le drone a dévié de son corridor désigné pour se diriger sur Lattaquié en survolant une zone strictement interdite aux aéronefs de la coalition internationale. Après sommation, le drone a commencé à effectuer des cercles au dessus des environs de Lattaquié. Le commandement de la défense aérienne du territoire ordonna alors à une batterie de missiles Sol-Air de type S-125 NEVA/PECHORA 2M d’abattre le drone. Un seul missile fut tiré. Les débris du Predator tombèrent sur un immeuble civil et furent très rapidement récupérés par une unité spéciale de l’armée syrienne.

La question que posent de nombreux analystes est celle relative au comportement assez singulier du drone. Pourquoi ce dernier a t-il persisté à survoler en cercle une zone où les défenses antiaériennes l’ont illuminé? Quel était le but de cette manoeuvre? Quel était l’objectif (humain) de cette mission à Lattaquié? Etait-ce une tentative de pousser les syriens à ouvrir le feu les premiers? Dans quel but? La réponse à la dernière question semble s’inscrire dans le cadre d’un casus belli justifiant l’amorce d’une nouvelle stratégie en préparation. Une thèse confortée par la trés prévisible reconduction du premier ministre israélien ultra-extrémiste Benyamin Netanyahu après un simulacre d’élection alors qu’Israël se considère en guerre totale avec à leur tête un « dictateur » (dans son acception du temps de la République Romaine) non déclaré.

Les Etats-Unis ont reconnus avoir perdu le contact avec un de leurs drones au dessus de la Syrie. Damas n’a pas commenté sur cette annonce mais un média officiel a rendu public l’information selon laquelle un drone US a été abattu par la défense antiaérienne syrienne.

Capture d'image télévision syrienne. débris en feu du drone MQ1 B PREDATOR US abattu par un missile S-125 NEVA/PECHORA au dessus de Lattaquié.
Capture d’image télévision syrienne. débris en feu du drone MQ1 B PREDATOR US abattu le 17 mars 2015 par un missile S-125 NEVA/PECHORA au dessus de Lattaquié, en Syrie.

Daech sera la première puissance militaire non-étatique opérationnelle au Maghreb en 2016

D’après des experts militaires, l’organisation terroriste connue sous l’acronyme arabe Daech sera la première puissance militaire non-étatique opérationnelle au Maghreb en 2016. L’organisation n’est pas encore pleinement établie en Libye où des dizaines de groupes armés locaux se sont réclamés de cette nouvelle armée de l’ombre créee de toutes pièces par des puissances afin de disposer d’un outil géostratégique au Moyen-Orient et à terme sur l’ensemble de la région centrale du monde. Le groupe le plus dangereux actuellement est celui du chef de guerre Algérien Mokhtar Belmokhtar, véritable lien nodal entre l’organisation de Boko Haram (Nigéria septentrional, Caméroun, Tchad, Niger, Mali), le groupe des Chebab somaliens (Somalie, Nord du Kenya) et les milices radicales de Derna en Cyrénaïque ainsi que les cellules alliées en Tunisie et en Algérie. Ce groupe dissident de l’ancienne Al-Qaïda au Maghreb Islamique (ex-GSPC) s’est taillé un véritable fief en Libye méridionale d’où il pouvait contrôler les principales voies de passage vers le Mali et le Niger (via la passe du Salvador), le Tchad (à travers des alliances conclues avec certaines tribus Toubou) et le Soudan. Mokhtar Belmokhtar a déclaré son allégeance à Al-Baghdadi, autoproclamé chef suprême de Daech après des années de cavale durant lesquelles il a failli être éliminé par l’armée algérienne dans le Sahara algérien avant qu’il n’échappe d’extrême justesse à un tir de missiles ‘Hellfire’ de drones d’attaque US quelque part entre la Libye et le Niger.

Daech une force militaire alternative et modulaire

Armée de l’ombre, une force mercenaire ou une milice radicale, Daech est surtout une force modulaire d’une étonnante flexibilité tactique et dont les méthodes s’assimilent moins à l’usage de moyens non-conventionnels en matière de combat asymétrique qu’à une stratégie alternative de gains territoriaux à travers notamment la propagation de la terreur au sein des populations pour les pousser à évacuer les territoires. Il n’est point étonnant de constater que la propagande et la guerre de l’information tiennent une importance particulière au sein de l’organisation et cela se traduit sur une base régulière par des démonstrations de force plus ou moins minutieusement chorégraphiées. « Frapper les esprits! » semble être le mot d’ordre de la stratégie communicationnelle de Daech et ce dernier ne cesse d’innover en la matière comme l’a illustré la terrible vidéo de l’exécution du pilote jordanien capturé en Syrie. Sur le plan tactique, Daech est loin d’être invincible comme l’ont démontré ses déboires à Kobané/Aïn Al-Arab face aux milices de protection kurde ou encore à Tikrit dans la province de Salaheddine en Irak face aux forces combinées du Corps des Gardiens de la Révolution iranienne et des milices irakiennes. En guerre contre les armées syrienne, irakienne et iranienne ainsi que contre le Hezbollah libanais, Daech compte par dessus tout sur son redoutable système crypté de communication et de gestion en temps réel du champ de bataille. Ce système livré au groupe clef en main par une puissance obsédée par la maîtrise de l’environnement du champ de bataille, s’est révélé pratiquement impossible à décrypter par les experts syriens et iraniens. Autre point fort de Daech, les SIG ou systèmes d’information géographiques, lesquels associés aux données de l’imagerie satellitaire-et pas n’importe lesquelles-lui ont donné une longueur d’avance en matière de reconnaissance du terrain à conquérir. En Irak et en Syrie, les unités de Daech connaissaient au préalable les positions ou les mouvements des troupes adverses. En Libye, le groupe est loin d’avoir les capacités dont il dispose au Levant et plus particulièrement en Irak. Même avec l’adjonction des hordes de Boko Haram et d’autres groupes armés activant au Sahel. Mais certains signes démontrent déjà l’acquisition de capacités croissantes:

#1 Capacités limitées mais avérées en matière de brouillage des télécommunications civiles et militaires; On ne sait pas encore si la filiale nord-africaine dispose ou non du système de communication utilisé par la filière mère en Syrie et en Irak mais on a connaissance de multiples tentative de brouillage et d’interception des télécommunications civiles et militaires de l’Egypte, de la Tunisie et d’Algérie méridionale par des groupes liés à Daech.

#2 Volonté affichée par l’organisation de se doter d’armes chimique ou biologiques et de capturer des éléments de vecteurs balistiques hors état de fonctionnement et de les réhabiliter; En réalité, c’est le Saint Graal de l’organisation terroriste puisque l’acquisition d’une arme non-conventionnelle à portée de main comme des gaz de combat ou des germes toxiques semble être à la tête de ses priorités. Des obus à tête chimique issus des anciens arsenaux de l’armée libyenne se sont retrouvés entre les mains de certaines milices armées en Libye. Pour les missiles balistiques, le groupe a pu capturer des missiles SCUD en très mauvais état sans pouvoir pour autant les recycler. Même si la littérature propagandiste de l’organisation évoque un tir de barrage de missiles balistiques sur Malte, la Sardaigne, la Corse, le Sud de l’Italie et …Rome! Autre caractéristique, le groupe a pu se procurer des centaines de lance-roquettes multitubes montés sur de multiples supports et des canons, ce qui en fait l’un des groupes terroristes les mieux équipés en matière d’artillerie de campagne… #3 Fortes capacités en matière de lutte antichar: Daech est indubitablement l’une des puissances militaires non-étatique disposant des plus importantes capacités en matière de lutte antichar dans le monde musulman. En Libye, les capacité des groupes affiliés rivalisent désormais avec celle d’Etats comme la Tunisie et la plupart des pays du Sahel. Outre les vieux lance-roquettes RPG7 et RPG12, l’organisation dispose de missiles antichar MILAN, KORNET, TANDEM, TOW et même JAVELIN. Si Daech dispose d’une importante artillerie anti-aérienne au Levant, incluant notamment ce qui ce fait de mieux en ce domaine, ce n’est pas encore le cas en Libye où il n’a pu avoir que des vieux canons anti-aériens de 12.7, 20 et 30 mm de fabrication soviétique.

#4 Tentatives de création de cyber-unités spécialisées dans le piratage informatique; C’est un volet dans lequel Daech excelle et il l’a démontré à plusieurs reprises en croisant le fer avec les redoutables unités de cyber-guerre de l’armée syrienne.

#5 Tentatives de se doter d’une aviation de combat ou le cas échéant de former des escadrilles de chasseurs-bombardiers suicide; En Libye le groupe ne semble disposer que d’un Alphajet dont on connait pas l’état, un Mikoyan-Gurevitch Mig-23 MS, deux ou trois Mikoyan-Gurevitch Mig-21 et un Mirage F1 en très mauvais état. Des informations crédibles font état d’un contact établi par des groupes radicaux en Libye et en Irak d’un côté et avec l’Ukraine d’un autre pour l’envoi d’instructeurs pour la formation de pilotes.

#6 Effectifs: Si Daech dans son ensemble semble disposer entre 18 000 et 35 000 hommes, voire 50 000 hommes, on dispose de très peu d’informations sur les effectifs réels des groupes armés ayant prété allégeance à Daech en Afrique du Nord et au Sahel. Mais ce qui est certain est que ce le nombre de recrues est en hausse constante depuis des mois. Le niveau d’insatisfaction au sein de certains segments des populations en Egypte, en Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Libye ainsi qu’en Afrique et en Europe est tel que Daech ne semble avoir aucun problème à court et moyen terme avec le recrutement. Cela sans compter les sympathies pour Daech du Maroc jusqu’aux rivage du Golfe arabo-persique. Car si le phénomène est nouveau, il ne cesse de fasciner des millions de jeunes désoeuvrés sans aucun repère d’aucune sorte et livrés à eux-mêmes dans des pays ravagés par l’impact d’une mondialisation oubliée en tant que concept mais dont les effets ont été terribles.

#7 Des moyens de financement de plus en plus complexes et opaques: basé initialement sur la vente de pétrole de contrebande au marché noir à des clients plus ou moins liés à l’Otan, Daech a su diversifier ses sources de revenus hors de l’aide financière colossale à ce niveau reçu de certains pays. Trafic de l’héroïne en Afghanistan, trafic de stupéfiants et d’armes au Sahel, partage des zones rentières en Libye et plus précisément les zones de production en hydrocarbures. Malgré des restrictions sévères en matière de circulation monétaire, les groupes armés semblent s’appuyer sur des micro-économies parallèles ou souterraines.

#8 Armement et équipement du combattant individuel en constante évolution: Hélas, ce constat est réel et si la tendance continue à ce rythme, on assistera très bientôt à une armée fantôme dont les combattants seraient pour le moins mieux équipés que la plupart des fantassins des armées régulières de la région. C’est le cas déjà pour plusieurs grands pays d’Afrique du Nord comme l’Egypte ou l’Algérie dont les fantassins sont très pauvrement équipés et manquent singulièrement de motivation.

En conclusion, ce présent billet n’a pas pour objet de surestimer les capacités d’une organisation terroriste d’un nouveau genre, dont les méthodes barbares et la violence provoquent l’outrage de n’importe quel observateur mais de rappeler la montée en puissance de la menace. Une menace certes créee de toutes pièces à d’autres fins mais qui a néanmoins muté. Qui aurait cru ( à part Gaddafi) qu’une organisation terroriste doté d’un armement assez conséquent aurait le contrôle de certaines portions du rivage méditerranéen en face de l’Europe du Sud il y a cinq ans? Et qui aurait cru en Afrique du Nord que les flancs de l’Algérie et de l’Egypte seraient menacés par une armée fantôme? Quid encore de Boko Haram en Afrique occidentale? Le monde change à un rythme endiablé. Le jeu continue!

IS Propic

Guerre au Moyen-Orient: Consécration absolue du Su-25

Deux avions de combat Sukhoi Su-25 des forces aériennes des Pasdarans iraniens en action. Cet avion d'attaque au sol a été la révélation des guerres en cours en Syrie et en Irak. Son efficacité est telle qu'il est devenu l'une des principales hantises des groupes rebelles armés.
Deux avions de combat Sukhoi Su-25 des forces aériennes des Pasdarans iraniens en action. Cet avion d’attaque au sol a été la révélation des guerres en cours en Syrie et en Irak. Son efficacité est telle qu’il est devenu l’une des principales hantises des groupes rebelles armés.

Su-25Vague équivalent du A-10 Warthog de l’US Air Force, le bon vieux Sukhoi Su-25 (Code Otan: Frogfoot) a fini par connaître une véritable consécration dans la guerre en cours au Moyen-Orient du littoral méditerranéen de la Syrie aux confins frontaliers entre l’Irak et l’Iran.

Avion de soutien tactique au sol, le Su-25 a fait ses preuves au combat. Son usage intensif est la cause de la disparition de certains groupuscules armés de la rébellion, notamment en Syrie et l’une des secrets derrière l’avancée des forces combinées iraniennes aux côtés des milices Chiites et des forces sunnites tribales dans la province de Salaheddine en Irak face à Daech.

Cet avion d’attaque au sol a connu un tel succès au Levant que d’autres armées dotés d’armement russe dans le monde sont en train de réhabiliter des escadrilles de bombardement tactique dotées de cet appareil.

En 2014, Damas avait choisi des Su-25 fournis par l’Iran pour aller provoquer les défenses britanniques sur l’île de Chypre et non pas des Mikoyan-Gurevitch Mig-29.

Des experts estiment que l’usage de F-16 égyptiens en Cyrénaïque contre Daech n’a pas atteint les objectifs escomptés tout en soulignant l’efficacité d’un usage éventuel de Su-25 au dessus de la Libye où les belligérants sont en train de se doter d’avions de combat.

Le piège de Debaltseve ou la défaite de l’armée ukrainienne

Le piège de Debaltseve à l’issue duquel les forces ukrainienne ont du fuir dans le désordre un encerclement des forces séparatistes s’est avéré meurtrier.

Des sources évoquent la perte d’au moins 3000 hommes par les forces de Kiev lors de ce qu’il faut bien qualifier de débâcle militaire. Soit l’équivalent de presque une division.

De l’autre côté, les forces séparatistes auraient perdu 10% de leurs forces lors de cette bataille.

D’un point de vue stratégique, les forces séparatistes poursuivent des objectifs très précis. La capture de Debaltseve met fin aux corridors non contrôlées et permet de parachever les gains tactiques acquis par les forces du Donbass pendant l’été. Elle consacre surtout la jonction entre les régions séparatistes de Lougansk et de Donetsk. C’est également le prélude à une avancée sur Mariupol, ville d’un demi-million d’habitants sur la mer d’Azov et  verrou stratégique dont la capture assurera la prise de la bande littorale faisant face à la Crimée. La sécurisation à terme de la Crimée semble être un des objectifs stratégiques des forces pro-russes.

Kiev parle de retraite organisée de Debaltseve mais les témoignages sur place évoquent des scènes de désordre total. Des militaires ukrainiens s’estiment avoir été abandonnés lors de la chute de Debaltseve.

Moins qu’une unifications des pôles séparatistes ou la création de deux entités,  on assiste actuellement à un lent mais véritable processus de disparition de l’Ukraine en tant qu’Etat-nation. Et ce quelles que soient les issues possibles de ce conflit.

Le jeu continue.

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Les combats dans la province de Deraa s’intensifient…

Après le succès initial des armes syriennes à Deir Adas, dans la province méridionale de Deraa, fief de l’ensemble de la rébellion, des experts militaires estiment que l’armée syrienne devra se heurter à une résistance acharnée dans les jours qui viennent.

Sur le terrain, les unités de la 7ème division d’infanterie mécanisée et celles de la 9ème division blindée continuent de progresser vers Kafr Shams mais se heurtent à une résistance acharnée menée par la 1ère brigade de l’armée syrienne libre (ASL) et les phalanges du Front Ennosra (proche d’Al-Qaïda)

Hier, une furieuse charge de blindés syrien a tenté de briser les lignes ennemies mais la nature du terrain et l’intensité des armes antichar utilisés par les rebelles, majoritairement des Kornet et des TOW, a stoppé l’offensive de chars.

Deux heures après cette première tentative, l’aviation syrienne a bombardé sans interruption les positions ennemies avant que des unités spéciales du Hezbollah libanais ne tentent une opération réussie destinée à capturer une colline faisant face aux lignes défensives ennemies. Un intense bombardement aérien syrien s’en est suivie durant toute la journée afin d’affaiblir les positions rebelles et une nouvelle opération blindée est prévue dans les heures qui viennent.

D’après les témoignages des militaires syriens engagés dans ces furieux combats au Sud de Damas et au Nord de Deraa, les rebelles utilisent des missiles antichar sophistiquées et disposent d’un armement conséquent.

La contre-offensive syrienne vise à anéantir toute possibilité de création d’une nouvelle armée rebelle au sud et de consolider les positions militaires affaiblies par les rebelles face à Israël.

Guerre au Moyen-Orient: l’armée syrienne consolide ses avancées au Sud du pays

L’armée syrienne ne joue plus.Elle vient d’entamer une nouvelle forme de contre-offensive sur les fronts Sud et Est dont l’objectif est de reprendre le terrain à Daech et le repousser vers les anciennes frontières irakiennes tandis qu’au sud, il s’agit de consolider le front contre Israël, notamment au Golan. D’où l’offensive fulgurante sur Deraa. Avec pour mot d’ordre: « Vers le Golan! ».

Les récentes avancées relativement rapides de l’armée syrienne au Sud de la Syrie et notamment au Golan préoccupent au plus haut point Tel-Aviv.  Au final, les organisations rebelles et plus particulièrement le Front Ennosra (proche d’Al-Qaïda), le Joker des israéliens, n’ont pas réussi à tenir devant l’avancée des unités de l’armée syrienne.

L’armée syrienne a fini par investir Deir Adas à Deraa dans le Sud. Non sans de terribles destructions.

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Un drapeau syrien flottant au dessus d’une structure en béton à Deir Adas dans la province méridionale de Deraa. Le berceau de ce que des médias Arabes et occidentaux appellent la « révolution syrienne ». 

Après la chute de Deir Adas entre les mains de l’armée syrienne, celle-ci se prépare à prendre d’assaut la localité de Kafr Shams. D’intenses bombardements aériens et des pilonnages d’artillerie préparent le terrain à une opération blindée devant évoluer sur trois axes.

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C’est la deuxième fois en mois d’un mois que le ministre syrien de la défense visite la région Sud, au moment où ailleurs dans le pays et pour la première fois, la 104e brigade de la Garde Républicaine, avec l’aide d’une tribu locale, prend d’assaut Ouadi Taym dans la province de Deir Ezzor et met en échec Daech. La localité de Ouadi Taym est située à 10 kilomètres de Deir Ezzor, chef-lieu d’une province où existent des sites d’extraction de pétrole de faible importance.

Les combats entre les unités d’élite de la 104e brigade de la Garde Républicaine syrienne et Daech ont été d’une extrême violence à Ouadi Taym et la localité a finit par être nivelée au niveau du sol dans sa quasi-totalité. Une source syrienne a indiqué que l’un des principaux problèmes auquels continue de faire face l’armée régulière demeure le système de communication hautement intégré usité par Daech. Ce dernier serait ce qui ce fait de mieux et semble impossible à décrypter. Les iraniens ont fait le même constat à ce sujet en Irak.

La guerre contre Daech ou l’Etat Islamique est donc et surtout une guerre électronique en premier lieu. Or, dans ce domaine, Daech semble bénéficier du nec plus ultra. Ce qui voudrait dire une assistance étrangère et pas n’importe laquelle…

Pour Damas, l’élimination d’Ennosra est aussi importante que Daech car il semble que c’est la première organisation qui semble bénéficier de l’aide de pays régionaux et extra-régionaux. L’opération coup de marteau menée par les militaires syriens s’inscrit dans une stratégie plus large puisque le Hezbollah libanais est en train de renforcer ses positions près du Golan en perspective d’un décalage des lignes de front vers le plateau stratégique qu’Israël occupe depuis 1967.

Guerre au Moyen-Orient: confusion des genres au dessus de la Syrie

Des Lokheed-Martin F-22 Raptor et des McDonnell Douglas F/A-18 Hornet de l’US Air Force accompagné d’une vingtaine de General Dynamics F-16 de l’armée de l’air jordanienne, soit une bonne moitié de la flotte aérienne de ce pays en état de voler, ont mené des raids sur des positions de Daech dans la province d’Al-Riqqa en Syrie orientale.

Daech est donc à la fois épouvantail et prétexte à une intervention de forces étrangères en Syrie. Pour la bonne cause dira t-on! Maiss suivez donc la flèche!

Le Roi Abdallah II de Jordanie a beau user de phrases à la Clint Eastwood et d’inscrire des versets du Coran sur les bombes et les missiles que ses avions de combat vont déverser sur Daech, il n’en demeure pas que son pays a joué un rôle certain dans l’apparition de cette légion de chiens de guerre qu’est cette organisation terroriste. Le Nord du royaume Hachémite a en effet abrité pour plus de 14 mois des camps d’entraînement de mercenaires et de volontaires étrangers voulant rejoindre le pseudo-Djihad en Syrie.

Quelle situation étrange: alors que près de Damas, des Mikoyan-Gourevitch Mig-29 bombardent la soi-disant « armée de l’Islam », des Lockheed Martin F-22 américains accompagnés d’avions de combat jordaniens survolent une partie du territoire syrien pour bombarder une autre organisation qui lui est affiliée.

Où tout cela va t-il mener? La réponse à cette question ne peut valoir plus d’une poignée de dollars de plus.