De la stratégie en 2017

En Syrie, les forces armées syriennes, laminées par un interminable conflit de plus de six années, peinent à se reconstruire suivant une nouvelle doctrine militaire asymétrique. A l’exception des unités de l’infanterie de marine, la reconstruction des unités perdues accuse un retard considérable. L’appoint des milices de la défense populaire s’est révélé judicieux en dépit des lourdes pertes que ces dernières, faute d’un entraînement adéquat, subissent sur le terrain.

Pourtant, les défis auxquels devra faire l’Armée Arabe Syrienne (AAS) sont aussi complexes que formidables pour un pays de cinquième ordre: poursuite des opérations militaires contre les innombrables armées rebelles soutenus par l’ensemble des pays de l’OTAN et leurs partenaires de l’Est; guerre contre l’organisation terroriste de l’Etat Islamique (Daech) et Al-Qaïda; circonscrire une éventuelle expansion des milices kurdes dans le Nord; faire face à des incursions plus poussées du puissant voisin turc;  faire face à la subversion et la guerre financière menée par l’Arabie Saoudite et son groupe régional; affronter le Goliath israélien et son puissant allié US au Golan et ailleurs; défendre Damas et le littoral méditerranéen; enfin assurer la survie de l’appareil d’Etat.

Autant dire qu’il s’agit là de tâches dépassant de loin les capacités de l’ensemble des armées des pays arabes réunies. Néanmoins, l’intelligence stratégique des dirigeants syriens a achevé l’objectif prioritaire de la survie. L’apport iranien, massif en économie et en logistique de guerre, puis le soutien des forces aérospatiales russes furent des éléments déterminants dans la survie du gouvernement syrien.

La chaîne de commandement militaire syrien existe encore. Les services de renseignement, pléthoriques avant guerre, ont été unifiées pour faire face aux défections de certaines agences, lesquelles ont constitué l’assise ayant servi à la création d’armées rebelles comme celle connue sous le nom d’Armée Syrienne Libre ou ASL. Des 49 agences de renseignement existant plus ou moins officiellement, une seule a réussi à jouer un rôle de premier plan dans la survie de l’Etat syrien: les renseignements de l’Armée de l’Air. Cette dernière aurait toutefois perdu plus de 60% de ses effectifs au combat entre 2011 et 2016.

La guerre en Syrie est une très dure leçon de realpolitik et de géostratégie à l’état pur.

Cela fait des décennies que Washington, influencé par Tel-Aviv et Ryad, tente d’abattre la Syrie. Damas n’est pas exempté de tous les coups tordus qu’on lui reproche ces 30 dernières années et à ce titre, d’aucuns estiment que les syriens sont parvenus à se créer des ennemis de toutes parts. Il ne faut pas non plus perdre de vue la perspective stratégique d’un pays pauvre en ressources, dont une partie du territoire a été occupé par Israël au Sud. La Syrie de Hafez Al-Assad, père et prédécesseur de l’actuel président se méfiait de la Turquie au Nord, qu’elle assimilait à l’OTAN et de l’Irak à l’Est, avec lequel elle était en rivalité idéologique et politique. Cependant, la plus grande menace pesant sur la Syrie venait du Royaume d’Arabie Saoudite, dont les capacités financières, quasiment illimitées, pouvaient acquérir tout ce qui se trouvait au dessus et au dessous du territoire de la République Arabe de Syrie une bonne centaine de fois.

L’opération hybride d’échelon II derrière ce que l’on appelle « Printemps Arabe » s’est enlisé en Libye avant d’être anéantie en Syrie. L’objectif de changement de régime par la force, priorité numéro une des adversaires de la Syrie, est toujours d’actualité mais le contexte géopolitique et stratégique a connu un changement radical aussi bien au niveau de la région que celui de la planète. Il a fallu à l’OTAN un conflit sur les marches occidentales de la Russie historique pour tenter de faire dégager les russes du Levant. En vain. La guerre en Ukraine fut bien perçue comme une menace existentielle par les russes, mais au lieu de se replier du Levant, ils furent plus jamais galvanisés et convaincus de la justesse de leur implication en Syrie. Dès le début, il était clair pour Moscou qu’une chute de la Syrie mènerait à une guerre contre l’Iran et que si Téhéran tombait, les portes du Djihad Otanien se déferlerait sur le Caucase et toute l’Asie centrale, mettant dans un péril certain l’intégrité même de la Russie. Ces mêmes forces mercenaires usant ou abusant de la formidable puissance idéologique intrinsèque de l’Islam serviront également à déchirer la géographie chinoise à partir de ses confins occidentaux.

La diversion ukrainienne a sinon échoué du moins abouti à une sorte de statu quo en défaveur de l’empire atlantiste. Dans la foulée, l’Ukraine en tant qu’Etat-Nation n’existe plus ou du moins il n’en subsiste que le nom. C’est là qu’une seconde diversion vers l’autre flanc s’opère: le Pacifique devient le nouveau pivot stratégique.

En se tournant vers la Mer de Chine Orientale et la Péninsule coréenne, Washington avait bien ajusté ses calculs. En tenant à revers les profondeurs stratégiques russes et en pressurant la Chine, première fabrique du monde.

La focalisation sur la Mer de Chine Orientale avait un double objectif: d’un côté, entraver la transformation de la marine chinoise d’une force de défense côtière en une force de frappe océanique; de l’autre, encercler la ceinture utile et fort peuplée du littoral chinois. Toutefois, l’échec en Syrie et le retour de la Russie en tant que puissance agissante au Moyen-Orient commandait une focalisation sur la péninsule coréenne.

La Corée du Nord n’a pas de réel alliés. La seule leçon que les Nord-Coréens ont appris de la première guerre de Corée (1950-1953) est qu’ils ne pouvaient compter que sur eux-mêmes. Ils ont développé une doctrine militaire à la fois offensive et autarcique. Par dessus tout, ils se préparent à une guerre d’annihilation depuis plus de 60 ans. Un conflit en péninsule coréenne n’aura aucun sens sauf si Washington veut éliminer la concurrence industrielle et économique japonaise et sud-coréenne. La Corée du Nord n’a rien à perdre. Elle soutient mordicus la Syrie.

La boucle est bouclée.

 

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26 commentaires

  1. La disparition de la Corée du sud et du Japon sera du pain béni pour la Chine qui récupéreras le marché de l’électronique et pour les États-Unis qui pourront augmenter leur production de voitures et ça ne dérangerait pas l’Europe non plus.

    La Bête demande du sang la zone Corée Japon va peut-être servir de veau à sacrifier pour pouvoir apaiser la Bête sur le reste du monde.

    C’est un point de vue machiavélique mais on n’est plus à ça près

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    1. « La disparition de la Corée du sud et du Japon sera du pain béni pour la Chine qui récupéreras le marché de l’électronique et pour les États-Unis qui pourront augmenter leur production de voitures et ça ne dérangerait pas l’Europe non plus. »

      Oui et non. S’il est sûr que la Corée du sud et le Japon sont de gros producteurs exportateurs il est tout aussi certain que ce sont de gros consommateurs. Ce qui serait donc gagné d’un côté serait en partie perdu de l’autre.
      La Chine serait probablement bloquée dans la mesure où elle fabrique en sous-traitance. Les brevets sont ailleurs.
      Et je ne parle même pas des effets collatéraux qu’une telle disparition pourrait avoir à laquelle il faudrait immanquablement ajouter celle de la Corée du Nord.

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      1. La Corée du Sud et le Japon sont surtout un marché intérieur et ils achètes beaucoup de dette américaine.
        La Corée du Nord pourrait servir de terrain de bataille pour tester de nouvelles armes.
        Moi j’ai la vision du monde comme un jeu de société.
        J’ais arrêter de jouer au jeu  » risk  » car je finissait toujours par prendre le monde entier cela devenait fatiguant 🙂

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      2. « La disparition de la Corée du sud et du Japon….des effets collatéraux qu’une telle disparition pourrait avoir…. »

        Attention! J’ai peut être pas assez expliqué ce que je voulais dire par « disparition », et du coups il y a une mauvaise interprétation de ce terme. Je risque malgrés moi de passer pour un Nazis. Quand je parle de disparition, je parle explicitement de la fin d’administrations pro-occientales, et pas, et surtout pas une élimination physique des populations ce qui n’a pas de sens. Quand je parle de la fin d’Israèl par exemple, je parle de l’expulsion des dirigeants sionistes, où de leur emprisonnement, au proift d’une autre forme d’administration qui rassemble juifs et arabes. Il en est de meme pour les prétendus états dit baltes. Le mode d’administration, les frontières de ces pays sont le résultat de préssions occidentales contre Moscou. Et assurement ces adminstrations disparaitront, au profit de la Russie. Cependant il est évident que les populations qui ne sont pas slaves n’ont aucune raison d’étre expulsés, parce qu’elles vivent depuis longtemps, et elles seront réintegrées dans l’adminstration de la grande Russie aux cotés de leur compatriotes russes. Les régions baltes font partie de la Russie.
        Par ailleurs j’ai jamais parlé de la disparition du Japon, pays ancien, avec une longue histoire, des traditions. Par contre la Corée du Sud est une création artificielle des Etats Unis, de meme que la Corée du Nord parce qu’aidée par la Chine et l’URSS, normalement ces deux corées ne forment qu’un seul qui doit se réunifier, mais pas en fonction des interets du régime nord américain de Washington.

        Quand à Taiwan, c’est une ile qui fait partie de la Chine, et elle existe du fait des Etats Unis, et encore aujourd’hui c’est le défi que doit relever les dirigeants de Pekin. La disparition du régime de Taipeh, implique le ratachement de l’Ile à l’adminstration centrale de Pekin, comme ce fut le cas pour Hong Kong.

        Tous ces dominions occidentaux sont amenés à disparaitre d’une manière où d’une autre; c’est juste une question de temps.

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        1. Je te rassure je ne parle pas d’éradication des peuples mais plutôt d’un retour à l’âge de pierre comment l’ont connus d’autres pays.
          Mais je ne me fais guère d’illusions sur ce monde, génocide et déplacements de population sont le lot quotidien de l’histoire de l’homme.

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        2. C’est surtout à Niagara de Lyon que je répondais. Sa vision c’était la version hard de l’histoire avec des destructions importantes. Votre vision c’est la version soft où même si on échange quelques tirs les choses ne vont pas beaucoup plus loin. La plus probable des deux à mon avis. Pas d’apocalypse en vue pour l’instant.
          Mais dans ce cas de figure je ne vois pas trop bien ce qui pourrait pousser Tokyo et Séoul à quitter une alliance qui est aussi économique.

          Quant aux états baltes j’imagine mal leur absorption par la Russie. Pour qu’il y ait un remodelage des frontières il faudrait d’abord que l’UE se désintègre. Ce qui n’est pas impossible. Mais pas imminent non plus.

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  2. J’ai lu une analyse pertinente sur Mediapart. Vu que le Hamas a des relations exécrables avec ses voisins égyptien et israélien, il est obligé de lâcher du lest, au moins en apparence, s’il veut être à la table des négociations et qu’un accord ne se fasse pas sur son dos . Donc pas d’autre solution que de se rapprocher de la position de Habbas.

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  3. Y a apparement des gros chamboulements dans l’air au Moyen Orient. Je ne sais pas qui a capitulé ? Russie où USA ? Les israèliens sont verts de rage, sentent ils leur disparition arriver plus tot que prévu ?
    Que se sont dits Trump et Poutine ? Qu’es ce qui a été conclu ? C’est quoi la desescalade ? Qui a reculé ? Quel jeu joue la Turquie ? Sachant qu’Erdogan est entrain de commander des S-400 russes, et va proposer un referundum à son pays pour changer l’orientation géopolitique.
    Si la Turquie vire de bord du navire atlantiste, c’est foutu pour les Etats Unis au Moyen Orient.
    Si les américains perdent la Turquie, ils peuvent tirer une croix sur toute la péninsule arabique, et dans la foulée Israèl, qui ne pourra pas survivre.
    Des marines auraient été envoyés pour protéger les kurdes des attaques turcs. Autrement dit une cause perdue.
    Basculement US contre la Turquie ? Je vois en ce moment les médias européens, français tirer à boulets rouges contre Erdogan, qu’es ce qui se passe ?
    Des news Strategika ?

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      1. Le « plan de desescalade » -les diplomates aiment bien broder des noms qu’eux seuls ont le secret- semblent avoir été mis au point par la Turquie, l’Iran, la Russie, la Chine, et la Syrie. De ce que j’ai compris les américains ont été mis devant un fait accompli. Ca sent le roussis! Ais je bien compris ?

        Israèl n’a pu voir le jour que dans la mesure où ces conditions étaient réunies :
        – Hyperpuissance occidentale en 1945. Omnipotence occidentale. Seule puissance militaire dans le monde
        – Alliance et coopération de la Turquie avec l’occident.
        – Alliance et coopération de l’Iran avec l’occident.
        – Extreme faiblesse et desunion des états arabes limitrophes.

        Aujourd’hui une seule de ces quatres conditions fondamentales est présente. La dernière!

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      2. Les informations en provenance de Twitter indiquent des mouvements troupes turcs vers la frontière, en fait dirigés contre les Etats Unis.
        Extraordianaire ce retournement turc! Alors que tout le monde est fixé sur l’election présidentielle française, qui fondamentalement ne changera rien quel que soit le candidat élu, l’histoire est entrain de s’écrire au Moyen Orient. Mon petit doigt me dit que l’avenir de l’OTAN s’y decide.

        S’il s’avere que les Etats Unis ont perdu la Turquie, alors ils ont perdu tout le Moyen Orient, rien d’étonnant que les petits roitelets de service -Jordanie, Arabie Séoudite, Qatar, mais aussi Maroc- ont les pétoches.
        J’ai pas envie de crier victoire trop vite, c’est trop beau pour etre vrai. Mais si cette information s’avere exact, c’est l’info de la decennie!
        C’est un grand moment d’histoire vue en direct du blog Strategika 51, c’est pas beau tout ça ?

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        1. Comme Trump Erdogan roule des mécaniques. Au détail près qu’il est dans une situation bien plus délicate que celle dans laquelle Trump se trouve.

          La Turquie c’est d’abord le bras armé des Frères Musulmans financés par le Qatar. Or ces dernières années ce mouvement n’a cessé de reculer au profit des mouvements salafistes sponsorisés par Riyad. La chute de Morsi en Egypte fut un coup dur.

          Erdogan est aussi fragilisé par le retournement de veste (pas total mais au moins partiel) occidental. C’est finalement lui qui se retrouve exposé à tous ces djihadistes présents non seulement en Syrie et en Irak mais aussi sur son sol. La lune de miel touche à sa fin.
          Et puis les effets du coup d’état manqué et des nombreuses purges qui ont suivi ont surtout divisé la population d’un pays qui avait encore une cohérence intérieure il y a peu.

          Comme toujours les Kurdes servent de chairs à canon et il est douteux qu’ils obtiennent grand chose en échange. Ni la Turquie ni la Syrie ne laisseront se développer une autonomie Kurde d’ailleurs très relative. L’exception irakienne ne doit pas faire illusion, elle n’a été rendue possible que par la faiblesse du régime de Bagdad. Mais pour combien de temps encore ? Les ennemis d’hier pourraient bien s’entendre sur cette question particulière qui menace au mieux leur intégrité nationale et au pire leur existence.

          Et je ne me fais aucune illusion sur la sincérité de l’amitié entre Moscou et Ankara.

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        1. « Comme Trump Erdogan roule des mécaniques.  »
          Je pense que personne parmi nous en l’état actuel des choses ne comprend ce qui se passe au Moyen Orient. C’est un vrai ras de marrée qui risque de tout emporter. La première fois que j’avais lu que la Turquie commandait des systèmes anti aériens chinois je n’y croyais pas. Je pensais à une plaisanterie. Puis quelques temps plus tard il y eut un coups d’état qui a failli tuer le Président Erdogan. Et là, présentement on parle de mouvements de troupes turcs contre les Etats Unis.

          Je pense qu’on s’est tous trompé sur la Turquie, ce pays mene sa propre poliique et depuis le début des années 2000, les dirigeants d’Ankara avaient envie de quitter le navire occidental mais ils attendaient l’occasion. Souvenez vous que dés 2003, ils avaient refusé l’accés à l’armée US par le nord, pour prendre à revers l’armée irakienne. Ce qui avait enragé Donald Rumsfeld qui dira un peu plus tard qu’une grande partie des problèmes liés à l’occupation étaient dus à la Turquie.

          Je pense que cette histoire de « desescalade » est l’entretien que Trump a eu avec Poutine ressemble à un mini-Yalta, voir à une conférence de Munich 1938 bis. Je ne sais pas ce qui s’y est dit, les résultats aprés -c’est pour ça que je ne cesse d’embeter notre ami Strategika-, mais clairement de prime abord, il me semble que c’est le début de l’expulsion des Etats Unis de la région. Et comme vous m’avez parlé des pays baltes un peu plus tot, justement je ne sais pas si l’OTAN va survivre à la sortie de la Turquie. Parce que tout le monde a envie de faire comme Erdogan, à commencer par les dirigeants allemands, grecs, et surtout italiens.
          Le risque de desintegration de l’OTAN puis de l’union européenne est justement bien réel. Sans la Turquie, je ne vois pas comment les américains peuvent reprendre la main sur Moyen Orient, et sans le Moyen Orient c’est la fin des pétro dollars, puis du dollar lui meme. Et sans le dollar l’OTAN n’a plus lieu d’etre. Et sans l’OTAN plus d’Union Européenne.
          Ce qui se passe au Moyen Orient c’est un tsunami. Je suis pret à revoir tout ce que je pensais d’Erdogan et de la Turquie, non pas par adhésion à ces idées, je n’ai que mépris, mais la hate et l’impatience de voir se qui va se passer. On est peut etre entrain d’assister à quelque chose de grandiose.
          Surtout que la Turquie a demandé à la Russie de lui livrer des S-400. Des S-400 mais contre qui ? Si ce n’est contre les Etats Unis. Donc la Turquie semble préparer quelque chose. Ont ils avec l’Iran des idées de champignons nucléaires ?
          L’histoire en ce moment est entrain de s’écrire au Moyen Orient, et pas en Europe, la présidentielle française est un micro phénomene en comparaison de ce qui va arriver prochainement en Mesopotamie.
          Ca me semble tout simplement explosif!

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        2. Je pense comme vous que nous vivons à une époque charnière des grands équilibres mondiaux. Mais je ne partage pas votre vision d’un effondrement de l’Otan sans la Turquie.
          Si sortie de la Turquie il devait y avoir. Ici aussi les intérêts économiques seront déterminants. Vous imaginez la Turquie privée en bonne partie du marché européen ? Moi pas. Vers qui pourrait-elle se tourner ?

          La Turquie a renoncé à son intention d’acheter des HQ-9 chinois en 2015. Le deal avec les S-400 n’est pas conclu et s’il abouti la livraison prendra du temps. Au moins deux ans. D’ici là Erdogan ne sera peut-être plus au pouvoir.
          La Grèce qui fait partie de l’Otan possède des S-300 et cela n’a jamais posé de problème.

          Au niveau du projet de « désescalade » il me semble que l’idée est de faire des poches dites de sécurité dont les contours seraient gardés par des patrouilles issues des quatre pays partenaires. Ce qui est présenté comme une enclave pacifiée est dans les faits un chaudron gelé avec une possibilité de blocus. Le processus a aussi l’avantage de dégager des unités combattantes d’un bourbier et de pouvoir les affecter ailleurs.
          Je ne sais pas ce que ça donnera. J’avoue avoir des doutes sur la stratégie suivie.

          Trump a projeté une tournée au MO dans une dizaine de jours. Il commencera par Riyad et finira par Tel Aviv. On y verra plus clair à ce moment là.

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  4. A reblogué ceci sur Boycottet a ajouté:

    La Corée du Nord n’a pas de réel alliés. La seule leçon que les Nord-Coréens ont appris de la première guerre de Corée (1950-1953) est qu’ils ne pouvaient compter que sur eux-mêmes. Ils ont développé une doctrine militaire à la fois offensive et autarcique. Par dessus tout, ils se préparent à une guerre d’annihilation depuis plus de 60 ans. Un conflit en péninsule coréenne n’aura aucun sens sauf si Washington veut éliminer la concurrence industrielle et économique japonaise et sud-coréenne. La Corée du Nord n’a rien à perdre. Elle soutient mordicus la Syrie.

    La boucle est bouclée.

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  5. Peut-être le Hamas a-t-il eu des informations concernant l’ampleur et la violence de ce qui pourrait se passer du côté du Golan y compris avec du non conventionnel. Cette déclaration à propos de la modification de la charte pourrait-être une manière de sauver préventivement ce qui pourrait l’être.Cette évolution qui tombe un peu comme un cheveu sur la soupe me semble de plus en plus annonciateur de périodes agitées au Nord. Le Hamas n’a strictement aucune raison de « capituler » actuellement. S’il le fait ou le laisse entendre c’est qu’il risque de faire très chaud entre Al-Qunaitra et Damas. Quand on sait que pour des raisons stratégiques évidentes, Israël ne lâchera jamais le Golan, on peut se demander quel serait l’intérêt de déclencher un conflit en ce moment et à cet endroit. Je ne comprends pas et quand je ne comprends pas j’ai tendance à voir l’avenir de façon sombre.

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    1. Même si pour beaucoup cela ressemble à une marche arrière du Hamas je n’ai à ce stade pas eu l’impression d’une capitulation. Cette initiative annoncée à la veille d’une rencontre entre Abbas et Trump privera de quelques arguments classiques (devenus rhétoriques avec le temps) la partie israélienne. Et ceci explique sans doute en partie la froideur avec laquelle les Israéliens ont accueilli la nouvelle.
      La suite dans les coulisses de l’ONU ? Sans doute en partie.

      PS: ceci n’a rien à voir avec le blog mais devrait vous amuser
      https://sokoban-game.com/

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      1. Pour la deuxième fois les médias russes nous parlent de la volonté israélienne d’annexer définitivement le Golan en s’appuyant sur une reconnaissance du fait par les EU. Ces infos sortent pour la première fois au lendemain de la publication de la nouvelle charte du Hamas selon laquelle les frontières de 1967 seraient reconnues par le mouvement (il semblerait que cela soit plus ambigu que ça, mais soit, faisons avec). Il est aussi question de l’Iran et du Hezbollah.
        De la stratégie en 2017 et après donc…

        https://fr.sputniknews.com/international/201705041031239754-israel-iran-presence-militaire-syrie-usa-russie/

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        1. « …la volonté israélienne d’annexer définitivement le Golan en s’appuyant….. »
          L’histoire de ce pseudo état depuis 1948 ça n’a été que ça, guerrre, fait accompli, annexion, puis expulsion des populations qui vivaient depuis toujours. Ca durera jusqu’au jour où cet état sera definitivement effacé de la carte -bien qu’il a failli disparaitre à deux reprises 1948, et 1973-, et ce jour là ça fera mal. Cet entité artificielle ne peut pas coéxister dans la paix, parce que la paix signifirait de facto sa disparition. Ils sont ainsi condamnés à faire des guerres, à répandre le mal encore et encore. Ils sont par definition le berceau du rascisme, et de la barbarie en 2017.

          Il faut néanmoins comprendre Israèl comme une grande base militaire US qui repose exclusivement sur l’omnipotence des Etats Unis qu’ils croient eternel. Rien de plus, rien de moins. Or on le voit la puissance militaire US n’a fait que décliner progressivement depuis 1950. A la faveur de la fin de l’URSS, ils pensaient reprendre leur expansion, moins de 20 ans plus tard les américains s’aperçoivent que leur reves ne sont plus possibles. D’où l’extreme nervosité des dirigeant nord américains de Washington.

          Je me trompe peut être, en formulant ce genre de prévisions, mais ils s’averent que la Russie a été incapable de reprendre le flambeau de l’URSS, et les dirigeants russes ont souvent fait preuve de lacheté, voir de complicité avec la politique sionniste d’expansion. Quand c’est pas de la trahison pure et simple. La nature ayant peur du vide, c’est d’extreme orient que va venir les bouleversements. Les chinois sont entrain de terminer la modernisation de leur machine de guerre, une fois l’entreprise terminée, pour contre-balancer la puissance occidentale -qui devrait s’appuyer sur l’Inde-, ils n’auront d’autre choix que de s’investir au Moyen Orient, et vous y verrez des vrais avions de combat, des tanks, du materiel de haut niveau arriver sur le champs de bataille. Ce jour là marquera la fin de la présence occidentale dans la région. Et donc d’Israèl

          Toutefois des « Israèl » autrement dit des dominions coloniaux occidentaux il y en a pas mal à travers le monde, qui sont tous plus où moiins condamnés à breves echeances.
          Israèl bien sûr, le régime des Séoud, la Colombie, Taiwan, la Corée du Sud, et les pseudo état dits « baltes » que sont la Lettonie, l’Estonie, et la Lithuanie, où il est trés courrant de voir des défilés nazis comme en 1940. Un comble!

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  6. Le Hamas vient d’annoncer qu’il acceptait le principe d’un état palestinien de transition dans le cadre des frontières de 1967 et sa charte n’appelle plus à la destruction d’Israël qui n’est pas pour autant reconnu. Je ne sais trop comment interpréter ce revirement peut-être purement sémantique. Dans un premier temps, on ne peut que se satisfaire de ce qui apparaît une baisse de la tension. Dans un 2ème temps, on ne peut que s’interroger sur le timing alors qu’il n’y a rien d’absolument urgent pour ce faire. Est-ce un message envoyé à Israël pour signaler qu’il ne risque rien sur son flanc sud ? Pour mieux attaquer par la suite ? Est-ce un message envoyé au-delà du Golan genre démerdez-vous tous seuls ou nous ne sommes pas en état de passer à l’offensive ? On ne sait trop mais il semble clair que les temps s’annoncent peu calmes au nord d’Israël et du côté du Golan.

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