Je vous hais parce qu’il y a 2500 ans, un inconnu s’en est pris à ce que je crois être mes ancêtres…

La rationalité n’a jamais constitué un élément fondamental dans l’idéologie du mouvement sioniste. Ultime illustration: la dernière récrimination, à Moscou, du Premier ministre d’Israël, Benyamin Netanyahu, au sujet d’un hypothétique antisémitisme de la Perse antique, dont l’Iran actuel serait l’héritier. Cette énième lamentation a fait réagir le Président russe, Vladimir Poutine, qui a trouvé là un moyen de transmettre un message par delà l’épaule de son interlocuteur à Ryad, en rappelant à celui qui se prend pour le sauveur d’Israël en ces temps de guerre universelle qu’il fallait mieux se concentrer sur les problèmes du monde actuel et éviter de ramener de vieilles histoires remontant au 5ème siècle avant Jésus-Christ.

Pourtant, l’histoire retiendra que Cyrus le Grand a joué un grand rôle dans le sauvetage des communautés juives du Moyen-Orient. Mais Netanyahu n’en a cure. Pas un mot d’Esther. Il a un marteau dans la tête et pour lui le monde se compose d’une myriade infinie de clous de différentes dimensions. Encore que rien ne permet de statuer de manière précise et encore moins définie si Netanyahu aurait le même génotype que celui des populations exilées à Babylone après la prise de Jérusalem par les armées assyriennes. C’est en cela que réside la force du mythe, ce mythe fort douteux sur lequel se sont bâtis tant de nationalismes et autres sentiments d’appartenance.  

La propension des sionistes à entretenir une haine tenace à l’égard de certains personnages historiques relève de la pathologie psychiatrique. Ils haïssent au plus haut point Alexandre le Grand de Macédoine, vouent aux gémonies Socrate et Aristote, insultent la mémoire de Platon, ne pardonnent pas à Spinoza sa clairvoyance et se moquent encore de Schopenhauer, Heidegger et Hegel.

Que dire alors des personnages historiques plus récents? Netanyahu s’est insurgé récemment contre l’idée même de faire baptiser une rue du nom de Yasser Arafat, l’un des pères du mouvement national palestinien, par une petite municipalité palestinienne. La haine est non seulement tenace mais éternelle.

Netanyahu n’est pas, fort heureusement, représentatif de l’ensemble des israéliens. Il s’identifie à une certaine catégorie corrompue, incompétente et vénale ayant totalement perdu le sens des réalités avant, pendant et probablement après l’échec de la guerre en Syrie, représentée par les médias dominants comme une sorte de guerre civile alors que de par ses débordements et ses immenses enjeux, cette représentation ne résiste pas à l’ombre de la première analyse d’écolier.

La guerre en Syrie a définitivement bouleversé l’ensemble de la tectonique géostratégique du Proche et Moyen-Orient et a eu une impact direct sur les rapports de force au niveau mondial. Ce n’est pas en évoquant un texte de l’Ancien Testament auquel Netanyahu n’y croit guère que l’on établit un titre de propriété et ce n’est pas non plus en évoquant un roi Assyrien des époques obscures que l’on justifie l’immense gâchis que fut la guerre en Irak de 1991 à 2011.

Le monde actuel, en proie à une crise systémique sciemment et délibérément maintenue, n’a probablement rien à faire avec ce type de pensée magique fétichiste animant des psychotiques dotés d’un impressionnant arsenal d’armes de destruction massive. Imaginez un instant si tout le monde commençait à chercher dans l’histoire, une histoire établie par convention et donc non réelle, des motifs pour détester autrui? 

Ceci dit, je serai le premier à défendre la mémoire de Socrate, quels que soient les circonstances, car c’était un homme juste. Et les hommes justes ne sont pas légion…

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11 commentaires

  1. « La rationalité n’a jamais constitué un élément fondamental dans l’idéologie du mouvement sioniste »

    Pas plus que la rationalité ne constitue un élément fondamental chez ceux qui s’en font les relais contemporains.

    J’ai été frappé par une petite histoire récente qui a ému la classe politique: celle de cette « affiche » émise par LR représentant Macron en banquier « juif avec un nez crochu »
    comme on peut la voir ici

    Le recours à l’émotion dans le discours étant la nouvelle norme l’amalgame avec ce qui se faisait depuis les années 30 jusqu’à la fin de la 2ème GM était vite fait et sans plus se poser de question on faisait des parallèles douteux avec cette sombre période de l’histoire.

    Ne trouvant pas la ressemblance évidente (les codes graphiques ne sont pas les mêmes) avec ce qui se faisait à l’époque comme on peut le voir (ici et ici) je n’ai pu m’empêcher de me demander qui au fond était le plus antisémite: celui qui accuse à tout va et voit des juifs partout dès que cela dérange ou celui qui dessine une caricature pas très fine ? Mais de cela personne ne se soucie.

    Au-delà de cette stupide histoire je suis aussi frappé par cet alignement politico-médiatique complaisant qui profite à Macron en taisant toute question qui dérange (voir le site Les Crises qui fait exception) alors que dans un même temps rien n’est épargné à ses adversaires. Un peu comme on l’a vu lors de la campagne électorale américaine entre Trump et Clinton.
    De coup je me pose des questions. En gros les mêmes que celles dont on parlait ici (https://strategika51.wordpress.com/2017/03/09/de-la-barbarie-digitale/).

    Aimé par 2 people

  2. La mise au rebut de l’éducation nationale… programme vaste, s’il en est !
    Mais heureusement nous sommes sur la bonne voie. Le grec, le latin au collège ? non mais vraiment, j’vous jure ! On est au 21 ième siècle ! Mis à part les botanistes et les médecins, qui cela peut encore incommoder ? Personne ! Sauf peut-être les profs qui enseignaient ces langues (non pas mortes mais endormies), qu’à cela ne tienne ! ils n’auront qu’à se reconvertir dans l’enseignement de la programmation informatique ! En voilà une langue qui a de l’avenir…

    Et qu’importe si la « ministre » qui a pondu cette loi tient elle-même énormément à ses racines – Najat Vallaud-Belkacem – pour preuve elle a gardé son nom de jeune fille accolé à celui de son mari. Les futurs collégiens ne doivent surtout pas connaitre l’Histoire grecque et encore moins latine – quand aux échanges avec les peuples de l’arc méditerranéen je n’en parle même pas, qui connait encore Ibn Sīnā ? même son nom latinisé a quasiment disparu.

    D’ailleurs, qu’est-ce que la Grèce de nos jours ? Un pays cramé par le soleil, des habitants feignants et une porte ouverte sur l’Europe pour les migrants/réfugiés/gens de passage/terroristes ; bref pas très reluisant comme pays. En plus leurs constructions se cassent à moitié la gueule, que des ruines ! comme en Egypte…

    Quant au latin, il est assimilé à une branche dure (radicale ? extrémiste ? terroriste ?) de la religion chrétienne… Pas reluisant tout ça.

    Pour résumer, la France est peuplée de français, et ce depuis la création ! Qu’on se le dise ! Les Arvernes ? Connais pas ! Même l’Auvergne a été rayée de la carte, avalée par la région Rhone-Alpes… A ce propos, on y a échappé de peu, certain dégénérés administratifs pensaient appeler cette entité territoriale Région Centre-Alpine (le premier qui se marre je lui mets un coup de pied dans cette partie de son anatomie !)…

    Mais bon, que voulez-vous, le monde est dirigé par une nation qui elle – pour le coup – n’a aucune Histoire. Enfin, si, celle des natifs, mais comme ils sont assimilés à des animaux, ça ne compte pas…

    Vivement que les martiens débarquent !

    Aimé par 3 people

    1. Rayée de la carte mais le substratum subsiste et il est assez fort pour se manifester sous le très mince vernis formaté.
      Je suis issu d’une famille éteinte (toute la lignée patriarcale a disparu) mais lesprit, aussi étranger qu’il puisse paraître à l’environnement dominant, subsiste malgré le matraquage idéologique et normatif.
      Votre commentaire est celui du bon sens, quelque chose que les dirigeants ne veulent pas accepter…
      Un grand clin d’œil à l’Auvergne!

      Aimé par 1 personne

    1. L’histoire officielle n’a rien à envier aux mythes de bas étage de l’Antiquité tardive…Encore que certains mythes soient fondés sur des faits.
      On construit pour nous le réel. Pas la peine de chercher la réalité de la réalité…

      Aimé par 3 people

      1. En même temps, ils ne s’appellent pas « le peuple du Livre » pour rien. Toute « leur » histoire est dedans. Et si ça se trouve, c’est à prendre au sens le plus littéral du terme : comment est-ce que de minuscules groupes humains dispersés dans l’ensemble du monde de la Méditerranée (et ses marges européennes et orientales) ont pu se penser et survivre aussi longtemps en tant que « peuple » dans de telles conditions ? Si des communautés villageoises largement coupées du reste du monde (je pense à la consanguinité dans les campagnes anglaises ou de l’ouest de la France, largement épargnées par les guerres et les brassages génétiques qui vont avec) ont périclité au fil du temps, comment pourrait-il en être autrement pour des familles établies ici et là et dont il faudrait croire qu’elles auraient conservé leur « matrice génétique » intacte ? Il est vrai cela dit qu’ils considèrent que pourvu que la mère soit juive, cela suffit pour que les enfants le deviennent… mais cela implique au fond que le père de ces enfants ait été adopté spirituellement par le père de sa compagne. Et peut-être même adopté tout court dès le plus jeune âge : c’est un impératif d’éducation (savoir lire, écrire, compter) que de commencer très tôt, lorsque le cerveau ne demande qu’à emmagasiner du savoir (et qu’il est le plus réceptif à l’apprentissage, le plus « plastique », aussi). Après, c’est trop tard. Mais il apparaît ainsi d’une part que ces apports réguliers de sang neuf – on remarquera incidemment que bien souvent, aujourd’hui, les enfants adoptés sont purement et simplement achetés – ne peuvent que conduire évidemment à une dilution du patrimoine génétique, et que d’autre part ce qui assure la continuité de l’existence du « peuple du Livre » c’est bien d’abord la connaissance du contenu du Livre en question. Comment s’étonner ensuite que dans de telles conditions, les représentants du peuple en question s’avèrent incapables « d’oublier » des griefs remontant à 500 ans avant notre ère ?

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