Libye: Syrte sous les bombes de l’Otan

Dans une Libye où s’amoncellent à perte de vue de fabuleuses fortunes privées au milieu du chaos (la guerre c’est la prospérité pour certains), le Chef du gouvernement national libyen (GNA), Fayez Al-Serraj, celui qui a été ramené à Tripoli à bord d’un bâtiment de surface d’une marine de guerre d’un pays membre de l’Otan, a effectué sa première visite à Syrte où les derniers carrés de Daech sont en train d’apprécier  le feu des Super Cobra US et des AV-8B Harrier II de la l’aéronavale italienne.

Les forces fidèles au gouvernement national libyen ont lancé le 12 mai 2016 une offensive pour reprendre la ville de Syrte, tombée entre les mains de Daech-Afrique du Nord. En réalité, c’est l’aviation US qui ouvre le chemin à des troupes locales déboussolées malgré le soutien actif des forces spéciales américaines, britanniques, françaises, néerlandaises et italiennes. Le CAS (Close Air Support) connaît son apothéose en juillet 2016 lorsque des hélicoptères d’attaque US canardent les ex-miliciens ayant participé à la guerre contre le colonel Gaddafi le long de la fameuse avenue du Dollar, la principale artère de cette ville côtière autrefois touristique.

Le centre et le littoral de Syrte seraient ainsi sous le contrôle des forces du GNA et si l’on se fie aux communiqués officiels, Daech n’occuperait plus que quelques pâtés d’immeubles. Mais les choses traînent. Des AV-8B Harrier II de la marine italienne, que les médias libyens assimilent volontiers à des bombardiers gouvernementaux (vive la com!) tentent de réduire ce qui reste des quartiers sud de Syrte sans que l’on sache vraiment où se cachent les dernières phalanges qualifiées d’irreductibles de l’EI.

Au delà de l’entrée sud de Syrte, des dizaines de milices ne reconnaissant pas l’autorité du GNA, pourtant seule autorité libyenne reconnue par ce que l’on appelle la communauté internationale. Cette dernière, bien soucieuse du pétrole libyen, n’a pas lésiné sur les moyens militaires pour renforcer le pouvoir d’Al-Sarraj (un patronyme aux réminiscences bien andalouses) Seul problème: Il existe toujours deux gouvernements rivaux et un autre gouvernement autonome en Libye en plus de quelques milliers de milices armées se partageant un très gros butin.

La Libye est probablement un mélange hybride entre le Far West et l’Eldorado. On y fait des fortunes colossales. Et c’est peu dire. C’est plutôt un conte de fées post-moderne  pour tous les profiteurs en temps de guerre.

La libération de Seif Al-Islam Gaddafi et son départ pour Moscou prélude le retour politique des partisans de l’ancien régime, lesquels n’ont jamais été aussi nombreux et aussi bien armés. Les islamistes et les pro-atlantistes ne voient pas cela d’un bon oeil mais n’ont guère le choix. Des régions entières sont entre les mains des nostalgiques de la Jamahirya. En attendant la redistribution des cartes, tous sont en train de faire fortune sous le vacarme de quelques avions de combat d’un Otan qui ne ne sait plus où donner de la tête.

Vous voulez faire fortune? Allez en Libye…!

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