Algérie: Tamalt serait dans un état critique

Emprisonné illégalement sur injonction de la mafia d’Alger, puis condamné par une justice algérienne corrompue et aux ordres des milieux d’affaires à une peine de détention disproportionnée pour un délit d’opinion, le blogueur algéro-britannique Mohammed Tamalt serait dans un état critique.

L’administrateur du site Arab Context (uniquement en langue Arabe) a été piégé par des amis pour se rendre en toute confiance en Algérie avant de faire l’objet d’un guet apens en bonne et due forme de la part de gangsters. L’opération a été maquillée pour la forme en une opération menée par les services de sécurité.

Tamalt a été accusé d’avoir manqué de respect dans ses écrits sur le web à des officiels algériens connus pour leurs frasques, leur corruption et leur dilapidation des deniers publics.

De tous les régimes maghrébins corrompus et dysfonctionnels, l’Algérie est le pays qui a dilapidé le plus de ressources (estimations variant entre 0.8 et 1.3 trillions de Dollars US entre 2003 et 2015) dans les méandres de la corruption au point où des analystes estiment ce pays s’est auto-suicidé puisqu’il n y a presque plus de structure étatique ou d’autorité légitime capable d’imposer un semblant de loi dans ce pays.

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11 commentaires

  1. Article fort interressant sur l’Algérie, qui confirme ce que dit notre ami Stratégika. Le régime politique algérien est aux abois. On y emploie le terme de « regime Bunker » en guerre contre la société algéirenne. Il joue sa dernière carte espérant une hyptothetique coopération séoudienne dans la prochaine réunion de l’OPEP. Alors que l’Arabie est elle meme une carte dans la mains des Etats Unis.
    Donc s’en tirer un seul coups de feu les américains pourraient abattre le régime aux conséquences incalculables.
    Dans ce contexte, il faut vraissemblableemnt s’attendre à ce que l’Algérie devienne comme la Libye, voir l’Irak, un bouleversement sans précédent des cartes africaines. Il est possible que ça aura des repercussions au Sahel, comme sur la Tunisie voisine. Le Maroc ne sera pas davantage épargné. Quand à l’Europe, l’Union européenne pourrait elle résister à ce nouveau coups de bouttoir qui risque de l’emporter définitivement ?

    http://www.lematindz.net/news/21643-coince-bouteflika-espere-reconcilier-liran-et-larabie-saoudite.html

    « Algérie : Au pied du mur, le clan Bouteflika cherche une sortie de crise
    Par Michel Gourd (revue de presse : Le Matin d’Algérie)
    Incapable de dynamiser l’économie de l’Algérie ou d’intégrer l’OMC, le gouvernement Bouteflika mise tout sur une augmentation du prix du pétrole.
    Il y a une bonne raison pour laquelle la réunion de l’OPEP les 28 et 29 septembre prochain se tient Alger. Après quatre mandats au pouvoir le régime du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a démontré son incapacité à diversifier l’économie de l’Algérie. Cette situation était bien détaillée dans le document Shale Gas in Algeria No Quick Fix publié en novembre 2015 par l’Energy Security and Climate Initiative (ESCI) du Brookings Institution.
    Algeria continues to struggle to diversify its economy and especially its exports, which even for an OPEC country are markedly reliant on hydrocarbon sales. In addition, the authorities struggle to create the right conditions to attract foreign investors, apart from the energy companies who have been in the country for a long time and have grown accustomed to Algeria’s specificities y est-il mentionné dans la conclusion en page 24. Les auteurs du document ont de plus remarqué le manque de démocratie en Algérie et le fait que les élites sont dans un état de guerre potentielle avec la population algérienne. The Algerian regime stands out as particularly opaque and authoritarian even in a region known for opaque, authoritarian regimes. Clement Moore Henry and Robert Springborg classify it as an archetypal bunker regime—almost a military outpost in a potential state of war with Algerian society, even as competing political clans maneuver within the state bunker to secure power, ont-ils affirmé des dirigeants du pays en page 9.
    Cette situation se complexifie par le fait que le gouvernement Bouteflika ne peut pas non plus compter sur l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour l’aider dans sa diversification économique puisqu’il n’en fait pas partie. Alors que depuis le 29 juillet l’Afghanistan est devenu le 164e pays à faire partie de l’OMC et que le Liberia l’avait fait deux semaines auparavant, l’Algérie a depuis 1994 mené 12 rounds de négociations multilatérales. Ces négociations pour adhérer à l’OMC ont donc duré pendant tous les quatre mandats de Bouteflika et rien n’a abouti. La raison en est que la structure actuelle de gouvernance de l’Algérie est en contradiction directe avec les principes de l’OMC qui demande un traitement égal de toutes les entreprises. Or, le gouvernement algérien crée des lois, réglementations et réformes qui ont en commun de favoriser ou nuire à des acteurs économiques ciblés. Comme les clans au pouvoir en Algérie font les lois à la pièce en fonction de leurs propres besoins, l’adhésion à cet organisme qui gère la presque totalité des transactions commerciales internationales leur causerait d’importantes pertes financières. En fait, l’Algérie prend même la direction opposée puisqu’elle crée présentement des restrictions commerciales alors que dans son dernier rapport l’OMC a mis les pays en garde contre les répercussions dangereuses d’une telle augmentation.
    Comble de malheur pour l’Algérie, selon la Banque mondiale, elle risque la faillite dans moins de cinq ans. La dégringolade économique s’accentue donc et peut être remarquée dans l’achat de produits dispendieux comme des automobiles par la population. La facture d’importation des véhicules durant les sept premiers mois de 2016 est en baisse de 68 %. La situation est encore pire au niveau du nombre de véhicules importés. Ils passent d’environ 203 000 unités pour cette période en 2015, à un peu plus de 53 000 véhicules cette année, soit une diminution d’un peu moins de 74 %. Pris à la gorge, le gouvernement d’Abdelaziz Bouteflika a souligné le 20 août, le caractère incontournable du processus de réformes économiques. Il reste au régime à travailler avec acharnement à une augmentation rapide du prix du baril de pétrole.
    Les lobbyistes d’Alger tentent donc de trouver un accord qui pourra réconcilier l’Arabie Saoudite et l’Iran. Les tentatives d’Abdelaziz Bouteflika de faire baisser la production mondiale de pétrole pour en faire monter le prix se butent cependant à deux grands obstacles. En premier, non seulement l’Arabie Saoudite n’est pas prêt à diminuer sa production, mais elle l’a en fait augmenté depuis le début de l’année. Le dernier rapport de l’OPEP montre qu’elle a atteint 10,6 millions de barils par jour (mbj) en juillet, contre 10,2 mbj au trimestre précédent. Le prix du baril de brent est donc aux environs de 50 $. Un assez bon prix si on considère celui avoisinant les 30 $ auquel il était descendu il y a un an, mais tout de même très loin des 140 $ qu’il a déjà valu. De plus, l’Iran veut récupérer à tout prix sa part du marché du brut d’avant les sanctions internationales. Elle vient donc d’augmenter sa production à 3,85 mbj par jour alors qu’elle était de 2,7 mbj avant l’accord nucléaire de 2015. Cette lutte entre l’Iran et l’Arabie saoudite, pour des parts de marché a d’ailleurs été centrale dans l’échec de la réunion de l’OPEP au printemps.
    Le résultat de toute cette situation est que face à un important déficit budgétaire, la population algérienne est touchée par des compressions importantes qui s’empilent. L’avant-projet de la loi de finances 2017 prévoit de nouvelles taxes dont une sur l’efficacité énergétique pour économiser l’énergie. La grogne s’élève donc dans la société oppressée. La secrétaire générale du PST, Louisa Hanoune, qualifie les dernières lois sur le remodelage du code électoral et des retraites, de dérives autoritaires d’un gouvernement qui multiplie les atteintes aux libertés démocratiques, de la presse et d’organisation. Elle dénonce aussi la corruption du pouvoir politique qui dilapide l’argent de l’État pendant que les oligarques ne paient pas leurs impôts et envoie leur argent hors du pays. Une escalade qui intervient, selon elle, dans un contexte de crise de succession à la tête du pays. Pour elle, le régime a provoqué la déliquescence des institutions et donne des coups de poignard dans le dos de la Révolution.
    Le FLN dénonce pour sa part le viol de la ligne du parti, par des attaques des membres du bureau politique sur des moudjahidine et moudjahidate et demande le départ de Saâdani. De l’autre côté de cette brèche sociale qui s’agrandit, l’armée continue à s’abreuver avec la même intensité au robinet du régime. Le gouvernement vient d’ailleurs d’annoncer que les militaires ne subiront aucune compression. L’armée vient de plus de se doter d’un nouveau bâtiment de guerre qui possède les technologies les plus modernes dans le domaine militaire naval. »

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    1. Je vois mal pourquoi l’AS volerait au secours du régime algérien. Voir la production pétrogazière du pays s’effondrer pour cause de troubles internes ne devrait pas la gêner. Ce sera toujours un concurent de plus écarté et les bandes islamistes qu’elle soutient pourraient bien récupérer une partie de la manne.

      Le principal problème de l’Algérie est que ce pays n’exporte rien, importe presque tout et que sa faible production intérieure ne suffit pas à combler les besoins de son marché. L’Algérie n’est plus un fruit mûr mais un fruit bled prêt à tomber de l’arbre.

      Comme je le disais précédemment ceci est catastrophique pour l’Europe qui s’est méthodiquement coupée de tous ses voisins et qui risque de voir le nombre de réfugiés exploser à ses frontières.
      Quand l’Algérie et l’Ukraine que l’on a tendance à oublier s’écrouleront c’est par millions qu’ils viendront frapper à notre porte. Le choc ne sera pas tenable.

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  2. A noter:
    1) Si Tamalt est « en etat critique » (??), c’est parce qu’il a decide de faire une greve de la faim, et non a cause de mauvais traitements.
    http://www.tsa-algerie.com/20160809/affaire-de-mohamed-tamalt-peine-de-prison-confirmee-appel/

    2) Son emprisonnement n’emeut personne en Algerie: Tamalt, presente comme un chevalier anti-corruption par la presse imperiale, s’est surtout distingue par des attaques personnelles tres vulgaires et diffamatoires, touchant par exemple aux bonnes moeurs des femme et fille du premier ministre algerien. Cela serait impensable en Occident: ce n’est pas non plus acceptable en Algerie.

    3) Tamalt travaille, a Londres, avec un groupe de presse finance par le Qatar, anime par le Maroc, activant sous l’egide du fils de Abassi Madani, l’ancien dirigeant du FIS dechu, et animant la chaine « El Magharibiya ». Un rassemblement d’islamistes aigris et d’islamistes virulents… La lie revancharde qui detruit activement le monde arabe: pas etonnant que son sort emeuve peu le public algerien.
    http://www.algerie360.com/algerie/faits-divers/un-israelien-au-secours-du-blogueur-mohamed-tamalt/

    4) Tamalt est citoyen britannique. La Grande-Bretagne n’a pas eleve de protestations pour mauvais traitements; il est libre de faire appel au consul britannique pour faire constater un deni de droit, si il en existe.

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    1. « …ce n’est pas non plus acceptable en Algerie. »
      Je ne connais Tamalt pas plus que ça, je ne parle pas l’arabe, Strategika en sait plus que nous. Toutefois quand on dénonce la corruption c’est jamais acceptable nul part dans le monde, encore moins pour la classe politique, et surtout pour ceux qui les défendent.

      «  Un rassemblement d’islamistes aigris et d’islamistes virulents… La lie revancharde qui detruit activement….  »
      Mouais….Je trouve ton argumentation lègère. Donc à chaque fois qu’on dénonce un régime corrompu et pourri jusqu’à la moelle, on est tous des islamistes alors ? De ce que je vois, et de ce que je connais de l’Algérie, le seul danger nocif qui ronge ce pays, c’est l’élite dirigeante. Pour s’en convaincre, j’ai ni besoin de tes arguments, ni ceeux de Stratégika, ni ceeux de Soral, ni ceux de personne. Y a qu’à se rendre dans les agences de Pole Emploi, à l’AFPA, en France, quand c’est pas l’Arbeitsam en Allemagne, les rues d’Espagne, de Grèce, d’Italie, de Belgique, de Suisse, du UK, etc… pleines de jeunes algériens cherchant à faire désesperement situation. On voit de nous même, sans besoin d’intermédiaires qu’en Algérie il n’y a rien qui marche. Sans quoi la population ne fuirait pas son pays.
      Bizarre tout ça! Le seul reve des jeunes en Algérie c’est de quitter le pays, alors à quoi sert leur carte d’identité algérienne ? Ah c’est vrai qu’ils redeviennent de bons algériens que quand l’Algérie est en guerre.
      Je pense que Stratégika a raison, à mon avis ce blogueur derangeait juste un peu beaucoup.

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        1. « C’est El Magharibiya et ses appendices (Tamalt), defendus par MondAfrique, que je qualifiais d’islamistes revanchards.  »
          Comprendra qui veut comprendre au regard du premier post.
          Le débat sur une personne que je ne connais pas, et un site dont je comprends rien m’est impossible. Il y a des gens plus qualifiés que moi répondre. Sinon pour le site il n’est pas si inconnu que ça: 860.000 visiteurs/mois. Dont plus de 85% sont orginiaires d’Algerie.

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  3. J’ai toujours pensé que le régime d’Alger était à terme condamné. La grande dérive de la corruption s’est aggravée dés le début des années 80, pour prendre les proportions d’aujourd’hui. Même si Tamalt -que je connais pas, c’est dommage qu’il n’y a pas de version anglaise pour l’instant, qui ne seront tardés- est assassiné, des dizaines comme lui vont prendre le relève, c’est pas là le problème. J’ai toujours pensé qu’un régime fort n’a pas besoin d’emprisonner. Quand en général il arrive à cette extremité c’est qu’il y a détresse, voir un péril existentiel.
    J’ai eu des amis un couple de medecins qui m’ont parlé de l’Algérie, et ce qu’ils m’ont décrit en fait,c’est exactement ce que vous dites, la corruption a tellement gangrené ce pays, qu’il n’y a plus de structure réelement étatique. A tel point que le moindre incendie peut faire effondrer l’édifice qui ne tient sur pas grand chose.

    Aimé par 2 people

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