De la peur comme politique du vide

Les informations livrées par un service de renseignement « ami » à la Bavière sur un éventuel attentat « kamikaze » à Munich seraient totalement faux et s’inscrivent dans une volonté délibérée de maintenir un climat de peur en Europe, en accord avec les orientations en ce sens de certains pays, guidés plus par d’importantes échéances électorales, des calculs politiciens et l’extention du domaine du contrôle social sur leurs propres populations que par une volonté véritable de combattre le terrorisme.

Après l’échec au Levant et le fiasco d’un plan prémédité visant à noyer une bonne partie de l’Europe avec un véritable flux migratoire massif et totalement inédit (lequel s’est soldé par l’arrivée express en Europe de plus d’un million de « réfugiés » en une année!), la dernière trouvaille des gouvernements « Amis de la Syrie » est un expédient vieux comme le monde: « LA PEUR ». Cette formule importée est le nouveau dada. Entretenir la peur. Modifier les législations. Mais dans quel sens et pourquoi? Le discours de François Hollande à l’occasion du nouvel an 2016 en France servira de morceau d’anthologie dans une future collection de bizarreries. Baser un discours sur l’émotion scénarisée et disons-le tout court, le chuchotement, comme si le grand méchant loup se terrait juste derrière la porte et aller sauter à la gorge de Hollande, il fallait le faire…Dans une ambiance de fête de fin d’année morne, il ne manquait plus que l’on évoque un Croque-mitaine.

Les opinions publiques sont confuses. Et le mot est faible. L’un des objectifs sous-jacents de l’immense appareil de la propagande systémique dominante a été atteint, à savoir incruster ce que l’on appelle Islamophobie au sein de larges franges des populations et entretenir un amalgame plus que douteux ou plutôt une association réificatrice entre l’Islam (à aborder dans son acception en tant que grande civilisation et culture) et un phénomène social spécifique issu de choix de politiques officielles en matière d’immigration. Cela ouvre la voie à des dérapages que le système tente d’exploiter afin d’abattre toute opposition et même une vélléité autonomiste ou « nationaliste ». Ce qui s’est passé en Corse constitue un cas d’école à cet égard. L’an 2016 sera celui de la récupération politicienne ou ne le sera pas.

Pourtant 2016 sera une année décisive. La Russie a achevée, à frais limités, au 31 décembre 2015, l’un des principaux objectifs prioritaires de son intervention en Syrie: Damas peut entamer des négociations à Genève ou à Pékin en position de force et il semble de moins en moins vraisemblable d’exiger un départ du président Al-Assad. D’autant plus que Téhéran dont le pacte factice avec Washington au sujet du nucléaire vient de connaître un premier accroc au sujet des missiles balistiques, est de plus en plus convaincu que la guerre en Syrie est une guerre engageant la survie même de la République iranienne dans sa version IV.

Cette année 2016 commence très mal pour certains pays. Hausse des prix de carburants dans deux pays producteurs de pétrole, +67% en Arabie Saoudite et +34.5% en Algérie. Deux pays relativement « protégés » par de tierces puissances à surveiller de près.

Comme elle s’annonce fort mal en Israël, un « Etat » dont le budget défense représente 80% du PIB! Aux attaques spontanées et sporadiques à l’arme blanche, perpétrées par des jeunes palestiniens en colère et frustrés par les interminables attentes et autres blocages dans les barrages sécuritaires israéliens, ressemblant plus à des labyrinthes d’acier et de béton, s’est substituée l’attaque à l’arme de poing. Ces actions désespérés augurent déjà d’une nouvelle forme d’Intifadha menée en dehors de tout cadre politique ou militant. En matière de stratégie, le gouvernement extrémiste de Netanyahu a fait tout faux: il a réussi a ruiner l’ensemble de la structure sécuritaire israélienne laborieusement édifiée à grands renforts d’aide exogène.

La peur est un puissant stimulant. C’est surtout un business utile et fort lucratif. Mais y baser une politique équivaut à tenter de brasser de l’air dans le vide. Vaine politique servant plus à brider et à museler des populations vivant dans des enclos qu’a bâtir une civilisation. Ce terme désuet risque de provoquer bien des ricanements en cet an 16 après la fameuse année 2000 de l’ère chrétienne…

Que reste-il de la démocratie en 2016? Pas grand chose ou si peu.

Bonne année quand même…!

8 réflexions sur « De la peur comme politique du vide »

  1. Le début de la fin pour l’empire du chaos se précise. En effet, les tentatives de diversion visant à masquer la faillite économique inéluctable du modèle US se multiplient.

    Avec cela, c’est le monde unipolaire dirigé par les USA qui est en fin de cycle. le nouvel ordre mondial sera multipolaire avec la Russie et la Chine comme acteurs incontournables.

    C’est pourquoi, l’empire panique et joue la carte de l’intimidation militaire pour ralentir son déclin.

    Voici un document venant d’un ancien ambassadeur US. Il résume assez bien la situation des États-Unis.

    http://ekopol.over-blog.com/2016/01/les-usa-une-menace-pour-la-paix-mondiale.html

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