Golan: nouvel enjeu de la guerre en Syrie

La liesse des dirigeants israéliens suite au mystérieux raid aérien ayant éliminé le 19 décembre 2015 à l’aide de missiles Air-sol de longue portée  Samir Al-Kantar à Germana près de Damas, a été de courte durée.

Le Hezbollah libanais a en effet promis une réponse à cet acte de guerre en soulignant que Tel-Aviv sera totalement surpris par le choix des moyens et du lieu.

Une lecture attentive du discours du Secrétaire Général du Mouvement libanais laisse très clairement entendre que l’assassinat de Samir Al-Kantar aura une réponse et on est tenté de croire que le plateau stratégique du Golan sera le lieu des représailles.

Le druze libanais que Tel-Aviv a assassiné était l’un des principaux conseillers du Hezbollah pour le Golan, un plateau stratégique qu’Israël a occupé en 1967 sur la Syrie et illégalement annexé en 1981 (Cf. Résolution 497 du Conseil de Sécurité des Nations Unies)

Or Samir Al-Kantar, un ancien membre du Front de Libération de la Palestine dans les années 70 et ex-détenu des prisons israéliennes, est devenu, après sa libération en 2008 dans le cadre d’un échange de prisonniers entre Israël et le Hezbollah, l’un des principaux architectes d’une sorte d’armée de libération du Golan.

L’une des conséquences collatérales de la guerre imposée à la Syrie par ses adversaires traditionnels est l’implantation  du Hezbollah libanais dans la partie non-occupée du Golan dans le cadre de l’aide militaire que ce mouvement apporte à Damas.

Dans les faits, des milices dont l’organisation est calquées sur celle les Pasdarans iraniens et dotées d’un nombre impressionnant de roquettes et de missiles se sont installés au Golan, se battant avec succès contre le Front d’Ennosra soutenu par Israël.

Personne à Tel-Aviv, où on applaudissait à deux mains la chute de Gaddafi en Libye et la terrible guerre civile visant Al-Assad en Syrie, ne pensait que le processus du Printemps arabe aller aboutir à une guerre pour le Golan. Une éventuelle perte du Golan par les israéliens peut entraîner sinon la disparition totale de l’Etat d’Israël, du moins sa somalisation ou fragmentation en plusieurs entités.

Il est pour le moins surprenant de constater comment ce que certains avaient baptisé « Printemps Arabe », en réalité une série coordonnée de révolutions colorées limitées de type 2 visant un changement de régimes hostiles ou semi-hostiles de certains pays du monde arabe,  a fini par aboutir à une guerre régionale majeure impliquant l’ensemble des grandes puissances mondiales.

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13 commentaires

  1. Dernière interview de Samir Kantar avant d’être assassiné par israël !

    Avant d’être assassiné le 19 décembre 2015 par israël, Samir Kantar révélait l’été dernier à la télévision libanaise la nature de l’implication des services de renseignement sionistes dans le conflit syrien. Il a par ailleurs évoqué la formation d’une résistance dans le Golan dont il pourrait être le fondateur.

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  2. Qu’on veut frapper, on ne menace pas. Israel est fort dans ce domaine à moins que ces menaces aient pour but de semer la panique sur l’adversaire et rentrent dans la guerre psychologique. Cependant tout le monde parle de l’assassinat du feu Kantar mais rares sont ceux qui se sont penchés sur le succes de cet assassinat. Il existe incontestablement une complicité au sol qui a transmis à l’armée israélienne les coordonnées de l’endroit où se trouvait la victime car un avion de chasse ne serait jamais en mesure de détecter sa cible en volant à plus de Mach 1. Il faut dans ce cas chercher le judas.
    D’autre part, l’article évoque le printemps arabe en terme de révolution colorée. J’en suis d’accord sauf en ce qui concerne les deux révolutions pionnières celles de la Tunisie et de l’Egypte. Notons au passage que méme dans ces deux pays les figures des anciens régimes se sont emparé du pouvoir chacun à sa maniére.
    Pour ce qui est du Golan, l’article me parait un peu exagéré sur le statut de ce plateau. Certes une revendication plus ferme doit étre inlassablement répétée au niveau interne comme au niveau international, mais il faut tout d’abord sortir du guépier de la guerre civile et gérer ses multiples conséquences avant de s’atteler à la tache de se retourner vers la récupération du Golan. Avouons que ce projet est extrêmement difficile à réaliser car il rencontrerait l’opposition de l’Occident et de certains pays arabes en particulier l’Egypte pour les raisons qu’on connait.
    Enfin la probable rétrocession du Plateau amochera certes l’invincibilité d’Israel mais ne réussira pas à la faire disparaitre. Elle dispose de plusieurs variantes pour « sa survie » et son expansion. Disons plutôt que « la perte » du Golan lui offrirait davantage de faveurs ailleurs selon un calcul basé sur le double signes négatifs qui se transforment en somme positive.

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    1. A Lemodéré,

      Je ne pense pas que les propos sur le caractère stratégique du Golan soient excessifs.

      En effet :
      1-) Le Golan permet de voir pratiquement tout Israel
      2-) Le Golan permet de bombarder pratiquement tout Israel
      3-) Mais surtout, du Golan, on peut enregister tout ce qui se passe sur Israel et sur toute la région ; c’est notamment le rôle de l’Unité 8200, centre d’espionnage mondial de l’Oligarchie – cf http://www.planetenonviolence.org/Israel-Capitale-Des-Ecoutes-Mondiales-Son-UNITE-8200-Dans-Le-Ventre-Du-Mont-Avital-Tall-Abu-an-Nada-Golan-Syrien-Occupe_a2323.html

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      1. Le Golan c’est aussi une colossale réserve d’eau douce. Dans la région ça vaut son pesant d’or. Pour s’en convaincre il suffit de voir comment les choses se passent du côté du fleuve Litani dès que le Liban se met en tête de construire une nouvelle station de pompage.

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      2. Je suis entièrement d’accord avec vous car vous étes partis de la doctrine militaire et aussi la plus vieille celle du grand stratége sun tzu : qui tient le haut tient le bas. Il faut y ajouter -comme l’avait suggéré Diablo – la colossale réserve d’eau. Le probléme est de savoir comment la Syrie pourrait récupérer son territoire.

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        1. En fait, ces bases du Golan sont si importantes que je n’imagine pas une seconde que des menaces croisées entre EU, Israel et Russie n’aient pas débuté depuis longtemps pour bloquer tous tirs de missiles russes ad hoc sur ces bases.

          Il est clair que le statu quo est à mettre au crédit des russes qui n’interviendront ici qu’en cas de guerre généralisée au Moyen-Orient.

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        2. Bien sur pas de frappes sur le Golan et plus particulièrement sur l’infrastructure qu’Israel avait batie. En clair il est devenu un territoire non contesté puisque la seule souveraineté qui y est établie est celle de Tel Aviv. Actuellement , il ne s’agit pas de chercher à racoler cette tranche mais bien de sauver le régime en priorité. Il en va de la crédibilité de la Russie non pas envers Damas mais envers tous ceux qui désirent se consoler au sein d’un Oncle aprés avoir été malmené par le tuteur .Quant à la récupération du plateau, les syriens -avec ou sans Bachar- ne doivent pas se berner d’illusions envers cette hypothése -comme les palestiniens concernant les territoires abritant les colonies- Il faut se rendre à l’évidence. Israel dispose d’un projet expansionniste. Et ce n’est pas en rendant le Golan et céder les territoires en Palestine qu’elle réussira à l’atteindre.

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  3. Dans un article, signé Ali Shahab, le journal « As-Safir » tente d’y apporter une réponse : « Le voeu de Kantar a été, sans doute, exaucé. L’homme disait venir au Liban, pour rentrer, un jour, en Palestine. N’empêche que le meurtre de Kantar a provoqué une joie immense, dans les milieux sionistes et chez ceux qui ne se sont toujours pas conformés à la présence militaire du Hezbollah, en Syrie. De ce groupe, il faudrait séparer, toutefois, la Résistance palestinienne, qui, bien que divergeante, sur la Syrie, avec le Hezbollah, a, sévèrement, condamné cet assassinat, car Kantar s’est, tout au long de sa vie, battu contre Israël. Cela fait 7 ans que les Israéliens surveillent de près Kantar, commandant anti-israélien, actif sur tous les fronts, et coopérant, dans tous les secteurs liés aux infrastructures du Hezbollah. Aux côtés de Jihad Moghniyeh, Samir Kantar opérait, en effet, sur les hauteurs du Golan. Les Israéliens ne se sont pas contentés de proférer des menaces verbales, essayant, à plusieurs reprises, Kantar. Le Hezbollah etait bien conscient de l’effet qu’avait laissé Kantar sur l’opinion publique israélienne, surtout, depuis l’opération en 79 contre la colonie sioniste de Nahariya. Netanyahu, Chef du Likoud, cherche, en effet, à organiser des élections anticipées, Le meurtre de Kantar, croit le Likoud, pourrait fournir un atout et reforcer les chances du parti. En ce sens, les photos de Kantar ont couvert, le soir de son assassinat, même les pages facebook des membres du parti, signe de leur joie excessive. Outre kantar, plusieurs commandants de l’armée syrienne, au Golan, ont été tués. Les commentaires autour des modalités du meurtre, commis, selon certaines versions, par le tir des missiles, depuis Israël, et suivant d’autres, par les raids aériens, sont considérés, par le Hezbollah, comme une tentative visant la coalition très performante Russie/Iran/Hezbollah. Les détracteurs de cette coalition relèvent, sournoisement, la présence des S400 russes, qui auraient du rendre le ciel syrien imperméable à tout raid ou tir de missile. Quand bien même il y aurait eu un quelconque accord entre Israël et la Russie, le Hezbollah est bien sûr d’une chose : l’élimination de Kantar ne pourra pas changer la donne syrienne, en faveur d’Israël. Mais quelle pourrait être la nature de la riposte du Hezbollah? Cette réponse pourrait déboucher sur une guerre totale? Ceci étant dit, la guerre, en Syrie, a imposé de nouvelles conditions à tous les acteurs régionaux. Il y a deux ans, le front Nord israélien s’étendait, depuis la Syrie, au Liban, mais, aujourd’hui, Israël s’attend, surtout, à ce que la guerre syrienne conduise à une guerre totale contre le Hezbollah. Le jour où Kantar a été, lâchement, tué par Israël, le Hezb menait des combats d’envergure, dans la banlieue Sud-Est d’Alep. Les sources militaires israéliennes, liées aux terroristes takfiristes, disaient même s’étonner de la puissance du feu, dont faisaient preuve les combattants de la Résistance. Si à cette guerre, s’ajoutent les combats, du côté irakien, où les forces populaires avancent vers Ramadi, un constat se pose : l’axe de la Résistance suit son projet, lentement et sûrement. L’élimination de Kantar, au contraire de ce que croit Israël, n’a pas clos le dossier de la lutte pro-palestinienne de la Résistance. Israël devra s’attendre à une guerre totale.
    http://francophone.sahartv.ir/infos/article-i13179-kantar_tu%C3%A9_la_russie_a_t_elle_trahi_le_hezbollah

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    1. Un peu de modération. Il faut bien analyser la situation avec objectivité en prenant en considération les moyens militaires de chaque partie. Une guerre totale conventionnelle n’aurait jamais lieu méme si la Syrie et le Hizbullah disposent sur le front du double de l’effectif d’Israel. Un exemple qui doit étre suivi: Durant l’invasion de l’Irak en 2003, tout le monde est resté abasourdi devant l’évanouissement de l’armée irakienne réputée « la troisiéme force » mondiale. Plusieurs critiques ont fusé. Mais croyez moi que si le commandement de Bagdad avaient donné l’ordre de résister au rouleau compresseur US, tous ses effectifs et matériels de guerre seraient détruits avant le contact. Aprés, la résistance s’est révélée plus payante. C’est pour cela que la guerre totale exprimée dans votre commentaire n’aura aucun sens surtout qu’il ne faut jamais oublier le soutien inconditionnel de Washington envers Tel-Aviv (la guerre de 1973) qui demeure indéfectible au travers le slogan « Israel a non seulement de se défendre mais en a l’obligation » suivi par la majorité des pays occidentaux.

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      1. La menace irakienne avait été gonflée au-delà de l’absurde. Elle était d’autant moins en état de faire face au colossal déploiement de force occidental qu’une bonne partie de ses généraux avait été achetés.
        Malgré cela certaines unités restées fidèles à Saddam Hussein donnèrent plus de fil à retordre que prévu aux coalisés.

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